Politique

Bassirou Séne, ambassadeur du Sénégal en France répond en exclusivité à Ichrono

Voici quelques jours son excellence Bassirou Sene, ambassadeur du Sénégal en France nous recevait dans ses bureaux de l’avenue Robert Schuman à Paris et nous accordait une interview exclusive. Cet homme, affable, avec qui notre directeur d’ Ichrono a pour point commun d’avoir été auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN), n’a refusé aucune de nos questions, acceptant même de répondre à certaines malgré leur caractère légèrement provocateur. Ce dont la rédaction d’ Ichrono le remercie.

C’est le résultat de cet entretien, qui couvre aussi bien l’état des relations diplomatiques entre le Sénégal et la France, l’immigration, les accords économiques entre le Sénégal et la Chine que les prochaines élections présidentielles de février 2019, que nous publions à partir d’aujourd’hui.

Q. – Quel est, monsieur l’ambassadeur, l’état actuel des relations diplomatiques entre le Sénégal et la France ?

B.S – Comme vous le savez nos deux pays entretiennent des relations particulières compte-tenu de l’histoire qui lie le Sénégal et la France mais aussi du dynamisme des deux chefs d’Etat qui gouvernent actuellement. Il y a une communauté de vues et une orientation partagée pour le développement, les questions de paix et de démocratie, celles relatives à la façon d’endiguer les problèmes du terrorisme. Sur tous ces aspects nos chefs d’Etat sont sur la même longueur d’ondes. Comme vous le savez en 2016 et en 2018 il y a eu deux visites de chefs d’Etat, le président Macky Sall est venu ici en décembre 2016 et en février 2018 le président Macron s’est rendu au Sénégal. C’est dire l’importance de nos rapports sans parler des séminaires inter-gouvernementaux qui existent entre nos deux gouvernements et qui sont présidés de part et d’autre par les Premiers ministres. Nous en avons déjà tenu deux, un à Paris et un à Dakar avec Manuel Valls et chaque séminaire à son propre thème, son ordre du jour. Généralement il s’agit de questions d’actualité où l’enseignement est en pôle position, les questions d’éducation, de formation, de paix et de sécurité.

Q. – On se souvient par le passé des rapports, parfois agréables, parfois tumultueux, sur le mode « je t’aime moi non plus, » entre Chirac - Abdou Diouf, Sarkozy - Wade, quelle est aujourd’hui la nature des relations entre les présidents Macky Sall et Emmanuel Macron ?

B.S – Ce sont des relations solides, très suivies, amicales et fraternelles. Je les ai vus ensemble, je les ai entendus discuter de questions importantes, mais je les ai vus aussi en privé et à chaque fois c’était dans un climat fraternel et amical. 

Q. – En dépit de ce climat chaleureux entre les deux chefs d’Etat existe-t-il néanmoins des dossiers épineux, des sources de conflits entre les deux pays ?

B.S – Si je peux me permettre un trait d’humour je dirai qu’entre le Sénégal et la France la difficulté c’est qu’il n’y a pas de difficultés. Je pense en particulier à l’éducation où nous avons une vision commune par rapport à la nécessité d’apporter un maximum de savoir et de capacité professionnelle à nos populations. Cela passe par des outils nécessaires pour faire face au défi du développement du monde. En ce sens l’Agence française de développement joue un rôle essentiel dans le cadre du programme d’appui au développement de la diaspora. Et ce programme aujourd’hui joue un rôle important dans la construction de collèges à travers le Sénégal, afin de remédier à ce que nous appelons des « abris provisoires », autrement dit des classes dans une situation précaire. Nos enseignants viennent aussi en France pour renforcer leur formation, des bourses sont également accordés à nos étudiants pour augmenter leur capacité, au niveau du doctorat par exemple, avant de retourner au pays. Cette collaboration, très suivie, permet au système universitaire sénégalais d’être le plus performant possible en s’appuyant sur l’expertise française qui est avérée.

Q. – Malgré cela, 24% des diplômés sénégalais de l’enseignement supérieur quittent le Sénégal pour l’étranger. Comment pensez-vous enrayer cet exode des élites intellectuelles ?

B.S – La liberté de mouvement est un élément du développement. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faudrait le restreindre, les déplacements des uns et des autres sont un facteur d’enrichissement, de consolidation des acquits en bénéficiant de l’apport des autres. A propos des diplômés auxquels vous faites allusion je ne suis pas certain que ce soit une mauvaise chose pour le Sénégal. Par ailleurs le Président prend toutes les dispositions pour permettre aux étudiants diplômés sénégalais de pouvoir s’épanouir au pays grâces à des mécanismes qui sont mis en place. Si vous n’êtes pas salarié, vous pouvez créer votre propre entreprise avec un soutien de l’Etat avec différents d’aide. Nous avons des secteurs porteurs, l’agriculture, trois mille heures de soleil pour l’énergie, nous avons besoin de quinze mille logements par an et nous avons donc besoin d’expertise dans ces différents domaines.

Q. - Aujourd’hui la France est-elle pour le Sénégal le partenaire européen privilégié au sein de l’Union européenne, ou un partenaire comme les autres ? 

B.S – La France est notre premier partenaire, notre premier bailleur financier, sa place est indiscutable, du fait de l’histoire mais aussi de la réalité économique de nos pays.

Q. - Quelle idée vous faites-vous du rôle d’ambassadeur aujourd’hui, à un moment ou les bureaux économiques, commerciaux jouent un rôle de plus en plus important dans les relations internationales. Est-ce que cela ne bouleverse pas un peu le rôle traditionnel du diplomate que vous êtes ?

B.S – La diplomatie du développement n’est pas nouvelle. Elle a été professée du temps de Boutros Boutros Ghali *. Nous pensons que la vocation des diplomates n’est pas d’être en nœud papillon pour fréquenter les salons. Nous sommes des acteurs du développement et devons apporter notre contribution pour un maximum d’investissements dans notre pays, le rendre le plus intéressant pour les industriels et attractif pour les touristes. C’est la vocation première d’une mission diplomatique. Le Quai d’Orsay lui-même s’occupe désormais du commerce et du tourisme. Ici, à l’ambassade j’ai un bureau économique avec un staff important qui a vocation à négocier et à assumer cette dimension et quant il le faut je suis là pour porter la parole, ouvrir le débat, et montrer fortement notre présence dans les grandes manifestations, les salons, etc.

Q. - Ce n’est donc pas une mutation de la fonction d’ambassadeur à laquelle nous assisterions aujourd’hui ?

B.S – En tant que diplomate de carrière je ne le pense pas. Je vous rappelle qu’au cours de la formation à l’ENA nous avons des cours d’économie politique, de stratégie, de négociation, etc. ce qui fait de nous des fonctionnaires pluridisciplinaires, si j’ose dire multi sectoriels. Nous sommes formés au droit, à la politique et à l’économie.

Deuxième partie

Troisème partie

Entretien réalisé par Jean-Yves Duval, directeur de publication

 

*   Universitaire, juriste, politologue, né en Egypte, il fut diplomate, le sixième secrétaire général de l’ONU et le premier secrétaire général de la Francophonie. Il est décédé le 16 février 2016 à l’âge de 93 ans.

 

 

LA REVOCATION DU MAIRE DE DAKAR EST ILLEGALE-Par Seybani SOUGOU cadre franco-sénégalais

 

LA REVOCATION DU MAIRE DE DAKAR EST ILLEGALE-Par Seybani SOUGOU cadre franco-sénégalais


Depuis 48 heures, des membres du gouvernement y compris le Ministre de la Justice, s'épanchent dans les médias pour justifier laborieusement la légalité du décret n°2018-1701 du 31 Aout 2018 pris par Macky SALL, portant révocation du Maire de la Ville de Dakar ; se fondant sur les articles 135 et 140 de la loi organique 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des collectivités territoriales. Qu'un régime qui depuis 2012 (6 ans), viole la Constitution, le Droit, les lois et règlements, les traités et les conventions internationales en vienne à brandir la notion de légalité qui lui est totalement étrangère, est d'une absurdité confondante. A croire que le ridicule ne tue plus. Passons....Pour démontrer le caractère illégal du décret portant révocation du Maire de Dakar, il convient d'avoir une lecture à un double niveau :


1. Du pouvoir du Président de la République de révoquer le Maire de Dakar


Sur ce 1er point, il n'y a pas de débat. Tous les juristes s'accordent sur la capacité « juridique » du Président à révoquer le Maire par décret. L'article 135 de la Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales est on ne peut plus clair « Lorsque le maire ou tout autre conseiller municipal est condamné pour crime, sa révocation est de droit..... Ils ne peuvent être révoqués que par décret ». Mieux, l'article 140 dudit code énumère (liste non limitative) 8 fautes qui peuvent entraîner l'application des dispositions de l'article 135 et conclut « que dans les 7 premiers cas, la sanction administrative ne fait pas obstacle aux poursuites judiciaires ». Tels des « chacals affamés », les partisans du régime se sont engouffrés dans ce qui est supposé être une brèche pour porter l'estocade au Maire de Dakar. Une analyse juridique poussée prouve que le décret pris par Macky Sall, le 31 aout 2018 n'a aucune base légale, car il est totalement vicié.


2. De l'illégalité du décret n°2018-1701 portant révocation du Maire de Dakar


Primo, en Droit, un acte légal ne peut en aucun cas, couvrir une illégalité. Or, toute l'affaire Khalifa Sall est construite sur de graves illégalités manifestes (du jugement de Malick LAMOTTE en date du 30 mars 2018, à la confirmation de la condamnation du Député- Maire par Demba KANDJI, le 30 aout 2018). Le réquisitoire cinglant des juges de la Cour de justice de la CEDEAO en date du 29 juin 2018 qui dévoile un banditisme d'Etat sans nom, met à nu des pratiques policières infâmes, et pointe les dérives du Procureur de la République, Bassirou Gueye et du magistrat instructeur, déconstruit à tous les niveaux le décret n°2018-1701 du 31 Aout 2018 portant révocation du Maire de Dakar.

Toutes les décisions administratives et judiciaires rendues dans le cadre de cette affaire sont nulles, non avenues et frappées du sceau d'illégalité. Il faut rétablir les choses à l'endroit : au moment où on épilogue sur la pseudo légalité du décret de Macky Sall, le Maire Khalifa SALL devrait jouir de sa liberté d'homme. C'est parce que le Sénégal sous le magistère de Macky Sall se comporte comme un « Etat voyou » que le sieur Demba KANDJI a abusé de sa fonction et violé littéralement l'article 55 du code de procédure pénale et le règlement n°05/CM de l'UEMOA. Dans un Etat de Droit, ce pseudo magistrat serait révoqué sur le champ et traduit en Justice.

Sur ce point le Forum du Justiciable doit être cohérent et refuser de tomber dans le piège du régime. On ne peut un jour déclarer que le code de procédure pénale ne sert plus à rien, admettant qu'il faut le déchirer, et un autre, affirmer que le décret de révocation du Maire de Dakar est légal. A partir du moment ou les droits fondamentaux du Maire ont été violés dès l'entame « Droit à l'assistance d'un conseil dès l'interpellation, le droit à la présomption d'innocence et à un procès équitable de Khalifa SALL », toutes les décisions ultérieures prises dans le cadre de cette affaire ne peuvent avoir, en aucun cas, un fondement légal. Avant de disserter sur la légalité du décret n°2018-1701 portant révocation du Maire, il faut au préalable appliquer la loi et tirer les conclusions de l'article 55 du code de procédure pénale et du règlement n°05/CM de l'UEMOA (libération de Khalifa Sall).

Le décret a été pris parce qu'une forfaiture a validé la procédure initiée à l'encontre de Maire. Accorder une quelconque valeur au décret de Macky Sall révoquant le Maire de Dakar, c'est accorder un crédit au jugement de Malik LAMOTTE et à l'arrêt de Demba Kandji, et considérer que l'Etat de Droit existe au Sénégal. Or, tout le monde sait que depuis le 30 aout 2018, la Justice s'est effondrée comme un château de cartes au Sénégal ; l'anarchie et les pratiques déviantes d'un homme atteint du syndrome d'HUBRIS (maladie du pouvoir) Macky Sall se substituant à la loi. Ce n'est pas parce que des Juges aux ordres rendent des décisions qu'elles revêtent un caractère légal. En réalité, le décret révoquant le Maire de Dakar est une diversion du régime pour « couvrir et légaliser la forfaiture à l'encontre de Khalifa SALL».
Secundo, des « spécialistes » soutiennent la thèse selon laquelle « la décision de révocation indépendamment des poursuites judiciaires, pouvait intervenir depuis le rapport de l'Inspection générale d'Etat ».

Cet argument est faux, pour une raison simple : l'article 135 de la Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales dispose « Lorsque le maire ou tout autre conseiller municipal est condamné pour crime, sa révocation est de droit. Les Maires et adjoints, après avoir été entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés, peuvent être suspendus par un arrêté du Ministre chargé des Collectivités locales pour un temps qui n'excède pas un mois et qui ne peut être porté à trois mois que par décret ». Le pouvoir de révocation n'est pas une prime à l'arbitraire. Il est strictement encadré. S'il suffisait de commander des rapports à l'IGE et sur cette seule base révoquer des Maires, le potentat Macky Sall, ne se priverait pas pour jeter en prison des dizaines de Maires. Comme le précise l'article 135, « les mis en cause doivent être préalablement entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés ». C'est une obligation substantielle et légale. Khalifa Sall n'a pas été invité à fournir des explications aux autorités administratives. En transmettant le rapport de l'IGE au Procureur de la République, Macky Sall a clairement opté pour la judiciarisation du dossier.

Le support de la décision de révocation du Maire de Dakar, n'est pas le rapport de l'Inspection Générale D'Etat (qui est certes une pièce maîtresse du dossier), mais bel et bien 2 décisions de Justice illégales (le jugement en première instance de Malik Lamotte et la confirmation de la condamnation par l'arrêt de la pseudo Cour d'appel de Dakar du 30 aout 2018). Le Député-Maire ayant été privé du Droit à un procès équitable, toute la procédure s'effondre. A fortiori, un décret couronnant la forfaiture. Reconnaître que le Député-Maire a été détenu arbitrairement et qu'il n'a pas eu droit à présomption d'innocence pour ensuite venir dire que le décret le révoquant est légal, c'est franchement prendre les sénégalais pour des demeurés !


3. Les partisans du régime font une lecture biaisée des articles 135 et 140 du CGCT


Incontestablement, il y a une lecture biaisée (mauvaise foi) par les partisans du régime des articles 135 et 140 la loi N° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des collectivités territoriales. Avant d'évoquer l'article 140, il convient de lire les dispositions de l'article 135 précisant que le Maire a droit à ce que « sa cause soit entendue, dans le cadre d'un procès équitable ». Ce qui n'a jamais été le cas tout au long de la procédure, vidant l'article 140 du CGCT de sa substance. En conclusion, le décret portant révocation du Maire de Dakar est illégal, car le fondement est illégal (article 135). En matière de légalité, ce régime doit faire profil bas. La liste des forfaitures sous le magistère de Macky Sall dépasse l'imagination : modification d'un Avis du Conseil Constitutionnel en Décision en 2016, fraude électorale en 2017, privation du Droit de vote de millions de sénégalais, violation de la Constitution avec la loi sur le parrainage Intégral, vol de deniers publics avec l'affaire PRODAC, népotisme avec la nomination de son frère Aliou SALL à la tête de la Caisse des dépôts et Consignations, etc...En 6 ans, Macky Sall et ses sbires (délinquants au pouvoir) qui ont saccagé l'Etat de Droit et détruit les fondements de la Démocratie devraient raser les murs.


Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Dr MauriceSoudieck Dione, enseignant-chercheur à l’UGB «les enjeux de l’élection présidentielle risquent d’être dévoyés»

« L’élément déterminant pour la présidentielle du 24 février 2019, semble plus être la nécessité de renverser le président sortant pour l’opposition, que de faire adhérer les populations à un programme alternatif  » , selon Maurice Soudieck Dione, docteur en Sciences politiques, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. C’est la perspective qui se dessine du fait de la tendance du chef de l’Etat, Macky Sall, à des «dérives autoritaires et arbitraires dans ses rapports avec l’opposition». Evoquant la pléthore de déclarations de candidature à 6 mois de la joute présidentielle, M. Dione, est convaincu que certains n’iront pas jusqu’au bout. Entretien……

Croyez-vous que toutes les déclarations de candidatures à la prochaine présidentielle  iront jusqu’au bout de leur logique?

Il est vrai que déclarer sa candidature est une chose, être en mesure de se présenter effectivement en est une autre. Cela pour plusieurs raisons. D’abord, eu égard aux moyens financiers colossaux pour aller aux élections. Car, en plus de la caution de 30 millions, il faut des ressources pour sillonner le pays, pour obtenir les parrainages requis avant d’entrer dans la compétition. Ensuite, pour les besoins de la campagne, il faut mobiliser des voitures, déplacer et entretenir une équipe sur toute l’étendue du territoire, concocter un programme politique pertinent entre autres. Toutes ces contraintes peuvent amener certains candidats à déchanter. Il y a aussi que certains autres candidats pourraient être dans une logique stratégique, consistant à faire monter les enchères autour de leur candidature, pour se ranger en définitive derrière un autre candidat, ou alors mobiliser une partie de l’électorat, pour qu’en cas de second tour négocier leur accès au pouvoir. 

N’y a t-il pas  dans ce cas des déclarations de candidatures fantaisistes ?

Je ne qualifie aucune candidature de fantaisiste pour éviter de tomber dans la discrimination entre citoyens sénégalais. Je considère dans l’absolu qu’il faut respecter tous les candidats qui sont d’égale dignité au plan juridique, dès lors qu’ils respectent les conditions de fond et de forme prévues par la Constitution, les lois et règlements. C’est au prorata des suffrages collectés qu’on pourra classer les candidats au sortir des élections, et donner des analyses sur la base de faits concrets.

A votre avis, lequel des enjeux entre celui de la découverte de gaz et de pétrole, ou celui de la nécessité d’instaurer l’État de droit et la démocratie pour tous, va prendre le dessus ?

En fait c’est un tout. Car la multiplication des ressources nationales, avec la découverte de gisements de gaz et de pétrole, fait que le pouvoir devient de plus en plus un enjeu qui aiguise des appétits tant sur le plan national qu’international. Mais il faut dire également qu’avec de telles ressources, il est impératif et impérieux que le jeu politique soit transparent et loyal, pour assurer la paix et la stabilité politique du pays, afin de conjurer les démons du chaos politique sur lesquels, comme cela a été le cas ailleurs en Afrique, des saigneurs et des seigneurs de la guerre ont profité du désordre pour s’enrichir, en collusion avec les puissances étrangères. On a pu alors parler de criminalisation de l’État.

Comment devrait-on s’y prendre alors ?

La découverte de richesses exige une compétition équitable pour préserver la paix, sans quoi rien ne peut être construit. Ensuite les ressources trouvées repositionnent au centre du débat politique, la gouvernance démocratique, qui non seulement doit être transparente, mais doit également profiter à tous les Sénégalais. Ce qui suppose une allocation pertinente et efficiente des ressources pour créer encore plus de richesses avec des investissements productifs, refonder des services publics de qualité en matière de santé et d’éducation notamment, construire et valoriser le capital humain, etc. Or si les valeurs de la République sont piétinées en raison du clientélisme et de la propension à l’enrichissement personnel des dirigeants érigés en règles, et si les principes de la démocratie et de l’État de droit ne sont pas respectés, notamment à travers une compétition politique loyale, les ressources découvertes ne seront pas d’un grand apport pour le pays, car elles seront pillées et gaspillées par une caste de politiciens sans scrupules, et qui vont mettre le pays en danger, c’est-à-dire dans l’instabilité.

Qu’est-ce qui sera déterminant pour cette élection : les programmes alternatifs, la nécessité de renverser le président sortant ou de le maintenir ?

Malheureusement les enjeux de l’élection présidentielle risquent d’être dévoyés, comme cela a souvent été le cas au Sénégal, notamment lors des alternances de 2000 et 2012, où l’on a plus congédié des régimes ayant failli, qu’adhérer à un programme. Cette perspective qui se dessine a été construite pour une bonne part par la tendance du Président Sall à des dérives autoritaires et arbitraires, dans ses rapports avec l’opposition marqués par la répression et la violation des droits et libertés des opposants et par l’imposition de sa volonté et des intérêts exclusifs de sa coalition, en ce qui concerne les règles du jeu politique. Or , celles-ci doivent être définies de manière concertée, pour éviter que le pays ne sombre dans des lendemains incertains.

Propos recueillis par  Jean Michel DIATTA

FRANCE : DES MILITANTS DE L’APR ANNONCES AU MOUVEMENT UN AUTRE AVENIR

Des militants de l’APR France originaires du Boundou auraient décidé de rejoindre Un Autre Avenir(AA). Si cette nouvelle annoncée par Ibrahima Thiam dans un document  est confirmée, ce sera une grosse perte pour le parti au pouvoir dont l’ambition est de réélire son candidat, Macky Sall, dès le premier tour. Selon le document transmis à Infos15, AA organisera une rencontre publique pour les accueillir , samedi 25 août, à Paris, dans le 18 eme arrondissement.
CSS

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

Calendrier

« Novembre 2018 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    

BANNIERE 03 UNE IKRONO

Banniere UAA 260x600

Video galleries

logotwitterFacebook