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Islam : ce que dit le rapport qui veut réformer la deuxième religion de France-Institut Montaigne par Hakim El Karoui


Paris  septembre 2018


En publiant un nouveau rapport pour l'Institut Montaigne, un groupe de réflexion libéral, l'essayiste Hakim El Karoui reformule plusieurs propositions pour réorganiser l'islam de France face à l'islamisme. Des pistes qui pourraient inspirer Emmanuel Macron ces prochaines semaines.

Hakim El Karoui, membre associé de l'Institut Montaigne, défend la réorganisation d'un "islam français". (Capture d'écran Europe 1)
"Il faut agir, il faut se lever, il faut reprendre la main sur la religion musulmane." Lundi sur Europe 1, l'essayiste et chercheur Hakim El Karoui a appelé les "musulmans modérés et silencieux [à] se réapproprier l'islam". L'homme vient de signer un rapport pour l'institut Montaigne, qui sera remis à Emmanuel Macron au moment où celui-ci attend un "cadre" pour que cette religion - la deuxième de France - "s'exerce de manière conforme aux lois de la République", dixit le chef de l'Etat.


Il s'agit du "troisième rapport" en trois ans d'Hakim El Karoui, précise sur son site l'institut, un groupe de réflexion réputé libéral, qui a mis en ligne dimanche ce document de 617 pages. Mais celui-ci est non pas consacré "à l'islam mais à l'islamisme", peut-on lire. Ses propositions concernent pourtant bien les musulmans français, en interrogeant leur relation à la République, d'un côté, et au salafisme, de l'autre. Les solutions évoquées - qui ne sont pas forcément nouvelles - font en tout cas déjà parler, et plus encore si l'exécutif venait à en faire les siennes.


Quel est le propos de ce rapport?


Hakim El Karoui le répète au fil de ses interventions médiatiques. Il veut "dépassionner" le débat sur l'islam, l'évoquer "sans fantasme" dit-il, mais ne surtout pas "l'occulter" et cesser "la politique de l'autruche". "Quand il y a un problème, il faut le traiter", a-t-il insisté sur Europe 1. Et le problème, selon lui, "c'est la progression de l'idéologie islamiste chez les musulmans de France", comme il l'a dit également dimanche soir sur RTL. Le rapport en question s'intitule ainsi "La fabrique de l'islamisme".


Pour cela, le rapporteur répète ce chiffre choc : "à peu près un quart" de ces musulmans seraient "hostiles" aux valeurs républicaines, notamment les plus jeunes. Un résultat qui se rapproche du 28% "d'ultras musulmans" comptabilisés dans un sondage Ifop en 2016 et que l'auteur soutient cette fois grâce à une "analyse quantitative des réseaux sociaux", terrain sur lequel prolifèrent les thèses islamistes et en particulier le salafisme. L'étude s'attarde ainsi longuement sur les "usines de production de l'islamisme" (Frères musulmans en Egypte, wahhabisme en Arabie Saoudite, "turco-islamisme en Turquie"...) et souligne "l'incroyable" influence de ces réseaux sociaux dans son expansion.


Mais le travail d'Hakim El Karoui ne fait pas forcément l'unanimité. Les représentants du Conseil français pour le culte musulman (CFCM), instance élue considérée comme représentative par les pouvoirs publics mais régulièrement critiquée pour son manque d'efficacité, soulignent par exemple le manque de légitimité du chercheur ou le caractère anxiogène de ce travail. En outre, "c'est aux musulmans de s'occuper de leur religion, ce n'est pas à l'Etat de l'organiser", a redit lundi à l'AFP le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri.


Quelles sont ses propositions?


Pour Hakim El Karoui, l'enjeu est donc de réformer l'islam en France pour contrer cette influence de l'islamisme qui prendrait le pas. "Comme on a des militants d'un côté, et qu'en face personne ne dit autre chose, ils ont une influence très au-delà de leurs sympathisants", assure l'essayiste sur Europe 1. Le coeur de son projet est donc de créer une nouvelle structure indépendante "chargée d'organiser et de financer le culte musulman". Fini donc le CFCM et plus encore l'UOIF, que l'homme combat, place à ce qui serait "l'Association musulmane pour l'islam de France" (Amif).


Cette nouvelle institution qui poserait les bases "d'un islam français" pourrait ainsi s'occuper de réformes que l'institut Montaigne porte depuis plusieurs années déjà - en particulier depuis un précédent rapport de 2016, telles que :


• La mise en place d'une "taxe halal", une mesure sur laquelle ne s'attarde pas en soi le nouveau rapport mais qui est toujours défendue par son auteur. Il ne s'agirait pas d'un impôt prélevé par l'Etat mais d'un prélèvement géré par l'association et s'inspirerait de la "taxe de cacherout" de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits "casher".


• La réorganisation des pèlerinages pour La Mecque, en Arabie Saoudite. Aujourd'hui, les voyagistes pour effectuer le hajj - qui constitue l'un des cinq piliers de l'islam - sont en situation de "monopole" et le pèlerinage, en y ajoutant les intermédiaires, s'avère de plus en plus coûteux, exposait lundi Hakim El Karoui.


• Avec ses recettes prélevées notamment sur le marché du halal, l'association pourrait ensuite investir "dans la formation de cadres religieux, la construction pourquoi pas de certaines mosquées". Elle rendrait aussi un "service utile aux fidèles" en se posant comme "régulateur" des flux financiers, parfois "opaques" dans la communauté musulmane.


• Le rapport en appelle surtout à la "mobilisation du ministère de l'Education nationale", qui passerait par une meilleure formation des enseignants sur la question de la laïcité. Mais également de "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école, pour faire face aux "cours d'arabes dans les mosquées [qui] sont devenus pour les islamistes le meilleur moyen d'attirer des jeunes dans leurs mosquées et écoles". "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux", appuie Hakim El Karou, alors qu'il a "été multiplié par dix dans les mosquées".
• Le document propose plus globalement de réinventer "la promotion du discours républicain", notamment sur les réseaux sociaux. "L'État se doit d'améliorer la connaissance des tenants idéologiques et des aboutissants politiques et sociaux de l'islamisme, il doit aider ceux qui veulent financer des initiatives de contre-discours en français", est-il écrit.

En insistant sur l'enjeu diplomatique de ce sujet : la France, et plus globalement l'Europe, doit davantage coopérer avec le Maghreb et les pays du Golfe, demande l'institut Montaigne, meilleur moyen selon lui de sortir des logiques de financement de l'islam depuis l'étranger et des discours les plus radicaux, comme ceux portés en Arabie Saoudite.


Ce rapport va-t-il être repris par Emmanuel Macron?


La publication de ce nouveau rapport, qui est donc avant tout une piqûre de rappel des propositions déjà avancées par l'institut Montaigne, vient à point nommé. Sont en effet organisées jusqu'à la mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites. Cette concertation répond à la demande d'Emmanuel Macron, qui avait déclaré devant le Congrès en juillet dernier, vouloir poser à l'islam de France "un cadre et des règles" et ce, "dès l'automne" prochain.


Il s'agit donc ici pour le think tank libéral d'entrer dans ce débat et pourquoi pas de convaincre le chef de l'Etat sur la pertinence de son projet. Hakim El Karoui arrivera-t-il à se faire entendre? "Peut-être... sans doute, j'espère", a-t-il répondu sur Europe 1.

Cet intellectuel, autrefois conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon a pour lui de bien connaître déjà Emmanuel Macron, les deux hommes ayant été tous les deux collègues au sein de la banque d'affaires Rothschild. El Karoui est donc souvent présenté comme ayant "l'oreille" du Président, même s'il assure lui-même ne pas être un intime.


Plus globalement, l'institut Montaigne est réputé proche d'Emmanuel Macron, puisque son directeur Laurent Bigorgne est un ami de longue date depuis leurs études à Sciences Po et l'aurait conseillé pendant la campagne présidentielle sur les questions d'éducation. Pour l'heure, on ne sait pas encore si le chef de l'Etat va reprendre ces idées mais les priorités qu'il a déjà affichées sur ce sujet sont en tout cas loin d'être incompatibles avec celles-ci. Dans une première réaction officielle, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a en tout cas "salué" dans un communiqué ce "travail très approfondi" et pris note de "propositions très intéressantes (...) qui appellent à un rassemblement et une mobilisation des musulmans républicains en France".

Publié dans International

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