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Qu'est-ce qu'une belle vie ?–sciences humaines
Des extraits de cette revue sciences humaines


Il y a bien des façons de réussir sa vie. Et à peu près autant de la rater.


Tout d'abord, mieux vaut ne pas naître en autre animal que celui d'humain : en cage ou dans la nature, comme proie ou prédateurs, ils vivent dans un monde plutôt hostile. Et seuls les animaux domestiques (qui ont domestiqué les humains à leur manière) s'en sortent bien, si l'on en croit Thomas Lepeltier.
Parmi les humains, il faut l'admettre : toutes les vies ne se valent pas. En tout cas, on ne leur accorde pas la même valeur.


Et même lorsqu'on dispose de tout le confort de la paix et d'un niveau de vie décent, la sérénité n'est pas forcément au rendez-vous. Pour les tenants de la psychologie positive, il faut aussi un ingrédient essentiel pour être heureux : ne pas trop s'occuper de soi pour recevoir de l'amour en retour.


De leur côté, les philosophes se penchent sur la question depuis des lustres : qu'est-ce qu'une belle vie ?

Les uns la voient dans la douceur de vivre à l'écart du monde, d'autres dans le courage d'assumer sa destinée. Aristote pense quant à lui que le bonheur idéal n'est qu'une chimère de philosophe, qu'il n'est pas de voie royale vers le bonheur autre que vers un juste milieu.
À moins que la vraie vie ne se trouve pas dans la recherche éperdue du bonheur, mais dans une des nombreuses autres voies : le salut, l'accomplissement, la guérison, les vertus, la liberté, le progrès... Finalement les pistes sont nombreuses. Certaines se glissent dans ces pages.
- Le but de la vie ne se réduit pas forcément à la quête de bonheur personnel. On peut concevoir aussi qu'il est d'autres voies pour réussir sa vie : celles du salut, de la vertu, de l'accomplissement, et bien d'autres encore qu'on peut atteindre à partir de sept portes principales.


La « belle vie », tout le monde la désire, non ? Pour soi, pour ses enfants et ses proches, voire pour l'humanité entière. C'est le « souverain bien » selon Aristote. Celui dont on rêve de trouver enfin la formule.


Mais où la trouver ? Au-delà dans le salut, ou ici-bas dans le bonheur terrestre ? Dans les joies simples de la vie (un petit nid douillet pour le confort, un conjoint, une famille et des amis pour le réconfort) ou dans l'accomplissement d'un grand projet (aller au bout de ses passions et de ses rêves) ? Les promesses de belle vie ont fait couler beaucoup d'encre, commettre bien des folies et ont produit bien des déceptions.
Au cours des siècles, prophètes, philosophes, politiciens, psychologues (aujourd'hui même les économistes s'en mêlent) ont proposé une riche panoplie de formules censées conduire à la félicité.


Dans un passage de la Bible, il est dit que la sagesse « a construit sa maison autour de sept piliers » mais sans pr&ea [ lire la suite... ]
L'existence peut être belle, et même mieux encore, lorsqu'on se soucie d'abord de celle des autres. Un lieu commun moralisateur ? En tout cas, c'est ce que mettent en avant les chercheurs en psychologie positive... mais aussi de nombreuses personnes au soir de leur vie.
Réfléchir à la belle vie, c'est se la compliquer... La définir tient déjà du casse-tête. Une belle vie va-t-elle de pair avec le plaisir ? Le bonheur ? L'absence de maux ? La sagesse ? Si j'ai tout pour être heureux selon un observateur extérieur mais que je ne le suis pas, ai-je une belle vie ? Et inversement, le sage qui parviendrait à garder un sourire sincère dans le dénuement grâce à la fidélité à ses valeurs, bénéficierait-il d'une belle vie ? Ajoutons à cela que dans toute la littérature scientifique anglophone, on ne parle pas de « belle », mais de « bonne » vie : a good life. Est-ce vraiment la même chose ?


La belle vie, malgré son fouillis conceptuel, constitue aujourd'hui un centre

d'intérêt majeur de la psychologie positive. Née avec le 21e siècle, celle-ci recouvre tout un champ de recherches essayant d'établir, sur des bases scientifiques, ce qui contribue au bien-être [ lire la suite... ]


S'appuyant sur ses nombreuses enquêtes auprès des populations précaires, Didier Fassin propose une réflexion anthropologique sur la vie. Pour lui, les sociétés contemporaines ont fait de la vie un bien suprême sans pour autant en effacer le caractère inégal.
Didier Fassin a une carrière bien remplie et une œuvre tout aussi riche. Ce médecin, titulaire d'un master d'épidémiologie et de santé publique, administrateur et vice-président de Médecins sans frontières entre 1999 et 2003, est depuis 2006 le président du Comede, le Comité pour la santé des exilés, organisation non gouvernementale qui assure la prise en charge médicale, sociale et juridique des migrants et des réfugiés.


Devenu anthropologue et sociologue, professeur à l'université Paris-XIII et directeur d'études à l'EHESS, il conduit des enquêtes au Sénégal, au Congo et en Équateur. Au début des années 2000, son terrain est l'Afrique du Sud, où il dirige un programme sur les malades du sida qui fait rage dans la région. Au cours de cette période, ses recherches s'élargissent à divers groupes en situation de précarité – pauvres, chômeurs, migrants, réfugiés [ lire la suite... ]
En général, on pense que la vie est une bonne chose. Selon le philosophe David Benatar, c'est une erreur due au fait que l'on minimiserait très fortement la quantité de souffrances qui la minent. Objectivement, il aurait mieux valu ne pas naître !


En 2006, le philosophe David Benatar publie Better Never to Have Been (1), où il défend l'idée que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue et qu'il ne faut donc pas faire d'enfant. Après la publication du livre, un adolescent lui envoie une lettre poignante pour lui raconter qu'il est victime de moqueries permanentes en raison de son physique ingrat et que, atteint d'une maladie cardiaque débilitante, il vit avec la peur au ventre de mourir à tout moment. Accablé par cette existence misérable, l'adolescent déclare qu'il aurait préféré ne pas être né et reproche à ses parents leur désir égoïste d'avoir voulu mettre au monde un enfant (2). Voilà de quoi renforcer la thèse de D. Benatar !
Bien sûr, tout le monde n'est pas dans la situation de cet adolescent. Si certaines personnes sont confrontées à des conditions de vie encore plus difficiles, d'autres, he [ lire la suite... ]


- La plupart des animaux sont des êtres sensibles. Ils ont des existences faites de sensations, d'émotions, de sentiments, d'attentes, etc. Qui plus est, ils tiennent à leur vie, un peu comme nous, humains, y tenons. Mais vivent-ils, en général, dans de bonnes conditions ?
Au cours de l'été 2016, la presse internationale s'est émue de la mort, en Argentine, d'un ours polaire nommé Arturo. Après une vie passée en captivité dans des zoos, il montrait de forts signes de dépression. Avec son air abattu, le sobriquet d'« ours polaire le plus triste du monde » lui avait été attribué. Sa mort venait donc clore une vie relativement misérable. De quoi toucher une opinion publique de plus en plus sensible au sort des animaux.
En tout cas, à quelques mètres de l'enclos d'Arturo, le chimpanzé Cecilia bénéficia d'un sort plus heureux. Depuis quelques années, il était l'attention d'une campagne visant sa libération. Le zoo était accusé, non pas de le maltraiter, mais de nuire à sa santé mentale. Or, en novembre 2016, un juge argentin décréta que Cecilia était une « personne non humaine » à qui devait être appliqué le principe de l'habeas corpu [ lire la suite... ]


Luc FERRY avait écrit sur le sujet


Qu'est-ce qu'une vie réussie ?


Luc Ferry
Cet essai - qui fait suite à L'Homme-Dieu et à La Sagesse des Modernes - tente de répondre à la question qui lui sert de titre. En effet, depuis la naissance de la philosophie, la question de la « vie bonne » est au centre des interrogations humaines, mais Luc Ferry observe que la façon d'y répondre dépend de la vision du monde où elle s'inscrit. A cet égard, il distingue trois grandes problématiques :

1 - dans les mondes théologico-religieux, « réussir sa vie » revient à trouver sa place à l'intérieur d'un ordre transcendant et, pour reprendre la terminologie de l'auteur, « hétéronomique » (la loi est extérieure au sujet qui s'y soumet). 2 - Avec l'avénement des « mondes désenchantés », et avec l'avénement de l'individualisme démocratique, la question de la « vie bonne » se pose différemment - puisqu'il s'agit, désormais, de régler son salut sur des finalités non transncendantes (c'est ce que Ferry nomme, avec d'autres, « l'âge d'autonomie »). 3 - Or, que reste-t-il de cette « sotériologie » - c'est-à-dire : l'art d'accomplir son salut - à l'âge de la mort de Dieu et de la disparition des grandes eschatologies - fussent-elles laïques ? A partir de cette périodisation, Luc Ferry passe en revue les grands types de réponses fournies par les philosophes et les religions. Les Stoïciens, Nietzsche, le christianisme - mais aussi les peintres hollandais ou les écrivains bohèmes du XIXe siècle - illustrent cet ouvrage d'une richesse et d'une fécondité remarquables. Le dernier chapitre de cet ouvrage répond, plus personnellement, à la question qu'il pose. Dans cet ultime chapitre, Luc Ferry éclaire d'un jour singulier son propre itinéraire d'intellectuel et, désormais, d'homme d'action.


- a meilleure des vies
Joanne K. Rowling, Grasset, 2017.
Oui, l'auteure de la saga de Harry Potter est une référence inattendue dans Sciences Humaines. Mais ce texte, issu d'une conférence donnée à Harvard lors de la cérémonie de remise de diplôme, est beau et très inspirant. Il y est question des vertus de l'échec et de l'imagination à travers sa propre histoire.


Qu'est-ce qu'une vie bonne ?


Judith Butler, Payot, 2014.


« Conférence Adorno » donnée par l'une des grandes figures de la philosophie américaine. Le texte est précédé d'une longue introduction du traducteur Martin Rueff. On ne saura sans doute pas ce qu'est une vie bonne mais on aura une idée des réflexions actuelles sur « l'éthique de la vulnérabilité ». Sur une thème voisin, on peut lire Éthique de la considération de Corinne Pelluchon (Seuil, 2018).
Sérénité
Vieillir est un art
Wilhelm Schmid, Piranha, 2016.


Un petit livre très recommandable pour ceux qui sont atteint de ce mal incurable qu'est le vieillissement. On perd beaucoup avec l'âge : la force et la fougue de la jeunesse, la beauté, l'avenir, la santé. Mais on peut y découvrir aussi un nouveau charme : la sérénité. L'auteur est un philosophe très populaire en Allemagne.
Comment affronter l'adversité
Se relever après la chute
Brené Brown, Guy Trédaniel, 2017.


À classer parmi les ouvrages récents sur la façon d'affronter les rudes épreuves de la vie.
La Belle Vie


Jay McInerney, L'Olivier, 2007.


Histoire de la face cachée d'un couple de la « upper class » new-yorkaise à qui, tout semble avoir réussi... quand survient le 11 septembre 2001.

Publié dans Ex-libris

 

La place du livre dans la société par Abdelkader Merabet

Instrument privilégié de la connaissance, le livre est à la base de la mutation de la société de l'oralité vers la société de l'écriture. Détaillant ou synthétisant le savoir, le livre se pose et s'impose comme l'outil fondamental de la civilisation moderne on ne peut plus, aujourd'hui, concevoir une institution ou un foyer sans bibliothèque bien achalandée où chacun trouve un ouvrage à son goût.

La chose écrite est devenue aussi indispensable que le pain quotidien. Elle participe de la culture de l'esprit. La lecture d'un livre induit un minimum de préparation : maitrise de la langue familiarisation avec les textes classiques, choix du thème ou du sujet, sinon elle se fera à la hâte et n'aura pas sur l'esprit les effets escomptés.

Lire en rigueur de terme c'est parcourir, un texte en méditant ses enseignements, le comprendre plus que l'apprendre évaluer la possibilité de l'exploiter dans une réunion familiale autour du café, un cours, un exercice, un mémoire, c'est en fin de compte en tirer l'utile et l'agréable. Pour atteindre ces objectifs, la lecture sera calme posée, réfléchie : on lit certes avec les yeux mais c'est en mettant en marche son cerveau qu'on parvient à en profiter pleinement. L'esprit ordonne, classe, compare, déduit et juge. Ses fonctions sont multiples et rendent la lecture attractive et passionnante.

Ceux qui ont en fait leur profession n'ouvrent jamais un bouquin sans être munis d'un papier et d'un stylo. Pour eux, prendre des notes, les consigner sur un cahier ou un registre c'est déjà accumuler des connaissances. Viendra le jour où ces notes serviront à résoudre un problème. Comprendre une énigme, renseigner un tiers désemparé, sauver un élève en lui permettant de décrocher un 10 /10 à l'examen.

Le tout est de savoir quoi noter et comment. Le mieux à notre avis, serait de choisir la formule joliment frappée, l'idée géniale, l'information rare et la statistique précise et édifiante. Reproduire des mots n'a aucun sens, autant de coups d'épée dans l'eau . Voyons maintenant le livre d'un point de vue strictement quantitatif. En vérité, le nombre élevé de livres dans une bibliothèque ne signifie pas grand échos. Cent livres de qualité valent bien mille livres d'importance moindre, l'encyclopédie plus que l'essai ou le traité et le dictionnaire plus que l'encyclopédie. On s'avisera de ranger les livres dans un ordre donné à notre convenance on a le choix entre le classement, par auteur, par titre ou par thème. Dans les trois cas le classement alphabétique ne doit pas faillir. Le désordre est l'ennemi numéro un du lettré et retenir qu'une bibliothèque désordonnée crée le chaos. Dans les esprits, dans la vie il vaut mieux avoir affaire à quelqu'un qui vous déniche un document en cinq minutes qu'à celui qui pour un service identique vous fera attendre cinq heures.

Parole d'archiviste ! Il est donc nécessaire si l'on ne veut pas passer sa vie à faire et à défaire ses ouvrages, de donner à l'ordre la priorité des priorités faute de quoi, l'anarchie s'installera chez vous et vous ne tirerez rien de bon de vos livres. Un bon lecteur, au reste, c'est davantage un altruiste qu'un érudit qui chercherait à connaitre à fond toutes les disciplines enseignée, car en de parcours, ce qui nous apporte le plus dans la vie est de communiquer aux autres ce que nous avons appris nous-mêmes. Imaginez –vous un instant en train de répondre spontanément aux questions d'un ami. Quelle est la quantité de sel dans un litre d'eau de mer ? Dans le corps humain, combien y-a-t-il d'os de muscles, d'articulations, de litres de sang ? Combien de planètes, de satellites et d'astéroïdes dans le système solaire ? Combien de mamelles chez la vache et la truie ? A quelle vitesse se fait la rotation de la galaxie ? Quelle est la vitesse de l'escargot, de la fusée de la lumière ?

Où trouver le plus bas niveau de la terre ? Quelle est la hauteur du Mont Everest et la profondeur des Iles Mariannes ?

Quelle est la période de grossesse de la femme et celle de l'éléphante, de la lionne, de la chatte, de la chienne, de la souris ?

Vos réponses exactes verront votre ami sauter de Joie et vous remercier vivement et chaleureusement de l'avoir sauvé des ténèbres de l'ignorance. Sûrement que le livre est un trésor. Ici en Algérie, nous avons chez les particuliers et les confréries religieuses des bibliothèques hors de prix contenant de vieux manuscrits où s'étale et se déploie sur des milliers de page toute la sagesse des anciens. Ces ouvrages restent inaccessibles aux chercheurs pour deux raisons évidentes : l'esprit de rétention, de dissimulation et de cachotterie qui honte la majorité de leurs propriétaires, peu enclins à ouvrir leurs armoires aux personnes qui leur sont étrangères et d'un autre côté, l'indélicatesse plus que patente d'une frange savante qui oublie volontairement et sciemment de rendre leurs biens aux généreux prêteurs ! Ces deux facteurs négatifs se sont conjugués pour bloquer toute recherche universitaire sur le patrimoine national.

En dépit des erreurs et des maladresses des uns et des autres il n'en demeure pas moins que l'Algérie en tant que nation musulmane, inféodée au coran révélation divine est et reste une communauté de scripturaires ces hommes du livre qui sont les récipiendaires d'un message céleste et les propagateurs de ses enseignements sur la terre des hommes.

Voila bien des raisons qui devraient nous inciter à accorder une place de choix au livre dans notre société avide de science et de savoir. Cela implique fatalement un effort constant public et privé pour assurer au marcher du livre une prospérité telle que tout un chacun puisse faire avec facilité toutes les acquisitions désirables et remplir sa maison d'ouvrages de valeur, gages inconditionnels de la continuité et de l'éternité.

Abdelkader Merabet
https://www.reflexiondz.net/La-place-du-livre-dans-la-societe

Publié dans Société

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