Filtrer les éléments par date : mardi, 20 mars 2018

 

 Islam de France : le Parti de Gauche s'oppose aux pistes envisagées par Macron

"L'Etat ne peut s'immiscer dans sa composition, dans la formation de ses ministres du culte et encore moins dans l'organisation du financement", a estimé dans un communiqué Benoît Schenckenburger, secrétaire national du PG.


Le Parti de gauche (PG) a réprouvé lundi les intentions d'Emmanuel Macron vis-à-vis de l'islam de France, dénonçant une "remise en cause de certaines dispositions" de la "loi de séparation des Églises et de l'Etat". "L'Etat ne peut s'immiscer dans sa composition, dans la formation de ses ministres du culte et encore moins dans l'organisation du financement", a estimé dans un communiqué Benoît Schenckenburger, secrétaire national du PG en charge de la laïcité, en référence au souhait du président de "poser les jalons de toutes l'organisation de l'islam de France" au premier semestre 2018, exprimé dans le JDD.


"Ces dispositions feraient sortir l'Etat de sa neutralité". Selon Benoît Schenckenburger, trois pistes de réflexions sont envisagées par Emmanuel Macron : la possibilité de financement de l'Islam, la formation des imams et de nouvelles modalités de compositions du Conseil français du culte musulman (CFCM).


"Toutes ces dispositions feraient sortir l'État de sa neutralité et obligeraient à prendre parti sur des dispositions cultuelles ou rituelles. Imagine-t-on que l'État s'occupe de la formation des prêtres catholiques ou qu'il gère le denier du culte catholique par une taxe sur les hosties, comme on voudrait une taxe sur les produits halal ?", s'est enquis Benoît Schenckenburger. "S'engager sur la voie d'un financement de l'Islam susciterait de nouvelles vocations et demandes de la part d'autres cultes, quand l'impôt ne doit avoir qu'une destination universelle", conclu le responsable du parti de Jean-Luc Mélenchon.


Par Rédaction Europe1.fr avec AFP

Publié dans International

Décidément, la guerre des mots entre Idrissa Seck et le pouvoir en place, en perspective de la présidentielle de 2019, ne cesse de rebondir. Cette fois, c’est en visite à Saint-Louis, dans le cadre de sa tournée nationale, que le patron de Rewmi s’est vivement attaqué à la gestion de Macky Sall, en critiquant ouvertement les nouveaux accords de pêche devant être entérinés d’ici le 31 mars prochain, entre le Sénégal et la Mauritanie. En réplique, le ministre de l’Economie maritime Oumar Guèye a tout simplement parlé de la « première bourde diplomatique » de l’ancien Premier ministre et opposant déclaré de Macky Sall à la présidentielle de 2019.

Idrissa Seck est revenu à l’attaque avant-hier, samedi 17 mars, contre le pouvoir de Macky Sall qu’il compte affronter à la présidentielle du 24 février prochain. Cette fois, c’est de Saint-Louis où il poursuivait sa tournée nationale, après l’étape de Touba, que l’ancien Premier ministre du Sénégal a contesté de nouveau la gouvernance Macky Sall. Après avoir dénoncé en son temps le contrat gazier conclu entre Dakar et Nouakchott, le patron de Rewmi s’est porté-en-faux contre les nouveaux accords de pêche devant être entérinés, le 31 mars prochain, entre le Sénégal et la Mauritanie.

Pour  le président du Conseil départemental de Thiès, les accords de pêche entre le Sénégal et la Mauritanie, avec notamment son projet de débarquer les prises à Ndiago (territoire mauritanien), ne prennent pas en compte les intérêts des pêcheurs de Guet-Ndar, encore moins ceux  du Sénégal. Aussi dira-t-il : « D’après les propos de Macky Sall et les confidences qui me sont faites qu’il fallait respecter la souveraineté de la Mauritanie et qu’il faut respecter les lois de la Mauritanie, la totalité de poissons doit être débarquée à Ndiago.  Cela est à l’opposé des intérêts des pêcheurs de Guet-Ndar et du Sénégal. Je suis opposé à ce projet. Macky Sall ne doit pas se comporter comme un sous-préfet du président mauritanien ».

La réplique du camp au pouvoir ne s’est pas fait attendre. Le ministre de la Pêche et de l’économie maritime, ancien lieutenant d’Idrissa Seck, n’a pas ménagé le patron de Rewmi. Interrogé par une radio de la place (Rfm), il a affirmé sans ambages qu’ « Il (Idrissa Seck-ndlr) vient de nous administrer, à travers cette sortie, sa première bourde diplomatique en faisant l’apologie du non respect des lois et règlements des pays amis. Cela veut dire tout simplement pour lui qu’il faut transgresser les lois et règlements des pays voisins et c’est une invite aux pêcheurs de Guet-Ndar qui leur dit Allez-y, ne respectez pas les lois de la Mauritanie. Vous n’avez pas de licences, vous n’avez rien mais allez-y, faites-vous arraisonner, faites vous tirer dessus comme si de rien n’était ». Oumar Guèye ne s’en limitera pas là. Aussi enfoncera-t-il le clou en relevant : « Cela voudra aussi dire que si, demain, il est élu président de la République, nos frontières maritimes seront ouvertes parce que personne ne respectera aussi nos lois et règlements intérieurs. Les gros bateaux vont venir piller nos ressources avec sa bénédiction ».

Oumar Guèye continuera en faisant savoir que «  Débarquer les produits à Ndiago ne veut pas dire que le poisson va rester en Mauritanie. Le président Macky Sall a annoncé la construction d’une route qui va relier Ndiago à Saint-Louis et, à partir de ce moment-là, il allait aussi mettre à la disposition des pêcheurs des camions frigorifiques ». En somme, a-t-il relevé, « Le poisson débarqué à Ndiago ne ferait que transiter pour venir à Saint-Louis à bord de camions frigorifiques». De là à postuler qu’une nouvelle polémique risque de s’emparer de l’espace de débat politique avec cette sortie d’Idrissa Seck et la réplique du pouvoir en place, il n’y a qu’un pas qui peut être rapidement franchi.

Sudonline

Publié dans Politique

A Madagascar, les députés des partis d'opposition sont inquiets à la veille de l'adoption des lois électorales. Ce lundi 19 dans l'après-midi, ils ont tenu une conférence de presse à leur sortie de l'Assemblée nationale. Ils craignent que ces lois soient adoptées sans qu'aucun de leur amendement ne soit pris en compte. Ces lois sont cruciales puisqu'elles encadreront les prochaines élections et notamment l'élection présidentielle qui doit se tenir à la fin de l'année.

Députés du TIM, le parti de l'ancien chef de l'Etat Marc Ravalomanana, du Mapar de l'ex-président de la Transition Andry Rajoelina et indépendants ont parlé d'une même voix. D'après eux, de nombreux articles des avant-projets de lois électorales ne sont pas conformes à la Constitution.

« Par exemple, le délai de campagne électorale dans l’ancienne loi est de 30 jours au second tour comme au premier tour. Mais là on l’a changé en 7 jours, pour le second tour. On ne peut pas accepter ça, parce que c’est impossible de faire campagne en une semaine », explique Arnaud Tody, député indépendant affilié au Mapar.

En travaux de commission la semaine dernière, les députés ont donc déposé des amendements. Mais ils craignent que ceux-ci ne soient pas pris en compte, c'est-à-dire que les lois sont adoptées telles quelles sans modification par rapport aux textes déposés par le gouvernement.

« Nous sommes informés qu’il y a des tractations, qu’il y a des consignes, mais surtout qu'il est question de mallettes d’argent pour faire passer ces lois sans amendements. Ces lois nous mèneront directement vers une nouvelle crise électorale. Donc nous alertons tout le monde pour qu’on sache ce qui se passe en ce moment à l’Assemblée nationale. Nous appelons nos collègues à voter en toute âme et conscience, mais pas pour d’autres intérêts », prévient Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente de l'Assemblée nationale et députée du parti TIM.

Ces lois électorales doivent être votées ce mardi 20 mars en séance plénière.

RFI

Publié dans Afrique

Le sélectionneur des Bleus s’est longuement livré, à Clairefontaine, en marge du stage de son équipe avant les deux matches amicaux de mars, vendredi contre la Colombie puis mardi prochain en Russie.

Didier Deschamps, êtes-vous différent de celui qui a préparé la Coupe du monde 2014, il y a quatre ans ?

J’ai une expérience supplémentaire. Je l’avais disputée en tant que joueur aussi, mais on apprend sur le tas. L’expérience du Brésil va servir, même si ce n’est jamais un copié-collé. J’ai un peu vieilli, j’espère que ça ne se voit pas trop (sourires). Il n’y a qu’à travers la compétition que l’on connaît son niveau réel. On part sur une longue période de vie commune. Il y a l’aspect sportif, mais pas que. On vit 24 heures sur 24 ensemble… C’est une aventure humaine et sociale. Je n’ai pas la prétention de dire que je fais tout bien.

Qu’est-ce que vous auriez dû faire différemment lors des deux précédentes grandes compétitions ?

Je ne me pose plus ce genre de questions. Je le faisais par le passé mais ça ne sert à rien. Je prends le temps avant de prendre une décision, mais quand c’est décidé, c’est décidé. Le haut niveau, ce sont des détails. Ça peut paraître bateau, mais c’est la réalité. La ligne directrice reste toujours la même, mais le contexte n’est jamais le même. On a été finaliste de l’Euro, donc, il y aura plus d’attentes. Ça ne me dérange pas cette exigence.

Au Brésil, tout le monde avait salué votre parcours, alors qu’il s’est arrêté en quart de finale…

Je peux vous garantir qu’on n’était pas satisfait. Les joueurs ont été même très marqués, même si c’était face au futur champion du monde. L’élimination n’était pas illogique, mais il n’y avait pas un gros écart non plus entre les deux équipes. On a parlé par la suite avec les Allemands. Ils étaient assez inquiets avant le match. À l’Euro, on a inversé la tendance. Est-ce que c’était mérité ? Je ne sais pas, mais à l’arrivée, même si on a été chahuté et bousculé, on les a éliminés. Bon, si on doit les rencontrer en Russie, j’espère que ce sera le plus tard possible.

« Tout est planifié pour la Russie »

Vous avez changé quelque chose par rapport à la préparation de l’Euro ?

On ne fera pas de stages ailleurs qu’à Clairefontaine. Et on se déplacera deux fois en province pour jouer (à Nice, puis à Lyon). On a passé beaucoup de temps pour tout planifier, la préparation en France, et tout ce qui concerne nos trois matches de poule en Russie. On aura, dès le départ, une photographie bien précise de la saison de chaque joueur, on saura ceux qui auront besoin de régénération, ou de plus travailler dans la première partie, avant de venir dans un bloc de travail commun, pour ceux qui joueront, ceux qui ne joueront pas…

Vous avez tout calé pour votre camp de base, à Istra ?

Oui, j’y suis allé deux fois déjà, des services de la Fédération encore plus. Pour tout bien caler car on n’aura pas là-bas la réactivité qu’on peut avoir à Clairefontaine. Il faut tout prévoir, il faut que tout le matériel soit arrivé. C’est un endroit fonctionnel, on a fait quelques aménagements pour avoir de l’espace et qu’on s’y sente bien, on l’a personnalisé, avec une salle musculation, une balnéo, tout ce qu’il faut.

Tout semble très précis…

Oui, la trame est claire. J’ai toujours fonctionné comme cela. Concernant les heures d’entraînement, c’est très précis. Mais ce n’est pas figé. Il y a toujours des impondérables, je ne suis pas psychorigide, je ne suis pas : « c’est ça et pas autrement. »

Vous aurez des activités extra-sportives ?

Ça peut, oui, une animation pour s’évader un petit peu, quand on a le temps entre deux matches.

Il y aura des réservistes ?

Je donnerais, le 15 mai, avec les 23 pour le Mondial, une liste de réservistes. J’ai la possibilité maximum de donner 35 joueurs, et non plus 30 (23 + 7) comme pour l’Euro. En ayant en plus la possibilité, en cas de problème médical d’appeler un joueur jusqu’à 24 h avant le premier match, hors de cette liste. 35, 34, 30 joueurs… Je ne sais pas aujourd’hui encore combien j’en prendrais. Les réservistes seront présents pour la première partie du stage, jusqu’au deuxième match. Certains joueurs vont s’arrêter le 12 mai, ils auront un programme à suivre. Mais quand je commencerai le stage tous les joueurs seront là, sauf ceux qui joueront la finale de la Ligue des champions. Avant l’Euro je n’avais que 14 joueurs au début su stage…

« Je prends beaucoup de recul »

Ne pas être tous les jours avec votre équipe d’ici là, vous manque-t-il ?

Je me suis adapté, avec tout ce travail de planification. Et avec le service marketing, les partenaires de la fédé, j’ai eu accès à plein de choses, je discute un peu de l’extra-football, si cela a une influence sur notre groupe… Tout ce qui peut toucher l’équipe de France à un moment, de près ou de loin, tout ce qui est sensible… Comme j’ai un président et une DG qui aime bien les choses carrées, j’ai beaucoup de réunions, de discussions…

Le poste de sélectionneur vous apporte-t-il autant, ou plus, que vous ne l’espériez ?

Je considère toujours que c’est un privilège et un honneur d’être là. Je me sens bien et même épanoui dans ce rôle. Il y a des périodes plus ou moins agréables. Ça dépend des résultats, des sujets, des débats, même si aujourd’hui ça fait partie de l’environnement. Je prends beaucoup de recul. Depuis l’avant-Euro surtout. Ce n’est pas parce que ça peut m’atteindre ou me blesser. Je laisse la place à tous les débats, mais je prends beaucoup de recul. En stage, je ne lis pas, je n’écoute pas. Je regarde une chaîne avec de la musique. J’ai des personnes autour de moi, s’il y a quelque chose d’important, mais je ne veux pas savoir le contenu.

Peut-être parce que vous avez été échaudé pendant l’Euro ?

Oui, parce que ça a été au-delà de ce que je peux accepter. Qu’on m’attaque sur les choix, le 4-4-2… Mais sur ma famille, qui n’est pas censée être prête à se défendre, je ne suis pas dans le football pour ça. Je fais front, j’ai réagi parce que je le devais. Ce qui me gêne, c’est quand l’argumentation est partielle et encore plus quand elle est erronée. Mais ça arrive. Je m’adapte. C’est le buzz toutes les 15 minutes.

La principale leçon, c’est de s’attendre à tout ?

Moi, je suis prêt à prendre des coups de partout. Je le savais avant. C’est un poste très exposé. Je n’ai pas de souci. Avant l’Euro, ça sortait du cadre sportif. C’est inconcevable. Je peux tout entendre, mais pas le domaine familial, avec des conséquences. Là, non. Sur les débats, chacun a le droit de donner son avis en donnant les bons mots. Ce qui a changé, c’est l’escalade dans l’agressivité verbale.

« On a moins d’indulgence, c’est normal »

Le débat de l’automne, c’était le jeu de l’équipe de France. Étiez-vous d’accord ?

L’exigence, je l’ai dit, elle est beaucoup plus élevée, l’attente aussi. On a moins d’indulgence. Après, l’un va à l’encontre de l’autre : si depuis l’Euro, dix joueurs ont été incorporés, ça ne peut pas se faire un claquant des doigts. Ou alors je garde les mêmes mais je ne l’ai jamais fait. On n’a pas tout maîtrisé, mais je le reconnais. On n’a pas fait que des bons matches. On n’est pas là pour surclasser nos adversaires non plus. Sur certains matches, on a eu du mal à faire deux mi-temps cohérentes et identiques. Après, il y a un adversaire qui est là malgré tout, même s’il n’a pas un nom ronflant. Au final, on a une phase de qualification qui a été l’une des plus faciles historiquement, on finit premier avec quatre points d’avance. J’attends qu’on fasse mieux mais en tenant compte du fait que des jeunes arrivent, avec plus le droit à l’erreur, moins d’expérience et de cohésion collective.

Qu’avez-vous prévu de travailler avant le Mondial ?

L’aspect offensif est le plus difficile, ce sont des réglages, des complémentarités de déplacement avec ou sans ballon. Je n’en ai pas que quatre, je peux avoir différentes associations qui peuvent être intéressantes par rapport à l’adversaire ou au résultat pour l’inverser.

« Je ne veux pas être prisonnier d’un système »

Avec ou sans Olivier Giroud, c’est totalement différent, non ?

C’est différent dans un 4-4-2 vu son profil. Avec Olivier Giroud ou Wissam Ben Yedder avant-centre, on ne jouera pas de la même manière. Il faut répéter. Rien ne remplacera les matches. Depuis que je suis sélectionneur, j’accorde du crédit à ceux qui sont venus car ils ont enchaîné des matches, ont des repères, se connaissent. Créer une relation ne se fait pas du jour au lendemain.

Ce n’est donc pas si étonnant qu’au dernier Euro, le système ait changé en cours de compétition…

Je ne suis pas figé. Je ne veux pas être prisonnier d’un système. On en a surtout utilisé deux dans lesquels on a été et on peut être performants. C’est le choix du moment, même si ça peut avantager ou aller dans le sens de certains. Le but reste le même : être dangereux, créer des problèmes à l’adversaire. Je n’accentue pas mon discours sur la défense. J’ai souvent entendu parler d’un chantier en défense. Depuis six ans, on est la deuxième meilleure défense… Et je ne fais pas plus de travail défensif que ça aux entraînements.

Y a-t-il des obligations dans le replacement, pour les joueurs offensifs ?

Ce sont des exigences. Aujourd’hui, on ne peut plus perdre un joueur, tout le monde doit être concerné. Je ne vais pas demander aux attaquants d’aller tacler à la gorge un défenseur, mais si eux ont une telle attitude, ceux derrière vont récupérer le ballon. Je ne veux pas voir nos attaquants dans nos seize mètres, sauf sur les coups de pied arrêtés, mais ils peuvent le faire ponctuellement. C’est une question de cadrage, de placement. Ils ont la liberté de dézoner. Mais à la perte du ballon, ils ont chacun un rôle à avoir.

« Je ne prends pas que des jeunes »

Les jeunes que sont Mbappé ou Dembélé le font-ils ?

Ils le font. Après il faut le maintenir dans la continuité… Des joueurs plus expérimentés le font aussi à dose homéopathique. Ils ne sont pas là pour ça mais pour faire des différences et marquer des buts. L’un ne va pas à l’encontre de l’autre quand on y met du volume, de la générosité. Si les défenseurs et les milieux voient les attaquants faire des efforts, ils auront envie d’en faire encore plus. Dembélé, par exemple, est obligé de faire les efforts avec Barcelone. S’il ne les fait pas, il ne joue pas.

Pourquoi retenir aujourd’hui Wissam Ben Yedder qui n’est plus exactement un jeune ?

Je ne prends pas que des jeunes, même si ça m’arrive souvent. Sincèrement, ce ne sont pas ses deux buts à Old Trafford qui ont fait pencher la balance. Ça ajoute à son crédit, mais ça confirme juste ce qu’il fait. Il a une très bonne efficacité depuis cinq saisons. Il était présélectionné avant Manchester, mais aussi en novembre. Il a un profil différent. Il aurait pu venir avant. Je ne vais pas prendre quatre avants-centres sachant que j’ai d’autres postes à sécuriser avec des profils différents. Il est dans un registre différent, il va bientôt avoir 28 ans. Il est à maturité.

Qu’est-ce qui compte le plus, la complémentarité ou le talent ?

Les deux. L’un ne va pas à l’encontre de l’autre. Les joueurs sont plus ou moins compatibles, après cela dépend de l’intelligence de l’un et de l’autre. Le plus important reste le talent, mais s’il est mis au service du collectif, pour faire gagner les matches.

« Ils ont intérêt à m’écouter ! »

Est-il difficile de faire faire des efforts à la nouvelle génération ?

Sincèrement non, elle a sans doute des petits défauts, mais pas celui-là. Elle est très imperméable à tout ce qui se passe à l’extérieur. Ils ont confiance en eux, veulent tout, tout de suite. Vous les voyez à 18, 19 ans, ils vont à l’étranger, dans les grands clubs. Ils ont beau avoir la qualité, ils ne sont pas sûrs de jouer, mais ils se battent et ils réussissent. Ils viennent en équipe de France, ils veulent jouer, mais je ne peux pas tous les faire jouer.

Avoir un fils de cette génération vous aide ?

Ce n’est pas le même rapport, mais je vois comment il réagit, ses centres d’intérêt qui sont un peu ceux de l’âge des jeunes joueurs. Ils ont une vision différente, comme moi quand j’étais sur la fin, en 2000, et que j’étais avec des joueurs qui avaient des centres d’intérêt différents. Les codes entre les anciens et les plus jeunes, c’est comme ça, mais ça arrive dans tous les milieux.

N’ont-ils pas tendance à ne pas vous écouter, parce qu’ils sont sur les réseaux sociaux, et qu’ils lisent et écoutent tout ce qui se dit sur eux ?

Ils ont intérêt à m’écouter ! Je ne sais pas s’ils me craignent, mais le respect est là. Quand il faut les encourager, je les encourage, et quand quelque chose ne va pas, je le leur dis. Ils ne parlent pas qu’à moi, je ne sais pas qui ils écoutent, libre à eux. Moi je leur parle pour leur bien, ils corrigent ou pas… Je ne peux pas les priver de leur liberté s’ils veulent aller sur les réseaux sociaux. Je suis qui pour ça ? On va cadrer comme on l’a déjà fait, mais on ne va pas leur faire signer une charte non plus. Le cadre est identique pour tous les joueurs, qu’ils aient 30 ans ou 20 ans. Chacun a ses moments de liberté.

« Je fais des choix par rapport à un groupe »

À quoi ressemble une causerie de Didier Deschamps ?

Court car je sais que l’autonomie en face est limitée. Je ne crie pas mais au-delà du ton, de l’utilisation des mots, indépendamment de l’aspect purement terrain, défensif, offensif, je prends deux-trois angles par rapport à l’adversaire, au contexte. C’est quelque chose qui m’a toujours intéressé.

Vous intéressez-vous à la psychologie ?

Oui depuis que je suis joueur.

Lisez-vous ?

Pas mal. Peut-être pas quotidiennement, mais j’arrive à bientôt à un demi-siècle donc j’en ai lu pas mal. La seule chose que je sais est que je ne sais pas. Je ne me lève pas le matin en me disant que je détiens la vérité. J’apprends encore et pas forcément de gens plus expérimentés que moi. Des choses, dans d’autres sports aussi, peuvent m’interpeller. Je réfléchis beaucoup.

Avez-vous des regrets de ne pas avoir trouvé un accord de paix avec Karim Benzema ?

Il s’est passé ce qu’il s’est passé. L’équipe de France a répondu à mes attentes que ce soit avant, pendant et depuis l’Euro. Je fais des choix par rapport à un groupe. Pourquoi je mettrai en danger un équilibre collectif avec des joueurs qui ont répondu présents et ont répondu à mes attentes ? Il ne faut pas sortir de cas particulier car ça correspond aussi à d’autres. C’est un débat qui est revenu, qui peut revenir, ça dépend. Je fais en fonction de ce qui me semble être le bien de l’équipe.

Ouest-France.fr

Publié dans Sport
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