Filtrer les éléments par date : vendredi, 29 décembre 2017

« Il faut qu’on arrête de parler comme ça de la dette à tort et à travers. Si l’on considère les critères et les normes de viabilité retenus pour la dette publique au plan international, l’un des deux critères fondamentaux reste le service de la dette sur les recettes budgétaires. Il faut qu’on soit capable de rembourser la dette. Si vous prenez ce ratio nous sommes à 10,9 % et la norme est de 30 %. Où est le débat ? » dixit le président de la république.

A mon avis, il y a lieu de débattre de la dette du Sénégal, car d’une part ce n’est pas ce gouvernement actuel qui la contracte qui va la payer, mais elle est plutôt à la charge des générations futures et d’autre part il faut se pencher sur l’efficacité de la dette, seul gage de son remboursement possible, sans le risque d’une rigueur budgétaire ultérieure pour faire face à nos engagements.

Oui, on peut concéder au président de la république que le Sénégal respecte toutes les normes pour s’endetter, mais est-ce qu’il respecte toutes les normes pour rembourser ? Il y a une capacité d’endettement, mais il y a aussi une capacité de remboursement et c’est deux choses ne sont pas forcément toujours en adéquation et de manière automatique. Ce n’est pas parce qu’on peut contracter une dette qu’on est solvable.

Au moment où la dette du Sénégal croît de 23,8%, la fiscalité croît elle de seulement de 10%. En 2018, le service de la dette serait de 75 milliards par mois, avec un volume salarial de 60 milliards par mois (135 milliards de dépenses incompressibles) et le recouvrement fiscal prévisible serait entre 120 et 130 milliards par mois. Le Sénégal n’a que la fiscalité comme source de revenus ; nous n’avons pas des ressources propres comme les émirats qui peuvent payer leurs dettes sur fonds propres ou les pays développés qui peuvent encore disposer de marges fiscales. Chez nous, l’élasticité de notre fiscalité est très limitée. Nous n’avons pas non plus la souveraineté de notre monnaie pour pouvoir l’utiliser comme stabilisateur sur notre dette.

Plus de 40% de la dette extérieure du Sénégal sont libellés en dollars et si le cours de cette monnaie va vers la hausse, notre dette serait impayable. On nous parle de 7% de croissance possible en 2018, mais ce qu’on ne dit pas, c’est que 80% de cette croissance sont portés par des entreprises étrangères qui peuvent rapatrier 100% de leurs bénéfices nets et souvent ce sont des entreprises qui bénéficient encore d’exonérations, et donc ne payent aucun impôt ou très peu au Sénégal.

Parmi les 45 pays africains endettés, le Sénégal fait parti des 20 pays les plus endettés, alors que le Mali, le Burkina Fasso et la Côte d’Ivoire qui ont la même structure économique que nous, font partis des 10 pays les moins endettés. La Côte d’Ivoire a au moins des matières premières à vendre alors que chez nous, les rares matières premières dont nous pouvons nous prévaloir sont gérées dans une opacité totale.

Notre dette continue de croître, elle est de 61% du PIB en 2017 et elle est projetée à 61,4% du PIB en 2018. Le FMI à travers l’ISPE, prodigue des conseils en matière de politique macroéconomique au Sénégal. Et dans ces dernier rapports, il a tiré la sonnette d’alarme en disant « …. que le Sénégal reste un pays à faible risque de surendettement, mais les indicateurs d'endettement se sont récemment dégradés, ce qui nécessite de grands progrès en matière de réformes fiscales et structurelles. Le Sénégal doit continuer de gérer sa dette avec prudence, notamment en faisant preuve de vigilance à l'égard de la dette non concessionnelle. » Lorsque le FMI parle de réformes fiscales, c’est pour demander au Sénégal de revoir l’assiette fiscale et la collecte des impôts, la taxation des entreprises surtout étrangères et la politique d’exonération qui nous prive de beaucoup de milliards par année. Le Sénégal lève souvent, certes facilement des fonds sur le marché obligataire, mais nous devons les rembourser à très court terme et à des taux qui avoisinent les 6% ; là aussi le FMI semble dire au gouvernement sénégalais que le recours systématique à cette forme de financement et sans modération, n’est pas sans danger pour notre équilibre économique. Il faut plus de patriotisme fiscal surtout que les revenus du Sénégal sont pratiquement d’ordre fiscal. Ce n’est pas parce que l’Etat fera payer à France Telecom plus d’impôts que sa filiale Orange va quitter le Sénégal. Ce n’est pas une taxe de plus, qui va pousser les entreprises étrangères à partir du Sénégal, alors qu’une bonne partie de leurs chiffres d’affaires se font sur notre sol. Ce n’est pas parce qu’un certain pourcentage de leur bénéfice net devrait être investi au Sénégal que les multinationales qui profitent de notre croissance vont quitter le pays.

Le débat Monsieur le président, ce n’est pas seulement sur la capacité de s’endetter, il faut aussi débattre sur la capacité de remboursement, mais surtout sur l’opportunité et l’efficacité de la dette et également d’où il faut aller créer de la marge pour mieux rembourser nos dettes.

La dette est un outil pour le développement d’un pays, mais c’est un couteau à double tranchant, l’exemple de l’Argentine est là pour nous prouver qu’une dette peut aussi pousser un pays vers la faillite.

 

Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

Publié dans Politique

On murmure avec insistance depuis quelques temps (plus précisément depuis les dernières élections législatives) que le gouvernement sénégalais envisagerait d’augmenter le montant de la caution exigée pour tout candidat déclaré aux prochaines élections présidentielles. Rappelons que celle-ci est actuellement de soixante-cinq  millions de francs CFA et l’idée serait de la porter à deux cents millions. Certains salueront cette intention la voyant comme une avancée démocratique de notre code électoral tandis que d’autres y verront là un piège orchestré par le pouvoir en place.

Et d’abord en quoi pourrait-il s’agir d’un progrès ? Les partisans de cette thèse argueront du fait que dans un pays qui compte autant de partis politiques que de jours dans l’année il est indispensable de placer la barre à un certain niveau si l’on veut éviter qu’une consultation aussi déterminante n’apparaisse comme une farce électorale. En 2012 déjà une dizaine d’hommes politiques avaient brigué le suffrage des sénégalais et sénégalaises. Qu’en sera-t-il en 2019 si une inflation de candidats surgissait ? A l’heure d’aujourd’hui nul ne peut le dire. Bien sûr parmi eux certains ne se feraient aucune illusion quant au résultat du scrutin trop conscients de ne pouvoir endosser le costume de chef d’Etat. Etre homme (femme) politique soit, responsable politique pourquoi pas, mais n’est pas qui veut « homme d’Etat », ou « femme d’Etat ». En revanche quelques uns trouveraient sans doute avantageux de s’aligner sur la ligne de départ en espérant un retour sur investissement du fait de la publicité acquise lors de la campagne électorale. Au prix des spots publicitaires sur les écrans une telle opération « commerciale » pourrait en effet se révéler rentable. Freiner les ardeurs de ces marchands du temple en augmentant la mise de départ serait donc aux yeux de ses adeptes une bonne chose.

Pourrait-il s’agir d’un piège de la part des autorités en en place ? Cette hypothèse peut se défendre si l’on considère qu’il s’agit là d’une discrimination par l’argent. En clair seules les personnes fortunées, riches, pourraient prétendre se présenter aux présidentielles, et en premier lieu celles qui appartiennent depuis des années aux cercles du pouvoir. En revanche il serait hautement improbable, voire impossible, à des personnes de condition ordinaire de solliciter les suffrages de nos concitoyens. Ou est la démocratie dans ces conditions et peut-on parler d’égalité de droits ? Si l’on ajoute en effet à une caution de deux cents millions le montant d’une campagne électorale le coût d’une candidature serait pour la plupart prohibitif. Et ne pourrait qu’inciter au détournement de fonds, à la corruption, comme cela s’est vu par le passé.

On voit bien qu’il y a là quelque chose d’anormal, d’injuste et qu’il est temps d’adopter une règle qui tout en permettant la candidature de personnes sérieuses éliminerait les candidats fantaisistes. Mais ce n’est pas à dix-huit mois de l’élection que l’on peut modifier les règles du jeu et une telle réforme devrait être mise en œuvre par le prochain président de la République dès sont arrivée au pouvoir. En ce qui concerne notre mouvement UN AUTRE AVENIR nous ferons, le moment venu, des propositions dans ce sens.

 

Fatoumata Chérif Dia

Vice-Présidente d’UN AUTRE AVENIR

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