Filtrer les éléments par date : mardi, 19 décembre 2017

La tension monte de plus en plus dans la famille socialiste. Vingt-quatre heures seulement après le manifeste de Kaolack, c’était hier au tour des responsables de la coordination socialiste de Kaolack de clarifier certaines choses qu’ils trouvent bizarres dans un parti structuré et organisé. Ainsi par la voix de leur responsable Cheikh Seck, les pro-Ousmane Tanor Dieng disent renoncer à ne jamais jeter leur dévolu sur des « pilleurs de la République ».

Autrement dit, sur des personnes qui n’ont « aucune crédibilité, ni le sens de diriger ou convaincre quelqu’un qui se dit responsable ». Les seules personnes qui arrivent à convaincre sont ceux qui de près ou de loin ont goûté aux délices de la caisse d’avance pour laquelle leur leader Khalifa Sall est aujourd’hui inquiété. Le responsable de la coordination communale de Kaolack trouve à cet effet que contrairement à ce qui a été avancé comme chiffre, c’est à-dire la présence des trois cents et quelques membres du comité central samedi dernier à Kaolack, c’est plutôt les militants de Khalifa Sall, Bamba Fall le maire de la Médina et Bartélémy Dias qui se présentés lors de cette assise. La preuve, lorsqu’ils ont débarqué dans la capitale du Saloum, ils se sont arrangés à dissimuler les bus qui les transportaient dans un lieu loin de la manifestation pour fuire les yeux indiscrets.

Pour le doyen Alioune Ndiaye, les pro-Khalifa ne devraient même pas s’aventurer à une guerre des chiffres. Et comme s’ils ne savaient pas que le Parti socialiste dispose aujourd’hui de plus d’un millier de membres dans son comité central. Déjà au seul secrétariat national, il possède 500 personnes environ légitiment élues. Dans le décompte, le vétéran socialiste prouve que tous les 700 membres restants doivent être sans doute favorables à Ousmane Tanor Dieng.

Pour le responsable à la communication Ibrahima Kosso Diané, c’est parce qu’ils ont senti que Kaolack est un bastion fort du parti qu’ils éprouvent aujourd’hui le désir d’y pénétrer. Mais ces pro-Khalifa doivent surtout se persuader que la conquête de Kaolack sera vaine, compte tenu de la position minoritaire qu’occupent leurs répondants sur le terrain et l’impossibilité de convaincre le reste des militants de la base. Puisque l’ordre du jour, lors de cet entretien avec la presse, était aussi de répondre à certains prétextes dont se servent les khalifistes pour défendre leurs idées, les responsables socialistes de Kaolack ont mis en touche tout ce qui est relatif à la candidature au Parti socialiste sous prétexte qu’il constitue un débat inclusif au parti et qu’il n’est encore à l’ordre du jour.

Concernant cependant la campagne pour le départ d’Ousmane Tanor Dieng du poste de secrétaire général national, Cheikh Seck et ses associés de la coordination communale de Kaolack estiment le fait qu’ils sont dans un parti organisé et tout ce qui se fait s’effectue de manière démocratique. « Ousmane Tanor Dieng a été élu démocratiquement. Son mandat n’est pas encore épuisé. Et ce n’est pas dans ces conditions qu’il doit faire l’objet d’une destitution », ont-ils affirmé.

SudOnline

Publié dans Politique

 

François Ewald : Le philosophe qui coache les jeunes patrons français -Par Laura Cordin


Cet ancien « mao » a été l'assistant de Michel Foucault au Collège de France, avant de scruter l'univers de l'entreprise avec l'appétit d'un chercheur dans son labo. François Ewald forme aujourd'hui des dirigeants de haut vol au « leadership responsable », absent
des programmes des écoles de commerce et de gestion. Parce que « la lucidité, ça s'apprend ! » proclame-t-il.


Il entretient son gabarit nerveux en se déplaçant à Vélib'. Il décoiffe ses cheveux blancs à force d'éclats de rire, comme un enfant. ¬François Ewald se félicite d'avoir su, dit-il, se libérer du « ressentiment du monde universitaire ». Ce philosophe français est aujourd'hui professeur à l'université de recherche Paris Sciences et Lettres (PSL Research University), où il dirige une formation au leadership responsable, un enseignement sur ¬mesure qu'il concocte à l'intention de dirigeants de haut vol, des pointures déjà en poste dans de grands groupes ou institutions – ¬Aéroports de Paris, Bic, Caisse des dépôts, Artémis, Scor, Image 7, CFDT... –, et pour lesquels il ravive et adapte les pratiques spirituelles chères aux philosophes de l'Antiquité. Un thème, celui de la responsabilité, dont il a su, avant d'autres, pointer la carence au sein des programmes des écoles de commerce et de gestion. « Ces écoles axent leur enseignement sur le seul leadership, note-t-il. Ces futurs grands décideurs reçoivent un enseignement destiné à maximiser les résultats économiques et financiers de l'entreprise. Mais rien qui leur permette, à travers la notion de responsabilité, de se construire eux-mêmes. »


La culture du risque


Soudain, son visage menu se crispe, deux plis verticaux apparaissent à la naissance du nez, le regard se fixe. François Ewald creuse son sujet : « Il ne s'agit pas d'envisager la responsabilité au sens d'un devoir, d'une éthique supplémentaire dont il faudrait supporter la charge, mais comme une ressource. Ceux qui opèrent aujourd'hui à la barre de grands groupes ou de grandes institutions sont confrontés à des ¬dilemmes moraux. Prendre des décisions justes implique de se connaître soi-même, d'anticiper les difficultés et les conflits. »

Le programme élitiste et personnalisé fait alterner séminaires théoriques et ateliers – l'un d'entre eux est dédié aux techniques de la délibération, ce processus de prise de décision théorisé par Aristote –, au sein desquels les auditeurs confrontent leur propre expérience à celles d'intervenants très expérimentés dans leur ¬domaine. Parmi les derniers conférenciers en date : le journaliste économique François Lenglet, venu s'exprimer sur ce rapport particulier qui le relie au spectateur, figure à la fois présente et ¬absente, invisible et néanmoins critique ; ou Guy Canivet, membre du Conseil constitutionnel, qui a évoqué la très inconfortable charge du juge, aussi hautement responsable qu'irresponsable, en ce sens que nul n'est autorisé « à juger sa décision ». Ces échanges s'accompagnent d'interventions et de conférences d'une pléiade de jeunes philosophes contemporains, à la fois conceptuels et pragmatiques – Xavier Pavie, Charles Pépin, Cynthia Fleury (également psychanalyste)... –, dont la réflexion nourrit une sphère économique en quête d'humanité. François Ewald se félicite de l'assiduité de ses auditeurs. « On me les avait décrits comme "très occupés", risquant de lâcher prise au bout de quelques semaines. Au contraire, ils se sont montrés très mobilisés. Ils nous ont expliqué comment ce parcours les avait changés. »


La crise de 2008 et l'attitude de banquiers ultralibéraux ¬décrétant leur irresponsabilité bancaire ne sont pas étrangères à cette ¬urgence pédagogique perçue par François Ewald. Il a ressenti le -besoin ¬d'inciter les jeunes cadres de haut niveau à s'affranchir d'un ¬certain prêt-à-penser scolaire et à s'accomplir pleinement dans leurs fonctions exécutives. Certaines déclarations d'alors l'ont fait bondir comme celle de ce dirigeant d'un grand établissement financier qui s'exclamait, au lendemain de la chute de la banque américaine ¬Lehman Brothers : « Personne ne pouvait imaginer ce scénario de crise ¬financière ! » ou cet autre, qui se contentait de pointer la « faute des agences de notation ». Mais cela faisait bien longtemps, alors, que ce thème-là captivait ce chasseur de matériaux intellectuels, venu à la responsabilité – le mot vient du latin sponsio, qui signifie « engagement » –, par le biais de la culture du risque, dans le sillage de l'économiste Denis Kessler. « J'ai soutenu ma thèse, L'Etat providence, en 1986, au moment où Claude Bébéar faisait muter la profession des ¬assurances en France.

C'est alors que les assureurs ont créé la revue Risques, qui débattait du rôle de l'assurance au ¬regard des grands enjeux de société », explique François Ewald. Claude Bébéar, Denis Kessler, Michel Albert (disparu en mars dernier) : trois « géants » cités en exemple par le philosophe, qui n'a pas hésité à « prendre des chemins de traverse », lui qui fut militant maoïste au début des années 70, pour accompagner la naissance du Medef, alors présidé par Ernest-Antoine Seillière, quand ce dernier lancera le thème de la « refon¬dation sociale » tout en portant l'idée d'accélérer la mutation des patrons en entrepreneurs.


Grand pouvoir, grandes responsabilités


« L'assurance et son vivier de décisions juridiques constituaient une manne incroyable pour un intellectuel, se remémore François Ewald. J'étais immergé dans le plus beau laboratoire de droit, d'économie, de ¬sociologie et de gestion qu'on puisse imaginer, avec, en temps réel, accès à des milliers de données dans tous les domaines du risque : responsabilité médicale, produits défectueux, catastrophes naturelles, et, bien sûr, tous les problèmes sociaux liés à la retraite, à l'assurance maladie, etc. L'irruption du sida et les progrès de la génétique ont obligé à repenser certains contrats, en même temps qu'ils nous amenaient à réactiver des concepts de solidarité déjà très présents au XIXe siècle. J'ai traité de tous ces sujets qui émergeaient alors. » Selon François Ewald, la responsabilité est liée au pouvoir dont on dispose. Et de citer en exemple les extraordinaires progrès de la science climatique, et la détermination individuelle qui en découle. « Pour l'heure, nous nous sentons responsables de l'élévation de la température moyenne. Mais si nous parvenons à la contrôler, nous allons passer à un niveau de responsabilité supérieure, qui est celle de la gestion du climat. Une responsabilité énorme ! observe-t-il. La disparition du poids du destin comme seul responsable de nos actes rend les choix personnels encore plus difficiles.

Prenez l'horrible dilemme du maintien en vie de Vincent Lambert : arrêter la machine revient à le tuer ! » Aucun sujet ne semble échapper à l'œil acéré de ce philosophe, qui scrute la vie d'aujourd'hui avec l'appétit d'un chercheur et le mental d'un néoreligieux. Ce chef d'une tribu ¬familiale stable – une seule et même femme depuis quarante-trois ans, deux enfants, cinq petits-enfants –, et lui-même le deuxième de six garçons d'une famille catholique, marque une pause dans ce défer¬lement d'idées. Mais c'est pour mieux souligner « la » grande question d'aujourd'hui : « Comment pouvons-nous construire une société ¬vivable ? »

Réflexion dont il tempère aussitôt l'angoisse en soulignant le caractère ancien de la problématique. « Ce sont les technologies et leur mise en forme qui sont nouvelles, et non pas les problèmes qu'elles soulèvent. » Les réseaux sociaux ? « Ils sont reliés à ce besoin fondamental de communiquer. Le problème est que beaucoup de gens s'expriment sur une situation, sans hiérarchie entre les avis émis. La parole du lanceur d'alertes, celui qui énonce le doute, est aujourd'hui aussi importante que celle du scientifique. » Le traitement des données de masse, le big data ? « Un grouillement de données en prise directe avec la théorie de la connaissance. Il nous ramène à cette notion du rapport établi par Michel Foucault entre savoir et pouvoir. »


Michel Foucault, dont François Ewald se revendique plus que jamais dans sa démarche intellectuelle d'aujourd'hui : « Il ne s'enfermait pas dans la philosophie abstraite, mais travaillait sur des pratiques concrètes : l'enfermement, les malades mentaux, la folie... Il faisait apparaître les problématiques qui organisent ces pratiques. » Une méthode dont François Ewald n'a pas fini de s'inspirer.

Emilie Eelbode
François Ewald

 

Biographie
• 1946 : naissance à Boulogne Billancourt.
• 1966-1970 : étudiant en philosophie à la Sorbonne.
• 1975-1984 : assistant de Michel Foucault au Collège de France.
• 1986 : doctorat d'Etat en philosophie politique ; publication de sa thèse,
L'Etat providence (Grasset).
• 1993-1997 : directeur des affaires publiques à la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA).
• 1997-2012 : professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), titulaire de la chaire d'Assurances.
• Depuis 2002 : président, puis directeur de l'Ecole nationale d'assurances.
• 2004 2010 : président du Conseil scientifique et d'évaluation de
la fondation pour l'innovation politique et membre de l'Académie des technologies.
• 2014 : responsable pédagogique du programme de formation au « leadership responsable » à l'université de recherche Paris Sciences et Lettres.
Bibliographie
• L'accident nous attend au coin de la rue. Les Accidents de la circulation : histoire d'un problème, La Documentation française, 1982.
• L'Etat providence, Grasset, 1986.
• Naissance du Code civil, Flammarion, 1989.
• Le Principe de précaution, avec Christian Gollier et Nicolas de Sadeleer, Que sais-je ?, PUF, 2001.
• Aux risques d'innover. Les Entreprises face au principe de précaution, Autrement, 2009.
• Gestion de l'entreprise d'assurance, avec Patrick Thourot, Dunod, 2013

Publié dans Opinions et Débats

 

Le potentiel catastrophique de Charles Perrow–auteur cité par Omar SARR ex QUEBEC-suites au dérapage du train aux USA et aéroport de Ndiass au Sénégal


Charles Perrow est un sociologue de renom, théoricien des organisations. Il a exercé à l'Université de Pittsburgh et il est aujourd'hui « Professor Emeritus of Sociology » à Yale.


D'après sa biographie personnelle résumée sur le site internet de Yale, ses thêmes de recherche sont ou ont été :
• Le développement de la bureaucratie au XIXème siècle,
• les mouvements radicaux des années soixantes,
• les théories marxistes de l'industrialisation et des crises contemporaines,
• les accidents dans les systèmes à risque tels que les centrales nucléaires, les transports aériens, les recherches sur l'ADN et les usines chimiques,
• la protection des infrastructures critiques des Etats-Unis,
• les perspectives pour les organisations démocratiques du travail (« democratic work organisations »),
• les origines du capitalisme américain.
Ses ouvrages les plus récents, malheureusement non traduits en français, concernent la gestion des risques.
Le concept d'accident normal


Charles Perrow a développé le concept d'accident normal et s'est interrogé sur le « potentiel catastrophique » propre aux organisations mettant en oeuvre des technologies à hauts risques (centrales nucléaires, usines chimiques, aéronautique, etc.). Son travail repose sur la complexité organisationnelle, sur les modes de structuration et de fonctionnement des organisations qui, selon lui, tendent à rendre « normale » la survenue d'accidents graves. Il mets en évidence les mécanismes endogènes de production des accidents majeurs.


« Organisations à hauts risques et « normal accidents ». Point de vue de Charles PERROW », – Actes de la quatorzième séance du Séminaire du Programme Risques Collectifs et Situations de Crise du CNRS, organisée au CNRS – Campus Michel Ange à Paris le 2 juin 1999 – Grenoble (CNRS), septembre 1999.
Le paradoxe : trop de savoir engendre de l'insécurité
Les grandes installations dangereuses sont présumées des systèmes étanches, alors qu'ils peuvent être trahis par l'environnement, ou par leur propre complexité : lors de la formation de la bulle d'hydrogène explosive dans la centrale nucléaire de Three Mile Island (le 28 mars 1979), les opérateurs furent submergés de fausses informations par le dispositif de sécurité. Le paradoxe de Perrow : « trop de savoir engendre de l'insécurité » peut ainsi s'étendre à nombre de grands systèmes techniques, trains, avions, réseaux de toutes sortes.
Le grand théâtre des experts du risque, article de Denis Duclos dans Le Monde Diplomatique, juin 2002.

On y trouve en particulier ce schéma du potentiel catastrophique, particulièrement éloquent :

Le concept d'accident normal


Charles Perrow a développé le concept d'accident normal et s'est interrogé sur le « potentiel catastrophique » propre aux organisations mettant en oeuvre des technologies à hauts risques (centrales nucléaires, usines chimiques, aéronautique, etc.). Son travail repose sur la complexité organisationnelle, sur les modes de structuration et de fonctionnement des organisations qui, selon lui, tendent à rendre « normale » la survenue d'accidents graves. Il mets en évidence les mécanismes endogènes de production des accidents majeurs.


« Organisations à hauts risques et « normal accidents ». Point de vue de Charles PERROW », – Actes de la quatorzième séance du Séminaire du Programme Risques Collectifs et Situations de Crise du CNRS, organisée au CNRS – Campus Michel Ange à Paris le 2 juin 1999 – Grenoble (CNRS), septembre 1999.
Le paradoxe : trop de savoir engendre de l'insécurité


Les grandes installations dangereuses sont présumées des systèmes étanches, alors qu'ils peuvent être trahis par l'environnement, ou par leur propre complexité : lors de la formation de la bulle d'hydrogène explosive dans la centrale nucléaire de Three Mile Island (le 28 mars 1979), les opérateurs furent submergés de fausses informations par le dispositif de sécurité. Le paradoxe de Perrow : « trop de savoir engendre de l'insécurité » peut ainsi s'étendre à nombre de grands systèmes techniques, trains, avions, réseaux de toutes sortes.


L'ouvrage est un classique pour comprendre le quotidien des systèmes techniques complexes, dans des industries très variées (d'usines chimiques, de centrales nucléaires, à l'aviation ou les OGM).


Le grand théâtre des experts du risque, article de Denis Duclos dans Le Monde Diplomatique, juin 2002.


Le grand théâtre des experts du risque


Le succès récent du livre « La Société du risque », du sociologue allemand Ulrich Beck, pourrait aggraver le malentendu sur le marché des inquiétudes et culpabiliser les simples citoyens comme grands fauteurs de risques. Mettre en garde contre les menaces nouvelles que sont les accidents industriels majeurs, les désastres ou les ravages épidémiques est certes indispensable. Mais il faut bien discerner les responsabilités, presque toujours corporatives, patronales et gouvernementales plutôt qu'individuelles.


par Denis Duclos


Pas un jour où les médias n'affichent les dangers d'exister dans l'époque. Chacun se prémunit contre l'alerte permanente, mais notre joie de vivre est entamée. Nous devenons des citoyens inquiets, bardés de phobies, caparaçonnés de rites sécuritaires, enveloppés de défiances réciproques. Quels pouvoirs laissons-nous grandir à l'ombre d'un tel climat obsidional ? Le vrai risque du risque n'est-il pas d'appeler le pire, en nous convainquant de son omniprésence ?


Remplaçant les peurs de la damnation ou de la famine, le risque est d'abord un outil d'influence. Comment le public, capturé par d'omnipotents consortiums d'assurances, interpellé par des myriades de policiers et d'agents de sécurité, soutenu par des armées d'ingénieurs fiabilistes, de contrôleurs sanitaires ou d'assistants-psychologues, travaillé par l'alarmisme des journalistes, peut-il oublier que le risque est un immense gisement de profit, d'emploi, et surtout d'autorité ?


Certes, les discours se contredisent. Des puissances antagonistes minimisent le risque de leurs activités en majorant celui des autres : les partisans du nucléaire dénoncent les accidents de la route, mais insistent sur la vertu nucléaire face à l'effet de serre, ce que contestent les pétroliers. Les fabricants de voitures critiquent les arbres au bord des routes (800 morts par an). Les investisseurs condamnent le « risque zéro », dont la prudente idéologie décourage leurs actionnaires, mais les sévères gestionnaires du « zéro défaut » tiennent un propos inverse, tout comme les adeptes de la « tolérance zéro » envers une délinquance suspectée de préparer au terrorisme.


Ainsi s'affrontent assureurs, militaires et techniciens, moralistes ou économistes : chacun voit fourmiller des périls impossibles à régler d'un commun accord. Plus on débat de danger, et plus chaque professionnel accroît ses parts du marché de l'inquiétude, ou renforce ses interventions musclées. L'effet premier de la scène du risque est de pousser l'anxiété publique à l'ébullition


Second effet : les puissances se (...)


https://www.monde-diplomatique.fr/2002/06/DUCLOS/9126

Publié dans International

Le président de l’Ong Horizon sans frontière fustige la décision du gouvernement français de durcir sa politique migratoire annoncée quelques jours après l’engagement pris par le président Macron d’accueillir sur le sol français des migrants de la Libye. Dans cet entretien téléphonique accordé à Sud quotidien, Boubacar Seye soulignant que c’est la France qui est à l’origine de tous les problèmes que «nous vivons aujourd’hui dans le monde de la migration du fait des amalgames: Islam-migration, migration-terrorisme », accuse également l’hexagone d’être la véritable menace aujourd’hui en Afrique. Mieux, Boubacar Seye, président de l’Ong Horizon sans frontière a également craché sur la nouvelle force anti-jihadiste G5 Sahel qui, selon lui, est simplement un prétexte pour la France qui cherche à intervenir en Libye afin de piller les ressources naturelles de ce pays.

Comment avez-vous accueilli la décision du gouvernement français de durcir sa politique migratoire ?

Cette décision nous semble contradictoire avec l’engagement pris par le président Macaron d’accueillir des migrants de Libye. Toutefois, cela ne nous étonne pas des autorités françaises. Il faut avoir le courage de le dire, c’est la France qui est à l’origine de tous les problèmes que nous vivons aujourd’hui dans le monde de la migration du fait des amalgames : Islam-migration, migration-terrorisme. Mais aussi du fait d’un système entretenu par une laïcité islamophobe qui est à l’origine des discours populistes et la fermeture des frontières de l’Europe.

Je rappelle que l’Europe érige en forteresses avec des barricades politiques juridiques et physiques du fait de ces amalgames entretenus par la France qui a mal géré ses migrants. Pourtant, la France est une terre d’immigration depuis la deuxième moitié du dix-neuvième siècle et cela se lit dans la composition actuelle de sa population dont 22.5% sont d’origines diverses. Maintenant puisqu’elle a échoué dans sa politique d’intégration culturelle et structurelle de ses migrants d’origines étrangères (maghrébins et subsahariens), la France a voulu internationaliser le débat en créant des problèmes, des amalgames et c’est ce que nous sommes en train de vivre actuellement avec cette crise de migrants.

Pourtant la France est le premier pays à s’ériger en pompier pour dire qu’elle va accueillir des migrants de la Libye ?

Certes, les Français sont les premiers à dire qu’ils vont accueillir des migrants mais, c’est le président Macron qui a annoncé le durcissement de sa politique migratoire. Donc, toute est hypocrisie. Le président Macron précipite un leadership qu’il ne peut pas assumer sur le plan Européen. Notre position est très claire là-dessus, nous sommes très clairs, le président Macron ne peut pas assurer le leadership européen sur cette problématique de l’immigration. Et, je rappelle que cette question de l’immigration est un élément essentiel de la géopolitique mondiale et Macron ne peut assurer ce leadership devant la Première ministre Allemande Angela Merkel et le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy.

Aujourd’hui nous, nous interpelons les Nations-unies et l’Union européenne pour que la France revoie sa stratégie de lutte contre le terrorisme. Les Français ont créé ces concepts pour créer davantage de conflits e Afrique afin d’organiser un pillage en masse des ressources africaines. Les Africains doivent se réveiller.

Ne craignez-vous pas que l’Europe soit sur ce dossier derrière la France ?

Je pense que non ! La preuve, il y a de cela deux jours, la France récoltait des fonds pour financer le G5 Sahel mais l’Europe n’a pas répondu alors que la France prétend lutter contre le terrorisme. À mon avis, c’est parce que l’Europe a compris que la France depuis le Brexit cherche à dévier l’aide européenne vers ses intérêts géopolitiques et géostratégiques en Afrique. Et nous, nous disons non ! L’Afrique doit être aux Africains. Je profite d’ailleurs pour interpeller les dirigeants africains, s’il y a accord à signer que ce soit avec l’Union européenne et non avec la France qui ne fait que créer des conflits en Afrique et on en a marre.

Aujourd’hui, si on ne tire pas la sonnette d’alarme, la France risque d’intervenir en Lybie. Les autorités françaises sont en train de chercher un faire-valoir au sein des Nations unies et de l’Union africaine pour intervenir en Lybie sous prétexte de la lutte contre le terrorisme. Cette intervention risque de plonger toute la région africaine dans une incertitude totale et la France va profiter d’un éventuel ko que provoquera leur action pour piller les ressources naturelles de la Libye.

Et les africains alors. Que doit être leur attitude ?

Le modèle économique européen est énergivore. Et l’Afrique fait beaucoup de convoitise du fait de ces ressources naturelles (pétrolières et gazières). Car la convoitise de l’Afrique est telle qu’aujourd’hui, 1/3 des conflits sont recensés dans des pays producteurs de pétrole contre 1/5 en 1992. L’heure doit être à la vigilance pour la préservation de nos ressources naturelles pour lutter contre l’extrême pauvreté, facteur de propension à l’immigration clandestine. Horizon sans frontière attire l’attention sur les agissements de la France qui cherche à créer des conflits

Aujourd’hui, on biaise le débat en cherchant l’intervention militaire en Libye. Car la situation dans ce pays n’est qu’une conséquence de la gestion scandaleuse du triptyque : immigration-paix et sécurité qui est à l’origine de toute une économie criminelle et souterraine en gestation qui charrie le trafic de drogue et d’êtres humains. Et je rappelle que cette économie a généré en 2016 un chiffre d’affaires estimé à dix milliards de dollars. Et cet argent profite aux lobbies qui influencent les décideurs politiques sur la gestion de ces flux migratoires.

Que devrait-on faire pour une solution globale à cette problématique de la migration ?

Le chalenge est mondial et il s’agit à la fois de redéfinir les normes des migrations internationales et lutter contre l’économie souterraine qui encourage le trafic de drogue et d’êtres humains et l’esclavagisme. Mais, il y a un fort courant d’espoir pour une solution globale des tensions générées par la gestion scandaleuse du triptyque : immigration-paix et sécurité que Hsf avait mis en exergue depuis des années. On avait attiré l’attention sur tout ceci mais on ne nous avait pas écoutés. La France est en train de divertir les peuples africains pour régler ses problèmes géopolitiques. Le G5 Sahel n’a pas sa raison d’être et les décisions du président Macron sont contradictoires, c’est de la xénophobie, de l’oligarchie, de la ploutocratie. Il est temps que les Africains se réveillent pour arrêter la France. On en a assez des bavures des gouvernements français. La véritable menace aujourd’hui en Afrique, c’est la France qui crée des conflits et l’Afrique n’a plus besoin de cela. L’Afrique a beaucoup souffert des conflits qui ont fait entre 1989 et 2000 plus de quatre mille morts (4000 morts). Nous, Hsf, ce que nous demandons à l’Europe aujourd’hui, c’est de s’adonner aux nouvelles donnes de la migration internationale et de respecter les conventions internationales sur l’immigration et le droit d’asile.

SudOnline

Publié dans Politique

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

Calendrier

« Décembre 2017 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31

BANNIERE 03 UNE IKRONO

Banniere UAA 260x600

Video galleries

logotwitterFacebook