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Publié dans Politique

Position tranchée du chef de l’état sur le ministère de l’intérieur : L’opposition «recadre» Macky

Fév 01, 2018
Position tranchée du chef de l’état sur le ministère de l’intérieur : L’opposition «recadre» Macky

L’opposition sénégalaise ne réclame pas une personne neutre à la tête du ministère de l’Intérieur, encore moins un militaire au niveau dudit ministère. C’est la réponse servie par certains partis de l’opposition, notamment le parti Les Libéraux démocrates réformateurs (Ldr/Yessal) et le Parti de l’unité et du rassemblement (Pur), suite à la position toute tranchée du chef de l’Etat, Macky Sall, sur la question. Tous réclament une personnalité neutre chargée d’organiser les élections.  

«Je ne prendrais pas un militaire pour en faire un ministre de l’intérieur. Si c’est cela leur attente, c’est peine perdue», dixit le chef de l’Etat, Macky Sall, d’Addis-Abeba, où il prenait part au 30ièmesommet de l’Union africaine (Ua). Cette sortie qui vise la classe politique sénégalaise, surtout l’opposition, fait couler beaucoup de salive et d’encre dans la sphère politique sénégalaise. Ce sont ses opposants qui apportent la réplique pour recadrer le débat. En effet, les adversaires politiques de la mouvance présidentielle pensent que cela n’a jamais été la demande de l’opposition. La tête de liste du Parti de l’unité et rassemblement (Pur), El Hadj Issa Sall précise que «nous (Pur) ne nous focalisons pas sur un militaire ou un civil». De l’avis du député de Pur, «ce que nous demandons simplement, c’est d’avoir une personnalité neutre, à équidistance des partis pour l’organisation des élections».

Même discours du côté des Libéraux démocrates réformateurs (Ldr/Yessal) du député Modou Diagne Fada. Le chargé des élections dudit parti, non moins plénipotentiaire au dialogue politique, Mouhamadou Faye reconnait que «c’est le Président qui peut choisir un ministre de l’intérieur qui lui convient, comme le lui confère la loi, qui stipule que c’est lui qui choisit aux fonctions civiles et militaires». Mais, s’empresse-t-il de préciser, «par rapport aux élections, dès lors que c’est une affaire pour tous, nous pensons que la nomination d’une personnalité neutre permettrait d’amoindrir les troubles postélectorales».

C’est aussi l’avis du député, El Hadj Issa Sarr qui ne se fait pas de fixation sur le ministre de l’intérieur. Pour lui, «il pourrait être un ministre chargé des Elections, ou un directeur  d’une agence chargée des élections». Ce qui rejoint la position de Mouhamadou Faye du Ldr/Yessal, qui soutient que la forte demande de la classe politique «est de mettre une personnalité neutre pour l’organisation des élections comme l’a fait le Président Wade, avec le ministre Cheikh Gueye».

BABACAR FALL MEMBRE DE LA SOCIETE CIVILE : «La position du Président... est trop tranchée et prématurée»

La position toute tranchée du chef de l’Etat, Macky Sall, sur la question du ministre de l’intérieur pourrait porter un coup au processus du dialogue politique, qui connait quelques difficultés. C’est l’avis de Babacar Fall, acteur de la société civile, non moins membre du Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec), qui estime que le Président aurait pu donner des gages en discutant avec l’opposition sur cette question.

La sortie du Président Macky Sall, sur les attentes de l’opposition concernant le ministère de l’intérieur, ne serait pas opportune. C’est ce que semble dire en substance Babacar Fall, membre du Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec) de la société civile. Invité à se prononcer sur les propos tenus par le chef de l’Etat, sur cette question, M. Fall, qui précise d’emblée que c’est un avis personnel, affiche tout son scepticisme quant à la répercussion que cela pourrait avoir sur le dialogue politique en cours. A son avis, «ça pourrait, à la limite, créer des difficultés supplémentaires, parce qu’on est dans un processus de dialogue qui connait déjà des problèmes, relativement à des questions telles que le parrainage, le bulletin unique et certains points en discussion où  des désaccords pourraient apparaître». Cela, poursuit-il, encore qu’un point relatif à l’autorité ou organe en charge de l’organisation des élections, inscrit parmi les questions à discuter, n’a pas encore été abordé. Donc, pour lui, cela pourrait influer négativement les discussions qui sont en cours, relativement à cette question.

Toutefois, il reconnaît au Président la prérogative de nommer aux fonctions civiles et militaires qui il veut comme le lui donne la Constitution. Pour autant, il pense que «sur cette question, la position du Président est trop tranchée et prématurée». Pour lui, Macky Sall aurait pu laisser les acteurs en discuter. Mieux, il trouve qu’il aurait dû prendre des initiatives en rencontrant l’opposition et donner des gages par rapport à la volonté du gouvernement d’organiser des élections dans la plus grande transparence. A la suite de ces rencontres, préconise-t-il, «on pourrait trouver une formule. A défaut de mettre une personnalité neutre au niveau du ministère de l’intérieur, créer un ministère chargé des élections, comme l’ont fait ses prédécesseurs». Des situations connues, rappelle-t-il, en 2000, quand le Président Diouf a mis le général Cissé à la tête dudit ministère, tout comme en 2012, à la suite des fortes concertations sur la neutralité du ministre Ousmane Ngom du Pds, le Président Wade a scindé le ministère en deux et en nommant un ministre chargé des élections en la personne de Cheikh Gueye. Une telle démarche du chef de l’Etat Macky Sall ne serait pas perçue, selon lui, comme «un signe de faiblesse, mais comme un acte de haute portée qui peut préserver la cohésion sociale et la paix civile, en nous garantissant des élections démocratiques, calmes et paisibles».

Pour finir, Babacar Fall estime qu’on a aujourd’hui «une démocratie qui est en crise». Donc, «il faudrait que les acteurs politiques puissent se parler. Sur les questions sur lesquelles il est possible d’avoir vraiment un consensus, surtout que si c’est le prix à payer pour avoir des élections transparentes, incontestables, et incontestées, je pense qu’il faut aller dans ce sens c’est-à-dire discuter tant que c’est possible», conseille-t-il.S

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