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Me khouraichi Ba, après leur mésaventure à Rebeuss, hier, à moins de 24h du procès : «Cela ne nous ébranle pas»

Déc 14, 2017
Me khouraichi Ba, après leur mésaventure à Rebeuss, hier, à moins de 24h du procès : «Cela ne nous ébranle pas»

Venus nombreux, à moins de 24h du procès, peaufiner leur stratégie de défense avec leurs clients en prison, notamment Khalifa Sall et Mbaye Touré, les robes noires chargé de défendre l’édile de Dakar ont du rebrousser chemin sans voir les mis en cause. Joint au téléphone hier, mercredi 13 décembre, l’un des conseils du député-maire, Me Khouraichi Ba explique le déroulement de l’incident, non sans prévenir que cela n’ébranle guerre la défense, déterminée qu’elle est à laver «les souillures des accusations», averti-t-il. Il a ainsi déploré une «énième violation» des droits de leurs clients.

Ceux qui pensent voir les avocats du député-maire de Dakar, Khalifa Sall, jeter l’éponge après les nombreuses «violations» des droits de leur client n’ont qu’à déchanter. Les robes noires de Khalifa Sall et son co-inculpé, Mbaye Touré, restent toujours déterminées à poursuivre le combat aux fins de faire sortir indemne de prison leurs clients. En effet, joint au téléphone hier, mercredi 13 décembre, après l’avortement de leur entretien avec leurs clients à Reubeus, Me Khouraichi Ba déplore tout d’abord ce qui s’est passé, à moins de 24h du procès.

Pour autant, Me Ba prévient que les avocats de Khalifa Sall et compagnie, loin de jeter pas l’éponge, seraient «toujours dans la même lancée». Mieux, il renseigne que «cela ne nous ébranle pas». D’ailleurs, ces conseils sont très déterminés à prouver l’innocence de leurs clients. En atteste, Me Ba indique que «ça n’entrave en rien notre détermination, encore moins celle de nos clients, d’aller répondre à la justice pour se laver des souillures des accusations». En outre, il fera même savoir que leurs clients sont habitués à «la violation récurrente de leurs droits».

LE REGISSEUR DE LA PRISON ENERVE ME EL HADJ DIOUF

Revenant sur l’origine de la brouille qui les a empêché de rencontrer leurs clients, à fin de procéder aux derniers réglages avant d’aller répondre à la justice, Me Khouraichi Ba informe que le régisseur de la prison a exigé de Me El Hadj Diouf, qui a rejoint récemment le pool d’avocats de Khalifa Sall et qui ne figure pas sur la liste déposée au préalable, de «demander respectueusement le droit de voir Khalifa Sall». Pour lui, c’est aberrant et «énervant» qu’un avocat, qui jouit de tous ses droits et entend les exercer, se voit intimer l’ordre de le faire respectueusement. C’est, à son avis, ce qui a fait sortir de ses gongs Me El Hadj Diouf, qui a tout bonnement refusé de s’exécuter, car estimant être dans ses droits.

Poursuivant, il renseigne qu’il a été demandé au pool d’avocats présents, une dizaine selon lui, de faire sortir Me El Hadj Diouf, ou à défaut de retourner Khalifa Sall et Mbaye Touré, qui étaient déjà sortis, dans «les locaux disciplinaires». Un vœu qui semblait, selon lui, «irrespectueux», non sans se demander: «comment s’adresser à une dizaine d’avocats en leur disant: ‘’dites à votre confrère de sortir et vous pourrez voir votre client’’ ?». Jugeant, par conséquent, que c’était «un manque d’égard» à leur statut d’avocat, les conseils de Khalifa Sall ont tout bonnement décidé, «d’un commun accord, sans contestation, de quitter tous ensemble pour le respect de notre confrère, pour le respect du droit, mais également du statut d’avocat», peste-t-il.

ME KHOURAICHI BA S’EN PREND… AU REGISSEUR DE REBEUSS

S’attaquant à la décision du régisseur de la prison, il trouve que «c’est ridicule de refuser l’accès à Me El Hadj Diouf. Qui peut nier la qualité d’avocat d’El Hadj Diouf dans ce pays ?» Deuxièmement, il soutient que Me El Hadj Diouf était venu avec sa carte professionnelle d’avocat. Par conséquent, il estime que dans un dossier pour lequel l’ordonnance de renvoi est rendue et l’instruction close, «seule la juridiction de jugement a le dernier mot». Qui plus est, la constitution d’avocat se fait par simple déclaration à l’audience, renseigne-t-il. Plus acerbes dans ses critiques, il trouve que même dans les Républiques «les plus sordides en Afrique», un avocat a le droit de voir un détenu, à quelques heures de l’ouverture d’un procès, juste en présentant sa carte professionnelle.

Même si, par ailleurs, il fait constater que tout le monde a de plus en plus la conviction que «c’est une affaire politique» et que «si la politique entre par la porte du Palais de justice, le droit va sortir par la fenêtre», ce conseil de Khalifa Sall refuse de se faire des préjugés pour le procès qui s’ouvre aujourd’hui au niveau de la 2e Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance Hors classe de Dakar. Pour lui, certains pensent qu’il est possible d’avoir un procès équitable en dépit des nombreux manquements. En tout cas, il reste persuadé que «si c’est le cas, ils (les clients) vont sortir blanchis de tout cela».

SudOnline

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