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Crise des allies de l’APR : Liaisons dangereuses

Oct 18, 2017 Poster par 
Crise des allies de l’APR : Liaisons dangereuses

La crise à l’Alliance des forces de progrès (AFP) à l’origine du départ de Malick Gakou, et les remous dans les autres partis ayant soutenu la candidature du Président Macky Sall en 2012, ressemblent à la situation actuelle que traverse le Parti Socialiste (Ps). Ces crises similaires et répétées sont diversement appréciés par des analystes politiques. Si Momar Ndiongue voit la main du chef de l’Etat dans ces situations délétères au sein des formations politiques, l’ayant soutenu en 2012, en qualifiant cette coalition de «jeu de dupes qui ne profite qu’à l’APR» ; Momar Seyni Ndiaye quant à lui, soutient le contraire. Il est d’avis l’implication du Président Macky Sall ne saurait justifier l’éclatement de ces partis alliés. Toutefois, a-t-il tenu à relever : «l’usure des alliés ne peut pas profiter au Président Sall».

MOMAR NDIONGUE : «Un jeu de dupes, qui ne profite qu’à l’APR»

L’exclusion annoncée de Khalifa Sall et compagnie du Parti socialiste, ne donne-t-elle pas raison à ceux qui croient aux manœuvres de Macky Sall pour affaiblir les partis alliés ?

Il y a une question qu’on peut se poser, c’est à qui profite Benno Book Yaakaar ? Si on fait une analyse, on se rend compte que les alliés de la première heure qui étaient autour de Macky 2012, sont complètements aux oubliettes. Que sont devenus les partis d’Ousmane Tanor Dieng et de Moustapha Niasse qui ont rejoint Macky Sall 2012, à la présidentielle ? Si vous prenez, par exemple, des partis comme URD ou le PIT, ce sont des formations qui n’existent plus que de nom. Pour le PIT, la situation peut être liée à la quasi retraite d’Amath Dansokho. Même pour l’URD, on se rend compte qu’au niveau de l’Assemblée Nationale, le parti n’a pas de député. Djibo Leyti Ka (paix à son âme), est décédé en ayant comme remord le fait de n’avoir aucun député dans cette 13éme législature. Si vous prenez des partis comme la LD et le PS, ils sont traversés actuellement par de violentes contestations internes.

Au niveau de la LD avec l’émergence de la LD debout, il y a un vent de discorde. Donc, les différents partis au niveau de Benno Book Yaakaar, ont tous connus des problèmes. Il y a des gens qui l’ont compris dans Macky 2012 et qui ont pris leur distance dans Benno Book Yaakaar. Quelqu’un comme Idrissa Seck, il a démissionné de Bby, Cheikh Tidiane Gadio est parti, Cheikh Bamba Dieye, Mansour Sy Djamil, Amsatou Sow Sidibé et Mamadou Lamine Diallo et Mamadou Lamine Diallo, ont tous démissionné de Benno Bokk Yaakaar. Il y’a beaucoup d’acteurs qui sont aujourd’hui dans l’opposition et qui ont quitté Bby parce qu’ils ne se retrouvent plus dans cette coalition. C’est un jeu de dupes en fait, qui ne profite qu’à l’APR et non aux autres. Car, ce parti a été crée en décembre 2008 donc, il a moins de 10 ans. Maintenant, il se trouve à la tête d’une coalition où il y’a des partis cinquantenaire comme le PS. La deuxième preuve que les scissions profitent qu’a l’APR, c’est ce qui s’est passé récemment avec la formation du gouvernement et avec l’Assemblée Nationale. A l’Assemblée Nationale, l’APR peut même se passer des députés alliés, car ayant une majorité qualifiée. Dans les investitures ce sont les «apéristes» qui sont les plus choisis. Autre chose aussi, le parti ne cesse de se massifier en accueillant même des transhumants qui sont venus des rangs de ses alliés. Donc, tout cela montre qu’il n’y a que l’APR qui profite de Bby, mais tous les autres ne sortiront pas indemnes de cette alliance. Macky Sall avait dit qu’il allait réduire l’opposition à sa plus simple expression, mais il est en train de faire la même chose avec ses alliés.

Quelles sont les conséquences possibles de l’affaiblissement de ces alliés à la présidentielle de 2019 ?

Pour la présidentielle de 2019, tous ces partis affaiblis seront obligés de tourner autour de Macky Sall. C’est une astuce du Chef de l’Etat. C’est-à-dire en affaiblissant ces alliés, il donnera à l’idée que personne d’entre eux ne peut se mesurer à lui. Imaginons par exemple aujourd’hui s’il parvient à couper les liens entre Tanor et Khalifa Sall, est-ce que Tanor va le quitter pour se présenter contre lui ? ll ne le ferait pas, parce qu’il serait conscient de sa faiblesse. Il en est de même pour Moustapha Niasse, donc il est sûr que ses alliés seront obligés comme ils l’avaient fait en 2012 de soutenir sa candidature.

MOMAR SEYDI NDIAYE : «L’usure des alliés ne peut pas profiter au Président Sall»

L’exclusion annoncée de Khalifa Sall et compagnie, ne donne-t-elle pas raison à ceux qui croient aux manœuvres de Macky Sall pour affaiblir les partis alliés ?

Sans doute, la posture du PS dans la majorité Benno Bokk Yaakaar a-t-elle exacerbé les contradictions chez les socialistes. En effet, le soutien au Président Macky Sall est diversement apprécié par les dirigeants et les militants.Mais fondamentalement, la perception de l’avenir du PS dans l’échiquier politique est la source de toutes ces querelles byzantines et autres déchirures. Le leadership du secrétaire général du PS, Ousmane Tanor Dieng est contesté et remis en question. Sous sa direction le PS, victime d’une forte érosion électorale, a perdu toutes les élections depuis 2000, et n’offre plus seul, de perspectives politiques gratifiantes. Il est comme l’AFP, la LD, le PIT, le RTAS, AJ/PADS-A et autre gauche «caviardisée», condamnée, à la logique de survie à l’intérieur de la majorité.

L’irrédentisme de Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Barthélémy Diaz, Bamba Fall et les autres jeunes franges socialistes, s’explique par cette absence d’horizon clair, pour un parti historique en déliquescence. Je ne vois pas en quoi le Président Macky Sall serait la cause directe des malheurs socialistes. Et si tel était le cas, la responsabilité en incomberait aux dirigeants socialistes, coupables de faiblesses, plus enclins à privilégier leur situation personnelle que le souci de cohésion et d’avenir. L’éviction probable de Khalifa Sall et compagnie ne ferait consacrer une division de fait. Outre la double souffrance qu’elle fait au Maire de Dakar (cacique du PS et prisonnier), leur mise à l’écart serait une belle opportunité pour la direction du PS de mettre en selle, Serigne Mbaye Thiam, chargé de protéger et pérenniser le patrimoine politique, matériel et financier du parti. Ou du moins ce qu’il en reste.

Quelles sont les conséquences possibles de l’affaiblissement de ces alliés en perspective de la présidentielle de 2019 ?

Ces alliés sont déjà faibles électoralement, puisque leur poids politique s’amoindrit dans l’électorat et au sein de la majorité. Aujourd’hui, l’APR plus que jamais boulimique profite de l’érosion électorale de ses alliés pour renforcer son leadership, à l’Assemblée Nationale, au gouvernement et dans les collectivités locales. Ce qui provoque des grincements de dents sans effet et sans lendemain chez les alliés. A l’évidence, la spirale de l’usure des alliés ne peut pas profiter au Président Sall. Il n’est pas exclu que le patron de l’APR, recherche du côté des ses anciens frères libéraux, le soutien dont il aura besoin pour se faire réélire. L’entreprise semble titanesque et risquée. Quel homme politique s’entourerait d’état d’âme et de prévention quand il s’agit de rempiler, dans un contexte où un second tour est plus qu’une probabilité ? En politique, hélas, la fin justifie souvent les moyens.

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