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Incarcération du maire de Dakar, khalifa Sall : Les avocats plaident devant Macky

Avr 21, 2017 Poster par 
Incarcération du maire de Dakar, khalifa Sall : Les avocats plaident devant Macky

D’un palais de justice au palais de la République. Les avocats de Khalifa Ababacar Sall ont quitté le Temple du Thémis pour mieux attirer l’attention du Président de la République sur ce qu’ils qualifient de «violations des droits» de leur client incarcéré depuis plus d’un mois dans l’affaire dite de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Dans une lettre adressée à la clé de voûte des institutions du Sénégal, en date du 13 avril dernier dont nous avons obtenu copie, les Conseillers de l’édile de Dakar, demandent le retrait de la constitution de partie civile de l’Etat et sollicitent de Macky Sall de mettre un terme aux attaques de membres de son gouvernement qui violent la présomption d’innocence de leur client.

Les avocats du maire de Dakar ont  décidé de sortir la bataille du palais  de justice pour envahir un autre palais. Celui de la République. Les Conseillers de l’édile de la capitale sénégalaise ont  saisi le  Chef de l’Etat, aux fins de retrait de la constitution partie civile par l’Etat du Sénégal mais aussi pour mettre un terme  aux immixtions de membres de l’exécutif dans le dossier.

Dans  une  correspondance envoyée au Président  de la  République, en date du 13 avril dont nous avons obtenu copie, le pool d’avocats du Maire  de la ville  Dakar, a dénoncé une  immixtion de l’exécutif dans le dossier de leur  client. Pour  les avocats du maire socialiste, il y a  beaucoup de violations du droit  de leur client.

La  première  «hérésie» dans  ce dossier, relèvent-ils dans leur édit, est la  constitution de l’Etat comme partie civile alors que  la «charte fondamentale  du pays consacre la libre administration  des  collectivités locales, notamment  en son article 132». Il  s’y ajoute les sorties répétées  des d’autorités gouvernementales pour se prononcer  sur  le  dossier, en cherchant à enfoncer  leur  client cela  en «violation flagrante  de la présomption d’innocence de Khalifa Sall». Autant  de griefs qui motivent  leur saisine  du chef de l’Etat, clé de voûte des institutions, pour demander l’annulation de la constitution partie civile  de l’Etat du Sénégal.

«Votre gouvernement, à travers, l’agent judiciaire  de l’Etat, s’est constitué partie civile pour le compte de l’Etat du Sénégal, alors que l’article 102 de la constitution consacre la libre administration des collectivités locales. C’est la raison pour laquelle, en votre qualité de Président  de la République, gardien de la constitution, nous adressons à votre excellence  pour attirer votre attention sur les nombreuses violations commises par l’Etat du Sénégal et sollicitons  de votre autorité le retrait  de la constitution partie civile  de l’Etat du Sénégal» lit-on sur la missive.

Dans le même sillage, les défenseurs de l’édile  de la ville  de Dakar ont invité Macky Sall à retenir la «meute d’aboyeurs» qui, à leurs yeux violent un droit fondamental de leur client que lui garantie la constitution : celui de la présomption d’innocence.  «Plusieurs membres de l’exécutif, en violation du principe de la séparation des  pouvoirs et du devoir de réserve, ont publiquement, par des déclarations dans  les médias, violé la présomption d’innocence de M. Khalifa Sall», dénoncent-ils.

Pour cette raison, ils invitent le chef  de l’exécutif à rappeler à l’ordre ces autorités en prenant «toutes  mesures et dispositions utiles aux rappels et injonctions nécessaires aux membres du gouvernement  pour le respect  de la  présomption d’innocence de M. Khalifa Sall.»

Rappelons  que le maire de la ville de Dakar est en détention préventive depuis plus d’un mois à la suite  de la  l’affaire  dite de la caisse d’avance de la mairie.  Khalifa Ababacar Sall est accusé «d’escroquerie portant sur des deniers publics, de détournement de deniers publics, d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux». Ce qu’il nie. Quant à ses partisans, ils imputent ses déboires judiciaires à son statut de dissident du PS et de la majorité présidentielle, mais aussi et surtout à sa volonté de présenter une liste parallèle aux élections législatives du 30 juillet 2017 et de briguer la Présidentielle de 2019. Des soupçons rejetés par les responsables du pouvoir.

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