Politique

Leçon inaugurale donnée par Le Juge Kéba Mbaye à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar Le 14 décembre 2005- L'éthique, aujourd'hui ? Dior Gueye CEO Gainde Group Holding

 

« Merci à Dior GUEYE qui fait du bon travail, montrer, présenter, etc, tous ceux qui bougent. Elle nous rappelle aussi pour prendre école en vue de nous améliorer. Je la suis sur linkedin. P B CISSOKO»

Que ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir et en abusent, ou qui se sont enrichis en foulant aux pieds les règles d'éthique se le disent bien ; ils n'inspirent aucun respect aux autres Sénégalais. Or le respect de ses concitoyens est le bien le plus précieux du monde. C'est le seul qu'il faut désirer, qu'il faut rechercher. C'est le seul qui est admiré. Le respect dû au pouvoir ou à l'argent, s'il a un autre nom, s'il s'appelle crainte ou courtisanerie, c'est que les paramètres éthiques qui les régissent se sont déréglés. Or, la crainte et la courtisanerie sont détestables parce qu'elles avilissent celui qui les inspire comme celui qui en est la proie. Elles ne durent que le temps que dure la force ou la fortune qui les motivent, c'est à dire peu ; et elles s'effacent avec la perte du pouvoir ou de l'argent. Le pouvoir est fait pour servir. Il est passager ; l'argent ne sert qu'à satisfaire les besoins ; au delà, il est inutile. Le respect de soi et le respect des autres par contre est un bien éternel et sans limite. Dieu lui-même le prend en considération dans le jugement qu'il porte et portera sur chacun de nous."


Un mot sur Keba MBAYE -Kéba Mbaye, juge sénégalais, président et fondateur du Tribunal arbitral du sport, est mort à son domicile de Dakar, jeudi 11 janvier, à l'âge de 82 ans.
Né à Kaolack, au Sénégal, le 5 août 1924, magistrat de formation, Kéba Mbaye a été président de la Cour suprême du Sénégal de 1964 à 1982, avant d'être, de 1981 à 1990, vice-président de la Cour internationale de justice de La Haye. Il a également été président du Conseil constitutionnel de son pays. Kéba Mbaye avait fondé le Tribunal arbitral du sport en 1983, et il en a été l'unique président jusqu'à sa mort.
Il a également été membre du Comité international olympique (CIO) de 1973 à 2002, participant longtemps à la commission exécutive ou dirigeant des commissions : depuis 1999, il était président de la commission d'éthique du CIO.


Et aussi ça -Mais l'activité la plus importante aux yeux du juge semble être son engagement dans l'Association pour l'unification du droit en Afrique (Unida) qu'il a créée en 1998. « Une façon d'accompagner l'Ohada », l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires, dont il a dirigé, de 1992 à 1997, la rédaction de tous les textes. Dernier chantier de l'Unida : harmoniser le droit du travail en Afrique, par la rédaction d'un code commun. M'baye a adressé, pour ce faire, début février, au secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf un courrier sollicitant son appui. Comment fait ce « vieux-jeune homme » pour être présent sur tous ces fronts ? La recette est simple : il utilise de façon optimale tout son temps. « Je me lève tous les jours à 5 h 30 pour faire mes prières, confie-t-il. Je suis musulman pratiquant de confession tidiane ayant comme guide spirituel feu Serigne Abdoul Aziz Sy. À 7 h 30, je suis à mon bureau. Si je n'ai rien de spécial à faire, j'écris sur un sujet que je crée. »

Dior Gueye CEO Gainde Group Holding à suivre sur linkedin

Election présidentielle 2019 au Sénégal : Macky Sall a rétréci l’opposition

 

Ils se sont assis dans les mêmes salons feutrés, ont peaufiné leurs stratégies dans les mêmes suites ouvrant sur l’océan. Hôtel cinq étoiles de la capitale sénégalaise, le Terrou-Bi s’est imposé comme l’épicentre de la campagne présidentielle. Du président en exercice, Macky Sall, à l’ancien président Abdoulaye Wade, en passant par le challenger antisystème, Ousmane Sonko, les candidats à l’élection présidentielle y ont organisé les conférences de presse comme les rendez-vous discrets. Une partie des résultats du scrutin du 24 février s’est jouée là, dans l’ocre des tentures, le beige de ce luxe reposant.

Pour ce pays de 16 millions d’habitants de l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu de ce premier tour de l’élection présidentielle est la réélection – ou non – de Macky Sall, le président en place, candidat à sa succession. Qu’il soit élu dès dimanche serait un plébiscite de son bilan de président bâtisseur, la reconnaissance de son premier mandat, estiment les plus optimistes. Les plus calculateurs, eux, pensent que, sans victoire ce 24 février, la présidence pourrait bien lui échapper. Rien ne garantit en effet que le Terrou-Bi n’a pas aussi été le lieu d’alliances de second tour capables de faire élire un candidat autre que le président sortant, en dépit du fait que ceux qui apparaissaient comme ses opposants les plus sérieux aient été éliminés de la joute électorale.

A 57 ans, Macky Sall vient de battre son propre record, enchaînant les 37 meetings de la campagne où il a encore promis de l’asphalte et du béton, dans la continuité de son Plan Sénégal émergent. Il aimerait terminer dans un second mandat son vaste programme d’infrastructures de développement, qui vise à installer le Sénégal dans les pays émergents en 2035. Pour y arriver, il devra cette fois s’intéresser à une population rurale pauvre que le fossé des inégalités éloigne de plus en plus d’une classe moyenne naissante dans les villes ; et proposer des emplois à une jeunesse en proie à un chômage de masse. Entre 2012 et 2018, il a permis à l’économie sénégalaise de gagner trois points de croissance et de se maintenir ensuite à près de 7 %. Mais cela ne suffit plus.

Si son premier septennat a été celui du renforcement énergétique et des grands travaux, il lui reste à densifier le réseau routier pour désenclaver les régions rurales, à compléter l’accès au réseau électrique, à l’eau potable et à la santé. Passages obligés pour faire du Sénégal un modèle de développement continental et un point d’ancrage de la diplomatie ouest-africaine grâce à des infrastructures de classe internationale.

L’iconoclaste Sonko

Parmi les quatre autres candidats à la présidence, ses véritables opposants sont le duo Ousmane Sonko et Idrissa Seck, qui devancent l’ancien ministre Madické Niang et l’universitaire Issa Sall. Ils visent le second tour. Le premier est un homme de 44 ans au profil de challenger talentueux. Inconnu du grand public il y a encore trois ans, il s’est révélé comme lanceur d’alerte.

En 2016, cet inspecteur des impôts a dénoncé des cas de corruption et de fraude fiscale. La même année, il a publié Pétrole et gaz au Sénégal. Chronique d’une spoliation (Fauves éditions), dans lequel il s’attaque au président et à son frère, Alioune Sall, alors à la tête d’une compagnie pétrolière, les accusant de « corruption », de « viol de la Constitution et du code pétrolier », dénonçant des contrats léonins au profit d’intérêts étrangers. Il est radié la même année par décret présidentiel pour « manquement au devoir de réserve ».

Présidentielle au Sénégal : « Les réseaux sociaux transforment les internautes en sentinelles de la démocratie »

Sa posture iconoclaste en fait le favori d’une jeunesse diplômée qui peine à trouver un emploi sur un marché du travail en souffrance. Il séduit aussi parmi la diaspora et les entrepreneurs déçus par un gouvernement qui offre de nombreux marchés publics aux entreprises étrangères.

Ousmane Sonko l’a compris. S’il est élu, il promet de faire sortir le Sénégal de la zone du franc CFA, lui qui accuse cette devise arrimée à l’euro « d’empêcher le Sénégal d’être compétitif à l’exportation ». Selon lui, « la France met les Etats africains de la zone CFA dans une logique d’infantilisation qui consiste à dire qu’ils ne sont pas compétents pour gérer une monnaie ». En plaçant cette problématique au cœur du débat, Ousmane Sonko a forcé ses rivaux à prendre position. Même Macky Sall, qui s’est toujours accommodé de ce vestige de la colonisation, a dit ne pas être opposé à une sortie du CFA si elle s’accompagnait de la création d’une nouvelle devise régionale dans la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). 

Présidentielle au Sénégal : Ousmane Sonko, un candidat antisystème pas si rebelle que ça

Avec un profil très différent, Idrissa Seck aussi peut créer la surprise dans sa troisième tentative pour gagner la magistrature suprême. Ce libéral, ancien camarade de Macky Sall, a rallié le soutien d’opposants majeurs au président sortant, tel l’ancien maire socialiste de Dakar, Khalifa Sall.

Plus aucun projet du Parti socialiste

Dès sa prise de pouvoir en 2012, Macky Sall s’est appliqué à morceler son opposition. « Lorsque vous avez une majorité, il faut la consolider en allant chercher dans le camp adverse (…), le réduire à sa plus simple expression », avait-il alors théorisé. Au fil des années, sa force de conviction politique, appuyée parfois par la distribution de prébendes et de postes, lui a permis de gonfler les rangs de sa coalition, Benno Bokk Yakaar (BBY) (« unis par l’espoir » en wolof), au point qu’elle regroupe aujourd’hui plus de 350 personnalités et formations politiques.

Historiquement à gauche depuis l’indépendance de 1960, le Sénégal a glissé vers le libéralisme économique d’Abdoulaye Wade en 2000. Aujourd’hui, le Parti socialiste, fondé par Léopold Sédar Senghor, le « père de la nation », a été englouti par la coalition de Macky Sall. En 2019, c’est même la première fois de son histoire qu’il ne présente pas de candidat à une élection présidentielle.

Lire aussi  « Au Sénégal, la gauche a renoncé à défendre ses idées »

Décomposée, la gauche sénégalaise ne présente plus aucun projet, et les candidats manquent. Au PS, les dissidents de l’alliance libérale ont été exclus du parti, comme Khalifa Sall. Agrégeant de nombreux soutiens, le maire de Dakar se taillait un costume de premier opposant politique, dangereux pour la présidentielle, mais le 7 mars 2017, il a été arrêté avec cinq collaborateurs pour « escroquerie portant sur les deniers publics ».

Au terme d’un long procès, il a été condamné en cassation, le 3 janvier, à cinq ans de prison et 5 millions de Francs CFA d’amende (7 567 euros). A un mois de la présidentielle, il a donc disparu de l’échiquier. Ce qui ne manque pas d’être lu comme la volonté d’écarter un adversaire dangereux pour la réélection de Macky Sall. L’Union des magistrats sénégalais s’étonne d’une « certaine rapidité dans le traitement de l’affaire », et Amnesty International dénonce « le caractère ciblé des poursuites », accréditant la thèse d’un procès politique.

Karim Wade écarté

Et Khalifa Sall n’est pas le seul opposant politique à faire les frais de la justice. Fils et ministre de l’ancien président, Karim Wade a aussi vu sa candidature à la présidentielle écartée par le Conseil constitutionnel, le 20 janvier. Condamné en 2015 à six ans de prison et à 210 millions d’euros d’amende pour « enrichissement illicite », il a vu son inscription sur les listes électorales rejetée. Ne s’étant pas acquitté de son amende auprès de l’Etat sénégalais, il ne peut rentrer au pays sans risquer la prison. Le Parti démocratique sénégalais, formation d’Abdoulaye Wade, devenu premier parti d’opposition sous Macky Sall, se retrouve donc sans candidat.

Au Sénégal, le gouvernement juge impossible de « truquer des élections »

En cette veille d’élections, « nous sommes très sereins, car notre discours a été aussi clair que notre bilan, soutient un proche conseiller du président avant d’ajouter, nous avons fait ce qu’il fallait faire pour gagner ». Une confiance qui rappelle celle que Macky Sall exprimait déjà en 2012. Juste après son élection, il était venu se ressourcer dans une suite du Terrou-Bi afin de préparer le discours de son investiture. Cette fois-ci, il sera chez lui, a-t-il promis lors d’une pique : « Le jour du scrutin, après avoir voté, j’irai faire ma sieste jusqu’à 19 heures, puis j’allumerai la télé et la radio pour contempler la défaite de mes adversaires. »

 

Matteo Maillard  (Dakar, correspondance)

Le Monde.fr

SENEGAL : Présidentielle 2019 élection de tous les dangers ? Par Tidiane NDIAYE

 

Le Sénégal ne doit-il pas sa paix, sa légendaire Téranga et son hospitalité à sa pauvreté d'avant ?

Hélas, en observant le climat de haine et de violence actuelles, l'on peut se demander si un avenir prometteur, sonnant et trébuchant, depuis la découverte d'énormes gisements de pétrole et de gaz, n'explique pas les véritables raisons de ce tohu-bohu. Ne dit-on pas que : "Le malheur de l'Afrique, a toujours été la richesse de son sous-sol" (Biaffra, RDC, Angola, Afrique du Sud, Soudan etc.), résultat : Guerres civiles, coups d'Etatet autres...

Souvenons-nous, qu'à la veille d'élections législatives au Japon dans les années 70, le pouvoir en place s'était adressé sans vergogne à la population.

Leur porte-parole disait : Nous savons que nous sommes tous corrompus, voleurs et vous voulez nous sanctionner. Nous vous avons assez volé et nous vous présentons humblement, nos très sincères
excuses. Voilà pourquoi pour être francs, nous vous demandons de ne pas voter pour nos adversaires.

Si nous, nous sommes très rassasiés, eux sont des ringards qui ont faim. Ils ne rêvent que d'arriver au
pouvoir, pour faire ce que nous avons fait voire meme pire. Et le temps qu'ils détournent les déniés publics, pour se procurer belles villas, belles voitures et comptes Offshore, le Japon perdra des années. De grâce votez utile, votez pour nous. Nous n'avons plus faim, maintenant nous allons réellement travailler pour notre beau pays... Et le peuple les a reconduits, étonnant non ?

Ah Ah Ah!!!... nos dirigeants africains sont-ils prêts, à prononcer ce genre d'aggiornamento ? Au lieu de reconnaître qu'ils sont milliardaires, mais qu'ils détiennent leur fortune de tel ancien président, qui le leur a  donnée par ses "fonds politiques" ? Alors quece dernier dément ? Comique Afrique...
Tidiane NDIAYE écrivain

SENEGAL : PESIDENTIELLE 2019, C'EST REPARTI POUR UN TOUR... Tidiane N'Diaye Anthropologue – Écrivain

 

"Sa plume réveille et interroge. T NDIAYE est bien connu à travers le monde mais il s'intéresse aussi à son pays et quand il faut, il "met le pied" dans le plat pour ne pas faire comme l'intellectuel passif qui attend. Il faut lire T NDIAYE avec la raison et non avec le coeur, c'est un homme de science, un historien robuste et un intellectuel éclairé et eclairant" P B CISSOKO

Mais nos compatriotes ignorent, qui envisage de faire quoi (programme) ?

Qui a fait quoi, par rapport à ses prédécesseurs (réalisations
concrètes) ?

Aussi, pour qui, il vaut mieux voter dans l'intérêt et l'avenir du pays ?

Difficile à savoir sans le baromètre des sondages, seul de nature à restituer ,ce que pensent et ressentent les citoyens, sur la fiabilité, la sincérité, la compétence, les promesses et
possibles réalisations de uns et des autres (Bilan). Alors un peu de "pédagogie scientifique" au-delà des habituels pompeux et pompants "BLA BLAS" ici et là. La question première est :

POURQUOI CONTRAIREMENT AU RESTE DU MONDE, LES GOUVERNANTS AFRICAINS ONT PEUR
DES SONDAGES ?

A l'approche de chaque grande élection, comme la campagne présidentielle qui débute, étrangement dans la plupart des pays africains se réclamant pourtant de démocraties bien assises, comme au Sénégal, les sondages restent interdits de publication.

Alors les spéculations vont bon train... Il est vrai qu'un refrain bien connu, est celui d'une certaine rumeur populaire, qui dénonce l'intox de telle ou telle autre presse, sans jamais rater l'occasion de jeter le discrédit sur les statistiques officielles et autres sondages d'opinion, qui seraient truqués. Pour autant, les sondages sont-ils une science exacte ? Quels sont leurs avantages et leurs limites ?


Permettent-ils de responsabiliser les citoyens en se basant sur des calculs scientifiques, pour contrer les bruits de couloir ?

L'idée d'estimer une grandeur ou une opinion, à partir d'une partie de la population, remonte à la nuit des temps. Mais pendant très longtemps, théoriciens et praticiens n'ont pu se mettre d'accord sur une méthodologie. Il a fallu attendre 1939 pour que le statisticien hongrois Jerzy Neyman, jette les bases de la théorie des "sondages aléatoires". Cette méthode est animée par une philosophie logique, à
savoir que tout phénomène ou individu observé, n'est pas vraiment hasardeux. Une femme sénégalaise de 40 ans, est divorcée ou ne l'est pas. Un jeune diplômé de L'UCAD est chômeur ou ne l'est pas. En revanche, le fait que tous deux soient interrogés dans un sondage, n'est que le fruit d'un choix, que l'on peut qualifier "d'aléatoire".


Car nombre de leurs parents, voisins ou amis, présentent les mêmes caractéristiques ou pas, sans être retenus. Comme eux ils sont satisfaits des infrastructures de leur pays ou du système éducatif, de santé ou ne le sont pas. Ils sont déçus ou non de tels leaders politiques et en guise de sanctions, votent pour, contre ou envisagent de s'abstenir. Interrogés, il y a donc de grandes chances, pour que
leurs réponses soient le reflet de cette réalité. Car le principe de base de toute démocratie électorale, est de voter pour les représentants que l'on pense être les plus proches de nos propres idées.

Au demeurant peut se dire le sondeur, pas toujours besoin d'interroger tous les millions d'électeurs sénégalais inscrits, pour arriver aux mêmes résultats. Il suffit de ne consulter qu'un petit nombre assez diversifié, pour refléter l'ensemble. Aussi, un choix aléatoire sur les éléments respectant à la base ce principe de représentativité dans une population donnée, rend tout simplement crédibles les réponses ou
comportements de ceux qui vont figurer dans une sélection, que nous appellerons "échantillon".

Il permettra ainsi d'étudier de manière fiable, leurs comportement et opinion et de construire des instruments mathématisés, appelés "estimateurs", issus de la statistique et qui
sont souvent utilisés dans les domaines les plus pointus des sciences naturelles ou humaines.

Par ces outils, on contrôlera ou corrigera plus facilement la précision du sondage. Les concepteurs d'une telle opération, mettront une certaine rigueur, pour choisir un "estimateur"
insensible aux fluctuations de l'échantillon. Ceci pour éviter qu'il ne soit faussé par des erreurs, pouvant résulter d'une méthode de "collecte", c'est-à-dire la manière de recueillir les informations nécessaires à l'opération. Ainsi cet "estimateur" sera très proche de la réalité.

Ce qui veut dire en clair, que si cette méthode s'appliquait à tous les échantillons possibles d'une population donnée, on aboutirait à sa photographie réelle ou dite "valeur vraie" avec la totalité des éléments la composant, grandeur plus connue sous le vocable de "exhaustivité". Il existe aussi d'autres moyens fiables, comme la méthode plus empirique des "Quotas", qui permet également,
d'obtenir les mêmes résultats.

Douter de leur crédibilité, relève bien souvent, du luxe de la critique gratuite et sans risques, que seule une démocratie peut offrir. Il faudrait plutôt chercher, du coté des systèmes totalitaires où, pas besoin de sondages – dans des sociétés sans opposition, puisque l'opinion y est « forcément » favorable au régime à 99,99% (sous peine de Goulag) -, et l'information est soumise à censure ou travestie. Pour preuve, cette histoire venue du froid selon laquelle, lors du lancement d'un nouveau modèle de voiture LADA, les Russes (du temps de l'ex URSS), avaient invité en compétition, une marque de l'Ouest capitaliste (BMW), pour faire sérieux et crédible.

Au terme des 10 tours de piste, inutile de dire que la LADA a passé la ligne d'arrivée avec 4 tours de retard. Tout ceci bien entendu, s'est déroulé à guichets fermés, sous l'œil amusé des « Big Brother du KGB » et de quelques journalistes triés sur le volet. Au lendemain de cet « événement-propagande », le quotidien national (LA PRAVDA), sans rien dire sur le nombre de participants ou le déroulement de l'épreuve, titrait à la une : Lors de la compétition automobile internationale de Moscou, la BMW donnée pourtant favorite et représentant l'Ouest
capitaliste décadent, s'est adjugée une laborieuse avant dernière place.

Quant à la LADA symbole du génie soviétique, elle a brillamment arraché une très belle seconde place. Et comme il n'y avait que 2 voitures en course, le gagnant étranger et produit capitaliste,

devenait avant dernier et le chouchou local bon dernier, passait quand même pour un héroïque second et le tour est joué, élémentaire mon cher Watson!!!,

C'est là un chef d'œuvre de manipulation événementielle, (que seule l'ex propagande communiste avait le secret, quoique la Corée du Nord encore, on se comprend...). Bref par les chiffres, on peut faire dire tout et son contraire, voire travestir n'importe quelle réalité. Mais s'il faut reconnaître que dans les démocraties, il existe aussi des Instituts privés, dont les sondages sont orientés selon les désirs des
commanditaires, il s'agit généralement d'un épiphénomène. Là où ils sont autorisés, le législateur a veillé à leur encadrement. Au demeurant, l'intervention d'un sondage, favorisant tel parti ou tel homme politique, n'empêchera jamais un citoyen, de se faire sa propre opinion avant d'aller voter.

En fait, quel que soit le pays, sondages ou pas, la question est souvent, celle du casse-tête que constitue la relation entre les peuples, leurs attentes et le renouvellement de leurs hommes politiques. Comme dans une spirale infernale, ils chassent toujours les uns, pour remettre les autres, avant de recommencer dans l'autre sens. Exactement l'histoire du fou qui se donne des coups de marteau sur la tête. Il trouve que ça fait du bien quand ça s'arrête, au lieu de se demander pourquoi il recommence.

Tidiane N'Diaye Anthropologue - Écrivain

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