Politique

Robert Sagna, président du RSD sur la cohabitation a l’assemblée nationale : «Je ne vois pas comment... L’opposition peut gagner la majorité»

Le débat suscité par la possibilité d’une cohabitation à l’Assemblée nationale entre l’opposition et la mouvance présidentielle, dès 2017, ne serait que «chimère». En tout cas, le leader du Rassemblement pour le socialisme et la démocratie (Rsd), Robert Sagna ne voit pas comment, dans le contexte politique actuel, un tel scénario pourrait se produire. Dans cette interview, accordée à Sud Quotidien hier, mardi 25 avril, dans les locaux de son bureau sis à Point E, l’ancien maire de Ziguinchor se dit rassuré de la victoire de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar aux législatives du 30 juillet prochain à Ziguinchor, comme au plan national. Cela, avec comme arguments, les réalisations du président Macky Sall et la coalition Bby durant ces 5 premières années. L’ancien ministre sous Abdou Diouf admet, toutefois, que la tâche ne sera pas facile pour la coalition Bby,* qui doit s’armer de «générosité» et de «volonté» pour y arriver.

Les leaders de Bennoo Bokk Yaakaar souhaitent continuer le compagnonnage jusqu’aux élections présidentielles de 2019. Mais, il se trouve qu’aussi bien du coté de l’Apr, comme de certains partis alliés, les membres veulent disposer de plus de sièges à l’Assemblée nationale ? Comment comptez-vous vous en sortir ?

C’est légitime. Dans une compétition comme celle-là, chacun voudrait avoir une promotion. Je crois que, quand on fait de la politique, il ne faut pas s’étonner, qu’à l’approche d’élections aussi importantes comme celles des législatives, où il y beaucoup de prétendants, qu’il y ait des tiraillements non seulement au sein du parti au pouvoir, mais aussi au niveau des alliés, ceux de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby). Au delà de cet ensemble de coalitions qu’est Bby, vous avez aussi l’opposition. Elle se bat pour avoir une majorité à l’Assemblée nationale. Au niveau du législatif, c’est là où se décident les lois pour gérer le pays, pour l’administrer, et pour dessiner le destin du pays. Donc, ne vous étonnez pas de ça.

Mais, au niveau de Bby, ce qui est recherché, c’est qu’il faut qu’on y aille dans l’unité. Ça veut dire présenter une liste unique, celle de Bby. C’est ce qui a fait dire au président, le samedi dernier à la réunion des leaders de Bby, qu’on ne peut pas concevoir qu’à l’intérieur de la coalition qu’il y ait des listes concurrentes. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Je crois que c’est comme ça qu’il faut le comprendre. Ça ne va pas être simple, mais il faut beaucoup de générosité, de bonne volonté. Il faut des sacrifices aussi si on veut réussir. L’essentiel étant que la Bby sorte victorieuse. Mais, ne vous étonnez pas qu’il y ait des tiraillements et des difficultés.

La question de la tête de liste de la coalition Bby est agitée par certains. Des noms ont été avancés, comme par exemple le maintien de Moustapha Niasse, ou le Premier ministre Boun Abdallah Dionne. Quelle est la position de votre parti, le Rsd ?

Nous sommes des alliés loyaux. Nous l’avions été hier, nous le sommes aujourd’hui, et nous prétendons l’être demain. Par conséquent, ce que nous souhaitons, c’est qu’il faut raison garder. Je pense qu’il ne faut pas qu’on se focalise sur cette question de tête de liste. Le moment venu, avec une large concertation, un consensus va s’établir pour qu’on ait la tête de liste qu’il faut. Je pense qu’il ne faut pas en faire une fixation. Le choix se fera le moment venu. Toutes ces questions sont normales dans une coalition comme celle-là.

Le débat de la cohabitation fait également rage. Y a-t-il risque qu’un tel scénario se produise au Sénégal ? Si oui, quelles peuvent en être les conséquences sur les Institutions?

La cohabitation suppose que l’opposition ait une majorité à l’Assemblée nationale, de manière à ce que les deux puissent habiter ensemble au cas où cette majorité reviendrait à l’opposition. Mais, quelle est la probabilité pour que l’opposition soit aujourd’hui majoritaire à l’Assemblée nationale ? C’est la question qu’il faut se poser. Est-ce que dans le contexte politique du Sénégal l’opposition, telle qu’elle se présente aujourd’hui, a des chances d’être  majoritaire à l’Assemblée nationale ? Mon point de vue personnel, c’est que je n’y crois pas. Je ne vois pas comment, dans le contexte actuel, l’opposition peut gagner la majorité à l’Assemblée nationale.

Pourquoi n’y croyez-vous pas ?

Je ne crois pas parce que nous sommes satisfaits du bilan de ces premières années du président Macky Sall et de sa coalition. Vous-même, si vous regardez le bilan et quand je parle de bilan, je fais référence au résultat de l’action gouvernementale. Je ne parle même pas des militants des partis qui sont à  peine 20% de l’ensemble des électeurs. Je parle des électeurs, globalement des populations du Sénégal. De ce que je ressens, de ce que j’entends, et également de ce que je vois, ce bilan est largement positif. Et je pense que ces Sénégalais-là, nos compatriotes vont rendre à César ce qui appartient à César. Je veux dire qu’ils seront reconnaissants de l’action du gouvernement et cela suffit pour qu’ils puissent, aux prochaines élections, donner une majorité à la coalition Bby. C’est à ça que je crois. Je crois que vous-mêmes, en tant qu’observateurs, constatez que dans ce pays beaucoup de choses ont bougé, tant sur le plan des investissements, sur le plan global, qu’au niveau de l’action sociale qui va directement dans l’amélioration des conditions des populations, à la fois pour la santé, l’éducation, pour ne citer que cela. C’est pourquoi, je ne crois pas à une possible cohabitation, pour répondre plus précisément à votre question.

Est-ce qu’on peut dire que la bataille de Ziguinchor aura bel et bien lieu ?

Il n’y aura pas de bataille, parce que la coalition va gagner, très certainement. Nous n’avons aucune raison de ne pas gagner à Ziguinchor. Ce qui a fait perdre Ziguinchor la dernière fois, c’est que la coalition n’a pas fait une seule liste unique. Mais, cette fois-ci, nous irons avec une seule liste et il n’y aucune raison que nous ne sortions pas vainqueurs. Le Rsd, plus les autres partis, notamment l’Apr, la Ld, l’Afp, le Pit, etc, je pense que nous y arriverons si nous nous mettons ensemble, sans compter les autres électeurs qui constatent que la Casamance, surtout la région de Ziguinchor, dans le bilan dont je viens de parler, occupe une place prépondérante, compte tenu des actions qui ont été menées là-bas, et également de l’engagement que le président Macky Sall a pris pour faire de la Casamance une région particulière, dans une discrimination positive dans différents secteurs d’activités, notamment le secteur touristique, celui de la santé et aussi les infrastructures routières avec les pistes de production, les bateaux, etc. Je crois que la Casamance va rendre sa monnaie au président Macky Sall. C’est la raison pour laquelle je suis confiant que Bby va gagner à Ziguinchor.

Etes-vous pour ou contre la suppression du scrutin majoritaire ?

Je pense que ce qu’il faut, c’est viser la stabilité. La deuxième chose qu’il faut viser, c’est d’avoir au sein de l’Assemblée nationale une large participation des différents partis. Lorsqu’on a plus de 200 partis dans ce pays, je pense que le système actuel est préférable. Ça permet aux petits partis de pouvoir prétendre à avoir un ou deux députés. Sinon, nous risquons d’avoir les partis dominants qui vont être à l’Assemblée. On ne donnera pas la chance aux petits partis d’aller à l’hémicycle. Ce qui ne veut pas dire que je suis favorable à cette inflation de partis dans ce pays. Je pense que le gouvernement réfléchit à cela. Tous les partis d’ailleurs y pensent. Il faut qu’on voie comment réduire, dans un petit pays de 15 millions d’habitants, pour qu’on ne se retrouve pas avec une inflation de partis comme c’est le cas à l’heure actuelle. Mais, en attendant c’est qu’en même le système électoral qui favorise une plus large participation du maximum de partis à l’Assemblée. Mais, il faut qu’on revienne à quelque chose de plus normal en ce qui concerne le nombre de partis au Sénégal. Plus de 200 partis, ce n’est pas gérable, ce n’est pas logique. Regardez les grands pays, ils ont deux ou trois partis.

Parlant de ces grands pays, on constate que les idéologies tranchées semblent disparaitre de plus en plus laissant la place à un renouveau politique avec des leaders qui ne sont pas issus de l’establishment politique. N’avez-vous pas l’impression que les politiques sont de plus en plus rejetés par l’opinion publique 

Je suis de votre avis. Ce n’est pas un simple sentiment, c’est une réalité. On a comme l’impression que la politique a perdu de sa valeur initiale. La notion de politique a été dévoyée. Ce qui veut dire qu’on constate de plus en plus que l’action politique a été dévoyée. On constate aussi que les acteurs sont de moins en moins appréciés par ceux qui ne font pas la politique. C’est grave dans la mesure où les populations d’une manière générale et un peu partout, ne perçoivent pas d’une manière positive l’action des partis politiques et des acteurs politiques. C’est ce qu’on observe un peu partout. Ce qui vient de se passer en France est encore une preuve. On voit très bien que les partis ont été écartés au profil de la société civile qui joue un rôle de rassembleur. En tout cas, Macron joue un peu ce rôle. Il se positionne comme tel, en rassemblant des éléments de part et d’autre qui ne se réclament pas de l’establishment des grands partis. C’est un phénomène nouveau. Quand vous voyez aux Etats Unis, Trump n’est plus tellement l’homme ou des démocrates ou des républicains. Là aussi, c’est un phénomène nouveau. Je crois qu’il faut que nous prenions cet élément en compte pour ramener la politique à sa fonction essentielle, être au service du peuple. C’est un sacerdoce. Mais, si les acteurs, par leurs gestes, par leurs actions quotidiennes se rendent peu crédibles, ça pose problème. Si, ceux pour lesquels ils sont censés rendre service ne leur font pas confiance, ça pose problème. Si, par leurs gestes quotidiens, on se rend compte qu’ils sont corrompus, qu’ils ne respectent pas leurs engagements ou leurs paroles, ça pose problème. On a comme l’impression que de plus en plus ceux pour lesquels, nous hommes politiques, pensions être au service, ceux-là de plus en plus perdent confiance. C’est un problème et on l’observe non seulement au Sénégal mais aussi dans les pays développés. C’est un phénomène mondial et il faut s’interroger et rectifier.

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Mankoo Wattu Sénégal, coalition ifana, initiative 2017…pour les législatives : Quand l’opposition s’écarte à petits pas de sa liste unique !

La perspective d’une liste unique réunissant l’ensemble des composantes de l’opposition sénégalaise aux législatives du 30 juillet prochain, afin d’imposer une cohabitation au régime du président Macky Sall, semble devenir de plus en plus une simple illusion. En dépit de l’invite lancée par l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade, la forte volonté des leaders de la plateforme Mankoo Wattu Senegaal se heurte à l’éclosion d’autres coalitions de l’opposition, notamment “L’Initiative 2017“ des pro-Khalifa Sall, la coalition Ifana de Y’en a marre et de certains indépendants, sans oublier la position tranchée de certains partis membres de Mankoo, comme l’Act de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye.

Au moment où le chef de l’Etat, Macky Sall, patron de la coalition présidentielle Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) et l’ensemble des leaders de la coalition en question cherchent vaille que vaille à former un seul bloc, en s’opposant à toute liste parallèle à celle de Bby aux législatives du 30 juillet prochain, l’opposition semble voir ses chances de s’unir s’amenuiser.

En effet, la volonté exprimée par l’ancien président Wade, notamment celle de voir toute l’opposition autour d’une liste unique, pour imposer une cohabitation au régime de Macky Sall, est en train de devenir de plus en plus irréalisable. Cela, au vu  de la dynamique de recomposition de l’échiquier politique, constatée à quelques mois de ces joutes électives. A moins que ce ne soit juste une stratégie politique, destinée à faire monter les enchères lors d’éventuelles négociations visant à fédérer l’opposition autour d’une liste unique à même de faire face à celle de la mouvance présidentielle, des coalitions de partis et/ou de mouvements de la société civile, ou encore d’indépendants se forment pour briguer des sièges à l’Assemblée nationale.

La coalition “Initiative 2017“, portée sur des fonts baptismaux le week-end dernier, fait partie de cette multitude de forces vives de l’opposition qui se sont fixées pour objectif d’obtenir une forte représentativité au sein de la 13ième législature. Regroupant entre autres des membres de la coalition Taxawu Dakar, à l’image du maire socialiste Barthélémy Dias, du maire jallarbiste Cheikh Guèye et de l’édile des Parcelles Assainies Moussa Sy, ainsi que des leaders de partis comme Moussa Tine de l’Alliance démocratique/Pencoo, sans oublier Cheikh Bamba Dièye du Fsd/Bj, ou encore le député Hélène Tine, cette coalition entend fédérer ses forces pour porter à sa tête Khalifa Sall. Celui-là même qui est pressenti par certains observateurs pour diriger la liste départementale de l’opposition, capable de faire bouger les lignes au niveau de Dakar. 

A cette coalition de l’opposition regroupée derrière Khalifa Sall s’ajoute celle dénommée Ifana, et dont sont membres les «activistes» du mouvement Y’en a marre, et certains indépendants à l’image du maire de Sokone, Moustapha Guèye, alias Petit Guèye et Mamadou Lamine Dianté, ancien secrétaire général du Saems-Cusems. Même si, dans le manifeste dont Walfadjiri a obtenu copie, ledit mouvement dit être «indépendant et non partisan, équidistant des partis politiques mais ouvert», la toute dernière sortie de la bande à Fadel Barro et compagnie laisse croire que la coalition Ifana se range du coté de l’opposition. En effet, le régime du président Sall avait été cloué au pilori par les “Y’en a marristes“, le 7 mars dernier à la Place de la Nation.

Il faudrait ajouter à cela la position tranchée de l’ancien Pm du président Macky Sall, en l’occurrence Abdoul Mbaye, par ailleurs patron de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act), pourtant membre de Mankoo Wattu Senegeal. Très tôt, notamment dès janvier 2017, l’ancien collaborateur de Macky Sall a laissé entendre que «le Front Wattu Senegaal n’est pas une alliance pour aller aux législatives. Mankoo Wattu Sénégal est un front de défense contre les excès et dérives du Président Macky Sall et de ses alliés; ça a été précisé au moment de sa mise en place…».

Une conviction qu’il semble garder jusqu’à ce jour d’autant plus que, même s’il n’écarte pas une alliance entre membres de Mankoo, l’ex-Pm a réaffirmé son «niet» catégorique pour une coalition unique de l’opposition. Ce qui n’arrange en rien les efforts que seraient en train de fournir certains leaders de l’opposition, tels que le patron de Rewmi, Idrissa Seck, Oumar Sarr du Pds, Malick Gakou du Grand parti, etc sans oublier l’implication personnelle du “Pape du Sopi“ depuis Paris.

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Législatives 2017 - macky sall sur les velléités de dissidence au sein de Bennoo Bokk Yaakaar : «Nous ne tolèrerons aucune liste parallèle...»

Le président de la République, Macky Sall, prévient qu’il ne tolérera aucune liste parallèle issue des rangs de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, lors des législatives du 30 juillet prochain. Macky Sall a fait cette déclaration, à l’occasion d’une conférence de presse tenue en marge du séminaire de la coalition présidentielle qu’il a présidée le samedi 22 avril dernier.

Cette rencontre entre le président de la République et président de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar et ses alliés intervient à quelques jours du dépôt des listes de candidatures pour les législatures du 30 juillet prochain dont la date de clôture est fixée pour le 29 mai prochain. S’exprimant lors d’une conférence de presse, à l’issue de cette rencontre à huis clos avec la plupart des responsables des partis membres de Bennoo dont Moustapha Niasse, leader de l’Afp et président de l’Assemblée nationale, Robert Sagna  leader du Rds, MaguetteThiam ex-patron du Pit, Landing Savané d’And Jëf-Pads-A et le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne pour ne citer que ceux-là, le président de la République n’est pas allé dans la langue de bois. Soulignant que l’approche des législatives du 30 juillet doit placer, au cœur des préoccupations de la majorité, l’unité de la coalition Bby, liée par « un même engagement, à lutter ensemble, gagner ensemble et  gouverner ensemble », le chef de l’État a indiqué que la discipline reste le second défi pour la majorité. À ce titre, il a clairement prévenu qu’aucune liste parallèle issue des rangs de Bennoo lors des élections législatives de juillet ne sera tolérée.

« Le défi à gagner est celui de la discipline dans la coalition, et je ne peux m’empêcher aussi de penser à nos partis, et celui du président de la République étant l’épine dorsale est plus que jamais interpellé sur la discipline qu’exige le moment. La nécessité de s’oublier un peu au profit du collectif, de partager la stratégie électorale envisagée tant pour le scrutin majoritaire que pour la proportionnelle autour d’une liste commune est fondamental. Nous ne tolérerons aucune liste parallèle issue de nos rangs», a prévenu le chef de l’Etat sous les applaudissements de la salle. Poursuivant son propos, Macky Sall a expliqué sa position ferme sur la question par l’enjeu national des élections législatives contrairement aux scrutins locaux. « Cela doit être dit avec force. Autant pour les locales, nous avions pris la décision de laisser les gens, s’ils n’étaient pas d’accord, présenter leur liste, parce que les enjeux étaient locaux. Il ne faut pas que l’on confonde les enjeux d’une législative à ceux d’une élection locale. Autant on avait laissé faire, autant ici il s’agira de mettre tout en œuvre pour n’avoir qu’une seule liste Bennoo Bokk Yaakaar», a insisté encore le président Sall lors de cette conférence de presse.

POLEMIQUE AUTOUR DE L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE : Macky Sall clame ses quatre vérités

Le Président Macky Sall qui rencontrait les leaders de Bennoo Bokk Yaakaar, à Dakar a profité de l’occasion pour édifier ces derniers sur les rumeurs « d’ingérence de l’Exécutif dans le judiciaire ». Selon le Chef de l’Etat Macky Sall, il n’en est rien.

Le président de la République a apporté la réplique à ses opposants qui l’accusent d’avoir instrumentalisé la justice sénégalaise pour s’en servir comme bon lui semblait. S’exprimant lors d’une conférence de presse en marge de la rencontre à huis avec les leaders de partis de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar qu’il a présidée, samedi dernier dans un hôtel de la place, Macky Sall a formellement récusé les plaintes de son opposition sur l’indépendance de la magistrature au Sénégal. «Il est facile, lorsqu’on se situe dans une mauvaise passe d’accuser le président de la République ou le gouvernement de faire de l’ingérence dans le fonctionnement de la justice. Nous n’avons rien à nous reprocher par rapport au fonctionnement de la justice. Les attaques ne sont pas des attaques objectives, mais des fanfaronnades de l’opposition qui ne sauraient nous dévier de notre trajectoire». Avant de continuer et d’avancer que les dossiers judiciaires brandis par l’opposition pour s’attaquer au Président et au Gouvernement doivent être appréhendés sous deux formes.  « D’une part, pour le respect du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs entre  l’exécutif et le judiciaire, quelques exemples suffisent pour montrer que l’indépendance de la magistrature n’est pas une chimère. Quelquefois, le Gouvernement fait des recours jusqu’à la Cour suprême, fait des appels sur des décisions en première instance. Donc, il est facile d’accuser le Gouvernement et le Président de faire de l’ingérence dans le fonctionnement de la justice », a laissé entendre Macky Sall.

Selon le leader de l’Apr, depuis 25 ans, toutes les réformes qui concernaient l’indépendance de la magistrature et l’amélioration des conditions des magistrats ont connu des évolutions. « C’est avec nous que l’ensemble des textes qui organisent le Conseil supérieur de la magistrature, le statut des magistrats, de la Cour suprême, autant de dossiers donc ont pu être débloqués, donnant à la magistrature une plus grande liberté ». Et de poursuivre : «En ce qui concerne la matière disciplinaire, même si le président de la République est le Président du conseil supérieur de la magistrature, et même si le Garde des sceaux en assure la vice-présidence, ces deux autorités ne participent nullement dans le processus interne et d’évaluation positive et de sanction des magistrats.

Selon toujours Macky Sall, le deuxième aspect pour expliquer cette indépendance de la justice est lié au devoir de réserve sur les dossiers judiciaires en cours d’instruction.  «Il ne revient ni au président ni à l’opposition, de décider de la culpabilité de qui que ce soit dans une République, de décider de la culpabilité ou non d’un citoyen. Les attitudes notées çà et là dans la coalition, peuvent installer la confusion dans les têtes de nos compatriotes et dans nos propres partis, et dès lors ces attitudes pourraient se traduire par une perception négative de nos politiques, pouvant même développer auprès de l’opinion un sentiment de rejet ». Mais, heureusement s’est réjoui le Président pour finir, « ce n’est pas le cas ».

ADOPTION IMMINENTE DU NOUVEAU CODE DE LA PRESSE : Macky Sall rassure les professionnels des médias

Lors de cette rencontre avec l’État-major de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, le chef de l’Etat est également revenu sur le débat concernant l’adoption du code de la presse pour lequel la Coordination des acteurs de la presse a entamé un plan d’action à travers des rencontres avec le Khalife général des Mourides et celui des Tidianes et une marche prévue le 3 mai prochain. Et c’est pour annoncer le passage, dès la semaine prochaine, en Conseil des ministres du nouveau Code de la presse qui sera présenté «bientôt» et à nouveau aux députés à qui Macky Sall a demandé, en tout cas ceux de sa majorité en l’occurrence, de la voter.  « Vous avez constaté que l’opposition évite le débat sur le bilan. Elle parle de dictature, de menace sur la démocratie. Et pourtant, jamais on ne verra un détenu d’opinion dans ce pays. Aucun journaliste n’a été mis en prison, et pourtant il existe des violations sur les règles de déontologie. Mais c’est notre option fondamentale… Nous allons sortir bientôt le nouveau code de la presse après une longue période de concertation. Ce projet devrait repasser la semaine prochaine en Conseil des ministres parce que le document était déjà à l’Assemblée nationale et ce sont les députés, dans leur indépendance et leur pouvoir, qui l’avaient rejeté sous la précédente législature», a annoncé le président de la République. Poursuivant son propos, Macky Sall a justifié les lenteurs accusées dans l’examen de ce texte devant mettre de l’ordre dans le secteur des médias au Sénégal par une nécessité de le reprendre afin de procéder à nouveau à de larges concertations aussi bien avec les acteurs qu’avec le gouvernement et les députés.

MOUSTAPHA NIASSE SUR LA TÊTE DE LISTE DE BENNOO AUX LÉGISLATIVES : «Je ne suis candidat à rien, je n’attends rien»

«Je ne suis pas candidat, j’ai 77 ans et 5 mois, je ne suis candidat à rien », a clamé Moustapha Niasse lors d’une conférence de presse suivant la rencontre des leaders de Bby. Et de poursuivre : « « Si on a besoin de moi pour une mission, je peux essayer mais je ne demande rien du tout, je n’attends rien. Autrement dit, je ne suis candidat ni au niveau national ni au niveau départemental», a déclaré le président de l’Assemblée nationale et leader de l’Alliance des Forces de progrès. Poursuivant son propos, Moustapha Niasse a toutefois réitéré son engagement à accompagner Macky Sal dans sa quête d’un second mandat à la tête de l’État. Par ailleurs, lors de cette rencontre avec les journalistes, Moustapha Niasse a également précisé que la liste de Bby pour les prochaines législatures n’a pas été encore désignée. Soulignant que les discussions ont porté sur trois points : «l’axe Méthode, l’axe Organisation et l’axe Unité», le numéro 2 de l’État  a indiqué que les réflexions sont en cours concernant cette question de tête de la liste nationale de Bby. «En temps opportun, Bennoo traitera cette question et réglera le problème bien qu’il n’y ait pas de problème. Une tête de liste sera désignée. La question n’a pas du tout été évoquée parce qu’elle n’est pas une priorité pour Bennoo Bokk Yaakaar, ce n’était pas à l’ordre du jour. En plus, rien n’urge».

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Répartition des investitures à la députation entre partis membres de Benno Bokk Yaakaar : Macky, à l’épreuve du Quota

A quelques mois des élections législatives, l’heure est aux manœuvres politiques dans la quasi-totalité des partis politiques et/ou coalitions de partis. La coalition présidentielle Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) n’est pas en reste, décidée qu’elle est à garder une majorité confortable au sein de la 13ème législature. Quid, cependant des attentes des uns et des autres par rapport au quota de répartition des sièges au sein de la mouvance présidentielle ? Si, du coté de certains alliés come la Ligue démocratique (Ld), on semble jouer la carte de la prudence avec le porte-parole des Jallarbistes Moussa Sarr, l’Afp par contre pourrait revoir ses ambitions à la hausse, comme l’atteste le député Zator Mbaye. Au même titre que l’Apr qui voudrait que sa massification soit prise en compte, même si par ailleurs la sauvegarde des intérêts des uns et des autres doit prévaloir, selon Cheikh Ndiaye, conseiller municipal apériste à Grand Yoff. 

 

PAPE DIALLO ALIAS ZATOR MBAYE, DEPUTE AFP : «Naturellement, l’Afp pourrait revoir ses ambitions à la hausse»

 

Nos attentes par rapport à cette législature sont des attentes légitimes conformes à notre poids électoral, conformes à nos aspirations, conformes aussi à notre idéal pour le Sénégal. Je dois vous rappeler que, lors des législatives de 2012, l’Afp a eu un nombre de députés taillé sur mesure par rapport à son poids lors des élections présidentielles de 2012.

Nous ferons tout ce qui est possible pour avoir, dans le cadre de Bennoo Bokk Yaakaar, une stratégie gagnante. Une stratégie concertée qui portera le moins de préjudice possible à la coalition. La coalition Bennoo Bokk Yaakaar est composée de 11 sous-coalitions et plus d’une centaine de partis. Si on répartissait un député par parti, vous verrez que ça ne suffirait pas. Je crois que les uns et les autres sauront raison garder pour atteindre l’objectif d’une liste plurielle, diversifiée, conforme à nos aspirations communes, mais aussi une liste qui nous permettra de gagner.

Puisque vous savez que la 12ième législature est de 150 et nous serons à la 13ième à 165 députés, naturellement l’Afp pourrait revoir ses ambitions à la hausse. Ce qui est conforme à la logique politique. Mais, nous sommes un parti très discipliné. Le travail est en train d’être fait dans les structures du parti dédiées à cette question. Le moment venu, les leaders qui ont la charge de tracer les orientations, le feront. Vous n’avez jamais entendu l’Afp faire dans le chantage ou le syndicalisme politique pour réclamer des postes ou des sinécures. Même si on ne se laisse jamais faire. Notre objectif reste toujours le même : celui d’apporter notre modeste contribution à la construction du Sénégal. Nous avons un leader qui essaie de nous mettre sur cette voie-là.

 

CHEIKH NDIAYE, CONSEILLER APR A LA MAIRIE DE GRAND YOFF : « Pour la 12ème législature, l’Apr n’était pas majoritaire... Je doute que ce schéma… »

 

Je tiens d’abord à la qualité de nos représentants. Parce que la 13ième législature sera différente de la 12ième pour plusieurs raisons. L’opposition est en train de s’organiser pour que les grands ténors puissent être présents sur une liste unique. Il faudrait qu’il y ait un répondant. Des gens suffisamment compétents et solides intellectuellement pour faire face aux débats futurs. Ce n’est pas le nombre qui est important. Il y a une très forte attente liée à la qualité des parlementaires pour la 13ième législature. En tant que force au pouvoir, nous devons tenir compte de ces éléments. Deuxièmement, naturellement il y a un quota au plan départemental qui n’a pas été changé. Donc, du point de vue de la départementale, il n’y aura pas de problème. C’est au niveau de la liste nationale où le président va corriger les disfonctionnements à la sous représentation de certains partis au détriment d’autres. De ce point de vue, je pense qu’il y a  lieu aussi de revoir le schéma, parce qu’il y a eu des insuffisances qui sont liés à la 12ième législature du point de vue de la représentation.

Le président a eu une équipe extraordinaire. Non seulement il a gardé une coalition pendant 5 ans et pour la 12ième législature, l’Apr n’était pas majoritaire. C’est le Bennoo qui l’est. Je doute que ce schéma puisse être changé. Parce que le président reste attaché à la vie et la survie de cette coalition jusqu’au terme de son mandat. Je pense que de part et d’autre, les gens ont les meilleurs éléments pour arbitrer. Mais, entretemps, l’Alliance pour la République a grandi dans beaucoup de départements. C’est une donne dont il faudrait tenir compte. Mais aussi, que les intérêts des alliés soient sauvegardés. Tout ce qui m’intéresse, c’est qu’on ait une liste homogène qui est représentative des forces alliées et qu’on ait aussi une liste pertinente en raison des profils qui y sont. C’est la crédibilité des listes qui fera que tous les réfractaires puissent être d’accord. Quand la liste n’est pas crédible, vous imaginez les conséquences en termes de vote-sanction… C’est au président de  veiller à la nécessité de sauvegarder les intérêts de son parti, les intérêts des partis alliés, et enfin à la nécessité d’une représentation nationale relativement équitable. Je ne doute pas que le président réussira à le faire en 2017.

 

MOUSSA SARR, PORTE-PAROLE DE LA LD : «Nous allons discuter de nos attentes au sein de la coalition»

 

Nous allons exprimer nos attentes au niveau de la coalition. Il m’est difficile de dire le nombre de députés qu’on attend. Vraiment, je ne peux pas chiffrer cela. Mais, nous avons des attentes que nous allons exprimer avec nos partenaires. Pour cette 12ième législature, on a eu un quota. On avait 4 investis qui étaient sur la liste. Les deux sont passés. On en avait sur la liste de Dakar, sur la liste de Bakel et sur la liste de Koungueul. Les deux qui étaient à Dakar et à Bakel sont passés. Celui qu’on avait à Koungueul n’est pas passé. On avait aussi un sur la liste nationale, mais il n’est pas passé.  Je ne peux pas dire que nous attendons tant de députés. Nous sommes un parti politique. Ce que je peux dire, c’est que nous voulons un jour en tant que parti, avoir la majorité à l’Assemblée nationale. C’est aussi diriger le pays. Maintenant, pour cette année, je ne peux pas avancer le nombre de députés attendus. Nous allons exprimer nos attentes à l’intérieur de la coalition et on va discuter. Je souhaite que les partis qui sont membres de Bby expriment chacun ses attentes et qu’on discute pour voir ce qui est possible. Mon souhait est que tout le monde fasse preuve de responsabilité et de solidarité pour permettre à la coalition d’avoir une liste consensuelle. Comme nous sommes plusieurs partis avec des attentes, chacun ne peut pas voir toutes ses attentes être satisfaites. Je pense que ce sont les listes consensuelles qui permettront de gagner.

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