La Fifa a annoncé lundi qu’elle allait ouvrir une enquête disciplinaire à l’encontre du club anglais de West Ham et de son joueur sénégalais Diafra Sakho. En janvier, le joueur avait en effet quitté la Guinée équatoriale, où les Lions de la Teranga disputaient la CAN 2015, en raison d’une blessure au dos… avant de réapparaître quelques jours plus tard pour marquer sous les couleurs de son club. Pour la Fifa, il se pourrait que Sakho et son club aient violé les règles sur le statut et les transferts des joueurs. Se refusant à tout autre commentaire, la Fifa affirme que si la violation des règles étaient avérée, Sakho pourrait se voir infliger une suspension et West Ham une amende. De son côté, le club prétend avoir suivi les procédures adéquates.

Michel Dussuyer a annoncé la fin de sa collaboration avec l’équipe nationale de Guinée, ce 2 février, au lendemain de l’élimination du Sily National en quart de finale de la CAN 2015. L’entraîneur français assure que sa décision, mûrement réfléchie, n’a rien à voir avec la défaite 3-0 face au Ghana.

RFI : Michel Dussuyer, confirmez-vous le fait que vous quittez votre poste de sélectionneur de l’équipe de Guinée ?

Michel Dussuyer : J’ai décidé de quitter l’équipe de Guinée et de tourner une longue page. Parce que ça fait presque cinq ans que je suis à la tête de cette équipe. C’est un long chemin, une très belle aventure, que ce soit sur le plan professionnel ou le plan humain. Mais je souhaite tourner la page et repartir sur un autre projet.

Quand avez-vous pris cette décision ?

Je l’avais en tête depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. J’avais en tête cet objectif de qualifier la Guinée pour la CAN 2015, avant de faire une bonne CAN.

Ce bon parcours vous a-t-il donné envie de poursuivre ?

Non. C’est une décision murement réfléchie. Il y a toujours des cycles. Là, on arrive en fin de cycle, je pense. Il y a la perspective d’avoir un nouveau challenge. Pour tout le groupe, il y a aussi la perspective d’avoir un nouveau coach, une nouvelle vision, une nouvelle façon de travailler. On s’enrichit toujours avec le changement. Et puis cinq ans, ça fait long. Surtout en Afrique où ça compte double.

Aviez-vous informé les joueurs et les dirigeants de votre souhait ?

Non, je n’en ai parlé à presque personne. C’était quelque chose qui était en moi. Je ne voulais surtout pas que les joueurs le sachent. Parce que ça aurait pu changer beaucoup de choses dans leur esprit durant cette phase finale, ou lors des éliminatoires.

Vous avez parlé d’un nouveau challenge. Avez-vous déjà un nouveau projet de programmé ?

Non, aujourd’hui, j’ai juste besoin de souffler un peu. Ces derniers mois ont été fatigants. On est en course depuis le mois d’août. Jusqu’à aujourd’hui, ça a été beaucoup de travail et de pression. J’aspire à souffler un peu. Au moment où je vous parle, je n’ai aucune perspective d’avenir.

Avez-vous été pleinement soutenu par vos dirigeants, par l’entourage de la sélection, selon vous ? Est-ce qu’une éventuelle absence de soutien a pu compter dans votre décision ?

Travailler en Afrique, ce n’est pas facile tous les jours. Il y a beaucoup de pression, il y a beaucoup de discours autour de l’entraîneur. On a l’habitude mettre beaucoup de choses sur son dos. Je dis toujours que la victoire a beaucoup de père tandis que la défaite est orpheline. Le seul papa, dans ce cas-là, c’est l’entraîneur. Mais je pense que c’est un peu partout pareil. C’est un métier très exigeant. […] Après, cinq ans, c’est un très beau parcours. Je suis très heureux d’avoir vécu cette aventure avec les joueurs. Ça a été des moments formidables vécus avec eux. Je garderai un souvenir très très fort de cette aventure.

Les députés britanniques se prononcent mardi en dernière lecture pour ou contre la fécondation in vitro avec remplacement mitochondrial.

Le Royaume-Uni pourrait devenir mardi le premier pays au monde à autoriser la conception de bébés à partir de l'ADN de trois parents, une technique destinée à empêcher la transmission de certaines maladies graves, à l'issue d'un vote au Parlement. Les députés britanniques doivent se prononcer en dernière lecture pour ou contre la fécondation in vitro (FIV) avec remplacement mitochondrial.

Cette technologie consiste à retirer de l'ovule de la mère la mitochondrie - soit le générateur d'énergie des cellules - qui est défectueuse pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d'une autre femme. Après avoir été fécondé par le sperme du père en laboratoire, l'ovule est implanté dans l'utérus de la mère. Le futur enfant sera alors porteur de toutes les caractéristiques génétiques de son père et de sa mère, mais pas de mitochondries responsables de maladies comme la myopathie ou le diabète. L'ADN mitochondrial ne représente en effet que moins de 1 % de la quantité totale d'ADN contenue dans une cellule humaine.

Pour les défenseurs de cette technique, elle constitue une avancée majeure qui épargnera bien des souffrances aux enfants à naître et à leur famille. Pour ses opposants, cela va trop loin en matière de modification génétique et pourrait aboutir à la sélection des bébés.
Des maladies potentiellement mortelles

Si elle est adoptée, la modification de la loi sur l'embryologie et la fertilisation humaine, qui date de 2008, n'aboutira pas au traitement immédiat de toutes les femmes qui en feront la demande. Elles devront en effet se plier à l'autorisation de l'organisme britannique responsable en matière de bioéthique, le Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA).

Les mutations de l'ADN des mitochondries sont assez fréquentes. Selon des chiffres de 2013, au moment où le gouvernement a approuvé ce procédé, environ 1 bébé sur deux cents est porteur au Royaume-Uni d'une mutation mitochondriale susceptible de provoquer, en passant de la mère à l'enfant, des problèmes neurologiques, musculaires ou cardiaques, de même que la surdité ou le diabète. Et 1 sur 6 500 est gravement affecté et pourrait souffrir de maladies potentiellement mortelles pour lesquelles il n'y a pas de remède.

Le Point.fr

C’est l’heure du choix pour l’UMP. Ce mardi soir, le parti conservateur doit arrêter sa position sur la législative partielle du Doubs où le PS va affronter dimanche le Front national. Quelle stratégie l’UMP va-t-elle adopter ? Appeler à voter pour le Parti socialiste ou au contraire choisir de ne pas choisir. Le parti dirigé par Nicolas Sarkozy devrait opter pour la seconde hypothèse.

Ni Parti socialiste, ni Front national. Voilà la position que devrait adopter l’UMP ce mardi soir à l’issue de son bureau politique pour le second tour de la législative partielle du Doubs dimanche. Une stratégie du « ni-ni » déjà adopté lors des cantonales 2011 et entre 2012 et 2014.

Stratégie qui recueille aujourd’hui l’adhésion d’une majorité de cadres du parti : Laurent Wauquiez, Bruno Le Maire, Henri Guaino y sont favorables, tout comme Luc Chatel, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy qui expliquait lundi ne pas vouloir choisir « entre le FN et le parti qui fait monter le FN ». Sans surprise, Nicolas Sarkozy est sur la même ligne. Le président de l’UMP devrait donc laisser les électeurs libres de leurs choix.

Divisions

Un positionnement qui comporte cependant quelques risques : celui d’abord de faire du Front national un parti comme les autres et ainsi de favoriser l’arrivée d’un troisième député d’extrême droite au Palais Bourbon. Comment dans ce cas-là continuer à se présenter comme le meilleur rempart contre le FN ?

Autre danger pour l’UMP : faire renaître les divisions internes. Certaines voix se sont élevées pour s’opposer au « ni-ni » et appeler à un front républicain. Parmi elles, celle de la numéro 2 du parti Nathalie Kosciusko-Morizet.

Lundi soir, sur son blog, c'est Alain Juppé qui est venu jeté un peu plus le trouble. Récusant la stratégie de la majorité des ténors de son parti, il a appelé à faire « barrage au FN ». Le maire de Bordeaux indique que, lui, voterait socialiste.

Les pourparlers de Paris réunissant les ministres de la Justice de la France et du Maroc ont permis aux deux pays de mettre un terme à leur trop longue brouille diplomatique. Les deux capitales ont décidé de reprendre leur coopération judiciaire et sécuritaire pour mieux lutter contre le terrorisme.

« La coopération judiciaire et sécuritaire entre la France et le Maroc est désormais rétablie, avec le retour du magistrat de liaison marocain à Paris et de son homologue français à Rabat, dès ce lundi », a déclaré  à RFI Chakib Benmoussa, l’ambassadeur du royaume chérifien dans la capitale française. « Nos deux pays ont adopté d’un commun accord un nouveau cadre pour que nos services judiciaires puissent retravailler ensemble ».

Cette déclaration fait suite à la réunion entre les ministres de la Justice des deux pays qui s’est tenue en fin de semaine dernière, Place Vendôme, à Paris. Mustapha Ramid et Christiane Taubira se sont d’abord vus jeudi, puis vendredi pour un second round de négociations, qui n’était pas prévu dans leurs agendas. Selon les entourages des ministres, c’est cette deuxième réunion qui aurait permis de parvenir à un accord qui relance aujourd’hui la coopération entre les deux pays, suspendue depuis le 27 janvier 2014. « Le " baiser de la Place Vendôme " fit oublier la " gifle de Neuilly " qui avait provoqué la longue brouille entre Paris et Rabat il y a un an », écriront peut-être demain les historiens des relations diplomatiques entre les deux capitales.

Des signaux savamment distillés

Depuis quelques semaines, Paris comme Rabat envoient des signaux - savamment distillés - de leur volonté politique de résoudre la crise diplomatique qui envenime leurs relations depuis onze mois. On se souvient de la déclaration faite devant l’Assemblée nationale par Manuel Valls il y a deux semaines, réaffirmant « l’amitié » et « les liens étroits » entre les deux pays et la « nécessité absolue » de sortir de la brouille née, selon le Premier ministre français, d’une série d’« incompréhensions ».

La profession d’amitié pour le royaume chérifien par le locataire de Matignon faisait suite à d’autres affirmations du même acabit prononcées par des autorités françaises au plus haut niveau. Elles se sont faites plus insistantes, surtout depuis les attaques terroristes meurtrières du début de cette année, qui ont sensibilisé les décideurs français à l’urgence de reprendre avec les services secrets marocains l’échange de renseignements. « Cet échange est devenu d’autant plus urgent étant donné que près de 3000 Franco-Marocains combattent aujourd’hui aux côtés des jihadistes en Syrie et en Irak », explique Pierre Vermeren, spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain et professeur à l’université de Paris I-Sorbonne.

Côté marocain aussi, les pressions se sont faites plus fortes au cours des dernières semaines. La dernière en date était l’annulation à la dernière minute de la visite à Paris du chef de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar. Faute d’explication officielle, les Français ont dû se contenter d’une bribe d’information publiée sur le site internet du quotidien marocain Akhbar al-Yaoum, selon laquelle le ministre avait reporté son voyage en raison de « l’absence d’avancées dans les discussions » en cours entre les deux pays.

Ce même ministre s’est signalé à l’attention en accordant tout récemment une longue interview au magazine Jeune Afrique dans laquelle il déplorait l’absence de « volonté politique » à Paris pour remettre les relations franco-marocaines sur les rails. Il critiquait le rôle de Paris dans la région sahélo-saharienne, rappelant que « le temps de la tutelle » était révolu. La surenchère était aussi du fait de la presse marocaine, plus précisément de l’hebdomadaire El Watan Al Ane dont l’édition du 29 janvier illustrait un article sur la condition des musulmans en France, avec une photo du président Hollande grimé en Hitler. Difficile d’imaginer qu’une telle caricature ait pu paraître sans la bénédiction des autorités de tutelle.

Origines et causes de la brouille

Difficile aussi de comprendre la dérive que les relations franco-marocaines connaissent depuis un an. Traditionnellement, ces relations sont étroites et cadrées. Certes, les autorités marocaines se sont toujours mieux entendues avec la droite française (avec Giscard, Chirac ou Sarkozy), mais elles comptent aussi des amis parmi des personnalités de gauche, dont les plus connues s'appellent Martine Aubry, Elisabeth Guigou ou Dominique Strauss-Kahn. La présidence Hollande avait d’ailleurs bien commencé pour le Maroc dont le souverain Mohammed VI fut le premier visiteur étranger à être reçu à l’Elysée après l’élection d’un nouveau président de gauche en 2012.

Mais la relation s’est progressivement distendue, sans doute parce que les dirigeants socialistes, plus stricts sur les valeurs républicaines et la laïcité, ont du mal à composer avec les us et coutumes de « la monarchie de mission divine », selon l’expression qu’utilisait le feu roi Hassan II pour désigner son pays. Les relations furent glaciales, semble-t-il, entre Hassan II et Lionel Jospin.

La brouille entre la France de Hollande et le Maroc de Mohammed VI a commencé en février 2014, lorsqu’un juge français a fait délivrer à la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Paris (Neuilly) une convocation visant le chef du renseignement du royaume, Abdellatif Hammouchi, qui se trouvait alors en France. L’homme était mis en cause dans une plainte pour complicité de torture déposée devant la justice française. La justice étant libre en France, le parquet n’a pas son mot à dire sur les modalités d’instruction des dossiers par les juges des tribunaux. Les Marocains ont vécu la convocation par le juge visant l’un de leurs principaux responsables comme une gifle à leur souveraineté. Ils ont immédiatement suspendu leur coopération judiciaire avec Paris, réclamant une remise à plat du cadre de leur coopération.

Tout au long de l’année 2014, des incidents diplomatiques se sont multiplié, alimentant l’agacement des autorités marocaines. Parmi ces couacs, une fouille policière injustifiée du ministre Mezouar à l’aéroport parisien de Roissy et une saillie de très mauvais goût prêtée à un diplomate français de haut rang, comparant le Maroc à une maîtresse « dont on n’est pas particulièrement amoureux, mais qu’on doit défendre ». L’auteur de la saillie a, depuis, démenti d’avoir tenu de tels propos. Le mal était fait !

Mais si l’on en croit Pierre Vermeren, la véritable cause de la dégradation des relations entre les deux pays est à chercher ailleurs que dans les seuls incidents diplomatiques. « En particulier, le Maroc vit très mal, explique l’historien, le rééquilibrage des relations de la France avec l’Algérie » à l’œuvre depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Le tropisme pro-algérien du président français est très mal vécu à Rabat qui y voit la fin du soutien de la France pour la poursuite du contrôle marocain du Sahara occidental. L’Algérie soutient, pour sa part, le Polisario qui réclame l’indépendance du Sahara occidental.

Des intérêts imbriqués

Malgré leur méfiance mutuelle, les deux capitales sont conscientes de la nécessité urgente de dissiper les malentendus. Les deux pays peuvent en effet difficilement se passer l’un de l’autre compte tenu de l’imbrication de leurs intérêts communs. Paris est le premier partenaire économique du royaume, où vivent entre 60 000 et 80 000 Français tandis que plus de 1,3 million de Marocains résident en France.

Dans un entretien accordé au quotidien français L’Opinion, Pierre Vermeren revient sur l’ampleur de la collaboration économique entre les deux pays. « Les groupes français sont très présents au Maroc, notamment dans l’automobile, la banque, les services et leurs investissements sont importants. La France est aussi un relais d’influence du royaume en Europe et le Maroc un des piliers du système français en Afrique. C’est notamment une plate-forme pour les investissements conjoints et la conquête de marchés sur le continent… »

Les autorités craignent que la crise diplomatique qui oppose les deux capitales ne grève à long terme leurs relations économiques. A plus court terme, cette crise a des conséquences immédiates sur la coopération judiciaire entre les deux pays, notamment en matière de transfèrements des prisonniers d’un pays à l’autre.

Plus grave encore, la coopération sécuritaire dans le cadre de la lutte antiterroriste est au point mort. Traditionnellement, les policiers français travaillent en étroite collaboration avec les services secrets marocains qui sont régulièrement confrontés à la violence islamiste radicale. Or, depuis un an, les informations concernant les mouvements des combattants islamistes, notamment dans la bande sahélo-saharienne, ne remontent plus, handicapant lourdement les services de renseignement français et européens qui dépendent de ces renseignements pour pouvoir resserrer l’étau policier sur des jihadistes originaires des pays européens. Pour la France, la reprise de la coopération sécuritaire avec les Marocains est devenue une nécessité absolue, surtout à la suite des attaques terroristes de début janvier qui ont fait 17 morts sur son sol.

Ce contexte explique pourquoi, après avoir tergiversé, pendant presque dix mois, Paris a donné l’impression de vouloir mettre la bouchée double au cours des dernières semaines pour apaiser les tensions avec le royaume. Mais étant donné que l’indépendance de la justice est une cause sacrée en France, il n’est pas sûr que l’affaire Hammouchi ne se reproduise pas à l’avenir. Sauf si des garanties spécifiques dans ce sens aient été données par l’exécutif français. Lesquelles ?

TROIS QUESTIONS AU PROFESSEUR BENHAMMOU

Mohammed Benhammou est le président du Centre marocain des études stratégiques et professeur à l’université Mohammed V à Rabat.

RFI: Il y a un mois, vous disiez sur nos antennes que les relations franco-marocaines sont dans une impasse. Maintenant que la brouille est derrière nous, quelles leçons tirez-vous de ces onze mois de crise qui ont envenimé les relations entre Paris et Rabat ?

Mohammed Benhammou : Le Maroc et la France sont de vieux partenaires, liés par des relations multiséculaires. La grande leçon de ces onze mois est que ce qui lie nos deux pays est beaucoup plus important que ce qui peut nous séparer ponctuellement. Dans le passé, il y a eu des malentendus entre Paris et Rabat, notamment à l’époque de François Mitterrand, mais parce qu’il y avait une volonté politique, nous avions réussi à dissiper ces malentendus. Cette fois aussi, il y a eu des déclarations solennelles de la part du Premier ministre Manuel Valls, mais aussi des déclarations par le président de la République. C’est cette volonté politique qui a permis de mettre fin à la brouille, même si parfois on a eu l’impression que les troupes n’obéissaient pas toujours aux chefs !

A quelles « troupes » faites-vous référence ?

Il n’est pas utile de pointer du doigt telle ou telle personne. Je constate seulement qu’il y a dans l’équipe gouvernementale française actuelle des francs-tireurs qui regardent encore le Maroc à travers des grilles d’autrefois. Je leur dis que notre pays a énormément changé au cours des dernières décennies. C’est un pays jeune qui s’est résolument tourné vers la modernité. En matière de coopération aussi, le Maroc s’est montré un partenaire exemplaire. J’en veux pour preuve le dossier malien. Le royaume a apporté un appui considérable à la France pendant l’intervention militaire française au Mali. Le Maroc a aussi joué le jeu s’agissant de la coopération tripartite entre Rabat, Madrid et Paris dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les services secrets français reconnaissent volontiers la fiabilité de leurs homologues marocains en matière de renseignements et de connaissance du terrain.

Quelles garanties les autorités françaises ont-elles données pour relancer la coopération entre les deux pays ?

Les Marocains n’ont demandé ni de garanties, ni d’immunité pour leurs responsables, comme on a pu lire dans la presse. Le Maroc n’a demandé rien de plus que le rétablissement de la pratique diplomatique habituelle, qui veut que les demandes de la justice passent par les canaux diplomatiques habituels, s’agissant des diplomates d’un autre pays.

Rfi

C'est une étape importante dans la lutte contre Ebola. Les premiers essais à grande échelle de vaccins ont commencé au Liberia lundi. Deux produits prometteurs sont en train d'être testés dans le pays fortement touché par l'épidémie, avec plus de 3 700 morts.

Arrivés dans le pays il y a une semaine, les deux vaccins expérimentaux étaient jusqu'à présent conservés dans un lieu secret. L'un a été fabriqué par la firme britannique GSK, l'autre par l'agence de santé publique canadienne.

Selon les responsables de la campagne d'essai, ces produits se sont révélés efficaces chez les animaux et lors de tests humains à petite échelle conduits en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis. Ils contiendraient une petite quantité de la souche « Ebola Zaïre ». Leur injection forcerait le corps à fabriquer une réponse immunitaire. « Il n'y a aucun danger que les participants se fassent infecter par le virus », a tenu à rassurer Stephen Smith, un médecin libérien investi dans le projet.

La campagne a commencé à l'hôpital Redemption de Monrovia, un établissement public de 200 lits transformé en centre de transit pour malades d'Ebola en août dernier. Les participants sont tous des volontaires sains. Seuls 12 sont choisis chaque jour. Au bout de 600 personnes, le projet s'étendra à d'autres hôpitaux de la capitale. Au total, les chercheurs espèrent inoculer 27 000 personnes de plus de 18 ans. Un succès ouvrirait la voie à la création d'un vaccin fiable contre le virus qui a fait près de 9 000 morts en Afrique de l'Ouest.

Rfi

Douze jihadistes ont été tués lors d'une opération militaire française de Barkhane dans la nuit du 30 au 31 janvier. L'opération s'est déroulée dans la zone est de l'Adrar des Ifoghas, a annoncé lundi le ministère de la Défense. Au cours de cet accrochage, « une douzaine de terroristes ont été mis hors de combat » et « les forces françaises n'ont subi aucune perte », précise-t-il.

L’opération n’était pas planifiée plusieurs jours avant. C’est plutôt grâce à un renseignement d’opportunité que les forces spéciales françaises de l’opération Barkhane sont intervenues dans l’Adrar des Ifoghas, non loin de la localité d’Abeïbara.

La cible : un convoi de véhicules transportant probablement des proches d’un chef jihadiste malien. Quasiment tout le groupe a été neutralisé, c’est-à-dire tué dans le jargon de l’armée française. Au total, l’opération a fait douze morts, quelques blessés et selon les informations de RFI, deux à trois prisonniers qui pourraient donner de précieuses informations. De l’armement a été également saisi alors que des pick-up ont été détruits.

De lourdes pertes donc pour les jihadistes que le communiqué officiel qualifie de « terroristes ». Depuis plusieurs mois, ils sont clairement de retour dans le nord du Mali avec semble-t-il, la ferme volonté de s’installer à nouveau. Les casques bleus de l’ONU dans le Nord ont du mal à les contenir. Leur adversaire de taille reste ici l’armée française.

Rfi

mardi, 03 février 2015 07:37

Nigeria: Boko Haram, enjeu électoral et sécuritaire

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Le 14 février prochain, les Nigérians seront appelés aux urnes pour le premier tour de la présidentielle afin de donner ou non à Goodluck Jonathan un second mandat à la tête du pays, alors que le président est très critiqué pour n'avoir pas su empêcher la progression de Boko Haram depuis son arrivée au pouvoir. A l'approche de ce scrutin, les islamistes nigérians font une fois de plus la démonstration de leur volonté de semer la terreur et d'asseoir leur contrôle sur le territoire dans le nord du pays. Exemple encore ce lundi, avec une explosion à la sortie d'un meeting de Goodluck Jonathan.

L’explosion a eu lieu, à Gombe, dans le nord-est du pays, vers 15h. La déflagration est survenue dans le parking devant le stade où quelques minutes plus tôt se tenait une rencontre entre Goodluck Jonathan et ses partisans. L'explosion a eu lieu alors que le convoi du chef de l'Etat venait tout juste de quitter les lieux. Le bilan fait état de 2 morts et d'une vingtaine de blessés. Deux femmes kamikazes seraient à l'origine de l'attaque.

Selon des témoins, des dizaines de jeunes ont ensuite manifesté en ville contre Goodluck Jonathan, parce que selon eux, la visite présidentielle est la cause de cet attentat. C’est la première fois que les islamistes sont aussi près d'atteindre le président. Il s’agit d’un vrai signal, d’un vrai défi qui lui est lancé à quelques jours de la présidentielle.

L’enjeu de Maïduguri

Autre signal lancé par Boko Haram, ce week-end, avec l’attaque menée contre la grande ville de Maiduguri. Dimanche, les islamistes ont lancé une importante offensive sur la capitale de l'Etat de Borno. Mais l'armée et les forces civiles de défense les ont repoussés après trois heures de combats.

Maïduguri constitue un enjeu stratégique, car la ville est le berceau de Boko Haram, fondé au début des années 2000, et les jihadistes la considèrent comme leur fief. Le contrôle de Maïduguri représente aussi un enjeu majeur pour la crédibilité du scrutin. On y trouve près d'un million et demi de personnes. D'où la très forte présence des soldats qui quadrillent complètement la cité.

Une force de 7 500 hommes

Une série d’attaques qui intervient dans le contexte d’une mobilisation croissante des pays de l’Union africaine. Une quinzaine de chefs d’Etat se sont rassemblés ces derniers jours en marge du sommet de l’Union africaine d’Addis Abeba, pour un Conseil de paix et de sécurité dédié au problème Boko Haram. Les dirigeants africains ont apporté leur soutien au déploiement d’une force multinationale de 7 500 hommes. Elle comprendrait des effectifs du Nigeria, du Tchad, du Cameroun, mais aussi du Niger et du Bénin.

Le mois prochain, les pays africains vont saisir le conseil de sécurité des Nations unies pour qu’il puisse apporter une aide logistique et financière à cette force au travers d’un fonds spécial. Pendant ces discussions d'Addis Abeba, le Tchad lui s'est engagé sur le terrain. L’armée tchadienne est entrée au Cameroun le 17 janvier. Ndjamena a engagé plusieurs milliers de soldats, plusieurs dizaines de blindés et notamment des chars.

L’objectif affiché est la reprise de Baga, conquise par Boko Haram début janvier. Le président Déby l'a décrite comme « l'épicentre des échanges économiques de la zone ».

Au fil des jours, les militaires tchadiens se sont rapprochés de la frontière nigériane. La semaine dernière, l’aviation tchadienne a bombardé Malam Fatori, au Nigeria, à la frontière avec le Niger, dans le but de désorganiser Boko Haram, et d'éparpiller ses hommes.

Les Tchadiens entrent au Nigeria

Plus au Sud, les soldats de Ndjamena se sont massés à Fotokol. Ils seraient 2000 sur place. En face, de l'autre côté de la frontière, on trouve la ville nigériane de Gambaru, détenue par Boko Haram depuis cinq mois. Là aussi, l’aviation tchadienne a bombardé. Vendredi, Boko Haram aurait lancé une série de roquettes sur les Tchadiens qui auraient répliqué, entraînant des combats à distance de plusieurs heures.

Le lendemain, pour la première fois, des soldats tchadiens ont franchi la frontière pour affronter Boko Haram directement au sol avant de retourner à Fotokol. Une incursion autorisée par le Nigeria, qui a donné aux Tchadiens un droit de poursuite. Bilan de ces affrontements selon Ndjamena : 123 jihadistes tués, trois militaires tchadiens morts.

Ce lundi encore, Gambaru a été une fois de plus visée par deux avions Soukoï et un hélicoptère envoyés par Ndjamena, preuve que la ville reste encore contrôlée par les miliciens. Dans le même temps, les militaires tchadiens attendent un feu vert pour franchir la frontière et traquer Boko Haram au Nigeria.

Boko Haram, enjeu électoral

Dans un tel contexte, la lutte contre Boko Haram s’invite évidemment dans la campagne électorale. L’enjeu électoral est de taille d'autant que Goodluck Jonathan et son principal concurrent, l'opposant Muhamadou Buhari, seraient aux coudes à coudes selon des observateurs. Leurs meetings attirent les foules. Or Muhamadou Bouhari est un musulman du Nord, il a donc un avantage dans les régions du Nord car Jonathan est un chrétien du Sud.

Certains reprochent d’ailleurs au chef de l'Etat de ne pas avoir œuvré en faveur du développement du Nord. Et même d'avoir délibérément permis à Boko Haram de contrôler cette zone afin d’y empêcher la tenue du scrutin présidentiel, et surtout l’élection du gouverneur dans l'Etat de Borno.

Concernant l'entrée en action des Tchadiens, difficile de mesurer l’impact sur le scrutin. Cette aide extérieure peut paraître humiliante pour le chef d’Etat du pays le plus peuplé d'Afrique. Mais ce recours permet aussi d’obtenir des résultats et de désorganiser Boko Haram.

Rfi

lundi, 02 février 2015 13:02

«Rwanda. Paroles de mères », la survie après le viol

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C’est le premier film qui rend visible tout l’étendue de l’horreur des femmes violées pendant le génocide des Tutsis au Rwanda. Vingt ans après ces viols qui constituaient une arme de guerre de destruction massive, des femmes devenues mères, aussi brisées que courageuses, racontent ce qui s’est passé et comment elles ont continué à vivre avec les enfants des génocidaires à leur côté. Dans un dispositif cinématographique sobre, puissant et très respectueux envers les femmes victimes et leurs paroles, les Belges André Versaille, écrivain, éditeur et réalisateur, et Benoît Dervaux, réalisateur et cadreur attitré des frères Dardenne, ont réussi à capter l’inimaginable d’un crime qui n’est pas fini pour ces femmes. « Rwanda, la vie après. Paroles de mères » vient de recevoir le Prix du public au 28e Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) à Biarritz. Entretien.

RFI : 20 ans après le génocide contre les Tutsis et après les commémorations de l’année dernière, certains vont dire : « Encore le Rwanda ? » Pourquoi votre film est si important ?

André Versaille : Je m’occupe de la question rwandaise depuis 2001 et ce que je voulais faire comme film aujourd’hui, c’est donner la parole aux femmes. Pourquoi aux femmes ? Parce que, en juillet 1994, quand le génocide est stoppé, les hommes peuvent souffler. Ils ont subi l’horreur absolue, mais ils peuvent commencer à se reconstruire. Pour les femmes, rien n’est fini. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu les viols et ce ne sont pas ce qu’on appelait autrefois des viols « collatéraux » d’une guerre. Ces viols étaient au centre de la guerre. Depuis une trentaine d’années, que ce soit en Ex-Yougoslavie, puis en Somalie et après au Rwanda et au Congo, le viol est devenu une arme de guerre de destruction massive. C'est-à-dire qu’on détruit une population par les femmes.

Ces femmes sont des survivantes, après avoir été violées, très souvent mutilées et contractées le VIH/sida.

Ces femmes, une fois le génocide terminé, se retrouvent enceintes d’un génocidaire, donc d’un enfant que, pour la plupart, elles détestent déjà. Et leur famille ne supporte pas l’idée que, après avoir été massacré par le génocidaire, en plus on va élever son enfant. C’est inimaginable, et on le comprend. Donc ces femmes vont accoucher dans la solitude et vont vivre dans la solitude avec cet enfant qu’elles auront énormément de mal à aimer. Je me souviens d’une femme qui m’avait dit : « je n’ai pas pu supporter ma fille avant ses seize ans. Je ne supportais pas son regard, sa voix, sa démarche, je ne supportais rien. Et je le maltraitais tout le temps. » En plus, quand elles essayent de se reconstruire, le fait qu’elles étaient violées et qu’elles aient survécu les culpabilise par rapport aux autres femmes et en même temps les rend suspects. J’ai découvert aussi qu’il n’y a pas tellement de choses sur les femmes. Pourquoi ? Bien sur, parce qu’il y a la honte de dire. Par chance, j’ai pu rencontrer Godelieve Mukasarasi [une femme hutu dont le mari tutsi a été assassiné, ndlr] qui a une petite ONG, Sevota, et qui s’occupait justement de femmes violées et qui m’a dit qu’elle pourrait me faire rencontrer des femmes qui parlent librement. Ce sont des femmes des collines.

Vous soulignez qu’il était important d’interviewer des femmes des collines et non pas des femmes de Kigali.

D’abord je dois rendre hommage à l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop qui a écrit Murambi, le livre des ossements, un livre important. Quand je lui ai parlé de mon projet, il m’a dit que, généralement, les personnes à Kigali ont une vision un peu convenue. Pour eux, le génocide a été épouvantable, mais c’est terminé. Pour eux, il n’y a plus de Tutsis, il n’y a plus de Hutus, « nous sommes tous des Rwandais ». Évidemment, c’est ce qu’il faut faire, mais on pense bien qu’au bout de vingt ans, les blessures ne sont pas refermées. Donc dans les collines, il y avait des femmes qui n’avaient pas témoigné jusqu’ici, elles étaient beaucoup plus libres.

Pourquoi ces femmes ont-elles accepté de vous raconter ces horreurs subies qu’elles n’avaient même pas racontées à leurs propres enfants ?

Je vous avoue, je ne sais pas. Au début, je me suis adressé à des spécialistes du Rwanda et ils étaient assez décourageants. Ils m’ont dit : « vous savez, les Rwandais ne sont pas très loquaces, ce ne sont pas des gens qui se plaignent, ce sont des gens qui sont beaucoup plus renfermés, quasiment farouches. Vous êtes un homme, cela ne vous a pas échappé, vous êtes un Blanc et vous voulez parler à des femmes sur des questions qui sont à la fois très culpabilisantes, intimes, vous aurez beaucoup de mal, elles ne parleront pas. » Mais j’avais trois amis tutsis, qui sont remerciés dans le film, qui m’ont dit : « écoute, c’est vrai ce qu’on t’a dit, mais cela n’est pas sûr non plus. C’est aussi une question de tact et de contact. Ce qui était très difficile, c’était de faire en sorte que les enfants puissent parler. Dans le film, il y a deux enfants qui en parlent très librement. En dix ans, toute la haine qu’ils avaient pour leur mère a disparu. Elles sont devenues de vraies mères, mais cela a pris 17 ou 18 ans ! On ne se rend pas compte de la difficulté, de la douleur ce que peut être. Et c’est de cela qu’elles témoignent. C’est quelque chose que, jusqu’ici, je n’avais jamais vu. J’ai vu de très bons films sur le Rwanda et le génocide des Tutsis, mais cette question de la femme et de l’enfant, je ne l’ai jamais vue. Et pour moi, c’était ce qui m’a le plus touché dans l’histoire du génocide.

Au début du film, les femmes disent : « depuis le viol, je n’ai jamais vécu un seul jour heureux dans ma vie ». Et à la fin du film, une femme déclare : « je dois vivre, parce que les violeurs ne voulaient pas qu’on vive ». C’est ça aussi la raison d’être des ces femmes, la raison pour continuer leur existence ?

Ce n’est pas aussi simple. Il y a des femmes qui s’en sortent, qui ont vraiment retrouvé leurs enfants. Il y a des femmes qui sont encore dans le traumatisme. Donc on ne peut pas généraliser. Ce qui me semble vraiment important, c’est le fait de pouvoir dire les choses. Je me souviens, Godelieve Mukasarasi, la directrice de cette petite association, m’a dit : « tu sais, il y a des choses qu’elles viennent de dire que je n’avais jamais entendues ». Il y a une pulsion vitale qui est formidable. Les réunions de ces femmes se terminent avec des chants et des danses, et on voit des choses qui sont magnifiques. Pour moi, ces femmes sont mes héroïnes. Même aujourd’hui, quand je vois le film et Dieu sait que je le vu et revu, il me laisse ému.

Le rôle des enfants dans le film, est-ce pour inscrire cette histoire de viols dans la durée, dans l’histoire du Rwanda ?

Oui. Il y a la souffrance des mères, mais il était important aussi de voir les enfants. J’y tenais particulièrement, parce que c’est la relève. On va voir dans dix ans comment ils seront. J’aimerais bien les suivre. Je continue à avoir des contacts avec quelques femmes par téléphone ou par mail. Ces enfants font aussi un chemin grâce à l’association Sevota qui a travaillé sur la déculpabilisation des femmes et le fait d’assumer ce qu’elles ont vécu et de le dire elles-mêmes à l’enfant. Quand un enfant disait : je veux savoir qui était mon père, la femme le battait, elle ne pouvait pas lui dire. Donc elles ont appris, petit à petit, à pouvoir le dire. Chez certaines, il y a une reconstruction, chez d’autres, l’enfant n’a pas voulu réagir, chez d’autres, c’était l’hostilité. Ces enfants, c’est le futur.

Il y en a combien d’enfants de femmes violées ?

Beaucoup. On n’est pas sur quelques centaines, ce sont des milliers enfants. Il s’agit d’un phénomène important. Au départ, ces enfants n’étaient pas aidés. C’était tout un combat. Par exemple, le viol, au début, à la prise du pouvoir du nouveau gouvernement, ils avaient fait une échelle sur quatre concernant la gravité des crimes. Le viol était considéré comme le moins grave ! C’est-à-dire à l’équivalence de vols de meubles, non punissable. Et les femmes ont du lutter, même si au bout de quelques mois la loi a été adoptée et le viol est devenu le crime majeur avec les massacres. Mais ils ont quand même du lutter pour cela.

C’est une justice à minima.
André Versaille, coréalisateur avec Benoît Dervaux du documentaire « Rwanda, la vie après. Paroles de mères »

lundi, 02 février 2015 12:57

Riad Sattouf décroche le Fauve d'or à Angoulême

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Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême s'est clôturé ce dimanche soir avec la cérémonie de remise des prix. Un Prix de la liberté d'expression, créé cette année, a été remis à Charlie Hebdo. Il récompensera dès l'année prochaine les auteurs qui luttent contre la censure. Quant au Fauve d'or du meilleur album, il a été remis à Riad Sattouf, pour L'Arabe du futur.

« C'est l'albumqui a été le plus difficile à réaliser », dit-il. Riad Sattouf raconte, dans L'Arabe du futur, sa petite enfance dans la Libye de Kadhafi puis dans la Syrie d'Hafez el-Assad, dans les années 1980, en suivant son père, un Syrien fanatique du panarabisme, et sa mère, Française originaire de Bretagne. Une histoire très personnelle, intime, qui pointe les contradictions familiales et les dérives idéologiques de son père.

C'est la deuxième fois que Riad Sattouf est récompensé par le Fauve d'or. Il y a cinq ans, il recevait ce prix pour son album Pascal brutal, parodie d'un « beauf » qui carbure à la testostérone. Riad Sattouf aime donc multiplier les registres, mais aussi les supports : il a réalisé au cinéma Les beaux gosses, publié nombre d'albums BD, dont Retour au collège, et livré chaque semaine pendant neuf ans un « comics trip » de quelques cases, Vie secrète des jeunes, dans Charlie Hebdo. En réponse aux événements du 7 janvier, Riad Sattouf se fixe comme objectif de continuer à dessiner. « C'est, dit-il, la chose la plus importante à faire ».

Le festival d'Angoulême s'était ouvert jeudi avec la prise de parole fiévreuse de Jean-Christophe Menu, lors de la remise d'un Grand Prix spécial à Charlie Hebdo. Il s'est clôturé dimanche soir avec le discours du dessinateur Blutch, très digne, teinté de colère et de deuil, au moment où il allait chercher, au nom de Charlie Hebdo, le nouveau Prix de la liberté d'expression.

Le palmarès de dimanche soir a par ailleurs été un sans-faute : Les Vieux Fourneaux, bande dessinée mettant en scène un trio de retraités qui n'ont rien perdu de leur gouaille, a reçu le Prix du public. Le palmarès a récompensé deux « pépites » à découvrir : Building Stories, livre-objet très ambitieux de l'Américain Chris Ware, et Yékini, le roi des arènes, de Lisa Lugrin et Clément Xavier, qui jettent la lumière sur le sport le plus populaire du Sénégal : la lutte.

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