Au Nigeria, 84 millions d’électeurs (72 millions ont retiré leur carte) sont appelés aux urnes pour élire leur président, mais aussi les membres du Sénat et de la Chambre des représentants. Une élection initialement prévue samedi dernier, le 16 février, mais repoussée pour des raisons logistiques. Au total, 72 candidats sont en lice pour la magistrature suprême. Mais la véritable bataille pour Aso Rock se joue entre les candidats des deux principaux partis : le président sortant Muhammadu Buhari pour le All Progressive's Congress (APC) et Atiku Abubakar, candidat du parti d'opposition, le Parti démocratique populaire (People's Democratic Party, PDP). Un scrutin qui s'annonce très serré entre deux vieux routiers de la politique.

Les horaires sont indiqués en temps universel (TU).

11h45 : Le vice-président Yemi Osinbajo dépose son bulletin dans l'urne à Victoria Garden City, à Lagos.

Au Nigeria, le vice-président Yemi Osinbajo dépose son bulletin dans l'urne à Victoria Garden City, à Lagos, le 23 février 2019. © REUTERS/Temilade Adelaja

Présidentielle nigériane: le duel des dinosaures

11h30 : Le principal opposant, Atiku Abubakar, candidat pour le PDP (Parti démocratique populaire, People's Democratic Party), a voté à Yola, dans l'Etat d'Adamawa, dans le nord-est du pays.

Au Nigeria, le principal opposant, Atiku Abubakar, candidat pour le PDP, dépose son scrutin dans l'urne le 23 février 2019 à Yola, dans l'Etat d'Adamawa. © REUTERS/Nyancho NwaNri

Nigeria: l'ex-vice-président Atiku Abubakar face à M. Buhari à la présidentielle


10h00 : Dans certains quartiers de la capitale économique nigériane, les opérations ont démarré avec du retard, comme l’a constaté notre envoyé spécial à Lagos. A 7h30 heure locale ce matin, plusieurs dizaines d’agents électoraux se sont rassemblés au milieu d’un centre de vote. Ils ont distribué les urnes, les bulletins de vote avant d'enfiler progressivement leurs gilets oranges.

« L’absence de listes d’électeurs collées sur les murs nous a retardés, explique un agent électoral, Olande Olabisi, qui relativise le retard pris. On s’attendait à trouver cela sur place. Nos collègues de la Commission électorale ont sans doute eu peur que ces listes soient déchirées avant le vote. Cela nous a pris beaucoup de temps ».

Elections au Nigeria: un pays entre attente et désillusion à la veille du vote

Les agents ont collé les listes sous le regard patient de quelques dizaines d’électeurs, qui sont venues vers 6h pour voter, comme Samuel Oluwole. « Je suis très heureux d’être présent pour voter, déclare ce dernier. C’est très important. J’espère que le prochain président va améliorer la situation des jeunes, leur créer des emplois et appliquer la loi instaurant le salaire minimum ».

Je suis très heureux d’être présent pour voter. C’est très important. J’espère que le prochain président va améliorer la situation des jeunes, qu’il va leur créer des emplois et qu’il va appliquer la loi instaurant le salaire minimum.

[Présidentielle] Présidentielle au Nigeria: les bureaux de vote ouvrent à Lagos

Vers 9h, un bureau de vote a enfin démarré. Une petite file s'est formée. Tolu, un homme d’une soixantaine d’années, sort de l’isoloir avec trois longues feuilles, trois bulletins de vote qu'il cherche dans quelle urne il va placer. « Je ne suis pas perdu, dit-il. Je vérifie les inscriptions sur les urnes pour éviter de me tromper. Il y a une urne pour la présidentielle, une autre pour les sénateurs et une troisième pour les députés ».

Les opérations de vote se terminent officiellement à 14h.

09h20 : La première dame, Aisha Buhari, épouse du président sortant et candidat du parti APC Muhammadu Buhari, dépose son bulletin dans l'urne à Daura, dans l'Etat de Katsina, dans le nord-est du pays.

La première dame, Aisha Buhari, épouse du président Muhammadu Buhari, dépose son bulletin dans l'urne pour les élections, le 23 février 2019. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

09h00 : A Abuja, la capitale nigériane, le vote commence à l’instant, rapporte notre correspondant sur place, dans le quartier Wuse Zone 4. Des agents électoraux sont en train de montrer au président des bureaux et aux observateurs présents que les machines à voter fonctionnent. Les électeurs alignés devant le bureau de vote vont pouvoir procéder au scrutin dans une ambiance sereine. Ils ont même le sourire avant d’aller voter.

La sécurité est renforcée. Des policiers en armes sont postés devant chaque unité de vote. Les électeurs ont pu aller vérifier que leurs noms apparaissaient bien sur les listes en papier affichées avec le nom, numéro de matricule et la photo de chaque votant.

L’un des enjeux de cette journée électorale est l’aspect sécuritaire, avec une présence policière renforcée, mais aussi une présence de l’armée, tout autour d'Abuja et d’observateurs nigérians et internationaux.

Le président Muhammadu Buhari a indiqué à deux reprises cette semaine qu’il allait veiller à ce que la sécurité des observateurs soit bien respectée. A Abuja, où des millions d’électeurs sont attendus, il est important que le scrutin se passe normalement.

 Réécoutez la revue de presse française : Le Nigeria se choisit un président nordiste

Pour la première fois, explique à Libération Vincent Hiribarren, professeur d’histoire au King’s College de Londres, « l’élection ne se joue pas sur des critères ethniques ou régionaux ».

08h30 : Le vote a démarré il y a quelques minutes seulement pour un seul des huit bureaux de vote de Yaba Makoko, à Lagos, la capitale économique du Nigeria, rapporte l'envoyé spécial de RFI sur place. Les électeurs sont venus tôt, vers 6h du matin. A leur arrivée, les bureaux de vote n’étaient pas installés. Les agents électoraux, encadrés par les forces de sécurité, ont mis du temps à installer le matériel électoral. Tous étaient pourtant mobilisés à l’aube, assure un responsable de bureau de vote.

Certains agents électoraux sont encore en train de coller les listes d’électeurs sur les murs, d’installer des isoloirs au milieu du quartier, sous les yeux patients des électeurs qui prennent ce retard avec philosophie. L’ambiance reste assez calme. La plupart des électeurs interrogés espèrent une seule chose, que le prochain président applique le salaire minimum et s’occupe de l’emploi des jeunes.

►(Ré)écoutez Aujourd'hui l'économie -Nigeria: pourquoi l’économie est au cœur de l’élection présidentielle

07h40 : Le principal adversaire du président sortant, l'opposant Atiku Abubakar, 72 ans, est attendu dans un bureau de vote de Yola, dans l'Etat d'Adamawa, dans le nord-est du pays, pour déposer son scrutin dans l'urne.

07h20 : Le président sortant Muhammadu Buhari a été un des premiers électeurs, en votant dans sa ville natale de Daura, dans le nord du pays, accompagné de son épouse, rapporte l'AFP. « Jusqu'ici tout va bien, a-t-il assuré. Bientôt, je me féliciterai de ma victoire. Je serai le vainqueur ».

Le président sortant Muhammadu Buhari dépose son bulletin dans l'urne, à Daura, au Nigeria, le 23 février 2017. © REUTERS/Afolabi Sotunde

7h00 : Les quelque 120 000 bureaux de vote ont officiellement ouvert dans le pays.

Le Nigeria reporte l'élection présidentielle d'une semaine

Le démarrage va prendre du temps. Le quartier populaire de Yaba, à Lagos, où RFI se trouve, compte huit bureaux de vote et les choses se mettent en place très lentement.

Plusieurs dizaines d’agents électoraux ont été mobilisés à l’aube. Ils sont encore en train de distribuer les urnes, les bulletins de vote et les lecteurs de cartes d’électeurs entre chaque responsable de bureau de vote. L’ambiance est assez calme dans le quartier. Les électeurs prennent leur mal en patience : les bureaux de vote n’étant pas installés, les habitants vaquent à leurs occupations.

Avec le report in extremis des élections décidé samedi dernier, le 16 février, une incertitude planait ces derniers jours. Certains électeurs ont confié ce matin avoir passé la nuit à suivre les débats télévisés, pour être certains que l’élection ne serait pas à nouveau reportée.

  • Des explosions entendues à Maiduguri 

Des explosions, d'origine encore inconnues, ont été entendues tôt ce samedi 23 février dans la ville de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote pour les élections présidentielle et législatives, rapporte l'AFP.

Maiduguri a été à de multiples reprises la cible d'attaques du mouvement islamiste Boko Haram. La ville est par ailleurs le chef-lieu de l'Etat de Borno, berceau du groupe terroriste qui a d'ailleurs attaqué hier soir le village de Zabarmari, à une dizaine de kilomètres de Maiduguri, forçant ainsi ses habitants à fuir vers la ville.

RFI

 

Ils se sont assis dans les mêmes salons feutrés, ont peaufiné leurs stratégies dans les mêmes suites ouvrant sur l’océan. Hôtel cinq étoiles de la capitale sénégalaise, le Terrou-Bi s’est imposé comme l’épicentre de la campagne présidentielle. Du président en exercice, Macky Sall, à l’ancien président Abdoulaye Wade, en passant par le challenger antisystème, Ousmane Sonko, les candidats à l’élection présidentielle y ont organisé les conférences de presse comme les rendez-vous discrets. Une partie des résultats du scrutin du 24 février s’est jouée là, dans l’ocre des tentures, le beige de ce luxe reposant.

Pour ce pays de 16 millions d’habitants de l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu de ce premier tour de l’élection présidentielle est la réélection – ou non – de Macky Sall, le président en place, candidat à sa succession. Qu’il soit élu dès dimanche serait un plébiscite de son bilan de président bâtisseur, la reconnaissance de son premier mandat, estiment les plus optimistes. Les plus calculateurs, eux, pensent que, sans victoire ce 24 février, la présidence pourrait bien lui échapper. Rien ne garantit en effet que le Terrou-Bi n’a pas aussi été le lieu d’alliances de second tour capables de faire élire un candidat autre que le président sortant, en dépit du fait que ceux qui apparaissaient comme ses opposants les plus sérieux aient été éliminés de la joute électorale.

A 57 ans, Macky Sall vient de battre son propre record, enchaînant les 37 meetings de la campagne où il a encore promis de l’asphalte et du béton, dans la continuité de son Plan Sénégal émergent. Il aimerait terminer dans un second mandat son vaste programme d’infrastructures de développement, qui vise à installer le Sénégal dans les pays émergents en 2035. Pour y arriver, il devra cette fois s’intéresser à une population rurale pauvre que le fossé des inégalités éloigne de plus en plus d’une classe moyenne naissante dans les villes ; et proposer des emplois à une jeunesse en proie à un chômage de masse. Entre 2012 et 2018, il a permis à l’économie sénégalaise de gagner trois points de croissance et de se maintenir ensuite à près de 7 %. Mais cela ne suffit plus.

Si son premier septennat a été celui du renforcement énergétique et des grands travaux, il lui reste à densifier le réseau routier pour désenclaver les régions rurales, à compléter l’accès au réseau électrique, à l’eau potable et à la santé. Passages obligés pour faire du Sénégal un modèle de développement continental et un point d’ancrage de la diplomatie ouest-africaine grâce à des infrastructures de classe internationale.

L’iconoclaste Sonko

Parmi les quatre autres candidats à la présidence, ses véritables opposants sont le duo Ousmane Sonko et Idrissa Seck, qui devancent l’ancien ministre Madické Niang et l’universitaire Issa Sall. Ils visent le second tour. Le premier est un homme de 44 ans au profil de challenger talentueux. Inconnu du grand public il y a encore trois ans, il s’est révélé comme lanceur d’alerte.

En 2016, cet inspecteur des impôts a dénoncé des cas de corruption et de fraude fiscale. La même année, il a publié Pétrole et gaz au Sénégal. Chronique d’une spoliation (Fauves éditions), dans lequel il s’attaque au président et à son frère, Alioune Sall, alors à la tête d’une compagnie pétrolière, les accusant de « corruption », de « viol de la Constitution et du code pétrolier », dénonçant des contrats léonins au profit d’intérêts étrangers. Il est radié la même année par décret présidentiel pour « manquement au devoir de réserve ».

Présidentielle au Sénégal : « Les réseaux sociaux transforment les internautes en sentinelles de la démocratie »

Sa posture iconoclaste en fait le favori d’une jeunesse diplômée qui peine à trouver un emploi sur un marché du travail en souffrance. Il séduit aussi parmi la diaspora et les entrepreneurs déçus par un gouvernement qui offre de nombreux marchés publics aux entreprises étrangères.

Ousmane Sonko l’a compris. S’il est élu, il promet de faire sortir le Sénégal de la zone du franc CFA, lui qui accuse cette devise arrimée à l’euro « d’empêcher le Sénégal d’être compétitif à l’exportation ». Selon lui, « la France met les Etats africains de la zone CFA dans une logique d’infantilisation qui consiste à dire qu’ils ne sont pas compétents pour gérer une monnaie ». En plaçant cette problématique au cœur du débat, Ousmane Sonko a forcé ses rivaux à prendre position. Même Macky Sall, qui s’est toujours accommodé de ce vestige de la colonisation, a dit ne pas être opposé à une sortie du CFA si elle s’accompagnait de la création d’une nouvelle devise régionale dans la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). 

Présidentielle au Sénégal : Ousmane Sonko, un candidat antisystème pas si rebelle que ça

Avec un profil très différent, Idrissa Seck aussi peut créer la surprise dans sa troisième tentative pour gagner la magistrature suprême. Ce libéral, ancien camarade de Macky Sall, a rallié le soutien d’opposants majeurs au président sortant, tel l’ancien maire socialiste de Dakar, Khalifa Sall.

Plus aucun projet du Parti socialiste

Dès sa prise de pouvoir en 2012, Macky Sall s’est appliqué à morceler son opposition. « Lorsque vous avez une majorité, il faut la consolider en allant chercher dans le camp adverse (…), le réduire à sa plus simple expression », avait-il alors théorisé. Au fil des années, sa force de conviction politique, appuyée parfois par la distribution de prébendes et de postes, lui a permis de gonfler les rangs de sa coalition, Benno Bokk Yakaar (BBY) (« unis par l’espoir » en wolof), au point qu’elle regroupe aujourd’hui plus de 350 personnalités et formations politiques.

Historiquement à gauche depuis l’indépendance de 1960, le Sénégal a glissé vers le libéralisme économique d’Abdoulaye Wade en 2000. Aujourd’hui, le Parti socialiste, fondé par Léopold Sédar Senghor, le « père de la nation », a été englouti par la coalition de Macky Sall. En 2019, c’est même la première fois de son histoire qu’il ne présente pas de candidat à une élection présidentielle.

Lire aussi  « Au Sénégal, la gauche a renoncé à défendre ses idées »

Décomposée, la gauche sénégalaise ne présente plus aucun projet, et les candidats manquent. Au PS, les dissidents de l’alliance libérale ont été exclus du parti, comme Khalifa Sall. Agrégeant de nombreux soutiens, le maire de Dakar se taillait un costume de premier opposant politique, dangereux pour la présidentielle, mais le 7 mars 2017, il a été arrêté avec cinq collaborateurs pour « escroquerie portant sur les deniers publics ».

Au terme d’un long procès, il a été condamné en cassation, le 3 janvier, à cinq ans de prison et 5 millions de Francs CFA d’amende (7 567 euros). A un mois de la présidentielle, il a donc disparu de l’échiquier. Ce qui ne manque pas d’être lu comme la volonté d’écarter un adversaire dangereux pour la réélection de Macky Sall. L’Union des magistrats sénégalais s’étonne d’une « certaine rapidité dans le traitement de l’affaire », et Amnesty International dénonce « le caractère ciblé des poursuites », accréditant la thèse d’un procès politique.

Karim Wade écarté

Et Khalifa Sall n’est pas le seul opposant politique à faire les frais de la justice. Fils et ministre de l’ancien président, Karim Wade a aussi vu sa candidature à la présidentielle écartée par le Conseil constitutionnel, le 20 janvier. Condamné en 2015 à six ans de prison et à 210 millions d’euros d’amende pour « enrichissement illicite », il a vu son inscription sur les listes électorales rejetée. Ne s’étant pas acquitté de son amende auprès de l’Etat sénégalais, il ne peut rentrer au pays sans risquer la prison. Le Parti démocratique sénégalais, formation d’Abdoulaye Wade, devenu premier parti d’opposition sous Macky Sall, se retrouve donc sans candidat.

Au Sénégal, le gouvernement juge impossible de « truquer des élections »

En cette veille d’élections, « nous sommes très sereins, car notre discours a été aussi clair que notre bilan, soutient un proche conseiller du président avant d’ajouter, nous avons fait ce qu’il fallait faire pour gagner ». Une confiance qui rappelle celle que Macky Sall exprimait déjà en 2012. Juste après son élection, il était venu se ressourcer dans une suite du Terrou-Bi afin de préparer le discours de son investiture. Cette fois-ci, il sera chez lui, a-t-il promis lors d’une pique : « Le jour du scrutin, après avoir voté, j’irai faire ma sieste jusqu’à 19 heures, puis j’allumerai la télé et la radio pour contempler la défaite de mes adversaires. »

 

Matteo Maillard  (Dakar, correspondance)

Le Monde.fr

 

Dimanche vont avoir lieu l´élection présidentielle. A la veille de cette consultation électorale j’invite nos compatriotes à déposer nombreux leur bulletin de vote dans l’urne dans un acte de civisme qui honore la démocratie.
La fin de la campagne a été marquée par de nombreux incidents, dont certains très graves. Des violences ont même été jusqu’à faire des morts.
A trois jours du vote j’appelle nos concitoyens au calme et au respect de nos valeurs de paix et de tolérance. Des propos, comme ceux de « brûler les bureaux de vote le jour du scrutin » sont inacceptables et indignes d’hommes politiques responsables. De même que l’exhortation à « brûler les cartes d’électeurs » est inadmissible.
Dimanche vous serez des millions d’électeurs à voter pour le candidat de votre choix. Comme je l’ai dit précédemment je ne donne aucune consigne de vote à mes sympathisants et militants, chacun dispose de sa liberté de conscience. Je n’encourage pas davantage le boycott réclamé par certains qui n’est pas une réponse appropriée dans la situation que connaît notre pays.
Par ailleurs je souhaite qu’aucune fraude ne vienne entacher la légitimité du résultat, autant pour le candidat qui sera élu que pour l’image de notre pays. Trop de peuples dans le monde ne jouissent toujours pas du droit de s’exprimer, et de voter, pour que nous ne saisissions pas cette occasion d’exprimer notre préférence ou notre défiance pour tel ou tel candidat. La démocratie est un bien trop précieux pour que nous la gâchons par des comportements irraisonnés. Dimanche vous avez le destin du Sénégal entre vos mains.

Ibrahima Thiam, président AA

jeudi, 21 février 2019 15:53

QUAND LE MONDE RIT-Robert Kong

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QUAND LE MONDE RIT-Robert Kong

Préface du Dr Jules Mambi Magnack
Les Impliqués
ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le monde rit est la marque que ressent le monde dans le cadre du travail, du mariage, de l'amitié, des découvertes scientifiques et techniques. Mais cette euphorie se dissout dans l'amertume : les catastrophes naturelles et la barbarie humaine relevant de la faillite de la raison. À cette allure, rien ne laisse supposer qu'il ne disparaîtra pas bientôt. Ce livre agit comme une sonnette d'alarme, une invitation adressée à tout homme conscient de sauver le monde par des actes concrets, la pensée et le ressourcement.

Robert Kong, né le 02 mars 1966 à Ndosson dans le Département du Nkam, est titulaire du Ph. D. Il est Pasteur de l'EEC, Église Évangélique du Cameroun au sein de laquelle il occupe pour le moment le poste de Président de la Région Synodale du Mongo-Centre. Il est par ailleurs Professeur de philosophie à la Faculté de Théologie Protestante de Ndoungué. Il est auteur de plusieurs ouvrages et articles scientifiques

 

«Dekkal- Thiossane»    expression sénégalaise qui signifie Revitalisation de la Culture-
AFRICAINE ET CARIBEENE DU 2 MARS 2019  A LA MAIRIE DU 15E ARRONDISSEMENT DE PARIS
________

Sous le parrainage des Ambassades du Sénégal et de la Guinée-Bissau en France
et des Délégations Permanentes
du Gabon, du Sénégal, du Mali, du Niger et du Congo
auprès de l'UNESCO.

Bonsoir chers sympathisants de l'association DEKKAL-THIOSSANE,

J'ai l'honneur de porter à votre bienveillante attention que l'Association «Dekkal- Thiossane» expression sénégalaise qui signifie Revitalisation de la Culture, organise, le samedi 2 mars 2019, à la mairie du 15e arrondissement de Paris, située au 31, rue Péclet - 75015 PARIS (métro Vaugirard), une GRANDE JOURNEE CULTURELLE, s'inscrivant dans le cadre de la revitalisation et de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel africain et caribéen, sous le parrainage des Ambassades du Sénégal et de Guinée-Bissau en France et des Délégations Permanentes du Gabon, du Sénégal, du Congo, du Niger et du Mali auprès de l'UNESCO.

L'Association s'est fixée pour mission d'accompagner et de valoriser des initiatives de créateurs, écrivains, poètes, cinéastes, gastronomes et artistes africains et caribéens.

Vous trouverez ci-joint, le flyer et le programme de cette grande journée culturelle. En espérant pouvoir vous compter parmi nos nombreux invités, ce jour-là.

La participation à cette manifestation est gratuite, dans la limite des places disponibles. N'hésitez donc pas à vous inscrire sur l'adresse email de l'association.

Bien cordialement.

Paulette CORREA
Délégation Permanente du Sénégal
Auprès de l'UNESCO

Présidente de l'association
Tel :06 64 16 60 56

- A partir de 10h : visite des expositions d'œuvres d'art intitulées « BOY DAKAR » et « ETRE » ainsi que de masques africains sacrés et profanes, tous réalisés par MM. Bass DHEM et Moctar GUEYE Licka, qui sont peintres et sculpteurs sénégalais ;

- de 15h à 17h : Conférence sur le thème « le rôle de la culture dans la prévention et gestion des risques, crises et conflits » en Afrique, par des spécialistes reconnus de cette thématique. Il s'agit de :

* M. Kag SANOUSSI, expert en intelligence négociationnelle, Président de l'Institut international de gestion des conflits (IIGC) ;

* M. Doudou DIENE, Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance ; expert indépendant de l'ONU sur les questions des droits de l'homme en Côte d'Ivoire. Il a été ancien Directeur général adjoint de l'UNESCO, puis directeur de la Division du dialogue interculturel et du projet « Route de l'esclave » ;

* M. Bandiougou DIAWARA, actuellement Responsable de programme, à la section des réseaux du MAB, réserves de biosphère et renforcement des capacités, à la Division des Sciences écologiques et de la terre, Secteur des sciences naturelles de l'UNESCO ;

et * M. Kiflé SELASSIE BESEAT, historien, universitaire, écrivain et poète qui a été Directeur du Patrimoine de l'UNESCO et aussi Directeur du Fonds International pour la Promotion de la Culture (FIPC) de l'UNESCO. Actuellement Président de l'alliance culturelle pour le millénium éthiopien en France.

* Le Ministère sénégalais de la Culture a manifesté son intérêt à vouloir participer à la conférence. Nous attendons sa confirmation définitive pour l'arrivée de deux experts.

A partir de 17h

- Mme Ouley KEITA, Styliste sénégalaise fera un magnifique défilé de mode sur le thème du pagne tissé sénégalais et bissau-guinéen ;

- Concert de musique animé par le chanteur sénégalo-bissau-guinéen AaYiimi (l'Héritier), le groupe congolais « TOP-ONE-FRISSON), le groupe antillais DIAPASON SHOW, l'écrivain algérien et chanteur Messaoud NEDJAHI et le chanteur hip-hop ivoiro-cap-verdien IVY;

- les écrivains-poètes-slameurs MM. Aimé NOUMA du Cameroun et Félicien JERENT des Antilles nous feront de savoureux intermèdes.

- Enfin, de 20h jusqu'à 22h, La soirée sera clôturée par un cocktail dinatoire exotique, avec échanges dans le public.

 

Si l'agent spécial Dale Cooper (Twin Peaks) prenait la plume, voici le livre qu'il pourrait écrire. Car, à l'image du personnage de David Lynch dont le rapport au monde est bouleversé, Timothy Morton propose une philosophie radicale et troublante.


Le réchauffement climatique, phénomène irréversible dû à l'activité humaine, a déclenché la sixième extinction de masse.

Le constat est simple : nous manquons d'outils conceptuels pour penser cette ère de l'Anthropocène. Et si nous nous affranchissions du concept de Nature ?

Si, enfin, nous pensions grand (global plutôt que local) ?

Et que dire du maillage, de l'interconnectivité de tout avec tout ?


Avec intelligence et humour, Timothy Morton nous libère des discours bien-pensants : adieu écologie verte, économie circulaire et développement durable. Tous ces petits pas pour un monde plus « vert » servent trop souvent à soulager les consciences et verdir les programmes électoraux. Il nous faut changer profondément notre manière de penser, notre manière d'être au monde. De Charles Darwin à Emmanuel Levinas, de William Wordsworth à Percy Shelley, Timothy Morton illustre ses bases théoriques d'exemples aussi concrets que l'art contemporain ou le cinéma de science-fiction – à l'image de Blade Runner ou Solaris. Voici un texte radical qui change notre regard sur le monde, à la fois très accessible et totalement nouveau dans le champ de la philosophie contemporaine.

À propos de l'auteur

Philosophe internationalement reconnu, traduit en une dizaine de langues, Timothy Morton est né à Londres en 1968. Il occupe la prestigieuse chaire Rita Shea Guffey à Rice University (Texas). Mêlant volontiers art et écologie, proche de la philosophie de Bruno Latour, il est sans doute le philosophe contemporain le plus lu par les artistes et plasticiens, de Björk à Julian Charrière Olafur Eliasson.
Timothy Morton a publié huit essais très remarqués. Après Ecology Without Nature (2007), The Ecological Thought est paru en 2010 chez Harvard University Press. Being Ecological vient de paraître chez Penguin UK / MIT Press.

Portrait de Timothy Morton paru dans Le Guardian

Lire le portrait du Guardian consacré à Timothy Morton, traduit de l'anglais par Cécile Wajsbrot.

Living in the Future's Past : un film produit par Jeff Bridges

L'acteur fétiche des frères Cohen (The Big Lebowsky) présente un film documentaire réalisé par Susan Kucera : Living in the Future's Past. Dans cet état des lieux de notre planète interviennent de nombreux scientifiques. Timothy Morton y développe longuement plusieurs de ses concepts. Le film, sur les écrans américains depuis le 9 octobre 2019, a reçu plus de quinze distinctions dans des festivals internationaux.

Les hyperobjets : notion fondamentale de Timothy Morton exposée au Centre d'art Ballroom à Marfa

À Marfa, ville du Texas célèbre pour ses liens avec l'art contemporain, Timothy Morton co-organise une exposition fascinante dédiée à l'un de ses concepts fondamentaux : les hyperobjets.

« L'auteur attire notre attention sur des matières créées par les hommes comme le plastique, le glyphosate ou les radiations nucléaires, dont la longévité et donc la capacité de nuisance peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines, de milliers d'années. Autant de monstres qui poussent le philosophe à nous ouvrir à une conscience écologique éveillée aux hyperobjets, sujet de l'exposition du Ballroom.»

Un article de Franck Bauchard qui permet d'appréhender pleinement la philosophie de Timothy Morton... À découvrir en détail sur le site Arts Hebdo Medias...

Dans la presse...

« Dans ce texte radical (mais aussi plein d'humour) mêlant art et écologie, ce proche de la philosophie de Bruno Latour nous invite à revoir nos outils conceptuels pour comprendre la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés. » David Doucet, Les Inrockuptibles

« Cet essai stimulant rompt avec le discours habituel de l'écologie politique. Entrer en écologie ne se résume pas, pour Morton, à devenir un protecteur de l'environnement mais implique de changer de regard. Il s'agit de comprendre que nous sommes traversés, reliés à d'autres entités vivantes, qu'il s'agisse des bactéries dont nous sommes les hôtes ou des effets de notre action sur la biosphère. Penser écologiquement, c'est se saisir comme faisant partie de ces interactions, de ce maillage, c'est donc l'occasion d'un immense vertige. » Alexandre Lacroix, Philosophie magazine

« En trois chapitres menés tambour battant, cette pensée écologique invite à moins de nature pour plus de conscience. » Laurent Lemire, Livres Hebdo

Sur le web...

« "Quoi ? C'est un livre de philo ? OK : on lâche...". Sauf qu'on aurait bien tort, tant l'écriture est fluide et prenante. Il y a bien quelques concepts, comme on le verra par la suite, mais le tout se lit fort bien et très facilement [...] on s'aperçoit vite que sa démonstration est très structurée, très solide, et on retrouve ses repères, sans exclure l'humour. » Frédéric Stévenot, La Cliothèque

Pour Toute la culture, l'essai de Timothy Morton, La Pensée écologique, traduit par Cécile Wajsbrot, fait partie des meilleures traduction de la rentrée littéraire de l'hiver 2019 !

Points de vue de libraires

« C'est une approche étonnante que nous offre le philosophe américain Timothy Morton : l'écologie sans la nature. Plus qu'un manifeste sur le réchauffement climatique et ses enjeux politiques, l'auteur engage les principes de coexistence et de réciprocité. L'avenir repose sur notre capacité à dépasser notre pensée. » Bérénice Bernal, librairie Payot (Fribourg).

Actualités et rencontres avec Timothy Morton

                                                                                                                                 Zulma essais – Tout un monde d'idées


Parce que nous avons besoin de comprendre les changements du monde, besoin d'analyses et d'alternatives audacieuses, Zulma ouvre son catalogue aux essais du monde entier, avec des auteurs internationalement reconnus qui proposent des outils de pensée structurants, originaux et puissants. Une collection dirigée par Néhémy Pierre-Dahomey.
Lancement le 7 février 2019 avec La Pensée écologique, de Timothy Morton, traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Cécile Wajsbrot.

Les rencontres passées avec Timothy Morton

 

Harmattan Côte-d'Ivoire
SCIENCES POLITIQUES AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Dans ce livre, l'auteur analyse les politiques africaines et le développement des pays du continent depuis les indépendances et dresse un constat plutôt négatif. La manière dont les pays sont dirigés semble confuse.

Mais pour autant, est-il impossible de suivre ou de comprendre les causes de cette confusion ? L'objectif principal de cet ouvrage est de déterminer quelques repères quant à la compréhension globale de la politique en Afrique noire, tout en explorant des voies et moyens qui permettraient une projection salutaire vers le développement futur de l'Afrique. Il s'agit d'entrer dans la modernité sans reniement culturel.

Christophe Yahot est né à Dimbokro en Côte d'Ivoire. Professeur titulaire de philosophie à l'université Alassane-Ouattara de Bouaké, il est spécialiste de métaphysique - éthique.

mardi, 19 février 2019 10:47

Ethique du samouraï moderne -Patrice Franceschi

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• Grasset 13 Février 2019

"Cet ouvrage est une philosophie de vie. P B Cissoko

Jusqu'à sa disparition en 2010, maître Isogushi enseignait au dojo d'Ishen dans le sud du Japon. Son enseignement comportait deux disciplines inséparables : pour le corps et pour le mental, la transmission de l'ensemble des arts martiaux traditionnels ; pour l'âme et pour l'esprit, un guide nouveau pour la conduite de la vie. On ignore combien d'élèves forma maître Isogushi, venus des cinq continents, et il ne reste de cet enseignement que les notes de cours prises par mon vieil ami Emiliano Zapoga dit « le Mexicain », ici rassemblées. Le maître a voulu que ses propos soit autonomes, tout en formant un modèle éthique complet, utilisable de manière concrète par n'importe quel homme ou femme. A quoi j'ajoute jeune adulte qui cherche une conduite à sa vie ».

Ainsi commence cet extraordinaire ouvrage de Patrice Franceschi : une « éthique » personnelle, forgée au fil des années par l'auteur, entre ses études approfondies de philosophie à la Sorbonne, sa passion pour les stoïciens ; et sa pratique des arts martiaux, de l'engagement et de la lutte, depuis l'Afghanistan jusqu'au kurdistan syrien... Ce « petit manuel de combat » rassemble 327 courts chapitres, mélodieux, philosophiques, universels. Ici une brève parabole ; là un aphorisme surprenant ; ici encore, un paradoxe. Chaque ligne étonne, secoue, oblige. C'est à la fois une éthique ; un manuel de haute tenue pour une époque où rien ne semble tenir, et nous tenir. Et la recherche d'une voie, à l'évidence humaniste, poétique - à la manière d'un Kipling écrivant à son fils. Romancier, explorateur, baroudeur, Patrice Franceschi est aussi un passionné de sagesse, une sagesse active, vive, enthousiaste - il nous offre ici le plus beau des traités, dans une langue nette et forgée par le temps.


On pourra lire ceci sur l'auteur si solitaire ....


« Écrivain, aviateur, marin, cinéaste... à l'opposé de nombre d'aventuriers solitaires, Patrice Franceschi, président de la Société des explorateurs français, est un voyageur solidaire, toujours engagé dans un « juste combat » dans un coin ou l'autre de la planète (ces temps-ci, au Kurdistan). Rencontre avec un penseur hyperactif, qui a fait sien
L'Écho touristique : Écrivain, aviateur, marin, cinéaste... vous multipliez les modes d'exploration comme les moyens d'expression. Poussé par quel appétit, quelle quête ?
Patrice Franceschi : La vie, tout simplement. En France, où l'on aime les cases, on me reproche ma multiplicité. Mais, à mes yeux, c'est se limiter à un morceau de vie qui n'est pas raisonnable. Tout appréhender, voilà mon but, répondre aux trois questions fondamentales :

« 1) Le monde, comment ça marche ? 2) La vie, qu'est-ce que c'est ? Et 3) Les autres, c'est qui ? » Nos existences ne sont qu'une lente maturation durant laquelle on cherche à comprendre ce que l'on vit. Mais, pour moi, cette exploration du monde afin de le comprendre n'a de sens qu'à la condition d'être féconde, que si l'on fait soi-même quelque chose des réponses que l'on trouve. Dans mon cas, ce sont des livres. Vivre pour simplement expérimenter, ressentir, être ému... ne m'intéresse absolument pas. Ce qui m'intéresse, c'est d'analyser et de comprendre. Car c'est cette dimension-là uniquement, celle de la raison, qui fait de nous des êtres humains authentiques.


Loin d'être un loup solitaire, vous êtes un voyageur solidaire, engagé successivement aux côtés de tribus indigènes, de la résistance afghane, des Kurdes. Vous avez été président de Solidarités International et à l'initiative de nombreuses campagnes humanitaires. Qu'est-ce qui rend les hommes si attachants à vos yeux ?
C'est la troisième question fondamentale à laquelle j'essaie de répondre et que je vous ai citée : rien de ce qui est humain ne m'est étranger. Je ne me fais pas d'illusion sur la nature humaine, mais il faut pourtant, au moyen de la raison, dépasser les travers humains, l'intérêt, les passions... Je me place clairement dans la vieille filiation stoïcienne ayant donné le jour à l'humanisme, un humanisme aujourd'hui attaqué de toutes parts. Aussi, je défends toujours la cause des hommes et ne voyage jamais là où il n'y en a pas. Cela ne m'intéresse pas. J'ai assisté à tant de tragédies que ne pas s'engager aux côtés des hommes me serait impossible. Agir est la seule chose qui m'intéresse et nous pouvons tous le faire !


Vous avez mené vos explorations du monde de mille façons. Mais depuis une quinzaine d'années, vous avez élu domicile à bord de ce navire sur lequel nous sommes, La Boudeuse. Pourquoi avoir choisi un tel bateau ?


Je ne suis attaché à rien de matériel ; je suis un nomade qui se pose en Corse, sur ce bateau, ou encore chez les Kurdes. Je nourris une vraie passion pour la mer et ce genre de navires traditionnels, qui sont un sommet d'exigence. Ce trois-mâts permet de voyager partout dans des conditions de romantisme et de poésie inégalables, une forme de liberté et d'aventure oubliées à l'heure où le contrôle et la sécurité deviennent les (terribles !) règles communes. Or, c'est la fable du chien et du loup : plus vous avez de sécurité, moins vous avez de liberté. C'est mathématique et il faut choisir ! Ce bateau est un peu l'expression d'une certaine liberté, qui agonise et sera bientôt oubliée.


Quels voyageurs vous ont, vous, inspiré et poussé à étendre le champ d'action de votre existence à la planète entière ?
Aucun pur voyageur – très peu sont intéressants. Ce qui n'est pas le cas des écrivains-voyageurs : Kessel, Hemingway, Buzzati... tous nous parlent, d'abord, de la condition humaine et de la façon dont chacun peut sortir de l'étroitesse de celle-ci, surtout lorsque l'on va dans des endroits où les choses ne se passent pas spécialement bien. Se rendre compte, réaliser, témoigner, agir pour changer les choses, voilà ce qui m'intéresse : trouver des réponses aux trois questions fondamentales du début et y ajouter la fécondité, l'action fructueuse.


Quel regard portez-vous sur le tourisme ?


Il existe un tourisme de masse extrêmement réducteur et destructeur. Je reviens des îles Vanuatu où il a détruit une tradition millénaire, le saut du gol (l'ancêre du saut à l'élastique – NDLR), transformant les hommes en bouffons pour touristes australiens. Et c'est vrai partout. C'est le contraire même du voyage, qui est toujours apprentissage, initiation. Voyager, c'est prendre un minimum de risques et de responsabilité, seule manière d'apprendre. Il faut certes pousser les gens à voyager, mais pas en leur imposant un mode de voyage vidé de son sens. Oui à l'aide technique pour s'occuper des billets, des transports, etc. mais pas pour trimbaler de grands groupes entièrement pris en charge. Comme toute chose, le tourisme a des aspects positifs et d'autres négatifs. J'ai étudié les TO et regardé comment ils travaillaient. Pour comprendre, comme toujours. Je suis allé récemment en République dominicaine, 15 jours, à l'hôtel, en famille. Je n'ai pas bougé. J'ai bouquiné, profité, rechargé mes batteries. J'étais venu pour cela, c'était parfait. Merci. Juste après cela, dans la vallée de l'Omo (en Éthiopie – NDLR), les cars redémarraient et un local, qui venait de singer ses ancêtres, démaquillait son visage peinturluré pour repartir à mobylette. « Pourquoi faites-vous cela ? » lui ai-je demandé. Grand sourire : « Pour la tune ! » L'argent fausse tous les rapports humains et, de plus, on montre aux touristes quelque chose qui n'existe pas. C'est une mise en scène, le contraire de la réalité. C'est cette imposture destructrice créée au nom du profit par un certain tourisme que je ne supporte pas. Avec les Bateaux-Mouches, en revanche, aucune duperie : on voit les choses sous un autre angle, on redécouvre Paris, c'est génial. Une part de lumière, une part d'obscurité, comme tout !


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Justement : l'industrie des voyages est devenue la première au monde. Chacun, de nos jours, se rend partout, même en Antarctique ! Quelle place reste-t-il pour les voyages d'exploration et les explorateurs ? Vont-ils disparaître ? Évoluer ?
Ils vont disparaître, oui. Si ce n'est déjà fait. Aujourd'hui, on se fait poser en hélico au pôle Nord et au Cap Horn, où on veut. Les gens disent : « J'ai fait le Cap Horn. » Sur un bateau de 50 m avec 5 000 passagers à bord... Ils n'ont rien fait du tout ! Rien, en tout cas, de ce qui fait de ces lieux des mythes : leur inaccessibilité. Cependant, on va bientôt m'interdire de passer ce même Cap Horn sur mon voilier pour « mise en danger de la vie humaine » ! Il faut arrêter de promettre le monde sauvage, il n'existe plus et ce qui en reste deviendra de moins en moins accessible à chacun, au nom de la sécurité.%%HORSTEXTE:2%%
Alors, peut-on voyager partout ? Doit-on, au contraire, "préserver" (d'urgence) certains lieux et populations (animales comme humaines) du flot touristique ?
Dans notre société du divertissement et du profit, il convient, parfois, d'être intolérant. On a parlé des aspects "rouleau compresseur" du tourisme. En Amazonie, certaines zones ne sont plus accessibles, sauf en se procurant des autorisations. Et c'est bien. Idem en Guyane française depuis longtemps. Tout aussi indispensable. En ce moment même, certains politiques et financiers mettent tout en oeuvre pour faire sauter les clauses qui protègent l'Antarctique. S'ils y parviennent, ce sera la catastrophe. Face à la multiplication des tragédies, il faut parfois limiter, voire interdire, les accès à certains milieux naturels et humains devenus rares.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui aspirent de nos jours à vivifier leur esprit d'aventure ? Comment et où engager ses pas pour s'enrichir, à votre image, d'une vie dont chaque seconde semble porteuse d'un souffle conscient ?
L'esprit d'aventure, ce sont quatre vertus : la capacité au risque, le non-conformisme, le goût de la liberté et le désir d'apprendre. Si vous disposez de cela – qui est libre et gratuit, rien de plus démocratique ! – vous avez tout... Alors, partez, voyagez (seul), mais en conscience et avec cette volonté d'en faire quelque chose, d'être fécond. Vous tirerez un constat pessimiste du monde (pas des hommes), mais vous vous forgerez une vie active, passionnée et pleine d'optimisme. Vous allez vous dépouiller de tout et découvrir la vraie richesse, intérieure. « Tout, toujours » n'est qu'une affaire d'intention manifestée, puis de lucidité.
Changement climatique, pollutions, épuisement des ressources d'un côté. Étonnant génie humain, coeurs vaillants et hommes de bonne volonté de l'autre. Qui va emporter le grand combat qui s'annonce, selon vous ?
Je ne suis ma......
https://www.lechotouristique.com/article/patrice-franceschi-cet-ecrivain-qui-voyage-en-solidaire,85238


( exposé au Sénégal 16 avril-27 mai 1973, Musée dynamique, Dakar / exposition )

Mon ami le Pr Babacar Mbaye DIOP Université Cheikh Anta Diop de Dakar-FLSH
Département de Philosophie Directeur de l'Institut Supérieur des Arts et des Cultures (ISAC) ; me demande de lui rechercher un ouvrage introuvable au Sénégal et je tombe sur cet auteur épatant et c'est pourquoi je partage ma petite trouvaille. P B CISSOKO

Biographie de Friedensreich Hundertwasser


Friedrich Stowasser (15 décembre 1928 – 19 février 2000), mieux connu sous son pseudonyme Friedensreich Regentag Dunkelbunt Hundertwasser, était un artiste et architecte né en Autriche, (ayant acquis plus tard la nationalité néo-zélandaise) et travaillant également dans le domaine de la protection de l'environnement.


Hundertwasser s'est distingué comme un opposant à « une ligne droite » et à toute standardisation, exprimant ce concept dans le domaine de la conception des bâtiments. Son œuvre la plus connue est la Hundertwasserhaus de Vienne, en Autriche, qui est devenue un lieu d'intérêt notable dans la capitale autrichienne, caractérisé par sa vitalité imaginative et son caractère unique.
La Seconde Guerre mondiale a été une période très difficile pour Hundertwasser et sa mère Elsa, qui étaient juifs. Ils ont évité la persécution en se faisant passer pour des chrétiens, une ruse crédible puisque le père de Hundertwasser était catholique. Hundertwasser a été baptisé catholique en 1935. Pour rester discret, Hundertwasser a également rejoint les Jeunesses hitlériennes.
Hundertwasser a développé très tôt des compétences artistiques. Après la guerre, il passe trois mois à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne. À ce moment-là, il a commencé à signer son art comme Hundertwasser au lieu de Stowasser. Il est parti en voyage en utilisant un petit ensemble de peintures qu'il portait en tout temps pour dessiner tout ce qui attirait son regard. A Florence, il rencontre le jeune peintre français René Brô pour la première fois et ils deviennent des amis pour la vie. Le premier succès commercial de Hundertwasser dans le domaine de la peinture remonte à 1952-1953 avec une exposition à Vienne.


Au début des années 1950, il entre dans le domaine de l'architecture. Hundertwasser a également travaillé dans le domaine des arts appliqués, créant des drapeaux, des timbres, des pièces de monnaie et des affiches. Son drapeau le plus célèbre est son drapeau koru, ainsi que plusieurs timbres-poste pour la poste autrichienne. Il a également conçu des timbres pour le Cap-Vert et pour l'administration postale des Nations Unies à Genève à l'occasion du 35e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
En 1957, Hundertwasser acquiert une ferme aux portes de la Normandie. Hundertwasser épousa Herta Leitner en 1958, mais ils divorcèrent deux ans plus tard. Il se remarie en 1962 avec l'artiste japonaise Yuko Ikewada mais elle divorce en 1966. Il avait acquis une réputation populaire à cette époque pour son art.
En 1964, Hundertwasser achète « Hahnsäge », une ancienne scierie, dans le Waldviertel de Basse-Autriche, une région peu peuplée. Là, loin de l'agitation et de l'agitation et entouré par la nature, il s'est installé dans une nouvelle maison.


En 1972, Hundertwasser a fondé en Suisse la société « Grüner Janura AG », qui a été rebaptisée « Namida AG » en 2008. C'est par l'intermédiaire de cette société anonyme que Hundertwasser gérait ses droits de propriété intellectuelle.


Dans les années 1970, Hundertwasser a acquis plusieurs propriétés dans la baie des Îles en Nouvelle-Zélande, qui couvrent une superficie totale d'environ 372 ha sur l'ensemble de la vallée de la « Kaurinui ». C'est là qu'il réalise son rêve de vivre et de travailler en étroite relation avec la nature. A côté d'autres projets, il y a conçu la « Maison de la Bouteille« . Il pourrait vivre en grande partie de façon autonome grâce à l'utilisation de panneaux solaires, d'une roue hydraulique et d'une station d'épuration biologique de l'eau. C'est également ici qu'a eu lieu sa première expérience sur les toits d'herbe.

En 1979, Hundertwasser acheta le vaste jardin historique Giardino Eden, y compris le Palazzo Villa delle Rose, à Alexandra en Yougoslavie par l'intermédiaire de sa société suisse.
En 1980, Hundertwasser s'est rendu à Washington D.C. pour soutenir les efforts du militant Ralph Nader contre la prolifération nucléaire. Hundertwasser a planté des arbres sur la place Judiciary Square et a défendu les intérêts d'un propriétaire de coopérative qui a été condamné à une amende pour avoir conçu sa propre fenêtre. La mairesse Marion Barry a déclaré le 18 novembre Journée Hundertwasser.


En 1982, le seul enfant de Hundertwasser, sa fille Heidi Trimmel, est née.


Hundertwasser a été inhumé en Nouvelle-Zélande après sa mort en mer sur le RMS Queen Elizabeth 2 en 2000 à l'âge de 71 ans.


Ses opinions politiques


En 1959, Hundertwasser s'est impliqué pour aider le Dalaï Lama à fuir le Tibet en faisant campagne pour le chef religieux tibétain dans le magazine Panderma de Carl Laszlo. Plus tard, alors qu'il était déjà un artiste connu, Friedensreich Hundertwasser est devenu un militant écologiste et, plus récemment, il a agi comme un opposant plus important de l'Union européenne, prônant la préservation des particularismes régionaux.


Parmi les facettes moins connues de la personnalité de Hundertwasser figure son engagement envers la monarchie constitutionnelle.
Son style artistique


La vision artistique originale et indisciplinée de Hundertwasser s'est exprimée dans l'art pictural, l'environnementalisme, la philosophie et la conception des façades, des timbres-poste, des drapeaux et des vêtements (parmi d'autres domaines). Les thèmes communs de son travail étaient les couleurs vives, les formes organiques, la réconciliation de l'homme avec la nature et un fort individualisme, rejetant les lignes droites.


Son œuvre architecturale est comparable à Antoni Gaudí (1852-1926) dans son utilisation des formes biomorphiques et l'utilisation de la tuile. Il s'inspire également de l'art de la Sécession viennoise, des peintres autrichiens Egon Schiele (1890-1918) et Gustav Klimt (1862-1918).


Il était fasciné par les spirales, et appelait les lignes droites « impie et immorale » et « quelque chose de lâchement dessiné avec une règle, sans pensée ni sentiment ». Il a appelé sa théorie de l'art « transautomatisme », se concentrant sur l'expérience du spectateur plutôt que sur celle de l'artiste. Cela a été résumé par son dessin d'un nouveau drapeau pour la Nouvelle-Zélande, qui incorporait l'image du Koru en forme de spirale basée sur l'image d'une nouvelle fougère d'argent déployée et symbolisant une nouvelle vie, croissance, force et paix selon le peuple Māori


Même si Hundertwasser s'est d'abord fait connaître pour ses peintures aux couleurs vives, il est plus largement connu pour ses conceptions architecturales individuelles. Ces conceptions utilisent des formes irrégulières et intègrent les caractéristiques naturelles du paysage. L'immeuble Hundertwasserhaus de Vienne a des sols ondulés (« un sol inégal est une mélodie aux pieds »), un toit recouvert de terre et d'herbe, et de grands arbres poussant de l'intérieur des pièces, avec des branches s'étendant depuis les fenêtres. Il n'a pris aucun paiement pour la conception de la Hundertwasserhaus, déclarant qu'il valait la peine d'investir pour « éviter que quelque chose de laid ne monte à sa place ».


Dès le début des années 1950, il s'est de plus en plus concentré sur l'architecture, prônant des bâtiments plus respectueux de l'homme et de l'environnement. Cela a commencé par des manifestes, des essais et des manifestations. C'est ainsi qu'en 1958, à l'occasion d'une manifestation artistique et architecturale au monastère de Seckau, il a lu son « Manifeste contre le rationalisme de l'architecture ». Il a rejeté la ligne droite et l'architecture fonctionnelle. En 1967, à Munich, il a donné une conférence intitulée « Speech in Nude for the Right to a Third Skin ». Sa conférence « Loose from Loos, A Law Permitting Individual Buildings Alterations or Architecture-Boycott Manifesto », a été donnée au Concordia Press Club à Vienne en 1968.
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Dans le Manifeste de la moisissure, il a d'abord revendiqué le « droit à la fenêtre » : « Une personne dans un appartement loué doit pouvoir se pencher par la fenêtre et gratter la maçonnerie à portée de main. Et il doit être autorisé à prendre un long pinceau et à peindre tout ce qui se trouve à l'extérieur à portée de main. Pour qu'il soit visible de loin pour tout le monde dans la rue que quelqu'un y vit qui est différent de l'homme emprisonné, réduit en esclavage, standardisé qui vit à côté de chez nous. » Dans ses discours nus de 1967 et 1968, Hundertwasser condamne l'asservissement de l'homme par le système de grille stérile de l'architecture conventionnelle et par le rendement de la production industrielle mécanisée. Il a rejeté le rationalisme, la ligne droite et l'architecture fonctionnelle.


Pour Hundertwasser, la misère humaine est le résultat d'une architecture rationnelle, stérile et monotone, construite selon la tradition de l'architecte autrichien Adolf Loos, auteur du manifeste moderniste Ornament and crime (1908). Il a appelé à un boycott de ce type d'architecture, et a demandé à la place la liberté créative de construction, et le droit de créer des structures individuelles. En 1972, il a publié le manifeste Your window right – your tree duty. La plantation d'arbres en milieu urbain allait devenir obligatoire : « Si l'homme marche au milieu de la nature, alors il est l'invité de la nature et doit apprendre à se comporter comme un invité bien élevé. » Hundertwasser a propagé un type d'architecture en harmonie avec la nature est son engagement écologique. Il a fait campagne pour la préservation de l'habitat naturel et a exigé une vie conforme aux lois de la nature. Il a rédigé de nombreux manifestes, donné des conférences et conçu des affiches en faveur de la protection de la nature, y compris contre l'énergie nucléaire, pour sauver les océans et les baleines et pour protéger la forêt tropicale. Il était également un partisan des toilettes à compostage et du principe des zones humides construites. Il percevait les excréments non pas comme des nausées, mais comme faisant partie du cycle de la nature. Ses croyances sont attestées par son manifeste The Holy Shit et son guide de bricolage pour la construction d'une toilette à compostage.


Dans les années 1970, Hundertwasser fait construire ses premieres maquettes d'architecture Les maquettes de l'émission de télévision Eurovision « Wünsch Dir was » (Fais un vœu) en 1972 illustrent ses idées sur les toits boisés, les locataires des arbres et la droite des fenêtres. Dans ces modèles et d'autres similaires, il a développé de nouvelles formes architecturales, telles que la maison en spirale, la maison fendue, la maison en terrasse et la maison de prairie en hauteur. En 1974, Peter Manhardt réalise pour lui des maquettes de la maison en fosse, de la maison au toit en gazon et de la station-service verte – ainsi que son idée de l'autoroute verte invisible et inaudible.


Au début des années 1980, Hundertwasser a remodelé l'usine de Rosenthal à Selb et le silo à grains de Mierka à Krems. Ces projets lui ont donné l'occasion d'agir comme ce qu'il appelait un « docteur en architecture ».


Dans les projets architecturaux qui ont suivi, il a mis en place des locataires de fenêtres droites et d'arbres, des planchers inégaux, du bois sur le toit et de la végétation spontanée. Les travaux de cette période comprennent : des complexes résidentiels en Allemagne ; une église à Bärnbach, en Autriche ; une centrale de chauffage urbain à Vienne ; une usine de combustion et un centre à boues à Osaka au Japon ; une gare ferroviaire à Uelzen ; une cave dans la Napa Valley et les toilettes Hundertwater à Kawakawa.
En 1999, Hundertwasser a commencé son dernier projet, Die Grüne Zitadelle von Magdeburg (en allemand). Bien qu'il n'ait jamais terminé ces travaux, le bâtiment a été construit quelques années plus tard à Magdebourg, une ville de l'est de l'Allemagne, et a ouvert ses portes le 3 octobre 2005.
https://fondarch.lu/friedensreich-hundertwasser/

 

Friedensreich Hundertwasser, artiste écologiste engagé
Posted on juin 7, 2015 by Sylvia Ladic
Friedensreich Hundertwasser, artiste écologiste engagé

Ne cherchons pas à enfermer Hundertwasser dans une technique artistique ou un courant quelconque. Même si son style est bien reconnaissable et ne s'assimile à personne d'autre, il demeure un artiste aux multiples casquettes qui érige l'art comme un lien entre l'homme et la nature.
Voici un panorama du parcours de cet artiste qui voulait apporter de la joie et du bien-être aux hommes, sans perdre son lien à la nature. La fin de l'article vous proposera aussi des piste de comparaison avec d'autres artistes et leurs oeuvres.

Biographie


Friedensreich Hundertwasser (1928 – 2000), de son véritable nom Friedrich STOWASSER, est un artiste autrichien né à Vienne. Ayant perdu très jeune son père (1928), il est élevé par sa mère. Ses premiers dessins datent de 1934, il a 6 ans. Ceux-ci s'annoncent déjà très prometteurs.


Sa mère l'oriente vers des études classiques que la seconde guerre mondiale interrompt.


En 1943, 69 membres juifs de sa famille maternelle, parmi lesquels sa tante et sa grand-mère, sont déportés et tués.
En 1948, il entre à l'académie des Beaux-Arts de Vienne pour y apprendre les techniques de base du dessin. Il y reviendra en tant que professeur en 1981.
Ses innombrables voyages à travers le monde lui permettent de découvrir les tendances très diverses de l'art moderne et contemporain, pourtant on ne peut pas vraiment le rattacher à aucun groupe ou un courant. Même s'il débute comme peintre, on décèle dès le départ, dans ses tableaux son attrait pour l'architecture.
Le peintre
En tant que peintre, en plus des techniques classiques de l'aquarelle, il travaille souvent les techniques mixtes mais aussi la gravure, la lithographie, la sérigraphie, la linographie, l'eau-forte...
Son œuvre picturale est caractérisée par un bouillonnement de formes organiques, les couleurs sont brillantes, parfois même fluorescentes.

 


Dans sa peinture, Hundertwasser utilise des pigments, du sable, du charbon de bois, de la brique pilée, de l'or, de l'aluminium. Pour lui, le peintre est un chercheur qui expérimente des techniques différentes sur des supports variés. S'inspirant des maîtres anciens. Par exemple, il fera de la peinture à l'œuf, dite a tempera (technique longtemps utilisée par les peintres primitifs). Il utilise dans ses toiles des couleurs chatoyantes, gardant les couleurs fluorescentes pour son œuvre gravée (lithographies, gravures sur bois...). Il isole des formes, des motifs (larmes, gouttes de pluie, fenêtres) qu'il magnifie en utilisant des feuilles d'or ou d'argent.

Les arts appliqués à la vie et arts graphiques


Ses domaines de recherches sont nombreux : affiches d'exposition, affiches des jeux- olympiques, projets pour des timbres, pour des drapeaux...


L'architecte


En tant qu'architecte, son travail est en quelque sorte une application directe de ses toiles dans la réalité, on retrouve dans ses constructions les plus importants de ses principes: dominance de la nature, l'importance de la couleur, le refus de la conformité, de l'uniformité. Il dénonce la « sinistre » architecture classique et se déclare ennemi de la ligne droite qu'il refuse d'employer.
Il a dit : « Les maisons sont notre 3ème peau...Les maisons aussi pleurent et saignent...La maison est miroir de l'homme...Chaque maison même laide et malade peut être guérie... C'est vers 40 ans qu'Hundertwasser commence à construire et guérir des bâtiments, pour que les gens y vivent plus heureux. Pour lui, les maisons sont malades, blessées et il veut les guérir. Pour cela il conjugue, art, écologie, architecture.


« La ligne droite est un danger créé par l'homme car elle est étrangère à la nature de l'homme, de la vie, de toute création ... » affirme-t-il.

Hundertwasser est décédé en 2000 au cours de la phase de planification de la structure et la tour a été achevée après sa mort sous la direction de Leonhard Salleck, propriétaire de la brasserie, avec l'architecte Peter Pelikan construction qui supervise.

 

Ce qui caractérise l'architecture d'Hundertwasser c'est l'écologie bien sûr, mais aussi la couleur, la diversité des formes et une certaine idée de l'homme comme fondamentalement expressif.
Il pousse ses conceptions de la vie et du bonheur recherchant une harmonie entre la nature et l'homme. A ce titre, son travail d'architecte est particulièrement intéressant car il ôte le tabou d'une certaine forme d'interdit qui consiste à ne pas avoir le droit de s'approprier son habitat. Il évoque ici l'interdit de décorer l'extérieur des portes et fenêtres des maisons ou appartements. L'œuvre « Ton droit à la fenêtre » est un thème clef. Il propose que les habitant puissent intervenir sur les façades et environnements de vie jusqu'à la longueur d'un bras.

 

C'est en Allemagne et en Autriche que son œuvre a pris racine. Sa fameuse tour qui devait abriter un observatoire, un cinéma, des artisans et des salles d'exposition a été construite, 10 ans après sa mort. Il a imaginé le lycée Martin-Luther avec un toit paysager, où l'on pourrait se promener comme dans une forêt boisée. Mais il reste surtout célèbre pour les bâtiments dont il a re-colorié les façades : la transformation de la Maison Ronald Mac Donald, centre destiné aux parents des enfants malades, et de celle de l'Eglise Santa Barbara restent des modèles du genre inimitable, estampillés Hundertwasser.

« L'homme à trois peaux. Il naît avec la première, la deuxième est son vêtement et la troisième est la façade de sa maison. 


Probablement un de ces chefs d'oeuvre, la Hundetwasserhaus, est un logement HLM réalisé par Hundertwasser à Vienne en 1986. Des centaines d'arbres et de plantes traversent les fenêtres et coiffent l'inhabituelle habitation. Les fenêtres hétéroclites, les sols ondulés, les colonnes bigarrées en font un lieu de vie exceptionnel. Ce bâtiment, le plus visité de Vienne est un véritable bijou architectural. Véritable pied de nez à la rationalité économique, il convient de dire que ce logement social a certes couté deux fois plus qu'un immeuble classique, mais que le bénéfice en terme de mieux vivre, de retombées touristiques, de valorisation de la ville de Vienne est à mon humble avis bien supérieur à ce cout initial. Nous nuancerons aussi en tenant compte du coût des imprévus dus à l'enracinement des arbres qui fait bouger la structure et nécessite des adaptations. Un ouvrier aurait montré trop de créativité... Notons aussi que le nettoyage des vitres ne peut se faire que de nuit en bloquant la circulation de la route. Bref, quelques impératifs à la survie du bâtiment.


Hundertwasser s'est inspiré des œuvres d'Antoni Gaudi, du Facteur Cheval (« Palais idéal »), Simon Rodia (Watts Towers), mais également des jardins ouvriers et des livres de contes. Cette maison héberge 52 logements et 4 cafés-restaurants, ainsi que 16 terrasses privées et 3 terrasses communes sur son toit.

La Hundertwasserhaus (ci-dessus) : 50 appartements HLM réalisés entre 1983 et 1985. Hundertwasser a imaginé de confronter les masses de couleurs, les décrochements d'étages, les éléments végétaux, les surfaces en béton et en céramique, les fenêtres de toutes les formes et dont aucune n'est au même niveau.


La Maison Hundertwasser est avant tout un espace convivial au service de ses habitants et de la cause environnementale, les uns étant intimement liés à la seconde dans l'esprit du concepteur de ce lieu expérimental. Tout y est conçu pour le confort des habitants et leur qualité de vie, à l'image des parties communes, trop souvent négligées dans les habitats locatifs traditionnels. Ici, elles sont au contraire particulièrement soignées et attractives comme le montrent non seulement les couloirs décorés de mosaïques végétales ou animalières, mais aussi l'accueillant jardin d'hiver, la « salle d'aventure » au sol bombé, et la salle de jeu des enfants. Les locataires de la Maison Hundertwasser vivent au cœur d'une œuvre d'art. Majoritairement artistes ou intellectuels eux-mêmes, ils en ont pleinement conscience, ne serait-ce qu'au spectacle de ces lions sculptés et de ces piliers en forme de quilles bombées multicolores qui rappellent que nous sommes là au croisement de la Löwenstrasse (rue des lions) et de la Kegelgasse (rue des quilles).


Avec la Maison Hundertwasser, pas question de musée, mais d'un véritable lieu de vie composé de logements locatifs sociaux, à l'image de la Cité radieuse, construite par Le Corbusier à Marseille à l'aube des années cinquante.

Plan pour l'arbre locataire


Il crée des immeubles avec des arbres aux fenêtres, des toits recouverts de verdure et de végétaux, des sols à niveaux inégaux et encourage les ouvriers à être créatifs en apportant leur touche.
Marqué par un immense amour de la nature il est l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste, écologique.
Le designer
Hundertwasser a été un des premiers défenseurs des toilettes sèches ! Il a promu les toilettes sèches, comme mode écologique de traitement des déchets domestiques pour alimenter les arbres intégrés à l'architecture.
Plus qu'une simple révolution technique, c'est un exemple concret de son esprit de cycle, que l'on retrouve dans ses peintures (voir Le grand chemin plus bas) et de l'écologie dans les deux sens du terme, c'est à dire acte politique et conscience des fondements des écosystèmes.

 

Le transautomatisme


En 1954, il développe une théorie plastique dérivée du surréalisme qu'il nomme « transautomatisme ». Elle se base sur la lutte contre l'automatisme généré par la ligne droite et l'angle droit. La spirale se révèle être la forma parfaite.
Un artiste engagé
Artiste engagé, il est remarqué par ses performances, ses manifestes écologiques, artistiques et architecturaux.

Voici une photographie montrant le grand peintre Hundertwasser présent lors de la lutte à Hainburg. Sur l'affiche on lit: « la nature libre est notre liberté ». Or, le gouvernement autrichien entendait y construire une centrale électrique (en Autriche le nucléaire est interdit constitutionnellement). Cela signifiait la destruction de l'endroit. La décision fut prise en décembre 1983.

Ses manifestes


· Manifeste de la moisissure contre le rationalisme dans l'architecture (1958/1959/1964) : voir le manifeste traduit de l'allemand au français ici.
· La Dictature des fenêtres et le droit de fenêtre : voir ici.
· La nature est irréprochable C'est l'homme qui a des défauts : voir ici.

 


Il aimait à souligner les traductions slaves, allemandes ou japonaises de son nom et prénom, le traduisant comme « Le royaume de la paix (aux) cent eaux ».
Bien qu'il soit né et ait grandi en Autriche, la patrie de choix de Hundertwasser était la Nouvelle-Zélande, et sa principale maison le navireRegentag (jour de pluie), un ancien navire de commerce réorganisé.


La spirale


Dans les images de Hundertwasser la forme d'une spirale est très souvent présente.
En 1953, il peint sa première spirale : Le Grand Chemin. Pour lui, la ligne droite n'existe pas dans la nature, elle est le fruit de l'éducation. « La spirale signifie à la fois la mort et la vie. En partant du centre de la toile, on va de la naissance à la mort qui se trouve aux extrémités du tableau et inversement. » Dans « le Grand Chemin », la spirale représente un ruban, un chemin qui serpente et se replie sur lui-même, nous obligeant à le suivre des yeux de manière hypnotique.

Le grand chemin (1955) de Friedensreich Hundertwasser


Cette grande spirale entraîne le spectateur dans un tourbillon. Semblable aux flots de l'eau, la spirale ne peut s'arrêter, « un début doit mener plus loin ». La spirale évoquerait les ondes provoquées par la chute d'une pierre dans l'eau ; ses couleurs emportées par le courant traduisent l'huile flottant à la surface. C'est une promenade à la fois champêtre et initiatique à laquelle nous convie Hundertwasser, un labyrinthe sur lequel notre regard glisse plutôt que d'être entraîné vers la profondeur. Des petites choses nous amarrent à la surface contre un courant qui pourrait nous emporter.
Friedensreich Hundertwasser disait :
« La spirale est exactement là où la matière inanimée se transforme en vie.


Je suis convaincu que l'acte de création s'est fait sous forme de spirale.


Notre terre décrit le déroulement de la spirale. Nous tournons dans un cercle, mais nous ne revenons jamais au même point, le cercle ne se ferme pas, nous venons seulement à proximité de l'endroit où nous avons été. Ceci est typique pour la spirale qui apparemment est un cercle qui ne se ferme pas.


La vraie et équitable spirale n'est pas géométrique, mais végétative, elle a des renflements, parfois plus mince et parfois plus épaisse et coule autour des barrières qui se dressent sur son chemin.
La spirale signifie la vie et la mort dans toutes les dimensions. À l'extérieur elle se dirige vers la naissance, vers la vie et puis par une dissolution apparente dans le surdimensionné, dans l'extraterrestre, dans des zones non mesurables.


Vers l'intérieur, elle se condense par concentration vers la vie et devient par après dans des petites régions infinies, ce que nous appelons la mort, car ceci dépasse notre perception qui tente à mesurer.
La spirale pousse et meurt végétative, c'est-à-dire que les lignes spiroïdales se déroulent tels que les méandres des fleuves et suivent loi de la croissance des plantes. Elle n'oblige en aucune façon le déroulement, mais elle se laisse diriger. En conséquence, il lui est impossible de faire des erreurs. »
Ses influences


Grand voyageur, différentes cultures ont jalonné sa vie et son œuvre. Nous pourrions noter l'influence des peintures de villes et de paysages d'Egon Schiele et les œuvres de Gustav Klimt. La tradition viennoise de l'Art Nouveau est très présente sur ses affiches, les textiles et dans la typographie. Puis encore l'abstraction, le surréalisme (transautomatisme), ...
En 1991 s'ouvre le musée Hundertwasser à Vienne.
Friedensreich Hundertwasser meurt d'une crise cardiaque le 19 février 2000, à bord du Queen-Elisabeth-II qui le ramenait de Nouvelle Zélande où il résidait une partie de l'année.
De nombreuses créations de Friedensreich Hundertwasser sont visibles en Autriche, mais aussi en Allemagne, en Suisse, au Japon, et jusqu'en Nouvelle-Zélande où le peintre-architecte s'était installé et où il a été enterré. Parmi les plus spectaculaires figurent :


• · L'Église St. Barbara à Bärnbach (Autriche) – 1987-1988
• · L'Ensemble résidentiel de Bad Soden am Taunus (Allemagne) – 1990-1993
• · L'Établissement thermal Rogner de Bad Blumau (Autriche) – 1993-1997
• · Le Kids Plaza d'Osaka (Japon) – 1996-1997
• · Le Lycée Martin Luther de Wittenberg (Allemagne) – 1997-1999
• · Le Maishima Incineration Plant d'Osaka (Japon) – 1997-2000
• · Le Marché couvert d'Altenrhein (Suisse) – 1998-2000
• · La Waldspirale de Darmstadt (Allemagne) – 1998-2000
• · La Citadelle verte Magdebourg (Allemagne) – 1999-2000
• · La Maison Ronald McDonald pour les enfants malades à Essen (Allemagne) – 2004-2005

Conclusion


Artiste, peintre, penseur et un architecte Hundertwasser se présente comme un médecin de l'architecture.
Quelques mots pour résumer :
• · Refus de la symétrie
• · Intégration spatiale des arbres, toits-terrasses
• · Alignement irrégulier des fenêtres
• · Clochers-bulbes et colonnes bombées de cylindres polychromes
• · Primauté aux couleurs naturelles (ocres, brique, chaux, etc.)


Il nous propose une réappropriation de l'espace urbain par ses habitants. Ses architectures avancent un environnement joyeux, aux lignes naturelles en rupture avec la ligne droite et aux couleurs prononcées.
Inspirée des formes de la nature, profondément vitaliste, amoureux de l'artisanat et de la démocratisation du beau, elle fut sacrifiée sur l'autel du rationalisme, de l'industrialisation et du projet de la modernité. Né après cette mise à mort, Friedensreich Hundertwasser a repris le flambeau de la lutte contre les lignes droites, de l'efficacité froide. Écologiste avant-gardiste, il fustige très tôt l'art de se complaire dans les eaux glacées du calcul égoïste où les artistes satisfont bien plus l'esthétisme géométrique et étriqué des élites que les aspirations chaleureuses des hommes à l'écoute d'eux-mêmes.
« Si quelqu'un rêve seul, ce n'est qu'un rêve. Si plusieurs personnes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité ! »
Hundertwasser choisit de représenter le monde tel qu'il devrait être, un monde dans lequel les humains vivent en harmonie avec la nature.


« Tout est infiniment simple, tout est infiniment beau ».

Portrait du Christ, gravure de Claude Mellan, 1649
A première vue, aucun lien entre Hundertwasser et cette gravure représentant le visage du Christ réalisée en 1649 par le français Claude Mellan. Mais, à y regarder de plus près, on y trouve la réponse au bout du nez !
L'oeuvre de Claude Mellan est constituée d'une seule et même ligne ! Gravée en spirale, à partir du divin nez, cette ligne unique se développe avec régularité sans jamais s'interrompre. Les détails et les volumes sont suggérés par l'artiste en faisant seulement varier l'épaisseur du trait.
Sources
· http://www.edunet.ch/activite/peintres/galerie/hundertwasser.html
• · http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedensreich_Hundertwasser
• · https://jardinons.wordpress.com/2009/01/18/hundertwasser/
• · http://www5.ac-lille.fr/~ienarras4/IMG/pdf/No077desOeuvresauxMaitres_Hundertwasser_1.pdf
• · http://artips.fr/?f=5e767edab8
• · http://fr.wikipedia.org/wiki/Hundertwasserhaus
• · http://www.hundertwasser.at/francais/werk/malerei/malerei.php
• · http://www.mchampetier.com/oeuvres-vendues-de-Friedensreich-Hundertwasser-2215-0-art-et-estampes.html
• · http://www.passion-estampes.com/deco2/hundertwasser-vangogh-59×84.html
• · http://laterredabord.fr/?p=18145
• · http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/hundertwasser-ou-larchitecture-conviviale-2/
http://e-cours-arts-plastiques.com/friedensreich-hundertwasser-artiste-ecologiste-engage/

 

Un ouvrage qui peut choquer mais à lire de façon apaisée pour comprendre que l'humain s'embarrasse de beaucoup alors que la simplicité comme mode de vie peut soulager. P B CISSOKO


Qu'est-ce que ce livre ?


Et si le grand problème actuel était que la plupart des injonctions qui nous sont assénées pour nous calmer ne font que nous mettre une pression plus grande ? Il faudrait « méditer », manger comme ceci, faire tel entraînement pour être en forme, avoir de l'initiative, ne pas parler comme cela, être à la fois calme et dynamique, chaleureux et sérieux...

Et si au contraire il fallait plutôt commencer par se foutre la paix pour commencer à vivre ?

Mais comment lâcher-prise et se donner l'autorisation d'être soi-même ?


C'est ce que proposera d'explorer Fabrice Midal dans son nouveau livre Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre dont les différents chapitres inviteront à :


Chapitre 1- Cessez de méditer — Ne faites rien
Chapitre 2- Cessez d'obéir — Vous êtes intelligent
Chapitre 3- Cessez d'être sage — Soyez enthousiaste
Chapitre 4- Cessez d'être calme — Soyez en paix
Chapitre 5- Cessez de vous réfréner — Désirez !
Chapitre 6- Cessez d'être passif — Sachez attendre
Chapitre 7- Cessez d'être conscient — Soyez présent
Chapitre 8- Cessez de vouloir être parfait — Acceptez les intempéries
Chapitre 9- Cessez de chercher à tout comprendre — Découvrez le pouvoir de l'ignorance
Chapitre 10- Cessez de rationaliser — Laissez faire
Chapitre 11- Cessez de vous comparer — Soyez vous-même
Chapitre 12- Cessez d'avoir honte de vous — Soyez vulnérable
Chapitre 13- Cessez de vous torturer — Devenez votre meilleur ami
Chapitre 14- Cessez de vouloir aimer — Soyez bienveillant
Chapitre 15- Cessez de discipliner vos enfants — La méditation n'est pas de la Ritaline
Conclusion- L'émerveillement d'être
Entretien autour de « Foutez-vous la paix »


Voici l'entretien que j'ai eu avec quelques membres de l'École occidentale de méditation que j'ai plaisir à partager avec vous tous...


Vous venez de publier « Foutez-vous la paix... et commencez à vivre ! ». Un livre de plus dans votre impressionnante bibliographie ?


Fabrice Midal : Ce livre est un tournant dans mon existence. Depuis des années, j'essaye de transmettre la pratique de la méditation en Occident. Ce travail m'impose de réfléchir à la situation dans laquelle nous vivons, nous, Occidentaux, et aux défis que nous rencontrons. Il m'apparaît évident qu'année après année, il faut repenser à neuf le sens profond de la pratique ! On ne peut pas se contenter de répéter des usages qui ont existé un jour en Orient. « Foutez-vous la paix » marque une nouvelle étape qui m'est quasiment imposée par le monde d'aujourd'hui.


Qu'est-ce qui a donc tellement changé dans ce monde ?


Fabrice Midal : Sans doute la manière, jamais aussi violente, avec laquelle nous parvenons à intérioriser l'état de compétition de nos sociétés. Nous en arrivons à tout transformer en outils en vue de réussir quelque chose. Tout, y compris la méditation, devenue un instrument de plus de la violence économique qui est en train d'abîmer notre monde. Ou, à l'inverse, considérée comme le rêve d'un état de calme où nous serions à l'abri de cette violence sans nous y relier, comme si l'on pouvait prétendre s'abriter dans un bunker étanche.
La méditation pouvait nous offrir un cadeau : nous autoriser à être comme nous sommes. Mais ce cadeau est bloqué. Sans doute, aussi, parce que son énoncé est trop abstrait ? Je le dirais alors autrement : Foutez-vous la paix ! Arrêtez de vous torturer ! Dans ce livre, je me livre à un exercice : essayer de discerner ce qui peut, de manière très concrète, nous aider à trouver ce sens de paix, de présence, qui ne soit ni un nouvel instrument de torture, ni une illusion de calme.


Concrètement, qu'est-ce qu'une méditation où l'on se fout la paix ?


Fabrice Midal : C'est une méditation où l'on ne cherche rien : ni à être calme, ni à faire le vide dans sa tête, ni à atteindre un état spirituel quelconque. Rien, à part se foutre complètement la paix et s'autoriser à être un humain. Je ne fais au fond que reprendre la définition propre de la méditation : entrer en rapport au présent tel qu'il est, sans jugement. En réalité, je vois autour de moi que cette définition n'est pas comprise dans toute sa radicalité. Je vois aussi qu'un « Foutez-vous la paix ! » est le secret à la fois le plus simple et le plus profond pour comprendre la pratique. Ces deux termes sont, aujourd'hui, perçus comme contradictoires : on estime que si c'est profond, ça va être compliqué ; et que si c'est simple, ce sera simpliste.

C'est faux ! Le génie de la pratique réellement comprise est qu'elle est toute simple et extrêmement profonde. Je signale ici que j'ai mis en ligne, sur mon site internet, et en accès gratuit, les premiers exercices que j'ai conçus en ce sens. Ils seront suivis par d'autres exercices... pour apprendre à se foutre la paix.


Foutez-vous la paix ne serait pas une autre façon de dire : soyez présent ?


Fabrice Midal : « Soyez présent » est une injonction devenue très abstraite. Vous entrez en réunion, vous êtes stressé, angoissé. Vous répéter « Je dois être présent » ne vous sera pas très utile pour éloigner cette pression qui vous écrase et vos angoisses de mal faire. Etre présent en mangeant en pleine conscience ou en marchant en pleine conscience ne cible pas la cause de notre souffrance. Nous souffrons parce que nous voulons être parfaits, parce que nous ne nous autorisons pas à être. Ni même, d'ailleurs, à vivre dans un état de pleine présence.
Vous foutre la paix, c'est autre chose. C'est accepter que vous n'avez pas besoin d'être parfait : il vous suffit d'être vous-même, confronté à cette pression au moment d'entrer en réunion. C'est alors que vous serez ouvert au saut radical de la présence. Un saut libérateur sans lequel on ne vit pas le moment présent...
Foutez-vous la paix semble renfermer une promesse de laxisme...


Fabrice Midal : C'est la question centrale. Nous avons tous, y compris moi-même, l'impression que si nous nous foutons la paix, si nous arrêtons de nous torturer, nous ne ferons rien, nous cèderons au laxisme et à la procrastination – le fait de tout remettre au lendemain. Alors, nous nous torturons, persuadés que les coups de fouet nous sont indispensables pour avancer. Essayez, foutez-vous la paix. Curieusement, vous vous rendrez compte que vous êtes alors au sommet de l'activité et de la justesse en toute situation. Tout l'enjeu de mon livre est de reconnaître et de mettre en valeur les rouages de ce mécanisme.


N'est-il pas trop tard pour apprendre à se foutre la paix ?


Nous sommes conditionnés par notre éducation qui nous interdit de le faire !
Fabrice Midal : Nous sommes surtout éduqués à ne pas nous faire confiance. Depuis la plus tendre enfance, on nous enjoint de tout vérifier, de ne pas nous laisser aller, de maintenir et renforcer la pression sur nous-même. On a l'impression que si nous nous laissons aller, un horrible monstre apparaîtra. Et pour qu'il n'apparaisse pas, nous ne devons pas relâcher notre auto surveillance. C'est une manière de nous terroriser. Arrêtons de nous torturer, pour donner droit à la bienveillance, qui n'est pas le laxisme, et qui est aussi le cœur central de la méditation.


Torturer n'est pas un mot trop fort ?


Fabrice Midal : C'est le mot juste. La manière dont nous nous traitons relèverait, si on la pratiquait sur autrui, de la loi sur le harcèlement. Nous avons oublié d'acheter du café ? Nous nous insultons (« quel(le) imbécile je suis ! ») au lieu de nous réconforter comme on le ferait avec un ami (« Ce n'est pas grave, on ira au bistro du coin »). Nous arrêtons de courir pour nous poser entre deux tâches ? Ce sont encore des insultes et des coups de fouet. En fait, nous nous traitons exactement comme les esclaves du XVIIIe siècle : jamais encouragés, toujours insultés, traités de fainéants et de bons à rien.

Les esclavagistes craignaient que la moindre bienveillance à l'égard de leurs esclaves transforme ceux-ci en monstres. C'est l'attitude que nous avons avec nous-mêmes. Nous avons peur de nous foutre la paix, nous ne nous donnons pas les droits les plus élémentaires que nous accordons aux autres ! « Foutez-vous la paix » répond à un problème majeur de notre temps, révélé par le burn-out, une maladie étonnante puisque, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, des individus s'effondrent parce qu'ils veulent tellement bien faire qu'ils ne sont plus en rapport avec eux-mêmes. Foutez-vous la paix, c'est retrouver l'écoute de soi qui nous rend libres et créatifs.


Se foutre la paix, en méditant et dans la vie de tous les jours ?


Fabrice Midal : Evidemment ! Je voudrais éclairer la pratique de la méditation en tant que geste fondamental pour surmonter la violence sociale et la haine de soi. Je veux surtout montrer les applications concrètes de cette pratique dans tous les aspects de notre vie quotidienne. Chaque chapitre est une main tendue au lecteur en ce sens. Aujourd'hui, le défi n'est pas d'enseigner la méditation, mais d'appliquer la méditation à la vie quotidienne, non pas avec des exercices supplémentaires, mais avec l'idée que la perspective ouverte dans la méditation colore tout le reste de ma journée et transforme en profondeur mon rapport à moi, aux autres et au monde.

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