Opinions et Débats

La grève totale est une exception syndicale, c’est la négociation qui est la norme.

La situation de l’école publique a atteint aujourd’hui un seuil critique très grave, mais il faut avoir l’honnêteté de reconnaitre quand même, que cela ne date pas de maintenant. Elle est la résultante d’accumulation de promesses et meures démagogiques, objectivement non applicables dans l’immédiat. Promesses et mesures qui ont été gelées sciemment, par Me Wade, durant son magistère. C’est ce dernier qui a rompu l’équilibre dans la Fonction publique, en supprimant le principe fondamental d’égalité de : A diplôme égale salaire égal. Actuellement, les grévistes oublient de faire la genèse du problème pour mieux situer les responsabilités. C’est l’ancien régime qui a introduit dans l’enseignement toutes sortes d’éléments et de pratiques incompatibles avec l’éducation de qualité dans l’école sénégalaise. L’école publique ou celle de la République est en train d’être sacrifiée par une prise d’otage d’un syndicalisme enseignant anarchique, sans mesure et sans raison garder.

Certes, les enseignants en grève ont parfaitement raison et sont dans leur plein droit de réclamer leur dû, promis par l’Etat. Mais, suffit-il seulement d’avoir raison, pour franchir les limites du tolérable, surtout pour une question aussi sérieuse que l’école publique ? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle, à savoir pour des revendications pécuniaires, on s’engage à mettre en danger l’école publique et sacrifier l’avenir des enfants de la République. Des enfants qui ne comptent que sur l’école publique pour apprendre, et sur qui, la nation compte pour demain ? Il est incontestablement reconnu par tous, que le niveau des élèves, dans le public, est d’une faiblesse notoire, ce dont les enseignants sont eux-mêmes conscients. Cette faiblesse est due à la faible qualité des enseignants introduits, sans aucune formation qualifiante, dans l’enseignement public depuis la première alternance. Pour un enseignement de qualité, il faut nécessairement des enseignants de qualité, voire les meilleurs, en nombre suffisant dans l’école de la République. Cette exigence de qualité devrait une des premières préoccupations des syndicalistes enseignants, s’ils étaient logiques et conscients avec eux-mêmes.

Mais, ces enseignants, qui ne veulent pas démordent de la grève totale, ne savent-ils pas que ceux qui donnent réellement le savoir, le font par sacerdoce ? Et, donner le savoir, ne peut être rémunéré à sa juste valeur.  Généralement d’ailleurs, de tels enseignants de qualité dédaignent parler argent, comme contre partie de leur œuvre. Ils se suffisent plutôt de la réussite de leurs élèves, ce qui les comble de plaisir.

Mais notre pays, ne manque-t-il pas de militants fervents, défenseurs intransigeants et infatigables de l’école de la République ? Ecole, sans laquelle, la grande masse des enfants de la République, dont les parents, essentiellement, sont de conditions modestes, seraient privés d’éducation scolaire. L’indifférence généralisée, affichée par les populations sénégalaises, peut bien le faire penser, comme si c’était uniquement une affaire qui ne concernait strictement, que l’Etat et les syndicats grévistes. Que nenni ! C’est une question d’importance nationale, pour laquelle une solution rapide et durable doit être trouvée dans les plus brefs délais. A cet effet, toutes les parties concernées, l’Etat, les syndicats et les populations ont l’obligation et la responsabilité d’œuvrer, pour une solution acceptable dans l’intérêt de l’école publique. Si la grève est bien un droit légitime reconnu par la Constitution, son exercice exige de la responsabilité et une haute conscience professionnelle des syndicalistes. Ceci, afin de bien mesurer toutes les conséquences ultérieures qui pourraient découler de leurs actions.

Les syndicalistes ont l’impérieux devoir de faire le discernement des rôles, entre une entreprise privée capitaliste et l’Etat. Si l’entreprise gère ses affaires personnelles et ne cherche qu’à faire des bénéfices, le plus substantiellement possibles, en exploitation autant que peut se faire ses employés, l’Etat, par contre, gère les biens de la nation. Et justement, parmi ces biens, il y a l’école publique, un bien à nous tous, et que nous avons l’obligation absolue de sauvegarder, comme un outil précieux d’éducation irremplaçable, contre tout sabotage ou une liquidation, synonyme de privatisation de l’éducation publique. Les enseignants grévistes abusent de la grève, comme une arme fatale contre l’Etat, mais c’est en réalité, au détriment de l’école publique. Mais sont-ils quelque part assurés d’impunité ? Ce sont autant de questions que tout le monde doit se poser.

En tout état de cause, les grévistes doivent faire une introspection et mesurer les conséquences ultérieures de leurs actions sur l’école publique. Le statut de fonctionnaire offre certes des garanties, mais n’autorise pas tout quand même. Il doit y avoir des obligations relatives aux ayant-droits, et si tel n’était pas le cas, il y a faille quelque part.

Nous avons noté bizarrement depuis quelque temps, que seuls les syndicats relevant de la Fonction publique partaient régulièrement en grève, et de façon récurrente. Mais pourquoi donc ? Nous avons remarqué, que certains enseignants font la grève dans le public, mais dispensent des cours dans le privé, dans le même temps. Certains d’entre eux possèdent même des écoles privées. De telles attitudes, dans la présente situation de l’école publique, sont graves et expliquent certaines difficultés à trouver les solutions. Ceci montre dans une certaine mesure, le manque de patriotisme et de mesure dans leur action syndicale. De tels actes pourraient être qualifiés de trahison de l’école de la République, de la jeunesse sénégalaise, et mieux, favoriser inconsciemment la privatisation de l’école. C’est une preuve irréfutable, que de tels enseignants, ne rouleraient que pour de l’argent, et sont loin de posséder l’idéal que l’on attend d’un véritable enseignant de qualité. Nous pensons honnêtement par ailleurs, que ce n’est pas honorable et moins encore une fierté, pour un enseignant, d’être à la base ou complice d’une entreprise qui conduirait l’école de la République vers une année scolaire invalidée ou même perturbée.

Il est tout autant malsain dans une république digne de ce nom, de tout échanger ou traduire en argent, car il existe bien des valeurs au-dessus de l’argent, telles que celle de servir sa patrie avec abnégation et défendre à tout prix l’école de la République…

Mais, qu’est-ce qui fait que dans le privé nous n’y notons presque pas de grève en ce moment ? Pourtant, tout le monde sait, que les insatisfactions, le non respect récurrent et les violations incessantes du code du travail sont plus nombreuses dans les entreprises privées. Et, c’est bien en leur sein que les raisons objectives de faire une grève sont plus évidentes, compte tenu des situations précaires de l’emploi, comme les nombreux licenciements abusifs et autres cas d’injustice dont les travailleurs sont victimes.

La grève, comme seule arme syndicale, fausse l’esprit fondamental et l’essence du syndicalisme. Le syndicat doit dans le principe œuvrer, pour défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres et sauvegarder aussi l’outil de travail. Il est évident que seules des négociations sérieuses, qui excluent tout jusqu’auboutisme et toute démagogie, de part et d’autre, peuvent mener à des accords justes, fondés sur la réalité tangible.

A l’époque, il y avait très peu de syndicats d’enseignants, mais ils étaient efficaces, dynamiques, patriotiques et leurs dirigeants étaient aptes et très bien imprégnés de la chose syndicale. Ce qui n’est pas le cas avec une flopée de syndicats d’enseignants très peu représentatifs du reste, avec des dirigeants peu outillés et qui ne connaissent du syndicalisme, que l’arme de la grève. Ce qui est dommage ! On dit en wolof : « lu laate laamb » tout ce qui est excessif perd de la valeur.

Une grève, rien que pour satisfaire des revendications pécuniaires, est indigne d’un éducateur qui est considéré comme un précurseur. Un enseignant doit avoir réellement dans l’âme, l’amour et la vocation d’un éducateur, il doit être pétri de qualités professionnelles et au service de l’école publique. Celle-là qui a produit tant de génies et de cadres de haut niveau bien formés.

Il faut que nos enseignants se réfèrent à l’expérience et apprennent humblement du savoir-faire de leurs valeureux devanciers. Ces enseignants émérites, qui ont usé rarement de la grève pour régler leurs problèmes, et pour qui, l’enseignement était un sacerdoce d’abord, un moyen de formation de citoyens dotés d’un esprit sain dans un corps sain, avant d’être un gagne- pain pour eux. Leur mérité était le devoir de former de jeunes Sénégalais, qui devenus parfois des sommités, leur seraient reconnaissants de leur avoir inculqué le savoir. Au demeurant, tout le monde sait que, seul le métier d’enseignant bénéficie de ce privilège particulier, de se voir honoré de manière inattendue un jour, par un ou certains de ses anciens élèves ou étudiants, pour le savoir reçu de lui.

Enfin, le souvenir de l’université populaire nous revient subitement à l’esprit. C’était une institution populaire à l’époque, que de valeureux enseignants volontaires avaient créé bénévolement, pour dispenser des cours à des nécessiteux, qui malheureusement n’étaient pas admis dans le public et n’avaient pas non plus les moyens de se payer des cours privés. Nous regrettons vivement aujourd’hui la disparition de ce bel exemple et cette race d’enseignants patriotes, qui avaient une haute conscience de leur noble métier et devoir d’éducateur. Cette grandeur d’âme et générosité, rien que pour aider des concitoyens démunis, mais pleins de bonne volonté d’apprendre. Ces anciens ont contribué largement et gratuitement à la formation à l’époque, de beaucoup de jeunes Sénégalais à devenir ce qu’ils sont devenus, sans bourse déliée. Tout le contraire de ce qui se passe aujourd’hui sous nos yeux.

Les enseignants grévistes doivent maintenant mettre fin à leur grève par patriotisme et pour sauver l’année. Sur la base du niveau des accords obtenus, qu’ils continuent les négociations en sachant raison garder et qu’à l’impossible, nul n’est tenu. Et que l’Etat, pour sa part, respecte les engagements pris, avec un échéancier précis d’exécution dans le temps, pour que les intérêts de l’école publique soient saufs.

                                                                                                                 Mandiaye Gaye

                                                                                     Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

En dehors d’un réseau ferroviaire moderne dans un pays, il est utopique d’y prétendre l’émergence économique !

Le rôle d’un réseau ferroviaire moderne dans une économie nationale est capital et incontournable à notre époque, surtout dans un pays où l’industrie est presque absente. Et de surcroit, lorsque le Président de ce pays-là prétend avoir l’ambition et fait résolument le pari de l’émergence économique de son pays à travers le PSE dans un délai relativement raisonnable. Historiquement, il est indéniable que tous les pays, développés et industrialisés aujourd’hui, sont passés par cette voie royale du développement durable de leurs infrastructures, dont le réseau ferroviaire. Un tel pari ou une telle ambition, va forcément de paire avec la modernisation du réseau ferroviaire du pays et sa diversification, pour les besoins de tous les secteurs de l’économie nationale. Et cela va sans dire, en phase avec les progrès scientifiques et technologiques à l’ère du numérique. Voilà pourquoi, les dirigeants patriotes, conscients de leurs responsabilités historiques, dynamiques et qui ont de l’ambition pour leur pays réadaptent leurs transports ferroviaires par rapport à l’évolution de la technologie. Ils procèdent à la spécialisation de leurs transports ferroviaires selon les besoins et priorités de l’économie nationale, afin de pouvoir satisfaire les éventualités qui pourraient apparaitre. Sommes-nous aujourd’hui dans cette dynamique? La réponse, c’est bien sûr non !

Il est démontré aujourd’hui dans le monde, que seuls des réseaux ferroviaires modernes peuvent satisfaire convenablement à toutes sortes de besoin en transport, qu’il s’agisse des produits agricoles, miniers, hydrocarbures, du bétail en grande quantité etc. Et tout cela, dans la sécurité jusque chez les consommateurs et usines de transformation. Evidemment, à la condition qu’ils répondent à la performance, reposent sur les progrès scientifiques et techniques actuels et se modernisent constamment. Dans ces conditions-là, Ils offriront aux voyageurs, tout le confort et le luxe nécessaires souhaités.

Il est par conséquent utopique, que de vouloir parler d’émergence économique au Sénégal, en l’absence d’un réseau des chemins de fer à tous égards, répondant parfaitement aux normes techniques actuelles, pour tous les besoins de transport du pays, et couvrant tout le territoire national de long en large.

Nous voici à 55 ans d’indépendance, mais nos gouvernants, d’hier à ce jour, sont encore dans l’incapacité de doter notre pays d’un réseau national de chemins de fer adéquat, moderne et fonctionnel. Et la raison est bien simple, parce qu’elle résulte d’un manque de volonté évident et de détermination politique irréversible, de rupture et d’innovation. En vérité, tout cela ne justifie en fait, qu’une fuite en avant de responsabilités et d’engager fermement de grands travaux significatifs révolutionnaires, aux fins de grands bons qualitatifs à notre pays, vers l’émergence.

Mais pourquoi donc, des travaux si importants et d’une telle envergure économique comme ceux relatifs à la remise sur rails de nos chemins de fer, l’Etat se réfugie derrière ou s’attache les services d’un hypothétique repreneur ? Un repreneur, dont les capacités financières comme les compétences techniques, plus que douteuses, sont évidentes? Pourquoi par ailleurs, ceux qui ont en charge les destinées et la responsabilité de gouverner notre pays ne prennent-ils pas eux-mêmes courageusement à bras le corps, l’exécution de ces grands travaux ? Comme cela est de coutume et se pratique dans certains pays ambitieux qui veulent émerger ? Pourquoi, l’Etat du Sénégal, pour réinstaller et étendre la régie des chemins de fer dans tout le pays, ne peut pas s’appuyer sur l’expertise nationale avec l’aide de la coopération technique internationale de pays amis ? A titre d’exemple, je citerai la Chine populaire, pour son modèle de développement.

Dans le cas d’espèce, la remise sur les rails de notre régie nationale des chemins de fer est assurément, un défi fort intéressant à relever. C’est un vrai défi pour un gouvernement de rupture, qui a l’ambition de marquer son passage aux affaires et son époque aussi. Au passage et pour rappel, il est connu de tous, que l’histoire ne retient positivement dans ses annales comme bâtisseurs, que les hommes d’Etat qui ont eu à relever au cours de leur magistère, de grands défis remarquables, par la réalisation de grandes œuvres impérissables, comparables à ceux des travaux d’Hercule ou de Pharaon. Ou alors, de Mao Tsé Toung, à savoir comment il a pu transformer en moins d’un siècle, la Chine agricole de 1949, en première puissance économique mondiale aujourd’hui.

Les chemins de fer sont un service de transport public de premier ordre. Et, à ce titre, ils doivent relever exclusivement de la souveraineté de l’Etat. Ils doivent donc rester sous son contrôle strict, et être gérés dans les règles de l’art, avec une extrême rigueur et compétence à toute épreuve. Ceci pour des raisons bien simples, qui tiennent à son importance économique capitale et stratégique pour le développement d’un pays. Et également, pour la place centrale qu’ils doivent occuper dans le dispositif sécuritaire, d’assurer le transport des personnes et des marchandises en toute sécurité jusqu’à l’arrivée à bon port. Par ailleurs, comme tous les services publics tels que la Santé, l’école de la République, la sécurité, le transport public routier, à l’image de Dakar Dem Dik…, par conséquent, ils ne doivent en aucune façon, être entre les mains de privés, quels qu’ils soient.

Nous avons été depuis 2000, des témoins incontestables. Nous avons bien constaté, comment l’Etat tergiverse jusque-là dans un secteur stratégique et aussi capital de l’économie nationale, comme les chemins de fer. Et combien il perd encore du temps et d’argent en vain, dans la recherche hypothétique d’un repreneur crédible et capable de prendre en charge cette affaire. L’Etat peine depuis belle lurette à trouver une formule« magique » de montage, qui lui permettrait de remettre les chemins de fer sur de bons rails, aptes à satisfaire les besoins en tous genres et de tous les usagers. Et à ce jour, nul d’entre les candidats pour la reprise, n’a pu satisfaire, objectivement, aux critères optimums requis, pour être élu.

Cette gymnastique laborieuse de toutes ces années, vue sous l’angle du patriotisme économique, c’est une honte et absence de confiance en soi. Car, il est irresponsable de la part d’un Etat souverain digne de ce nom, de remettre un outil si précieux et un facteur stratégique aussi déterminant de développement économique, industriel, social, touristique et culturel d’un pays, à un singleton affairiste et aventurier, à la recherche d’une affaire juteuse.

Et pourtant, le Sénégal, même de l’époque coloniale, était doté d’une régie de chemins de fer apte, avec des cheminots compétents, qui ont conduit la régie à la satisfaction de ses utilisateurs, jusqu’à la décision malheureuse de sa disparition, prise par les autorités. Oui, elle était apte, parce qu’elle couvrait convenablement toutes les lignes régulières telles que : Dakar-Saint-Louis ; Dakar-Kaolack ; Dakar-Tamba-Kidira ; Dakar-Diourbel-Touba ; Saint-Louis- Louga-Linguère. La régie disposait de trains de voyageurs comme ceux de marchandises. A cela, s’ajoutait une ligne internationale régulière : L’Express Dakar- Bamako. Seul, le Sud du pays n’était pas servi par les chemins de fer.

Il est incontestable que la Régie des chemins de fer a joué historiquement un rôle très important dans la marche de notre pays, tant pendant la colonisation, que même dans les premières années de notre indépendance. Elle a beaucoup contribué dans les domaines du développement économique, social et culturel, nonobstant l’emploi d’une abondante main d’œuvre, qu’elle faisait vivre avec leurs familles. Et par ailleurs, comme moyen de transport public, la régie a, sans commune mesure, par ses prix abordables, facilité la circulation correcte et régulière des personnes et des marchandises à travers son réseau, et relativement, elle a rapproché les localités distantes, entre elles.

Curieusement, malgré cet apport hautement significatif du passé des chemins de fer, les autorités gouvernementales, du temps de Diouf, n’avaient rien trouvé de mieux à faire, que de commettre cette bêtise monumentale, consistant à démanteler la régie nationale des chemins de fer du Sénégal. Ce non-sens économique fait partie des graves erreurs de gestion commises par les socialistes. Le régime de Diouf avait, à l’époque, obéit docilement aux injonctions de la Banque mondiale et du FMI, au détriment des intérêts supérieurs de notre pays. C’était l’époque des recettes d’ajustement structurel et de la déconstruction des bases de l’économie sénégalaise, à des fins inavouées.

Mais, il est utile nous semble-t-il, de révéler que, c’était une complicité et machination orchestrées par les grands transporteurs routiers de l’époque. En effet, ils étaient tous, des militants très influents du PS. Et dans leur folle ambition de satisfaire leur cupidité et égoïsme et de s’enrichir au détriment de l’intérêt général, ils ont manœuvré Diouf au forcing, en « l’obligeant » à décréter la mort de la régie des chemins de fer, au profit du transport routier qu’ils contrôlaient. C’est cela, la triste histoire. Et l’amorce de la mort irréversible fut faite.

C’est ainsi que, Diouf a supprimé les rails des principales lignes ferroviaires, sacrifié le matériel ferroviaire (les rails, wagons, voitures et engins lourds d’entretien), laissé en décrépitude, le patrimoine bâti (gares, ateliers et autres immobilisations) licencié froidement, une bonne partie du personnel etc. Tout cela fut fait par Diouf. Paradoxalement, sans se soucier du tout, du crime économique et social sans précédent, qu’il était en train de commettre.

Me Wade, successeur de Diouf, est venu parachever l’acte criminel qui était en cours, en liquidant essentiellement la régie des chemins de fer dans le pays. Me Wade, premier informel, comme il se proclamait lui-même, a procédé à des montages économiques abracadabrants et fantaisistes, au profit toujours de ses amis. Comme tout cela était fait sans conviction, ce fut un échec patent qui maintenait la régie dans l’agonie et le Coma.

Macky Sall, le vainqueur de la 2e alternance, était fort attendu sur la question par beaucoup de Sénégalais, déçus du régime libéral, comme le porteur d’espoirs, des ruptures profondes et des conclusions des Assises nationales. Mais hélas ! Lui aussi tergiverse et fait du surplace depuis trois ans, à remettre les chemins de fer sur les bons rails. Quel dommage !

Mais, est-il sérieusement permis de penser un seul instant, que ces trois dirigeants aient pu perdre totalement de vue, l’importance exceptionnelle que les chemins de fer représentent effectivement dans le développement global et durable dans un pays, qui veut concrètement émerger ?  Mais, ont-ils aussi perdu de vue que l’émergence exige fondamentalement, l’adaptation permanente de l’économie, du social et de la culture au progrès scientifique et technique en cours universellement ?

Imaginez ce que serait devenu aujourd’hui, certains pays d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’ailleurs sans réseau ferroviaire de chemins de fer diversifiés et au diapason de la technologie actuelle ? Il est bien établi et reconnu actuellement dans le monde, que le réseau ferroviaire, dans ses multiples versions en circulation, offre un moyen de transport rapide, confortable, sécurisé, fonctionnel le plus adaptable aux exigences de toutes sortes de transport. Le train est le seul moyen de transport de longue distance dans lequel on trouve tout le luxe nécessaire et souhaité. Le chemin de fer est un moyen de transport irremplaçable dans les circonstances actuelles, car il répond à toutes les formes de transport imaginable. Ce qui fait sa spécificité, c’est son caractère multiforme et adaptable, pour servir avec satisfaction toutes les branches de l’économie nationale.

Dans la perspective des ambitions et objectifs déclarés dans le cadre du PSE et au-delà, et compte tenu de la production record envisagée en produits agricoles dont le riz –autosuffisance alimentaire en vue-, il faut bien avoir des moyens de transport adéquats, au risque de les voir pourrir par endroits dans le pays. Les exploitations des différentes mines de phosphate et de fer, comme des futurs puits de pétrole et de gaz en vue, auront aussi besoin des chemins de fer et moyens de transport spécifiques pour régler définitivement la question de leur transport.

Mais, qui dit chemins de fer, dit logiquement, une grande capacité et volume de transport d’envergure en tous genres. Et, en raison aussi de la forte demande en main-d’œuvre de tous ordres, compte tenu des immenses besoins qu’un tel secteur exige et offre, c’est une source d’emplois directs et indirects inestimable.

Aujourd’hui, tous les pays du monde développent et modernisent leurs infrastructures, parmi lesquelles les réseaux ferroviaires, sur la base des progrès scientifiques et technologiques. Dans le même temps au Sénégal, le réseau ferroviaire est détruit ou quasiment inexistant. Et l’Etat, en lieu et place de mesures fortes, idoines et de pratiques fermes pour sauvegarder les intérêts du pays, non, il mène encore des négociations interminables et stériles sans lendemain sur le sort de la Régie. C’est pourquoi, il peine toujours à réhabiliter le réseau ferroviaire, comme il se doit, et le sous-estime comme priorité et apport considérable pour la réussite du Plan Sénégal Emergent (PSE), de la relance économique et surtout une révolution agricole.

Aujourd’hui, il est impensable, voire rare, de trouver un pays dans le monde, qui se respecte, sans un réseau ferroviaire performant, moderne, confortable, rapide. Par-dessus cela, il dispose d’une grande capacité et un volume de transport voyageurs et de toutes les autres formes de transport marchandises, allant des phosphates, minerais de fer, hydrocarbures, produits agricoles, du bétail, etc. Il offre en plus, en matière d’accidents par rapport à la route, qui tue beaucoup, plus de sécurité.

Enfin, Il faut aller maintenant au travail utile et à l’essentiel, donc taire les débats stériles politiciens qui empoisonnent toujours le pays !

Mandiaye Gaye

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Sauver l’honneur ou succomber aux ambitions du Pouvoir ?

En écoutant certains concitoyens, on a comme l'impression, que le référendum prévu ne portera que sur l'unique point de la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, et non, sur une nouvelle constitution qui tiendra compte de toutes les réformes des institutions, dont la réduction du mandat présidentiel. Depuis presque un an, tout est fin prêt, avec la proposition globale de la CNRI pour aller directement sans tarder au référendum, après les observations et amendements du président de la République. Nous voilà encore, en train de perdre énormément de temps dans des conjectures et autres discussions oiseuses sur le sexe des anges. Le président doit prendre ses responsabilités en conformité et respectant ses engagements pris sans contrainte aucune, librement devant son peuple. Ses partisans, qui le poussent à se dédire, ne sont préoccupés en fait que par la sauvegarde de leurs intérêts cupides personnels, à savoir pour pouvoir garder encore deux ans leur actuelle part du gâteau. Monsieur le président, nous avons perdu trop de temps avec ce procès de Karim. Maintenant qu’il est classé, il faut aller à l'essentiel, poursuivre la traque des biens mal acquis sur les restants de la liste –un engagement ferme aussi-, accélérer la cadence du travail et s'attaquer aux urgences primordiales qui concernent la majorité des Sénégalais dans le besoins. Il faut aussi stopper les privilèges et autres situations de rente. Alors, au travail maintenant, car il se fait tard!

Le peuple n’a signé de contrat qu’avec le président de la République et non avec personne d’autre parmi ceux qui parlent. Et, n’oubliez pas monsieur le président qu’à l’heure de la sanction, c’est vous Macky Sall, qui le serez, sur la base de votre résultat satisfaisant ou le contraire. Vous le serez aussi négativement, si vous revenez, en vous dédisant, sur un engagement solennel réaffirmé plus d’une fois publiquement à travers le monde. Osons penser tout de même, que le président Macky Sall est suffisamment conscient ,et sait parfaitement, que quitter le pouvoir démocratiquement, ce n’est pas la fin de sa vie, et qu’après le pouvoir, il y a bien une autre vie, qui peut être aussi honorable. Mais à la condition, de jouer franc jeu avec son peuple et d’exécuter dans les règles de l’art, une gestion vertueuse du pouvoir, des affaires de la République et du respect strict de ses engagements.

Encore une fois de plus, notez monsieur le président, que toutes ces vociférations et incantations de vos fans, du moment, ne vous serviront à rien aujourd’hui comme demain, car le peuple souverain et les électeurs qui donnent le pouvoir à qui ils veulent, ne vous jugeront que sur la base vos résultats performants.

Et, par ailleurs, souvenez-vous bien monsieur le président que, Me Wade ne peut en aucune façon vous servir d’un bon exemple ou modèle en matière de démocratie et de gestion vertueuse des affaires de la république. Dès lors, marcher sur ses traces serait une grave erreur et une tentative suicidaire de votre part. Et, en le faisant malgré, vous obtiendrez comme lui, le même résultat, à savoir à une probable défaite inéluctable à la prochaine présidentielle, si toutefois, les préoccupations essentielles des larges couches populaires du pays n’étaient pas satisfaites à temps. Et en plus, si vous prenez le risque de vous renier.

Ensuite, il est en fin temps, pour que l’ordre soit instauré dans le parti du président, l’APR et de sa coalition Macky 2012. Les contradictions et la cacophonie sont telles, qu’on se demande parfois, s’il y a un pilote aux commandes dans ce parti ? Parti dans lequel, les déclarations contredisant la décision prise solennellement par le chef du Parti et de l’Etat fusent de partout et de n’importe qui. Cet état de fait montre à suffisance, le désordre manifeste qui règne au sein de l’APR, comme c’est le cas dans une armée mexicaine. On note également, comme du reste, un manque de respect notoire de tous ces militants à l’endroit de leur premier dirigeant. Ceux-là qui, contre toute attente, ne se gênent nullement de faire publiquement à travers les médias, des déclarations qui prennent complètement le contrepied de celle du chef de l’Etat, sur cette question capitale, qui engage son honneur. Curieusement et malgré tout, Le président Macky Sall ne tire jusque-là pas, la sonnette d’alarme pour mettre fin à la récréation et ce tohubohu, qui n’ont que trop duré. Pourtant, il est net et clair, que tous ces gens-là n’auraient jamais osé observer un tel comportement avec Wade dans le PDS. Autrement, même dans n’importe quel autre parti politique où l’on voue un minimum de respect dû au rang du chef, un tel comportement de ces apéristes singulier est inadmissible et condamnable.

En vérité, tous ces « amis » ou militants, qui envahissent les médias pour inviter le chef de l’Etat à faire du « Wax waxeet », n’ont personnellement rien à cirer dans cette affaire, parce que tout simplement, c’est la parole du président de la République, et non la leur, qui est mise en cause et son honneur qui risque d’être souillé. Voilà pourquoi, le président ne doit point les écouter, et moins encore, tenir compte de leurs déclarations intempestives et indécentes, qu’ils lui suggèrent. Sur ce point précis d’ailleurs, les militants de l’APR, qui poussent Macky Sall à ne pas respecter sa parole d’honneur, sont mal placés pour porter la critique à BBY. Selon eux, l’attitude de BBY manque de solidarité avec l’action du président ou qu’il ne le soutient pas conséquemment.

Au demeurant, le président de la République pour sauvegarder véritablement son honneur, ne peut et ne doit en aucune façon contourner la voie obligée, qui est celle, de soumettre au référendum après ses observations, la nouvelle constitution issue de la proposition globale de la CNRI, qui prend effectivement en charge, une bonne fois pour toutes, toutes les réformes voulues et attendues par notre peuple. Dans un cas pareil, l’honneur est sauf pour tout le monde. Puisque justement, tout le monde est tenu de se conformer au résultat sorti des urnes et exprimé par le peuple souverain. Toute autre voie de raccourci ou de manœuvre politicienne, ne pourrait être que celle de toute honte bue, à savoir celle du reniement et déshonneur. Souhaitons vivement alors, que le vent de la raison, de la sagesse, de l’honneur et du respect de la parole donnée l’emporteront et prélaveront sur les folles ambitions de se maintenir au pouvoir, quel qu’en soit le prix.

Ceux-là, qui évoquent le coût du référendum perdent de vue que, des institutions fortes, crédibles, fiables, démocratiques, incontestables et pérennes n’ont pas de prix ? Et par ailleurs, de tous les scrutins, le référendum est le moins cher et le plus simple à organiser, parce qu’il n’ya que deux bulletins, au nombre des inscrits.

Monsieur le président de la République, il vous appartient de prendre en toute objectivité vos responsabilités face à l’histoire et au peuple sénégalais !

Mandiaye Gaye

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Seydou Gueye, un politicard hâbleur

Les propos virulents de Seydou Gueye à l'encontre du Président Pape Diop  sont exagérés, indignes et sans fondement.

Les refus d'une décoration contrairement à ce que pense Seydou Gueye ne sont pas si rares. De nombreuses personnalités dans le monde l'ont refusée pour des raisons diverses, de Louis Aragon à Albert Camus, de Claude Monet à Hector Berlioz, ou de Jean-Paul Sartre à Simone de Beauvoir.

Le président Pape Diop est tout à fait libre de refuser sa décoration car il a toujours considéré comme Thomas Pikety, économiste et auteur à succès que la priorité des peuples est ailleurs. Macky Sall, en campagne électorale permanente ne travaille pas mais amuse la galerie par des cérémonies officielles. Il a brisé l’espoir du peuple sénégalais  qui l’a élu Président de la république. Tourner la page Macky Sall est un impératif pour garantir  une alternance politique saine, crédible et viable.

Quant à notre cher Seydou Gueye,  recyclé après sa cinglante défaite électorale, est dans la cour présidentielle des courtisans. Cet assemblage d'incompétents  ou le seul travail et d’initiative demeurent des querelles médiocres, des conflits de vanité, des coups bas et des mesquines trahisons. Dans ce cabinet présidentiel obscur et sulfureux, Seydou Gueye ne brille pas par la pertinence de ses prises de positions mais par la bassesse de ces attaques aux adversaires politiques.

Pour assurer une position personnelle auprès du Président, Seydou Gueye est prêt à tout. C'est la raison pour laquelle, il excelle dans  l'invective et la courbette. C'est un illusionniste, un politicard qui n’a ni vision, ni conviction,  qui ne comprend même pas le sens de l'histoire et qui lorgne toujours dans le  sens de ses intérêts. D’Abdourahim Agne à Macky Sall, pour ne citer que ceux-là, le parcours politique sinueux de Seydou Gueye illustre le destin du traître, toujours à l'affût de ses propres intérêts personnels.

La fédération Bokk Gis Gis de France exhorte le président Pape Diop à rester fidèle à son engagement auprès des sénégalais car l'honorabilité doit être décernée par le peuple et non par le gouvernement.

La fédération Bokk Gis Gis de France

logotwitterFacebook