Opinions et Débats

Article paru dans Marianne daté du 12 décembre 2014/Eloge de l'autorité. Généalogie d'une (dé)raison politique par le Professeur Robert DAMIEN/Paris X Nanterre

 


Robert Damien, auquel la Bibliothèque nationale de France a consacré récemment une journée d'étude, fait partie de ces philosophes qui, trop peu connus du grand public, font pourtant la richesse et la diversité du paysage intellectuel français. Son dernier ouvrage, Eloge de l'autorité, suscite des échos de plus en plus nombreux. Marianne est parti à la rencontre de ce penseur original et rigoureux.


Marianne : Hannah Arendt avait diagnostiqué, il y a plus de cinquante ans, une crise de l'autorité. Récemment, dans Marianne, Jean-Claude Milner a parlé d'« acratie » pour désigner le renoncement de nos gouvernants à exercer leur pouvoir. Comment vous situez-vous par rapport à ces deux auteurs ?


Robert Damien : Je suis globalement d'accord avec le diagnostic de Jean-Claude Milner. L'autorité, c'est la capacité de s'augmenter (l'étymologie le dit), à être plus et meilleur ensemble. Ma question est : d'où vient cet affaissement de la prise de décision et de la capacité à en assumer les conséquences ? Ma réponse est que nous ne vivons pas une crise de l'autorité mais des autorités. En contexte démocratique, il y a une pluralité d'autorités, toutes légitimes, qui définissent nos appartenances, mais qui sont en concurrence. Gaston Bachelard parlait de « pluralisme cohérent » pour la science contemporaine. C'est pour nous le grand défi : comment peut-on être plusieurs, tout en restant un ? Comment être industriel et écologue, français et européen, mondial et national, marchand et républicain ? On cherche le nouveau tisserand. « Il est cruel, disait Bachelard, de ne pas réaliser un amour idéal, mais plus cruel encore de ne pas pouvoir idéaliser un amour réel. » Nous vivons une crise des idéalisations, des croyances symboliques qui structurent notre histoire. A cela s'ajoutent deux phénomènes nouveaux, la révolution numérique des transmissions et le pouvoir médiatique ordonnant la « dictature douce » de l'opinion.


A quelle nécessité répond aujourd'hui un éloge de l'autorité ?


En contexte démocratique, toute autorité est récusable. Il n'y a pas de chefs sans chef. On me donne l'ordre de faire quelque chose, je le fais, mais je me pose la question du pourquoi sans risquer la mort. Lorsque le pouvoir n'est pas capable de donner publiquement ses raisons, il devient monstrueux. Notre tradition philosophique est anti-autoritaire : selon elle, la liberté réside dans la seule autonomie du sujet personnel, dans la capacité à décider par soi-même sans rien devoir à personne. On a confondu l'autorité avec son abus : en réalité, la personnalité autoritaire n'a pas d'autorité. Il n'y a pas d'autorité sans respect ni réciprocité dans l'augmentation. Quelles que soient la taille et la nature du groupe, il faut que ceux sur qui s'exerce l'autorité aient le sentiment par leurs relations de s'élever, de grandir. Ce qui implique des ruptures : le maître change chez celui que l'on appelle justement l'élève une opinion en savoir informé, instruit de ses limites.


Nous sommes, dites-vous, « politico-lésés ». D'où peut provenir la guérison ?


Nous vivons depuis un demi-siècle l'effondrement des idéaux moteurs d'élévation commune, ceux de la nature, de Dieu, de la raison, du prolétariat universel, qui furent les grandes matrices de croissance, de croyance, de confiance. Trois désastres, la Shoah, Hiroshima et le goulag, ont constitué un traumatisme philosophique. D'où la question : comment assumer le déclin des absolus tout en pensant une autorité légitime, comment par exemple penser à un Etat stratège, en Europe, alors que nous vivons sous hégémonie culturelle américaine ? Il faut réinventer un Etat stratège sous le régime des souverainetés plurielles.
Dans votre dernier livre, Eloge de l'autorité, vous rappelez la question fondamentale de Dostoïevski : « Devant qui s'incliner ? » Quelle réponse lui donnez-vous ?
Une autorité fraternelle qui me permet de m'augmenter sans léser mes intérêts et en me donnant toujours la liberté de l'interroger, de la critiquer, et surtout de m'en retirer. Sans ces conditions, il n'y a pas autorité, mais domination.


Vous vous êtes particulièrement intéressé à la figure du conseiller du prince. Ne pensez-vous pas qu'un intellectuel a tout à perdre à quitter ainsi son champ de compétences spécifiques ?


Je n'ignore pas que beaucoup de philosophes se sont perdus à se mêler de politique, Platon le premier. Pour autant, je crois à la légitimité du conseil, l'être humain est un être conseillable, un être en devenir équivoque, menacé de discordance. Un homme incertain, fini, doit pouvoir entendre d'autres voix que la sienne pour s'accomplir. Pour constituer cette autorité légitime, il faut des qualités comme l'intelligence instruite, le discernement judicieux, la continuité conséquente. Ces qualités s'acquièrent en rencontrant d'autres points de vue. C'est cette pluralité des voix qui m'a poussé à m'intéresser au modèle bibliothécaire de la pluralité confronté au modèle biblique du Livre. L'action s'effectue toujours dans l'anxiété de l'incertain. Pour décider, il faut rectifier le tir, refondre les hypothèses, savoir en rendre compte publiquement et cela, avec équanimité, en serrant les dents, comme disait Marc Bloch. Un grand politique est celui qui veut les conséquences de son choix, en assumant les effets pervers. Le mauvais chef est celui qui dit : « Je n'ai pas voulu cela ! »


Il n'y a pas de pouvoir sans corps pour l'incarner. Mais les corps peuvent-ils encore exister dans la vidéosphère ?


L'exigence de se contrôler en est encore accrue : sont requises la maîtrise du style, l'éloquence du maintien, la correction de la tenue. Je parle d'une « esth/éthique » de l'autorité, pour désigner ce port qui est aussi un transport. Il n'y a pas d'autorité sans corps augmenté, redressé par la puissance symbolique qui le promeut. Quand le corps personnel de la carcasse prend le dessus sur le corps symbolique de la fonction, l'autorité fuit dans la caricature du guignol.


Vous militez pour des « eutopies » contre les utopies. Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par là ?


« Eutopie » signifierait en grec « lieu de bonheur ». Nous connaissons des lieux de bonheur, au sens d'augmentation. Cela se concrétise par des objets simples, comme le rasoir, la maison, les baskets, le ballon ou encore le lit de la chambre où nous aimons. Mais les eutopies passent aussi par des concepts. Ils nous permettent de rendre intelligible avec joie ce qu'on perçoit ou de mieux transmettre ce que l'on a saisi : l'école, le paysage, le patrimoine, la ville, etc. Il y a aussi les rencontres avec des personnes qui, par leur altitude, sont des moments eutopiques, car elles accroissent nos capacités de devenir. Mon prochain livre, qui s'intitule Eutopiques, rassemblera des analyses des objets, des lieux, des auteurs, des concepts, qui sont des exercices personnels d'autorité.

En quoi consisterait le « nouvel esprit politique » que vous appelez de vos voeux ?


La volonté de penser un nouveau cogito, ce que j'appelle un cogito relationnel d'obligations mutuelles et réciproques qui permettrait de constituer un nouvel idéal du nous. Je m'inscris dans une tradition désormais minorée, qui est celle des économies de la coopération compétitive. Ce n'est pas l'individu, ni le capital lui-même qui est producteur de plus-value, mais le nous collectif des coordinations. Le libéralisme a su réexaminer ses propres fondements philosophiques et retrouver avec succès Adam Smith, Locke ou Tocqueville. Le socialisme, de son côté, doit pouvoir faire la même chose pour repenser l'appropriation des richesses produites. Il y a tout un travail à faire pour redécouvrir les théoriciens de la pensée coopérative.


Vous avez été entraîneur de rugby ; pour vous, l'« esprit d'équipe » permet de comprendre ce que peut réaliser à une échelle plus grande une communauté politique. A propos des matchs de rugby, vous avez écrit que l'échec est, plus que le succès, porteur de l'histoire. Diriez-vous la même chose du politique ?


Je pense que oui. C'est pourquoi l'examen critique de notre histoire est absolument déterminant. Un homme politique sans humus historique est inquiétant. Il faut comprendre comment une équipe, une troupe de théâtre, un groupe militaire, etc. peut se créer en affrontant l'adversité. L'échec ne doit pas être humiliant, accusateur. L'échec peut donner confiance si on l'explique, si on en rend compte publiquement, en exhibant les raisons pour les dépasser.


 Robert Damien en cinq dates


1949 : naissance à Bourg-en-Bresse.
1975 : agrégation de philosophie.
1992 : doctorat d'Etat (thèse intitulée « Le philosophe conseiller du prince »).
2006 : professeur à l'université Paris-X Nanterre.
2013 : publication d'Eloge de l'autorité, généalogie d'une (dé) raison politique, Armand Colin, 560 p., 29,90 €.

Survivance-Nos sociétés doivent se débarrasser des castes, le Sénégal et l’Afrique y gagneraient.

Il FAUT NOUS DEBARRASSER DES CASTES, DECASTER NOTRE SOCIETE par Alioune TINE

ichrono.info donne la parole à chacun pour qu'il s'exprime dans le respect, en voici un exemple concrét.P Cissoko


Est-ce concevable que ceux qui ont gravement souffert de discriminations raciales puissent accepter les discriminations au sein de leur propre société ? Commençons d'abord par dire que la race n'existe pas en dépit des apparences morphologiques sur lesquels on se fonde souvent pour les classer ou fonder des typologies. Il existe un génome humain mais pas un génome racial.il n'existe pas de gêne spécifique pour noir, blanc ou jaune. De plus, les découvertes faites depuis 7milions d'année (Toumai au Tchad )atteste de façon récurrente que l'Afrique reste le berceau de l'humanité .J'en conclus que le concept de race est une construction pseudo scientifique ,une dangereuse construction idéologique qui a conduit aux pires crimes que l'humanité ait connue: le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, à l'esclavage et à la traite négrière à la colonisation , aux pires crimes commis par les nazis et les fascistes . Aujourd'hui encore aux discriminations et inégalités dont souffrent les immigrés partout dans le monde.

Revenons aux castes qui nous concernent concrètement.

Existe-il une gêne qui définit une caste chez nous ? Évidemment Non. Trois fois non? Nous sommes tous croyants et aucune religion révélée dans notre société ne reconnaît les cadres. Comme le concept de race celui de caste est une construction culturelle et idéologique qu'il faut reconnaître, il n'est reconnu ni par la constitution, ni par les lois de la République. Ce sont des préjugés qui relèvent de lois non écrites et c'est là qu'ils ont la vie dure. Et c'est par là qu'il faut les traquer et les chasser de notre tête où ils ont été fabriqués. Quand on regarde un peu leur fondement ou leur construction on peut facilement les démonter. Il s'agit d'un processus historique de péjoration des métiers de l'artisanat traditionnel et de certains métiers artistiques: forgeron, bijoutier, cordonnier, tisserand, chanteur sculpteur, etc. Des historiens ou des sociologues sont mieux placés pour de construire ou expliquer le processus historique et sociologique de construction des idéologies ou de cette sous culture. Mais nous pouvons poser comme constat que ce phénomène apparaît dans nos sociétés qui sont préindustrielles. Dans toutes les sociétés industrielles ou ses métiers existent et font l'Objet de disciplines pointues ça n'existe pas. Le système de caste n'existe pas dans l'industrie automobile ou aéronautique pas dans l'industrie de chaussures, ou encore le show-business. C'est parce-que nous sommes encore une société artisanale que nous continuons à avoir cette perception le jour où des efforts seront faits pour que les cordonniers de Ngaye mekhe qui fabriquent des chaussures magnifiques seront soutenus et renforcés pour créer une industrie du cuir exportant partout dans le monde la perception va radicalement changer.


"DECASTER "nos sociétés en nous débarrassant définitivement de ses conceptions rétrogrades et archaïques donneraient une crédibilité et une forte légitimité à notre discours contre le racisme et toutes les formes d'intolérances et d'excusons qui minent notre société. Par-là nous commencerons également à déconstruire l'instrumentalisation politique des différentes identités qui créent des conflits souvent meurtriers sur le Continent
J'entre dans le débat en apportant aussi l'on point de vue sur les castes sociétales. Il s'agit là de rapport de domination créée par l'homme au cœur des évolutions. Il n'est nullement dit quelque part qu'il y a un être supérieur à un autre même scientifiquement. Osons dire les choses contre ces déviations qui plongent dans le tort meurtrier de tous les jours. Si l'Afrique est victime de nombreux conflits c'est en part dû à ce comportement fort établi par nous humains.


La république islamique de Mauritanie fonctionne sur la base des castes et de l'esclavage. Ils disent se conformer à l'Islam et Au coran. Ils doivent avoir leur livre à eux différent de celui que nous connaissons.


Mbaye FISSE


Merci M. Tine pour avoir soulevé ce débat très intéressant. C'est un phénomène très compliqué et je crois il faut l'aborder par le paradigme de la complexité. Ces phénomènes n'ont aucune place dans nos sociétés d'aujourd'hui ou, je le crois, la méritocratie doit prévaloir au détriment de l'origine ethnique ou what have you. Mais, comme l'a dit quelqu'un plus haut, des fois ce sont les personnes "subalternes" qui revendiquent leur subalternité même. Il y a une relation ambivalente de la part des autres personnes qui estiment occuper les rangs sociaux supérieurs.


En pays Sereer, le phénomène des griots est très présent. Je suis presque le seul dans ma famille à avoir une position «déconstructrice» sur la question. Presque tous croient dur comme fer que les griots ont un comportement qui leur serait typique. Il y a aucun mariage entre griots et les autres. Et ceux-là aussi, semblent se plaire dans cette considération. Mais d'après mes petites observations, c'est comme si la relation qui régit ces relations de pouvoir est le mobile économique de la part des "subalternes". C'est une source de revenus pour eux il me semble. Un jour, lors d'un mariage d'une cousine, les "griots" qui animaient la cérémonie avec les tams-tams se sont rués vers moi pendant j'arrivais. Il y a avait un monde fou, et vu ma timidité, j'ai leur décliné le rituel: faires des louages parce que tu es le fils de tel ou tel dans le village. Mais, d'autres membres de ma famille se sont précipités pour leur donner des billets de banque. Mais une fois de retour à la famille, ce fut le GRAND DEBAT. Tout le monde me disait que cela ne fait pas et que c'est un affront contre la tradition. Vous voyez, on a du pain sur la planche il me semble.
Pape Bakary CISSOKO trouvé sur facebook -toutes nos excuses pour les coquilles et fautes de langage qui n'enlèvent rien à la pertinence des propos.

Survivance-Nos sociétés doivent se débarrasser des castes, le Sénégal et l’Afrique y gagneraient.

 

Il FAUT NOUS DEBARRASSER DES CASTES, DECASTER NOTRE SOCIETE par Alioune TINE
Est-ce concevable que ceux qui ont gravement souffert de discriminations raciales puissent accepter les discriminations au sein de leur propre société ? Commençons d'abord par dire que la race n'existe pas en dépit des apparences morphologiques sur lesquels on se fonde souvent pour les classer ou fonder des typologies. Il existe un génome humain mais pas un génome racial.il n'existe pas de gêne spécifique pour noir, blanc ou jaune. De plus, les découvertes faites depuis 7milions d'année (Toumai au Tchad )atteste de façon récurrente que l'Afrique reste le berceau de l'humanité .J'en conclus que le concept de race est une construction pseudo scientifique ,une dangereuse construction idéologique qui a conduit aux pires crimes que l'humanité ait connue: le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité , à l'esclavage et à la traite négrière à la colonisation , aux pires crimes commis par les nazis et les fascistes . Aujourd'hui encore aux discriminations et inégalités dont souffrent les immigrés partout dans le monde.


Revenons aux castes qui nous concernent concrètement. Existe-il une gêne qui définit une caste chez nous ? Évidemment Non. Trois fois non? Nous sommes tous croyants et aucune religion révélée dans notre société ne reconnaît les cadres. Comme le concept de race celui de caste est une construction culturelle et idéologique qu'il faut reconnaître, il n'est reconnu ni par la constitution, ni par les lois de la République. Ce sont des préjugés qui relèvent de lois non écrites et c'est là qu'ils ont la vie dure. Et c'est par là qu'il faut les traquer et les chasser de notre tête où ils ont été fabriqués. Quand on regarde un peu leur fondement ou leur construction on peut facilement les démonter. Il s'agit d'un processus historique de péjoration des métiers de l'artisanat traditionnel et de certains métiers artistiques: forgeron, bijoutier, cordonnier, tisserand, chanteur sculpteur, etc. Des historiens ou des sociologues sont mieux placés pour de construire ou expliquer le processus historique et sociologique de construction des idéologies ou de cette sous culture. Mais nous pouvons poser comme constat que ce phénomène apparaît dans nos sociétés qui sont préindustrielles. Dans toutes les sociétés industrielles ou ses métiers existent et font l'Objet de disciplines pointues ça n'existe pas. Le système de caste n'existe pas dans l'industrie automobile ou aéronautique pas dans l'industrie de chaussures, ou encore le show-business. C'est parce-que nous sommes encore une société artisanale que nous continuons à avoir cette perception le jour où des efforts seront faits pour que les cordonniers de Ngaye mekhe qui fabriquent des chaussures magnifiques seront soutenus et renforcés pour créer une industrie du cuir exportant partout dans le monde la perception va radicalement changer.
"DECASTER "nos sociétés en nous débarrassant définitivement de ses conceptions rétrogrades et archaïques donneraient une crédibilité et une forte légitimité à notre discours contre le racisme et toutes les formes d'intolérances et d'excusons qui minent notre société. Par-là nous commencerons également à déconstruire l'instrumentalisation politique des différentes identités qui créent des conflits souvent meurtriers sur le Continent

J'entre dans le débat en apportant aussi l'on point de vue sur les castes sociétales. Il s'agit là de rapport de domination créée par l'homme au cœur des évolutions. Il n'est nullement dit quelque part qu'il y a un être supérieur à un autre même scientifiquement. Osons dire les choses contre ces déviations qui plongent dans le tort meurtrier de tous les jours. Si l'Afrique est victime de nombreux conflits c'est en part dû à ce comportement fort établi par nous humains.

La république islamique de Mauritanie fonctionne sur la base des castes et de l'esclavage. Ils disent se conformer à l'Islam et Au coran. Ils doivent avoir leur livre à eux différent de celui que nous connaissons.

Mbaye FISSE 
Merci M. Tine pour avoir soulevé ce débat très intéressant. C'est un phénomène très compliqué et je crois il faut l'aborder par le paradigme de la complexité. Ces phénomènes n'ont aucune place dans nos sociétés d'aujourd'hui ou, je le crois, la méritocratie doit prévaloir au détriment de l'origine ethnique ou what have you. Mais, comme l'a dit quelqu'un plus haut, des fois ce sont les personnes "subalternes" qui revendiquent leur subalternité même. Il y a une relation ambivalente de la part des autres personnes qui estiment occuper les rangs sociaux supérieurs.

En pays Sereer, le phénomène des griots est très présent. Je suis presque le seul dans ma famille à avoir une position «déconstructrice» sur la question. Presque tous croient dur comme fer que les griots ont un comportement qui leur serait typique. Il y a aucun mariage entre griots et les autres. Et ceux-là aussi, semblent se plaire dans cette considération. Mais d'après mes petites observations, c'est comme si la relation qui régit ces relations de pouvoir est le mobile économique de la part des "subalternes". C'est une source de revenus pour eux il me semble. Un jour, lors d'un mariage d'une cousine, les "griots" qui animaient la cérémonie avec les tams-tams se sont rués vers moi pendant j'arrivais. Il y a avait un monde fou, et vu ma timidité, j'ai leur décliné le rituel: faires des louages parce que tu es le fils de tel ou tel dans le village. Mais, d'autres membres de ma famille se sont précipités pour leur donner des billets de banque. Mais une fois de retour à la famille, ce fut le GRAND DEBAT. Tout le monde me disait que cela ne fait pas et que c'est un affront contre la tradition. Vous voyez, on a du pain sur la planche il me semble.

Pape Bakary CISSOKO trouvé sur facebook    -toutes nos excuses pour les coquilles et faute de langage qui n'enlèvent rien à la pertinence des propos.

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Il FAUT NOUS DEBARRASSER DES CASTES, DECASTER NOTRE SOCIETE par Alioune TINE
Est-ce concevable que ceux qui ont gravement souffert de discriminations raciales puissent accepter les discriminations au sein de leur propre société ? Commençons d'abord par dire que la race n'existe pas en dépit des apparences morphologiques sur lesquels on se fonde souvent pour les classer ou fonder des typologies. Il existe un génome humain mais pas un génome racial.il n'existe pas de gêne spécifique pour noir, blanc ou jaune. De plus, les découvertes faites depuis 7milions d'année (Toumai au Tchad )atteste de façon récurrente que l'Afrique reste le berceau de l'humanité .J'en conclus que le concept de race est une construction pseudo scientifique ,une dangereuse construction idéologique qui a conduit aux pires crimes que l'humanité ait connue: le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité , à l'esclavage et à la traite négrière à la colonisation , aux pires crimes commis par les nazis et les fascistes . Aujourd'hui encore aux discriminations et inégalités dont souffrent les immigrés partout dans le monde.


Revenons aux castes qui nous concernent concrètement. Existe-il une gêne qui définit une caste chez nous ? Évidemment Non. Trois fois non? Nous sommes tous croyants et aucune religion révélée dans notre société ne reconnaît les cadres. Comme le concept de race celui de caste est une construction culturelle et idéologique qu'il faut reconnaître, il n'est reconnu ni par la constitution, ni par les lois de la République. Ce sont des préjugés qui relèvent de lois non écrites et c'est là qu'ils ont la vie dure. Et c'est par là qu'il faut les traquer et les chasser de notre tête où ils ont été fabriqués. Quand on regarde un peu leur fondement ou leur construction on peut facilement les démonter. Il s'agit d'un processus historique de péjoration des métiers de l'artisanat traditionnel et de certains métiers artistiques: forgeron, bijoutier, cordonnier, tisserand, chanteur sculpteur, etc. Des historiens ou des sociologues sont mieux placés pour de construire ou expliquer le processus historique et sociologique de construction des idéologies ou de cette sous culture. Mais nous pouvons poser comme constat que ce phénomène apparaît dans nos sociétés qui sont préindustrielles. Dans toutes les sociétés industrielles ou ses métiers existent et font l'Objet de disciplines pointues ça n'existe pas. Le système de caste n'existe pas dans l'industrie automobile ou aéronautique pas dans l'industrie de chaussures, ou encore le show-business. C'est parce-que nous sommes encore une société artisanale que nous continuons à avoir cette perception le jour où des efforts seront faits pour que les cordonniers de Ngaye mekhe qui fabriquent des chaussures magnifiques seront soutenus et renforcés pour créer une industrie du cuir exportant partout dans le monde la perception va radicalement changer.
"DECASTER "nos sociétés en nous débarrassant définitivement de ses conceptions rétrogrades et archaïques donneraient une crédibilité et une forte légitimité à notre discours contre le racisme et toutes les formes d'intolérances et d'excusons qui minent notre société. Par-là nous commencerons également à déconstruire l'instrumentalisation politique des différentes identités qui créent des conflits souvent meurtriers sur le Continent

J'entre dans le débat en apportant aussi l'on point de vue sur les castes sociétales. Il s'agit là de rapport de domination créée par l'homme au cœur des évolutions. Il n'est nullement dit quelque part qu'il y a un être supérieur à un autre même scientifiquement. Osons dire les choses contre ces déviations qui plongent dans le tort meurtrier de tous les jours. Si l'Afrique est victime de nombreux conflits c'est en part dû à ce comportement fort établi par nous humains.

La république islamique de Mauritanie fonctionne sur la base des castes et de l'esclavage. Ils disent se conformer à l'Islam et Au coran. Ils doivent avoir leur livre à eux différent de celui que nous connaissons.

Mbaye FISSE 
Merci M. Tine pour avoir soulevé ce débat très intéressant. C'est un phénomène très compliqué et je crois il faut l'aborder par le paradigme de la complexité. Ces phénomènes n'ont aucune place dans nos sociétés d'aujourd'hui ou, je le crois, la méritocratie doit prévaloir au détriment de l'origine ethnique ou what have you. Mais, comme l'a dit quelqu'un plus haut, des fois ce sont les personnes "subalternes" qui revendiquent leur subalternité même. Il y a une relation ambivalente de la part des autres personnes qui estiment occuper les rangs sociaux supérieurs.

En pays Sereer, le phénomène des griots est très présent. Je suis presque le seul dans ma famille à avoir une position «déconstructrice» sur la question. Presque tous croient dur comme fer que les griots ont un comportement qui leur serait typique. Il y a aucun mariage entre griots et les autres. Et ceux-là aussi, semblent se plaire dans cette considération. Mais d'après mes petites observations, c'est comme si la relation qui régit ces relations de pouvoir est le mobile économique de la part des "subalternes". C'est une source de revenus pour eux il me semble. Un jour, lors d'un mariage d'une cousine, les "griots" qui animaient la cérémonie avec les tams-tams se sont rués vers moi pendant j'arrivais. Il y a avait un monde fou, et vu ma timidité, j'ai leur décliné le rituel: faires des louages parce que tu es le fils de tel ou tel dans le village. Mais, d'autres membres de ma famille se sont précipités pour leur donner des billets de banque. Mais une fois de retour à la famille, ce fut le GRAND DEBAT. Tout le monde me disait que cela ne fait pas et que c'est un affront contre la tradition. Vous voyez, on a du pain sur la planche il me semble.

Pape Bakary CISSOKO trouvé sur facebook    -toutes nos excuses pour les coquilles et faute de langage qui n'enlèvent rien à la pertinence des propos.

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