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La philosophie, un art de vivre-Catherine Halpern* Muscler sa volonté, un leurre scientifique Jean-François Dortier in scienceshumaines no 43

Jui 29, 2016
La philosophie, un art de vivre-Catherine Halpern* Muscler sa volonté, un leurre scientifique Jean-François Dortier in scienceshumaines no 43

 


La volonté est comme un muscle : on peut l'entraîner pour la fortifier, mais elle s'épuise quand on la sollicite trop. Cette belle leçon de psychologie vient d'être sévèrement remise en cause, provoquant un émoi dans la communauté des chercheurs. Mais, au fait, la psychologie est-elle si scientifique qu'elle le prétend ?
La volonté est comme un muscle : à force d'être sollicitée, elle finit par s'épuiser. Voilà ce que pense avoir démontré le psychologue Roy Baumeister au cours d'une expérience réalisée à la fin des années 1990, qui lui a valu la célébrité.


Trois groupes d'étudiants sont invités à résoudre un casse-tête logique. Ce qu'ils ne se savent pas, c'est qu'il n'existe pas de solution au problème posé. Question : combien de temps leur faudra-t-il pour renoncer ? Réponse : 19 minutes, en moyenne. Sauf pour un groupe qui abandonne beaucoup plus vite, au bout de 8 minutes. Ce groupe-là avait dû se soumettre un peu plus tôt à un autre test, où leur volonté était aussi en jeu. Il s'agissait de rester dans une pièce, en présence d'un plat de cookies au chocolat tout chauds placés à côté d'un plat de radis, la consigne étant de ne goûter que les radis (sans toucher aux cookies). Leur self-control ayant été mis à l'épreuve, ce groupe a abandonné plus rapidement face au casse-tête qui suivait. La conclusion semblait évidente : face à un effort prolongé, la volonté finit par s'effondrer. Mais à cette mauvaise nouvelle s'en ajoute une bonne : si la volonté s'épuise face aux efforts, on peut aussi l'entraîner comme on entraîne un muscle. Grâce à des exercices progressifs, on peut renforcer son self-control et muscler sa volonté.


L'article de 1998 qui relatait cette expérience (1) titrait sur « l'épuisement du moi » (« ego depletion »). Il allait faire la fortune de son auteur. Dans les années suivantes, des équipes de psychologues se sont emparées de cette notion et l'ont appliquée dans différents domaines impliquant la volonté : des régimes alimentaires au travail scolaire, de la lutte contre les addictions à l'entraînement sportif.
En 2011, dans son livre Willpower. Rediscovering the greatest humain strenght, (Volonté. Redécouvrir la plus grande force humaine), R. Baumeister présentait une synthèse de ces recherches et en tirait quelques bons conseils en vue de « muscler son moi ».
L'effondrement...des résultats !


Or, voilà qu'au printemps 2016, une publication jette un pavé dans la mare. À l'initiative de l'APS (Association for Psychological Science), les expériences sur l'ego depletion ont été refaites en suivant un protocole rigoureux dans deux douzaines de laboratoire dans le monde. Et les conclusions sont sans appel : les équipes ont massivement échoué à reproduire les résultats antérieurs (2) !
« Nada. Zéro. Rien ! (3) », voilà comment Michael Inzlicht, professeur à l'université de Toronto, résume dans un tweet vengeur l'absence d'effets reproductibles de l'ego depletion.


À vrai dire, pour Martin Hagger (4), qui a piloté ces nouvelles études, le phénomène de l'épuisement du moi n'est ni tout à fait vrai ni tout à fait faux. En fait, l'affaire se révèle terriblement plus complexe. Dans l'ensemble, la contre-enquête n'a pu repérer aucun effet mesurable en croisant toutes les données ; mais dans le détail, on constate surtout de grosses variations de résultats selon les procédures d'enquête : selon que l'on utilise des petits ou de grands échantillons, selon que l'expérience est réalisée dans tel ou tel laboratoire ou même selon que l'expérience est menée dans telle ou telle langue ! Cette hypersensibilité aux conditions expérimentales pose un grave problème pour la validité des expériences. « Cela signifie que même avec un contrôle très strict des protocoles, les psychologues de différents laboratoires échouent à s'accorder sur la façon de faire », note M. Hagger, avant d'ajouter que « cela a des implications plus générales sur la science psychologique ».
64 % des résultats en psychologie non reproductibles !


La remise en cause d'un pan entier des recherches dans ce domaine très en vogue qu'est la maîtrise de soi est déjà en soi une nouvelle troublante. D'autant qu'elle s'inscrit dans un contexte plus global de suspicion à l'égard des recherches en psychologie. Depuis quelques années, des chercheurs se sont lancés dans un grand projet de vérification des expériences. 270 psychologues du monde entier se sont réunis dans un « Consortium Open Source » (OSC) à l'initiative de Brian Nosek, professeur à l'université de Virginie. Ils se sont livrés à un exercice sévère mais salutaire : reproduire 100 études respectant les canons de la recherche scientifique et ayant fait l'objet de publications dans des revues de psychologie très sérieuses. Or, le résultat de leur contre-enquête est accablant : dans les deux tiers des cas (64 %), les résultats ne sont pas reproductibles ! Un tiers seulement (36 %) des études reproduites confirme les résultats initiaux (5).
Ce pavé dans la mare, publié dans Science (6) en août 2015 a, on l'imagine, suscité des remous dans la communauté des psychologues. S'en est suivie une polémique qui est encore en cours (7). Début 2016, des chercheurs de Harvard ont riposté dans la revue Science, en contestant les résultats de l'OSC. Leur tribune a aussitôt été suivie d'une réponse à la réplique puis d'une réponse à la réponse, etc.


En gros, le débat, ressemble à l'échange suivant :
OSC : « Nous avons prouvé que les deux tiers des d'études ne sont pas reproductibles. »
Harvard : « Vous vous trompez : 1) vous avez violé les règles de l'échantillonnage dans le choix de vos 100 études en ciblant des études suspectes ; 2) une partie de vos études de réplication ne sont pas de bonne qualité et vous avez fait des erreurs statistiques. »
OSC : « Non, nous n'avons pas fait d'erreurs statistiques. »
Harvard : « Si ! vous êtes nuls en stats ! »


OSC : « Pourquoi vous prenez un ton si agressif ? »...
Nul ne sait qui sortira vainqueur de ce que certains appellent déjà « The Great Replication Debate ». Les blogs avec des arguments très techniques se poursuivent. Une chose est sûre, il va falloir, poursuivre ce débat de près, s'armer de rigueur, de patience et donc d'une solide bonne volonté.
NOTES
1. Roy Baumeister et al., « Ego depletion. Is the active self a limited resource ? », Journal of Personality and Social Psychology, vol. LXXIV, n° 5, mai 1998.

2. APS, « A multi-lab pre-registered replication of the ego-depletion paradigm reported », à paraître dans Persepective of Psychological Science

3. Michael Inzlicht, « Big news : RRR of ego depletion reveals no effect. Nada. Zip. Nothing », tweet envoyé le 29 janvier 2016.

4. Martin Hagger, « Rumours of the demise of ego-depletion are (somewhat) exaggerated ». www.martinhagger.com

5. Mathieu Nowak, « Près des deux tiers des études en psychologie ne peuvent pas être reproduites ». www.sciencesetavenir.fr/sante/20150827.OBS4848/pres-des-deux-tiers-des-etudes-en-psychologie-ne-peuvent-pas-etre-reproduites.html

6. Brian Nosek, « Estimating the reproducibility of psychological science », Science, vol. CCCXLIX, n° 6251, 28 août 2015.

7. Voir David Larousserie, « La psychologie est-elle en crise ? », 5 avril 2016. www.lemonde.fr/sciences/article/2016/04/05/la-psychologie-est-elle-en-crise_4896152_1650684.html#wio6aVSvY0jVQ2jx.99

 

Que peut bien nous apporter la philosophie pour la conduite de notre vie ? À l'heure où la psychologie, les religions, les techniques corporelles ou les régimes en tout genre prospèrent, la question mérite d'être posée. On ne peut attendre des philosophies (car elles sont plurielles) qu'elles nous donnent des recettes toutes faites ou des réponses univoques. De l'Antiquité à l'époque contemporaine, de Socrate à Martha Nussbaum ou Richard Shusterman, l'histoire de la philosophie nous montre que les voies de la sagesse sont nombreuses. Du reste, toutes ne recherchent pas le bonheur. Bien conduire sa vie peut, en effet, répondre à d'autres attentes : faire le bien, accepter l'absurde ou la vulnérabilité, vivre en accord avec ses convictions religieuses, être vertueux... Mais toutes nous aident à prendre du recul, à appréhender l'homme autrement, à repenser notre place dans le monde et à élargir notre horizon. Ce faisant, à dépasser une approche trop souvent individualiste de ces questions. Frustrant ? Non, tout simplement lucide et réaliste. Si la recette du bien-vivre existait, nous l'aurions déjà trouvée... et tous adoptée. Chacun emprunte sa voie mais gageons que les enseignements des philosophes peuvent aider à construire la sienne. Se décentrer, voir le monde et la place de l'homme sous un autre jour, pas simplement pour penser mais aussi pour vivre différemment. Avec un souci éthique : mettre en cohérence ses idées et son existence. Ce qui n'est en soi pas une mince affaire mais, sinon, à quoi bon penser ?

Comment atteindre le bonheur, autrement dit la tranquillité de l'âme ? Par la vertu, répondent les stoïciens, laquelle dépend de nous seuls. Et pour cela, il faut sans relâche étudier, méditer, mais aussi s'exercer pour apprendre à faire face à tout ce qui peut menacer notre sérénité.
Que peut bien nous apporter la philosophie pour la conduite de notre vie ? À l'heure où la psychologie, les religions, les techniques corporelles ou les régimes en tout genre prospèrent, la question mérite d'être posée. On ne peut attendre des philosophies (car elles sont plurielles) qu'elles nous donnent des recettes toutes faites ou des réponses univoques.

De l'Antiquité à l'époque contemporaine, de Socrate à Martha Nussbaum ou Richard Shusterman, l'histoire de la philosophie nous montre que les voies de la sagesse sont nombreuses. Du reste, toutes ne recherchent pas le bonheur. Bien conduire sa vie peut, en effet, répondre à d'autres attentes : faire le bien, accepter l'absurde ou la vulnérabilité, vivre en accord avec ses convictions religieuses, être vertueux... Mais toutes nous aident à prendre du recul, à appréhender l'homme autrement, à repenser notre place dans le monde et à élargir notre horizon. Ce faisant, à dépasser une approche trop souvent individualiste de ces questions. Frustrant ? Non, tout simplement lucide et réaliste. Si la recette du bien-vivre existait, nous l'aurions déjà trouvée... et tous adoptée. Chacun emprunte sa voie mais gageons que les enseignements des philosophes peuvent aider à construire la sienne. Se décentrer, voir le monde et la place de l'homme sous un autre jour, pas simplement pour penser mais aussi pour vivre différemment. Avec un souci éthique : mettre en cohérence ses idées et son existence. Ce qui n'est en soi pas une mince affaire mais, sinon, à quoi bon penser ?


Ascète volontiers provocateur, Diogène appelle à se libérer des désirs illusoires, des liens de subordination et même des normes de la vie sociale.
Diogène, assis dans son tonneau (en fait une grande jarre) ou cherchant un homme une lanterne à la main allumée en plein jour, fut d'abord le philosophe antique prônant, avant les ermites chrétiens, l'ascèse physique la plus rigoureuse et la plus spectaculaire. Il aimait à se décrire par les vers tragiques : « Sans cité, sans maison, privé de patrie, / Mendiant, vagabond, vivant au jour le jour » (D.L. VI, 38).
Né à Sinope vers la fin du 5e siècle av. J.C., peu avant la mort de Socrate, il serait devenu philosophe à la suite de son exil. Se retrouvant sans ressources à Athènes, il aurait alors découvert la « vie simple » : la vie bonne peut et doit être trouvée dans la satisfaction la plus directe et minimale des besoins élémentaires, loin de tout désir superflu, d'ordre physique ou social (richesse, pouvoir, prestige). Ce dont nous avons besoin est, au contraire, à portée de main : les dieux ont donné aux hommes la vie facile, mais &laq [ lire la suite... ]
Depuis Platon, la philosophie, faussement désincarnée, est portée au mépris de la vie sensible. Nietzsche l'appelle au contraire à être affirmatrice et à nous réconcilier avec l'existence.


« J'ai toujours écrit mes œuvres avec tout mon corps et ma vie : j'ignore ce que sont des problèmes "purement spirituels". » À lire cette déclaration de Nietzsche, on devine à quel point sa pensée s'oppose à la compréhension usuelle de la philosophie, qui en fait une entreprise purement intellectuelle, visant la saisie désincarnée de la vérité et du savoir. On ne s'étonne plus, de ce fait, de voir ce penseur accorder dans son œuvre une place aussi centrale aux questions les plus directement engagées dans la vie concrète : celle du régime alimentaire par exemple, ou celle de l'attention portée aux lieux de séjour, et à l'influence exercée par les conditions climatiques qui leur sont propres, celle du choix des loisirs, ou encore des fréquentations, longuement analysées, en particulier dans ce qui devait être le dernier ouvrage du philosophe, Ecce homo. Une philosophie authentique ne saurait se désintéresser des condition [ lire la suite...

Au sujet du dernier numéro de Sciences humaines-OUKAZI
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Bonjour,
Le numéro 43 des Grands dossiers de la revue Sciences Humaines daté de juin-juillet-août 2016, aborde un thème passionnant, celui de la philosophie comme « art de vivre ». Le titre n'est pas suivi d'un point d'interrogation, c'est donc une affirmation, mais différents philosophes, des Grecs aux modernes, en passant bien sûr, par les penseurs des Lumières, répondent à la question et abordent la philosophie sous cet angle. Trois ou quatre courts articles sont consacrés aux sagesses orientales, comme le bouddhisme ou la taoïsme, avec quelques lignes sur Confucius.
Une petite phrase en page 33 - les écoles philosophiques fermées dans l'empire byzantin au 6ème siècle s'épanouissent « sous la domination musulmane » - nous explique que les auteurs de l'Antiquité attendront les traductions arabes pour revenir vers l'Occident. Mais de sagesse ou de philosophie musulmane, point.
Je me suis demandée pourquoi la revue a fait l'impasse sur l'Islam.. Pascal et Kierkegaard ont « fait le choix de Dieu », donc la question de la religion n'est pas en cause et malgré Tertullien, il y a la possibilité d'être un humain tout en touchant le ciel, d'avoir la tête dans le ciel et les pieds sur terre, comme l'expriment les disciples de Rumi... et Spinoza. La religion peut être pratiquée comme une sagesse et donc une philosophie. Cela veut-il dire que la civilisation musulmane n'a pas produit de penseurs, de sages ou de philosophes ? Henri Corbin a publié un ouvrage de plus de cinq cents pages sur la question, précisant que la religion musulmane a produit des philosophes, notamment chez les Chiites, d'une richesse et d'une profusion extrêmes, allant des rationalistes aux soufis, en passant par toute une palette de pensées, bien sûr liées à Dieu et au rôle de l'humain dans la création. A l'heure actuelle, il est encore difficile d'aborder certaines pensées tant leur complexité déroute.
La philosophie musulmane qui me convient et qui convient à nombre de personnes, musulmans de naissance ou non, est le soufisme. Cette pratique religieuse est un véritable art de vivre qui a pour but fondamental « la paix de l'âme », comme les Stoïciens le stipulent.


La pensée de Plotin a un goût très proche de celle des soufis qui estiment que la méditation sert à « se purifier » pour agir et « vivre l'instant » d'une manière totalement détachée des vicissitudes de la vie : « J'ai envoyé de vous un prophète en vous, pour qu'il vous re-cite mes signes et vous purifie, pour vous apprendre l'Ecriture et la Sagesse et vous apprendre ce que vous ne savez pas. Rappelez-vous de Moi, je me rappellerai de vous, rendez grâce à Dieu et ne voilez pas la réalité. Vous qui avez la foi, attachez-vous à la prière et à l'espérance, Dieu est avec les gens de l'Espérance » Coran 2-151-152-153. Cela signifie en langage clair qu'il faut atteindre la « citadelle intérieure » (Plotin), peuplée de démons qui composent l'ego, qu'il faut apprivoiser, tous les jours, grâce à la prière et à la méditation. C'est ce qui s'appelle ne cesser jamais de sculpter sa propre statue jusqu'à ce que l'éclat divin de la vertu se manifeste (encore Plotin). C'est parce que « la vie humaine reçoit sa direction non seulement des raisons humaines mais aussi des raisons divines » (Thomas d'Aquin). Que peut signifier le mot « Ecriture » dans ce verset ? Ne serait-ce pas quelque chose de stable, de gravé ? Si l'on se rappelle le divin tous les jours, Il se rappelle de nous dans la mesure où l'on parvient à la paix, parce que la prière permet le lien avec le divin et l'espérance nous soutient dans cette recherche de l'Absolu. Tout cela est-il de la philosophie ? En tout cas, c'est un art de vivre que tentent nombre de pratiquants musulmans de par le monde.


« Vivre l'instant » est le maître-mot des soufis, n'est-ce pas un art de vivre ? Vivre l'instant, c'est à dire ne plus s'occuper du passé qu'on ne peut pas défaire et ne pas se préoccuper de l'avenir qui n'est pas encore (Montaigne). C'est se priver du superflu (Pyrrhon), ce qui n'est pas une privation, puisque c'est superflu. Si Dieu est maître de l'univers, le soufi est maître de son temps et doit se façonner tout au long de sa vie, en faisant chaque jour son examen de conscience (Epicure) pour atteindre une espèce de nirvana qui s'appelle chez les soufis, le « détachement » et qui se termine dans l'anéantissement en Dieu et la non-dualité (philosophie indienne) : c'est le principe de l'Unicité. On meurt avant de mourir, car la sagesse des humains doit être fécondée par celle du divin auquel on s'abandonne chaque jour (Boèce). On devient un être « complet », assumant pleinement ses divers aspects : spirituel, humain, féminin, masculin. N'est-ce pas un art de vivre que de mettre en œuvre un état d'esprit qui nous incite à vivre ensemble, à protéger le vivant, à prendre soin des autres ? La philosophie et la sagesse tirées de l'Islam tendent à faire du fidèle un pessimiste sur les épreuves du monde comme Cioran, un jouisseur de la nature comme Rousseau et surtout à trouver la paix de l'âme comme les stoïciens.

Force est de constater que le numéro de Sciences Humaines a bel et bien fait l'impasse sur l'Islam. Ou peut-être vont-ils publier un numéro spécial sur la philosophie musulmane.

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