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La « science » africaine : article proposé par Jean Michel NZIKOU

Mai 01, 2016
La « science » africaine : article proposé par Jean Michel NZIKOU

 

Pour les chercheurs, la surprise a été de découvrir que de nombreux textes reflétaient les connaissances scientifiques développées entre le VIIIème et le XVIème siècle en Inde, en Chine, en Grèce et à Bagdad. Ce qui amène à une période antérieur à l'arrivée des Européen. Jusqu'à présent, on pensait que le continent africain était resté en dehors de l'influence de ce savoir, et que ce n'est qu'après la conquête européenne que les mathématiques et l'astronomie avaient pris souche.

En 2006, une équipe de chercheurs de l'Université du Cap (Afrique du Sud) s'est associée avec l'Université de Bamako (Mali) pour traduire des manuscrits. Leur objectif était de découvrir la profondeur des connaissances en mathématiques des savants de Tombouctou, de savoir si ceux-ci observaient les phénomènes astronomiques et quelles conclusions, ils en tiraient.

14 manuscrits sur les milliers qui les attendent ont déjà été traduits. L'un d'entre eux, écrit en 1723 par Abul Abbas, un érudit de Tombouctou, est un commentaire de plusieurs travaux réalisés par d'autres savants.
Trois cents ans après le traité de Copernic qui place le Soleil au centre de notre système de planète, le texte décrit un univers de planètes tournant autour de la Terre.« Ce texte prouve que les astronomes de Tombouctou n'étaient pas en contact avec leurs collègues européens », explique Thebe Medupe, le directeur sud-africain du projet « mais qu'ils tiraient leurs connaissances des travaux des savants des autres pays musulmans».

Les manuscrits contiennent les même concepts et les même erreurs que les textes orientaux. Les calculs mathématique et la géométrie utilisés à Tombouctou s'apparentent aussi à ceux utilisés par les érudits du Proche -Orient.

Pour Thebe Medupe, cette seule découverte est un énorme pas en avant. « Je crois que si les Africains sont sous-représentés dans les sciences aujourd'hui c'est parce qu'ils ne se sont pas vus dans les livres de sciences. Maintenant, ils pourront s'y retrouver ».

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