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« L'Afrique et l'héritage d'Alioune Diop : le dialogue des religions et les défis du temps présent » par Alpha SY-Sénégal

Jan 29, 2016
« L'Afrique et l'héritage d'Alioune Diop : le dialogue des religions et les défis du temps présent » par Alpha SY-Sénégal


Cinquantenaire du Concile Œcuménique Vatican II (1962 – 1965)
Colloque International
Dakar – 26-27-28-29 janvier 2016
HOTEL KING FAHD PALACE
50 ans après Vatican II

Monsieur le Président de la République ;
M. le Premier Ministre ;
Messieurs les membres du gouvernement,
Monsieur Le Maire de Dakar,
Son Excellence Monseigneur Barthélémy ADOUKOUNOU, Secrétaire Général du Conseil Pontifical pour la Culture,
Son Eminence Théodore Adrien SARR, Président de la CERAO,
Messieurs Les Représentants des Autorités religieuses et traditionnelles,
Messieurs Les membres du Corps Diplomatique
Messieurs Les représentants des Institutions Internationales,
Chers Panélistes,
Chers membres de la CAC/SEN
Chers Invités.

La Communauté Africaine de Culture/ Section Sénégal, dont la légitimité de l'implication dans ces importantes Assises devient intelligible à la lumière de sa filiation historique avec la Société Africaine de Culture, vous souhaite la bienvenue. Elle vous dit très chaleureusement merci d'avoir répondu si nombreux à son invitation.
Pour rappel, la Société Africaine de Culture a été créée en 1956, au lendemain du Premier Congrès des Artistes et Écrivains noirs. Dés 1958, l'UNESCO lui a accordé le statut consultatif, catégorie A. C'est en 2005 qu'elle est devenue la Communauté Africaine de Culture, avec comme Président le Nigérian Wole Soyinka. Elle s'évertue à relever le défi de l'adaptation de l'action des intellectuels et artistes noirs aux enjeux du XXIème siècle, en s'appuyant sur les nouvelles générations.


La Communauté Africaine de Culture compte une section sénégalaise dont les éminents membres fondateurs sont : les Professeurs Amadou Makhtar Mbow, feu Assane Seck, feu Alassane Ndaw, Abdoulaye Bathily, Thierno Mouctar Bah, Mohamed Fadel Dia, Andrée-Marie Diagne, Mamoussé Diagne, feu Amady Aly DIENG, Abdoulaye Bara Diop, Penda Mbow, Abdourahmane Sow, et Ibrahima Thioub, Mesdames Marie-Aïda Diop Wane, Madeleine Devès Senghor, Marie-Thérèse Senghor Basse et Messieurs Cheikh Hamidou Kane, Sada Kane, feu Abdoul Almamy Wane.
Dans l'esprit et d'Alioune Diop et des brillants intellectuels, d'obédiences confessionnelle et idéologique opposées et parfois même contradictoires qui ont partagé sa trajectoire, la CACSEN, s'est illustrée, entre autres, par :


- La commémoration à Dakar et à Saint-Louis, en janvier 2010, du 100ème anniversaire de la naissance du Fondateur de Présence Africaine ;
- Un vibrant hommage, rendu le 30 novembre 2013, au Professeur et Homme d'État Assane Seck, son premier président, arraché à l'affection des Sénégalais le 27 novembre 2012 ;
- L'initiation, en novembre 2014, à l'occasion de l'organisation, en terre sénégalaise du 15ème Sommet de la Francophonie, d'une caravane culturelle dénommée Parole de femmes à travers la littérature francophone de Madame de Sévigné à Ken Bugul. L'objectif de cette singulière randonnée littéraire était de redonner aux jeunes le goût de la lecture, voire de l'écriture dans l'espace francophone.
Nous envisageons de commémorer, avec le concours du ministère de la Culture et de la Communication, en avril 2016, le 50ème anniversaire du Festival Mondial des Arts nègres dont Alioune Diop a été l'initiateur.


En attendant cet important rendez-vous, nous voici, réunis autour d'un événement de portée double.


Il s'agit, d'abord, de rendre un hommage mérité au fondateur de Présence Africaine pour sa contribution précieuse à cette dynamique par laquelle « l'Église en Afrique est devenue une Eglise africaine ». Et d'un même mouvement, faire le point sur des questions essentielles soulevées lors du Concile Vatican II, échanger sur l'évolution de la personnalité africaine dans la catholicité et tenter de répondre aux défis majeurs consubstantiels aux mutations qui affectent si profondément notre planète.
Pour ce faire, le Comité scientifique, présidé de main de maître par l'éminent Professeur Aloyse- Raymond Ndiaye, a su faire preuve de détermination et de tact pour trouver les personnes-ressources, suffisamment généreuses pour nous gratifier de leur temps et de leur énergie.


Par conséquent, vous me permettrez de me contenter de dire un mot sur l'importance du dialogue, point d'ancrage des différentes problématiques de notre colloque.
Nous constituons, aujourd'hui, une humanité fragmentée qui, quoique partageant le même espace, au demeurant hâtivement qualifié de « village planétaire », loge des communautés qui se côtoient. Cette singulière coexistence est d'autant plus grosse de tous les dangers que la parole y est en péril : si elle n'y est pas censurée et/ou autocensurée, elle y est inaudible, parasitée qu'elle est par le bruit.
Dans tous les cas de figure, cette absence de communication n'autorise point la possibilité de questionner ni l'expérience de soi, encore moins celle de l'Autre, afin de les partager dans la perspective d'un enrichissement mutuel. Ce contexte de vacuité des conditions, à la fois objectives et subjectives, du dialogue suscite, dans le moyen ou long terme, non seulement la peur de l'Autre mais aussi la peur de soi.
L'une des conséquences, qui en résulte, est que notre humanité est terriblement éprouvée par de nouvelles formes de conflictualité. Celles-ci, témoignent, de quelque manière, de l'incapacité de nos contemporains à se nourrir de ces trois mamelles que sont l'Altérité, le Pluralisme et la Justice sociale.


Pourtant, en dépit des angoisses qui envahissent notre espace et des redoutables incertitudes qui s'incrustent dans notre quotidien, il convient d'admettre une certaine positivité à notre état présent. Elle consiste à nous mettre en demeure, sous peine de périr, d'aller au fond de nous-mêmes, afin de forger les outils mentaux et intellectuels qui nous permettent de nous redéployer, avec bonheur, dans l'axe du Pluralisme et de l'Altérité, sous toile de fond d'une quête inlassable de la Justice sociale. Il urge alors de questionner les cultures traditionnelles, les différentes religions et tout l'héritage philosophique d'ici et d'ailleurs, pour articuler ses valeurs à soi et celles de l'Autre, afin de créer les conditions idoines de triomphe de l'idéal d'égalité, de liberté et de fraternité que partagent tous les hommes épris de justice et de paix.


Et précisément, Monsieur le Président de la République, ce colloque, que vous avez tenu à honorer de votre présence, participe de cette volonté jamais prise en défaut de favoriser la réflexion pour la matérialisation de ce rêve qui, sans doute, a l'âge de l'humanité.
Eu égard à la pertinence des thématiques et à l'expertise avérée de nos généreux communicateurs, je suis persuadé que nous aurons droit à des productions de qualité. Je suis convaincu qu'ils sauront nous aider à détecter, dans la grisaille du moment, les signes avant- coureurs d'un monde où le Travail est assuré, la Liberté, garantie et la Dignité, préservée. Du moins, je l'espère. Je l'espère très profondément.
Pour terminer, qu'il me soit permis, au nom de la CACSEN, de remercier très sincèrement :


- Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République, pour avoir honoré nos assises de sa présence ;
- Nos différents panélistes, pour leur disponibilité et leur sens du partage ;
- Nos différents partenaires, pour avoir contribué aux conditions matérielles et financières de succès de ce colloque ;
- Le Comité scientifique, notamment son Président qui a eu l'amabilité de nous associer à l'organisation de cette importante manifestation ;
- Le Comité d'organisation qui a fait preuve d'engagement et de rigueur ;
- La presse, pour son professionnalisme.


Pleins succès à nos travaux !
Merci de votre aimable attention !


Alpha SY est professeur de philosophie, animateur de café-Philo et écrivain.

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