Billet d’humeur

Voyage en Absurdie

Sep 01, 2018 Poster par
Voyage en Absurdie

Vous vous demandez sans doute quel est ce nouveau pays, à ce jour inconnu sur le globe terrestre. Vous connaissez l’Italie, l’Arabie, la Somalie, le Mali, la Turquie, etc. mais vous ne voyez pas l’Absurdie, même en cherchant attentivement. C’est normal car il s’agit d’un royaume imaginaire.

Un pays, où à sept mois des élections, 85 candidats se sont déjà déclarés et aspirent à devenir chef de l’Etat. Oui, vous avez bien lu. Un chiffre pléthorique ! Et sans doute un peu plus encore depuis que j’ai commencé à rédiger ce billet d’humeur. Avant, vraisemblablement, d’être proche d’une centaine à l’heure de la clôture des candidatures … Quelle absurdité lorsqu’on sait que la population du pays est à peine de seize millions d’habitants !

Certes, il faudra à ces candidats, pour s’aligner sur la ligne de départ, réunir quelques 52 000 signatures de parrainages, réparties dans les 14 régions du pays, à raison d’au moins deux mille par région. Gageons qu’à la suite de cette récente réforme constitutionnelle voulue par le pouvoir en place, les rangs vont rapidement s’éclaircir, de façon drastique. 

Quant à ceux qui auront franchi ce premier écueil ils devront en surmonter un second, à savoir le versement d’une caution de trente millions CFA (environ 45 000 euros). Ce qui est loin d’être dérisoire.

Résultat, les rescapés de cette course d’obstacles seront vraisemblablement moins d’une dizaine en février prochain pouvant espérer succéder à Macky Sall.

Car ce pays dont nous parlons, c’est bien sûr le Sénégal, qui, à travers, cette mascarade électorale ne donne pas la meilleure image internationale de lui-même. Alors, me direz-vous, pourquoi cette absurdité si l’on sait d’avance que la plupart des personnes déclarées aujourd’hui ne seront pas présentes demain ? Il y a d’abord celles pour qui il s’agit là d’une opération de com’, une façon de faire parler d’elles, d’être invitées à la radio et à la télévision, de prendre date pour l’avenir. En clair de faire un tour de piste, comme au cirque, et puis de s’en aller.

Et il y a les autres, celles qui monnaieront leurs parrainages de façon « sonnante et trébuchante » ou par quelques gratifications obtenues auprès du candidat victorieux après lui avoir apporté leur soutien, même tardif, ici un poste dans l’administration, là une autorisation ou un passe-droit quelconque, ailleurs une exonération fiscale, etc.

Finalement, au royaume de l’Absurdie, des petits malins vont s’en mettre plein les poches, « business is business », et tant pis si cela a pour conséquences de brouiller le scrutin électoral et de tourner en dérision une élection capitale pour l’avenir du pays.

Au final, c’est la démocratie qui en sortira plus affaiblie. Ainsi va la vie au royaume de l’Absurdie.

Le Directeur de publication 

d’Ichrono

Violences faites aux femmes sénégalaises :  Une situation inacceptable !

la lecture de l’étude publiée par Imagine Africa Institute on ne peut s’empêcher d’être saisi d’horreur. On y découvre en effet sous la plume de Pierre Sané son président le « calvaire de femmes sénégalaises battues, tuées, violées, mutilées, harcelées ».

Un sujet que connaît particulièrement cet ancien secrétaire général d’Amnesty International qui se dit choqué et révolté du silence de ces violences « étouffées dans le carcan familial ou villageois ».

Le plus grave pour Pierre Sané est que cette violence quotidienne semble « sournoisement admise par notre culture ».

L’explication viendrait-elle d’une société essentiellement patriarcale dans laquelle l’homme peut disposer de plusieurs épouses ? La polygamie favoriserait-elle cette banalisation ?

Le plus grave est que de nombreux hommes croient pouvoir épouser autant de femmes qu’ils peuvent et aussi les répudier et les violenter à leur guise. 

l’évidence, il y a là, compte tenu des abus constatés, une correction à apporter à cette pratique issue de la société et de la religion. Cette situation est d’autant plus inacceptable que dans la société africaine trop de mariages sont « arrangés » et ne sont pas le résultat de véritables histoires d’amour.

Cette situation a pour conséquences que les violences, comme les autres différends familiaux, se règlent à la maison et que les tribunaux sont rarement saisis, d’où l’impunité qui en résulte. 

Les élections présidentielles de l’année prochaine offrent l’opportunité aux responsables politiques et aux candidats d’intervenir dans ce débat actualisé par la récente affaire « Ndeye Coumba Diop » (du nom de cette jeune femme de 18 ans victime de son mari violent), qui a ému la population sénégalaise et les réseaux sociaux fin juillet, car la mobilisation de quelques ONG ne suffit pas aujourd’hui pour stopper ces agressions qui sont une insulte à la dignité humaine et au respect que l’on doit aux femmes. 

Il leur appartient de faire entendre leur voix. Nous les attendons.

Le Directeur de la publication

Ichrono

Quand Macky Sall s’offre un paquebot à roulettes

Depuis quatre ans le président Macky Sall roulait en Cadillac « royale », une voiture qui avait été commandée par son prédécesseur Me Abdoulaye Wade, qui avait en même temps acheté une dizaine d’autres voitures de luxe, notamment des 8X8 haut de gamme pour sa sécurité. « Au diable l’avarice ! »

Les voitures et Macky Sall, c’est une longue histoire d’amour si l’on songe que peu avant la coupe du monde de football il avait offert à Aliou Cissé, le sélectionneur des « Lions » une superbe BMW dernier cri de couleur blanche, histoire d’aider à sa préparation à la veille de la compétition[jD1]. « Quand on aime, on ne compte pas ! », surtout s’il s’agit de l’argent du contribuable.

Il est vrai que quelques années plus tôt il avait fait cadeau de Mercedes classe S350 à certains ministres et de dizaines de 4x4 Toyota à des députés. Alors que quelques temps auparavant il « appelait à adopter de nouveaux comportements contre la mauvaise utilisation des ressources de l’Etat » A croire que le départ d’Abdoulaye Wade, « le vieux », n’avait rien changé et l’Etat restait toujours une vache à lait, quel que soit l’occupant du palais présidentiel.

C’est dans ce contexte qu’on apprend aujourd’hui que le chef d’Etat, vient de s’offrir une Mercedes « Maybach S600 Pullman Guard ». Avec un nom pareil nul doute qu’il ne peut s’agir que d’un joyau exceptionnel. De fait le prix : 1 milliard de francs CFA (1,4 millions d’euros) laisse rêveur dans un pays qui souffre de pénuries d’eau, de famine, d’une mauvaise prise en charge médicale et de l’enseignement.

En clair, Macky n’hésite pas à s’appliquer à lui-même l’adage bien connu : « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Précisons, histoire de faire saliver le bon peuple, que cette limousine de plus de 5 tonnes, longue de 6,5 mètres dispose d’un empattement de 4,4 mètres. Blindée, celle-ci est capable de résister à des tirs d’armes automatiques et est équipée d’un moteur V12 de 530 chevaux pour une vitesse maximale de 160 km/h. On imagine d’ici la consommation ! Mais ne soyons pas mesquin, avec une voiture pareille on peut faire le plein à la pompe sans barguigner.

Bien évidemment l’intérieur est à la hauteur de la facture, avec un carré VIP à l’arrière, insonorisé, pouvant accueillir sur des sièges en cuir quatre passagers se faisant face, des vitres en verre stratifié, du bois en voici en voilà, des rideaux pour protéger l’intimité des occupants sans oublier un large écran LCD Bang Olufsen de 18,5 pouces escamotable électriquement. Histoire de se détendre sur le chemin en visionnant une vidéo.

A noter, que Macky Sall est le seul chef d’Etat parmi les 25 pays les plus pauvres au monde et les 16 pays « pauvres très endettés » à s’offrir une telle fantaisie. Et ce n’est pas à l’avantage du Sénégal. Ce palmarès est encore plus désastreux si l’on songe qu’il est la deuxième personnalité africaine à s’offrir un tel bolide, après … le dictateur Denis Sassou Nguesso. Une comparaison qui est loin d’être flatteuse.

Que Macky Sall profite bien de son nouveau joujou, de sa nouvelle danseuse, car dans quelques mois, en février 2019, lors des élections présidentielles, il se pourrait que les électeurs sénégalais lui présentent une autre note, et celle-ci pourrait être encore plus salée que pour cette Mercedes.

Le Directeur de la publication

Ichrono

Inédit : Candidat à l’élection présidentielle depuis son cachot !

Il n’est pas fréquent de voir un homme politique déclarer sa candidature depuis la geôle d’un pénitencier. C’est pourtant ce qui vient de se passer au Sénégal, où Khalifa Sall, depuis la prison de Reubess, à Dakar, a annoncé officiellement son intention de briguer l’investiture présidentielle en février prochain. Cette décision n’a étonné personne, seul le lieu, une cellule, depuis lequel elle a été prise, a créé la surprise.

Loin des caméras de télévision et des micros

Pour ce type d’annonce on est en effet plus habitué à un plateau de télévision, une conférence de presse, un communiqué dans un journal, lors d’un débat public, etc.  Formulée depuis un mitard la chose est singulière et fera date dans les annales de la vie politique sénégalaise. De là, à créer une jurisprudence …

Procès politique ? 

Rappelons que l’ancien maire de la capitale est incarcéré depuis le mois de mars 2017 pour détournement de deniers publics et qu’il a interjeté appel devant la Cour. Les mauvaises langues diront qu’il a pu mettre à profit tout ce temps derrière les barreaux pour établir un programme alors qu’il clame toujours son innocence et crie au procès politique « avec une procédure à charge uniquement et un empressement pour hâter le procès et son issue ».

Snober la cour ?

Là, où les choses se compliquent c’est que l’intéressé refuse désormais de comparaître devant la Cour d’appel au motif qu’il s’estime condamné d’avance. Boycotter le procès n’est peut-être pas la meilleure stratégie car les juges n’apprécient guère la politique de la chaise vide, au motif notamment qu’ils ont mauvaise conscience à rendre un jugement en l’absence du justiciable. Les procès par contumace ne sont pas leur tasse de thé.

Le compte à rebours est lancé … à 7 mois des présidentielles

Si la condamnation de Khalifa Sall en première instance devait par la suite être confirmée par la Cour de cassation alors sa candidature serait juridiquement irrecevable. A sept mois de l’échéance électorale le temps lui est désormais compté, d’autant qu’on a rarement vu un candidat conduire une campagne depuis son cachot. Et de ce point de vue les cours de récréation d’une maison d’arrêt n’offrent pas la meilleure tribune pour influencer les électeurs à la veille d’un scrutin. 

1erround : Khalifa !

Pour l’heure, avec cette annonce théâtrale, Khalifa Sall a cependant remporté un round médiatique sur le ring judiciaire. Mais la bataille promet d’être encore longue et le risque d’un KO n’est pas exclu.

Le Directeur de la publication

Ichrono  

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