Billet d’humeur

L’attitude révoltante d’Alan Sugar à l’égard des Lions de la Téranga

Dans cette coupe du monde de football qui se déroule actuellement en Russie il y a ce qui se passe sur la pelouse et ce qui se dit dans les coulisses. Et ces derniers jours, en marge de la compétition, une affaire à fait grand bruit, je veux parler de l’écart de langage, c’est un euphémisme, d’Alan Sugar, pardon Lord Alan Sugar, présentateur vedette de la BBC.

Celui-ci a cru bon tenir des propos racistes et humiliants à l’égard des joueurs de l’équipe nationale du Sénégal, allant jusqu’à comparer les Lions de la Téranga à des « vendeurs à la sauvette sur une plage de Marbella ». Alors qu’au même moment, ceux-ci battaient la Pologne 2-1, accomplissant un véritable exploit. 

A se demander ce qui a bien pu lui passer par la tête. La prude Albion nous avait habitué à des sketches de mauvais goût avec la série des Benny Hill, mais là, c’est le pompon !

Et comme si ce grossier personnage estimait n’en n’avoir pas assez fait, voilà qu’il accuse ses détracteurs de manquer d’humour. Vous avez dit humour ? J’y vois surtout pour ma part un dérapage lexical injustifiable. 

Comment, dès lors, s’étonner que le conseiller sportif de Macky Sall, Ndongo Ndiaye, ait demandé à la BBC de licencier son chroniqueur ? Certes il existe pour tout citoyen, fusse-t-il journaliste, la liberté de parole mais celle-ci trouve ses limites dans la diffamation qui elle, est sanctionnée par les tribunaux.

Le plus grave dans tout cela, et au-delà du juridisme, c’est qu’à travers ses joueurs, c’est tout un pays qui s’est senti offensé et qui a été blessé par des propos ignobles. La BBC, dont la réputation de sérieux n’est plus à démontrer, serait bien inspirée de se séparer de ce personnage sulfureux qui a terni son image. A moins que, dans un sursaut d’honneur, l’intéressé lui-même ne présente sa démission. J’en doute fort toutefois, car ce genre d’individu, qui ignore ce qu’est l’altruisme, méconnaît aussi l’amour propre. 

By, by, my lord !

Le Directeur de la publication

Ichrono  

TOUT UN PEUPLE DERRIERE LES LIONS DE LA TERANGA

Coupe du monde de football oblige ce billet d’humeur se met aux couleurs des Lions du Sénégal, qui ont signé magistralement leur entrée en compétition en battant la Pologne 2-1.

Partout dans le monde, où elle est présente, la diaspora a exulté. Mais pas autant sans doute qu’au pays, en particulier à Dakar où on a assisté à des scènes de liesse populaire place de l’Obélisque et place de la Nation, ainsi que dans de nombreuses rues de la capitale.

Seize ans, que les sénégalais attendaient ce moment ! Seize ans avant qu’ils ne voient leur patience récompensée par cette victoire improbable 90 minutes auparavant. Bien sûr, le spectacle était sur la pelouse moscovite, mais il l’était autant dans les rues de Dakar où les aficionados  (es) en vert et blanc se livraient à des pas de danse exaltés en voyant à la télévision leur équipe prendre l’ascendant sur son adversaire européen.

A la même heure, entre les chants en wolof, les klaxons et les Vuvuzelas, alors que les drapeaux vert et blanc flottaient sur les scooters et aux vitres des voitures, les langues des anciens se déliaient. Comment ne pas se souvenir de cette année 2002 lorsque les Lions d’Aliou Cissé (aujourd’hui sélectionneur) avaient battu l’équipe de France, alors championne du monde en titre, sur le score de 1-0. Qui ne souvient aujourd’hui encore de ce but historique de Papa Bouba Diop.

Et voilà qu’aujourd’hui, en Russie, ll y avait la 37èmeminute et ce but d’Idrissa Gana Gueye, puis la 60èmeavec la deuxième frappe victorieuse, signée M’Baye Niang. Presque au même moment, sur les écrans télé, Macky Sall apparaissait en gros plan, au point qu’on pouvait penser qu’il était l’auteur du but.

Mais non ! L’image était là pour nous rappeler que le chef de l’Etat sénégalais était présent en Russie pour soutenir l’équipe nationale. Bien lui en a pris, si l’on se reporte aux cris de joie poussés par des étudiants qui quelques jours auparavant le conspuaient lors de manifestations antigouvernementales. Voyant cette scène surréaliste certains crieront au coup de com’, d’autres le traiteront de démago avec cette façon de récupérer à son profit la performance des Lions de la Téranga.

C’est oublier un peu vite une évidence, le football n’est pas qu’un sport. C’est aussi un business qui génère des sommes considérables en redevance télé, achat de joueurs, transferts, merchandising, etc. C’est aussi, à ce niveau de compétition, un levier diplomatique et géostratégique sur lequel s’appuie chaque gouvernement. Mais plus encore, le ballon rond peut être un formidable moyen, le temps de la coupe du monde, pour faire taire les divisions internes et unifier le pays derrière ses onze joueurs. Des joueurs considérés durant 90 minutes comme les dieux du stade et qui incarnent l’espoir de tout un peuple.

Alors oui, Macky Sall, nous l’avons écrit, va surfer sur la vague populaire qui porte cette équipe, l’une des cinq formations africaines sélectionnées. Et nul doute qu’il attend maintenant que les Lions, dimanche 24, battent le Japon et prennent, qui sait, la tête du groupe H. Quelle fierté ce serait alors ! Quelle fierté aussi d’avoir comme sélectionneur Aliou Cissé le seul sélectionneur noir de cette coupe du monde. De tout cela, n’en doutons pas, Macky Sall saura tirer profit. C’est de bonne guerre, surtout à huit mois des prochaines présidentielles.  

Il est des investissements qui rapportent plus de dividendes que d’autres et le football est de ceux-là, mais l’opposition aurait mauvaise grâce à gâcher la fête par une polémique politicienne. Les moments d’unité nationale sont trop rares, pour ne pas être respectés et appréciés. 

Le Directeur de la publication

Ichrono 

« UBU ROI » ET LE SENEGAL

Jui 16, 2018 Poster par
« UBU ROI » ET LE SENEGAL

L’actualité offre parfois des petites pépites qui ravissent le chroniqueur. Certains diront que j’ai peut-être l’esprit taquin, mais comment résister à l’idée de mettre en pleine lumière ce que les gouvernants s’efforcent de nous dissimuler. Le pouvoir est comme une pièce de monnaie, avec son côté pile et son côté face, son aspect transparent et son côté obscur. Or le rôle des médias est de faire toute la lumière sur les impérities du pouvoir, tant il est vrai que « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ».

Prenez par exemple l’usage, pour le moins surprenant, qu’il est fait du palais présidentiel à Dakar, lieu de travail de l’actuel chef de l’Etat Macky Sall. Voici peu des étudiants n’ont rien trouvé de mieux que d’escalader le mur d’enceinte (ce qui constitue une violation de domicile) avant d’affronter les gendarmes qui se trouvaient là. Il faut dire que le protocole de la présidence n’avait pas jugé bon de leur adresser un carton d’invitation à la réception donnée au même moment en faveur des jeunes du Mouvement des élèves et étudiants apéristes (MEEL). La porte leur étant fermée ils ont donc décidé d’entrer par la fenêtre …(ce qui leur a valu une condamnation pour outrage à agents).

Cette inviolabilité du palais n’est d’ailleurs pas nouvelle et l’habitude semble avoir été prise sous le règne de Wade. A cette époque, ce haut lieu de la République était presque devenu une cour des miracles, où chacun allait et venait à sa guise quand il n’était pas l’endroit d’explications musclées. Ainsi en 2011, dans cette enceinte, pourtant normalement sécurisée, un différent a opposé des jeunes appartenant à des factions rivales du PDS (Parti démocratique sénégalais) et s’est terminé en pugilat sous forme de bataille rangée. 

Bis repetita un peu plus tard, en 2013, lorsqu’un haut fonctionnaire (le directeur général de l’Agence Nationale pour ‘Emploi des Jeunes) et un député ont choisi le bureau du directeur de cabinet de Macky Sall pour le transformer en ring de boxe et échanger des coups d’ordinaire plus habituels dans la rue que dans un palais présidentiel.

En lisant ces quelques lignes, certains prendront le parti d’en rire tellement cela semble surréaliste et relevant d’une comédie de boulevard. D’autres, au contraire, estimeront que c’est affligeant. Question image en effet cela fait tâche dans le tableau car le palais présidentiel, quel que soit le pays, représente le symbole de l’Etat, de la République et à ce titre mérite le respect.

Mais pour être respecté faut-il être respectable. Or, est-il respectable de transformer cet endroit en permanence politique comme cela a été le cas sous l’ère Wade. Comment s’étonner ensuite que des trublions n’hésitent pas à considérer le palais présidentiel comme une auberge espagnole.

Imagine-t-on pareils incidents, spectacles aussi insolites à la Maison Blanche, au Kremlin ou à l’Elysée ?

On prétend que certains chefs d’Etat ont pour livre de chevet « Le Prince » de Machiavel, à croire que les présidents successifs du Sénégal préfèrent l’ouvrage d’Alfred Jarry (1896) « Ubu roi », qui est une parodie burlesque sur le pouvoir et ses abus. A chacun ses lectures.

Le Directeur de la publication

IKrono

France – Burundi  Les ânes de la discorde !

L’histoire paraît abracadabrantesque et pourtant elle est authentique, et vaut son pesant de cacahuètes. Elle se passe dans un village de la province de Gitega au centre du Burundi. Elle pourrait commencer ainsi : « Il était une fois un ambassadeur de France, un ministre de l’agriculture burundais, une association française et une ONG locale burundaise ».

Jusque-là, me direz-vous, rien d’anormal ! Poursuivons donc.

« L’idée, très noble, de l’association française était d’aider les femmes et les enfants à transporter les produits agricole, l’eau ou le bois de chauffe en offrant à une ONG du pays … une dizaine d’ânes. Autrement dit une action généreuse et humaniste. »

Là encore, quoi de plus normal ? Attendons la suite.

« Sollicitée, l’ambassade de France accepte alors de financer l’achat des ânes en question, pensant accomplir une bonne action, de nature à renforcer les relations diplomatiques entre Paris et Bujumbura.

De fait, ou est le mal ? Décidemment le diable semble vouloir se cacher dans les détails.

« C’est alors que des proches du président de la République, Pierre Nikurunziza, ont pris la mouche (qui n’était pas tsé-tsé) en apprenant que les ânes avaient été achetés dans le pays voisin, la Tanzanie, qualifiant ce don « d’insulte à la nation ».

Bigre, voilà que la Tanzanie était source de zizanie !

L’affaire aurait pu s’en tenir là, sauf que le ministre burundais de l’agriculture, (pour qui le ridicule ne tue pas), s’est cru obligé d’ordonner « le retrait immédiat et la mise en quarantaine des dix ânes introduits dans le pays ». Qu’on se rassure, légalement, et non clandestinement.

Des ânes, otages de la politique ? Ubuesque !

A l’intention de ce ministre susceptible, insensible au sort des femmes et des enfants de son pays et, accessoirement indifférent à celui des ânes, je rappellerai la légende de l’âne de Buridan où un âne meurt de faim et de soif entre son picotin d’avoine et son sceau d’eau, faute de choisir par quoi commencer.

La morale de cette histoire est que, dans un cas comme dans l’autre, cette situation, à mourir de rire, frôle l’absurdité !

Sauf à penser que derrière cette mise en scène se cacherait une autre réalité. A savoir que Laurent Delahousse, l’ambassadeur de France à Bujumbura, n’ayant pas digéré le référendum constitutionnel du 17 mai dernier qui permet au président Nkurunziza de rester en poste jusqu’en 2034, l’aurait fait savoir. La réplique des autorités ne se serait alors pas faite attendre, sous la forme d’un coup de pied … de l’âne burundais.

Dit autrement, la réponse du berger à la bergère, mais surtout une belle histoire de corne-cul (expression du Rabelais, édition 1659, voulant dire grotesque)

Le Directeur de la publication

IChrono Info

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