Au Sénégal, le président Macky Sall réunit ce lundi 15 avril le secrétariat exécutif de son parti. Les cadres de l’Alliance pour la République ont rendez-vous avec le chef de l’État à 17h. La formation du nouveau gouvernement n’a pas plu à tout le monde. Il va falloir désamorcer les frustrations et les tensions.

Écouter les ex-ministres et les recalés du nouveau gouvernement, Macky Sall va devoir faire de la pédagogie au siège de l’Alliance pour la République. Dans le premier cercle du président, tous le reconnaissent, la frustration de ceux qui ont été laissés sur le bord de la route est bien visible. Il faut éviter les tensions qui peuvent devenir dangereuses, menaçant l’unité du parti et de la majorité présidentielle.

« Certains ont cru qu’en se battant pour la victoire, un poste au gouvernement leur serait automatiquement attribué », explique un proche du président. « Il va falloir rappeler que l’État est différent du parti », souligne à son tour le porte-parole de l’APR, Seydou Gueye. Qui ajoute : « Ce ne sera pas une réunion de lamentations, personne n’est propriétaire de son ministère », ciblant les ministres qui comme lui n’ont pas été reconduits.

Dernier défi pour le chef de l’État : maintenir dans le parti, comme les appelle l’opposition, les « transhumants », les anciens opposants ralliés à la majorité qui n’ont obtenu aucun ministère. Remotiver les troupes, tel est l’enjeu de la rencontre, pas seulement pour le quinquennat, mais également en vue des élections locales de décembre 2019.

RFI

vendredi, 12 avril 2019 17:54

Ainsi va l’actualité de la planète

En cette fin de semaine, les feux de l’actualité se tournent vers deux capitales, Khartoum et Londres. Et pour cette dernière une fois n’est pas coutume ce n’est pas pour le Brexit qui fait tourner en bourrique tous les européens.

Premier coup de projecteur : le Soudan. Voici un pays en proie à la guerre civile depuis des années, cause de milliers de victimes et d’importants déplacements de populations réduites à l’exil. Et comme l’actualité internationale nous offre assez peu d’occasions de nous réjouir saluons comme il convient la chute d’un tyran. Celle d’Omar el-Béchir qui dirigeait le pays d’une main de fer et avec un pouvoir absolu depuis trente ans.

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Crimes contre l’humanité

 Là où on pensait que la Cour pénale internationale saisie pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » finirait par avoir raison de lui c’est finalement son peule, avec la complicité d’un putsch militaire, qui aura été le plus fort après quatre mois de contestation dans la rue. Là, comme en Algérie Vox populi, vox Dei.Cette destitution n’effacera pas cependant l’horreur du Darfour, la famine et les camps de réfugiés. Avec la chute de ce dictateur de 75 ans et de son régime la situation n’est pas pour autant réglée. Il faudra du temps pour oublier qu’il avait accueilli Oussama ben Laden et rêvait de faire de son pays l’épicentre d’une internationale islamiste, d’avoir soutenu le terrorisme et surtout occasionné un génocide qui après vingt et un ans de combat aura fait deux millions de morts et quatre millions de déplacés. La nausée collective au Soudan vient de prendre fin cette semaine. 

Julien Assange n’est pas un ange !

Second coup de projecteur : la Grande-Bretagne qui fait la Une des grands quotidiens en cette fin de semaine avec l’arrestation surprise à l’ambassade équatorienne de Julian Assange. Pour le lanceur d’alerte, fondateur de Wikileaks la fuite aura duré sept ans. L’homme, barbu, vieilli, qu’on a vu hier emporté comme un vulgaire baluchon dans le fourgon de la police anglaise était à peine reconnaissable. Avec cette arrestation spectaculaire prend fin un feuilleton géo-politico-judiciaire qui aura duré six ans neuf mois et vingt-deux jours. Et si aujourd’hui certains crient leur indignation à cette « exfiltration » d’une ambassade, voulue par l’Equateur, il ne faudrait pas oublier qu’en 2010 la Suède à émis un mandat d’arrêt à son encontre pour l’entendre dans une affaire d’agressions sexuelles sur deux jeunes femmes. Assange n’est peut-être pas l’homme aussi vierge qu’il prétend l’être. Il ne faudrait pas non plus oublier que la publication de centaines de milliers de documents et la divulgation de renseignement classés secrets de l’armée américaine a été la cause de dégâts collatéraux inestimables pour l’occident. 

JULIAN ASANGE

Une extradition vers les Etats-Unis ?

Son passage vers la Suède pourrait-elle être l’occasion d’une extradition vers les Etats-Unis ? C’est là toute la question car sur place une condamnation est très vraisemblable pour « piratage informatique ». Sept ans d’exil plus cinq ans de détention, la facture risque d’être lourde pour cet Australien aujourd’hui âgé de 47 ans. La juge britannique Emma Arbuthnot, du tribunal de Westminster a quant à elle estimé que « Assange était un narcissique incapable de voir au-delà de son propre intérêt », Theresa May indiquant que « personne n’était au-dessus des lois ». L’arrestation d’Assange est tout sauf la chute d’un héros.

Jean-Yves Duval, Directeur d’Ichrono 

 

Selon Amnesty International, 2018 aurait enregistré, avec 690 exécutions capitales, le chiffre le plus bas depuis dix ans. Il y aurait là de quoi se réjouir sauf que …

…force est de constater une hausse dans plusieurs pays dont les Etats-Unis et le Japon, pays pourtant parmi les plus civilisés en Occident. Sauf aussi que ce résultat ne comprend pas la situation en Chine où les chiffres sont classés secrets d’Etat. Or selon des observateurs bien informés ceux-ci seraient de l’ordre de plusieurs milliers, ce qui évidemment, s’ils étaient avérés, rehausseraient tragiquement le constat établi par l’ONG internationale.

Prise de conscience ?

La peine de mort n’apparaîtrait-elle plus comme la panacée universelle, le remède, la solution à la criminalité ? Où s’agirait-il d’une prise de conscience face à un châtiment jugé cruel, voire barbare, indigne au 21esiècle ?

Dix ans après y avoir renoncé la Thaïlande renoue avec la peine capitale

Si en Irak, en Somalie, en Pakistan, ou en Iran le nombre des exécutions capitales à notablement baissé, en revanche en Arabie Saoudite (142), ou au Vietnam (85) celui-ci a augmenté, de même qu’aux USA (25), au Japon (15), à Singapour (13), au Soudan du Sud (7) et il est à noter que la Thaïlande à renoué avec la peine de mort qui n’avait plus cours depuis 2009.

De l’électrocution à la pendaison

Quant aux modes d’exécutions ceux-ci varient d’un pays à l’autre : décapitation en Arabie Saoudite, électrocution aux Etats-Unis, pendaison en Afghanistan, au Japon et à Singapour, injection létale en Chine et arme à feu en Corée du Nord et au Yémen.

Un acte politique courageux

Décider d’abolir la peine de mort n’est jamais chose facile. En France, en 1981, François Mitterand, sur la proposition de Robert Badinter alors ministre de la justice, à été à contre-courant de l’opinion publique en décidant de renoncer à l’emploi de la guillotine. Il est des moments ou un homme politique se grandit de ne pas épouser la volonté populaire basée sur des sentiments de revanche, de haine et non de justice. Cette question n’a pas été posée lors du grand débat que vient d’organiser Emmanuel Macron, heureusement sans doute, car il y a fort à parier qu’une majorité de l’opinion publique, trente-huit ans après l’abolition de la peine capitale, serait pour son rétablissement.

Un referendum ?

Il y a des sujets, même en démocratie, qu’il ne vaut mieux pas remettre sur le tapis, ou soumettre à une consultation populaire du genre de ce fameux RIC (referendum d’initiative citoyenne), réclamé à cor et à cri par les « gilets jaunes », au risque de faire reculer l’évolution d’une société et les progrès de l’humanité.

Jean-Yves Duval   

Dessin : Paul Baringou

                                                         Le Dessin de la semaine

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On pourrait ergoter à l’infini sur la composition qui vient d’être rendue publique du nouveau gouvernement de Macky Sall et on ne se joindra pas au chœur des courtisans qui depuis quelques heures encensent, de façon dithyrambique, la formation placée, provisoirement, sous l’autorité de Mahammad Dionne.

 

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Il y a déjà matière à dire quand on voit que 32 ministres plus 3 secrétaires d’Etat composent ce gouvernement d’un pays de moins de 16 millions d’habitants. Il y a là un pourcentage de ministre par habitant qui frise l’inflation. Peut-être est-ce une façon d’endiguer le chômage. Surtout qu’à l’image du précédent septennat on peut s’attendre dans les temps à venir à la nomination par Macky de ministres sans portefeuille histoire encore d’élargir son spectre électoral. On avait ainsi compté près d’une centaine de personnes au total ayant rang de ministresEn réduire significativement le nombre aurait pourtant été un signe positif envoyé au peuple qui aurait vu là une volontéd’assainissement des dépenses publiques. Une belle occasion manquée !

Un calcul politique

Alors bien sûr on peut s’interroger, ici et là, sur l’intérêt de tel ou tel ministère. Est-il indispensable d’avoir un ministre « de la Microfinance », un ministre des « Mines et de la géologie » etc. ces attributions n’auraient-elles pas pu être rattachées à un autre ministère. Ce chiffre pléthorique sent à plein nez le calcul politique. De même, le président a-t-il pris soin « d’arroser » les principales régions du pays afin que chacune d’entre elles puisse s’honorer d’avoir un représentant au plus haut niveau de l’Etat. Flatter les électeurs « dans le sens du poil » est un bon investissement à l’orée d’un nouveau quinquennat. Ce sont là autant de manœuvres politiciennes éprouvées.

De nouvelles têtes, mais où sont les femmes ?

On constate par ailleurs la présence de cinquante nouvelles têtes dans ce gouvernement. Est-ce par souci de renouveler l’équipe ministérielle et d’apporter un peu de fraîcheur ou n’est-ce pas plutôt qu’un certain nombre de ministres du septennat précédent ontrévélé leur insignifiance ? Heureusement que Ndèye Saly Diop Dieng a été nommée ministre de « la Femme et de la famille » cela fait (un peu) oublier que seulement 25 % des ministres sont des femmes. On est loin de la parité souhaitable dans une société ou justement celles-ci jouent un rôle important. C’est là un très mauvais symbole qui est adressée à la population féminine Sénégalaise.

Premier ministre « provisoirement »

Quant à la mascarade, elle concerne la nomination de Mahammad Dionne à un moment où Macky Sall va prochainement demander à l’Assemblée nationale la suppression du poste de Premier ministre, ce qui lui permettra de cumuler les deux postes et ainsi de « présider »et de « gouverner ».Pour mieux faire passer la pilule à Dione il l’a nommé celui-ci ministre d’Etat et secrétaire général de la Présidence, un peu comme on donne un os à ronger à son toutou.

Tuer dans l’œuf toute rivalité

Voilà autant de signes qui ne sont pas de très bon augure à l’aube d’un quinquennat qui dès son avènement voit Macky Sall s’adjuger les pleins pouvoirs. Ce n’est pas là le meilleur exemple démocratique qui soit. Est-ce cela qu’ont voulu les Sénégalais en votant pour lui On peut en douter !

Jean-Yves Duval, Directeur d’Ichrono

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