samedi, 06 décembre 2014 19:43

Gabon: un Congrès pour l'alternance à Paris

Plusieurs dizaines d'opposants gabonais sont à Paris jusqu'au dimanche 7 décembre. A l'initiative de la Convention de la diaspora gabonaise de France, les représentants de formations d'opposition, de la société civile ou encore des syndicats sont réunis depuis ce samedi matin dans un Congrès pour l'Alternance. Objectif : échanger des idées, des contacts et définir une stratégie pour contrer le président Ali Bongo et son parti le PDG.

Répression, gabegie, mauvaise gouvernance : au premier jour, l'opposition a égrainé une longue liste de griefs contre le pouvoir. Mais la polémique du moment était dans tous les esprits : l'adoption supposée du président Bongo et son origine étrangère.

Luc Bengone Nsi, candidat à la présidentielle de 2009, avait porté plainte à l'époque sur cette question. « Ali Bongo s’est fait établir un faux acte de naissance, assure Luc Bengone Nsi. Les gens ont voulu en faire un secret d’Etat. Non, on ne peut pas faire un secret d’Etat à ce niveau : Ali Bongo pour nous ne doit pas être là où il est ».

« Si le Burkina l'a fait... »

Ex-hauts responsables et ministres participent. Ainsi, certains craignent un risque de divisions interne. Marc Ona, coordonateur du mouvement citoyen « ça suffit comme ça » met en garde. « On leur a demandé de taire leurs égos. Les égos vont apparaître quand on aura mis le système dictatorial de Bongo dehors. Tant que l’animal n’est pas à terre, ce n’est la peine d’aiguiser les machettes pour le dépecer ! »

Membre du Front Uni, Pierre-André Kombila pense lui que, si rien ne marche, l'exemple burkinabé pourrait se répéter au Gabon. « Il faut que nous puissions mettre hors d’état de nuire tout le système PDG comme nos amis ont réussi à le faire au Burkina… aujourd’hui ils ont tous les moyens de la République : l’argent de la République, les armées de la République… Si le Burkina l’a fait pourquoi le Gabon ne pourrait-il pas le faire ? »

Le Congrès se terminera par la signature d'une charte commune. Reste à savoir s'il s'agit d'un texte pour rien, ou s'il sera suivi d'effet en consolidant l'union face au pouvoir.

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme national d’autosuffisance en riz (Pnar) et le besoin de booster favorablement les productions réalisées en dehors de la vallée, l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar), en partenariat avec le Fonds national de recherche agricole et Agroalimentaire (Fnraa) a procédé au lancement du « système de Riziculture intensive » (Sri).
 
Synthèse des pratiques culturales définies pour augmenter la productivité de la culture du riz, cette nouvelle technologie vise à augmenter la production du riz pluvial ou riz de plateau de 50 à 100% et même plus de ce pourcentage dans les régions dites introduites.
 
Et ce, dans une autre formule plus économique où le producteur pourra désormais atteindre ces mêmes performances en termes de rendement en consommant moins d’intrants et d’eau dans ses parcelles.
 
En effet, élargi dans les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine, ce programme est aussi un moyen sûr de combattre les nombreux déficits enregistrés chaque année dans la culture du riz, tant au point de vue production, qu’au niveau technique et climatique. En matière foncière, ces régions occupent naturellement une zone caractérisée par une forte pression foncière, une dégradation du système environnemental (érosion éolienne et hybrique), et une baisse continue de la pluviométrie qui varie actuellement entre 600 et 1000 mm /an.
 
Le système de production de riz qui est présentement adopté dans cette zone agro-écologique, est aussi caractérisé par la faiblesse des rendements, malgré les résultats obtenus lors du dernier programme d’aménagement des vallées. Alors que sur un autre paramètre, les techniciens sont toujours en mal de convergence avec les producteurs dont l’écrasante majorité pratique une culture traditionnelle et se soucient peu des conseils apportés par les techniciens.
 
Toutefois, les débats lors de cette rencontre ont essentiellement tourné autour d’un partage d’expériences afin d’inciter l’ensemble des acteurs  à s’approprier du projet et permettre aux partenaires techniques d’être assez outillés pour sa mise en œuvre.   

Le ministre en charge du Plan Sénégal émergent, Abdou Aziz Tall, était hier au Conseil économique, social et environnemental (Cese) aux côtés du Dg du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bosse), Ibrahima Wade, pour exposer sur l’état d’avancement des 27 projets et 17 réformes prioritaires du Pse. Ainsi, M. Wade annoncera qu’une première vague de 14 projets et 5 réformes a été lancée.

Le Plan Sénégal émergent (Pse) est en bonne voie. C’est du moins ce que l’on peut retenir du passage du ministre en charge du Pse et du Directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bosse) devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), hier. «Nous sommes dans les délais. Nous sommes dans la phase de préparation, ensuite il y a aura la phase d’exécution. Nous sommes en phase avec l’agenda que nous nous étions fixé au départ», a fait savoir le ministre Abdou Aziz Tall. Dans son exposé, le Dg du Bosse, schéma à l’appui, a avancé que sur les 27 projets et 17 réformes prioritaires du plan, une première vague de 14 projets et 5 réformes a été lancée. D’après Ibrahima Wade, «sur les 14 projets, 12 chefs de projet ont été recrutés». Ce sont les projets du Fer de Falémé et Dakar médical city qui ne sont pas encore pilotés. «Neuf projets sont en phase d’étude et quatre projets sont déjà en phase d’exécution», a-t-il informé. Ainsi l’habitat, l’agriculture, l’électricité et le corridor céréalier connaissent un début de réalisation. «J’aurais même pu ajouter le parc industriel et Pointe Sarène qui va faire l’objet de contrats de performance», a partagé M. Wade. Se faisant plus précis, il a souligné que «six projets sont presque déjà en phase d’opération et un projet en phase d’exploitation, c’est le projet Zircon».En ce qui concerne les réformes, le Directeur général du Bosse a expliqué que les travaux sont très avancés pour le projet de parc industriel intégré. «Nous sommes extrêmement avancés et les études sont menées pour lancer très prochainement le premier parc industriel qui est à Diamniadio», a-t-il confié. Sur le volet habitat, il a rappelé que le Pôle urbain de Diamniadio est en phase de sortie de terre et que la Cité de l’émergence a fait l’objet de pose de première pierre. Pour mesurer les avancées de ces programmes, un système de compte à rebours a été installé sur le site qui doit accueillir la cité de l’Emergence, à l’ancienne gare routière «Pompiers». «Depuis la phase de démarrage jusqu’à la phase d’exploitation, il y a toujours un système de compte à rebours qui permet de voir qui a fauté qui est en retard pour permettre de faire des ajustements éventuellement», a-t-il rassuré. Aux conseillers soucieux des projets d’agriculture, Abdou Aziz Tall a assuré qu’un accent particulier est mis sur l’agriculture et l’élevage. L’objectif, a-t-il rappelé, est d’avoir un accroissement de la production et de la productivité des céréales tels que le riz et le maïs. Diminuer les importations de riz et de maïs, c’est réduire le déficit de la balance commerciale, a-t-il déclaré en soulignant que les sommes économisées peuvent être réinvesties dans des secteurs créateurs d’emplois.

lequotidien.sn

Macky Sall a été accueilli par une marée humaine jeudi, à Touba, et sans huées, comme l’avait voulu le khalife général des mourides. Le ndigël refait surface, mais seulement sous son angle religieux. Qu’en sera-t-il des retombées électorales dont rêve tout politique ?

L’accueil populaire que Touba a réservé au Président Macky Sall jeudi est lu comme le fait du ndigël du khalife qui avait appelé ses disciples à recevoir un hôte avec les honneurs comme l’avait recommandé Cheikh Ahmadou Bamba. C’est sans doute le cas. Un respect de la consigne à la lettre, tout comme un respect à l’interdiction de huer Macky Sall et tout autre hôte de Touba. Cela dit, il convient de faire une lecture de cette foule à une seule couleur, celle religieuse, même s’il y a eu une forte dose politique à travers quelques pancartes brandies par des soutiens du Président.

Il y a fort longtemps, nombre d’observateurs avaient «tué» le ndigël. Alioune Badara Diop, chercheur à l’Ucad, avait vu juste quand il déclarait en 2012 dans Walf Grand Place : «Dire que le ndigël est révolu, c’est aller vite en besogne.» Lors de la restitution d’une étude sur le système électoral sénégalais, organisé par Enda Diapol, il ajoutait : «Il est prématuré de décréter la fin des ndigël politiques (consignes de vote), parce qu’il est conjoncturel (…) Un khalife donne le ndigël dans des circonstances particulières. Donc, on ne peut pas préjuger de ce que demain sera.» Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ndigël religieux ou politique ?
L’accueil de Macky Sall est-il religieux ou politique ? Sous l’angle de la visite présidentielle en prélude au grand magal prévu jeudi prochain, l’on est du domaine religieux. Et le khalife l’a rappelé : «Je demande aux talibés de réserver un accueil chaleureux à Macky Sall, un fils, un talibé, un hôte de marque qui vient en visite à Touba.» Là c’est le principe et le précepte du Guide des mourides qu’il appelle à perpétuer. Les politiques peuvent récupérer cette faveur et la politiser ; c’est de bonne guerre. Mais il serait exagéré d’en déduire que Touba «vote» Macky Sall avant l’heure, au sens d’un soutien politique.
Il convient de faire la part des choses, comme l’ont parfaitement fait les chercheurs Donal Cruise O’Brien, Momar Coumba Diop et Mamadou Diouf par exemple, qui distinguent le ndigël électoral de celui religieux. Dans La construction de l’Etat au Sénégal, les trois auteurs écrivaient, analysant la Présidentielle de 1988 et le ndigël de Serigne Abdou Lahat Mbacké : «On constate que c’est le moment où commence le refus du ndigël électoral chez les disciples mourides, mais aussi le début de la fin du régime socialiste qui interviendra à l’occasion des élections présidentielles de février-mars 2000.»
Et dans Le Sénégal sous Abdou­laye Wade : le Sopi à l’épreuve du pouvoir, Momar Coumba Diop et Cie ajoutaient : «La leçon à tirer de ces événements (ndigël de 1988) est qu’il existe, au sein de la confrérie, un groupe qui peut désobéir au khalife quand il sent ses intérêts menacés.» Intérêts économiques aussi comme l’affaire du paiement du fisc à Touba à la fin des années 1990.

La course pour le ndigël
Il apparaît dans le discours du porte-parole du khalife qui répondait à Macky Sall jeudi que Touba s’est faite une religion : Tous traités à égale dignité. Lorsque Cheikh Basssirou Abdou Khadre, au nom du khalife, dit à l’endroit du chef de l’Etat : «Le khalife n’a qu’une seule ambition, c’est de faire tout  pour la réussite de l’œuvre de Serigne Touba. Il a vu que depuis que vous êtes élu à la Magistrature suprême, vous ne cessez d’œuvrer pour la modernisation de Touba. En attestent les projets d’envergure… (comme) le projet Thiès-Touba (qui) montre, si besoin en était, que vous considérez Serigne Touba. Nous faisons sienne (l’œuvre de Serigne Touba) ce que disait Serigne Abdou Lahad à savoir si une personne fait des choses visibles pour vous, il faut la remercier vivement pour que nul n’en ignore. Nous vous remercions et prions que tous les projets que vous avez pour le Sénégal soient couronnés  de  succès.» C’est une bonne note et un appel passif à soutenir Macky Sall. Mais il faudra aussi relativiser, car cela n’aurait pas été évident dans un contexte électoral où Touba, conscient de la portée de tels messages, préfère prier pour tous les candidats. On se souvient encore qu’au second tour de la Présidentielle de 2012, le candidat sortant, mis en doute par Macky Sall, avait réservé son premier jour de campagne à Serigne Cheikh Sidy Makhtar. «Je suis musulman, mais j’ai choisi ma voie qui est le mouridisme. (…) Je sais que le pouvoir que je détiens vient de Touba. C’est pourquoi je privilégie Touba sur tout. (…) Voilà pourquoi je suis venu m’en référer à vous qui l’incarnez avant d’entamer la campagne pour le second tour», avait-il dit devant le khalife. Il n’y a pas eu un retour sur… allégeance, comme sur un investissement massif dans les projets de la ville de Cheikh Ahmadou Bamba. Les appels du pied, de façon récurrente et ostentatoire, n’y ont rien fait. Le porte-parole du khalife n’a dû lâcher que ceci : «Le khalife est conscient des réalisations que vous avez faites au Sénégal. Il priera pour vous, comme vous l’avez sollicité, afin que vos entreprises soient couronnées de succès. Les talibés con­vaincus qui travaillent en toute sincérité pour Serigne Touba verront, par la grâce de Dieu, leurs vœux exaucés, et nous espérons que ce sera le cas.» Lénifiant, mais pas suffisant pour une réélection.

«Réconciliation» n’est pas reconquête
Partant de ceux qui huaient le Président Sall aux Hlm, à Keur Nganda, l’on peut dire que ce sont des disciples opposés à son régime et à sa politique. Partant de la tradition mouride, et de son hospitalité héritées du Guide, il s’agit d’un «simple» ndigël religieux. «Sim­ple» pour les politiques qui rêvent tous d’un ndigël politique, mais surtout électoral encore peu évident.
Qu’est-ce que Wade et Macky Sall n’ont-ils pas fait pour obtenir ce qu’ils croyaient être la déterminante de leur élection en 2012 ? Qui ne se souvient pas de la course-poursuite entre les deux candidats arrivés au second tour, qui se bousculaient à Tawfekh, alors que Serigne Sidy Makhtar Mbacké avait choisi de se consacrer à sa retraite spirituelle ?
Cette consigne religieuse exécutée peut-elle se prolonger jusque dans le jeu électoral ? Pas si sûr. C’est tout de même dopant pour un homme à qui on prêtait une «distance» avec Touba, facteur qui aurait pesé dans la balance des Lo­cales du 29 juin dernier, avec une marrée bleue du Pds qui contrôle quasiment tout le Baol. «Ré­con­ciliation» avec Touba oui. Mais pas forcément une reconquête ?

lequotidien.sn

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