Marseille a fortement compromis ses chances de participer à la prochaine Ligue des champions, en s'inclinant 2-0 à Bordeaux, terre maudite depuis bientôt 42 ans, vendredi soir en ouverture de la 31e journée de L1.

Encore une fois, l'histoire s'est répétée pour les Olympiens en panne de confiance depuis leur défaite au Parc des Princes et qui ont paru sans réelle solution face au bloc bordelais solidaire, qui a fini à dix après l'exclusion de Pablo (82e).

Avec désormais huit points de retard sur le podium, la mission s'annonce compliquée pour les hommes d'un Rudi Garcia, qui a un peu plus fragilisé sa situation avec cet échec.

Ne pas perdre face à l'OM, tel était le dernier objectif des Bordelais dans cette saison de transition suite à la vente du club aux Américains de GACP. Mission accomplie, mais aussi de quoi raviver des regrets.

Comme souvent cette saison contre les grosses écuries, que ce soit Paris (2-2), Lille (1-0) ou Saint-Etienne (3-2), ils ont été à la hauteur de l'événement, au niveau du réalisme avec un De Préville essentiel dans le système de Paulo Sousa et récompensé, mais surtout défensivement.

Avec Balotelli, leur buteur en série sur le banc au coup d'envoi en raison de petits soucis musculaires, les arguments offensifs des visiteurs ont reposé sur Valère Germain un peu trop esseulé sans son compère italien en pointe, censé être alimenté par Florian Thauvin, Nemanja Radonjic et le revenant Dimitri Payet, qui n'avait plus débuté en L1 depuis le 20 janvier à Caen.

On n'a pas beaucoup vu le capitaine marseillais, préposé aux coups de pied arrêtés et en situation idéale juste avant la pause, mais son tir est passé au dessus.

Au regard de leur premier acte, maîtrisé techniquement pendant vingt minutes, les hommes de Rudi Garcia ont pu se sentir lésés par l'arbitrage de M. Ben El Hadj, notamment Strootman dont la reprise puissante a été repoussée dans sa surface par la cuisse et surtout la main de Pablo (10e)

- Pas d'effet Balotelli -

Au non de la cohérence et de la jurisprudence du Rennais Benjamin André mardi en demi-finale de la Coupe de France contre Lyon pour une action en tout point similaire, l'OM aurait dû bénéficier d'un penalty, que les Girondins, eux, ont su obtenir un quart d'heure plus tard.

Le fautif, Radonjic, remplaçant de Ocampos, présent offensivement mais malheureux quand il s'est agi de prêter main forte à sa défense.

Déjà, deux minutes avant cette sanction, le Serbe avait remis involontairement dans la course de Briand un centre mal jugé par Amavi mais Mandanda sauvait son camp en opposant son pied gauche à la frappe de l'attaquant bordelais.

Puis, sur un centre rentrant de Kamano qui lobait Kamara, le ballon rebondissait sur le bras de Radonjic, synonyme de penalty que Kamano transformait (1-0, 27e).

Sûrement en quête de rachat, le Serbe a entamé en fanfare le deuxième acte. En l'espace de sept minutes, il s'est procuré trois occasions, deux sur des offrandes de Thauvin (49e, 51e), une dernière sur un corner en retrait de Payet (56e) mais il n'a pas réussi à trouver le cadre.

Jusqu'à l'heure de jeu, seul Kamara sur un corner précoce de Payet était parvenu d'une tête puissante à inquiéter Costil, efficace sur sa ligne (8e).

L'entrée de Balotelli à la place de Payet (69e) n'a pas eu non plus l'effet escompté, surtout que dans la minute suivante, De Préville, lancé par Briand, s'est joué de Kamara avant de tromper Mandanda d'une frappe enroulée au ras du poteau et faire exploser le Matmut Atlantique (2-0).

La tête basse, les Marseillais ont tenté en vain de revenir. Balotelli s'est essayé de loin (73e), a rameuté ses troupes, a chauffé ses adversaires dont Pablo, exclu pour un coup d'épaule sur l'Italien au sang chaud, loin du ballon.

 

AFP

 

La France bénéficiera de 79 sièges au Parlement européen à Strasbourg.AFP/Frederick Florin

Le premier débat des Européennes entre les douze têtes de liste, organisé jeudi 4 avril par France 2, a tourné à la cacophonie. Parfois au détriment du fond. L’un des enjeux principaux est pourtant de mobiliser les électeurs qui perçoivent souvent ce scrutin comme étant peu lisible.

Dans moins de deux mois, plus de 300 millions d’Européens sont appelés à choisir leurs 705 députés au Parlement européen. En France, le scrutin se tiendra le 26 mai. Enjeux, candidats, rapport de forces : le point sur ce scrutin.

 

A quoi servent les élections européennes ?

Tous les cinq ans, les citoyens sont appelés à voter pour élire leurs députés au Parlement européen. Il s’agit de la seule institution de l'Union européenne élue au suffrage universel direct, instauré en 1979. Cette année, les électeurs de 27 pays doivent désigner 705 eurodéputés (si le Brexit est acté d'ici le scrutin). Le nombre de sièges alloués à la France est de 79.

Le Parlement européen partage le pouvoir législatif et budgétaire avec le Conseil de l'UE, composé d'un ministre de chaque pays. Il dispose aussi de moyens de contrôle sur la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE. Les eurodéputés doivent aussi approuver le nom du futur président de la Commission qui succédera à Jean-Claude Juncker.

Quelles sont les conséquences concrètes des politiques européennes au quotidien ? Les citoyens européens peuvent par exemple utiliser leurs forfaits mobiles nationaux au sein de l'Union européenne sans surcoût, le Parlement européen ayant adopté en 2017 la disparition des frais d'itinérance. Le 26 mars, les députés européens se sont prononcés pour la suppression du changement d'heure saisonnier dans l'Union, en 2021. Le lendemain, ils ont entériné la fin des produits en plastique à usage unique, à partir de 2021.

 

Vers quelle composition pour le Parlement européen ?

Actuellement, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), sont majoritaire au Parlement avec 217 députés. Le deuxième groupe le plus important est celui de l'Alliance Progressiste des Socialistes & Démocrates au Parlement européen (S&D, centre gauche), avec 186 députés.

Sur la base des sondages réalisés dans chaque Etat, le Parlement européen a réalisé, le 27 mars, une projection de la composition du futur hémicycle.

L’axe PPE-S&D subirait un recul sensible (avec respectivement 29 et 44 députés en moins), perdant ainsi la majorité absolue. Cette situation les forcera sans doute à nouer des alliances avec les libéraux (ALDE) ou les Verts.

Les mouvements nationalistes et populistes, progressant dans la plupart des pays européens, espèrent réaliser une percée lors de ces élections. Mais suite au Brexit (s’il a lieu) et donc au départ des députés britanniques, le groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE) devrait subir un recul sensible (23 députés en moins) tout comme celui de l’Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD, 11 députés en moins). Le groupe L'Europe des nations et des libertés (ENL), créé par Marine Le Pen, devrait au contraire sortir renforcé (24 députés en plus).

 

Qui sont les candidats en France ?

Les électeurs français auront le choix entre au moins une quinzaine de listes, qui contiendront chacune 79 noms. Chaque liste ayant obtenu au moins 5% des voix se verra attribuer un nombre de sièges proportionnel à son score. Si la composition complète de ces listes n’est pas encore connue (les partis devant les déposer entre le 23 avril et le 3 mai), les têtes de liste ont déjà été désignées.

 

Plusieurs partis font le pari de la jeunesse comme par exemple le Rassemblement national (ex-FN) ayant investi Jordan Bardella, 23 ans, La France insoumise avec Manon Aubry (29 ans), les Républicains avec François-Xavier Bellamy (33 ans) ou le Parti communiste avec Ian Brossat (38 ans).

La gauche part en ordre dispersée. Europe Ecologie-Les Verts présente sa propre liste conduite par Yannick Jadot, comme Génération.s avec Benoît Hamon et Place publique, le mouvement de l'essayiste Raphaël Glucksmann, derrière lequel s'est rangé le Parti socialiste. A l'extrême gauche, Lutte ouvrière présente sa liste avec à sa tête Nathalie Artaud. 

 

A droite, les Républicains avec François-Xavier Bellamy pourraient être concurrencés par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. L'UDI de Jean-Christophe Lagarde, l'UPR de François Asselineau et Les Patriotes de Florian Philippot mènent aussi campagne. Jean Lassalle compte également présenter une liste.

L'incertitude règne toujours quant à la présence ou non d'une ou plusieurs listes « gilets jaunes ». L'une des figures du mouvement, Ingrid Levavasseur, avait annoncé prendre la tête de la liste du Ralliement d’initiative citoyenne (RIC) avant de renoncer, mi-février.

 

Quelle est la participation en France ?

Les élections européennes sont traditionnellement boudées par les électeurs français. Par rapport aux autres élections, l’abstention y bat des records. En 1979, elle était de 39,30%. Depuis, elle ne cesse de progresser à chaque scrutin (léger recul en 2014). Depuis 1999, l’abstention a toujours dépassé la barre des 50%.

Les électeurs utilisent parfois ce scrutin pour sanctionner le pouvoir politique en place au niveau national. En 2014, deux ans après le début du quinquennat de François Hollande, les listes du Parti socialiste avaient subi une déroute historique aux européennes, avec moins de 14% des voix (en troisième position derrière le Front national, 24,9 %, et l'UMP, 20,8 %). Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon appellent ainsi à faire de ces élections un « référendum anti-Macron ».

 

RFI

Au Mali, plus de 10 000 personnes ont manifesté ce vendredi 5 avril. Les revendications sont larges : depuis la fin de l’été, enseignants, médecins, magistrats ou cheminots multiplient les grèves. Mais c'est surtout la dégradation sécuritaire qui était au cœur des préoccupations. A l’appel des leaders religieux rejoints par une partie de l’opposition, les manifestants ont également réclamé la démission du gouvernement ainsi que le départ des forces militaires internationales présentes dans le pays.

Avec ferveur, plus de 10 000 personnes se sont regroupées sur la place de l’indépendance, après la prière du vendredi. Pour Fatim Diarra, trop c’est trop. « Le Mali était bien ! Le Mali était tolérant ! Le Mali était beau ! Et maintenant, tout le monde souffre. Même quand tu dis bonjour à quelqu’un, il te fait la bagarre parce que le cœur est serré ! Les militaires meurent, les civils meurent ! »

Le massacre d’Ogossagou où au moins 157 villageois ont été assassinés le 23 mars est la goutte d’eau pour un commerçant. « Si la communauté internationale n’est pas en mesure de nous sécuriser, qu’ils dégagent ! » Les forces militaires internationales, spécialement françaises, doivent quitter le Mali, assume un fonctionnaire. « Votre gouvernement est complice de tout ça ! »

Les manifestants, dans leur slogan ou sur leur pancarte, réclament la démission du gouvernement malien. Ils ont répondu à l’appel des leaders religieux. Issa Kaou N’djim est le porte-parole du président du Haut conseil islamique, l’imam Mahmoud Dicko.

« L’école est dehors, les commerçants se cherchent, et aujourd’hui il n’y a pas de perspectives pour les jeunes, il n’y a pas d’emploi. Le chômage, l’insécurité… Ici, aujourd’hui, on dit : alors que les uns se font massacrer, qui sont les coupables, qui sont les auteurs, quelle politique nous a menés à ça ? La France est un pays ami, mais la France ne doit pas soutenir un gouvernement corrompu, illégitime. »

En marge, des jets de pierre, des pneus brûlés et des gaz lacrymogènes ont été lancés à proximité du musée national. Les leaders religieux annoncent que si leurs revendications ne sont satisfaites, ils appelleront à une nouvelle manifestation vendredi prochain.

Quelle est la stratégie de l'imam Mahmoud Dicko ?

Depuis plusieurs mois, le président du Haut conseil islamique Mahmoud Dicko multiplie les attaques contre le gouvernement. Une attitude que certains interprètent comme une volonté de s'imposer sur l'échiquier politique.

D'abord il y a eu son offensive, en décembre, contre un programme d'éducation sexuelle qui a fait rétropédaler le gouvernement. Puis, mi-février, le rassemblement du stade du 26 mars à Bamako. 60 000 personnes sont venues écouter Mahmoud Dicko dénoncer la mauvaise gouvernance.

« Mahmoud Dicko mène un combat personnel », lâche Mahamadou Camara, membre de la majorité. « S'il veut faire de la politique, qu'il descende dans l'arène », conclut-il.

Pour l'opposant Mountaga Tall, cette mobilisation pour Ogossagou était une nécessité. « Partout dans le monde, il y a eu des manifestations. Il serait honteux que rien ne se passe à Bamako », explique-t-il. Sur les intentions politiques de Mahmoud Dicko, Mountaga Tall reste prudent: « je ne peux pas sonder son âme, mais en politique il faut abandonner le turban. »

Une analyse que ne partage pas le politologue Kalilou Sidibé qui rappelle que les religieux ont toujours fait partie du paysage politique malien. « Dès 1947, ils se battaient pour l'Indépendance », explique-t-il.

Si Mahmoud Dicko n'a pour l'heure pas fait part de ses intentions, une certitude, il doit quitter son siège de président du Haut conseil islamique dans quelques mois. Son deuxième mandat arrivant à échéance.

 

RFI

 

En Algérie, le général major Athmane Tartag a été démis de ses fonctions. C’est ce qu’annonce l’agence officielle de presse ce vendredi soir, le 5 avril. Il était chargé de la coordination des services de sécurité, sous l'autorité du président de la République.

C’était l’un des derniers chantiers d’Abdelaziz Bouteflika : restructurer les services de renseignements. Le général Tartag avait été nommé conseiller du président en 2015, lorsque Mohamed Mediène, tout puissant chef des renseignements depuis 25 ans, était remercié.

L’objectif était pour le président de mieux contrôler les services de renseignements, en mettant certains services sous son contrôle, d’autres sous le contrôle de l’armée, qu’il considérait comme fidèle.

Ce vendredi, l’agence officielle de presse annonce que Athmane Tartag est limogé, trois jours après la démission du président algérien. Et toute la partie du renseignement qu’il dirigeait passe sous la tutelle de Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major. L’homme de 77 ans tient entre ses mains toute la structure du renseignement du pays.

 Algérie: pour les manifestants, la démission de Bouteflika ne suffit pas

Pour le journaliste algérien Adlène Meddi, dans un contexte de guerre des clans, cette annonce est « un moyen de rassembler les troupes », avant les prochaines batailles.

RFI

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