Billet d’humeur

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L’exploitation sexuelle dans les écoles au Sénégal

Oct 20, 2018
L’exploitation sexuelle dans les écoles au Sénégal

L’ONG Human Rights Watch (HRW) vient de publier un rapport édifiant, qui fait froid dans le dos et éclaire d’un jour nouveau des pratiques scandaleuses concernant l’exploitation au Sénégal et les abus sexuels à l’école, principalement perpétrés par des enseignants et des responsables éducatifs.

Dans ce document on découvre que ces personnels abusent de leur position d’autorité pour harceler les filles et les jeunes femmes, et plus grave, pour essayer d’avoir des relations sexuelles avec elles. 

Que font ces enseignants de leurs obligations professionnelles et plus encore de leur éthique, si tant est que le mot « morale » a encore un sens pour eux ? Ignorent-ils que leurs actes sont considérés comme criminels par le droit sénégalais dès lors qu’il s’agit de mineures de moins de seize ans ? Ne savent-ils pas que leur responsabilité est aggravée du fait que les actes sont commis par des personnes ayant autorité ? Mesurent-ils que pour ces actes ils sont passibles de peines de dix ans de prison ?

Le plus révoltant de cette histoire est que si des poursuites ont parfois été intentées dans les cas de viol et de pédophilie, aucune mesure n’a été prise par le gouvernement pour mettre fin à ces pratiques.

Aussi grave est le fait, rapporté par HRW, qu’il n’y a pas de système de protection dans les écoles à Dakar, mais aussi dans quatre régions où les enquêteurs de l’ONG ont pu travailler. C’est la loi du silence !

Evoquer ce sujet est tabou.

Encore plus attristant et scandaleux est le fait que cette situation perdure depuis des années. En lisant le rapport on apprend que certains enseignants cherchent à obtenir les faveurs des adolescentes avec la promesse d’argent, de bonnes notes, de nourriture, de téléphones portables, de vêtements, etc. 

Où va se nicher le vice et la perversité ?

Ce rapport est là pour rappeler à quel point il est dangereux de banaliser ce genre de comportements, de minimiser la gravité des faits alors que les directeurs d’école devraient enquêter, saisir la police et dénoncer les faits à la justice.

Cette impunité doit cesser ! 

Avant que les familles ne découvrent une grossesse précoce hors mariage. La « maslaha » comme on dit au pays, autrement dit un réglement amiable « dans l’intérêt commun » pour préserver la parenté et le bon voisinage ne peut être une réponse à ces violences sexuelles d’un autre âge.

La culpabilité doit changer de camp !

Ce n’est pas aux filles agressées de se sentir coupables, d’être menacées par des adultes, mais aux prédateurs sexuels de rendre des comptes.

Elles sont victimes et ne doivent pas avoir peur de dénoncer leurs agresseurs. # Metoo n’est peut-être pas très prisé au Sénégal mais en revanche un mouvement similaire #nopiwouma existe sur les réseaux sociaux. De nombreuses femmes ont déjà témoigné grâce à ce média sur les violences dont elles sont victimes et ainsi contribué à clouer au pilori des hommes au comportement inadmissible.

Il faut qu’elles continuent à libérer leur parole.

Le Directeur de la publication d’Ichronoa

Dernière modification le samedi, 20 octobre 2018 09:49

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