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Inédit : Candidat à l’élection présidentielle depuis son cachot !

Aoû 01, 2018
Inédit : Candidat à l’élection présidentielle depuis son cachot !

Il n’est pas fréquent de voir un homme politique déclarer sa candidature depuis la geôle d’un pénitencier. C’est pourtant ce qui vient de se passer au Sénégal, où Khalifa Sall, depuis la prison de Reubess, à Dakar, a annoncé officiellement son intention de briguer l’investiture présidentielle en février prochain. Cette décision n’a étonné personne, seul le lieu, une cellule, depuis lequel elle a été prise, a créé la surprise.

Loin des caméras de télévision et des micros

Pour ce type d’annonce on est en effet plus habitué à un plateau de télévision, une conférence de presse, un communiqué dans un journal, lors d’un débat public, etc.  Formulée depuis un mitard la chose est singulière et fera date dans les annales de la vie politique sénégalaise. De là, à créer une jurisprudence …

Procès politique ? 

Rappelons que l’ancien maire de la capitale est incarcéré depuis le mois de mars 2017 pour détournement de deniers publics et qu’il a interjeté appel devant la Cour. Les mauvaises langues diront qu’il a pu mettre à profit tout ce temps derrière les barreaux pour établir un programme alors qu’il clame toujours son innocence et crie au procès politique « avec une procédure à charge uniquement et un empressement pour hâter le procès et son issue ».

Snober la cour ?

Là, où les choses se compliquent c’est que l’intéressé refuse désormais de comparaître devant la Cour d’appel au motif qu’il s’estime condamné d’avance. Boycotter le procès n’est peut-être pas la meilleure stratégie car les juges n’apprécient guère la politique de la chaise vide, au motif notamment qu’ils ont mauvaise conscience à rendre un jugement en l’absence du justiciable. Les procès par contumace ne sont pas leur tasse de thé.

Le compte à rebours est lancé … à 7 mois des présidentielles

Si la condamnation de Khalifa Sall en première instance devait par la suite être confirmée par la Cour de cassation alors sa candidature serait juridiquement irrecevable. A sept mois de l’échéance électorale le temps lui est désormais compté, d’autant qu’on a rarement vu un candidat conduire une campagne depuis son cachot. Et de ce point de vue les cours de récréation d’une maison d’arrêt n’offrent pas la meilleure tribune pour influencer les électeurs à la veille d’un scrutin. 

1erround : Khalifa !

Pour l’heure, avec cette annonce théâtrale, Khalifa Sall a cependant remporté un round médiatique sur le ring judiciaire. Mais la bataille promet d’être encore longue et le risque d’un KO n’est pas exclu.

Le Directeur de la publication

Ichrono  

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