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Quand l’Ouganda étouffe les voix dissidentes grâce à une « taxe sur les rumeurs »

Juil 16, 2018
Quand l’Ouganda étouffe les voix dissidentes grâce à une « taxe sur les rumeurs »

Quand l’Ouganda étouffe les voix dissidentes grâce à une « taxe sur les rumeurs »

En Ouganda les gouvernants ne manquent pas d’imagination quand il s’agit de restreindre les libertés et d’augmenter les recettes publiques. Ils ont tout simplement créé une nouvelle taxe. Une taxe sur « les rumeurs » voilà qui est croquignolesque ! Sauf que celle-ci est réellement entrée en vigueur le 1er juillet dernier. Au moins dans ce pays la peur du ridicule ne tue pas.

Une façon déguisée d’augmentée les recettes fiscales

En cause les réseaux sociaux WathsApp, Facebook, Twitter, Skype, Viber, etc. Avec comme conséquences une restriction des libertés civiles et la réaction d’Amnesty International ne s’est pas faite attendre. L’association de défense de droits de l’homme a immédiatement demandé aux autorités Ougandaises d’abolir cette taxe d’un montant de 200 shillings. Il s’agit en effet pour elle d’un moyen « d’étouffer les voix dissidentes dans le pays en même temps que de rechercher des nouveaux revenus ».

Quand le gouvernement piétine les droits de l’homme

L’Ouganda, en agissant ainsi, ouvre la voie à l’arbitraire en décidant de ce qui est, ou non, utile sur les réseaux sociaux. Ben, voyons ! Au nom de la DEMOCRATIE le gouvernement serait plus avisé de faire respecter et de favoriser la liberté d’expression, sur Internet comme ailleurs.

Effet boomerang !

Depuis le 1er juillet les utilisateurs des réseaux sociaux doivent ainsi composer un code spécifique qui soustrait automatiquement le montant de la nouvelle taxe de leur crédit Internet mobile. A ce compte-là il sera intéressant de connaître la somme que va devoir payer le chef de l’Etat Yoweri Meseveni qui ne compte pas moins de … 855 000 abonnés sur Twitter. On risque bien d’assister à un remake de « l’arroseur arrosé ». Précisons enfin, qu’en raison d’un PIB moyen par habitant de 604 dollars, seulement 22 % de la population utilise Internet et ce n’est pas cette nouvelle taxe qui va favoriser son accès. Conclusion, la fracture numérique dans le pays va encore s’accroître entre jeunes et adultes, pauvres et riches et entre les hommes et les femmes. Bravo ! Reste à espérer maintenant que les tribunaux sanctionneront une initiative qui viole aussi effrontément la Constitution Ougandaise. Affaire à suivre.

Le Directeur de la publication

Ichrono

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