Face au feu  qui se propage de plus en plus dans son camp, en raison des frustrations nées des investitures à la députation, le président de la République, non moins patron de la Coalition Bennoo Bokk Yaakaar, change de fusil d’épaule (après les limogeages) et s’attèle désormais à jouer au pompier. Conscient en effet de la dangerosité de la situation et de la crise qui guette sa coalition, à quelques encablures de joutes électorales jugées déterminantes pour la survie de son programme de développement économique (le Pse, en l’occurrence), Macky Sall engage des séances d’explications en multipliant les audiences au palais. C’est ainsi qu’une délégation de 90 personnes conduite par le Premier Questeur Daouda Dia a taillé bavette avec le patron de l’Apr dimanche dernier. Après une discussion générale dans les jardins du Palais, le Chef de l’Etat a eu ensuite un tête-à-tête avec 12 d’entre eux pour lever les équivoques. Sud Quotidien livre ainsi le compte rendu de cette audience qui a été par moments houleuse.

Après les menaces brandies ça et là, le président de la République qui se confronte à une vague de contestations depuis la publication des listes des investis de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) en perspective des élections législatives du 30 juillet, a décidé de changer d’approche. Macky Sall prône désormais le dialogue et la concertation pour dissiper les malentendus et calmer les frustrations afin de ramener l’ordre dans son camp et éviter toute surprise au soir du 30 juillet prochain.  C’est dans ce cadre qu’il a reçu une forte délégation de militants et sympathisants du département de Kanel. Tous du camp de Harouna Dia qui avaient menacé de geler leurs activités après les investitures et surtout pour manifester leur courroux, suite aux attaques subies par ce dernier.

«Pourtant où il y a des divisions, j’ai choisi une personne dans chaque camp»

D’emblée, le Chef de l’Etat a voulu lever toute équivoque sur le cas Néné Marème Kane dont l’investiture fait l’objet d’une incompréhension chez les partisans de Daouda Dia. Pour les militants du Premier Questeur de l’Assemblée nationale, l’ancienne militante du Parti de la Réforme (PR) d’Abdourahim Agne avait combattu l’APR et s’était alliée en 2012 avec Bokk Gis Gis de Pape Diop avant de rejoindre le navire marron. D’abord en s’affichant avec le camp de Harouna Dia avant de faire volte-face et de rejoindre celui de Farba Ngom. Un jeu de yoyo que les partisans de Harouna Dia n’ont pas pardonné à l’ancienne députée. D’autant plus que ni Marème Kane ni Mamadou Sadio Diallo (députés sortants) n’ont été reconduits. Sur ces récriminations, Macky Sall répondra : «d’abord, il y a des choses que je ne comprends pas. Néné Marème Kane était avec vous. Elle était là, lors de l’audience que je vous ai accordée le 3 décembre dernier. Ensuite, elle se retrouve dans l’autre camp. Face à cette division, j’étais obligé de choisir une personne dans chaque camp». Mieux, a confié le patron de la coalition BBY : «pourtant où il y a des divisions, j’ai procédé ainsi. C’est le cas de Koungueul entre Yaya Sow et une autre femme. Alors que tout le monde sait qu’ils ne parlent même pas. Mais, ils n’ont qu’à se débrouiller».

«Vous me manquez de respect en pensant que c’est moi qui ordonne des attaques contre Harouna Dia»

Il faut relever que les échanges ont été, par moments, houleuses. Notamment lorsque le porte-parole du jour, Alassane Mbaye Thiam a laissé entendre que, selon certaines indiscrétions, que c’est Macky Sall lui-même qui serait derrière les attaques contre Harouna Dia parce qu’il ne fait rien pour les arrêter comme il a eu à le promettre lors de l’audience du 3 décembre 2016.  Selon des sources ayant pris part à l’audience, le Chef de l’Etat a piqué une colère noire et a haussé le ton : «Vous me manquez de respect en pensant que c’est moi qui suis derrière les attaques contre Harouna (Dia). Je ne connais même pas très bien Haymouth Daff. Je crois l’avoir vu qu’une voire deux fois». Et Macky Sall d’ajouter : «Dire que Harouna Dia est un traite ou que Daouda Dia n’a pas la carrure pour diriger, ce n’est pas faire de la politique».

Le président de la République ne s’est pas arrêté là. Il ajoutera : «Ma décision de faire de Daouda Dia le coordonnateur du parti à Kanel est prise depuis longtemps. Ça ne change rien que les gens disent que c’est Mamadou Talla. Je ne vais quand même pas passer tout mon temps à vous répéter ça».

«Ceux qui accusent Harouna Dia de financer la coalition d’Aïssata Tall Sall ignorent beaucoup de choses…»

Une autre question abordée par les responsables du camp de Harouna Dia  a été relative aux accusations portées également par le maire de Kanel selon lesquelles, c’est le milliardaire basé au Burkina Faso qui financerait la coalition «Oser l’avenir» d’Aïssata Tall Sall. Là aussi, Macky Sall a marqué son étonnement. Selon le chef de l’Etat, «ceux qui accusent Harouna (Dia) de financer la coalition d’Aïssata Tall Sall ignorent beaucoup de choses». Sans trop s’épancher sur le sujet, le président de la République aurait, selon nos sources, levé la tête pour fixer Daouda Dia avant de clore le débat en ces mots : «Haymouth Daff ignore la vérité». Ce qui feront dire à nos sources qu’«apparemment, Daouda et lui savent quelque chose qu’ils ne nous disent pas».

«Mes relations avec Harouna vous dépassent»

Pour dissiper les amalgames nées des dernières sorties dans la presse des détracteurs de Harouna Dia, Macky Sall a voulu rassurer ses proches et ses militants. «Je n’ai aucun problème avec Harouna (Dia). Nos relations sont plus qu’amicales. Nous sommes une famille maintenant. C’est pourquoi, je vous demande de vous calmer. Mes relations avec lui vous dépassent», a-t-il indiqué.

«Je ne donnerai pas de passeports diplomatiques à n’importe qui… »

Le maire de Bokiladji, Alassane Mbaye Thiam, a aussi abordé la question relative à la promotion des jeunes cadres du département de Kanel et l’octroi des passeports diplomatiques pour certains. Sur le dernier point, le Chef de l’Etat s’est voulu ferme. «Je ne donnerai pas de passeports diplomatiques à n’importe qui. Il ne faut pas en abuser», a tonné Macky Sall.

MACKY SALL CONFIE : «Je vais recevoir les députés sortants non investis»

Loin de s’en limiter là, Macky Sall entend également jouer au sapeur partout, pas seulement dans la région de Matam, pour éteindre le feu qui couve dans son camp. Comme c’est le cas au Fouladou où les choses ne semblent point se calmer. Chez les partisans de Mameboye Diao par exemple, on campe sur une position de déni. Nonobstant en effet le déplacement ce week-end de leur leader pour apaiser les frustrations nées des investitures, les militants apéristes du directeur des Services fiscaux régionaux lui ont recommandé de geler toute activité jusqu’à ce que Macky Sall rende raison de leur absence totale de ces investitures, toute chose qu’ils ont qualifié de «manque de reconnaissance».

Conscient de toutes ces frustrations ; le chef de file de l’Apr et de la coalition présidentielle a donc décidé de prendre les devants, afin d’éviter la propagation de la tension au sein de son camp. Lors de l’audience avec la délégation conduite par le Premier Questeur de l’Assemblée nationale Daouda Dia,  le Président de l’Apr a alors pris la décision de rencontrer tous les «frustrés».«Je vais rencontrer tous les députés sortants et qui n’ont pas été réinvestis», a confié le Chef de l’Etat. Vaste entreprise pour le maître du jeu à moins de quelques semaines des législatives ! 

 

L’édile de Dakar, Khalifa Sall, en prison depuis plus d’une centaine de jours dans le cadre de l’affaire liée à la caisse d’avance de sa mairie, mais non encore condamné par Dame justice, peut bien être candidat aux prochaines élections législatives. L’assurance est du Garde des sceaux, ministre de la Justice. Me Sidiki Kaba qui était à l’Assemblée nationale hier, lundi 19 juin, pour le vote de plusieurs projets de loi relatifs à la réforme du fonctionnement de la justice, répondait ainsi à une question du député Hélène Tine sur les droits civiques et politiques de Khalifa Sall.

Le pool des avocats du maire de la capitale sénégalaise, Khalifa Sall, qui s’inquiétaient récemment, en point de presse, du respect des droits de leur client emprisonné dans le cadre de l’affaire liée à la caisse d’avance de sa mairie, peut garder foi à l’éligibilité de la tête de liste de Mankoo Taxawu Senegaal. Pour cause, la défense de Khalifa Sall a reçu hier, lundi, les assurances de Me Sidiki Kaba, quant à la possibilité pour leur client d’être « éligible».

Devant la représentation parlementaire où il était dans le cadre du vote de plusieurs projets de loi relatifs à la réforme du fonctionnement de la justice, le Garde des sceaux qui répondait à la question du député Hélène Tine l’interpellant sur les droits civiques et politiques du détenu Khalifa Sall, s’est voulu explicite. « Je ne voudrais commenter des dossiers qui sont en cours. Mais il va de soi que tous les Sénégalais ont des droits. Et je voudrais tout simplement préciser surtout lorsque que vous n’avez pas été condamné par une décision de justice définitive. Définitive, cela veut dire quoi ? Vous pouvez être jugé par un tribunal de première instance. Cà, c’est une première décision. Si vous relevez appel, le juge d’appel vous juge et si vous n’êtes pas d’accord avec le juge d’appel, vous pouvez faire un pourvoi en cassation ».

Et Me Sidiki Kaba de poursuivre : « C’est un pourvoi en cassation qui est la décision définitive. C’est cette décision transmise au niveau du greffe qui est revêtue de la chose jugée. Elle devient une décision définitive. Et, c’est à partir de ce moment seulement que la présomption d’innocence dont vous bénéficiez pourrait être écartée. Tant que cela n’intervient pas, vous avez tous vos droits. Donc, c’est tout ce que je peux dire pour ne pas rentrer dans un dossier qui est en cours».

En somme, selon le ministre de la Justice, le maire de Dakar Khalifa Sall qui a été investi tête de liste nationale de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal regroupant Rewmi d’Idrissa Seck, le Grand parti de Malick Gakou, le Fsd/Bj de Cheikh Bamba Dièye, les partisans de l’édile socialiste avec Taxawu Dakar et bien d’autres structures, peut bien jouir de ses droits civiques et politiques. Raison suffisante pour que la parlementaire Hélène Tine demande à ce que «des dispositions soient prises afin que Khalifa Sall puisse exercer pleinement ses droits». Et surtout aller à la pêche aux voix des citoyens sénégalais appelés à élire, le 30 juillet prochain, les 165 députés de la 13ème législature et à départager 47 listes de candidats à la députation.

Sudonline

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se penche ce mardi 20 juin sur les violences dans le Grand Kasaï en RDC. Les discussions, certainement tendues, se tiendront autour de la question de la création d’une commission d’enquête internationale. Mais il n'y a aucune certitude à ce stade. Le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l’ONU, le prince Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, va tout tenter pour convaincre les Etats membres.

Avec notre envoyée spéciale à Genève, Sonia Rolley

Le discours du Haut-commissaire devrait être musclé avec les derniers chiffres, les derniers résultats des enquêtes de terrain. Pour le prince Zeid, une chose est sûre, il faut une commission d’enquête internationale, il en parle depuis le 8 mars.

Une commission d’enquête internationale lui semble nécessaire car les enquêteurs de l’ONU au Congo voient leur travail régulièrement entravé, selon des rapports confidentiels et des témoignages. Le Haut-commissaire cherche une reconnaissance internationale et des moyens supplémentaires.

Enquête conjointe

Le gouvernement congolais, lui, a proposé une enquête conjointe. Le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, l’a réaffirmé hier encore. Kinshasa va enquêter, mais veut rester aux commandes. L’ONU viendra en soutien. C’est le système qui existe déjà au cas par cas, sur demande du gouvernement. Toujours sans issue judiciaire, au grand dam des Nations unies.

Le Haut-commissaire joue son va-tout. Parce qu’il y a deux propositions sur la table : l’une portée par Malte qui propose une mission d’enquête internationale… Pas une commission, pour ne pas froisser. C’est la proposition dite « Européenne ». L’autre, portée  par la Tunisie, proche de la volonté du gouvernement congolais est la proposition dite « africaine ». Et à quelques heures de la session consacrée au Congo, rien n’indique qu’il y aura une décision finale ce mardi.

Rfi

Seydou Guèye, le ministre porte-parole du gouvernement persiste et signe. Il n’y aura pas de report des élections législatives, en dépit de la pléthore des listes de candidats et des difficultés qui pourraient accompagner le vote des citoyens, lors du scrutin du 30 juillet. S’exprimant au micro de la radio Sud Fm et de son émission politique « Objection », le ministre et responsable apériste a tenu à faire savoir que cette pléthore des listes n’empêchera pas les autorités à qui est confiée l’organisation du scrutin à s’atteler convenablement à la tâche et à tirer leur épingle du jeu. Qui plus est, Seydou Guète s’est évertué à rendre raison des choix opérés par le chef de la mouvance présidentielle sur les listes de candidats à la députation de Bennoo Bokk Yaakaar.

ll n’y a pas de risque de report des Législatives. C’est l’assurance donnée par Seydou Guèye qui a déclaré hier, dimanche, à la radio Sud Fm que le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique chargé d’organiser les élections a donné suffisamment de gages pour qu’on lui accorde du crédit.  «Le ministre de l’Intérieur a toujours prouvé qu’il avait les capacités de faire face à tout type de situation et de configuration… ». Très optimiste sur l’organisation d’un scrutin qui ne cesse de susciter des sorties de divers ordres, en raison de la pléthore des listes (47 au total) et des candidats en compétition, le porte-parole du gouvernement martèlera : «C’est de la responsabilité de l’administration et du ministère de l’Intérieur et ils s’en acquitteront correctement». Néanmoins, le concours des divers acteurs de la scène politique est appelé par le responsable apériste pour venir en appoint à l’organisation d’un scrutin assez particulier pour le Sénégal. Aussi, Seydou Guèye dira-t-il : « Il me semble également, qu’au regard des difficultés spécifiques, il y a un besoin d’établir un dialogue pour trouver des modalités qui faciliteraient davantage la mise en œuvre des principes contenus dans le code électoral».

Se prononçant par ailleurs sur le choix à la députation des candidats de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) opéré par le chef de l’Etat, Seydou Guèye a tenu à faire  savoir que cela découlait du désir de Macky Sall de sauvegarder l’unité au sein de la coalition présidentielle. Dans la foulée, il a salué le compagnonnage averti des chefs de partis au sein de Bby. « J’estime que le président Moustapha Niasse, le président Ousmane Tanor Dieng sont des hommes politiques aguerris qui ont été à des élections législatives bien avant notre naissance en tant que parti, qui connaissent très bien les rationalités et les règles de distribution».

S’agissant des frustrations qui ont suivi la confection des listes de Bby, le porte-parole de l’Apr a indiqué qu’aucun parti, serait-ce le parti présidentiel n’y a échappé : «Même au sein de l’Apr, il y a de la colère. Quand vous voyez un arbitre trancher et que, de part et d’autre, des gens contestent, on peut en déduire que l’arbitre a été juste». A l’en croire, le chef de Bby n’a pas pris la confection des listes à la légère. Donnant les éléments déterminants dans ce choix, le porte-parole du gouvernement expliquera que «La clé de répartition, c’est la recherche permanente du consensus, des discussions qui sont argumentées sur la base des rapports de forces issus des résultats des différentes élections». En conclusion, Seydou Guèye dira : « C’est également des éléments de stratégie, des éléments de partage qui sont combinés pour donner les décisions et les choix qui sont soumis à la sphère des leaders qui sont des leaders d’égale dignité. Et au final, la décision revient au Président».

Rfi

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A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

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