dimanche, 07 avril 2019 10:25

Le badbuzz de Ségolène et de Sibeth

Alors que Ségolène Royale, une française née à Dakar, se trouvait au Sénégal pour l’investiture de Macky Sall, en France, une Sénégalaise fraîchement naturalisée française, Sybeth Ndiaye changeait d’employeur pour passer d’Emmanuel Macron à Edouard Philippe et de chargée de communication à l’Elysée pour la fonction de porte-parole du gouvernement. Deux évènements pas si anodins qu’ils paraissent.

 

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Premièreréflexion, ils témoignent l’un comme l’autre, que soixante ans après l’indépendance du Sénégal les relations franco-sénégalaises demeurent très vivaces. 

Deuxièmeréflexion, il s’agit là de deux femmes politiques peu ordinaires, la première a été candidate à la présidence de la République française et la seconde devient la première africaine porte-parole du gouvernement français. Une femme noire à ce poste de responsabilité (secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre) apparaît comme un symbole fort à un moment où le racisme est toujours très présent dans notre pays Il faut dire que la jeune femme ancienne militante de l’UNEF et du PS, titulaire d’un DESS d’économie publique et qui aura quarante ans à la fin de l’année a de qui tenir avec un père ancien numéro 2 du Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade et une mère ancienne présidente du conseil constitutionnel, de 2002 à 2010.

Troisièmeréflexion, elles sont dotées l’une et l’autre d’une forte personnalité, d’un tempérament à toute épreuve. Ségolène l’a démontré en surmontant l’humiliation dont elle a été la victime lors de la relation François-Valérie et Sybeth d’avoir déclaré : « J’assume parfaitement mentir pour protéger le président ». Que des responsables politiques mentent n’est pas très honorable, qu’ils le reconnaissent relèvent de la provocation, pire de l’inconscience. Et aucune explication ne saurait justifier un tel comportement. On se souvient du sort que les américains ont réservé à Richard Nixon, alors présidents des Etats-Unis, à la suite du scandale du Watergate. 

Quatrièmeréflexion, elles ont en commun le sens des petites phrases choc. A la première : « Qui vient sur la grande muraille (de Chine) conquiert la bravitude », à propos de Fidel Castro : « Il est le symbole d’une amitié très profonde entre Cuba et la France », ou encore « Je m’adresse à vous, cette génération qui n’est pas encore née », « La justice chinoise, un modèle de rapidité »etc.  A la seconde, parlant à des journalistes : « Faites votre boulot les gars, c’est pas du travail de journalistes, c’est du travail de sagouins »,plus grave, confirmant le décès de Simone Veil : « Yes, la meuf est dead ». Au concours du badbuzz politique difficile de départager les deux femmes mais a ce petit jeu Sybeth risque d’avoir un avantage sur Ségolène si l’on en croit l’origine de son prénom qui évoque les reines combattantes de la Casamance et qui signifie « qui a gagné beaucoup de combats » en langue diola. Il lui faudra pour cela éviter de renouveler certaines expériences malencontreuses comme la diffusion en 2018 sur son compte Twitter d’une vidéo d’Emmanuel Macron commentant un projet de discours sur les aides sociales : « On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens ne s’en sortent pas ». Une expression, stigmatisante, qui tranchait avec la solennité « jupitérienne » affichée jusque-là par le chef de l’Etat. De là, à évoquer les casseroles de Sybeth Ndiagne il n’y a qu’un pas que beaucoup d’observateurs n’ont pas hésité à franchir.

Cinquième réflexion, il est clair que ses relations houleuses avec les journalistes, (certains d’entre eux avouent avoir été « blacklistés » par la collaboratrice de l’Elysée, d’autres avoir été menacés d’être exclus du pool des accrédités au Palais  : « Vous devez obéir »), risquent de ne pas s’améliorer à l’avenir et ce n’est pas son langage cru, ses coups de gueule, son habitude du franglais (elle a tweeté sa fierté d’un nouveau « job » au lendemain de sa nomination) qui vont arranger les choses. A moins que Edouard Philippe ne musèle ses sorties tonitruantes.

Quant aux journalistes qui se risqueront à critiquer la nouvelle porte-parole de Matignon peut être s’exposeront-ils à être traités de racistes, ce qui serait regrettable. Pour notre part, nous ne lui faisons aucun procès d’intention et nous attendons avec intérêt et curiosité ses prochains compte-rendu lors de la sortie du conseil des ministres.  

Jean-Yves Duval, directeur d’Ichrono

 

 

samedi, 06 avril 2019 11:23

ARMEE ALGERIENNE : ARBITRE OU RECOURS ?

Cela fait plusieurs semaines que les grandes villes d’Algérie sont le théâtre de manifestations monstres contre le pouvoir politique en place depuis vingt ans à Alger.

Cette période a fait l’effet d’un roman feuilleton aux multiples rebondissements. Dans un premier temps, l’armée, premier pilier du régime à soutenu Abdelaziz Bouteflika puis, sentant l’opposition grandissante monter dans le pays, a pris ses distances avec un chef d’Etat moribond. Elle a obligé celui-ci à renoncer à l’exercice d’un cinquième mandat présidentiel et Bouteflika a alors annoncé, sous la pression de la foule, qu’il quitterait le pouvoir après avoir prolongé son mandat, prévu se terminer le 27 avril, jusqu’à la fin de l’année. Prétexte invoqué : la promulgation d’une nouvelle constitution. Une véritable pantalonnade et une décision considérée par la foule qui grondait dans les rues de la capitale comme une « mascarade », une « insulte au peuple algérien », une « provocation supplémentaire ».

Quatorze millions de personnes dans la rue

Il faut se souvenir qu’au plus fort de la contestation ce sont près de quatorze millions d’algériens, dont une majorité de jeunes, qui ont participé aux marches à travers le pays. Face à des manifestations d’une telle ampleur l’armée ne pouvait rester silencieuse et par la voix de son chef d’Etat-Major, le général Gaïd Salah « la grande muette » a finalement appelé à l’empêchement de Bouteflika évitant que les manifestants ne fassent d’elle une complice du pouvoir et qu’elle soit emportée dans la tourmente populaire. Et le 2 avril dernier la démission de celui-ci était annoncée avec la perspective de l’organisation d’une élection présidentielle dans les 90 jours.

« Ils ont des millions, nous sommes des millions »

Exigeant une plus grande démocratie, une société moins corrompue avec des slogans du genre : « Ils ont des millions, nous sommes des millions » ou « C’est une République, pas un royaume » les algériens ont finalement obtenu gain de cause. Le départ de Bouteflika a été acté après que le chef d’Etat-Major l’ait exhorté à quitter immédiatement le pouvoir. Il est des amitiés qui ne résistent pas aux épreuves du temps et les fidèles de la veille peuvent compter parmi les plus hostiles le lendemain. Les retournements de veste sont d’autant plus violents lorsqu’il s’agit d’uniformes. Le vieux chef pourra méditer sur cette leçon dans sa propriété, où il va se réfugier et vivre les derniers moments de sa vie, au terme d’un pouvoir absolu qui aura duré vingt ans. Piteusement, il aura même demandé pardon au peuple des erreurs commises sous son règne. L’histoire est pleine de ces puissants qu’on disait indéboulonnables dont la vindicte populaire a eu finalement raison.

Un Etat dans l’Etat

La question qui se pose maintenant est la suivante : l’armée algérienne, considérée comme un Etat dans l’Etat, va-t-elle se contenter d’arbitrer le débat démocratique en cours ou va-t-elle s’imposer comme un recours face à d’éventuels désordres, ou le risque d’un danger islamiste ? Personne en Algérie ne veut voir resurgir le spectre de la guerre civile qui a endeuillé le pays de 1992 à 1999 et a fait une centaine de milliers de morts. Garantir une transition propre à sortir l’Algérie de l’impasse actuelle - en faisant respecter la volonté du peuple, qui selon l’art. 7 de la constitution est « la source de tout pouvoir, la souveraineté nationale » - telle devrait être la mission de l’armée dans les semaines et mois à venir.

A moins qu’elle ne décide de sortir de ses casernes et de suppléer à la vacance du pouvoir, la nature ayant horreur du vide.

Jean-Yves Duval

Marseille a fortement compromis ses chances de participer à la prochaine Ligue des champions, en s'inclinant 2-0 à Bordeaux, terre maudite depuis bientôt 42 ans, vendredi soir en ouverture de la 31e journée de L1.

Encore une fois, l'histoire s'est répétée pour les Olympiens en panne de confiance depuis leur défaite au Parc des Princes et qui ont paru sans réelle solution face au bloc bordelais solidaire, qui a fini à dix après l'exclusion de Pablo (82e).

Avec désormais huit points de retard sur le podium, la mission s'annonce compliquée pour les hommes d'un Rudi Garcia, qui a un peu plus fragilisé sa situation avec cet échec.

Ne pas perdre face à l'OM, tel était le dernier objectif des Bordelais dans cette saison de transition suite à la vente du club aux Américains de GACP. Mission accomplie, mais aussi de quoi raviver des regrets.

Comme souvent cette saison contre les grosses écuries, que ce soit Paris (2-2), Lille (1-0) ou Saint-Etienne (3-2), ils ont été à la hauteur de l'événement, au niveau du réalisme avec un De Préville essentiel dans le système de Paulo Sousa et récompensé, mais surtout défensivement.

Avec Balotelli, leur buteur en série sur le banc au coup d'envoi en raison de petits soucis musculaires, les arguments offensifs des visiteurs ont reposé sur Valère Germain un peu trop esseulé sans son compère italien en pointe, censé être alimenté par Florian Thauvin, Nemanja Radonjic et le revenant Dimitri Payet, qui n'avait plus débuté en L1 depuis le 20 janvier à Caen.

On n'a pas beaucoup vu le capitaine marseillais, préposé aux coups de pied arrêtés et en situation idéale juste avant la pause, mais son tir est passé au dessus.

Au regard de leur premier acte, maîtrisé techniquement pendant vingt minutes, les hommes de Rudi Garcia ont pu se sentir lésés par l'arbitrage de M. Ben El Hadj, notamment Strootman dont la reprise puissante a été repoussée dans sa surface par la cuisse et surtout la main de Pablo (10e)

- Pas d'effet Balotelli -

Au non de la cohérence et de la jurisprudence du Rennais Benjamin André mardi en demi-finale de la Coupe de France contre Lyon pour une action en tout point similaire, l'OM aurait dû bénéficier d'un penalty, que les Girondins, eux, ont su obtenir un quart d'heure plus tard.

Le fautif, Radonjic, remplaçant de Ocampos, présent offensivement mais malheureux quand il s'est agi de prêter main forte à sa défense.

Déjà, deux minutes avant cette sanction, le Serbe avait remis involontairement dans la course de Briand un centre mal jugé par Amavi mais Mandanda sauvait son camp en opposant son pied gauche à la frappe de l'attaquant bordelais.

Puis, sur un centre rentrant de Kamano qui lobait Kamara, le ballon rebondissait sur le bras de Radonjic, synonyme de penalty que Kamano transformait (1-0, 27e).

Sûrement en quête de rachat, le Serbe a entamé en fanfare le deuxième acte. En l'espace de sept minutes, il s'est procuré trois occasions, deux sur des offrandes de Thauvin (49e, 51e), une dernière sur un corner en retrait de Payet (56e) mais il n'a pas réussi à trouver le cadre.

Jusqu'à l'heure de jeu, seul Kamara sur un corner précoce de Payet était parvenu d'une tête puissante à inquiéter Costil, efficace sur sa ligne (8e).

L'entrée de Balotelli à la place de Payet (69e) n'a pas eu non plus l'effet escompté, surtout que dans la minute suivante, De Préville, lancé par Briand, s'est joué de Kamara avant de tromper Mandanda d'une frappe enroulée au ras du poteau et faire exploser le Matmut Atlantique (2-0).

La tête basse, les Marseillais ont tenté en vain de revenir. Balotelli s'est essayé de loin (73e), a rameuté ses troupes, a chauffé ses adversaires dont Pablo, exclu pour un coup d'épaule sur l'Italien au sang chaud, loin du ballon.

 

AFP

 

La France bénéficiera de 79 sièges au Parlement européen à Strasbourg.AFP/Frederick Florin

Le premier débat des Européennes entre les douze têtes de liste, organisé jeudi 4 avril par France 2, a tourné à la cacophonie. Parfois au détriment du fond. L’un des enjeux principaux est pourtant de mobiliser les électeurs qui perçoivent souvent ce scrutin comme étant peu lisible.

Dans moins de deux mois, plus de 300 millions d’Européens sont appelés à choisir leurs 705 députés au Parlement européen. En France, le scrutin se tiendra le 26 mai. Enjeux, candidats, rapport de forces : le point sur ce scrutin.

 

A quoi servent les élections européennes ?

Tous les cinq ans, les citoyens sont appelés à voter pour élire leurs députés au Parlement européen. Il s’agit de la seule institution de l'Union européenne élue au suffrage universel direct, instauré en 1979. Cette année, les électeurs de 27 pays doivent désigner 705 eurodéputés (si le Brexit est acté d'ici le scrutin). Le nombre de sièges alloués à la France est de 79.

Le Parlement européen partage le pouvoir législatif et budgétaire avec le Conseil de l'UE, composé d'un ministre de chaque pays. Il dispose aussi de moyens de contrôle sur la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE. Les eurodéputés doivent aussi approuver le nom du futur président de la Commission qui succédera à Jean-Claude Juncker.

Quelles sont les conséquences concrètes des politiques européennes au quotidien ? Les citoyens européens peuvent par exemple utiliser leurs forfaits mobiles nationaux au sein de l'Union européenne sans surcoût, le Parlement européen ayant adopté en 2017 la disparition des frais d'itinérance. Le 26 mars, les députés européens se sont prononcés pour la suppression du changement d'heure saisonnier dans l'Union, en 2021. Le lendemain, ils ont entériné la fin des produits en plastique à usage unique, à partir de 2021.

 

Vers quelle composition pour le Parlement européen ?

Actuellement, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), sont majoritaire au Parlement avec 217 députés. Le deuxième groupe le plus important est celui de l'Alliance Progressiste des Socialistes & Démocrates au Parlement européen (S&D, centre gauche), avec 186 députés.

Sur la base des sondages réalisés dans chaque Etat, le Parlement européen a réalisé, le 27 mars, une projection de la composition du futur hémicycle.

L’axe PPE-S&D subirait un recul sensible (avec respectivement 29 et 44 députés en moins), perdant ainsi la majorité absolue. Cette situation les forcera sans doute à nouer des alliances avec les libéraux (ALDE) ou les Verts.

Les mouvements nationalistes et populistes, progressant dans la plupart des pays européens, espèrent réaliser une percée lors de ces élections. Mais suite au Brexit (s’il a lieu) et donc au départ des députés britanniques, le groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE) devrait subir un recul sensible (23 députés en moins) tout comme celui de l’Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD, 11 députés en moins). Le groupe L'Europe des nations et des libertés (ENL), créé par Marine Le Pen, devrait au contraire sortir renforcé (24 députés en plus).

 

Qui sont les candidats en France ?

Les électeurs français auront le choix entre au moins une quinzaine de listes, qui contiendront chacune 79 noms. Chaque liste ayant obtenu au moins 5% des voix se verra attribuer un nombre de sièges proportionnel à son score. Si la composition complète de ces listes n’est pas encore connue (les partis devant les déposer entre le 23 avril et le 3 mai), les têtes de liste ont déjà été désignées.

 

Plusieurs partis font le pari de la jeunesse comme par exemple le Rassemblement national (ex-FN) ayant investi Jordan Bardella, 23 ans, La France insoumise avec Manon Aubry (29 ans), les Républicains avec François-Xavier Bellamy (33 ans) ou le Parti communiste avec Ian Brossat (38 ans).

La gauche part en ordre dispersée. Europe Ecologie-Les Verts présente sa propre liste conduite par Yannick Jadot, comme Génération.s avec Benoît Hamon et Place publique, le mouvement de l'essayiste Raphaël Glucksmann, derrière lequel s'est rangé le Parti socialiste. A l'extrême gauche, Lutte ouvrière présente sa liste avec à sa tête Nathalie Artaud. 

 

A droite, les Républicains avec François-Xavier Bellamy pourraient être concurrencés par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. L'UDI de Jean-Christophe Lagarde, l'UPR de François Asselineau et Les Patriotes de Florian Philippot mènent aussi campagne. Jean Lassalle compte également présenter une liste.

L'incertitude règne toujours quant à la présence ou non d'une ou plusieurs listes « gilets jaunes ». L'une des figures du mouvement, Ingrid Levavasseur, avait annoncé prendre la tête de la liste du Ralliement d’initiative citoyenne (RIC) avant de renoncer, mi-février.

 

Quelle est la participation en France ?

Les élections européennes sont traditionnellement boudées par les électeurs français. Par rapport aux autres élections, l’abstention y bat des records. En 1979, elle était de 39,30%. Depuis, elle ne cesse de progresser à chaque scrutin (léger recul en 2014). Depuis 1999, l’abstention a toujours dépassé la barre des 50%.

Les électeurs utilisent parfois ce scrutin pour sanctionner le pouvoir politique en place au niveau national. En 2014, deux ans après le début du quinquennat de François Hollande, les listes du Parti socialiste avaient subi une déroute historique aux européennes, avec moins de 14% des voix (en troisième position derrière le Front national, 24,9 %, et l'UMP, 20,8 %). Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon appellent ainsi à faire de ces élections un « référendum anti-Macron ».

 

RFI

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