L'air de la capitale du Sénégal est chargé en particules fines depuis maintenant 48 heures. Des particules dangereuses pour les habitants fragiles. L'épisode est récurrent dans la ville, parmi les plus polluées au monde.

La sensation d'être dans un nuage de poussière en permanence, c'est ce que vivent la jeune Aminata Sall et sa famille. « C'est la ville, donc il y a beaucoup de voitures qui dégagent de la fumée. La fumée avec de la poussière, ça empêche les gens de respirer. Ma mère est asthmatique, elle ne peut pas trop s'adaptée. Parfois, elle va à l'hôpital pour prendre des médicaments et éradiquer ça », nous raconte la jeune fille.

Asthmatique elle aussi, Fatou Dhiaw est malgré tout sortie de chez elle. Pour tenir dans le centre ville elle a pris ses médicaments... « J'ai la Ventoline, mais j'ai oublié l'autre. On ne voit pas bien, on ne respire pas bien. Donc c'est difficile pour nous », nous explique-t-elle.

Limiter son exposition à la pollution

Il y a des gestes simples pour limiter son exposition à la pollution. André Jacques Dioh travaille au centre de gestion de la qualité de l'air. « On demande aux gens de limiter leurs déplacements et de ne pas s'exposer à l'air ambiant. L'Etat du Sénégal fait des efforts. Le Centre de gestion de la qualité de l'air a fourni des données sur la pollution à Dakar. C'est le seul centre en Afrique de l'ouest. Dakar n'est pas la ville la plus polluée d'Afrique de l'ouest », assure le spécialiste.

Cette pollution provient surtout des vents du désert qui soufflent en cette saison. Dans l'air de la ville, toute l'année il y a sept fois plus de particules fines par rapport aux recommandations de l'OMS.

Et l'épisode devrait se poursuivre au moins pour toute la journée de ce jeudi.

RFI

Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, est furieux contre l’union interparlementaire (UIP). L’organisme international a relevé des « irrégularités » dans le procès de l’ex-député-maire de Dakar, Khalifa Sall, condamné à cinq ans d’emprisonnement en août.

Les irrégularités judiciaires s’expliquent par « le caractère politique du dossier ». Ce sont les mots choisis par les membres du comité des droits de l’homme de l’UIP, une organisation plus que centenaire qui rassemble les Parlements des Etats souverains. L’institution rejoint ainsi la cour de justice de la Cédéao et qualifie d’« arbitraire » la détention provisoire de Khalifa Sall.

Ses recours auprès du juge d’instruction n’auraient pas été pris en compte sur le fond, dénonce aussi l’Union interparlementaire. Enfin, elle demande un examen impartial et indépendant du pourvoi en cassation du candidat à la présidentielle.

Pour Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale du Sénégal, cette décision de l’UIP est « incohérente ». Le texte comporte pour lui des « dérives interprétatives » sur une décision de justice qui est celle d’un pays souverain.

Le président regrette également que les membres du conseil des droits de l’homme n’aient pris en compte, selon lui, que la version de Khalifa Sall. Dans sa décision, l’Union interparlementaire fait part en tout cas de sa difficulté à accéder aux informations du dossier judiciaire.

RFI

Nous avons eu l’occasion d’évoquer ici-même l’intention d’Air Sénégalde voler de ses propres ailes et de supplanter la compagnie Corsair pour la liaison Dakar-Paris-Dakar. Nous émettions alors quelques réserves au vu de la situation plus qu’embryonnaire de la compagnie nationale sénégalaise.

Les prix avantageux … de l’histoire ancienne

Rappelons que la présence de Corsair, en concurrençant Air Francesur cette ligne avait permis de casser les prix. Cette situation semble bien révolue aujourd’hui. 

Adieu Orly, bonjour Roissy

En effet Air Sénégal va désormais s’allier avec Air France dont elle va bénéficier de la logistique et des services (enregistrement, embarquement, salon affaires, etc.) Ce partenariat va notamment lui permettre de bénéficier de l’accès au terminal E de Roissy-CDG, une aérogare fonctionnelle. 

Terminés les embarquements et débarquements à Orly pour les passagers qui empruntaient auparavant Corsair.

Autre avantage à trois mois de l’ouverture de la nouvelle ligne par Air Sénégal celle-ci va pouvoir disposer du réseau commercial d’Air France en particulier de ses agences de voyages. Grâce à cet accord on pourra ainsi effectuer le voyage aller sur Air France et un retour sur Air Sénégal avec le même billet.

Un marché de dupes ?

A première vue il s’agit là d’une bonne nouvelle. Oui mais à y regarder de plus près ce sont surtout les autorités sénégalaises qui vont empocher le bonus grâce à ces économies. Air France aussi, qui voit ainsi disparaître la concurrence de Corsair et qui n’a pas à redouter celle d’Air Sénégal en situation de dépendance vis-à-vis d’elle. Et qui dit absence de concurrence dit monopole donc un marché maîtrisé en particulier sur les prix. Cherchez l’erreur !

Or cette ligne est particulièrement juteuse, songez que la demande y est plus forte que l’offre et que le remplissage annuel des avions est voisin de 90 % ce qui autorise des tarifs élevés. CQFD !

« Aux urnes » voyageurs !

Si donc, dans ce trio « Air France », « Air Sénégal » et « voyageurs », les deux premiers sont gagnant-gagnant, qui selon vous sera le dindon de la farce ? Les c… de voyageurs pardi. Et les sénégalais de France peuvent dire aujourd’hui « merci ». Merci qui ? 

« Merci monsieur Macky Sall ! Depuis les débuts de votre septennat nous pouvions bénéficier avec Corsair d’un tarif avantageux, ça c’était hier, et les choses demain vont changer. Mais rassurez-vous, on a bien l’intention de vous faire supporter la future augmentation du prix du billet lors de l’élection présidentielle en février prochain. Ce sera pour nous une façon de nous dédommager à défaut de se faire rembourser ».

Le directeur de publication d’Ichrono

samedi, 20 octobre 2018 09:58

Me Wade brouille les cartes

Malgré la «non-inscription» de son candidat Karim Wade sur les listes électorales, en raison de l’article L 31 du Code électoral, et subséquemment l’invalidation plus que probable de cette candidature par le Conseil Constitutionnel, et autre menace d’arrestation qui pèse sur le retour de ce même candidat au Sénégal, à moins qu’il ne solde son amende de 138 milliards à lui infligée par la Crei, le Pds persiste et signe dans le choix de son porte-flambeau à la présidentielle. Tout en refusant de manière mécanique un quelconque plan alternatif à cette même candidature au sein du parti libéral, comme en témoigne la «marginalisation» de Me Madické Niang dans le groupe parlementaire libéral aussi bien que dans le parti. Raison suffisante pour se demander, compte tenu des contraintes qui pèsent sur la candidature de Karim Wade, si le Pds ne file pas tout droit vers le suicide politique ? Ou à contrario, si Me Wade, en fin stratège politique, ne réserve pas une botte secrète au président Macky Sall ? Le moins que l’on puisse dire en tout cas, c’est que les cartes sont brouillées, avec la posture actuelle du Pds.

A moins de cinq mois de la présidentielle, le Pds qui constitue la deuxième force politique du Sénégal n’a pas varié d’un iota dans la désignation de son candidat à la présidentielle, en l’occurrence Karim Wade, dont la participation au scrutin du 24 février prochain fait pourtant l’objet de moult restrictions de la part du pouvoir en place. Choisi comme candidat du Pds à la présidentielle de 2019, en  mars 2015, à deux jours du verdict de son procès à la Crei (Cour de répression de l’enrichissement illicite), le fils d’Abdoulaye Wade continue de condenser les espoirs du Pds, ou selon de son père, de revenir par ricochet à la tête du pays pour diriger les destinées du Sénégal. Comme ce fut le cas de 2000 à 2012, via la première alternance politique au Sénégal. Seul hic, la candidature de Karim Wade à la présidentielle semble aujourd’hui plombée par sa «non-inscription» sur les listes électorales, en raison de l’article L 31 du Code électoral corrélé à la peine de 06 ans de prison infligée à Karim Wade par la Crei. Et vraisemblablement, l’arbitrage attendu du Conseil constitutionnel qui doit établir la liste des candidats à la présidentielle, ne semble pas parti pour donner raison à Karim Wade et au Pds, contre toutes les autres juridictions (Chambre d’accusation Tribunal d’instance, Cour suprême) qui ont préféré s’en laver les mains. Pis, une sorte d’épée de Damoclès reste suspendue sur la tête de Karim Wade, en cas de retour au Sénégal. Comme le révélait dans Sud Quotidien (du 02-10-2018) Ousseynou Samba, enseignant-chercheur à la Faculté de droit de l’Ucad, spécialiste du droit pénal, selon qui les autorités pourraient bien mettre en exécution leur menace de procéder à l’arrestation de Karim Wade, dès sa descente d’avion à Dakar, pour le contraindre à payer les 138 milliards de francs CFA d’amende que la Crei lui avait infligée, suite à sa condamnation pour enrichissement illicite.

Malgré toutes ces contraintes, le Pds n’en démord pas et s’arc-boute sur son candidat Karim Wade. En refusant systématiquement tout plan alternatif à cette candidature. Me Madické Niang, dernier ministre libéral des Affaires étrangères, fidèle d’entre les fidèles de Me Wade, patron sortant du groupe parlementaire de l’opposition, passera ainsi à la trappe en osant « aventurer» une candidature autre au sein du Pds. Celle de Karim Wade continuait d’avoir la cote chez les libéraux. Pour preuve, la rébellion de Me Madické Niang, pourtant sur la base du pur réalisme politique, n’a été suivie par aucun des pontes du parti. Tous les responsables libéraux de nom (Oumar Sarr, Babacar Gaye, Toussaint Manga et autres) se sont investis à renouveler leur fidélité au «Pape du Sopi», seule constante d’un parti dont les sillons ne sont cependant pas clairement dégagés pour la présidentielle à venir. Seulement, fort de sa conviction, le Pds persiste et signe dans l’éligibilité de son candidat, tout en accentuant sa campagne de collecte des signatures de parrains. La presse relaie ainsi qu’avant-hier seulement, par correspondance en date du 14 octobre, Me Wade a vigoureusement demandé aux libéraux de continuer la mobilisation pour les opérations de parrainage, qui vont se poursuivre, au niveau de son parti, jusqu’au mois de novembre. L’objectif étant de collecter le maximum de parrainages afin de contribuer à la validation de la candidature et à la victoire de l’ancien ministre d’État, ministre du Ciel et de la terre. Dans la foulée, le Pape du Sopi annonçait le lancement prochain d’une tournée nationale de suivi de la campagne de collecte de signatures pour Karim Wade.

JEU DE CARTES PIPEES

L’inscription sur le fichier électoral, base de l’éligibilité de tout candidat à la présidentielle, non accordée à Karim Wade par le Code électoral, la validation de sa participation à la présidentielle presque embouteillée au niveau du Conseil constitutionnel, le Pds ne file-t-il pas tout droit vers le suicide politique ? Le moins que l’on puisse dire en tout cas, c’est que la stratégie du « Tout Karim Wade ou rien » risque d’être fortement préjudiciable à la participation du Pds au scrutin de février prochain. Qui plus est, cette disposition du Pds au harakiri politique, via l’obstination de Me Wade à candidater contre vents et marées son fils, pourrait négativement influer sur l’avenir de la deuxième force politique du Sénégal. Présent à toutes les élections présidentielles depuis sa création en 1976, le Pds risque en effet de voler en mille morceaux s’il s’aventure à ne pas briguer le suffrage des Sénégalais en février prochain. Me Abdoulaye Wade peut-il se hasarder à une telle éventualité, au nom d’une fixation viscérale sur son fils au détriment du Pds ? Ou bien, en fin tacticien politique, le Pape du Sopi ne serait-il pas en train de nous mijoter une botte secrète qui pourrait avoir des conséquences létales sur le régime de Macky Sall ? Au rythme où vont les choses, force est de reconnaître en tout cas que le jeu de Me Wade n’est guère explicite. Etant entendu que le Pds sait pertinemment qu’il ne peut pas mettre à exécution sa menace de paralyser le scrutin, en cas d’invalidation de la candidature de Karim Wade, à quoi jouerait donc le parti d’Abdoulaye Wade ? En cette veille d’élection présidentielle, les pistes s’avèrent en vérité brouillées au niveau du parti libéral, malgré les multiples professions de foi en la candidature de Karim Wade.

Sudonline

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