La longue attente des résultats se poursuit après les élections générales de ce week-end au Nigeria. Lundi, la Commission électorale a entamé l’annonce des résultats. Ceux de 19 Etats sur 36 ont été dévoilés. Des élections qui malgré un contexte sécuritaire instable se sont déroulées dans le calme. Et que les Nigérians et la communauté internationale suivent de près.

Lundi, la Commission électorale indépendante (Inec) a commencé à donner des chiffres. Pour le moment, c’est encore insuffisant pour avoir une idée très claire sur un candidat ou bien un parti qui se distingue des autres. Chaque représentant de la Commission électorale de chaque Etat déclare publiquement les résultats engrangés pour les sénatoriales, les législatives et la présidentielle. D'un ton distinct et solennel, ces délégués viennent tour à tour rapporter les détails du scrutin dans leur zone.

Et les premières tendances indiquent que la coalition du Congrès progressiste (APC) de l’opposition conduite par Muhammadu Buhari, maintient ses assises dans le nord du pays. Buhari est originaire de l’Etat de Katsina, où sa formation est loin devant les autres partis, avec plus d’1,3 million de voix. L'APC remporte la majorité des suffrages dans l’Adamawa, les Etats de Kano, de Kaduna et de Jigawa. Pour le reste du pays, cette formation domine dans six autres Etats.

De son côté, Goodluck Jonathan et son parti le PDP (Parti démocratique populaire), sont majoritaires dans sept Etats. Il s’agit notamment d’Ekiti, d’Abia, d’Anamba, de Nasarawa ou encore d’Enugu (dans le Sud) où le PDP obtient 14 157 voix.

Mais alors que les résultats officiels sont progressivement annoncés, des foyers de contestation se confirment. C’est le cas dans l’Etat de Rivers, où des violences ont éclaté le jour du vote. Là-bas, des responsables de l’opposition dénoncent des fraudes massives et demandent l’annulation des scrutins. Le couvre-feu a d'ailleurs été imposé pour des raisons de sécurité, lundi soir.

Les observateurs satisfaits

Bien loin d’Abuja, en marge des négociations sur le programme nucléaire iranien à Lausanne, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a exprimé de vives inquiétudes quant à des indications d’une possible manipulation lors de ce scrutin.

A l'instar de l'Union africaine, la Commission électorale s'est dite satisfaite du scrutin et a repoussé les craintes « d'interférences politiques » formulées par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. L'Union africaine a par ailleurs appelé à recourir « aux moyens légaux existants » au cas où il y aurait contestation des résultats.

De son côté, Chrys Fomunyoh, observateur du National democratic institut (NDI) au Nigeria, se dit satisfait du déroulement du scrutin et estime que les résultats devraient être publiés assez rapidement. « Je crois que c’est dans l’intérêt du Nigeria que les résultats soient connus assez rapidement pour ne pas créer une psychose ; pour ne pas laisser prospérer des rumeurs comme quoi un parti politique ou un autre soit en train de vouloir influencer les résultats qui seront annoncés par la Commission électorale », a-t-il déclaré.

Avec la mise en œuvre de l’outil d’évaluation, Pefa (dépenses publiques et responsabilité financière), qui est un cadre de mesure de la performance de la gestion des finances publiques, le Sénégal a considérablement amélioré la gestion de ses finances publiques.

Le Sénégal a réalisé des bonds importants en matière de gestion des finances publiques. Selon l’expert en finances publiques, Ibrahima Ndiaye, qui animait ce week-end un séminaire du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes), en partenariat avec le Programme d’appui aux réformes des finances publiques (Parfp), sur le thème : «Système de gestion des Finances publiques ; historiques des réformes et les grandes orientations du cadre de mesures de la performance en matière de gestion des Finances publiques (Pefa)», «entre 2007 et 2011, les résultats enregistrés dans l’évaluation Pefa (dépenses publiques et responsabilité financière) montrent que des efforts significatifs ont été faits». Selon le consultant, avec la mise en œuvre d’un outil d’évaluation comme le Pefa qui est un cadre de mesure de la performance de la gestion des finances publiques, le pays a considérablement amélioré la gestion de ses finances publiques. Le Pefa, adopté depuis 2008, intègre les récentes directives de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) portant sur le cadre harmonisé de gestion des finances publiques. C’est aussi un outil qui apporte des améliorations notables et qui consacre des principes comme l’efficacité et la transparence. Ainsi, le Pefa offre une vue d’ensemble de tous les aspects de la performance des systèmes de gestion des finances publiques sur les recettes, les dépenses, la passation des marchés, les actifs/passifs financiers. Mais surtout, l’on est passé d’une logique de moyens à une logique de résultats. «Le budget doit mettre en avant, non seulement les moyens liés à l’activité des pouvoirs publics, mais également justifier la répartition des allocations par rapport à la réalisation d’objectifs définis ex ante pour chaque poste de dépense», indique l’expert.

Directives de l’Uemoa
En 2009, l’Union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) a émis de nouvelles directives concernant la gestion des finances publiques dans les Etats membres. La transposition de ces directives au Sénégal, notamment la directive numéro 6 concernant la transparence et les lois de finances, a introduit une modification dans l’ordonnancement des dépenses. Avec cette nouvelle disposition, les ministères sectoriels deviennent ordonnateurs de crédits contrairement à l’ancien système dans lequel seul le ministre de l’Economie et des finances avait cette prérogative. Mais cette nouvelle disposition n’est pas sans inquiéter les spécialistes quant à la capacité de ces entités à jouer ce rôle qu’on leur a assigné. Pour l’expert en finances publiques, Ibrahima Ndiaye, c’est tout de même un point de la réforme qui préoccupe les experts. «Beaucoup ont dit que nos pays n’ont pas encore atteint le niveau de maturité pour aller vers  la déconcentration de l’ordonnancement. Mais, il faut retenir que ce sont les mêmes fonctionnaires qui sont au niveau du ministère des Finances et des ministères sectoriels. Et ce sont des Sénégalais. Ce qui est important, c’est de disposer de garde-fous et ils existent dans la loi.» M. Ndiaye souligne d’ailleurs, que dans le nouveau système, le ministre des Finances va continuer à jouer un rôle important avec les Contrôleurs des opérations financières (Cof) qui vont être implantés dans les ministères sectoriels pour faire le suivi et garantir la bonne exécution de la dépense.

Renforcer le débat autour de l’exercice budgétaire
L’expert en finances publiques, Ibrahima Ndiaye, déplore l’absence de débat autour de l’exercice budgétaire. «Il est important que le débat d’orientation budgétaire se poursuive sur la place publique», souligne M. Ndiaye. Il déplore ainsi la non-implication de la Société civile et de la presse dans la vulgarisation des débats d’orientation budgétaire de l’Assemblée nationale. «Entre le mois de juin où on a le débat d’orientation budgétaire et décembre où on adopte le budget, on a le temps d’amener le gouvernement à corriger sa copie avec la pression de l’opinion publique», dit-il. Le consultant indique qu’il est «important que la Société civile continue à s’organiser pour influencer la préparation du budget, mais aussi pour exiger que des comptes soient rendus au contribuable. Ça va dépendre du niveau d’organisation de la Société civile et du niveau de plaidoyer.» Mais, le manque de compétences des membres de la Société civile et de la presse dans le décryptage des documents de cadrage budgétaire limite cette dialectique. Raison pour laquelle, l’expert plaide en faveur d’un renforcement des capacités et d’un meilleur accès à l’information. Il donne ainsi l’exemple de la République démocratique du Congo (Rdc) où les documents budgétaires envoyés à l’Assemblée nationale sont aussitôt publiés.

lequotidien.sn

Le Sénégal fait face, depuis des années maintenant, à la baisse du niveau des élèves qui, est selon les acteurs, un des impacts du déficit de qualité des enseignements. Des efforts sont faits et des programmes sont mis en œuvre par l’Etat mais le mal persiste. Et on se rend compte qu’il y a un Paquet de problèmes. Le Quotidien tente ainsi de décrypter, avec certains acteurs du système, l’origine de ce problème.

C’est un secret de polichinelle : le système éducatif sénégalais est malade, comme le confirme de plus en plus la baisse du niveau des élèves alors que des programmes ne cessent d’être mis en œuvre. Mais; le mal persiste. Après le Programme décennal de l’éducation et de la formation (Pdef), aujourd’hui le Paquet (Programme d’amélioration de la qualité de l’équité et de la transparence) est la nouvelle trouvaille du gouvernement pour améliorer la qualité des enseignements. Malgré tout, le niveau des élèves ne cesse de baisser d’année en année. De l’avis du secrétaire général de l’Union des enseignants du Sénégal (Ues), Gougna Niang, la baisse du niveau des élèves ne devrait surprendre personne, parce que le premier intra de qualité, qui est l’enseignant, n’est pas bien formé. «Si nous voulons relever le niveau, nous devons non seulement avoir des enseignants bien formés, le niveau de recrutement doit être revu, le profil des enseignants doit être revu, nul ne doit entrer dans les classes, s’il n’est pas passé par des écoles de formation», a-t-il fait savoir. D’après le syndicaliste, on constate malheureusement jusqu’à présent, «des recrutements de personnes qui ne sont pas titulaires de diplômes professionnels». «On se rend compte au moment où on parle, qu’il y a 150 vacataires qui sont recrutés sur des bases qui ne sont pas claires. Il y a eu aussi plus d’une soixantaine de volontaires qui ont été recrutés sur les mêmes bases», a-t-il souligné. Pour lui, si on veut relever le défi de la qualité, il faut que ceux qui sont destinés à dispenser des cours aient le diplôme professionnel adéquat. «Il ne suffit pas seulement d’avoir un diplôme académique, il faut aussi une formation pédagogique permettant de transmettre correctement le savoir. Il faut revenir à l’ancienne méthode qui consiste à recruter ceux qui ont le profil pour dispenser des cours», soutient-t-il. Pour conforter ses propos, le syndicaliste donne l’exemple des enseignants qui dispensent des cours de mathématiques alors qu’ils ont des diplômes d’économie. Ce qui lui fait dire que le recours du gouvernement à des gens qui n’ont pas le profil adapté pour combler le déficit d’enseignants est à l’origine des dysfonctionnements qui impactent la baisse du niveau des apprenants. Pour montrer que ces cas sont nombreux dans ce système, la secrétaire générale de Syndicat des professeurs du Sénégal (Sypros), Marième Sakho Dansokho, soutient que «si aujourd’hui tous les profs de niveau collège refusaient d’enseigner dans le second cycle, il n’y aurait plus de profs à ce niveau-là».

Pas de qualité quand les enseignants sont mal formés
Les autres problèmes soulevés et qui ont des effets négatifs sur le système sont liés entre autres à l’environnement où les études se déroulent. Selon les acteurs, il est impossible d’avoir des enseignements de qualité dans des abris provisoires, avec des effectifs pléthoriques, un quantum horaire qui n’est jamais atteint, des grèves cycliques et aussi un matériel didactique insuffisant. Outre ces difficultés, les acteurs déplorent aussi la mise en œuvre de certains programmes comme l’Education pour tous (Ept) et l’obligation d’études de 10 ans qui n’ont pas été suivies de mesures d’accompagnement adéquates. Concernant l’accès, considéré comme une des réussites du Pdef, des enseignants soutiennent que ce point fort n’a pas été accompagné de qualité. Pour Mme Dansokho, ce système a fini de transformer nos écoles «en garderies de grands enfants». «On garde des enfants pendant 6 ans, ensuite on les remet dans la rue, ils ne savent même pas lire leur nom sur une liste, le calcul n’en parlons pas. Dans nos pays pour des apparences et pour répondre aux attentes des bailleurs, on adopte des politiques qui sont en fin de compte du gâchis. Parce que sur chaque élève, on investit de l’argent pour le remettre dans la rue comme s’il n’avait jamais été à l’école», a-t-elle fustigé. Pour la syndicaliste, l’accès et la qualité doivent aller ensemble. Pour la secrétaire générale du Sypros, «l’accès à lui tout seul ne sert à rien, parce que les produits qui sortent ne seront pas utilisables». «On reçoit un élève au collège, il est censé pouvoir lire et écrire, connaître sa table de multiplication pour commencer une nouvelle phase. Nos collègues ont énormément de problèmes et ce ne sont pas des choses qu’on invente», témoigne-t-elle. Son analyse de la situation n’est pas loin de celle de Gougna Niang concernant l’obligation d’études de 10 ans. «Si un passage obligatoire à une classe supérieure doit se faire, il doit y avoir des mesures d’accompagnement consistant à renforcer la capacité de ceux qui n’ont pas eu la moyenne lors de l’évaluation. Mais on ne doit pas faire passer mécaniquement les gens», a-t-il expliqué. Pour lui, ce n’est pas une manière de rejeter l’obligation des 10 années d’études mais il faut des mesures pour aider les élèves qui ne peuvent pas suivre et qui n’ont pas le niveau requis. «Maintenir ces enfants dans les classes alors qu’ils n’ont pas le niveau, je me dis que ce sont des gens qui vont être sacrifiés», a-t-il estimé.

Des programmes éloignés de la réalité socio-économique du pays
Que dire du curriculum de l’école de base ? Là aussi, c’est la précipitation dans sa mise en œuvre qui est déplorée. Pour Gougna Niang, c’est un système qui ne milite pas en faveur de la qualité, «ce qui était prévu en amont dans son application n’a pas été fait, ce qui explique le flop constaté». Pour Marième Sakho Dansokho, avec le curriculum, «on n’évalue pas les enseignements mais les compétences». D’après la syndicaliste, la plupart du temps l’élève fait du tâtonnement.
Pourtant des programmes comme le Pdef ont été mis en œuvre pour trouver une solution à ces problèmes mais pour certains acteurs, avec ce dispositif appliqué durant 10 ans, c’est l’accès qui a été mis en avant laissant en rade la qualité. Aujourd’hui, le gouvernement a lancé depuis deux ans, le Programme d’amélioration de la qualité de l’équité et de la transparence (Paquet) mais des syndicalistes affichent un certain scepticisme quant à la réussite de ce programme. D’après Marième Sakho Dansokho, on ne sent pas encore de changement. «La volonté politique est exprimée, le Paquet est là mais aujourd’hui les dysfonctionnements persistent. On est encore à 7 000 abris provisoires, dans certaines localités, les cours ne peuvent pas commencer dès la rentrée, les enseignants ne sont pas motivés, on court toujours après la formation et l’encadrement», analyse-t-elle. Embou­chant la même trompette, le secrétaire général de l’Ues est convaincu que «le Paquet est en train de suivre la même voie que les autres programmes qui ont été déjà mis en place». «Il y avait de l’espoir suscité avec ce programme, mais on constate dans la réalité que rien ne bouge sinon que les choses empirent. Avec l’augmentation des inscriptions, on a même peur que l’Etat se désengage de l’école publique», renseigne-t-il.
Pour que le Paquet ne soit pas un autre programme de plus voué à l’échec, les acteurs soutiennent qu’il faudrait «une volonté politique avérée qui ne se limite pas à des déclarations d’intention, mais qu’on veuille vraiment doter le pays d’un système performant». Mais pour eux, après deux ans d’expérience, on n’a pas encore dépassé le temps des discours et des slogans. Dans l’application, il n’y a aucune rupture, à la limite c’est une «reconduction de ce qui se passait dans le temps».

lequotidie.sn

Déjà mondialement connu, le Centre Pompidou de Paris souhaite se « multiplier » dans le monde entier, grâce à un nouveau concept. Le premier « Centre Pompidou provisoire » ouvre ses portes ce samedi 28 mars à Málaga, en Espagne. Située dans un bâtiment futuriste appelé « Cubo » (cube) qui se trouve au port de la ville andalouse, cette aventure constitue le fer de lance d’un développement international conçu par le président du Centre Pompidou à Paris, Alain Seban. Entretien.

RFI : Le Centre Pompidou provisoire à Málaga montrera pendant cinq ans sur 2 000 mètres carrés une traversée de l’art des 20e et 21e siècles à travers de 80 œuvres de sa prestigieuse collection. Est-ce qu'il s'agit d'un petit Centre Pompidou à durée limitée ?

Alain Seban : L’idée est que l’on s’installe dans un lieu existant ; on fait le minimum d’investissement nécessaire pour que l’on puisse recevoir des œuvres du musée avec des normes très précises et on va rester quatre ou cinq ans, le temps pour développer un concept de développement culturel. C’est le cas à Málaga, une ville qui mise sur les musées pour son développement.

Pourquoi Málaga ? Pourquoi pas Pékin en Chine, Delhi en Inde ou dans des favelas brésiliennes à Sao Paolo ?

L’idée du Centre Pompidou provisoire est de construire un réseau mondial et on va aller notamment dans ces pays que vous venez de citer : la Chine, le Brésil, l’Inde, des pays avec des scènes contemporaines tout à fait extraordinaires et dont nous devons renforcer la présence de notre collection. Maintenant, c’est un tout nouveau concept que personne n’a jamais mis en oeuvre. Donc il fallait le tester : un laboratoire qui est en même temps une vitrine. Avec Málaga, nous avons un partenaire qui est très réactif et prêt à s’engager. En même temps, on aura la possibilité d’être très présent sur place pour porter ce concept à la perfection. Cela nous permettra ensuite de le développer à la fois mondialement et, c’est aussi très important, en France.

Málaga est un pont entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Avez-vous des projets « provisoires » en Afrique ?

Pas encore, parce que je pense que les choses ne sont pas encore tout à fait mûres en Afrique, même si elles évoluent très rapidement. En revanche, nous avons des discussions assez sérieuses dans plusieurs pays de l’Amérique latine et d’Extrême-Orient. Après Málaga, l’objectif sera de créer un Centre Pompidou hors d’Europe et ensuite, une fois que deux centres provisoires ont été créés, [d'en] implanter un en France.

À quelle échéance ?

Une des choses que nous allons vérifier à Málaga, c’est combien pouvons nous en avoir en même temps. Je pense que trois est certainement possible. Donc en fonction des négociations menées à l’étranger, on peut imaginer une deuxième ouverture hors de France l’année prochaine et probablement vers la fin de l’année prochaine ou début 2017 une ouverture en France.

Pour son ouverture, le Louvre-Lens avait présenté La Liberté guidant le peuple de Delacroix. Quelle sera l’œuvre emblématique du parcours du Centre Pompidou à Málaga, ville natale de Picasso ?

Picasso inspire d’une certaine manière tout le parcours, puisqu’il est autour de la question du corps. Une question qui est centrale dans l’œuvre de Picasso. Il y aura des œuvres importantes de Picasso, notamment le Chapeau à fleurs (1940), mais l’œuvre qui sera la plus emblématique et qui va véritablement incarner le Centre Pompidou Málaga, c’est la commande que nous avons passée à Daniel Buren, l’un des plus importants artistes français d’aujourd’hui, pour le Cubo, ce prolongement de verre du Centre Pompidou Málaga. Cela sera une identité visuelle très forte pour cette nouvelle institution avec des couleurs très vives et proches de couleurs primaires qui rappellent l’architecture colorée du Centre Pompidou.

Comme à Paris, vous prévoyez une programmation pluridisciplinaire avec la danse, la vidéo, le cinéma, des happenings… Est-ce que vous allez intégrer aussi des acteurs et des artistes locaux ou espagnols dans la programmation à Málaga ?

C’est l’idée. Il y a le parcours permanent, des expositions temporaires et une programmation pluridisciplinaire. Cela fait partie de l’ADN du Centre Pompidou et le Centre Pompidou provisoire doit être un concentré, le meilleur du Centre Pompidou en partenariat avec des acteurs culturels locaux.

On connaît le Centre Pompidou-Metz avec son très grand succès, mais aussi avec ses difficultés budgétaires. Est-ce que le concept du « provisoire » est une réponse à ces difficultés rencontrées à Metz ?

C’est un modèle économique complètement différent puisque le Centre Pompidou provisoire apporte une rémunération au Centre Pompidou, entre 1 et 1,5 million d’euros par an. L’enjeu aujourd’hui est d’avoir une économie qui soit moins dépendante de la fréquentation des expositions temporaires à Paris, donc de diversifier nos recettes. Pour le reste, l’ensemble des recettes et des dépenses de l’opération des Centres Pompidou provisoires est laissé à nos partenaires locaux.

Aujourd’hui, il y a plusieurs concepts pratiqués par les musées français : la délocalisation avec le MuCEM, la décentralisation avec le Louvre-Lens et le Centre Pompidou-Metz. Quels sont les avantages du concept du « provisoire » ?

Ce qui est fondamental, c’est l’idée du provisoire, d’une forme d’agilité qui est préservée puisqu’à l’échéance, le Centre Pompidou provisoire va s’installer ailleurs. Donc il y a la possibilité de créer un réseau mondial, avec trois Centres Pompidou provisoires en même temps, mais on ne pourra pas couvrir le monde avec des Centres provisoires. Le deuxième avantage : nous nous insérons dans une démarche d’appui à des projets de développement culturel auxquels nous apportons la visibilité qui donne le nom et l’image très forts du Centre Pompidou. Nous ne venons pas dans une démarche un peu impérialiste de planter notre drapeau, imposer notre marque, mais nous venons en soutien. Je pense que c’est cela qui va nous déverrouiller l’accès à de grands pays comme la Chine, le Brésil ou l’Inde qui ambitionnent légitimement de construire leurs institutions dans un domaine aussi stratégique que l’art contemporain.

En 2011, vous avez lancé le Centre Pompidou mobile qui a attiré en deux ans 250 000 visiteurs en France. Qu’est-ce que vous attendez pour le Centre Pompidou provisoire à Málaga ?

Málaga possède un potentiel considérable. C’est une très grande ville avec quasiment un million d’habitants dans l’agglomération et quatre millions de touristes par an. Si vous regardez les chiffres de fréquentation du musée Picasso de Málaga qui est une très belle institution, il a attiré 400 000 visiteurs par an, ce qui est considérable. Je rappelle qu’à Metz, nous étions à 300 000 visiteurs, avec une progression de cinq pour cent par rapport à l’année passée.

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