Dans le cadre de la mise en œuvre du programme national d’autosuffisance en riz (Pnar) et le besoin de booster favorablement les productions réalisées en dehors de la vallée, l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar), en partenariat avec le Fonds national de recherche agricole et Agroalimentaire (Fnraa) a procédé au lancement du « système de Riziculture intensive » (Sri).
 
Synthèse des pratiques culturales définies pour augmenter la productivité de la culture du riz, cette nouvelle technologie vise à augmenter la production du riz pluvial ou riz de plateau de 50 à 100% et même plus de ce pourcentage dans les régions dites introduites.
 
Et ce, dans une autre formule plus économique où le producteur pourra désormais atteindre ces mêmes performances en termes de rendement en consommant moins d’intrants et d’eau dans ses parcelles.
 
En effet, élargi dans les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine, ce programme est aussi un moyen sûr de combattre les nombreux déficits enregistrés chaque année dans la culture du riz, tant au point de vue production, qu’au niveau technique et climatique. En matière foncière, ces régions occupent naturellement une zone caractérisée par une forte pression foncière, une dégradation du système environnemental (érosion éolienne et hybrique), et une baisse continue de la pluviométrie qui varie actuellement entre 600 et 1000 mm /an.
 
Le système de production de riz qui est présentement adopté dans cette zone agro-écologique, est aussi caractérisé par la faiblesse des rendements, malgré les résultats obtenus lors du dernier programme d’aménagement des vallées. Alors que sur un autre paramètre, les techniciens sont toujours en mal de convergence avec les producteurs dont l’écrasante majorité pratique une culture traditionnelle et se soucient peu des conseils apportés par les techniciens.
 
Toutefois, les débats lors de cette rencontre ont essentiellement tourné autour d’un partage d’expériences afin d’inciter l’ensemble des acteurs  à s’approprier du projet et permettre aux partenaires techniques d’être assez outillés pour sa mise en œuvre.   

Le ministre en charge du Plan Sénégal émergent, Abdou Aziz Tall, était hier au Conseil économique, social et environnemental (Cese) aux côtés du Dg du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bosse), Ibrahima Wade, pour exposer sur l’état d’avancement des 27 projets et 17 réformes prioritaires du Pse. Ainsi, M. Wade annoncera qu’une première vague de 14 projets et 5 réformes a été lancée.

Le Plan Sénégal émergent (Pse) est en bonne voie. C’est du moins ce que l’on peut retenir du passage du ministre en charge du Pse et du Directeur général du Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bosse) devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), hier. «Nous sommes dans les délais. Nous sommes dans la phase de préparation, ensuite il y a aura la phase d’exécution. Nous sommes en phase avec l’agenda que nous nous étions fixé au départ», a fait savoir le ministre Abdou Aziz Tall. Dans son exposé, le Dg du Bosse, schéma à l’appui, a avancé que sur les 27 projets et 17 réformes prioritaires du plan, une première vague de 14 projets et 5 réformes a été lancée. D’après Ibrahima Wade, «sur les 14 projets, 12 chefs de projet ont été recrutés». Ce sont les projets du Fer de Falémé et Dakar médical city qui ne sont pas encore pilotés. «Neuf projets sont en phase d’étude et quatre projets sont déjà en phase d’exécution», a-t-il informé. Ainsi l’habitat, l’agriculture, l’électricité et le corridor céréalier connaissent un début de réalisation. «J’aurais même pu ajouter le parc industriel et Pointe Sarène qui va faire l’objet de contrats de performance», a partagé M. Wade. Se faisant plus précis, il a souligné que «six projets sont presque déjà en phase d’opération et un projet en phase d’exploitation, c’est le projet Zircon».En ce qui concerne les réformes, le Directeur général du Bosse a expliqué que les travaux sont très avancés pour le projet de parc industriel intégré. «Nous sommes extrêmement avancés et les études sont menées pour lancer très prochainement le premier parc industriel qui est à Diamniadio», a-t-il confié. Sur le volet habitat, il a rappelé que le Pôle urbain de Diamniadio est en phase de sortie de terre et que la Cité de l’émergence a fait l’objet de pose de première pierre. Pour mesurer les avancées de ces programmes, un système de compte à rebours a été installé sur le site qui doit accueillir la cité de l’Emergence, à l’ancienne gare routière «Pompiers». «Depuis la phase de démarrage jusqu’à la phase d’exploitation, il y a toujours un système de compte à rebours qui permet de voir qui a fauté qui est en retard pour permettre de faire des ajustements éventuellement», a-t-il rassuré. Aux conseillers soucieux des projets d’agriculture, Abdou Aziz Tall a assuré qu’un accent particulier est mis sur l’agriculture et l’élevage. L’objectif, a-t-il rappelé, est d’avoir un accroissement de la production et de la productivité des céréales tels que le riz et le maïs. Diminuer les importations de riz et de maïs, c’est réduire le déficit de la balance commerciale, a-t-il déclaré en soulignant que les sommes économisées peuvent être réinvesties dans des secteurs créateurs d’emplois.

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Macky Sall a été accueilli par une marée humaine jeudi, à Touba, et sans huées, comme l’avait voulu le khalife général des mourides. Le ndigël refait surface, mais seulement sous son angle religieux. Qu’en sera-t-il des retombées électorales dont rêve tout politique ?

L’accueil populaire que Touba a réservé au Président Macky Sall jeudi est lu comme le fait du ndigël du khalife qui avait appelé ses disciples à recevoir un hôte avec les honneurs comme l’avait recommandé Cheikh Ahmadou Bamba. C’est sans doute le cas. Un respect de la consigne à la lettre, tout comme un respect à l’interdiction de huer Macky Sall et tout autre hôte de Touba. Cela dit, il convient de faire une lecture de cette foule à une seule couleur, celle religieuse, même s’il y a eu une forte dose politique à travers quelques pancartes brandies par des soutiens du Président.

Il y a fort longtemps, nombre d’observateurs avaient «tué» le ndigël. Alioune Badara Diop, chercheur à l’Ucad, avait vu juste quand il déclarait en 2012 dans Walf Grand Place : «Dire que le ndigël est révolu, c’est aller vite en besogne.» Lors de la restitution d’une étude sur le système électoral sénégalais, organisé par Enda Diapol, il ajoutait : «Il est prématuré de décréter la fin des ndigël politiques (consignes de vote), parce qu’il est conjoncturel (…) Un khalife donne le ndigël dans des circonstances particulières. Donc, on ne peut pas préjuger de ce que demain sera.» Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ndigël religieux ou politique ?
L’accueil de Macky Sall est-il religieux ou politique ? Sous l’angle de la visite présidentielle en prélude au grand magal prévu jeudi prochain, l’on est du domaine religieux. Et le khalife l’a rappelé : «Je demande aux talibés de réserver un accueil chaleureux à Macky Sall, un fils, un talibé, un hôte de marque qui vient en visite à Touba.» Là c’est le principe et le précepte du Guide des mourides qu’il appelle à perpétuer. Les politiques peuvent récupérer cette faveur et la politiser ; c’est de bonne guerre. Mais il serait exagéré d’en déduire que Touba «vote» Macky Sall avant l’heure, au sens d’un soutien politique.
Il convient de faire la part des choses, comme l’ont parfaitement fait les chercheurs Donal Cruise O’Brien, Momar Coumba Diop et Mamadou Diouf par exemple, qui distinguent le ndigël électoral de celui religieux. Dans La construction de l’Etat au Sénégal, les trois auteurs écrivaient, analysant la Présidentielle de 1988 et le ndigël de Serigne Abdou Lahat Mbacké : «On constate que c’est le moment où commence le refus du ndigël électoral chez les disciples mourides, mais aussi le début de la fin du régime socialiste qui interviendra à l’occasion des élections présidentielles de février-mars 2000.»
Et dans Le Sénégal sous Abdou­laye Wade : le Sopi à l’épreuve du pouvoir, Momar Coumba Diop et Cie ajoutaient : «La leçon à tirer de ces événements (ndigël de 1988) est qu’il existe, au sein de la confrérie, un groupe qui peut désobéir au khalife quand il sent ses intérêts menacés.» Intérêts économiques aussi comme l’affaire du paiement du fisc à Touba à la fin des années 1990.

La course pour le ndigël
Il apparaît dans le discours du porte-parole du khalife qui répondait à Macky Sall jeudi que Touba s’est faite une religion : Tous traités à égale dignité. Lorsque Cheikh Basssirou Abdou Khadre, au nom du khalife, dit à l’endroit du chef de l’Etat : «Le khalife n’a qu’une seule ambition, c’est de faire tout  pour la réussite de l’œuvre de Serigne Touba. Il a vu que depuis que vous êtes élu à la Magistrature suprême, vous ne cessez d’œuvrer pour la modernisation de Touba. En attestent les projets d’envergure… (comme) le projet Thiès-Touba (qui) montre, si besoin en était, que vous considérez Serigne Touba. Nous faisons sienne (l’œuvre de Serigne Touba) ce que disait Serigne Abdou Lahad à savoir si une personne fait des choses visibles pour vous, il faut la remercier vivement pour que nul n’en ignore. Nous vous remercions et prions que tous les projets que vous avez pour le Sénégal soient couronnés  de  succès.» C’est une bonne note et un appel passif à soutenir Macky Sall. Mais il faudra aussi relativiser, car cela n’aurait pas été évident dans un contexte électoral où Touba, conscient de la portée de tels messages, préfère prier pour tous les candidats. On se souvient encore qu’au second tour de la Présidentielle de 2012, le candidat sortant, mis en doute par Macky Sall, avait réservé son premier jour de campagne à Serigne Cheikh Sidy Makhtar. «Je suis musulman, mais j’ai choisi ma voie qui est le mouridisme. (…) Je sais que le pouvoir que je détiens vient de Touba. C’est pourquoi je privilégie Touba sur tout. (…) Voilà pourquoi je suis venu m’en référer à vous qui l’incarnez avant d’entamer la campagne pour le second tour», avait-il dit devant le khalife. Il n’y a pas eu un retour sur… allégeance, comme sur un investissement massif dans les projets de la ville de Cheikh Ahmadou Bamba. Les appels du pied, de façon récurrente et ostentatoire, n’y ont rien fait. Le porte-parole du khalife n’a dû lâcher que ceci : «Le khalife est conscient des réalisations que vous avez faites au Sénégal. Il priera pour vous, comme vous l’avez sollicité, afin que vos entreprises soient couronnées de succès. Les talibés con­vaincus qui travaillent en toute sincérité pour Serigne Touba verront, par la grâce de Dieu, leurs vœux exaucés, et nous espérons que ce sera le cas.» Lénifiant, mais pas suffisant pour une réélection.

«Réconciliation» n’est pas reconquête
Partant de ceux qui huaient le Président Sall aux Hlm, à Keur Nganda, l’on peut dire que ce sont des disciples opposés à son régime et à sa politique. Partant de la tradition mouride, et de son hospitalité héritées du Guide, il s’agit d’un «simple» ndigël religieux. «Sim­ple» pour les politiques qui rêvent tous d’un ndigël politique, mais surtout électoral encore peu évident.
Qu’est-ce que Wade et Macky Sall n’ont-ils pas fait pour obtenir ce qu’ils croyaient être la déterminante de leur élection en 2012 ? Qui ne se souvient pas de la course-poursuite entre les deux candidats arrivés au second tour, qui se bousculaient à Tawfekh, alors que Serigne Sidy Makhtar Mbacké avait choisi de se consacrer à sa retraite spirituelle ?
Cette consigne religieuse exécutée peut-elle se prolonger jusque dans le jeu électoral ? Pas si sûr. C’est tout de même dopant pour un homme à qui on prêtait une «distance» avec Touba, facteur qui aurait pesé dans la balance des Lo­cales du 29 juin dernier, avec une marrée bleue du Pds qui contrôle quasiment tout le Baol. «Ré­con­ciliation» avec Touba oui. Mais pas forcément une reconquête ?

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Le président Macky Sall a découvert lors de sa dernière visite à Brazzaville, la ferme du Président Congolais, où étaient élevées des vaches de la race Taurin ndama ramenées du Sénégal et introduites dans cette belle demeure par un homme passionné d’élevage et de curiosité pour cette espèce dite trypanotolérante. Denis Sassou Nguesso a sans doute émerveillé le président sénégalais en lui faisant visiter ce ranch. Mais sûr qu’il lui aussi donné des idées. Car l’amélioration des races n’est pas une donnée nouvelle au Sénégal. Mais, qui le savait en dehors des spécialistes et des gens comme Pape Seck, cet éleveur qui travaille du coté de Bargny et tous ces anonymes qui se battent seuls dans leur domaine sans l’aide d’un mécène du privé, d’une banque ou de l’Etat.
 
Et pourtant,  ici, au Sénégal, il a été mis sur pied depuis le début de la décennie 1970-80, un programme de sélection du taurin Ndama (né exactement en 1972) avec la constitution entre mars 1972 et octobre 1974 du noyau de fondation composé de 123 génisses et 8 taureaux. Ces animaux ont été achetés auprès des éleveurs traditionnels de la région de Casamance et du Sénégal oriental. A la fin de l’année 1980, ce troupeau comportait 362 têtes. Le critère de sélection était représenté par la croissance pondérale. Les veaux sont sevrés à l’âge de 6 mois et sont ensuite séparés suivant le sexe.
 
Les femelles rejoignent le lot de génisses jusqu’à l’âge de 18-23 mois où la sélection est faite pour les génisses devant entrer en reproduction. Les animaux non retenus sont réformés. Pour les mâles, ils sont mis dans un lot de pré-testage collectif jusqu’à 18 mois où la sélection est faite. Les meilleurs sujets (une dizaine environ) sont choisis pour subir le pré-testage individuel jusqu’à l’âge de 24 mois, âge auquel la sélection des futurs géniteurs est faite. Les sujets les plus performants (2 à 3) sont retenus comme géniteurs de remplacement pour le noyau du Centre de recherches zootechniques et les autres sont mis en cession pour les troupeaux villageois.
 
 Ce schéma de sélection a fonctionné juste qu’en 1992 où un schéma avec ouverture du noyau de sélection du centre à des gènes extérieurs venant des troupeaux villageois a été testé. Les raisons de ce changement venaient du fait que la base de sélection du noyau était trop faible pour assurer un progrès génétique et éviter la consanguinité au niveau du troupeau. L’introduction d’animaux venant des troupeaux villageois permettait d’augmenter la base de sélection et ainsi de réduire l’accumulation de la consanguinité. Le test conduit en 1992-1993 a permis, après un dépistage de vaches ‘’exceptionnelles’’ sur la base de la production laitière, de transférer une cinquantaine de vaches au niveau Crz. Ces vaches ont été inséminées avec de la semence récoltée au niveau des taureaux du centre et retournées dans leur troupeau d’origine. Les produits issus de ces vaches devraient être transférés au Centre de recherche pour un test de croissance. Les résultats et enseignements obtenus de ce test indiquent que le dépistage des vaches au niveau de troupeaux villageois et sur une large échelle était possible ; mais le recrutement de vaches ‘’exceptionnelles’’ et le transfert au noyau du Crz était plus problématique. Les éleveurs  n’étant pas disposés à mettre à la disposition du centre leurs meilleures femelles. Les dépistages de vaches ont continué jusqu’en 1996 avec transfert de vaches pour être saillies au niveau du centre et retour dans les troupeaux villageois. Le nombre de produits issus de ces vaches n’est pas connu et il n’y a jamais eu de transfert des produits mâles pour testage.
 
Ainsi, le système de sélection à noyau ouvert n’a en fait jamais été opérationnalisé puisqu’il n’y a jamais eu de transfert d’animaux ayant contribué à la reproduction du noyau de sélection.
 
Au début, il y a eu le Progebe
 
Le Projet de gestion durable du bétail ruminant endémique en Afrique de l’Ouest (Progebe)  est né de la volonté des pays de la sous-région (Gambie, Guinée, Mali et Sénégal) de conserver le bétail trypanotolérant qui vit dans les zones subhumides et humides de ces pays.  Ce bétail composé de bovins Ndama, de moutons Djallonké et de chèvres naines, est adapté à cet écosystème particulier où sévit la mouche Tsé tsé vecteur de la trypanosomose animale qui empêche les races de ruminants sahéliens de se développer dans ces zones. La stratégie de conservation du bétail trypanotolérant repose sur deux piliers : la préservation de l’habitat naturel de ce bétail et l’amélioration de sa production et de sa productivité accompagnée d’un meilleur accès au marché.
 
La préservation de l’habitat naturel du bétail trypanotolérant est réalisée grâce à des efforts de lutte contre les feux de brousse qui constituent un fléau majeur de dégradation des ressources naturelles et de perte de biodiversité, les déboisements abusifs pour la recherche de terres de cultures et l’exploitation du bois de chauffe ou d’œuvre.  La mise en œuvre de ces actions de  contre les péjorations de l’environnement implique un engagement et une implication active des communautés pour asseoir un modèle de gestion durable des ressources naturelles. Ainsi, des plans d’occupation et d’affectation des sols (Poas) ont été  élaborés et mis en place au niveau des communautés rurales où intervenait le projet.   
 
La préservation des écosystèmes par une meilleure gestion des ressources naturelles devrait aussi assurer au bétail une disponibilité alimentaire moins aléatoire surtout durant la saison sèche. L’élevage du bétail trypanotolérant a été longtemps dominé par un mode de production extensive où l’exploitation des parcours naturels constitue la base de l’alimentation. Ces systèmes de production animale plus ou moins intégrés à l’agriculture, ont été essentiellement fondés sur l’exploitation de l’adaptation des animaux à ces écosystèmes. En plus de la trypanotolérance, le bétail présente également à des degrés divers des résistances contre les endoparasites (moutons Djallonké), la dermatophilose (bovins Ndama) et dispose de capacités à valoriser des fourrages grossiers et pauvres. La taille réduite de son format constitue également un atout en cas de rareté des ressources alimentaires.
 
L’amélioration de la production et de la productivité de l’espèce est réalisée à travers un meilleur accès aux services de santé animale, aux pâturages et à l’eau et à des géniteurs améliorés. La qualité génétique du bétail et l’amélioration de ses conditions d’élevage constituent les fondements d’une meilleure attractivité et valorisation du bétail pour assurer sa conservation.  Ainsi, le Progebe en partenariat avec l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) à travers le Centre de recherches zootechniques de Kolda (Crz-K) a entrepris des actions visant la revitalisation du programme de sélection du taurin Ndama.
 
Ce programme de relance initié en fin 2009 avec le repeuplement du noyau de sélection du Crz a nécessité la participation des éleveurs de la zone d’emprise du Crz (villages situés sur une rayon de 10 à 15 km autour du centre) qui ont apporté leur concours en acceptant de mettre à la disposition du Crz des vaches.
 
L’AMÉLIORATION GÉNÉTIQUE - UN SUCCES ACQUIS GRACE A LA RECHERCHE
 
On l’oublie souvent, mais on fait encore de la recherche en Afrique et au Sénégal. Les activités développées pour reconstituer le noyau de sélection et sa gestion ont permis :
• à travers des visites d’échanges au niveau du Crz-K, d’informer et de sensibiliser les éleveurs de la zone d’emprise et ceux des sites d’intervention du Progebe, sur le programme de sélection ;
• de redémarrer un contrôle de performances et d’identifier sur les animaux mâles qui étaient dans le centre avant le programme de relance, des géniteurs à diffuser. Quatorze jeunes géniteurs ont été ainsi disséminés dans les troupeaux de la zone d’emprise et dans les sites du projet;
• un lot de 24 jeunes taurillons nés depuis la relance est actuellement en phase de testage sur la croissance pour produire de futurs géniteurs. Le principal défi est la consolidation et la pérennisation des premiers résultats et acquis du programme de sélection.
 
En effet, le Progebe qui a accompagné et appuyé l’Isra et les éleveurs dans cette phase de relance, devrait finir en octobre 2014. L’amélioration génétique étant une opération qui doit se faire dans la durée, il s’agira alors que l’Isra, le service de l’élevage et les éleveurs avec éventuellement d’autres partenaires prennent le relai.
L’implication des éleveurs dans la gestion du programme de sélection devra s’affirmer davantage pour une meilleure appropriation et pilotage du programme. Le renforcement des capacités organisationnelles de la Coopérative des sélectionneurs de Ndama devra être poursuivi afin qu’elle puisse assumer pleinement la prise en charge à terme de la gestion du noyau de sélection avec l’appui technique de l’Isra et des services de l’élevage.
 
LIGNES DE FORCES  - CELEBRONS LE GENIE SENEGALAIS DE L’ALIMENTATION
 
La Sillicon Valley, une invention humaine que les extraterrestres n’ont pas laissée à l’Amérique pour les beaux yeux de ses hommes et de ses femmes. Pour la génération d’avant, actuelle et d’après, il aura fallu inventer cet espace. Aujourd’hui, tout le monde en parle et l’imite. Que devons-nous faire pour sortir notre agriculture et l’élevage de la situation d’abandon sinon de résignation dans laquelle on les a laissés. Depuis quelques années, les mots à la mode : l’émergence et le développement.
 
Or, en fouillant dans les textes, dans les archives nationales de l’agriculture et de l’élevage et en allant regarder dans les vieilles bibliothèques des institutions de recherche, on se sera encore étonné de ne trouver que de la vieille paperasse qui ne demande qu’à être réactualisée.  Alors qu’on aurait pu le faire depuis longtemps en remettant au goût du jour, grâce à la magie de l’informatique, certaines de nos trouvailles scientifiques, techniques et technologiques tout comme tous les projets porteurs des années 50-60-70 jusqu’au début de la décennie 2000.  La Sillicon Valley, mon exemple du jour, n’est pas une invention tombée ex. Nihilo, du ciel. Ces hommes et femmes qui l’ont conçue et aménagé dans la forêt californienne, en ont fait l’espace le plus adapté aux innovations en tout genre, d’un monde devenu fou et avide de progrès.
 
Alors, ne pourrait-on pas, pendant qu’on s’époumone derrière des milliards volés par les uns et cachés par les autres, mettre tout cet argent au service d’un certain désir d’avenir pour le Sénégal ? Question de fond ! Question de vie ! Des milliards qui fuient, un président qui dit en disposer au moment où l’Isra qui vient de finir ses journées scientifiques pour l’année 2014, a un mal fou à répondre à nos besoins d’alimentation. Le débat de fond du mandat de Macky Sall est aussi autour de ces questions.
 
Dire qu’il existe un génie sénégalais ne servirait à rien. On le sait. Ce génie, il existe depuis toujours, mais, c’est notre peur à affronter l’avenir, ce fatalisme des faux devins qui voient ou non, la pluie, qui pose problème. Produire du riz en quantité est devenu une expression politique. Mais, pourquoi ne parle-t-on pas de produire du bétail en qualité et en quantité ? Les foires se multiplient et celles de Dakar, même ramenée à un an d’intervalle, n’est qu’un espace de vente de produits qu’on connaît. On doit réinventer ce grand marché avec plus d’ambition et de créations.
 
Le génie sénégalais a besoin d’autre chose à créer et à offrir. C'est-à-dire, la promotion des initiatives destinées à booster la qualité de ce que nous produisons et exposons tous les jours dans les marchés pour notre nourriture. En la matière, le Président de Slow Food international, Carlo Petrini qui a promis une prochaine visite au Sénégal, a donné le ton sur l’incapacité du monde à recycler et explorer toutes les productions que la terre lui offre. Selon lui, il existerait 7000 espèces végétales dans le monde ; or, à l’en croire, l’humanité ne consommerait que quelque 700 unités de ce vaste ensemble. Voilà un défi de taille que la recherche de la promotion du savoir indigène et du savoir faire des chercheurs, devrait aider à exhumer des tiroirs cachés de la science.
 
Le travail devrait commencer très tôt si on veut aider la prochaine génération à garder le fil de la pensée de l’émergence et du développement du pays que les actuels décideurs cherchent à promouvoir. Cela passe par ce petit chemin qu’il faudra quoiqu’il arrive, emprunter un jour. Et très vite…
 
LES PAGES INITIATIVES
 
Cette rubrique « Initiatives » a été conçue pour aller à la rencontre de ceux qui osent.  Elle devrait encourager également une nouvelle manière de voir la vie des gens qui travaillent loin des turpitudes politiques qui ne résument pas, à elles seules, ce qui passe dans le pays.
 
La rubrique voudrait être perçue comme un cadre d’innovations qui va faire la synthèse de ce qui se fait réellement en matière d’efforts de développement au Sénégal. De la recherche dans tous les domaines aux petites inventions, elle abordera toutes les questions liées au design, à la couture, la mécanique, la petite agriculture, l’élevage avec l’embouche ovine, bovine et caprine, la reconversion des séniors, la formation, l’encadrement des jeunes, les Petites et moyennes industries,  etc.) La question est pour nous, d’accompagner le progrès où qu’il se trouve.
 
Loin des pages classiques, la rubrique « Initiatives » sera aussi un espace de débat sur les résultats concrets et visibles obtenus en matière de recherche. Elle sera composée de petits reportages partout où l’on trouvera des pratiques innovantes avec de temps à autre, l’éclairage d’un spécialiste.

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A nos sœurs et frères-Ne
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