Ce lundi 12 janvier, Boko Haram a essuyé un cuisant revers lors d’une incursion contre une position de l'armée camerounaise dans la région de Kolofata, dans l'extrême nord du pays. Les jihadistes, venus en nombre du Nigeria voisin, avaient pour cible un camp militaire tenu par des militaires camerounais. L'assaut s'est soldé par 143 morts côté Boko Haram et un soldat camerounais tué, selon le gouvernement.

Les chiffres officiels font état de 143 islamistes tués. Un important arsenal de guerre a été saisi, comprenant notamment des fusils d’assaut de différentes marques, des armes lourdes, des munitions de tous les calibres, et des terminaux de transmission.

Le ministre de la Communication, qui signe le communiqué au nom du gouvernement, précise que c’est de loin la plus lourde perte subie par la secte islamiste depuis qu’elle a entrepris ses attaques contre le Cameroun. L’assaut de Kolofata est intervenu à 6h30 (heure de Yaoundé), précise le porte-parole du gouvernement. Les assaillants, profitant de la brume, ont essayé de prendre par surprise les forces de défense camerounaises qui y tiennent un camp.

Les combats qui s’en sont suivi ont duré plus de cinq heures, et les jihadistes neutralisés sont retournés en débandade vers la frontière avec le Nigeria. Le bilan fait état, côté Cameroun, d’un soldat mort et de quatre autres blessés. Quelques photos particulièrement effroyables des combats ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

Troisième attaque depuis juillet

Cela fait trois fois depuis juillet que la ville de Kolofata est attaquée. La dernière attaque remontait tout juste au lundi 5 janvier dernier. RFI a réussi à joindre un fonctionnaire de Kolofata. Il avait déjà mis sa famille à l'abri après l'attaque sanglante de juillet. Mais cette fois-ci, il a lui-même plié bagage pour venir se réfugier à Maroua, plus au sud. Il témoigne de ces événements tragiques :

« J'étais dans ma chambre et à 6h44, j'ai commencé à entendre des coups de feu [...] Finalement, ça a perduré et c'est devenu un brasier de tirs terribles. J'ai vécu ce calvaire, ainsi que tous ceux qui étaient encore dans Kolofata, pendant une heure et 26 minutes. On se demandait quand tout cela allait finir et ce qu'il  se passait. »

« Finalement, j'ai appelé un peu partout, explique-t-il, et on m'a dit que les Boko Haram étaient arrivés et qu'ils avaient attaqué la base militaire. Ils ont voulu pénétrer en ville, mais comme la base militaire est juste au-dessus de Kolofata, donc du côté nord, ils ont été stoppés net. Je crois qu'il y a eu aussi un renfort, venu de la ville de Maroua. La population a fui. Presque tout le monde est parti. Ceux qui vont vivre à Kolofata, ce sont des vieillards qui ne savent plus où aller, ni quoi faire. »

■ Témoignage

L'archevêque de Jos, ville nigériane régulièrement touchée par des affrontements confessionnels, juge que la communauté internationale n'en fait pas assez pour lutter contre Boko Haram. Ignatius Kaigama plaide pour que le concert des nations s'inspire de la mobilisation entrainée par les attaques ayant frappé la France depuis mercredi dernier. Pour l'homme d'Eglise, les évènements camerounais démontrent que toute la région est menacée. Ci-dessous, son appel sur les antennes de RFI :

« Cela démontre à quel point la situation est grave. Mais aujourd'hui, cela ne touche pas seulement le Nigeria ; les pays voisins aussi. Et là-bas, ils vont faire la même chose qu'ici. C'est pour ça que nous appelons à des efforts concertés pour régler cette question de Boko Haram. Là, ils s'en prennent au Cameroun, ensuite ce sera le Tchad ou le Niger. Bref, tous les pays voisins... Et quand ils en auront fini avec ces pays-là, ils iront sûrement au-delà. Donc, nous appelons à ce qu'une solution efficace soit trouvée, qui doit être mise en œuvre d'abord par le Nigeria, mais ensuite le soutien de la communauté internationale est nécessaire. »

 

Plusieurs sites internet français ont été visés par des pirates informatiques ces dernières heures, notamment les sites internet d'un élu de gauche et aussi de plusieurs municipalités. Des messages favorables au groupes jihadistes radicaux se sont affichés sur ces sites.

Vendredi 9 janvier, plus d'une centaine de sites internet ont été piratés en France.

En Bretagne, le journal Ouest-France a indiqué que l'un des vingt serveurs d'une société basée à Vannes (Morbihan) a été « kacké ». Ce serveur hébergeait 120 sites, lesquels sont alors tombés en rade.

Pr ailleurs, des sites internet de plusieurs villes du département du Val d'Oise, au nord de Paris, ont été touchés. Le site de la commune de Goussainville fonctionne de nouveau normalement, mais pendant plusieurs heures, les internautes accédaient à une page noire sur laquelle se détachaient en blanc les lettre arabes de la Shahada, la profession de foi des musulmans, qui figure sur le drapeau de plusieurs groupes jihadistes.

Sur la même page piratée, plusieurs messages en anglais et en lettres rouges « Etat islamique », « Palestine libre », « Mort à la France » et « Mort à Charlie ». Un piratage revendiqué par un groupe se faisant appeler « l'Apoca-DZ ».

Outre ces communes du Val d'Oise et de Bretagne, le site internet d'un homme politique français, Eric Coquerel, a lui aussi été piraté. Eric Coquerel est l'un des dirigeants du Parti de gauche et un conseiller régional d'Ile-de-France. Son site internet était toujours hors-service ce vendredi, affichant là encore des slogans en arabe de tonalité islamiste radicale.

Ce piratage a été revendiqué par un groupe se faisant appeler la « Fellaga Team » et qui se dit tunisien. Sur sa page Facebook, ce groupe fait référence à la tuerie de Charlie Hebdo. Joint par RFI, Eric Coquerel se dit convaincu qu'il a été visé pour ses déclarations condamnant l'attentat de mercredi contre Charlie Hebdo.

Rfi

La recherche peine à innover dans le domaine des antibiotiques depuis au moins deux décennies. L’annonce de recherches prometteuses sur une nouvelle classe de ce type de médicament suscite bien des espoirs à un moment où les résistances aux antibiotiques deviennent vraiment préoccupantes. Chaque année 700 000 personnes meurent dans le monde faute d'un traitement efficace.

Les chercheurs l’ont baptisé « teixobactin » et alors qu’il n’est pas encore sorti des éprouvettes, ce nouvel antibiotique suscite un immense intérêt. Il faut dire que le dernier médicament vraiment nouveau appartenant à cette classe de médicaments remonte à 1962. Depuis, les laboratoires n’ont créé que des dérivés de ce dont on disposait déjà. Et les investissements ne sont plus en première ligne dans ce type d’antimicrobiens tout simplement parce qu’ils ne sont plus aussi rentables.

10 millions de morts par an
 
Alors on comprend mieux ainsi pourquoi le teixobactin, qui peut venir à bout d’infections graves chez les souris disent ses découvreurs, suscite tant d’attentes. C’est Kim Lewis, professeur à la Northeastern University aux Etats-Unis, qui a déposé le brevet de la nouvelle molécule. Le chercheur américain s’est associé à des scientifiques allemands de l’université de Bonn et à des Britanniques de la société Selcia pour mener à bien ces recherches novatrices.
 
Les premiers résultats de leurs travaux viennent d’être publiés dans la revue scientifique Nature où les scientifiques décrivent l’action du teixobactin sur des souris face à des bactéries comme le Clostrodium difficile, le staphylocoque doré ou le Mycobacterium tuberculosis. Autant de microbes qui ont développé de solides résistances aux antibiotiques classiques et qui les rendent de plus en plus compliquées et coûteuses à éradiquer aujourd’hui.
 
Selon le professeur Kim Lewis, le teixobactin « ébranle des idées reçues tenaces chez les scientifiques et augure de grandes promesses pour traiter une série d’infections menaçantes. D’ici cinq à six ans, estime-t-il, il pourrait devenir le premier membre d’une nouvelle classe d’antibiotiques ».
 
Et il y a urgence à ce que ce soit vrai si on se réfère au rapport britannique dans lequel des experts s’inquiètent de voir la résistance aux antibiotiques causer « 10 millions de morts par an » dans le monde en 2050. Tout aussi préoccupée, la ministre française de la Santé Marisol Touraine a lancé en septembre 2014 un groupe de travail « pour la préservation des antibiotiques » alors qu’aux Etats-Unis, Barack Obama signait un décret au même moment pour mieux combattre les résistances des bactéries.
 
Une molécule naturelle
 
Pour développer le teixobactin, les chercheurs sont parvenus à mettre au point un dispositif très innovant, une puce à multicanaux. Cet « iChip » leur a ainsi permis de mettre en culture dans le sol des bactéries qui y avaient été prélevées, ce qui était irréalisable jusque-là avec ces organismes. Après quelques semaines, les colonies de micro-organismes ainsi produites ont été testées, cellule par cellule, sur des plaques recouvertes de staphylocoques dorés afin de vérifier une éventuelle action antibiotique.  Vingt-cinq antibiotiques ont ainsi été identifiés dont le teixobactin s’est avéré le plus prometteur suite aux tests réalisés sur des souris infectées par différentes bactéries.
 
Cette molécule naturelle détruit les bactéries en attaquant leur paroi cellulaire et ce mode d’action est particulièrement intéressant dans le cas par exemple du staphylocoque doré, doté d’une membrane épaisse. Utilisé depuis les années 1950, la vancomycine qui est souvent l’antibiotique de l’ultime recours agit de même, mais ce médicament est également concerné par des résistances depuis les années 1980. Quant au teixobactin, ses découvreurs pensent que ses caractéristiques le mettront à l'abri des résistances pour plusieurs décennies.

Comme à chaque fois qu’on découvre une nouvelle molécule, le passage du laboratoire au marché est plus ou moins long. Dans le cas du teixobactin, le professeur Kim Lewis estime qu’environ deux ans seront nécessaires avant les premiers essais sur l’homme, une fois terminées les opérations destinées à assurer la stabilité du produit et à améliorer ses propriétés pharmaceutiques. Ensuite, si tout va bien, la commercialisation pourrait intervenir d’ici « cinq à six ans » espère le chercheur un rien optimiste.

« Paris se transforme en capitale mondiale de lutte contre le terrorisme », titre O Globo. Selon le journal brésilien, la France a connu hier une mobilisation sans précédent. « Jamais les potaches de Charlie Hebdo, n’auraient imaginé faire descendre dans les rues plus de trois millions de personnes », écrit pour sa part le journal québécois Le Devoir. « Quatre jours à peine après la tuerie de Charlie Hebdo et deux jours après la prise d’otages dans une épicerie juive, une marée humaine sans précédent a submergé la France d’est en ouest et du nord au sud. Aucune ville ni aucun village ne semblent avoir échappé à cette mobilisation historique digne de la Libération ». Et Le Devoir de conclure : « Ni après le 11-Septembre ni après les attentats de Madrid, on n’avait assisté à une telle mobilisation ».

La presse relève surtout l’émotion palpable dans les rues de Paris et d’autres villes en France. « En ce dimanche, beaucoup de larmes ont coulé », raconte le journal El Universal, des larmes qui témoignent d’une France « endeuillée après les attaques sanglantes de la semaine dernière. Mais les manifestants montraient aussi une certaine détermination à ne pas céder face à l’intolérance et au fondamentalisme ». Et El Universal de citer quelques slogans entendus comme : « Je suis Français et je n’ai pas peur », ou encore « Que l’encre coule et pas le sang ».
 
« United in outrage »
 
« Uni dans l’indignation », titre pour sa part le New York Times. « Il est important que la première réponse à ces attentats, avant toute réflexion politique ou sécuritaire, ait été de se réunir dans un grand rassemblement pour montrer sa colère et sa solidarité. Rien qu’en descendant massivement dans la rue, les manifestants ont fait savoir leur conviction, partagée par tous : Charlie Hebdo exerce un droit fondamental en démocratie, celui de la liberté d’expression ».  
 
Ce message a été véhiculé par des « chrétiens, athées juifs et musulmans », renchérit le Washington Post. Malgré cette manifestation d’unité et de solidarité, les attaques terroristes ont provoqué un certain malaise, poursuit le journal, citant les déclarations du ministre de la Justice Eric Holder. « L’idée qu’un loup solitaire puisse commettre des attentats aux États-Unis me fait passer des nuits blanches ». Le Washington Post relève aussi l’appel des autorités israéliennes, qui somment les juifs d’Europe de « fuir l’antisémitisme ».
 
D’autres journaux américains notent un absent de marque parmi les chefs d’État et de gouvernement qui ont défilé hier à Paris : le président américain. « Barack Obama n’est pas Charlie », écrit le site d’information Politico en français. Au moins il ne l’était pas ce week-end, précise-t-il. La décision du président de ne pas venir à Paris suscite des critiques. « Ce n’était pas un problème d’agenda, car il n’avait rien prévu ce week-end », note Politico en évoquant un éventuel risque de sécurité. « Les services secrets, explique le site d’information, ne laissent pas marcher le président à l’air libre dans les endroits qu’ils n’ont pas passés eux-mêmes au peigne fin ». Quoi qu’il en soit, pour le tabloïd new-yorkais Daily News, l’absence de Barack Obama et de tout haut responsable du gouvernement américain à la marche républicaine hier à Paris est tout simplement « shameful », honteuse.  
 
Haïti, 5 ans après le séisme
 
Pour évoquer cette catastrophe et ses conséquences, Le Devoir donne la parole à un poète, le québéco-haïtien Rodney Saint-Eloi. Selon lui, il y a eu un « avant » et un « après » séisme. « L’ avant fait d’un sentiment de désespoir envers Haïti, envers les hommes et les femmes, par les politiciens, l’environnement, la méchanceté humaine, la destruction ». Après le séisme, raconte-t-il, « est née en moi l’idée qu’on peut rallumer la lumière, qu’on peut passer d’une violence extrême à un combat plus doux ». Aussi dévastateur fût-il, le séisme a été l’occasion d’un « ressaisissement », d’un sursaut qui peut contribuer à ce qu’il appelle, dans son langage poétique bien à lui, une « remontée en humanité ».
 
« La reconstruction du pays est toujours en cours », constate le Miami Herald, en faisant état de quelques avancés. « De nouvelles routes et d’hôtels ont été construits. Le système de santé s’est amélioré et le nombre de personnes vivant dans des abris de fortune a fortement diminué », écrit le Miami Herald. Malheureusement, poursuit le quotidien, la vie politique elle n’a pas changé. Elle reste aussi toujours aussi « contrariante ». À la veille du 5e anniversaire du séisme, les politiques haïtiens tentent d’éviter une crise profonde.
 
Mais Michel Martelly peut désormais compter sur le soutien des Américains. Selon le site Haïti Libre, « les États-Unis sont aux côtés du président, même en cas d’échec de l’accord tripartite signé en décembre dernier ».  Cet accord prévoit entre autres la prolongation du mandat du Parlement, jusqu’en avril 2015 pour les députés et jusqu’en septembre pour les sénateurs.

Rfi

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