Discours du Secrétaire général désigné-ONU-, António Guterres, prononcé à l'occasion de sa prestation de serment-António Guterres

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et messieurs,

Je vous remercie de toutes ces aimables paroles. Je suis profondément honoré que les États Membres aient placé leur confiance en moi et je suis déterminé à guider mon action sur les buts et principes énoncés dans la Charte.

Je tiens à commencer par rendre hommage au Secrétaire général, Ban Ki-moon.

Monsieur le Sécrétaire général,

Incarnant une autorité morale à la tête de l'Organisation des Nations Unies, vous avez su poser les grandes lignes de son action future grâce, par exemple, au Programme de développement durable à l'horizon 2030, à votre engagement en faveur de la paix et de la sécurité, ou encore à votre décision de placer les droits de l'homme au cœur de nos activités.

C'est sous votre direction qu'a été conclu l'Accord de Paris sur les changements climatiques, qui marque un tournant historique et a été ratifié en un temps record. Je suis convaincu qu'il s'agit là d'une dynamique irréversible.

Monsieur le Président,

Il y a 21 ans, je prêtais un autre serment et devenais Premier Ministre du Portugal. Une vague d'optimisme soulevait alors de nombreuses espérances dans le monde. La guerre froide était terminée; d'aucuns y voyaient la fin de l'histoire. Ils annonçaient un avenir de paix et de stabilité, dans lequel tous pourraient jouir de la croissance économique et vivre dans la prospérité.

Mais la fin de la guerre froide n'a pas été la fin de l'histoire. Au contraire, l'histoire s'est seulement figée par endroits, et quand l'ordre ancien s'est effondré, elle est revenue se venger.
Des tensions et contradictions sous-jacentes ont ressurgi. De nouvelles guerres ont éclaté et d'anciens conflits se sont rallumés. La confusion des rapports de pouvoir a rendu l'avenir encore plus imprévisible et favorisé l'impunité.

Les conflits sont plus complexes et interdépendants que jamais. Ils donnent lieu à d'atroces violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international. Depuis plusieurs décennies, le nombre d'êtres humains contraints d'abandonner leur foyer et de tout quitter n'a jamais été aussi élevé. Et il faut également faire face à une nouvelle menace : le terrorisme mondial.

Les grandes tendances contemporaines, et notamment les changements climatiques, la croissance démographique, l'urbanisation rapide, l'insécurité alimentaire et la pénurie d'eau, n'ont fait qu'aggraver la concurrence pour les ressources, attiser les tensions et augmenter l'instabilité.

Monsieur le Président,

Il est vrai que les vingt dernières années ont aussi vu d'extraordinaires avancées technologiques. L'économie mondiale a connu la croissance, les indicateurs sociaux de base se sont améliorés et la part de la population mondiale vivant dans la pauvreté absolue a diminué de manière spectaculaire.

Cependant, la mondialisation et les avancées technologiques ont aussi creusé les inégalités. Il y a eu beaucoup de laissés-pour-compte, y compris dans les pays développés, où des millions d'emplois ont disparu tandis que les emplois créés étaient souvent inaccessibles pour beaucoup. Le chômage des jeunes a explosé. Et la mondialisation a aussi favorisé le développement de la criminalité organisée et des trafics.

Tout cela n'a fait qu'élargir la fracture entre les peuples et les élites politique. Certains pays font face à une instabilité de plus en plus marquée, des troubles sociaux, voire même des actes de violence et des conflits.

Les électeurs ont aujourd'hui tendance à rejeter le statu quo et toutes les propositions sur lesquelles ils doivent se prononcer par référendum. Beaucoup de gens ont perdu confiance non seulement dans l'État, mais aussi dans les institutions mondiales, et notamment dans l'Organisation des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Trop de décisions, partout dans le monde, sont dictées par la peur.

Nous devons comprendre l'angoisse des populations et répondre à leurs besoins, sans perdre de vue nos valeurs universelles.

L'heure est venue de tisser de nouveaux liens entre les peuples et leurs dirigeants à l'échelle nationale et internationale. L'heure est venue pour les dirigeants d'écouter le peuple, de lui montrer qu'ils veulent son bien, et qu'ils sont attachés à la stabilité mondiale dont nous dépendons tous.

Et l'heure est venue pour l'Organisation des Nations Unies d'en faire autant, de reconnaître ses lacunes et de changer ses méthodes de travail. L'Organisation est la pierre angulaire du multilatéralisme et elle contribue depuis des décennies à une paix relative. Mais elle n'est plus en mesure de répondre aux défis contemporains. Elle doit être prête à se réformer.

Notre véritable point faible, et je m'adresse ici à la communauté internationale dans son ensemble, réside dans notre incapacité à prévenir les crises.

L'Organisation des Nations Unies est née sur les cendres de la guerre. Aujourd'hui, c'est pour assurer la paix que nous sommes là.

Monsieur le Président,

Pour prévenir les conflits, nous devons nous attaquer à leurs causes profondes à travers les trois piliers des Nations Unies : la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains. Cela doit être la priorité de tout ce que nous faisons.

La prévention exige que nous soutenions plus les pays dans leurs efforts pour renforcer leurs institutions et rendre leurs sociétés plus résilientes.
Il s'agit aussi de rétablir les droits humains comme une valeur fondamentale qui doit être défendue en tant que telle, et non à des fins politiques. Tous, y compris les minorités de tout genre, doivent pouvoir jouir de l'ensemble des droits humains – civils, politiques, économiques, sociaux et culturels – sans aucune discrimination.

Protéger et autonomiser les femmes et les filles est primordial. L'égalité des sexes est essentielle au développement, et le rôle clef qu'elle joue dans la consolidation et le maintien de la paix devient de plus en plus indéniable.

La prévention n'est pas un concept nouveau : c'est ce que les fondateurs des Nations Unies nous ont demandé de faire et elle constitue le meilleur moyen de sauver des vies et d'alléger les souffrances humaines.

Lorsque la prévention échoue, nous devons redoubler d'efforts pour régler les conflits.

Qu'il s'agisse de crises aiguës, en Syrie, au Yémen, au Soudan du Sud, ou ailleurs, ou de différends de longue date comme le conflit israélo-palestinien, il faut davantage de médiation, d'arbitrage et de diplomatie créative.

Je suis prêt à m'engager personnellement à travers mes bons offices dans le règlement des conflits lorsque cela constitue une plus-value, tout en reconnaissant le rôle de premier plan des États Membres.

Monsieur le Président,

L'échelle des défis auxquels nous sommes confrontés nous contraint à travailler de concert, pour réformer l'Organisation de manière approfondie et continue. Je souhaiterais esquisser ici trois priorités stratégiques pour cette réforme : notre travail en faveur de la paix; notre appui au développement durable; et notre gestion interne.

Les femmes et les hommes qui travaillent dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies nous apportent une contribution héroïque au péril de leur vie. Toutefois, ils se voient souvent confier la tâche de maintenir une paix qui n'existe pas. Nous devons donc nous entendre sur ce que recouvre le travail de maintien de la paix, afin de jeter les bases d'une réforme urgente.

Nous devons faire de la paix le fil conducteur qui relie la prévention et le règlement des conflits, le maintien et la consolidation de la paix, et le développement. Nous devons nous appuyer sur les conclusions des trois récents rapports, ainsi que les résolutions parallèles de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité. Le moment est venu pour nous tous, inspirés par le nouveau concept de pérennisation de la paix, de nous engager dans une réforme globale de la stratégie, des opérations et des structures des Nations Unies visant la paix et la sécurité.

Cette réforme doit également inclure un examen de notre travail dans le domaine de la lutte antiterroriste, et un meilleur mécanisme de coordination entre les 38 entités des Nations Unies concernées.

Monsieur le Président,

Le système des Nations Unies n'a pas encore fait suffisamment pour prévenir et réprimer les crimes odieux de violence et d'exploitation sexuelle perpétrés sous la bannière de l'ONU contre ceux que nous sommes censés protéger.

Je compte coopérer étroitement avec les États Membres sur des mesures structurelles, juridiques et opérationnelles qui feront de la politique de tolérance zéro une réalité. Nous devons travailler dans la transparence et le respect du principe de responsabilité, en offrant une protection et des voies de recours efficaces aux victimes.

Monsieur le Président,

Le deuxième élément clef du programme de réforme a trait à l'aide que l'Organisation des Nations Unies doit apporter aux États Membres pour leur permettre d'atteindre les objectifs de développement durable, expression de solidarité mondiale qui porte en elle la promesse de ne pas faire de laissés-pour-compte.

À cette fin, nous devrons remettre le développement au cœur de notre activité et engager une vaste réforme du système des Nations Unies pour le développement, au Siège et dans les pays. Il faudra pour cela savoir faire preuve d'esprit d'initiative, coordonner l'action menée, obtenir des résultats et faire appliquer le principe de responsabilité. J'attends avec intérêt de découvrir les conclusions auxquelles arriveront les États Membres au terme de leurs débats en cours.

Il importe aussi, dès le tout début des crises, de rapprocher les interventions humanitaires de l'action menée en faveur du développement pour aider les populations touchées, remédier aux conséquences structurelles et économiques des crises et éviter que n'apparaisse une nouvelle spirale de fragilisation et de destabilisation. L'action humanitaire, le développement durable et la pérennisation de la paix sont les trois côtés d'un même triangle.

Cette approche renvoie à la décision de « travailler autrement » qui a été prise lors du Sommet mondial sur l'action humanitaire. Pour y parvenir, il faudra mieux faire appliquer le principe de responsabilité, dans chaque organisme, que ce soit dans l'exécution de son mandat ou dans le cadre de sa contribution à l'action du système des Nations Unies, et dans le système dans son ensemble. Pour assoir une véritable culture de responsabilité, il faudra aussi mettre en place des dispositifs d'évaluation efficaces et indépendants.

Monsieur le Président,

Le troisième grand domaine concerne la réforme de la gestion. Nous poursuivrons sur la lancée de ce qui a été entrepris et nous mettrons en œuvre les initiatives prises récemment. Mais en lisant le Statut et le Règlement du personnel ou le Règlement financier et les règles de gestion financière de l'Organisation, on peut se demander si certaines dispositions n'entravent pas l'exécution de nos mandats, plus qu'elles ne la facilitent.

Nous devons nous entendre sur le fait qu'il faut simplifier et décentraliser, et assouplir les règles. Personne n'est gagnant quand il faut neuf mois pour déployer du personnel sur le terrain.

L'ONU doit être agile et efficace. Elle doit privilégier le résultat plutôt que la procédure, l'être humain plutôt que la bureaucratie.

Pour instituer une culture de responsabilité, il faut une bonne gestion de la performance et il faut protéger efficacement les lanceurs d'alerte.

Et il ne suffit pas de mieux faire. Nous devons aussi mieux communiquer ce que nous faisons, de façon à ce que tout le monde le comprenne. Nous devons réformer en profondeur notre stratégie de communication en modernisant les outils et les moyens qui nous servent à communiquer avec le monde entier.

Enfin, la réforme de la gestion doit nous permettre d'atteindre sans tarder l'objectif de la parité hommes-femmes. En l'an 2000, l'ONU s'était fixé comme objectif l'égalité de représentation des femmes et des hommes parmi son personnel. Seize ans après, elle est loin de l'avoir atteint.

Je m'engage à œuvrer pour la parité hommes-femmes dès le début, lorsque je désignerai les membres du Conseil de direction et du Conseil des chefs de secrétariat. D'ici à la fin de mon mandat, nous devrions compter autant de femmes que d'hommes aux rangs de secrétaire général adjoint et de sous-secrétaire général, notamment parmi les représentants et les envoyés spéciaux.

Pour que la parité devienne réalité dans tout le système bien avant 2030, nous devons nous fixer des orientations claires assorties d'objectifs intermédiaires précis.
Enfin, si nous voulons investir dans une ONU plus forte, nous devons prendre en considération le personnel de l'Organisation. Je me réjouis à l'idée de travailler à nouveau aux côtés des 85 000 hommes et femmes qui exécutent le mandat de l'Organisation dans 180 pays. Ils sont nombreux à travailler dans des circonstances difficiles, voire dangereuses. Leur professionnalisme, leurs compétences et leur dévouement en font les ressources les plus précieuses de l'Organisation; nous devons les préserver, les valoriser et les employer judicieusement, et nous devons leur donner voix au chapitre.

Monsieur le Président,

Le monde dans lequel nous vivons est complexe. Pour réussir, l'ONU ne peut pas faire cavalier seul. Il nous faut mettre le partenariat au cœur de notre stratégie. Nous devrions avoir la modestie de reconnaître que d'autres acteurs jouent un rôle essentiel, tout en sachant bien que seule l'Organisation a un tel pouvoir de rassemblement.

Notre action humanitaire et notre travail de développement seraient dérisoires sans la participation active des États Membres et la contribution de la société civile, des institutions financières internationales, des investisseurs privés et des marchés financiers. Plusieurs initiatives de médiation et opérations de paix n'existeraient pas sans la participation des organisations régionales, notamment de l'Union africaine.

Avec nos partenaires, nous avons récemment entrepris d'importants projets. Nous devons les mener à bien jusqu'au bout avant d'en lancer de nouveaux.

Mais ce qui manque à notre stratégie, c'est la collaboration avec les jeunes. Cela fait trop longtemps qu'on les tient à l'écart des décisions qui concernent leur avenir.

Nous devons poursuivre l'action engagée avec l'appui des États Membres, de l'Envoyé pour la jeunesse et de la société civile. Mais il ne s'agit pas de charger les anciens de débattre des problèmes des nouvelles générations. L'ONU doit donner aux jeunes les moyens d'agir, de participer davantage à la vie de la société et de mieux accéder à l'éducation, à la formation et à l'emploi.

Monsieur le Président,

Le grand paradoxe du monde actuel, c'est qu'en dépit d'une connectivité grandissante, les sociétés se fragmentent. De plus en plus de gens vivent dans leur bulle, sans comprendre que leur existence est liée à celle du reste de l'humanité.

Finalement, c'est une question de valeurs. Nous voulons léguer à nos enfants un monde guidé par les valeurs consacrées dans la Charte des Nations Unies : la paix, la justice, le respect, les droits de l'homme, la tolérance et la solidarité. Ce sont là des valeurs communes à toutes les grandes religions, et nous nous employons à les concrétiser dans notre vie quotidienne.

Quand ces valeurs sont menacées, c'est le plus souvent par peur. Il est de notre devoir envers ceux que nous servons de travailler ensemble pour changer cette peur en confiance : la confiance dans les valeurs qui nous unissent et dans les institutions qui œuvrent à notre service et à notre protection.

Dans ma contribution à l'Organisation des Nations Unies, je m'emploierai à inspirer la confiance en faisant tout ce qui est en mon pouvoir pour œuvrer au service de l'humanité tout entière.

Merci.
https://www.un.org/sg/fr/content/

 

Katherine Johnson: Génie du chiffre et une source d'inspiration depuis un demi-siècle

Un portrait dressé par Discov-her

John Glenn, Alan Shepard, Neil Armstrong, Buzz Aldrin... les héros qui ont écrit l'histoire de la course à l'espace pour le camp américain sont aussi nombreux que célèbres. En revanche, on sait peu de choses des milliers de femmes qui ont œuvré dans la coulisse pour s'assurer que ces hommes puissent voyager dans l'espace, et surtout rentrer à bon port. Pour fêter ses 99 ans, DiscovHER brosse le portrait d'une de ces surdouées, Katherine Johnson, qui triompha du sexisme et du racisme de son époque pour se frayer une place bien méritée dans nos livres d'histoire.

Née en 1918 en Virginie-Occidentale, Katherine Johnson est la benjamine d'une famille de quatre. Dès le plus jeune âge, elle montre une telle aisance pour les chiffres qu'elle finit ses exercices scolaires avant ses aînés et se paie même le luxe d'aider ces derniers à résoudre leurs problèmes algébriques complexes. Lorsqu'ils s'aperçoivent de son don, ses parents, très investis dans l'éducation de leurs enfants, s'installent en cours d'année scolaire dans le comté voisin afin qu'ils puissent tous aller au lycée. En effet, leur comté natal de Greenbrier ne compte aucun établissement secondaire public ouvert aux Afro-américains.


Le baccalauréat à 14 ans


Katherine obtient son baccalauréat à l'âge de 14 ans et intègre le West Virginia State College, une université traditionnellement réservée aux Noirs.
Elle s'inscrit à tous les cours qui y sont proposés et fait si forte impression à ses professeurs que beaucoup la prennent sous leur aile, allant même jusqu'à ajouter de nouveaux cours spécialement pour elle.
En 1937, à 18 ans, elle décroche ses diplômes de mathématiques et de français avec les félicitations du jury. Malgré son génie, elle ne peut échapper à la situation qui prévaut dans le sud des États-Unis des années 1950 et doit donc composer avec un sexisme et une ségrégation qui lui ferment beaucoup de portes.


Figure d'ordinateur en jupe


Il lui faut attendre 1952 pour rejoindre les rangs de la NACA – future NASA – à un poste qu'elle qualifie « d'ordinateur en jupe » qui implique essentiellement de calculer les données des boîtes noires d'avions et d'exécuter d'autres tâches mathématiques bien circonscrites.
En 1958, Katherine est mutée à la division Guidage et Commande du Centre de recherche spatiale de Langley, au sein duquel elle évolue aux côtés d'hommes blancs. Alors qu'elle est censée exercer ces fonctions à titre temporaire, elle parvient par l'exactitude et le caractère novateur de ses méthodes de calcul à s'y imposer comme ingénieure aérospatiale, ce qui la conduira à participer à nombre de campagnes spatiales devenues célèbres, à l'image de la mission Mercury de 1961, du vol orbital de John Glenn, des missions lunaires Apollo 11 & 13 et, plus tard, des programmes de la navette spatiale.
Sa renommée est telle que John Glenn, après que la NASA eut calculé sa trajectoire à l'aide d'un ordinateur, lui demanda de refaire les calculs elle-même, assurant qu'il n'aurait l'esprit tranquille que si elle retombait sur les mêmes chiffres que la machine.


Distinguée pour sa contribution à la science


Katherine prend sa retraite en 1986 au terme d'une carrière aussi mouvementé qu'accomplie. Devenue un modèle pour de nombreux astronautes en devenir, mais aussi pour les femmes en général, elle a obtenu de nombreuses distinctions pour sa contribution à la science. Fin 2015, le président Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté – plus haute distinction civile américaine – et rappelle combien elle avait fait avancer la cause des femmes afro-américaines engagées dans les domaines de la science, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques.
En 2016, la NASA lui rend hommage en donnant son nom à un nouveau bâtiment du Centre de recherche de Langley, le Katherine G. Johnson Computational Research Facility.


La même année, sa vie et son œuvre sont dépeintes dans Les Figures de l'ombre, un film qui retrace également le destin de deux autres pionnières afro-américaines de la NASA, Dorothy Vaughan et Mary Jackson.


Katherine Johnson, qui sera centenaire l'an prochain, est une source d'inspiration depuis un demi-siècle... et continuera de l'être pendant au moins un siècle !


http://www.ffnews.info/

 

 

Homo Deus-Une brève histoire de l'avenir par Yuval Noah Harari (Auteur)

A écouter sur bibliotheque médicisavec ElKabach sur public Sénét

La force des données, des algorithmes


Selon cet auteur dieu est mort depuis, seule corps résiste mais il mourra
Yuval Noah Harari Sapiens
Traducteur : Pierre-Emmanuel Dauzat


Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d'hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l'homme ? À dépendre de l'argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?
Véritable phénomène d'édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d'Histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l'Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l'humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage... et notre futur.

Jean-François Caillard
Pourquoi HOMO DEUS de Yuval Noah Harari est un livre majeur pour l'innovation (et pour Homo Sapiens).

"SAPIENS, une brève histoire de l'humanité", le premier livre à immense succès de l'historien Yuval Noah Harari, est sorti en anglais en 2014 et en français fin 2015.
La thèse de l'auteur est que l'Homo Sapiens, l'espèce qui domine le monde sans partage aujourd'hui, la votre très probablement si vous lisez ces lignes, doit son hégémonie à sa capacité à coopérer de façon massive et très flexible. Celle-ci nous a permis de dominer, jusqu'à leur extinction, des espèces plus fortes, et pour certaines plus "intelligentes" comme l'Homo Neandertalis. La soif de croissance de l'espèce Homo Sapiens l'a poussé à éteindre des milliers d'espèces, à endommager la planète de façon irréversible, et souvent au détriment de son propre bonheur.
L'auteur étaye l'hypothèse que les 5 millions d'humains que comptait la Terre il y a 10000 ans étaient probablement plus heureux que les 200 millions du début de l'ère chrétienne.
Yuval Noah Harari démontre que la puissance d'Homo Sapiens est due à ses capacités collaboratives, elles-mêmes liées à sa capacité à partager des croyances communes : Religion, Etats, Argent, Droit, Institutions... Et plein d'autres faits passionnants qui font que l'auteur a été traduit en 30 langues et compte des célébrités influentes comme Mark Zuckerberg parmi ses dizaines de millions de lecteurs.
Bananas in heaven | Yuval Noah Harari | TEDxJaffa
"HOMO DEUS, une brève histoire de demain", la suite en quelque sorte, a été publié fin 2016 et est disponible en français depuis septembre 2017.
Extrapolant les derniers développement de l'innovation, notamment en médecine et en intelligence artificielle, il envisage la suite d'Homo Sapienssous un jour nouveau. Ces développements récents permettent aux humains un pouvoir décuplé et aussi d'aspirer à la quasi immortalité. Il élabore sur le fait que ce pouvoir accru et la forte augmentation de la durée de vie, dont l'arrivée s'étalera sur quelques décennies, permettront à notre espèce de devenir des super-humains, quasi immortels, ou "Homo Deus".
De nombreux ouvrages de "futurologues" anticipent le potentiel des technologies, le QUOI de l'innovation, mais très peu d'ouvrages envisagent le potentiel du SUJET utilisateur de l'innovation qu'est l'homme, et ce qu'il va devenir.
Concernant l'objet de l'innovation, on sait que la vitesse d'adoption progresse de façon quasi exponentielle, qu'il s'agisse des technologies de l'information, et notamment l'intelligence artificielle, la robotique, la réalité virtuelle, mais aussi les déplacements, l'énergie, la santé ou encore les matériaux. Cela va de plus en plus vite et il n'y a pas de pédale de frein. L'humanité a trouvé (techniquement en tout cas) la clé à ses trois grands fléaux historiques, qui ont décru rapidement dans les dernières décennies : Famine, Epidémies et Guerres. Jusqu'à la contradiction : il y a aujourd'hui trois fois plus de décès dus à l'obésité qu'à la malnutrition. La seule chose que l'innovation ne parvient pas encore bien à faire, c'est réparer la planète, notamment concernant le réchauffement climatique ou la pollution — mais des initiatives existent.
Concernant l'augmentation de la durée de vie, de nombreuses recherches actuelles visent à identifier tous les ressorts de la longévité, notamment pour permettre de remplacer les organes endommagés, et ils progressent vite. Les fondateurs de Google ont investi massivement dans Calico, une société qui a pour modeste mission de "Résoudre la Mort". De nombreuses initiatives existent pour faire émerger des "nano-robots" qui viendront surveiller et réparer le corps humain. La maîtrise de la génétique, initialement pour des fins thérapeutiques, aura très rapidement d'autres usages. La bionique, initialement tournée vers la réparation des infirmités, pourra également doter l'Homme de super pouvoirs. Depuis qu'Harari a écrit son livre, Elon Musk a même investi dans un nouveau projet, Neuralink, qui vise à connecter le cerveau et les ordinateurs.
L'innovation technologique a déjà eu une influence considérable sur le fonctionnement de notre cerveau et de nos interactions sociales.
Il y a encore 20 ans, nous connaissions tous au moins une dizaine de numéros de téléphone par coeur, aujourd'hui ce sont nos mobiles qui s'en souviennent pour nous. Nous avons externalisé à Google une partie de ce dont le cerveau se souvenait car on sait que nous pouvons le retrouver en quelques secondes. Nous passons nos temps de transport en commun, et d'attente, le nez sur nos mobiles, qui ne servent plus qu'exceptionnellement à téléphoner. Les jeunes détestent devoir se déplacer ou passer un appel pour réserver une prestation : tout doit se faire en ligne. Mais nous ne sommes pas, physiquement, fondamentalement différents de nos ancêtres nés il y a 1000 ans, et dont certains — un très faible nombre — vivaient déjà centenaires.
Ce qu'Harari souligne, et qui est stupéfiant, est que ces futures technologies vont changer profondément la nature même d'Homo Sapiens en tant qu'espèce, dans la centaine d'année qui vient, ce qui est un temps minuscule par rapport à l'histoire.
En tout cas ceux qui passeront par cette transformation, vous peut-être si vous lisez ces lignes. Chacun restera vulnérable aux morts violentes, mais vu la vitesse d'évolution des technologies, il apparait que les premiers qui accèderont à cette quasi immortalité sont probablement déjà nés.
Enfin, la fameuse Singularité, moment où les machines dépasseront dans tous les domaines le fonctionnement du cerveau, va finir par arriver. La première fois où j'ai rencontré Ray Kurzweil en 2005, principal apôtre de la Singularité, il prédisait que ce serait en 2017. Il a prudemment repoussé à 2029 sa prédiction depuis mais la théorie reste parfaitement valide : une fois la singularité dépassée, la vitesse de progression des systèmes d'information vont évoluer de façon exponentiellement plus rapide que les cerveaux humains. Et les "Homo Deus" dont les cerveaux seront connectés à ces systèmes d'information également : ils ne joueront plus dans la même catégorie aux examens universitaires. Pour compléter le tableau de sa divinité, Homo Deus aura la possibilité d'aller se promener dans l'espace grâce à Virgin Galactic.

Ce transhumanisme pose des questions absolument vertigineuses sur l'évolution de la société, dès 2030, et nous prenons conscience du fait qu'il va falloir revisiter une grande partie de ce que nous croyions savoir, basé sur notre conviction de connaitre le "Sujet" du monde, Homo Sapiens.
L'auteur montre dans ses deux ouvrages qu'au cours des siècles, Homo Sapiens a fait énormément progresser les conditions matérielles de son existence, mais sans impact statistique fort sur son bonheur, parfois même à son détriment : Homo Deus trouvera-t-il, lui, la clé du bonheur ? Celui-ci peut-il être contrôlé par la biochimie ?
Yuval Harari n'est plus à proprement parler dans son métier d'historien quand il annonce l'apparition prochaine de cette nouvelle espèce supra-humaine. Mais il ouvre en quelque sorte une nouvelle branche de l'histoire.
Q&A — The Future of Humanity — with Yuval Noah Harari
Reste à savoir comment se fera cette transition : les 10 milliards d'individus que comptera prochainement notre planète ne pourront pas tous s'offrir les clés de cette immortalité et de cette technologie décuplant nos pouvoirs.
Ce sera probablement une infime minorité. Homo Deus cohabitera-t-il durablement avec Homo Sapiens ou notre espèce actuelle disparaitra-t-elle, ce que semble penser Harari ? Rien ne prouve que ce soit inéluctable. Ce qui semble prévaloir dans ce début de XXIè siècle, c'est bien son imprévisibilité, et l'auteur n'est pas le seul à le souligner.
Jean-François Caillard est COO de NUMA, dont l'objectif est de soutenir les entrepreneurs tech qui se donnent pour mission de répondre aux enjeux mondiaux de 2030. Pour en savoir plus, cliquez ici.

 

Michaëlle Jean fait une demande à Joseph Kabila
AFRIQUE CONNECTION 
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Le 26 septembre, le rapport annuel sur la situation des droits de l'Homme en République démocratique du Congo (RDC) était présenté devant le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.
La Secrétaire générale de la Francophonie s'est dite fortement préoccupée par les violations graves des droits de l'Homme dont fait état ce rapport.
« Ce qui est rapporté est terrible et accablant : tueries, actions de terreur, viols, massacres et vagues de répression meurtrières. Je pense aux populations ainsi malmenées, aux victimes", a déclaré Michaëlle Jean dans un commuiqué transmis à Afrique Connection.
Avant d' exhorter les autorités congolaises, "qui se sont engagées à faire la lumière sur ces violences, à prendre toutes les mesures pour établir la vérité et sanctionner les responsables de ces actes cruels et criminels".
« À cet égard, insiste Michaëlle Jean, une coopération franche et décisive entre les autorités congolaises et le Groupe d'experts des Nations unies, chargés d'enquêter sur la violence dans les Kasaï, est non seulement essentielle, mais pressante».
Afrique Connection
http://www.afriqueconnection.com/

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Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

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