mercredi, 06 décembre 2017 12:31

Johnny dans les yeux, sous la plume d'A. Sthers

 

Il est est parti, ainsi va la vie

Johnny dans les yeux, sous la plume d'A. Sthers


Dans mes yeux, sa biographie de Johnny Hallyday connaît un succès de librairie fulgurant. Amanda Sthers était hier au Leclerc Océane. Rencontre.
Comment est né le projet du livre ?


C'est une éditrice qui m'a soufflé l'idée d'une biographie. J'avais écrit Keith me sur Keith Richards. Mais, à la manière d'un roman. J'admire Johnny Hallyday, parce qu'il fait partie de notre histoire. Je l'admire depuis longtemps. À vrai dire, je ne pensais pas qu'il allait accepter mon offre. En l'occurrence, je crois que je suis arrivée au bon moment. La confiance s'est établie assez vite. Johnny est quelqu'un de très pudique, pas du genre à s'épancher. Il m'a fallu prendre ma place, jouer avec le temps, savoir attendre, écouter... J'ai pris des notes, écrit dans mes carnets des impressions, traduit à ma manière ses confidences, ses hésitations, ses convictions. Il savait que c'était mon écriture mais que c'était son livre.


A sa sortie « Dans mes yeux » a rapidement suscité la polémique.


J'aurais dû m'y attendre, plus peut-être ! Johnny ne laisse pas indifférent et c'est bien, mais résumer le livre à une série de règlements de comptes c'est aller vite en besogne. Le livre est aussi construit sur l'amitié, l'admiration, la tendresse. Il y a une certaine humanité qui se dégage en même temps que le portrait d''un homme

blessé. Et puis, il y a quelque chose d'émouvant dans la manière dont il se livre sans concession, sans complaisance.


En tant que romancière, vous avez trouvé votre compte dans l'exercice ?


Ce n'est pas nouveau, je crois comme beaucoup d'autres avant moi que le travail de l'écrivain, c'est de se glisser dans la peau d'un autre, de vivre d'autres vies que la sienne. Un peu comme une actrice endosse un rôle. Je me reconnais dans ce livre. Et mes lecteurs me reconnaissent aussi. Il n'était pas question de prendre le devant de la scène, mais de rester en retrait, fidèle, à la manière d'une actrice qui tient son rôle. En tout cas je suis là, avec mon style, avec mes questionnements, avec mes inquiétudes.


Si au final il vous restait juste une chanson ?


Ce serait Envie d'avoir envie. Et, pour moi avoir envie encore et toujours d'écrire.
Ouest-France.fr

L'envie
Johnny Hallyday

• Ce titre est extrait de l'album : Gang
• Année de sortie : 1986
• Label : Philips

Qu'on me donne l'obscurité, puis la lumière.
Qu'on me donne la faim la soif, puis un festin.
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire,
Pour que je retrouve le prix de la enfin.

Qu'on me donne la peine, pour que j'aime dormir.
Pour que j'aime le froid qu'on me donne la flamme.
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil,
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes.

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne la haine, pour que j'aime l'amour,
La solitude aussi pour que j'aime les gens.
Pour que j'aime les silences, qu'on me fasse des discours,
Et toucher la misère pour respcter l'argent ;

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie.
Qu'on me donne la nuit, pour que j'aime le jour.
Qu'on me donne le jour, pour que j'aime la nuit,
Pour que j'aime aujoud'hui, oublier les toujours ...

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

(solo)

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

L'envie --Johnny Hallyday

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

• Ce titre est extrait de l'album : Gang
• Année de sortie : 1986
• Label : Philips

Qu'on me donne l'obscurité, puis la lumière.
Qu'on me donne la faim la soif, puis un festin.
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire,
Pour que je retrouve le prix de la enfin.

Qu'on me donne la peine, pour que j'aime dormir.
Pour que j'aime le froid qu'on me donne la flamme.
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil,
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes.

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne la haine, pour que j'aime l'amour,
La solitude aussi pour que j'aime les gens.
Pour que j'aime les silences, qu'on me fasse des discours,
Et toucher la misère pour respcter l'argent ;

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie.
Qu'on me donne la nuit, pour que j'aime le jour.
Qu'on me donne le jour, pour que j'aime la nuit,
Pour que j'aime aujoud'hui, oublier les toujours ...

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

(solo)

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

 

Y a-t-il une littérature noire? IN LEXPRESS-Propos recueillis par Baptiste Liger,Dany Lafferière donne son opinion

Au centre, l'acteur Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Solomon Northup dans Twelve Years a Slave de S L'écricain et musicien américain James McBride pose à Paris le 23 septembre 2015.

Afro-américains ou francophones, les auteurs noirs sont-ils cantonnés éditorialement à évoquer leur vie ou une page de l'histoire? Comment casser certains clichés racistes?

Le romancier américain James McBride et l'académicien Dany Laferrière s'interrogent librement, et sans tabou.


Dans L'Oiseau du Bon Dieu, James McBride, vous retracez tout un pan de la guerre de Sécession en ne vous montrant pas forcément très politiquement correct: vous évoquez notamment le désir de certains Noirs de rester esclaves. Seriez-vous provocateur?


James McBride: On me l'a souvent dit, mais je ne me vois pas du tout comme ça. Au fond, je ne fais que suivre la réalité de l'histoire, à travers une fiction. On a généralement l'image des esclaves nus, fouettés avec des chaînes. Mais il ne faudrait pas oublier ceux qui sont des esclaves dans leurs têtes. Pendant la période de l'esclavagisme, les Blancs et les Noirs constituaient parfois une véritable famille.


Dany Laferrière: Tout à fait. Les enfants des Noirs et des Blancs - des affranchis - possédaient à un moment le quart des terres et le tiers des esclaves. Des fils d'esclaves étaient eux-mêmes propriétaires d'esclaves. Il s'agissait d'une société complexe, qu'il ne faudrait certainement pas réduire à quelques clichés. Tout le monde n'a pas une âme de révolutionnaire; chacun voit son confort, ses intérêts.


James, vous montrez aussi l'un des héros de l'abolition, John Brown, comme un étrange personnage à la lisière de la folie...
J.McB.: C'est plus compliqué. J'aimerais surtout qu'on retienne que John Brown fut celui pour qui l'égalité entre les Noirs et les Blancs était naturelle. Et il a appelé à l'insurrection pour celle-ci. Cette égalité peut paraître évidente, aujourd'hui, mais il s'agissait d'une réalité trop difficile à accepter pour les gens - Blancs comme Noirs - il y a deux siècles. Aussi, l'histoire a été longtemps écrite par les Blancs - même si les Black Panthers, par exemple, ont porté un autre regard sur Brown. Par ailleurs, je note qu'en France, on parle de guerre de Sécession, alors qu'il s'agit en réalité d'une guerre contre l'esclavage...

afp.com/JOEL SAGET


D.L.: John Brown est très connu en Haïti. Il a d'ailleurs une avenue à son nom à Port-au-Prince. Vous savez, le premier groupe qui a voulu changer les choses, lors de la révolution haïtienne, ce furent les colons, qui souhaitaient pouvoir librement commercer. Les affranchis, eux, réclamaient le droit de vote et l'obtention des postes politiques. Seuls les esclaves souhaitaient tout changer. Il ne faut jamais oublier qu'il y a toujours des révolutions dans les révolutions, des sous-groupes aux désirs très variés...


Ce qu'on connaît est aussi parfois moins effrayant que le changement: quand vous viviez à Haïti sous le régime de Duvalier, vous connaissiez tout le monde, vous saviez à qui parler. C'était un univers cohérent, et l'ailleurs pouvait vous terrifier. Je pose cette question, dans Le Cri des oiseaux fous: mieux vaut-il mourir d'une balle dans la nuque à Haïti ou d'un cancer de la prostate à Montréal?


Dany Laferrière, vous pouvez difficilement dire que vous n'aimez pas la provocation. Sinon, pourquoi avoir intitulé l'un de vos plus célèbres ouvrages Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer (1)?


D.L.: La provocation n'est toutefois pas forcément là où on l'imagine. Elle n'était pas sexuelle ou raciale, mais bien plus large : c'était avant tout une affaire de déplacement de territoire. Je vivais à Montréal, et mon livre se passe là-bas. Cela prend une énergie folle, vous savez, que d'écrire sur le pays dans lequel on vient d'arriver. C'est tellement plus facile d'évoquer la région d'où l'on vient et la dictature. J'ai rompu avec cette tradition du roman nostalgique.


J.McB.: Le titre de votre livre m'amuse beaucoup. Car je suis vraiment fatigué, ces temps-ci...


D.L.: J'ai aussi écrit un roman intitulé Je suis fatigué!


L'an passé, la question de l'esclavage avait été abordée dans le film Twelve Years a Slave de Steve McQueen, salué par l'Oscar du meilleur film. L'avez-vous vu?


J.McB.: Non. Je n'avais pas envie. Qu'est-ce qu'on allait me montrer? Et m'apprendre? Que les gens étaient battus? Pas besoin de me rendre au cinéma pour le savoir.

J'aimerais un discours plus complexe. Je note d'ailleurs que c'est un Anglais - et non un Américain - qui a signé ce film. Comme si ça faisait peur à Hollywood. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mon ami Spike Lee (2) a connu bien des tracas à ce titre...


D.L.: C'est drôle, mais l'artiste qui ressemble le plus à Spike Lee, c'est Woody Allen: pendant des années, on n'a jamais vu un Noir chez lui - pas plus qu'on n'a vu de Blanc chez Lee, à part peut-être dans son premier film, Nola Darling n'en fait qu'à sa tête. Alors qu'on est à New York! Les grands créateurs ne sont pas toujours lucides: lorsqu'il a réalisé son biopic Malcolm X dans les années 1990, Spike Lee était convaincu que les jeunes Noirs iraient le voir et qu'on organiserait des sorties scolaires. Or, les gamins n'ont fait qu'acheter la casquette et il n'y a eu que les intellectuels pour se déplacer dans les salles...

Dany Laferrière avec tous les attributs des "immortels" après la cérémonie d'admission à l'Académie française, le 28 mai 2015 à Paris.
afp.com/THOMAS SAMSON


Le rôle de l'écrivain n'est-il pas d'être le poil à gratter de l'histoire?


J.McB.: Je crois qu'il doit avant tout chercher et livrer sa propre vérité. Proposer sa vision des choses, et toucher un public. Illuminer la vie - j'insiste sur ce mot. Je n'ai pas d'approche théorique sur ce sujet, je veux juste offrir quelque chose aux autres, quels qu'ils soient.
D.L.: Ecrire prend du temps, vous savez, et il faut avoir envie de travailler pendant des mois sur un texte. L'essentiel, c'est la passion. L'intérêt historique n'est, au fond, pas primordial. J'ai toutefois l'impression que, souvent, on considère les écrivains noirs uniquement comme des conteurs, devant revenir sur l'histoire plus ou moins récente ou raconter exclusivement ce qui leur est arrivé. Dit-on de François Mauriac qu'il est un conteur lorsqu'il évoque la bourgeoisie bordelaise? Je ne crois pas... Sont pourtant en jeu les mêmes questions de rythme et d'émotions. Nous avons les mêmes problèmes que les autres avec le verbe et l'adjectif, et notre ennemie commune se nomme "page blanche".


Les éditeurs ne cantonneraient-ils pas, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis, les auteurs noirs à certains sujets?


J.McB.: Je crois surtout qu'il est plus facile pour les médias de mettre en avant aux USA des auteurs d'essais ou de documents évoquant des séjours en prison, des trafics de drogue, etc. Si on écrit un roman à la Faulkner ou à la Hugo, le livre peine à trouver de la visibilité. Comme si les Noirs étaient seulement capables d'évoquer des questions sociales, et dans le cadre de la non-fiction. Même si, évidemment et heureusement, il y a beaucoup de contre-exemples - prenez Toni Morrison...


D.L.: Le premier cliché, c'est d'ailleurs de mettre face à face deux écrivains noirs pour en parler, non? C'est ce que j'appellerais un entretien "Malevitch": carré noir sur fond noir!


Cela vous gêne-t-il de voir vos ouvrages classés dans certaines librairies à la fois en littérature générale et dans des rayons spécialisés "domaine afro-américain" ou "francophonie"?


J.McB.: Oh ça, c'est un vieux débat... Si mon livre n'est pas rangé dans de tels rayons, certains lecteurs ne le remarqueront jamais. C'est donc une chance, car cela lui offre la possibilité d'être lu. Je suis très fier, de toute manière, de voir mon nom parmi tous les autres auteurs. Ce qui compte, c'est avant tout l'identité du lecteur.


D.L.: Je suis tout à fait d'accord. Quand un Japonais me lit, je suis un écrivain japonais - ce constat m'a inspiré le titre d'un livre. L'identité d'un écrivain, en fin de compte, c'est le bassin de population dans lequel se trouve la majorité de ses lecteurs. Je ne suis pas encore un écrivain japonais, mais j'y travaille: à cause de l'intitulé de cet ouvrage, sur les moteurs de recherche français ou japonais, quand vous tapez "écrivain japonais", vous me trouvez avant Kawabata et Mishima. Les Nippons sont furieux!


James, vous êtes jazzman et Dany, vous appréciez particulièrement la musique. Au fond, le pouvoir de cette dernière ne serait-il pas supérieur à celui de la littérature?


J.McB.: Oui, bien sûr. Elle est plus facile d'accès, plus immédiate. Il y a des membres du Ku Klux Klan qui adorent James Brown! Elle peut exprimer tant de choses, pas nécessairement avec les mots - je ne fais pas forcément référence aux paroles de rap qui font "bitch mother fucker"...


D.L.: La musique n'est pas si universelle. D'ailleurs, on ne sera jamais dominés par le Japon à cause de sa musique - qui pourrait écouter en permanence ces "doom! doom!"? Pour citer Miles Davis, je dirais que la musique est mondiale dans son mouvement et la littérature, cosmopolite. Quand Michael Jackson sortait un disque, il touchait la planète. Moi, je dois séduire pays par pays, individu par individu. Homère a su conquérir le monde en marchant, la musique, elle, a voyagé en avion!


Biographies
James McBride


Ancien journaliste, il est connu outre-Atlantique en tant que compositeur et musicien. Grand amoureux du jazz, il officie comme saxophoniste dans le groupe Rock Bottom Remainders. Par ailleurs scénariste, il est également l'auteur de La Couleur d'une mère, best-seller aux Etats-Unis, et de L'Oiseau du Bon Dieu, National Book Award en 2013.


Dany Laferrière


Fils d'un ancien maire de Port-au-Prince, il a grandi à Haïti avant de rejoindre Montréal en 1976. Révélé avec Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, il a travaillé à la radio et à la télévision tout en poursuivant son oeuvre littéraire. Prix Médicis en 2009 pour L'Enigme du retour, il a été élu à l'Académie française en 2013.
https://www.lexpress.fr/culture/livre/

 

JEAN D' ORMESSON EST PARTI A 92 ANS -Presque rien sur presque tout

Il faisait toujours l'éloge de la vie et quand il était tombé malade il a compris beaucoup de choses sur la vie.
Un intellectuel que j'aime beaucoup, un séducteur, un académicien, un joueur qui ne se prend pas au sérieux mais qui sait toucher juste. Il aimait vivre et partager sa joie de vivre. Un séducteur éloquent que j'aimais écouter, regarder avec yeux bleus et sa voix si juste.P B CISSOKO


«Avant le tout, il n'y avait rien. Après le tout, qu'y aura-t-il ? [...]


Que seraient les hommes sans le tout ? Rien du tout. Ils n'existeraient même pas puisqu'ils sont comme une fleur et comme un fruit du tout. Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ? Personne ne pourrait rien en dire puisqu'il n'y a que les hommes pour en parler. Le tout, sans les hommes, serait absent et mort. [...]


Il y a un roman plus vaste que le roman des hommes : c'est le roman du tout. Du tout d'abord tout seul. Premier tome. Formidable, mais inutile. Big bang. Galaxies. Soupe primitive. Diplodocus. Puis des hommes dans le tout. Deuxième tome. Plus beau encore. [...]


Voulez-vous qu'un homme, qui n'est qu'un homme, quelle misère ! mais qui est un homme, quelle gloire ! raconte aux autres hommes, même misère et même gloire, cette grande Big Bang Story, ce grand roman du tout ? Presque tout. Presque rien. Presque rien sur presque tout.»
Jean d'Ormesson.

PRESQUE RIEN SUR PRESQUE TOUT

de Jean D'ORMESSON
de l'Académie française

Éditions Gallimard, 381 pages, 1996

Encre de chine de Catherine RÉAULT-CROSNIER, inspirée par le livre
"Presque rien sur presque tout" de Jean D'ORMESSON (taille réelle : 80x120 cm).

 

Les paradoxes s'unissent alors pourquoi « presque rien » et « presque tout » ne seraient-ils pas presque équivalents ? La différence peut paraître gigantesque ou minime selon le point de vue dont nous nous situons, nous qui sommes des presque rien ou des presque tout...
L'homme est grand lorsqu'il est en quête d'absolu ; il se tourne alors vers ses origines et son devenir d'un seul élan. Presque rien, c'est le début du monde à moins que ce ne soit presque tout sauf l'homme :


« Avant le tout, il n'y avait rien. Après le tout, qu'y aura-t-il ? » (page 9)
Du début à la fin du monde, la vie grouille mais que sera la fin ?
« Après le tout, qu'y aura-t-il ? » (page 9)


Chaque être humain se pose un jour, cette question et porte vers le néant ou l'éternité, cette interrogation qui peut se transformer en quête philosophique :
« Vous êtes un homme. Et vous pensez. » (page 9)


Avant comme après Descartes, la pensée a toujours été présente avec l'homme, en l'homme même à l'état de larve, comme en gestation. Et l'homme prend pleinement sa place parce que l'univers existe dans le tout :


« Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ? » (page 9)
La carcasse humaine cache notre fragilité mais la pensée invisible la rend immense par la beauté de son élévation. C'est la pensée de l'homme qui fait sa grandeur.
De l'homme terre à terre à l'aube de la genèse à l'être pensant, passionné, révolté, ému, il n'y a qu'un pas dans le temps, un pas dans l'univers.
Ce roman de Jean d'Ormesson veut relever la gageure d'être le grand « roman du tout » (page 10).
La permanence de l'être dans le temps vit dans l'infini de la création :


« Car l'être est ce qui est depuis toujours et pour toujours. Il y avait un être infini et éternel qui se confondait avec le néant, et par conséquent avec le tout. » (page 13)
Petitesse et grandeur de la condition humaine se révèlent dans l'immensité de la création dès les origines :
« Exister dans le temps, c'est s'interroger sur l'origine. » (page 18)
L'homme, il ne lui suffit pas de vivre, il veut savoir d'où il vient et où il va :
« Il y a quelque chose d'irréversible après la naissance du temps. » (page 20)
Notre vie s'égrène comme dans un sablier mais nous ne pouvons pas le retourner quand le temps de passage sur terre est terminé. Cependant l'homme agit comme s'il était éternel, sans penser à sa finitude, se projetant dans l'éternité :
« le tout est réel dans le temps parce qu'il était possible dans l'éternité. » (page 21)
L'amour soutient le monde. Sans lui, le tout serait rien ; avec lui, le tout est espérance à l'infini :
« Il fait tourner le Soleil et les autres étoiles. Il empêche le monde de mourir. Il soutient le tout et ne cesse jamais de l'engendrer. » (page 22)
L'amour est fou et il est l'essence même de l'être mais il est contrebalancé par la présence du mal :
« c'est la liberté de l'homme qui révèle le mal et le fait triompher. » (page 23)
Le mal est dans le temps contrairement à l'éternité qui abolit sa réalité :
« L'éternité est une absence de temps. » (pages 27 et 28)
Le temps passe, naît, meurt. Le temps est lié à l'espace, aux planètes qui tournent car :
« un désir d'autre chose et d'amour agite l'éternité. » (page 32)


C'est comme si l'éternité s'ennuyait et avait ressenti le besoin d'amour :
« Où est l'avenir ? Question absurde. Nulle part. » (page 47)


Personne ne peut prédire le futur mais le présent est aussi troublant :
« Il est permanence et évanouissement, continuité et renouvellement. » (page 51)
car :
« Le moment où je parle est déjà loin de moi. » (page 52)


Le présent n'est jamais présent car le temps qu'on en parle, il n'est plus et avant qu'on en parle, il n'est pas né :
« l'existence du tout et des hommes est d'abord métaphysique. » (page 54)


Le temps fascine l'homme mais on ne peut ni le saisir ni l'arrêter. Pour Jean d'Ormesson, il est « aussi étranger que l'éternité » (page 56) car « Le temps enveloppe le tout et se confond avec lui. » (page 57)


C'est l'union du temps et de l'espace, l'union avec notre Galaxie, les milliards d'étoiles, les autres galaxies, l'immensité insondable de l'univers.
Malgré sa petitesse, l'homme vit comme s'il était le centre de l'univers car il se sent unique en tant qu'être pensant :
« Mais chacun de nous et ce qu'il croit, chacun de nous et ce qu'il fait est le cœur brûlant du tout. » (page 65)


Dans le miroir de l'homme, il y a une grande lumière car :


« La lumière est l'ombre de Dieu. » (page 67)
L'homme sait que son corps disparaîtra ; il connaît sa condition humaine mais il sait aussi qu'il transmettra ses gènes à sa descendance et par cela, existera toujours un peu, de même qu'il existait déjà en gestation, avant sa naissance :
« Rien de plus vivant qu'un homme, mais son corps n'est que matière, et ses cendres en seront aussi. » (page 74)
Donc rien n'est plus vivant qu'un homme mais rien aussi de plus éphémère, un éphémère troublant car il se renouvelle dans le temps. L'homme vit en union avec sa famille et tous les hommes mais aussi avec la matière, avec ses pensées et ses créations.
L'homme respire et sans air, il ne pourrait vivre mais il respire sans y penser, sauf s'il analyse l'air scientifiquement et non, à chaque inspiration comme quelque chose de vital :


« L'air n'est pas, comme l'espace, comme la lumière, comme le feu, un instrument de l'infini, un outil du démiurge : c'est une poussière de rien du tout qui, à force de se glisser dans nos poumons, a su se rendre indispensable. » (page 84)
Qu'est-ce qui règne sur tout ? La loi mais l'homme veut aller plus loin que l'obéissance. Il veut savoir si ce qu'il pense, est la vérité. Il veut savoir s'il est le fruit du hasard ou si tout est déterminé. L'homme est-il à l'image de Dieu ? Jean d'Ormesson nous présente des phrases miroirs de la bible comme :
« Je suis l'être. Je suis. Je suis celui qui est. » (page 97)
Puis il considère l'homme comme un bijou précieux pour son créateur :
« Les hommes sont le joyau de l'être. » (page 97)
« L'homme est le roi de la Création. » (page 109)


L'homme est l'être pensant par excellence sur terre. Sa pensée est prodigieuse de richesse, d'idées, d'idéal :
« Ainsi, la pensée n'en finit pas d'avancer et de se contredire. Elle n'est jamais en repos. (...) la pensée est ouverte sur le tout, le tout s'offre à la pensée. » (page 147)
La grandeur de l'homme fait sa force et sa volonté de chercher à progresser malgré ses limites et ses efforts inutiles, malgré la victoire du mal qui contrebalance sa progression. Pour ne pas se prendre trop au sérieux, l'homme rit :
« L'ambiguïté du bien et du mal est cachée dans le rire comme elle est cachée dans les mots. Dans le silence et dans la parole, l'homme est capable de rire parce qu'il est capable de penser. » (page 158)
Le rire est l'étonnement, il laisse la place au doute, à l'esprit qui s'élargit alors il peut espérer :
« Il y a dans l'espérance comme un reflet de l'éternité. Un reflet ironique. (...) Si l'avenir n'était pas espérance, le monde serait un enfer. » (page 188)
L'espérance fait partie de la création. Dès que l'homme a pu penser, il a espéré et il a imaginé :
« L'imagination se situe quelque part entre la raison, le souvenir, la poésie et la passion. » (page 191)
L'homme se crée alors un autre monde en rêvant ; il a accès à la poésie, à l'inconnu, à l'irréel, à l'impensable, à la pensée nouvelle, à l'espoir. La foi n'est pas loin de lui alors car elle est à la lisière de la science et de la raison, dans le domaine du ressenti inexplicable mathématiquement. Jean d'Ormesson exprime sa foi dans le christianisme car Dieu y est fait homme et partage avec les faibles en premier. Il est le don total de l'amour :
« l'amour des hommes pour les hommes et la pitié pour leurs souffrances n'en finiront jamais de renaître de leurs cendres. » (page 205)
Par le Christ, la mort est dépassée et l'espoir, infini :
« L'amour est partout. L'amour est tout. » (page 218)
« le rêve de tout amour est de mourir pour ce qu'il aime. » (page 219)
Là l'homme rejoint Dieu. L'infini est proche du fini. « La nécessité est frappée de hasard. » (page 221)
Le monde est un paradoxe où tout est possible et relatif. Jean d'Ormesson ne cherche pas à nous convaincre mais il donne sa version pensée de la création, tout en sachant que :
« Chacun croit en un Dieu ou n'y croit pas. » (page 235)
Mais pour lui, sa foi le fait vivre intensément et il fait ici sa profession de foi. Pour lui, tout est lié dans la création :
« Ce lien est le tout même. (...) C'est lui qui fait courir comme un fil invisible entre les étoiles et la pensée, entre le big bang et l'histoire, entre le tout et chacun de nous. » (page 262)
En symbiose avec l'univers, l'homme fait partie du tout mais il réfléchit, il pense et voudrait connaître d'où il vient, pourquoi il vit, où il va :
« Nous avançons, vous et moi, les yeux bandés dans le noir. » (page 345)
« Voilà ce que je suis, un miracle. À des milliards et des milliards d'exemplaires. » (page 365)
Chaque homme est unique ; il n'y a pas deux copies identiques. L'homme reste un mystère de même que l'univers. L'homme veut savoir mais reste dans l'ignorance ou plutôt plus il comprend, moins il sait mais il s'acharne, assoiffé de pensée, de volonté. Il oscille perpétuellement entre la richesse de la découverte et l'immensité de l'inconnu révélé, entre le bien et le mal, entre le rien et le tout.
L'homme n'est presque rien ou presque tout ce qui est la même chose dans la complexité de l'univers, dans ce bouillonnement de création, dans le temps, dans l'espace, au-delà du connu et du prévisible.
L'homme, ce grain de sable pensant, cette poussière à peine palpable, vite envolée, l'homme, ce philosophe né qui cherche son chemin entre le bien et le mal, le tout et le rien, inlassablement.

Février 2004
Catherine RÉAULT-CROSNIER
http://www.crcrosnier.fr/articles/ormessonpresque.htm

 

La Vérité se dit : LA RÉPONSE MAGISTRALE DU PRÉSIDENT GHANÉEN À EMMANUEL MACRON.- Par Pierre Carpentier
• Édition : Mémoires du colonialisme


Un puissant discours sans détours, à lire-écouter sans modération qui a contraint le jeune "Marquis" de l'Elysée à ronger son frein, à applaudir son hôte, à le remercier pour la leçon, et non à le traiter en réparateur de clim... Quand on en a on en impose, c'est aussi simple que cela ! (Emmanuelle Bramban)
o
• Le discours du président du Ghana, Mr Nana Akufo-Addo en anglais (Youtube) © GhanaCulturePolitics
TRADUCTION DU DISCOURS PRONONCÉ DE NANA AKUFO-ADDO PRÉSIDENT DU GHANA FACE AU PRÉSIDENT FRANÇAIS MACRON


"J'espère que le commentaire que je m'apprête a faire ne vas pas offenser la personne qui a posé la question ainsi que les gens présents dans cette salle. Je pense que l'on fait une erreur fondamentale sur cette question.


On ne peut pas continuer à faire des politiques pour nous, dans nos pays, dans nos régions, sur notre continent sur la base du soutien que le monde occidental, la France ou l'UE voudrait bien nous donner.


Ça ne va pas marcher, ça n'a pas marché hier et ça ne marchera pas demain.


Notre responsabilité est de tracer la voie par laquelle on pourra développer nos nations nous mêmes. Ce n'est pas correct pour un pays comme le Ghana, 60 ans après les indépendances, d'avoir encore son budget de la santé et l'éducation financé par la générosité et la charité des contribuables Européens.


On devrait être maintenant capable de financer nos besoins basiques nous mêmes. Et si nous devons considérer les prochaines 60 années comme une période de transition, une transition à partir de laquelle on pourra se tenir debout de nous mêmes, notre préoccupation ne devrait pas être ce que le contribuable français décide de faire pour nous, quelque soit la simplicité qu'ils ont en France, ils sont les bienvenus, on apprécie les interventions du contribuable français à travers les actions que leur gouvernement fait à notre endroit. On ne va pas cracher sur une aide.
Mais ce continent, avec tout ce qui arrive est toujours le réservoir d'au moins 30% des plus importants minéraux du monde. C'est le continent des vastes terres fertiles. Ce continent a la plus jeune population de tous les continents au monde. Donc il y a une énergie nécessaire, il y a le dynamisme, on l'a déjà constaté.


Ces jeunes gens qui ont montré beaucoup d'endurance et d'ingéniosité en traversant le Sahara, trouvant des solutions pour traverser la méditerranée avec des bateaux de fortunes.

Toute cette énergie, nous la voulons ici dans nos pays travaillant pour le développement.


Et nous allons avoir ces énergies au service de nos pays si nous mettons en place des systèmes qui montrent aux jeunes que nos pays regorgent d'opportunités pour eux, qu'il y a encore de l'espoir ici.


Le phénomène de migration est aujourd'hui présenté comme si c'était quelque chose de nouveau. Il n'y a rien de nouveau à propos du mouvement de populations. C'est aussi vieux que le monde, les mouvements de populations ont toujours été liés aux mêmes causes : l'échec de la patrie d'origine à procurer des opportunités et donc l'on va voir ailleurs.
Pour ceux qui connaissent l'histoire du 19 ème siècle en Europe, ils savent que le plus grand mouvement de populations s'est fait à cette époque, ces mouvements provenaient essentiellement de l'Italie et de l'Irlande.


Des vagues après des vagues, des générations d'Italiens et d'Irlandais quittaient leurs pays pour rechercher le paradis Américain parce que l'Irlande et l'Italie ne fonctionnaient pas pour eux. Aujourd'hui on n'entend plus parler de cela. Les jeunes Italiens et Irlandais restent aujourd'hui dans leur pays respectifs.


Nous voulons que les jeunes Africains restent en Afrique.


Et cela veut dire que nous devons nous débarrasser de cette mentalité de dépendance, cette mentalité qui nous emmène à nous demander ce que la France peut faire pour nous.
La France fera ce qu'elle a à faire pour son propre bien et si cela coïncide avec nos intérêts, "tant mieux", comme disent les français.
Mais notre principale responsabilité en tant que leaders, citoyens, c'est de réfléchir à ce que nous devons développer pour nos propres pays.
Où toutes les institutions fonctionnent correctement, cela va nous permettre d'avoir la bonne gouvernance, une gouvernance responsable qui rend compte et qui s'assure que l'argent mis à la disposition des leaders est utilisé dans l'intérêt de l'Etat (du peuple) et non pour les intérêts de ces leaders. Un système qui permet une diversité, qui permet au peuple de s'exprimer librement et qui contribue à ancrer la volonté du peuple et les intérêts du public.


Le continent Africain devrait être en mesure de donner de l'aide à d'autres endroits si l'on se base sur les immenses ressources que nous avons. Nous avons beaucoup de richesses.


Et dans notre propre pays le Ghana, nous avons besoin d'une mentalité qui nous fait prendre conscience que nous pouvons y arriver. D'autres l'ont fait avant nous. On peut aussi le faire, dès lors que nous avons cette mentalité, nous verrons que cela va libérer notre potentiel.
La Corée, Singapour, la Malaisie, ces pays ont eu leur indépendance dans la même période que nous, on nous dit même que au temps de l'indépendance, le revenu par habitant du Ghanéen était supérieur a celui de la Corée. Aujourd'hui, la Corée fait partie du monde développé. C'est pareil pour la Malaisie et Singapour.


Qu'est ce qui s'est passé ?

Pourquoi ont-ils fait cette transition ? Et 60 ans après notre indépendance, nous sommes toujours à ce point là.
Voila les questions essentielles qui devraient être notre préoccupation, en tant qu'Africains, en tant que Ghanéens.
Et non... quand je le dis c'est avec beaucoup de respect pour le président français.

Je pense que la coopération avec la France est quelque chose que j'apprécie, je suis.... Tu sais, un grand ami de la France. Je suis Francophile. Je n'ai donc pas de difficultés avec ça.
Mais je parle de notre propre motivation, de que ce nous devons faire pour mettre nos pays au travail afin que nous puissions créer les conditions qui permettront à nos jeunes d'abandonner ces efforts hasardeux pour se rendre en Europe.
Ils n'y vont pas parce qu'ils en ont envie, ils y vont parce qu'ils pensent qu'ils ne peuvent pas trouver des opportunités dans nos pays. Donc ceci devrait être notre préoccupation première.


Et je pense avec ça..., si nous changeons nos mentalités, cette mentalité de dépendance, cette mentalité qui dépend de l'aide et de la charité, nous verrons que dans les décennies à venir, une nouvelle race de jeunes africains verra le jour. Et cette nouvelle mentalité africaine, dont on parlait à l'indépendance sera une réalité de notre temps.


Et c'est pourquoi, je dis que j'espère que je n'ai pas contourné la question. Mais c'est cela ma pensée.


Et c'est la raison pour laquelle, j'ai adopté pour slogan de ma présidence "Nous voulons construire un Ghana au delà de l'aide au développement, un Ghana qui est indépendant, qui se prend en charge, qui est capable d'être debout tout en construisant sa propre destinée". Nous pouvons le faire, si nous avons la bonne mentalité pour le faire."


Texte traduit par Diagaunet Dodie
https://blogs.mediapart.fr/edition/memoires-du-colonialisme/

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