Maroc : quand les citoyens guident le changement

Les Marocains ont attendu six mois pour avoir un gouvernement. Et il a suffi de quelques maladresses pour que la crédibilité de ce cabinet né dans la douleur soit entamée.
Des milliers de manifestants réunis en hommage à Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson mort broyé dans une benne à ordures, le 4 novembre 2016, à Al Hoceïma, au Maroc. © Samia Errazzouki/AP/SIPA
Les Marocains ont attendu six mois pour avoir un gouvernement. Et il a suffi de quelques maladresses pour que la crédibilité de ce cabinet né dans la douleur soit entamée.


Maroc : double vitesse


Le 14 mai, un communiqué des partis de la majorité a qualifié les contestations qui agitent la province d'Al Hoceima depuis octobre 2016 de « séparatisme et [de] sédition ». Le lendemain, des milliers de Rifains lui répondaient par une grande manifestation, dénonçant une atteinte à leur dignité. Le gouvernement a tenté de renouer le dialogue en dépêchant des ministres sur place.
Début juillet, El Othmani lui-même a reconnu, au cours d'une interview télévisée, qu'il regrettait les termes de ce communiqué. Mais le mal était fait, et les manifestations dans le Rif – qui n'a jamais eu de relation simple avec l'Histoire – ont pris de l'ampleur. À la mi-juillet, à peine franchi le cap des cent jours, on pouvait dire que le gouvernement de Saadeddine El Othmani avait failli sur la gestion de ce dossier brûlant. La situation lui a tellement échappé que ses appels au calme n'ont rencontré qu'indignation, tristesse et saillies.


Une déchirure grandissante


Au-delà du Rif, cette séquence a surtout révélé la déchirure toujours plus grande entre le monde politique et la population. Depuis une dizaine d'années, les différentes élections affichent de bien piètres taux de participation. Excepté en 2011, quand les politiques ont été les porte-voix d'une rue arabe en ébullition, l'abstention a été le grand vainqueur des derniers scrutins.
Un phénomène qu'on observe d'ailleurs dans d'autres pays, comme l'Algérie ou la France. Partout ou presque, l'action politique dans sa configuration actuelle n'est plus au diapason des aspirations et de l'action citoyennes. Les sociétés se développent et évoluent si vite qu'elles se détachent de plus en plus de leurs représentants politiques, tel un corps se défait d'un vêtement qui ne lui sied plus, trop vieux, trop usé. Alors, quand les acteurs politiques se retournent contre les voix qui les ont élus, qu'ils leur reprochent d'exercer leur droit de manifester librement... bonjour les dégâts !


Certes, les marches de protestation dans le Rif ont récemment été émaillées par des scènes de violence, déclenchées par des groupes de casseurs, blessant des dizaines de membres des forces de l'ordre et incendiant une résidence de la police. Elles ont cependant eu aussi leurs moments de civisme, lorsque les manifestants eux-mêmes formaient des cordons de sécurité pour protéger les biens publics des tentatives de vandalisme. Par bien des aspects, ce mouvement social montre que la culture de la manifestation pacifique s'est normalisée au Maroc.
Associer les citoyens au processus décisionnel


Dans ce pays en mouvement, l'action politique n'a pourtant pas suivi ce changement sociétal. Pis, elle a cherché à enlever à l'action citoyenne tout ce que cette dernière a acquis au cours de décennies de « mûrissement ». Ce n'est pas pour rien que de plus en plus de voix s'élèvent, y compris parmi des personnalités officielles haut placées, appelant à réinventer les mécanismes de médiation avec les citoyens pour qu'ils soient associés au processus décisionnel.


Partout dans le monde, les politiques se sentent dépassés. Mais, lorsque la situation sociale devient tendue, il faut apprendre à se surpasser. À nouvelle société, nouveaux mécanismes d'intermédiation. Ce choix ne serait pas de trop dans un royaume qui a traversé sans dégâts l'épreuve des révolutions arabes, qui a su s'adapter à la mondialisation, devenir un champion économique et qui vient de réintégrer, avec savoir-faire et grande agilité, son corps africain.


par Nadia Lamlili


Nadia Lamlili est responsable de la zone Maghreb/Moyen-Orient sur le site de Jeune Afrique. Elle est en particulier spécialiste du Maroc.
http://www.jeuneafrique.com/mag/461686/politique

 

D. Trump et Kim Jong-un-Corée du Nord : propos musclés et scénario catastrophe
Alors que l'escalade verbale entre Washington et Pyongyang a encore été entretenue par Donald Trump, jeudi, des analystes envisagent plusieurs options de sortie de crise.


Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters


L'escalade verbale entre les Etats-Unis et la Corée du Nord a franchi une nouvelle étape, jeudi 10 août, quand Donald Trump a défendu sa formule controversée sur « le feu et la fureur » promis à Pyongyang, estimant qu'elle n'était « peut-être pas assez dure ».
Le président américain a fait ses déclarations lors d'une rencontre avec son équipe de conseillers à la sécurité nationale, puis devant la presse. Il tenait une conférence de presse depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe ses vacances.


• Nouveau florilège de menaces


Donald Trump a cette fois visé plus particulièrement le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. « Il a grandement manqué de respect à notre pays. Il a dit des choses horribles. Et avec moi, il ne va pas s'en tirer comme ça. (...) La donne a changé », a assuré l'occupant du bureau Ovale.
Et loin d'atténuer ses propos, il a ensuite développé sa mise en garde. « Je lis, a-t-il dit en reprenant la dépêche de l'agence officielle nord-coréenne KCNA de mercredi, "Nous serons à Guam [île du Pacifique stratégique pour les Etats-Unis et sur laquelle Washington dispose de bases militaires] d'ici au 15 août." Voyons ce que [Kim Jong-un] fait avec Guam. S'il fait quelque chose à Guam, ce qui arrivera en Corée du Nord sera un événement jamais vu jusqu'alors. » Et de poursuivre : « Ce n'est pas un défi. C'est une déclaration. (...) Il ne va pas continuer à menacer Guam. Et il ne va pas menacer les Etats-Unis. Et il ne va pas menacer le Japon. Et il ne va pas menacer la Corée du Sud. »

Le président en a profité pour dénoncer la passivité de ses prédécesseurs à la Maison Blanche. « Il est grand temps que quelqu'un parle haut et fort pour les habitants de notre pays et les habitants d'autres pays », a-t-il notamment déclaré.


• Retour aux négociations ?


Plusieurs solutions de sortie de crise sont toutefois envisagées par les analystes.
Selon le Washington Post, le renseignement militaire américain en est désormais convaincu : Pyongyang a réussi à suffisamment miniaturiser une bombe atomique pour l'embarquer sur l'un de ses missiles intercontinentaux. Il faut accepter le fait que ce pays possède maintenant des armes nucléaires, expliquent certains spécialistes, ce qui rend toute action militaire impossible car trop dangereuse.
Lire aussi : Corée du Nord : la crise souligne les carences de l'administration Trump


« Pour les Etats-Unis, il ne reste plus qu'à négocier avec la Corée du Nord, pour essayer de réduire les tensions et résoudre certains conflits. Il ne faut plus essayer de leur enlever l'arme nucléaire », développe Jeffrey Lewis, chercheur à l'Institut Middlebury des études internationales.


Jeudi, à la fin de sa conférence, Donald Trump a affirmé qu'une négociation avec Pyongyang était toujours possible, mais il a aussitôt ajouté que les pourparlers échouaient depuis vingt-cinq ans.
Dans les années 2000, la Corée du Nord semblait pourtant s'être faite à l'idée d'un ralentissement et d'un contrôle de son programme nucléaire, après des discussions multilatérales avec la Chine, la Russie, le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud. Mais le pays était alors dirigé par Kim Jong-il. Son fils et actuel leader, Kim Jong-un, a pour sa part refusé tout dialogue.


• Pékin au centre du jeu


Samedi 5 août, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a voté à l'unanimité, sur proposition des Etats-Unis, de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. La Russie et la Chine – partenaires économiques de Pyongyang – ont approuvé ces mesures, qui pourraient coûter au pays 1 milliard de dollars annuels en revenus (jusqu'à 850 millions d'euros).
La Chine, qui compte pour 90 % des échanges commerciaux de la Corée du Nord, a déjà été accusée de ne pas appliquer les sanctions qu'elle avait pourtant votées contre Pyongyang. Pékin redoute d'autre part un effondrement du régime de Kim Jong-un.
Jeudi, dans ses critiques, Donald Trump n'a d'ailleurs pas épargné la Chine et il a exhorté le pays à durcir le ton avec la Corée du Nord. « Pékin peut faire beaucoup plus », a insisté le président américain.


• L'option militaire


Les scénarios du Pentagone si une intervention militaire devait advenir varient de la frappe chirurgicale sur des cibles précises à l'attaque préventive pour pousser à un soulèvement de la population nord-coréenne avec l'espoir d'un renversement de Kim Jong-un.
Cependant, toute intervention armée entraînerait une réaction de Pyongyang aux conséquences difficiles à cerner, mais à la gravité certaine.
Le ministre américain de la défense, James Mattis, a déjà mis en garde contre la dangerosité des représailles de Pyongyang, en expliquant qu'elles seraient « d'un niveau inédit depuis 1953 », et la fin de la guerre de Corée. Kim Jong-un a notamment massé des unités d'artillerie à la frontière avec la Corée du Sud, à seulement 55 km de Séoul.
Mais le scénario d'une guerre ouverte entre les deux Corées semble peu probable, en tout cas à court terme. C'est bientôt la saison des récoltes et Kim Jong-un n'a pas annoncé de mobilisation militaire ; Joe Bermudez, analyste pour le site 38 North, rappelle qu'elle viderait aussitôt dangereusement les usines et surtout les champs, faisant resurgir le risque d'une famine. « Kim Jong-un n'est pas bête. Il est peu probable qu'il mobilise ses troupes à cette période de l'année », assure-t-il.


Un éventuel conflit entre les Etats-Unis et la Corée du Nord serait « catastrophique », a reconnu, jeudi, James Mattis, assurant à l'inverse que les efforts diplomatiques pour régler la crise avec Pyongyang portaient leurs fruits. « La guerre est une tragédie bien connue, il n'y a pas besoin de faire un dessin », a ajouté le chef du Pentagone alors que le président Donald Trump redoublait de virulence face à la Corée du Nord.


Trump promet « le feu et la colère » à la Corée du Nord, qui lui répond


Il promet une réaction d'une ampleur « que le monde n'a jamais vue jusqu'ici ». Donald Trump a brusquement haussé le ton, mardi 8 août, face à la Corée du Nord, qui se heurtera, selon lui, au « feu et [à] la colère » si elle persiste à menacer les Américains. « La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les Etats-Unis », a déclaré le président américain, dans son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances d'été.
La veille, Pyongyang avait promis de faire payer « un millier de fois » aux Etats-Unis « le prix de leurs crimes », ou encore de transformer Séoul en « mer de flammes ». Cela, à la suite de l'adoption récente par l'ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord dans le cadre d'une résolution proposée et mise en avant par Washington.
Aux déclarations du président américain, les Nord-Coréens ont répondu, mercredi, qu'ils envisageaient de tirer des missiles vers les bases américaines de l'île de Guam, dans le Pacifique. L'agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA, a déclaré qu'« actuellement, [le pays] étudie avec attention le plan opérationnel afin de faire feu sur les zones situées autour de Guam avec une fusée balistique à portée intermédiaire Hwasong-12 ». Ce projet sera finalisé « et sera mis en pratique de manière consécutive et simultanée, dès que Kim Jong-un, le commandant suprême de la force nucléaire, le décidera », a ajouté l'agence.


Sur son compte Twitter mercredi à la mi-journée, M. Trump a une nouvelle fois brandi la menace nucléaire face à la Corée du Nord. Le président américain a ainsi prévenu que l'arsenal nucléaire américain était « plus fort et plus puissant que jamais auparavant (...) Espérons que nous n'ayons jamais à utiliser cette puissance, mais nous seront toujours la nation la plus puissante du monde ! »


L'île de Guam menacée


L'île de Guam, qui est visée par la Corée du Nord, abrite une base militaire américaine comptant un escadron de sous-marins, une base aérienne et un groupe de gardes-côtes. La déléguée du territoire de Guam à la Chambre des représentants, Madeleine Z. Bordallo, a très vite précisé dans un communiqué que l'île restait sûre et s'est dite convaincue de la « capacité de la défense américaine à [la] protéger ». Dans une vidéo, le gouverneur de Guam, Eddie Calvo, a estimé que l'annonce nord-coréenne ne représentait pas une menace et a assuré que l'île était préparée « à toute éventualité ». Washington n'a recommandé aucun changement dans le niveau d'alerte du territoire, selon lui.


Pyongyang se dit en mesure de toucher le sol américain


Après le nouveau tir de missile balistique nord-coréen, Donald Trump dispose de peu de leviers pour contraindre la RPDC à renoncer à l'armement nucléaire.


LE MONDE Par Harold Thibault


En procédant à un nouveau tir de missile balistique intercontinental (ICBM), vendredi 28 juillet au soir, Pyongyang a fait la démonstration de sa capacité à frapper le sol américain. Le missile Hwasong-14 a atteint une altitude maximale de 3 700 km et volé quarante-cinq minutes pour s'abîmer en mer, à un millier de kilomètres de son pas de tir, dans la zone économique exclusive du Japon (200 milles nautiques de la côte). Les observateurs américains ont pris ces données et fait leurs calculs. Pour l'Union of Concerned Scientists, le missile tiré à un angle plus horizontal aurait une portée de 10 400 kilomètres, mettant ainsi les villes de Los Angeles, Denver ou Chicago dans son rayon.
De toutes les estimations, ce quatorzième tir de l'année est une démonstration de force inédite de la part de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), quelques semaines seulement après le premier lancement, le 4 juillet, d'un missile de portée intercontinentale. L'agence de propagande KCNA a dit la « fierté » du dirigeant Kim Kong-un de constater que son pays fait la preuve de sa « capacité au lancement surprise d'ICBM dans toute région et à tout moment » et de savoir que « la totalité du territoire américain était dans le champ de tir ».
Doutes


Plusieurs défis technologiques persistent pour l'armée nord-coréenne. Le pays a déjà procédé à six essais nucléaires, dont deux en 2016, mais des doutes persistent sur l'étape de la miniaturisation, qui doit permettre de monter la charge sur un missile. Il peinerait également sur la précision du ciblage ainsi que sur la phase de rentrée atmosphérique, qui soumet le missile à une chaleur extrême – le Nord dit maîtriser ce savoir-faire, le Sud juge cette possibilité « faible ».


Le franchissement de nouveaux paliers contraint les Etats-Unis à revoir leur copie. Le New York Times révélait, mardi 25 juillet, que les agences de renseignement américaines, qui estimaient jusqu'alors...


http://www.lemonde.fr/ameriques/article/

Sénégal : une chanteuse incarcérée après avoir qualifié Macky Sall de « coquin » sur WhatsApp-abus de pouvoir ou...


Amy Collé Dieng est accusée d'«offense au chef de l'Etat » et de « diffusion de fausses nouvelles ». Son avocat dénonce une « détention arbitraire ».
Par Marie Zinck -Le Monde.fr avec AFP


La chanteuse sénégalaise Amy Collé Dieng, le 17 mai 2017, à Dakar. CREDITS : DIOP LE MAIRE/AFP


Interpellée par la Division des investigations criminelles (DIC) le 3 août, dans le quartier du Plateau, à Dakar, la chanteuse sénégalaise Amy Collé Dieng a été inculpée et placée sous mandat de dépôt après cinq jours de garde à vue, mardi 8 août, pour « offense au chef de l'Etat et diffusion de fausses nouvelles », selon l'un de ses avocats, Me Boubacar Barro.
Dans un enregistrement sonore partagé sur WhatsApp, en principe au sein d'un groupe fermé, la chanteuse de 39 ans s'était montrée favorable à l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), un des leaders de l'opposition lors des élections législatives du 30 juillet, et critique envers le président Macky Sall, dont la coalition venait de remporter ce scrutin.


La chanteuse de mbalakh (un style de musique sénégalais basé sur les percussions), qui a connu le succès il y a quelques années, y accusait le chef de l'Etat sénégalais de « manœuvrer dans l'ombre » pour accomplir ses desseins et d'être un « saï-saï » (un « coquin », en wolof). Elle lui reprochait également de n'avoir « rien fait dans le pays » depuis son élection en 2012 et d'avoir « volé les élections » du 30 juillet. Enfin, elle dénonçait la gestion par le pouvoir du scrutin, marqué par d'importants problèmes d'organisation.


Une deuxième personne arrêtée


Après son interpellation, Amy Collé Dieng a affirmé que ses propos, qui ont été largement diffusés par des sites d'informations sénégalais, n'étaient pas destinés à être rendus publics.
Une deuxième personne, Amadou Seck, présentée par la presse locale comme l'administrateur du groupe WhatsApp en question, a également été placée en détention provisoire pour les mêmes chefs d'inculpation, selon une source proche du dossier. Les deux risquent de six mois à deux ans de prison pour « offense au chef de l'Etat » et jusqu'à trois ans de réclusion pour « diffusion de fausses nouvelles », selon la loi sénégalaise.


« C'est un problème qui n'aurait pas dû être créé dans une démocratie », soutient Me Ciré Clédor Ly, l'un des avocats de la chanteuse. Contacté par Le Monde Afrique, il dénonce « une interprétation abusive de ses propos » et indique avoir « demandé sa libération d'office pour détention arbitraire ». Me Ciré Clédor Ly ajoute souhaiter la disparition de l'offense au chef de l'Etat des législations « sénégalaise et africaine ». « A ce jour, on n'a pas eu de réaction du chef de l'Etat ni de son entourage. Je ne peux pas dire qu'il soit intéressé par cette procédure », déclare l'avocat.
Photomontage « contraire aux bonnes mœurs »


Le 4 août, le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait mis en garde les « personnes mal intentionnées qui utilisent les réseaux sociaux et autres sites Internet pour diffuser des images ou propos obscènes, injurieux et même à caractère ethnique ». Il avait adressé, dans un communiqué, une « mise en demeure » aux « auteurs de tels manquements (...) aux fins de mettre un terme à ces agissements répréhensibles, sous peine de poursuites judiciaires ».


Au Sénégal, souvent vanté comme un modèle de démocratie sur le continent, le cas d'Amy Collé Dieng et d'Amadou Seck n'est pas isolé. Début juin, trois femmes et un homme ont été inculpés de « diffusion d'image contraire aux bonnes mœurs et association de malfaiteurs » et placés en détention préventive à la suite de la diffusion d'un photomontage jugé offensant pour le président Macky Sall sur la messagerie WhatsApp. Le photomontage montre le visage du chef de l'Etat superposé au corps d'un homme nu.

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/08/09/senegal-une-chanteuse-arretee-apres-avoir-qualifie-macky-sall-


Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, le 26 mai 2017 à Taormina en Italie


afp.com - STEPHANE DE SAKUTIN


Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, s'est inquiété de la démographie galopante dans son pays, Etat très pauvre qui détient le plus fort taux de natalité au monde avec 7,6 enfants par femme.
"Au rythme actuel, la population de notre pays doublerait en moins de 18 ans et pourrait atteindre plus de 40 millions en 2035 et environ 75 millions en 2050. Le bon sens nous commande de réfléchir dès à présent à ces horizons", a prévenu le président mercredi soir dans un message à l'occasion du 57ème anniversaire de l'indépendance du Niger.
La croissance démographique du Niger est une des plus fortes au monde (3,9% par an), selon les statistiques officielles. Un niveau que ce pays, abonné aux sécheresses et aux crises de malnutrition, ne pourra pas supporter.


"Si nous n'arrivons pas à éduquer, former, soigner notre jeunesse et à lui offrir des opportunités d'emploi", elle "sera un handicap, pire, une menace (pour) la cohésion sociale et la prospérité", a mis en garde M. Issoufou.


"Il faudra agir dès maintenant", a-t-il lancé, expliquant que son gouvernement mise notamment sur "la fin des mariages et naissances précoces", "la scolarisation" et "la formation des jeunes filles" pour espérer infléchir la courbe démographique.


Les statistiques sur les unions forcées ou arrangées au Niger sont alarmantes : 30% des filles sont mariées avant l'âge de 15 ans et 75% avant 18 ans, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). Ces mariages interrompent généralement la scolarisation des filles.


Début mars, le président du Niger avait déjà exposé devant une délégation de l'ONU à Niamey le "véritable défi" que son pays doit relever pour assurer sa "transition démographique". "Si vous demandez aux femmes (nigériennes) le nombre d'enfants qu'elles désirent, elles disent: +en moyenne neuf+ et les hommes: +onze+", a relevé le président Issoufou.
Le Niger tente depuis des décennies de maîtriser sa fécondité galopante, provoquant la colère des islamistes radicaux, qui assimilent la contraception à "une oeuvre satanique de l'Occident". Les moeurs pro-natalistes, bien ancrées dans les mentalités, plombent également les efforts des autorités. Le taux national de contraception est seulement de 12%, selon le ministère de la Population.

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La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
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