La france ne sait pas souvent retenir les meilleurs et l'Amérique l oui : souleymanne B Diagne, Thiam le banquier Suisse, etc P B Cissoko

Le bien commun PENSÉE EXTRA EUROPÉENNE

Jean-Godefroy Bidima, né en 1958 à Mfoumassi (Cameroun)1, est un philosophe d'origine camerounaise vivant aux États-Unis. Jean-Godefroy Bidima est ancien directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris, et est professeur titulaire de la chaire (Yvonne Arnoult) au département de français et d'italien de l'université Tulane (Nouvelle-Orléans). Il est l'auteur de nombreux livres et articles sur la philosophie africaine.wikipedia


La palabre, en tant que discussion sans fin - mais pas sans structure - peut s'envisager comme une réponse à de nombreuses questions.
Cette pratique, qui recouvre presque tous les domaines de la vie en Afrique (des conflits familiaux en passant par les enjeux fonciers jusqu'au prix des denrées sur les marchés populaires) indique l'instabilité et la mobilité : on peut discuter de tout, publiquement.


La palabre, une juridiction de la parole
De Jean-Godefroy Bidima


Après avoir écrit un Que-sais-je sur la philosophie Négro-africaine (P.U.F 1994) unanimement salué comme un événement par la critique, Jean-Godefroy Bidima vient de publier aux Editions Michalon un essai dans lequel l'auteur propose de repenser l'espace public en Afrique à partir de la tradition de la palabre. Ce qui est une façon de confronter la tradition à la modernité. Etant donnée la résurgence des conflits armés en Afrique, cet essai est incontestablement actuel et peut contribuer à (re)jeter les bases du mieux vivre ensemble sur le continent noir. B.M.M.


Jean-Godefroy Bidima nous propose ici d'envisager l'espace public via la pratique de la palabre. Pour ce faire, il nous faut d'abord cesser de croire en la résolution possible de tous les conflits. Pour Bidima, placer la palabre comme clef de voûte de l'institution politique, c'est l'envisager au sens « agonistique » (agôn : la lutte en grec). Il s'agira donc d'une palabre engagée dans la prise en charge des différends.
Il nous faudra par ailleurs renoncer au mythe de l'unité nationale, toujours imposée par la violence.


Sortir de la perpétuelle référence à une figure transcendante de l'unité reviendrait à mettre en péril des idéaux omniprésents : ceux de nation, de nature consensuelle des sociétés traditionnelles en Afrique ou d'irréfutabilité des valeurs religieuses. Pour faire advenir et exister la conscience de l'altérité dans la pratique politique, il faut envisager « le soi » comme divisé. Briser l'homogénéité d'une personnalité qui se représente à elle-même au travers de fictions telles que les concepts d'autonomie et d'atemporalité. Ainsi pourrons-nous, peut-être, sortir de ce que Bidima nomme la « victimologie » sous-jacente aux discours identitaires. Discours d'ordre économique (obsession d'une reconnaissance par les pays du Nord qui passe par la soumission aux modèles qu'ils imposent), intellectuel (la « négritude » comme figure inversée du complexe inoculé par le colonialisme) ou politique (l'incapacité d'aborder la question de l'espace public en dehors d'une réflexion logique sur le fonctionnement des institutions). Pourtant Bidima se réfère à la tradition philosophique occidentale. Il cite Aristote, Kant, Foucault, Ricoeur...et nourrit son ppos de récents travaux sociologiques et anthropologiques sur l'Afrique qui montrent la richesse des pratiques africaines dans le domaine juridique.


Position ambitieuse ? Paradoxale ? On peut lire dans l'introduction de cette « Palabre » : « Ceux qui ont trop magnifié le droit en reviennent à la médiation informelle, tandis que ceux qui la pratiquaient spontanément dans leur propre tradition veulent tout codifier par un droit rigide d'importation : ainsi va le monde ».


Il ne s'agit pas de l'exposé d'une fatalité, car Bidima pousse la contradiction apparente jusqu'à l'analyse des concepts. Et en ce cas, des notions telles que délibération, publicité ou « consensus conflictuel » appartiennent à une réalité inhérente à toutes les cultures. Ici se trouve attesté le caractère universel de la pensée.
La question demeure : comment les choses peuvent-elles se dire aujourd'hui, ou s'énoncer ?


Contrairement à ce qu'écrit Bidima dans sa critique quelque peu acerbe de la pensée de Césaire, il n'est pas sûr que la question du langage ne soit pas aussi une question de mots. Langage au sens du logos grec, qui tient ensemble l'ouverture originelle du discours et celui de la rationalité comme sens commun.
La Palabre, dans sa pertinence, insiste sur l'importance des procédures qui rendent les conflits négociables, parce qu'ils permettent à ces conflits, selon le mot de Ricoeur, de s'exprimer. Mais poser le problème de la pluralité, c'est aussi envisager une théorie de l'agir qui se constitue « par le bas » et associe les populations aux débats – ce en quoi les Conférences nationales des années 90 auraient échoué, s'éga-rant dans des questions d'organisation, et engendrant une dépolitisation subtile des populations.


La question du lien des individus aux problèmes politiques de la citoyenneté exige de poser à nouveau la question de la fondation de la Cité. Et avec elle, l'interrogation fondamentale de ce livre, laissée en suspens : quelles figures de la transcendance l'Afrique peut-elle aujourd'hui inventer ?.


La palabre, une juridiction de la parole, de Jean-Godefroy Bidima, Ed. Michalon, coll.Le bien commun, 127 p.59 F///Article N° : 298
http://africultures.com/la-palabre-une-juridiction-de-la-

 

Cecile Thiakane : Et si la polygamie était un régulateur social au Sénégal ?

Cecile Thiakane nous invite à réfléchir un angle rarement avancé dans l'approche de la polygamie.

Cécile a le  don de nous surprendre en nous réveillant de  notre silence. J'aime sa pensée singulière et j'avoue avoir d'abord ri et j'ai compris qu'après mon activité du jour j'étais fatigué et j'ai relu une seconde fois et j'ai pensé sans savoir pourquoi au polyamour ; lisons cécile.

Il y a quelques années, j'ai eu une conversation « surprenante » avec une de mes meilleures amies. Nous avions vécu quelques années ensemble en France et après avoir travaillé ici un moment après l'obtention de son DESS en Finance, elle avait fait le choix de rentrer au Sénégal pour rejoindre une grande institution bancaire de la place. Il faut dire qu'à l'époque, le secteur bancaire était en grand boum et se structurait au-delà de la Place de l'Indépendance, quartier traditionnel des banques au Sénégal. Pour accompagner cet essor, les profils formés à l'étranger étaient fortement recherchés. Mon amie était contente et surtout fière de rentrer au bercail, de faire un travail gratifiant en apportant sa pierre à l'édifice pour le développement de notre cher pays. Elle avait aussi une rémunération attrayante qui la classait parmi les catégories socio-professionnelles supérieures. Elle faisait partie en quelque sorte de l'élite.

Ce fameux jour, je m'en rappelle comme si c'était hier, elle m'avait appelé au téléphone pour m'annoncer la nouvelle de l'année, ses premiers mots résonnent encore dans ma tête.
Elle allait se marier dans deux semaines.

« C'est génial ! » lui dis-je. Je savais l'importance que cela avait pour elle. Gagner le titre de Madame, par le mariage. « Mais tu sais je vais être la deuxième épouse », me dit-elle. Cela me refroidit instantanément. « Tu vas te marier avec un polygame. Es-tu devenue folle ? Mais tu es trop moderne pour ça ! Ça ne te ressemble pas du tout. Es-tu sûre d'avoir bien réfléchi ? »
« Oui, je suis sûre », me répondit-elle. « C'est un homme gentil, respectueux et je sais qu'il sera un bon mari. »
« Et l'amour dans tout ça ? Est-ce que tu l'aimes ? Es-tu prête à partager ton mari avec une autre famille, une autre femme, d'autres enfants ? Tu penses qu'il vous traitera pareil ? Que se passera-t-il le jour où tu auras une urgence et qu'il sera avec l'autre famille car ça sera le tour de l'autre femme ? Aura-t-il le droit de venir jouer son rôle de chef de famille chez vous ?

Calmement, elle me répondit « je n'ai pas la réponse à tes nombreuses questions, mais je sais que pour moi le mariage est primordial pour avoir ma place dans la société. Toi, tu es à Paris et moi à Dakar et les réalités sont différentes, je le réalise tous jours depuis mon retour, cela fait trois ans déjà. Dans notre société, ici à Dakar, quand tu n'es pas mariée, il te manque quelque chose. Quel que soit le fric que tu gagnes, quel que soit ton poste au travail, il te manque quelque chose.

À moi, il me manque une position sociale. L'ascenseur le plus rapide pour atteindre cette position sociale est le mariage ».


Je ne veux pas t'entendre me dire « mais ma chérie tu as tout, tu as fait de belles études, tu as de beaux diplômes, une très belle position à ton travail, une maison, une belle voiture, tu voyages beaucoup, tu peux t'offrir plein de choses, tu as amené tes parents à la Mecque. C'est vrai en quelque sorte, mais le seul truc que ma belle réussite professionnelle ne peut pas m'offrir, c'est cette position sociale dont je te parle ».


Elle enchaîna : « Oui, c'est paradoxal, dans d'autres sociétés la réussite sert à définir ton statut social. Ici au Sénégal, je pense que seul un mari peut m'y faire accéder. J'ai attendu longtemps les mecs célibataires, mais ils sont tous mariés et les seuls qui ne le sont pas ne m'ont pas courtisée, certainement que je ne rentrais pas dans leurs standards. J'ai trop bien réussi ma vie et ça doit leur faire peur. Et ce qui m'énerve le plus, c'est cette désirabilité sociale que nous montrent les filles mariées en nous excluant d'office de certaines discussions.

« Tu n'es pas mariée, tu ne pourrais pas comprendre ». Et là, tu ressens tout le mépris qu'elles ont pour nous, les célibataires. « Eh bien moi, je n'en peux plus de tout ça. »

Elle ne me laissa pas en placer une. Elle enchaîna direct : « Donc être deuxième femme ne me gêne absolument pas. Et en plus, il faut que je pense à avoir des enfants, sinon cela sera trop tard, j'ai presque 33 ans. »


Je n'étais toujours pas à court d'arguments. « Ok, je comprends. Mais, tu n'as pas peur d'être une femme à mi-temps ? Quid de la jalousie ? Es-tu sûre que tu pourras supporter de partager ton homme ? Et ta coépouse, pourrez-vous vous entendre pour le bien-être de votre mari ? Et vos enfants, comment vont-ils évoluer dans tout ça ? »

Plein d'autres questions se sont bousculées dans ma tête et tout cela m'a replongée dans mon enfance. Je me suis souvenue que, petite fille, quand j'habitais à Thiadiaye, un village à la croisée des chemins entre les régions de Thiès et Fatick, au Sénégal, j'étais entourée d'amis vivant dans des familles polygames. A l'époque, je ne comprenais pas le concept. Je voyais juste que dans la famille de mes amis, leur maman et leur tante (coépouse de leur maman) avaient le même mari. C'était différent de la situation de ma famille. J'avais une maman et un papa, mes frères et sœurs et c'était tout.

Adolescente, j'ai commencé à me questionner sur ce concept de voir un papa ayant plusieurs femmes. Comment était-ce possible ?


A l'âge de 15 ans, quand j'ai commencé à lire Harlequin et d'autres romans à l'eau de rose et à vivre mes premières amourettes, je me suis profondément questionnée sur la polygamie. Comment était-ce possible pour un homme d'aimer et d'épouser plusieurs femmes ?

Comment des femmes pouvaient-elles accepter de partager leur mari ?

Etaient-elles moins amoureuses que les autres femmes en couple monogame ?

On m'avait expliqué que la polygamie existait dans notre société traditionnelle. Dans certaines ethnies du Sénégal, les hommes avaient le droit d'épouser plusieurs femmes et je ne pense pas qu'il y ait de limitation dans le nombre....


La religion musulmane autorise aussi les hommes à pouvoir épouser plusieurs femmes, le nombre étant limité à quatre femmes. Ils ont l'obligation cependant de les traiter équitablement. Chose plutôt compliquée à réaliser, il me semble.
Dans mes lectures, j'avais appris que la polygamie, bien qu'étant autorisée par l'Islam, est interdite quand même légalement dans certains pays islamiques. Mais au Sénégal, ce n'est pas le cas, la polygamie est bien autorisée et pendant la célébration des mariages civils, les hommes avaient le droit de cocher la case polygamie.

La polygamie est admise encore dans quelques pays d'Afrique. Elle est maintenue grâce aux coutumes traditionnelles, à la religion islamique ou par la législation, comme au Sénégal. Je pense que le Sénégal fait une bonne exception car la polygamie est ancrée profondément dans la vie des habitants et ce n'est pas prêt de changer.

Chez certains chefs coutumiers, notamment dans certaines ethnies du Sénégal ou au Cameroun, on retrouve la polygamie dans un souci d'affirmation de leur pouvoir, de leur puissance et de leur autorité.
Une des conséquences désastreuses de la polygamie est évidemment qu'il n'y a aucune régulation pour les hommes qui veulent épouser plusieurs femmes. Peut-être juste leur bonne conscience. Bon nombre se retrouvent pères de nombreux enfants, dont il faut s'occuper, et ils sont loin d'en avoir les moyens et les mamans non plus. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais vous imaginez que ce n'est pas toujours rose, ça engendre des drames et des échecs dans la vie de ces enfants. Assez souvent, dans ces ménages modestes et polygames, les femmes sont obligées de s'occuper de leurs enfants et d'assurer les dépenses de subsistance quand c'est leur tour. Je ne peux pas non plus passer sous silence les mariages précoces et parfois forcés de jeunes filles âgées de moins de 18 ans avec des hommes polygames.

Cette conversation avec ma copine a eu lieu il y a au moins 10 ans. Elle est toujours mariée à cet homme, toujours deuxième femme. Leur mari n'a pas épousé une troisième femme. Sa coépouse n'est pas devenue sa meilleure amie, bien au contraire. Mais elle me dit souvent qu'elles ont appris à se respecter. Elle a deux enfants avec son mari, qui s'entendent plutôt bien avec leurs demi-frères et sœurs. Les deux familles vivent dans deux maisons séparées, c'est monsieur qui est nomade. Il arrive souvent que les deux femmes soient dans la surenchère, pour plaire à la belle-famille. C'est à qui les couvrira de plus de cadeaux.

A ce jeu, ma copine ne joue pas à arme égale, car financièrement elle est plus nantie que sa coépouse. Mais je sais qu'elle ne fait rien pour la narguer, elle fait juste preuve de générosité.
N'imaginez pas voir les deux femmes marchant au bras de leur mari en même temps, ce n'est pas dans les codes locaux. C'est à chacune son tour – 3 jours où l'homme est ton mari à temps complet et après il va 3 jours aussi chez l'autre. Je pense que le cas de figure le plus simple, c'est quand les deux coépouses ne vivent pas dans le même foyer. On m'a raconté beaucoup de drames familiaux dus à la jalousie entre les coépouses. Assez souvent, les hommes polygames n'ont pas les moyens d'assurer un foyer séparé à chacune de leurs épouses, surtout quand leur nombre excède deux épouses.

Aujourd'hui, avec du recul, je commence à penser que la polygamie joue peut-être un rôle de régulateur social. Je ne parle pas de régulateur démographique. Je ne la justifie pas, je n'en fais pas la promotion, mais ça maintient un certain équilibre quand même dans la société.


Imaginez dans une société où le statut de femme mariée te fait gravir des échelons sur l'échelle sociale : comment faire le choix du célibat si aucune alternative au mariage polygame ne s'offre à toi ?


Cependant, la modernisation de la cellule familiale, le taux d'instruction des femmes qui s'améliore d'année en année, leur accès de plus en plus à des emplois décents, mais aussi le changement des mentalités et l'acceptation du célibat des femmes pourraient être un facteur de mutation et faire baisser drastiquement le taux de mariages polygames.

Et vous, que pensez-vous de la polygamie ?

Fatoumata Ndiaye
(texte de Cecile Thiakane
Activiste en développement social
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in sadunya.org

 

LA PAROLE!
DE LA PENSÉE, À L'OREILLE!

Quelle merveille que de Savoir Parler!


Et si Parler ne devait être que délices, cela ne pourrait être que fantastique d'ouvrir sa bouche pour émettre des sons articulés par la langue!
Des sons véhiculés par la voix animée par les vibrations de nos cordes vocales.
Hé oui, chaque voix dispose d'une empreinte singulière à chacune des créatures animales comme humaines!

De même que les hommes, les animaux se servent aussi de leur bouche pour se nourrir et exprimer des sentiments.
La langue est bien l'organe sensoriel du goûter.

Ne nous donne-t-elle pas la sensation du plaisir de manger quelque chose de suave, ou du déplaisir de ce qui est acre!
Toutefois, la différence radicale entre ces deux créatures, c'est que l'homme seulement, sait Parler, pour communiquer avec lui-même et tout le reste.
C'est ainsi, que toutes les autres créatures se comprennent instinctivement.
Inversement, c'est par Intuition que des communautés humaines de langues différentes communiquent.
Elles arrivent à s'entendre par une gestuelle et une expression mimiques.
Aussi la musique étrangère est une parfaite illustration de la communication intuitive.
Elle est un mélange mélodique et harmonieux, de souffle et de sons instrumentaux.
Des sons qui se trouvent soutenus et tempérés par la puissance de la voix humaine.
En elle-même, la tonalité de la voix humaine est mélodieuse, avec ou sans instruments musicaux qui en amplifient sa portée.

Universelle en traversant toutes frontières, la musique est bien la seule propriété humaine dont tout le monde peut jouir au-delà de toute barrière linguistique.


La musique a le génie de nous détacher du réel pour nous emporter dans le monde éphémère de l'irréel.

Les sons émis par les instruments musicaux nous parlent, ils sont bien l'expression sonore de nos pensées.
Elle fait monter notre pression sanguine, en augmentant notre battement cardiaque, et finalement, elle nous soule de joie.
Et l'on se sent monter et descendre au rythme de la cadence des sons magiques libérés par les mots codés par ces instruments.
Et plus savoureuse encore, est l'image véhiculée par l'articulation des sons entendus.
Et lon se demanderait même, si Entendre n'était pas plus agréable qu'Écouter, car Il nous arrive de déguster une chanson, puis de l'aimer, sans comprendre un mot de la langue utilisée.
N'est-elle pas donc géniale, cette Parole qui a la magie de nous donner du bonheur, et nous adoucir le cœur, et un instant après, l'endolorir pour nous rendre malheureux.
Elle devient diabolique quand elle nous rend malheureux, et l'ange quand elle nous rend heureux.
Un démon quand elle nous embrouille l'esprit, et angélique, quand elle nous embaume le cœur.
La parole est destructive quand elle est mal intentionnée, malencontreuse ou délibérément méchante.
En revanche, elle est réjouissance et égayante, quand elle est gentille, aimable et franchement plaisante.
En même temps qu'elle sert à chanter la beauté du monde, elle a aussi la faculté d'en étaler sa laideur.

Elle est si puissante que sa douceur rend heureux, pendant que la rudesse de son accent délaisse malheureux.
La belle parole nous soulage de nos douleurs, et nous console dans nos chagrins.
Par contre une mauvaise parole nous afflige et nous attriste, comme seule, la mort peut nous atteindre.

Si bien, qu'abattus et profondément blessés dans notre for intérieur, la bonne parole nous sauve en étant là, à la rescousse, pour nous remonter le moral et nous aider à nous relever.
Aussi, la parole peut être ressentie comme malfaisante et malveillante, ou tout simplement, bassement Cruelle.
Mais la noblesse de sa sublimité voudra toujours qu'elle soit bienfaisante, bienséante, et bienveillante.

La Parole est donc sacrée!

C'est tout un art que de savoir en faire meilleur usage, en Parlant et Écrivant comme en chantant, Entendant et Écoutant comme le mélomane!
Aussi la Parole, qui est ce son émis par la bouche et articulé par la langue, ne semble pas indispensable à la communication.
La Parole est alors un simple outil de transport et d'échange des informations.
Mais oh combien cette Parole est destructrice, et édificatrice!
Comme moyen de communication avancé entre les hommes, la Parole peut être mielleuse ou aigre.
La Parole est ainsi l'expression de la pensée!
Elle est ce système de signes vocaux qui, une fois sortie de la bouche, ne peut être ravalée, ni rattrapée!
Elle reste gravée dans notre coeur et dans notre esprit.
Même si l'on peut tout pardonner, l'on ne saura définitivement tout oublier.
Les bons comme mauvais souvenirs sont toujours là, à l'affût d'un prétexte pour nous ressurgir en pleine conscience.
D'où qu'il n'y a aucune urgence à Parler, mais qu'il est plutôt, plus pressant d'apprendre à Écouter!
Néanmoins, il est fondamental de bien Réfléchir avant toute prise de paroles!
La Parole reste inévitablement, une arme contre l'expression du Bonheur ou du Malheur!


Toutefois, la manière de dire les choses tire sa pertinence dans la Diction qui, est l'art de bien dire et agencer un ensemble de mots servants à exprimer une opinion ou une pensée.
Aussi ce qui est Dit, peut avoir une expression écrite ou orale.
En parlant, l'homme s'adresse à son semblable dans l'espoir d'être bien compris.
Mais l'effet recherché par la transmission de tels messages, peut être corrompu ou embelli, par la diction qui s'expose par la parole, composée de mots bien ou mal choisis.
Tout compte fait, on parle avec la bouche, on entend et écoute par nos oreilles, on écrit avec nos doigts.
Mais tout cela se fait sous le contrôle de notre cerveau qui analyse, crée et gère les événements émotionnels ressentis à l'endroit coeur.
Une émotion affective qui nous atteint et fait que notre état mental général devienne joyeux ou morose.

La diction a donc le pouvoir de bien dire, de corriger ou d'empirer tout ce que la parole comporte en bien comme en mal.

Elle peut aussi rendre la parole belle ou moche par l'usage des mots adéquats.


Toutefois, la parole n'aura de sens que, dans son contexte, et quand elle est Écoutée ou Entendue par son destinataire.
L'auteur de la bonne ou mauvaise Parole, peut ou ne pas être conscient des effets engendrés par la magie des Mots usités.
C'est pourquoi, il est fondamental d'être raisonnable dans la révélation de nos Pensées et Sentiments apparents ou profonds.
Par ailleurs, il est évident qu'aucune loi humaine n'interdit la jouissance auditive ou la liberté verbale.
Dès lors, la question nous revient encore à savoir, s'il n'était pas beaucoup plus agréable ou désagréable d'Entendre, d'Écouter ou de Parler?
Cependant, Entendre c'est percevoir un ensemble de vibrations sonores!
Alors que la perception d'une sonorité peut conduire à plus d'attention de notre fonction d'Écoute.
Cependant, l'on n'a pas besoin d'Écouter pour Entendre, car écouter suppose des efforts, alors qu'entendre peut être très furtif.
C'est ainsi qu'Écouter requiert toujours une attention soutenue pour comprendre.


Et c'est cela qui fait appel à d'autres de nos fonctionnalités.


C'est donc magique pour l'homme d'avoir la faculté d'entendre, d'écouter et de voir un monde qui lui est extérieur.
Aussi, ce sera toujours à travers ses semblables qu'il trouve le miroir de son intérieur!
Quant à l'écriture qui est une autre forme d'expression de la pensée, elle se présente sous un système de signes graphiques.
A son origine, nous pouvons affirmer que l'homme est bien né avec la possibilité de Parler intelligible pour se faire comprendre dans la communauté linguistique qui l'a enfanté.
Dès sa naissance, il commence à entendre et à enregistrer les sons émis par son environnement.
En grandissant, il apprend à affecter une signification communautaire à chaque mot ou groupe de mots, composé de sons.
Adulte, il a déjà bien intégré sa communauté linguistique dans l'esprit et la forme de sa structure.


Mais qu'en est-il du processus de création des Mots qui sont d'usage courant?


En tout cas, rien n'empêche de croire qu'ils s'articulent instinctivement d'abord, puis se conçoivent et se construisent intuitivement par la suite.
C'est ainsi que l'animal créateur qui dort en chacun de nous, se réveille brusquement pour faire survivre son instinct premier de créativité.
Et de ses tréfonds, instinctivement émet un son qui, mécaniquement, épouse les contours d'une banale image à la quelle, jusque-là, aucun nom n'était formellement associé.
Ainsi advint, son acception, cette sorte d'appropriation par la conscience populaire.
Et bien plutard, arrive l'intuition pour normaliser et formaliser le Tout.
La langue jouit donc d'un double caractère instinctif et intuitif qui symbolise la Création.

Parler, c'est alors CRÉER un Acte public qui peut aboutir à des situations conflictuelles imprévisibles.
C'est donc émettre des points de vue différents nécessitant des réactions parfois très délicates.
En définitive, Parler c'est, assumer la souveraineté de son individualité caractérisée par un EGO altruiste, ou égocentrique.
Tout cela fait donc que, face à une situation périlleuse, l'homme réagit, guidé par son instinct de survie!

Par contre, quand les événements le lui permettent et, selon son expertise, il peut soit, agir rapidement par Intuition, ou se donner le temps de bien Réfléchir.
Dans ce cas, c'est son esprit Raisonnable ou Extravagant qui va le conduire à prendre la bonne décision de bien Parler ou non.
En tout état de cause, l'homme doit apprendre à être Maître de son destin Verbal en cultivant cet Esprit de discernement qui lui permettra, à force d'exercices, d'arriver à rester serein et froid quand, tout bouillonne, ou présente un calme apparent.

Saint Louis le 24/06/2017

Pap Ndoy

 

Le monde s'effondre, CHINUA ACHEBE, CHINUA ACHEBE


INTRODUCTION


Le monde s'effondre est un roman qui décrit le mode de vie de la société Ibo avant et pendant la colonisation. Chinua Achebe, auteur du présent ouvrage, grâce à une connaissance approfondie de la culture Ibo, entend apporter sa contribution dans l'éveil des consciences de jeunes
Générations sur certaines pratiques traditionnelles africaines .Avant d'étudier les principaux thèmes et leur rapport avec l'actualité, il nous revient de porter un regard rétrospectif sur la vie de l'auteur et ses œuvres, ainsi que le résumé de l'œuvre qui fait l'objet de notre exposé.


I- L'AUTEUR ET SES ŒUVRES
1) Biographie


Chinua Achébé de son vrai nom Albert Chinualumg est né le 16 novembre 1930 à Ogibi à l'est du Nigéria .Fils de Isaiah Okafo un ecclésiastique chrétien de Janet T. Achébé .Il est le 5éme de sa famille . Il obtint une bourse a l'âge de18 ans pour poursuivre ses études à l'université d'Ibadan de 1943 à 1953 au government collège il obtient son 2BAC2 l'équivalent de la maîtrise dans le système français à l'université de Londres en 1953.Achébé effectue quelque voyage en Afrique et au USA et y travail comme professeur d'anglais .Il commença à travailler à N.B.C. (Nigérian Broadcasting Corporation ) en1954 après avoir suivi une formation à la BBC .Il se maria le 10 septembre 1961 avec Christie Chinwé Okoli et eut 4 enfant :Chinelo, Ikechukwu, Cidi et Nwando .en 1962 il fonda une collection intitulé « Africain »chez un éditeur anglais. Il sera le rédacteur en chef du périodique « Obike » en 1972.Il fut adjoint d'un parti politique du Nord du Nigéria. Achébé fut professeur dans plusieurs prestigieuses universités Nigérianes, anglaises et américaines. Achébé fut récompensé plusieurs fois :


- En 2004 Chinua Achébé refuse le titre de « commander of the federal republic » un titre honorable pour protester contre la politique de son pays. Il enseigne au Bard collège à new york city actuellement.
Dans cette partie, il apparait clairement que Chimua Achebe fut lauréat de plusieurs


Prix littéraires grâce à ses ouvres de qualité. Quelles sont donc les œuvres qu'il eu à écrire ?


2) Bibliographie


Le 1er roman de Chinua Achebe « Things fall Apart » (le monde s'effondre) a été tiré à plus de 3.050.000 d'exemplaires depuis sa sortie et traduit à plus de 45 langues.


II- RESUME ET STRUCTURE DE L'OEUVRE
1) Résumé


Le monde s'effondre est un témoignage sur le mode de vie des africains avant et pendant la colonisation de l'Afrique noir par les européens. Jadis, enraciné dans la culture, le Ibo connaîtra un bouleversement socio- culturel dès les premiers jours de l'arrivé des colons.
En effet, ce peuple étant animiste, accordait une grande importance aux valeurs traditionnelles. Les traditions Ibo gardent leur importance lorsque survient un évènement malheureux ou joyeux. Okonkwo, le personnage principal de cette œuvre est un farouche guerrier et un grand cultivateur qui projette de rehausser l'image de la famille ternie par un père assisté paresseux. Chinua Achebe brosse donc le portrait d'un homme rude, complexe, ambitieux qui veut s'accomplir et devenir une figure emblématique de son clan. C'est pourquoi il fut désigné par les responsables du clan pour l'enlèvement de Ikemefuna et de la vierge fille en compensation d'une femme assassinée dans le village voisin Mbaino. Mais ce dernier fut contraint à l'exil pour avoir tuer le fils âgé de Ezeulu lors de ses funérailles.
Tandis qu'il lui restait quelques années pour prendre les plus hauts titres du clan. L'exil d'Okonkwo sera marqué par l'avènement de la colonisation à Umuofia. Après sept ans d'exil, Okonkwo regagna la terre paternelle et trouva que la société était divisée. Les partisans de la nouvelle religion furent entrés en conflit avec les détenteurs de coutume, car Enoch ôta le masque à un Egwugwu lors d'une cérémonie. En réplique, les membres du clan détruisirent l'église. Ce qui conduisit Okonkwo et cinq autres autorités en prison. A la sortie de la prison, Okonkwo lança un appel à la révolte mais n'ayant pas le soutien, il décida de se suicider.


2) Structure de l'oeuvre


L'œuvre est structuré en trois parties qui comportent 254 pages.
La première partie comprend 139 pages soit 13 chapitres. Elle décrit l'apogée de la société Ibo au Nigeria et dans laquelle évolue un grand guerrier du nom d'Okonkwo.
La seconde partie regroupe six chapitres soit 39 pages évoque l'exil d'Okonkwo dans son village maternel pour avoir commis un meurtre, ainsi que l'arrivée des missionnaires blancs et la conversion de son fils aîné à la nouvelle religion (le christianisme).
La dernière partie compte six chapitres et raconte le retour d'Okonkwo dans son village natal régi par de nouvelles lois investies par les étrangers (missionnaires), où règne un désordre indescriptible. Indigné par les pratiques de la nouvelle ère, Okonkwo mis fin à sa vie.
Dans le roman, de nombreux thèmes sont abordés mais nous étudierons les grands thèmes tout en faisant leur rapport avec l'actualité.


III- LES THEMES ET LEUR RAPPORT AVEC L'ACTUALITE


1) La culture


La culture est l'ensemble des connaissances acquises pour une personne ou une société. Dans cette œuvre, plusieurs types de culture se font sentir. L'activité principale des Ibos est l'agriculture. Ils organisaient aussi des activités physiques telle que les championnats de lutte et les danses traditionnelles qui se faisaient sous le rythme tam-tam et des fûtes , ainsi les vainqueurs étaient récompensés par des titres d'honneur et de gloire . Ce qui explique la célébrité d'Okonkwo qui avait réussit à terrasser Amalinze le chat resté invincible pendant sept ans. Les comtes également étaient reconnus dans la société Ibo comme une activité de divertissement et d'instruction. En plus cette société marquée par la polygamie donnait une place importante à la dot. En effet celui qui voulait se marier devrait s'attendre à une dot fixée par ses beaux parents : « de cette manière, le montant de la dote d'Akekue fut finalement fixé à vingt sacs de cauris. C'était le crépuscule quand les deux partis arrivèrent à cet accord. » Chapitre VIII page 90.
De nos jours, cette culture prend de plus en plus une autre forme. Dans la société actuelle les jeunes préfèrent le football à la lutte. Quant à la dot ,elle existe toujours dans d'autres groupes ethniques en plus du mariage civil. Egalement, les contes sont généralement écrits au lieu d'être oralement racontés.
La culture Ibo a une grande ressemblance avec celle de nombreuses sociétés traditionnelles africaines. Que peut-on dire de leur tradition ?


2) La tradition


La tradition des Ibo est une tradition purement africaine car ces derniers respectent leurs coutumes et règlements. Leur mode est très étrange car ils n'acceptent pas la naissance des jumeaux qu'ils considèrent comme une abomination. Ces derniers sont jetés dans la forêt des esprits du mal qu'ils appelaient forêt maudite. Ils n'acceptaient pas les lépreux et les albinos, croyant qu'ils n'étaient pas des êtres humains. Ils n'étaient pas ainsi enterrés mais jetés. Leurs coutumes n'acceptaient pas non plus la querelle entre les membres de même clan.
Cet acte leur apparaît comme une grande humiliation. Chez les Ibo quand quelqu'un tuait un homme même involontairement, il était exilé sept ans. C'est l'exemple d'Okonkwo à la deuxième partie de l'œuvre. Et si cela se faisait de sang-froid c'était la condamnation à mort. Si ce crime est commis par un étranger le village de ce dernier donnait une vierge et un jeune garçon en compensation pour éviter la guerre entre les clans. Mais avec l'arrivée du blanc la vie traditionnelle des Ibo fut bouleversée par la civilisation blanche. Certains allèrent jusqu'à mépriser leur propre culture.
La tradition Ibo se présente donc comme une tradition rigoureuse. Ses règles sont dures. Nul n'est au-dessus de cette tradition. Mais la colonisation a bouleversé cette pratique.


3) La colonisation


La colonisation a eu un impact sur le peuple Ibo à travers la modification des structures traditionnelles de leur société. Okonkwo, banni de son village, revint quelques années plus tard et constate que tout avait changé, en effet les missionnaires sont devenus les colonisateurs. Ils ont créé des structures administratives et dictaient leurs lois. Okonkwo voulait mener la résistance mais ses confrères n'avaient pas le courage de le soutenir dans sa révolte contre le pouvoir colonial : « Il savait qu'Umuofia n'entreprendrait pas de guerre. Il le savait parce que les hommes avaient laissés les autres messagers s'échapper. Ils s'étaient laissé emporter par le tumulte au lieu d'agir. »
Eu égard de tout cela, Okonkwo préféra la mort à la soumission. Pour la société Ibo, la colonisation apparaît comme une entrave au développement socio -culturel. Avec la colonisation, on assiste de nos jours à une disparition progressive des valeurs traditionnelles africaines.


4) La religion


La religion est un thème récurrent dans le roman. A l'instar de la quasi-totalité des peuples africains, à l'époque précoloniale, le peuple Ibo était polythéiste par conséquent il adorait plusieurs dieux. Il important de noter que ce peuple croyait en l'existence d'un dieu suprême qu'il appelait Chukwu qui, selon eux, a créé la terre, les hommes, les esprits et les petits dieux qui sont ses messagers. Ces dieux étaient représentés par des pierres et des bois auxquels les Ibos faisaient les offrandes : « chaque année...avant de mettre la moindre semence dans la terre, je sacrifie un coq à Ani, le propriétaire de toute terre. C'est la loi de nos pères. Je tue également un coq à l'autel d'Ifejioku, le dieu des ignames. Ils étaient entre autre Agbala déesse des grottes et des collines, Ani déesse de la terre et Amadiora dieu du tonnerre. Ceux qui voulaient consulter les dieux, devaient ramper sur le ventre pour entrer dans une caverne où ils se trouvaient. Ils s'adressaient aux dieux par le biais des prêtres par exemple la déesse Agbala avait pour prétexte Chielo, chez les Ibo, la décision des dieux est irrévocable avec l'arrivée des colons, le christianisme a pris de l'ampleur dans nos sociétés africaines. De nos jours, la religion traditionnelle tend à disparaître au profit des religions dites révélées.
Dans cette partie, le christianisme est venu et a mis le doute dans les cœurs de certains Ibo. Cette religion nie la crédibilité de l'animisme. Cependant, comment était organisée la société Ibo avant l'avènement de cette religion ?


5- L'organisation sociale


Contrairement à certaines sociétés africaines, les Ibo n'avaient pas de roi. Dans cette société on parlait plutôt de titres hiérarchiques dont l'ardeur au travail, le courage et la bravoure étaient les critères. Ces titres étaient essentiellement conférés lors des guerres et des compétitions de lutte. Okonkwo en avait eu deux ; n'eu été son exil, il allait décrocher le troisième : « Il avait perdu des années au cours desquelles il aurait pu prendre les plus hauts titres du clan ». Chapitre XX page 207.
Chez les Ibo, les vieux occupent une place de choix. Ils sont les guides de la société. Ils veuillent au respect des règles et des coutumes sociales. Pendant la prise de décisions qui se faisait entre les hommes, le dernier mot leur revenait.
Les enfants, après les travaux champêtres, s'adonnaient aux activités de divertissement telles les luttes les contes etc.
Quant aux femmes, elles étaient destinées au foyer et elles étaient reléguées au second rang.
De nos jours avec l'avènement de la démocratie, nous assistons à la mise en place de nouvelles structures sociales bouleversant ainsi les structures anciennes marquées par les chefferies traditionnelles.
Les Ibo, même s'ils n'avaient pas de roi, il faut noter que la société était bien organisée. Dans cette société, quel était donc le comportement des hommes ?


6- La solidarité


La solidarité est la dépendance mutuelle, le sentiment qui pousse les hommes en s'entraider. Elle est un élément important dans la société Ibo. En effet, Unoka, le père d'Okonkwo qui était fainéant, ne parvenait pas à nourrir sa famille sans l'aide des autres membres du clan. Il était toujours couvert de dettes qu'il n'arrivait pas à rembourser. Malgré tout, il bénéficiait de l'assistance de ses confrères. Après sa mort, son fils était obligé de se battre pour s'auto suffire. Ainsi, avec l'aide de la société notamment celle de Nwakibié, il parvint à conjurer sa misère et à se faire une place dans la société. Egalement, lorsque l'exil d'Okonkwo survint, son ami Obierika prit le soin de vendre ses ignames et de lui apporter l'argent dans son village maternel où il fut chaleureusement accueilli : « C'est l'argent de tes ignames. » dit Obierika. « J'ai vendu les grosses lorsque tu es parti. » page171.
Cependant, même si cette vertu demeure dans certaines sociétés, force est de croire que de nos jours la solidarité est entrain de céder la place à l'individualisme. Les sociétés urbaines sont les plus touchées par ce comportement qui ne fait pas preuve d'humanisme. La solidarité est une vertu cultivée chez les Ibo. Au delà de cette solidarité, quelle était la place des femmes ?


7-Le statut de la femme


Dans l'œuvre le monde s'effondre, Chinua Achebe fait une brève aperçue sur la vie quotidienne des femmes dans la société Ibo. Le village Ibo reflète l'image de la société africaine d'antan. Cette communauté de la forêt qui, presque totalement coupée du monde extérieur, avec ses Dieux et ses ancêtres, ses coutumes et ses interdits, la femme était reléguée au second plan. Elle n'avait pas le droit d'assister ou de prendre la parole lors des réunions sauf si elle était sollicitée : « Quand chacun eu bu deux ou trois cornes, Nwakibié envoya chercher ses femmes ». Elles obéissaient à la lettre, aux instructions de leurs maris.
Par ailleurs, la première femme avait droit au respect et à la considération de ses cadets : « Anasi était la première femme et les autres ne pouvaient boire avant elle, aussi restèrent-elles à attendre. Elle se dirigea vers son mari et accepta la corne de ses mains. ». Les femmes également devaient du respect à leur mari, s'agenouillaient devant lui à son appel : « Elle se mit alors sur un genou, bu une gorgée et rendu la corne ». Chapitre 3 pages 29. Dans la société Ibo, la femme représentait une richesse pour son mari. Pour cela, le nombre de femmes représentait une grande considération pour un homme. Les femmes aidaient leur mari dans les travaux champêtres : « Sa mère et ses sœurs travaillent dure sans doute, mais elles faisaient pousser des plantes de femme telles que les ignames-coco, les haricots et la cassave. » page 32-33 chapitre III.
De nos jours, même si cette soumission existe dans les campagnes, nous remarquons que la modernisation a fait apparaitre une autre image de la femme dans les centres urbains. Avec l'épineuse question de l'émancipation, la femme possède les mêmes droits que l'homme et pousse l'orgueil à être égale à lui.


IV- L'INTERET DE L'OEUVRE
1) Au plan social


La société Ibo telle qu'elle est décrite par Chinua Achebé apparaît comme une société bien organisée et profondément hiérarchisée. Les Ibo sont des fervents pratiquants du polythéisme et se conforment aux valeurs ancestrales contrairement aux sociétés dites modernes, la société Ibo était profondément encrée dans leur culture ou tradition.
En outre, la solidarité, la bravoure, la dignité constituent les principes fondamentaux de la société Ibo et qui pourrait contribuer au développement de nos sociétés actuelles. Mais, la colonisation a entraîné un profond bouleversement de la société Ibo. Ainsi, cette œuvre nous interpelle à une prise de conscience, une revalorisation de nos coutumes et traditions qui sont nos vertus solides.
Quant à la civilisation étrangère, elle a apporté à l'Afrique la division, la haine, l'acculturation. Donc, un retour aux sources s'impose car elles n'ont pas encore tari.


2) Au plan culturel


Ce roman privilégie les coutumes ancestrales tout en invitant les jeunes africains à un retour à la source. Ils deviennent un guide pour sauvegarder les cultures africaines. L'œuvre toute entière donne une vision panoramique sur les cultures traditionnelles au pays Ibo et en Afrique en général. Ainsi d'énormes cultures font la fierté de l'Afrique.
La lutte et la danse ne sont-elles pas des activités incontournables?
Ces activités atteintes par les effets de la colonisation occidentale ont besoin d'une revalorisation. Ce livre laisse percevoir des caractères importants de l'africain tel que le respect de la solidarité. Alors, l'africain doit prendre conscience de son identité culturelle.


CONCLUSION


En épilogue, on retiendra que ce roman est un témoignage vivant de la perte de notre culture par la violence avec l'arrivée du colon. L'analyse de ce roman nous a permis de nous imprégner des principaux thèmes qui s'y trouvent ainsi que leur rapport avec l'actualité.
Tout s'effondre nous offre son personnage principal, Okonkwo, comme centre repère autour duquel se placent chaque autre personnage, divergent de lui par une ou plusieurs facettes. Du tout début à la toute fin, que cela soit son père "efféminé" et fainéant, les missionnaires Blancs, son fils trop mou, sa fille qui n'est malheureusement pas un garçon, les habitants des villages voisins avec...
Le roman Things Fall Apart par Achebe fait une commentaire sur le colonialisme. C'est une histoire de la vie quotidienne en Afrique Ouest et comment un homme répond aux changements dans sa vie. Le style d'écriture est très simple et donc tout le monde peut comprendre les thèmes. C'est une forme très effective pour communiquer les idées du roman. L'auteur, Achebe a écrit le livre dans...
Okonkwo est un homme puissant au village ibo d'Umuofia : marié à 3 femmes et père de 8 enfants, il gère ses terres d'une main de maître. Son courage et sa force en font quelqu'un de respecté et d'écouté au sein du village.

Ce village vit suivant des traditions ancestrales, les esprits sont craints et respectés, les enfants jumeaux sont sacrifiés dès leur naissance par exemple. Des rumeurs... On (re)lira avec profit ce grand roman du XXe siècle, trop peu connu (en France en tout cas), dont la richesse se déploie comme un arc au-dessus du temps qui s'est écoulé depuis sa publication en 1958. Récit d'un engloutissement, d'une invasion implacable (mais pas pour les raisons les plus évidentes que l'on se représente si souvent quand on évoque le colonialisme), Le monde
C'est avec ces vers de W.B. Yeats que Chinua Achebe ouvre son roman. Nous y découvrons le quotidien du clan d'Umuofia, petit village du Nigéria, marqué par la personnalité d'Okonkwo. Ce dernier, parti de rien, est parvenu à construire un des foyers les plus imposants qui soient ; il possède désormais de nombreuses femmes, des terres à cultiver et, surtout, le respect de chacun. Mais,...

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