Alors que j'étais chargé d'animer une causerie sur les cultures et les questions d'intercultutralité ce samedi 19/01/2019 à Ivry sur Seine en France et j'avais comme auditoire entre autres, d'éminents intellectuels et c'est à la fin qu'ils se sont présentés pour apprécier mon modeste propos. Je découvre une chercheuse en sociologie et qui me dit merci pour votre travail. Et à mon tour de lui demander qui elle était, elle se présente et me voici à chercher ses publications et j'ai trouvé ceci. Nathalie KAKPO est brillante et elle a un esprit fin qui guette le non-dit pour l'exploiter. P B CISSOKO


Présentation de l'éditeur


L'islam des jeunes fait peur. Tantôt perçu comme un dangereux repli communautaire favorisant un machisme rétrograde, tantôt comme l'antichambre du terrorisme, son retour serait lié à la situation internationale et à la présence d'imams recruteurs en banlieue. Mais que sait-on vraiment des moteurs de cette demande d'islam par les jeunes ? Au terme d'une longue enquête, Nathalie Kakpo montre la diversité des trajectoires individuelles au sein de la société française et donne en portrait des jeunes loin des préoccupations du Moyen-Orient: garçons et filles recourent différemment à l'islam, selon leurs expériences familiales, scolaires, leurs échecs ou réussites malaisées, leurs rapports aux institutions locales et aux discriminations. Revers de la démocratisation de l'enseignement et du défaut d'intégration sociale et professionnelle, l'islam est utilisé comme tentative de requalification symbolique, dynamique d'apprentissage valorisante et inscription dans une généalogie prestigieuse; mais aussi comme réarrangement de rapports déstabilisés entre sexes, ou argument identitaire lors de difficultés avec des collègues et de négociations avec les institutions locales.
L'auteure montre des élus et des travailleurs sociaux empêtrés dans les grilles de lecture postcoloniales, souvent sourds à ces demandes de reconnaissance sociale, face à des jeunes qui souffrent de la stigmatisation et renversent le stigmate par l'affirmation de la religion musulmane.
Biographie de l'auteur


Nathalie Kakpo est docteure en sociologie et chercheuse associée au laboratoire Cultures et sociétés urbaines (CNRS). Elle poursuit actuellement des recherches sur la diversité des cultures musulmanes à Paris et plus particulièrement sur les offres d'islam dans la capitale.

 

L'ouvrage de Nathalie Kakpo s'inscrit dans une série de publications récentes qui ont pour objet le rapport à la religion des jeunes musulmans français. Après les travaux de Nancy Venel dans le nord de la France ou de Nikola Tietze à Strasbourg [1][1]N. Venel, Musulmans et citoyens, Paris, PUF, 2004 ; N. Tietze,..., ce livre participe à la réorientation des recherches sur l'islam en France. Les premières enquêtes, qui avaient accompagné dès le début des années 1980 l'émergence de l'islam sur la scène publique, s'étaient en effet concentrées sur les travailleurs immigrés et les processus de « transplantation [2][2]F. Dassetto et A. Bastenier, L'islam transplanté, Bruxelles,... » des pratiques issues des pays d'origine. La décennie suivante a vu les observations se déplacer progressivement vers la « deuxième génération ». Le développement d'une pratique religieuse soutenue chez des enfants scolarisés, rendu visible par la succession des « affaires » de jeunes filles voilées, a profondément transformé le regard porté sur les musulmans de France. Pour répondre à une nouvelle demande sociale, les enquêtes de terrain sur les jeunes pratiquants se sont alors multipliées. S'inscrivant dans le sillage de l'ouvrage pionnier de Farhad Khosrokhavar [3][3]F. Khosrokhavar, L'islam des jeunes, Paris, Flammarion 1997., les sociologues ont construit leurs grilles d'observation à partir d'une question simple : pourquoi des enfants nés et élevés en France s'investissent-ils dans l'islam ?


2Le premier mérite de ces travaux a été de rompre le lien souvent perçu comme évident entre islam et immigration. La religion des jeunes n'est, en effet, ni une importation de traditions maghrébines, ni un « retour » à une quelconque culture d'origine, mais une construction originale qui ne peut se comprendre qu'en suivant de près les acteurs qui l'élaborent. L'approche qualitative est alors devenue le moyen privilégié pour « observer l'islam des jeunes en train de se faire » (p. 18).

Cette perspective pragmatique et compréhensive a focalisé l'étude de la religiosité sur les interactions ordinaires dans lesquelles elle trouve sa source. Le renouvellement des méthodes et des chercheurs a permis d'élargir un domaine de recherche qui a longtemps souffert de la surpolitisation des débats concernant l'islam. À rebours des polémiques récurrentes sur les dangers du Coran pour la démocratie ou sur la montée du communautarisme, ces observations donnent à voir la religion telle qu'elle se vit et se pratique au quotidien. C'est cet objectif que se fixe explicitement l'ouvrage de Nathalie Kakpo : il se veut un contre-pied des représentations qui mettent en scène « l'islam comme un tout homogène et le musulman tout entier tendu vers la pratique et la sauvegarde de l'islam » (p. 18). Le grand mérite de cette enquête ethnographique est, en effet, de montrer que l'islam est d'abord pour les jeunes une ressource disponible, susceptible d'utilisations très diverses en fonction des situations.


3L'enquête témoigne d'une double originalité méthodologique. Originalité du terrain d'abord, puisque loin des banlieues de grandes agglomérations, c'est une ville moyenne de 30 000 habitants voisine de la Suisse (baptisée Moligny par l'auteur), qui sert de décor au travail ethnographique. Originalité du point de vue ensuite, car la chercheuse a été pendant six ans conseillère municipale de la commune et, à ce titre, actrice privilégiée des relations entre musulmans et autorités locales. Si Moligny a un « niveau de revenu supérieur à la moyenne nationale » (p. 25) (qu'elle doit à une élite locale employée de l'autre côté de la frontière), il s'agit aussi d'une ville à tradition industrielle qui cache de fortes disparités. Les ouvriers doivent faire face depuis deux décennies à la fermeture des usines d'horlogerie de la région et au déclin de son activité essentielle, le « décolletage ».

Un chômage endémique s'est peu à peu installé, qui touche le tiers des habitants du quartier du Pressin, zone où se concentrent les familles turques et algériennes de la ville. Un quart des familles a un revenu inférieur à 760 euros (p. 29). Ici comme ailleurs, nombre de jeunes sont confrontés à l'échec scolaire, à la montée de la délinquance et à la rareté de l'emploi. C'est à travers les parcours de ces « enfants d'immigrés », nés dans les années 1970 et 1980, que l'auteur tente de comprendre les déterminants et les modalités de « l'être musulman », en prenant soin de mettre l'accent sur la diversité des usages de l'islam.


4-Nathalie Kakpo consacre un premier chapitre à l'analyse du rôle que jouent les injonctions scolaires dans la religiosité des jeunes. Dès l'enfance, les jeunes intériorisent l'idée que la réussite scolaire est le moyen le plus sûr de promotion sociale. De ce fait, l'orientation vers des filières professionnelles courtes, réservée aux mauvais élèves, est vécue comme un marqueur d'échec social. Les classes préprofessionnelles de niveau (CPPN) sont rebaptisées « classes préparatoires pour les ânes » (p. 49), les BEP et les Bac pro souffrent d'un discrédit qui affecte l'ensemble des métiers manuels. Confrontés à ces situations dévalorisantes, certains jeunes se tournent vers des voies alternatives pour conserver des chances de promotion économique (le « bizness ») ou intellectuelle. Dans le deuxième cas, l'investissement spirituel peut être un instrument précieux d'accumulation de savoir et de compétences.

L'engouement de nombreux jeunes déscolarisés du quartier pour les séminaires que tiennent les frères Ramadan (Tariq et Hani) à Genève témoigne du besoin de compenser leurs lacunes culturelles. Au contact de ces intellectuels qu'ils perçoivent comme plus proches d'eux, certains jeunes découvrent la lecture et la philosophie, se ménageant ainsi un premier accès à des éléments de culture légitime. Brillants orateurs, les frères Ramadan dispensent, à grand renfort de références, des cours de qualité sur la grandeur de la civilisation islamique, où les participants trouvent un moyen privilégié de réhabilitation symbolique. L'islam qui y est enseigné leur permet, en effet, de redéfinir et de réévaluer leurs origines en les inscrivant dans une filiation historique prestigieuse, qui fait d'eux les héritiers d'Averroès ou d'Ibn Khaldoun. L'apprentissage de la religion se double d'une ascension intellectuelle qui compense les stigmates scolaires.

L'affirmation de la foi permet alors de réduire le fossé qui sépare leurs aspirations de leur position réelle. De ce point de vue, l'engagement religieux serait, comme l'était selon Bourdieu l'engagement politique des étudiants de 1968, la conséquence du « déclassement » social [4][4]P.

Bourdieu, Homo Academicus, Paris, Minuit, 1984.. Au terme d'une démonstration convaincante, l'auteur montre le poids des frustrations engendrées par les verdicts scolaires, qui s'étendent jusqu'à la fraction des jeunes du quartier qui parviennent à accéder aux études supérieures. Apparaît ainsi un « islam des déçus de l'Université » (p. 68) dans lequel s'engagent des musulmans diplômés. Ainsi, Hassan, fils d'ouvrier algérien, après un parcours universitaire réussi, mais retardé à cause du manque d'informations sur les orientations dont souffrent les enfants de classes populaires, aujourd'hui marginalisé en DEA avec un directeur qui « n'est pas dans les réseaux » (p. 83), donc hors course pour les allocations doctorales, s'investit intensément dans la défense intellectuelle de la « communauté musulmane de France » : ainsi peut-il se reconstruire, en dépit des difficultés, une identité valorisante. L'auteur multiplie les exemples de jeunes mis à l'écart à tel ou tel moment de leur scolarité. On peut se demander toutefois si une analyse de la pratique religieuse comme compensation ne concentre pas trop exclusivement l'attention sur les frustrations et les déceptions au détriment d'autres facteurs, comme les réseaux locaux de sociabilité ou la concurrence interne propre au monde des cités. Si l'on en croit Gérard Mauger, l'investissement religieux des jeunes qui détiennent un minimum de capital scolaire permet aussi de se démarquer des pratiques déviantes qui caractérisent la « culture de rue » dans les quartiers sensibles [5][5]G. Mauger, Les bandes, le milieu et la bohème populaire, Paris,....


5Alors que la vision dominante dans le quartier fait univoquement de l'école un lieu de relégation, certaines filles du Pressin accumulent les bons résultats, se ménageant ainsi des perspectives d'avenir qui redistribuent les rôles à l'intérieur des familles immigrées (chapitre iii). Si la socialisation familiale prépare généralement les filles à assumer les tâches domestiques, elle les prédispose paradoxalement à une meilleure réussite à l'école, où « l'apprentissage de la docilité et de la conformité à la règle » (p. 106) est un atout indiscutable. Les bons résultats scolaires leur permettent alors d'envisager une carrière professionnelle. Pour certaines d'entre elles, le port du voile et la pratique soutenue des prescriptions rituelles sont alors un moyen d'étendre leur autonomie : en donnant à leurs parents des gages de sérieux et de respect de la tradition, elles obtiennent en contrepartie une plus grande liberté. D'autres trouvent dans leur investissement religieux une voie légitime d'opposition aux projets parentaux. C'est le cas de Nassima, lycéenne qui découvre l'islam en classe de première, après une adolescence marquée par la « culture de rue ».

Son appropriation personnelle de la religion musulmane l'aide à relativiser les strictes prescriptions familiales. Elle lui permet de vivre son adolescence, de « faire des bêtises » (p. 103) et de fréquenter « l'homme de sa vie » (p. 103) en mettant de côté l'avis de ses frères et de ses parents. « Plus la jeune fille s'estime proche de Dieu, plus elle se sent sûre d'elle-même pour résister aux sermons qui lui sont adressés » (p. 104), affirme l'auteur à son propos. Les jeunes nés en France qui embrassent l'islam peuvent facilement faire valoir un « capital religieux » supérieur à celui de leurs parents et utiliser, dans les conflits générationnels, une meilleure connaissance du licite et de l'illicite. Jocelyne Césari a montré ainsi comment la socialisation religieuse de la « deuxième génération », basée sur la connaissance des textes, rompt avec l'islam « populaire » et « rituel » des immigrants [6][6]J. Césari, Musulmans et républicains, Paris, Éditions Complexe,....

Au sein des familles, la religion apparaît aux jeunes comme un recours, une ressource identitaire, susceptibles d'être déployés selon une large gamme de possibles pour faire face aux situations quotidiennes. L'islam est un enjeu de pouvoir qui s'installe jusqu'au sein des fratries. C'est ainsi que, confrontés à la supériorité scolaire et sociale de leurs sœurs, certains garçons du quartier se réclament eux aussi du Coran, pour tenter tant bien que mal de faire valoir l'autorité naturelle des hommes au sein des fratries et pour lutter contre une tendance perçue comme une atteinte à leur virilité. Les familles sont donc le théâtre de luttes qui donnent lieu à des usages différenciés voire contradictoires de l'islam, chacun s'employant à y trouver une légitimation symbolique de ses requêtes. L'autorité morale que garde la religion fait alors des capacités de bricolage et des attributs de la piété (voile, prière, sobriété) des atouts majeurs dans la compétition.


6Élue conseillère aux élections municipales de 1995, l'auteur conclut son livre par l'analyse des interactions qui se nouent à l'échelon communal entre les musulmans et l'autorité publique. S'intéressant à la fois aux revendications formulées par les pratiquants (chapitre iv) et à leur réception par les pouvoirs locaux (chapitre v), elle montre l'emprise qu'exerce sur les agents municipaux une grille de lecture du monde social, teintée d'une forte réticence à l'égard de l'islam. Les demandes émanant d'associations musulmanes sont toujours l'objet de craintes exprimées dans « la peur du communautarisme ». Face à la suspicion générale et aux obstacles mis par la municipalité, les musulmans de Moligny déploient des attitudes variables en fonction de la position des protagonistes. Certains animateurs de centres sociaux de quartier mobilisent ainsi l'islam dans leur opposition récurrente aux élus.

Souvent recrutés par la mairie parce que « Maghrébins du Pressin », ils reprochent aujourd'hui aux autorités de les cantonner dans un rôle d'assistés privés de toute marge de manœuvre. Leur insistance à réclamer la venue en ville d'Hani Ramadan, prédicateur perçu comme tenant d'un islam « dur », s'inscrit dans ce rapport de force permanent qui caractérise leurs relations difficiles avec les pouvoirs publics. D'autres jeunes musulmans tentent au contraire d'offrir leurs services aux élus, en profitant de leur souci de « pacifier » le quartier et de faire émerger des leaders musulmans « convenables ». Les fidèles qui aspirent aux postes de relais entre les jeunes et la mairie mettent alors en avant un islam « citoyen », porteur de paix et d'intégration. Cet ensemble d'attitudes disparates observées à Moligny invite une fois encore à rompre avec une vision monolithique de l'islam, pour reconsidérer ses usages à partir des propriétés des différents protagonistes.


7L'ouvrage de Nathalie Kakpo démontre efficacement les vertus de l'enquête ethnographique pour appréhender la religiosité. Elle permet de comprendre l'islam et ses modalités d'expression en mettant de côté les considérations de philosophie politique ou de géopolitique moyen-orientale. L'enquête met ainsi en évidence la faiblesse de l'encadrement religieux et de la prégnance des structures organisées sur les musulmans de Moligny. Contre la représentation des quartiers sensibles qui s'est peu à peu banalisée, Nathalie Kakpo réinscrit les enfants du Pressin dans leur statut d'élèves, insistant sur l'importance de l'échec scolaire dans la socialisation des jeunes. Son exploration des cellules familiales et la prise en compte des conflits de pouvoir qui s'y accumulent lui permettent, par ailleurs, d'éviter les explications psychologiques courantes sur la « double culture » et les tiraillements identitaires des enfants d'immigrés. On peut regretter que l'enquête n'ait pas été étendue à la diffusion locale de l'islam.

Quand et comment a-t-il atteint Moligny ?

Qui sont les entrepreneurs, les leaders charismatiques qui prêchent la conversion et assurent la transmission des connaissances islamiques ? L'islam que donne à voir l'observation s'apparente, en effet, à une forme de capital, une ressource qui suppose un effort d'acquisition. On aimerait dès lors en savoir un peu plus sur les promoteurs de cet apprentissage, sur leur influence et les réseaux qui se tissent autour d'eux. On peut également reprocher à l'auteur un déficit d'indicateurs sur l'impact réel de la religion dans le quartier du Pressin. Quelle proportion de jeunes est réellement concernée ?
8L'enquête demeure, malgré tout, un apport précieux à la connaissance de l'islam. Sans verser dans les travers de l'interactionnisme, la description minutieuse de la vie locale met en évidence la diversité des constructions sociales des identités religieuses. Elle met à mal les visions totalisantes de l'islam, y compris par Max Weber (cf. ses travaux sur l'ethos islamique), qui en font une religion prescriptive omniprésente dont les fidèles ne pourraient pas sortir. Elle ouvre des pistes de recherche multiples, notamment sur les liens entre les mutations familiales et l'engagement religieux. L'enquête ethnographique permet enfin de rectifier une représentation des musulmans trop souvent appréhendés comme n'obéissant qu'à des contraintes externes, que ce soit celles des pères, des maris, d'Allah ou de la « communauté ».

 

 

Cette année le continent africain compte 47 universités au classement contre 25 en 2018. © © Sylvain Cherkaoui/Jeune Afrique/2015.


En un an, le nombre d'universités africaines figurant au classement du Times Higher Education consacré aux pays émergents a doublé. Une percée inédite portée essentiellement par l'Égypte et le Maroc.
47 universités africaines figurent au dernier classement 2019 des meilleures universités des économies émergentes, publié par le magazine Times Higher Education. Elles n'étaient que 25 parmi 378 établissements évalués en 2018. Cette percée est due à l'importante présence des universités sud-africaines mais aussi à l'Égypte qui, cette année, place 19 universités au palmarès contre seulement neuf en 2018.


L'Égypte et le Maroc à l'offensive


L'Afrique du Sud demeure le premier pays africain quant à la qualité de son enseignement supérieur. Comme chaque année, les prestigieuses universités de Cape Town, du Witwatersrand, Stellenbosch ou du Kwazulu-Natal figurent parmi les 15 premières. Six autres établissements sud-africains figurent au classement.
L'Égypte est sans doute le pays qui progresse le plus avec 19 universités égyptiennes alors qu'elles n'étaient que neuf l'année précédente. L'université du Canal de Suez se place ainsi 114ème, l'université américaine du Caire (122ème), l'université de Sohag dans la tranche des 200 à 250 et l'université phare d'Al Azhar (351 et plus).
Au Maroc, l'université Hassan II de Casablanca fait une entrée timide au bas du classement. L'université Cadi Ayyad de Marrakech se maintient, elle, au top 50 du classement. De leur côté les universités Mohammed V de Rabat et Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès progressent au classement.
Une importante progression est à noter au Nigéria ou l'université d'Ibadan gagne 100 places, passant de la tranche des 250ème à celle des 150 meilleurs établissements universitaires au sein des économies émergentes. Le pays place en outre les universités de Nsukka et de Convenant, renforçant ainsi la présence africaine dans ce classement annuel.


Statu quo pour la Tunisie


Dans le reste du Maghreb, la Tunisie a quant à elle conservé sa représentation par ses trois universités d'Al Manar, Monastir et Sfax mais qui reste entre les 300 et 350 meilleures établissements des pays émergents.


L'Asie domine


Bien que les universités africaines aient connu un grand progrès pour l'année 2019, les premières places dans ce classement régional demeurent dominées par les universités chinoises avec à leur tête la Tsinghua University, Peking University, University of Hong Kong et la Chinese University of Hong Kong.


Publié chaque année, le classement Times Higher Education des meilleures universités dans les pays émergents étudie la qualité de centaine d'universités publiques (442 cette année). Ses principaux critères prennent en compte l'ouverture sur l'international mais aussi les recherches scientifiques publiées et la qualité des enseignement transmis aux étudiants.


L'Afrique du Sud et l'Égypte sont à nouveau les pays les plus représentés à l'édition 2018 de l'Academic ranking of world universities (ARWU), mieux connu sous le nom de classement de Shanghai.
Le trio de tête reste le même, mais les places changent selon les années. Les universités sud-africaines de Witwatersrand et du Cap ainsi que l'université du Caire en Égypte sont à nouveau les trois meilleures universités africaines selon le dernier classement de l'Academic ranking of world universities (ARWU), aussi appelé classement de Shanghai. Cette année, le palmarès qui évalue annuellement 1 500 établissements sélectionnées selon des critères particuliers comme le nombre de prix Nobel ou de médailles Fields formés et le nombre de recherches publiées dans les prestigieuses revues scientifiques Nature et Science, fait figurer 16 universités africaines.


 LIRE AUSSI : 17 universités africaines parmi les meilleures au monde


Établissements anglophones


Si toutes sont publiques, la majorité sont anglophones (14) et la moitié se trouvent en Afrique du Sud (8) dont quatre dans la moitié haute du classement mondial. L'Égypte est le second pays représenté avec cinq établissements classés mais dont trois se situent dans la moitié basse.


https://www.jeuneafrique.com/emploi-formation/707752/lafrique-progresse-au-classement-times-higher-education-des-pays-emergents-2019/?utm_source=newsletter-ja-actu-non-abonnes&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-ja-actu-non-abonnes-18-01-19


Familles d'accueil débordées, foyers surchargés... Pièces à conviction enquête sur

« En France les communautés étrangères viennent dans le pays d'accueil avec toutes leurs coutumes.. Etre ailleurs, exige de respecter les lois et les pratiques. On ne tape pas pour éduquer, on sait aussi qu'un enfant doit obéissance à ses parents, mais au nom de la liberté l'enfant se croit roi et les parents qui perdent patience se lancent dans des conflits intergénérationnels. Nous devons toujours montrer expliquer comment on doit agir avec les enfants pour éviter les conflits et les placements qui font mal. Les enfants confiés sont coupés des parents et cela crée une honte dans la communauté. On doit pouvoir trouver des alternatives sinon les enfants dévient vite, en voulant être libres, ils deviennent licencieux et hors la loi et fréquentent des milieux malsains ce qui se terminent par l'incarcération. Drogue, prostitution, violence, suicides, etc, évitons à nos enfants les dérivent et acceptons de discuter, parler avec eux.

Faire des enfants en Europe est un projet. L'éducation n'est pas facile mais il faut assumer. Les familles nombreuses en France ne sont pas faciles à gérer bien que certaines y arrivent. Chacun est libre de faire le nombre d'enfants qu'il veut mais il faut pour autant se donner les moyens pour les éduquer, les accompagner. Il faut prendre le temps et passer du temps avec ses enfants sa famille. Il faut changer certaines pratiques. Il faut rompre avec certaines violences, et pratique, il faut parler, parce que dans la famille on ne veut rien dire, on veut protéger alors que l'autre souffre. Les violences intrafamiliales sont à dénoncer et à panser. Il faut être mesuré, cette violence peut venir de partout, il n'y a pas de famille type. Mais la précarité, l'alcoolisme, la pauvreté, etc, peuvent faire basculer les gens dans un cercle vicieux et il faut être vite repéré pour être vite aidé. » P B CISSOKO


Ce mercredi soir, l'émission "Pièces à conviction" est consacrée à l'enfance en danger. Le département du Nord est celui qui enregistre le plus de placements en France... Mais les places en foyer, elles, se réduisent à vue d'oeil. En 3 ans, le Conseil départemental en a supprimé 700.


Par France 3 Nord Pas-de-Calais Publié le 16/01/2019 à 19:00


Des enfants en danger, des accueils saturés. Le magazine de France 3 "Pièces à conviction" a enquêté sur la situation de l'aide à l'enfance en danger dans le Nord, département qui gère 7800 enfants placés. Elle a notamment donné la parole à Guillaume, éducateur.

Premier constat : certains foyers sont saturés. "Tu vois, raconte-t-il en montrant des photos sur sa tablette, cet établissement est censé en accueillir 17. Ce jour là, ils étaient 45, un autre jour 38. C'est-à dire qu'on a des jeunes qui n'ont pas de lit, qui dorment sur des canapés, sur des lits de camps...Parce que chaque jour, ils ont une vingtaine de gamins en plus qu'ils ne veulent pas laisser dehors... Ce sont des conditions d'hébergement qui ne sont pas acceptables."

"Evidemment, on se laisse attendrir, c'est de l'humain avant tout notre métier"

Dans le Nord, les foyers ne sont pas les seuls à être touchés par ce phénomène de surpopulation. Les assistantes familiales sont elles aussi parfois dans une situation critique. L'éducateur présente l'une d'entre elles. Elle a voulu conserver l'anonymat... Nous l'appellerons Lucille.

Elle accueille en ce moment 9 enfants de 6 à 18 ans. Un travail difficile qui la mobilise 7 jours sur 7. Officiellement pourtant, Lucille n'a pourtant le droit d'accueillir que 3 enfants maximum. Mais depuis la suppression de 700 places et l'engorgement des foyers, le département n'hésiterait pas, selon les syndicats, à flirter avec l'illégalité en poussant les familles à accueillir toujours plus d'enfants.

Familles d'accueil débordées, foyers surchargés... Enquête sur l'enfance en danger dans le Nord

"C'est du placement d'urgence, explique Lucille. Souvent, ils nous appellent, ils n'ont pas d'autres solutions. Evidemment, on se laisse attendrir, c'est de l'humain avant tout notre métier." "Potentiellement on a 200 familles d'accueil dans le Nord qui sont dans cette situation", ajoute Guillaume.

Familles d'accueil débordées, foyers surchargés... Dans le Nord, les places sont donc chères. Certains jeunes seraient même laissés sur le carreau.
Malgré des décisions de placement, en danger dans leur famille, ils n'auraient d'autre choix que de fuguer pour se protéger.

Comme cet adolescent de 15 ans, qui depuis 3 ans demande à être placé. "Etre chez moi c'est compliqué... C'est parfois violent. Ma mère est bipolaire. Elle a déjà essayé de m'assommer avec une perceuse. Je demande à être placé depuis 3/4 ans."

De plus en plus de jeunes sont dans ce cas, sans solution.

"De l'argent, je n'en ai plus"

Des enfants en danger...la faute à qui ? Les éducateurs pointent du doigt le président du conseil départemental, Jean René Lecerf. Ils lui reprochent une coupe de plus de 30 millions d'euros dans le budget « Enfance, famille, jeunesse », et la suppression de 700 places en foyer.

"Pour créer des places il faut du temps et de l'argent, et du temps, je n'en ai pas, et de l'argent je n'en ai pas non plus, a répondu Jean-René Lecerf aux journalistes de "Pièces à conviction". Je ne veux pas enlever 30 millions aux personnes âgées, aux personnes handicapées, parce qu'aujourd'hui votre reportage, il porte sur l'aide sociale à l'enfance et pas sur la maltraitance des personnes âgées...Tout est au même niveau de priorité."

Jean-René Lecerf recevra ce jeudi une délégation de personnels de l'aide sociale à l'enfance. Ce sera une première après plusieurs mois de mobilisation. Le 11 décembre dernier, ils étaient 1500 dans les rues de Lille pour alerter sur cette enfance en danger.

Pièces à conviction, ce mercredi soir sur France 3


Ce 16 janvier 2019, "Pièces à conviction" propose une soirée spéciale en deux parties présentée par Virna Sacchi. A 21 heures, une enquête au cœur de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) révèle l'ampleur d'une réalité jusqu'ici étouffée : éducateurs dépassés et parfois violents, enfants sexuellement abusés par d'autres mineurs, adolescents livrés à eux-mêmes dans des chambres d'hôtel, familles d'accueil peu contrôlées et parfois maltraitantes...
A 22h35, un débat : comment mieux protéger les enfants placés ? Avec des témoignages d'ex-enfants placés, et des réflexions de responsables de l'Aide sociale à l'enfance, de représentants de l'Etat, d'experts et de juges pour améliorer le sort des mineurs en situation de placement.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/video-familles-accueil-debordees-foyers-surcharges-pieces-conviction-enquete-enfance-danger-nord-1607853.html

Les jeunes en difficulté sont à toute épreuve


Ils ont à peine 20 ans et sont déjà passés par des moments difficiles : rupture familiale, violences, rue... Ils sont 14, comme Mariéta et Lewis, à être hébergés par le service Urgence Jeunes de Gagny où ils reçoivent le soutien dont ils ont besoin pour rebondir.
« Ils ont été rejetés par leur famille alors même qu'ils n'avaient pas fini de se construire. Ils sont orientés par le 115 et arrivent ici dépressifs, exténués, sans repère» explique Ouardia, éducatrice spécialisée.
« Ils sont hébergés environ 9 mois, au sein du pavillon que nous louons, ou dans les chambres des Foyers de Jeunes Travailleurs de Rosny ou Bondy. On se voit très régulièrement. Ils se rendent ainsi compte qu'il est encore possible de compter sur un adulte ». Sa collègue, Caroline confirme : « Nous sommes à la fois leur référente, leur conseillère, mais aussi quelqu'un sur qui s'appuyer ; parce qu'ils n'ont pas seulement besoin qu'on mette de l'ordre dans leurs papiers. Ils ont besoin qu'on les aide à trouver leurs repères pour continuer à se construire », souligne-t-elle.
Cette aide, Mariéta, 22 ans et Lewis, 20 ans en bénéficient depuis plusieurs mois. Discrets, leur parcours et leur détermination à avancer sont représentatifs des combats que mènent les jeunes accompagnés par Caroline et Ouardia, mais également Samia, la conseillère santé et Islande, la psychologue du service.


Entretien avec Mariéta et Lewis


Qu'est-ce qui vous a amené à être hébergés par Aurore ?


Mariéta : Je suis née en France, mais je suis partie au Sénégal quand j'avais 5 ans. J'ai voulu revenir en France pour les études. J'ai vécu d'abord chez ma tante, mais ça s'est mal passé, puis je suis allée chez un oncle et finalement ça n'a pas été non plus. Alors, j'ai passé quelques temps en foyer d'urgence, puis je suis arrivée ici.
Lewis : Je viens de Centre-Afrique où je vivais avec ma mère. Un jour, mon père, qui vivait en France, que je ne connaissais pas bien, est venu me chercher pour que je fasse mes études. Il était très exigeant avec moi, je n'avais pas le droit de faire autre chose qu'étudier. Mais il avait refait sa vie en France, alors je n'étais pas vraiment le bienvenu. Un jour il m'a mis à la porte. C'était en hiver et l'année du bac. La journée j'allais à l'école, et le soir je dormais dans un foyer d'urgence, avec des vieux, parfois des hommes sales. Le week-end, je ne savais pas où aller pour réviser. Ça a duré 2 ou 3 mois avant que je n'arrive ici.


Pourquoi cet hébergement et l'accompagnement de Caroline et Ouardia sont-ils importants pour vous ?


Lewis : Grâce à cette chambre, j'étais un peu plus tranquille dans ma tête pour finir de réviser et j'ai finalement réussi à avoir mon bac. Caroline est quelqu'un d'important pour moi, elle m'aide dans mes démarches, elle me donne des conseils, elle est là aussi quand je n'ai pas le moral.
Mariéta : On m'a orientée vers un bac pro sanitaire et social, alors que j'ai toujours voulu être hôtesse de l'air. Chaque fois que je suis allée dans des missions locales, on me disait de faire des études dans le social parce qu'il y avait du travail, mais je ne suis vraiment pas faite pour ça. Ici, on m'a accueillie et surtout, on m'a écoutée. Grâce à Ouardia, j'ai pu faire un séjour de 3 mois en Irlande pour améliorer mon niveau d'anglais et apprendre à me débrouiller toute seule. Elle m'aide beaucoup dans mes démarches parce que j'ai plein de projets, elle m'aide à les concrétiser.

A ce propos, quels sont vos projets ?


Lewis : J'aimerais faire un BTS en alternance, mais je suis très timide, alors j'ai du mal à trouver des entreprises. Caroline m'a proposé de participer à des ateliers « entretiens d'embauche ». Ça me servira sans doute aussi pour trouver un petit boulot pour cet été.
Mariéta : J'attends une réponse du GRETA pour passer mon bac en candidat libre et tenter ensuite le concours d'agent d'escale. En attendant, je cherche du travail pour payer mon permis.
Qu'est-ce qui pourrait être amélioré pour aider des jeunes en difficulté ?
Lewis : J'ai passé presque 3 mois dans un foyer pour SDF à Pantin. Je n'avais pas de PASS Navigo, donc j'ai fraudé pour pouvoir aller en cours, et j'ai reçu des amendes. C'aurait été bien qu'on me propose d'aller à l'Urgence Jeunes plus tôt.
Mariéta : On a beaucoup de projets, mais c'est dur quand on n'a pas un sou. Je n'ai pas le RSA par exemple. En fait, on a juste de quoi manger et faire quelques démarches (120€/mois pour l'alimentation ; 10 € pour le téléphone ; un peu d'argent pour les vêtements...). Si j'avais plus d'argent, je n'en ferais pas n'importe quoi. Ce n'est pas parce que j'ai 22 ans que je ne suis pas mûre ! Il faut aider les jeunes. Après tout, c'est nous le futur !


https://www.aurore.asso.fr/pole-urgence-sociale-et-hebergement/

 

Le Savoir Africain représente un parcours initiatique dans la maîtrise de l'Être africain sans doute vécu de façon intuitive par certains d'entre nous, donc du dedans, mais incontrôlé du dehors, sur le plan rationnel, c'est-à-dire philosophique et scientifique.


L'Africain moderne n'a pas conscience que son modèle de création est, en toute chose, conforme à la loi du cosmos et qu'en fait, il demeure un maître de l'Univers malgré la régression de sa pensée et de sa science traditionnelles. Avec l'ordre cartésien-capitaliste du savoir et de l'avoir, nous avons cessé d'être nous-mêmes. Cette coupure entre l'Être du dedans et l'Être du dehors explique à bien d'égards, nos errances spirituelles, morales, religieuses, culturelles et scientifiques, avec leurs cortèges de comportements paradoxaux. Une analyse des représentations scientifiques de la réalité laisse entrevoir la façon dont les sages d'Afrique ont pensé l'Univers et rendu sa complexité intelligible pour tous.


Ce faisant, elle nous permet d'évaluer la portée fondamentale des mythes à partir desquels ont été édifiées la connaissance rationnelle (la science, la philosophie) et l'expérience de cette connaissance (la spiritualité, la religion, l'âme, la conscience, l'initiation). Notre constat est clair : la Connaissance rationnelle n'a jamais quitté la terre africaine. Ce qui a fait défaut à son essor, ce sont les contradictions engendrées par la greffe, contre nature, des modèles religieux, sociaux et culturels exogènes, naguère incapables d'en décrypter la Valeur (Maât, axiologie). En faisant écho à un Principe d'Ordre universel indépassable par la rationalité humaine, la pensée africaine formalise un mode d'accès à ce qui est (ontologie), sur le plan de l'organisation des phénomènes de création physique, chimique, biologique, humaine et sociale. Nous refondons, sur cette base, la Science de la science ou encore la théorie de la connaissance (épistémologie) appelée à s'imposer pour le salut de l'Afrique et de l'Humanité.


Mbog Bassong est en service au Ministère de la Culture (Yaoundé-Cameroun). Géologue de formation et Planétologue, il approfondit la réflexion sur les rapports entre les sciences de l'univers et la régulation des sociétés humaines. Il est en outre Mbombog initié dans l'ordre ancestral du Mbog chez les Bassa du Cameroun.

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