Abou BA guide touristique est venu et il a conquis la France ; avec EVANEOS le tourisme prend un autre sens.

Jeudi 29 juin 2017, venez rencontrer Abou, notre agent local au Sénégal, et Robert, agent au Cameroun, qui seront exceptionnellement présents dans nos tout nouveaux locaux pour répondre à vos questions et vous aider à organiser votre voyage lors d'un afterwork immersif.


Quelle est la meilleure période pour partir ? Quel type de circuit faire ? Où dormir, manger, se cultiver ? Le Sénégal et le Cameroun n'auront plus de secret pour vous !

Un accueil chaleureux et un cadre, une ambiance qui vous plonge dans le voyage : cet ailleurs.


Ça court de toute part, c'est dynamique, c'est jeune c'est fun, chacun a une mission.


Abou Ba l'invité d'honneur d'EVANEOS est déjà là. Un ajout et c'est une bonne chose, pour encore agrémenter la soirée EVANEOS a invité Robert EVANEOS Cameroun à présenter son pays et Sandrine Mercier Créatrice de AR magazine nous raconte son séjour au Sénégal avec un regard spécialisé qui vous sort des chantiers battus : le vieux photographe dont elle souhaite que l'atelier soit réhabilité, sa belle robe en wax qui lui va si bien et tellement bien qu'elle s'est refaite 2 ou 3 sur mesure. Elle nous montre ce ST LOUIS avec cet artiste qui récupère les vélos...et les expose.


La DRH de EVANEOS nous souhaite la bienvenue et décline le concept de EVANEOS avec ses 140 employés : Créer son voyage sur mesure avec un guide référencé EVANEOS.


Oui le guide est formé au concept de ce groupe et profitons-en pour saluer cette originalité dans le recrutement. Le groupe recrute forme et accompagne à la fois les clients mais aussi les collaborateurs.


Abou d'entrer de jeu nous salue en «sénégalais «salam aleycoum naguen deff» et attend notre retour. Il explique que c'est la meilleure façon d'entrer en contact avec les locaux. Et c'est une marque de politesse et de savoir vivre. Il déroule son diaporama en nous présentant le Sénégal au plan géographique, touristiques, et les singularités comme les ethnies bassaries, les montagnes pour faire du ski non il rigole, etc. La belle Casamance est une belle destination, le lac rose, le dessert, les iles du Saloum, l'ile de Gorée pour sa tranquillité nocturne, sans oublier la réserve ou le parc de Bandia qui est menacée comme les autres poumons verts du pays, etc. Les oiseaux, le syncrétisme religieux et son corollaire la paix font du Sénégal une juste destination. Pour Abou le reste sera dit sur place, il n'est pas question de tout dévoiler ici il faut en laisser...

D'anciens clients qui ont séjourné dans les deux pays ont aussi parlé de leur expérience, une leçon touristique de vie.


Pour préparer les candidats aux voyages ou les simples curieux, EVANEOS organise des afters works qui sont des occasions privilégiées de rencontres et d'échanges
Buffet bien garnis, Pastels, cacahuètes, boisson, du riz du yassa, cocktail de mangue, gingembre, etc, ont ravi les papilles et on pourra dire que voyager c'est aussi à travers la mise en bouche.


A côté du buffet et tout proche une table avec une sélection d'ouvrages et de masques ou d'objets artisanaux du Sénégal prêté par Pape CISSOKO.
L'idée a été initiée par notre ami et doyen le Dr Ndongo MBAYE. Accompagner notre compatriote venu vendre la destination Sénégal en montrant une autre facette du pays la littérature et autre.


Sur cette table pape CISSOKO de la diaspora Sénégalaise avait rigoureusement sélectionné des ouvrages classiques, Leuk le Lièvre, la grève des Batou, L'os de Mor lam, l'Aventure ambigue, la bibliographie du Dr Ndongo Mbaye écrivain et poète, le grand ouvrage du Pr Assane SYLLA : « La philosophie morale des Wolofs », Thèse de Doctorat d'état (1976), publiée à l'issue d'une étude sociologique et philosophique très approfondie du peuple Wolof. Dans l'étude sociologique et philosophique très approfondie du peuple Wolof à travers cet ouvrage « La philosophie morale des Wolofs », le Professeur Assane Sylla y a développé tous les principes essentiels, produits du génie des concepteurs de notre société. Il en tirait la conclusion suivante: « au sommet de la hiérarchie des valeurs qui sous-tendent la société wolof, se trouvent les valeurs morales, éthiques et religieuses ». Il y affirmait que nos penseurs ont volontairement érigé une société dans laquelle ces valeurs font l'objet d'une option philosophique clairement choisie et vers laquelle il faut s'orienter.
Cette orientation disait-il a pour but de parfaire l'individu: mettre l'Homme au cœur des préoccupations de la société; selon Platon, pour bâtir une société solide, il faut être éducateur. Et pour cela, plusieurs concepts de valeurs, de principes et règles de bonnes convenances ont été mis en place: le sens de l'honneur, la droiture morale, l'humilité, le respect des bases de la vie en société etc... Et pour étayer cette démarche, il évoquait la richesse de la langue Wolof en termes de valeurs morales que l'on retrouve aisément dans tout un corpus savamment élaboré de dictons et d'adages populaires visant l'adoption par tous des principes et valeurs ainsi exprimés..


J'ai aussi choisi de montrer que le Sénégal est un pays ou la vie religieuse ne souffre de rien et l'ouvrage sur le cardinal TCHANDOUM de Mendy a su .Deux ouvrages de géopolitique Alpha Sy et Ibrahima SOW de l'IFAN.


Divers objets qui démontrent le talent des artisans du pays.


Abou me disait que pour la 1 ère fois les concitoyens et autres étaient bien informés avant qu'il ne foule le sol de Paris.
Oui la diaspora et je nomme allégrement mes amis le Dr Ndongo MBAYE, Mme Cécile THIAKANE ( présente malgré un emploi du temps chargé), et moi-même, le mannequin Khoudia MBAYE, SOS CASAMANCE, CREATEO, a décidé d'épauler nos concitoyens qui viennent sur Paris pour raison professionnelle ou animer une conférence.

La diaspora ne fait pas que dans la critique, elle veut construire comme elle peut et tend la main à qui veut la saisir, sans triomphalisme ni intérêt quelconque sinon que le bien du Sénégal cher à tous.


Nous pouvons profiter du séjour de nos concitoyens pour organiser un rencontre littéraire, une mini conférence, une causerie, pour échanger,trouver des opportunités,  exposer et débattre pour le bien de notre cher pays le SENEGAL..


Revenons à Abou qui depuis qu'il travaille avec EVANEOS développe mieux son activité et a recruté 10 personnes et a bénéficié des moyens mis à disposition pour plus d'efficacité.


Abou ne s'arrête pas là, acteur dans la société civile il essaie de faire de bonnes actions, l'électrification 'une rue de son village et il a le projet de creuser un puit pour l'accès à l'eau.


Selon lui l'action citoyenne peut se décliner sous diverses formes et son activité le lui permet et il le fait volontiers.


Un guide touristique professionnel robuste ouvert, cultivé et bien aimable et il n'est plus seul il a une équipe vogue avec EVANEOS pour un tourisme plus à l'écoute ou dirons-nous le touriste à son mot à dire et ses envies exaucées quand c'est viable. Pour un tourisme participatif et inclusif qui fait de l'homme le centre de tout.

 

Merci au personnel de EVANEOS, merci aux invités camerounais, sénégalais et autres. Merci à Cecile THIAKANE, à Na,. Merci aux compatriotes qui ont suivis cette initiative du début à la fin ; Nancy, youssou seck, Francine, Moussa CISSOKHO, AMADOU T NIANE du Parc de BANDI, etc ....


Prochainement nous parlerons de Robert de EVANEOS Cameroun.

 

 

-Le Parisien>Magazine>Grand angle|Benjamin Jérôme


LE PARISIEN MAGAZINE. Fini, l'attente interminable à la mairie ou à la banque. Les habitants de cet Etat balte peuvent réaliser la totalité de leurs démarches administratives en ligne. Bienvenue au pays sans paperasse.


« C'est vrai qu'en France, vous faites encore des chèques ? » s'amuse Varje Vilijari. Signer un bout de papier pour régler son loyer, l'idée fait beaucoup rire cette Estonienne de 35 ans, qui travaille à la comptabilité d'une société de logistique maritime. Cela fait longtemps que Varje, comme les 1,3 million d'habitants de cet Etat européen voisin de la Russie, Mer Baltique a fait une croix sur le papier en général, la paperasserie de l'administration en particulier. Ici, 96 % des foyers paient leurs impôts en ligne, 99,8 % des transactions bancaires sont dématérialisées.


Une carte d'identité... à brancher !


Tout, ou presque, se règle avec un ordinateur. Virer de l'argent, renouveler une ordonnance médicale ou une assurance auto, signer un contrat, créer une société ou demander un permis de construire, voter et même enregistrer le prénom de son bébé: des milliers de services (2600 rien que pour le secteur public) sont accessibles en ligne. « Vous ne devez vous déplacer que pour vous marier, divorcer ou acheter une maison », énumère Anna Piperal, qui reçoit les délégations et les médias internationaux à Tallinn, la capitale, au showroom e-Estonia, centre ultra-moderne qui sert de vitrine à la « société digitale » développée par l'Estonie. Russie Fleur Pellerin, alors ministre déléguée au Numérique, l'a visité en 2013. Angela Merkel est passée l'été dernier. Elles ont pu découvrir que la révolution numérique se niche d'abord dans le portefeuille ou le sac à main des Estoniens.

En janvier 2002, le pays a équipé ses pièces d'identité d'une puce électronique. Obligatoire à partir de l'âge de 15 ans, cette carte d'identité digitale se connecte à un ordinateur, en passant par un lecteur adapté. L'intérêt ? Associée à deux codes secrets (à quatre et à cinq chiffres), la carte certifie que c'est bien vous devant l'écran, et pas votre conjoint(e) ou votre voisin. Dès lors, à partir de l'instant où votre identité sur Internet est certifiée par l'Etat, signer en ligne a autant de valeur que signer un papier. Et tout ce que vous pouvez faire en vous déplaçant à la mairie, aux impôts ou à la banque, devient alors possible depuis un ordinateur. Petit bonus: la carte d'identité digitale peut remplacer toutes les autres cartes à puce. En France, nous avons la carte d'identité, la carte d'électeur, le permis de conduire, la carte de bus, la carte Vitale, une carte pour la piscine ou le club de gym, sans oublier les cartes de fidélité données par les magasins...
En Estonie, tout est consigné sur cette unique carte d'identité digitale.

« Elle me sert aussi pour emprunter des livres à la bibliothèque ou pour enregistrer mes tickets de train », complète Helina, 43 ans, la compagne de Varje, qui suit, sur son PC portable, les inscriptions et les notes à l'école de ses filles. Seule la carte bancaire n'est pas remplacée. Enfin, 6 % des Estoniens ont opté pour la carte d'identité sur téléphone, moyennant 1 euro par mois. Là, vous glissez une carte SIM spéciale dans n'importe quel appareil, et vos deux codes secrets, toujours les mêmes, vous authentifient. On vous demande vos papiers? Vous sortez votre téléphone! « Le tout-numérique, on ne cherchait pas à en faire un truc cool, c'était juste une nécessité. C'était la seule façon de faire fonctionner ce pays », s'amuse Taavi Kotka. Chevelure en révolution permanente, ce quadra dirigeait la principale entreprise estonienne de conception de logiciels. En 2012, il la vend. Devenu riche, l'entrepreneur, astreint à une clause de non-concurrence, ne peut se faire embaucher par ses anciens concurrents. « J'avais le choix entre partir à l'étranger, rester à la maison ou travailler pour le gouvernement. Alors pourquoi ne pas essayer d'aider mon pays ? » Aujourd'hui, il est l'un des principaux acteurs de la révolution numérique estonienne, et notamment de la e-résidence, destinée aux étrangers.
Des cours gratuits pour manier la souris
En Estonie, le passage au tout-numérique commence après l'éclatement de l'Union soviétique, en 1991. Devenu indépendant, le pays, une fois et demie plus grand que la Belgique, mais dix fois moins peuplé, s'ouvre au capitalisme.

Dans cet Etat vaste et vide, comment rendre accessibles les services à l'ensemble de la population? C'est le secteur privé qui, le premier, va inciter les Estoniens à se convertir à l'ordinateur. « C'est bien trop coûteux d'ouvrir une agence bancaire dans chaque petite ville, calcule Taavi Kotka. Mieux vaut la supprimer et pousser les gens à utiliser Internet. » Bientôt, le gouvernement prend le relais, investissant dans le développement du Wi-Fi, la mise en place de hotspots (lieux publics où les gens peuvent se connecter) et la création de cette fameuse carte d'identité digitale en 2002. Tout le monde n'a pas d'ordinateur? Des PC, libres d'accès, sont mis à disposition dans les bibliothèques, les écoles et tous les bâtiments publics. Certains – les seniors notamment – ne savent pas se servir d'une souris ?

Des cours gratuits, financés par le secteur privé, leur sont proposés. Pour les plus réfractaires, il est toujours possible d'envoyer des courriers papier à l'administration. Vingt ans plus tard, ce volontarisme étatique a payé: « 96 % des échanges avec les services publics se font aujourd'hui en ligne, sourit Taavi Kotka. Je pourrais vous vendre ma voiture sans quitter cette pièce et sans qu'on ait à s'échanger des papiers. On mettrait sûrement plus de temps à discuter du prix qu'à faire les démarches. » Les autorités ont calculé que chaque Estonien économisait en moyenne quarante heures par an, en paperasserie et en déplacements à la mairie, à la poste ou encore à la banque. L'équivalent d'une grosse semaine de travail.


Côté business, cette conversion au numérique a aussi dopé l'économie locale. Le marché étant petit, les entreprises se tournent d'emblée vers le monde pour vendre leurs produits. Outil de communication en ligne, Skype a son siège à Tallinn. Le Français Thomas Padovani a monté la start-up Adcash, une plateforme publicitaire, depuis la cuisine de son appartement estonien en 2008. Huit ans plus tard, il place ses pubs partout dans le monde, emploie 150 personnes et a enregistré 43 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015 :« L'Estonie est une société de services,dont le président (en l'occurrence, une présidente, Kersti Kaljulaid,depuis octobre 2016, NDLR) est le VRP,estime Thomas Padovani.La France vend des Airbus, l'Estonie table sur les services en ligne pour se démarquer. » La dématérialisation de la société s'est imposée aussi bien dans la vie privée que professionnelle. Chaque patron s'identifie en ligne grâce à sa carte d'identité digitale pour répondre aux appels d'offres et valider chaque année les comptes de son entreprise. Même chose pour les policiers qui, en même temps qu'ils contrôlent votre véhicule,vérifient en ligne votre permis de conduire, votre assurance voiture, votre contrôle technique et si vous avez payé vos dernières contraventions. Les médecins, eux, consultent en ligne les dossiers médicaux de leurs patients.

Plus de mille bases de données


Pratique, mais est-ce rassurant ?

Quid de la vie privée quand tout ce qui vous concerne est enregistré et disponible en quelques clics sur un ordinateur ? Une inquiétude qui fait sourire en Estonie. Ici,comme en France, le nom de chaque habitant apparaît déjà dans une foultitude de bases de données, gérées par l'administration (plus de 1 000 en Estonie) ou le secteur privé

.Dans l'Hexagone,cela va par exemple du centre des impôts à la pharmacie de quartier qui enregistre l'adresse et la mutuelle de ses clients. « Ces bases de données existent en France, mais vous n'y avez simplement pas accès, rappelle Taavi Kotka, fonctionnaire au gouvernement.Nous,nous avons décidé de remettre le citoyen au coeur du système. » L'Estonie n'a pas créé une super-base de données, où toutes les infos seraient regroupées, mais a seulement établi un lien entre elles. Bien sûr, un policier ou un médecin indélicat pourrait accéder à certaines informations privées. Mais une agence publique a été créée pour veiller et sanctionner de tels abus. Quant à la possibilité d'une faille technique – un pirate qui usurperait l'identité d'une personne pour vider sescomptes –,les autorités assurent que cela ne s'est encore jamais produit.


Par Pierre Carrey, Photo Bruno Amsellem


Guillaume Martin, cycliste de l'équipe Wanty Groupe Gobert, à Saint-Etienne, le 3 juin. Photo Bruno Amsellem


Déclinaison normande et assumée du «sportif intello», le jeune coureur, qui sera en juillet sur le Tour, est l'auteur d'un mémoire de master sur le philosophe allemand. Rencontre avec un grimpeur qui convoque la notion de surhomme contre le dopage et invite Platon dans le peloton.


• Guillaume Martin, le Nietzsche dans le guidon


Dans le Tour de France, on connaissait déjà les rouleurs, les grimpeurs, les sprinteurs. Un nouvel avatar de cycliste fera son apparition sur l'édition 2017 qui partira samedi de Düsseldorf (Allemagne), pour un voyage initiatique de trois semaines : le coureur «nietzschéen». Qui englobe tous les autres et les dépasse. Qui monte et descend la montagne comme Zarathoustra. Il s'agit de Guillaume Martin, 24 ans, un Normand encore inconnu du grand public, membre d'une équipe belge de deuxième division, Wanty-Groupe Gobert. Diplômé en philo à l'université de Nanterre voici trois ans avec un mémoire de master 2 intitulé «Le sport moderne : une mise en application de la philosophie nietzschéenne ?». Le point d'interrogation reste obligatoire. Comme lorsque le cycliste se méfie de la catégorie-piédestal dans laquelle on aimerait le ranger : «Moi, nietzschéen ? N'est-ce pas contre-nietzschéen que de se dire nietzschéen ?»


Sympa et reclus


A dire vrai, les réflexions de Martin sont incendiaires comme l'œuvre à la grenade du grand Fredo Nietzsche. Elles secouent notre vision du sport et en dessinent une nouvelle. Idéaliste, radicale, garde-fou des dérives telles que le dopage. Jean-François Balaudé, prof de philo et président de l'Université Paris-Nanterre, décrit l'étendue du brasier : «Guillaume Martin est le seul étudiant que j'ai accepté de diriger dans l'écriture de son mémoire, parce que son parcours sportif, alors aux portes du professionnalisme, m'avait séduit. Mais aussi parce qu'il existe très peu de travaux universitaires de cette ampleur en philosophie du sport. Le sujet qu'il traite est relativement original.»


Le prof contient mal son émotion : «Que Guillaume participe au prochain Tour de France est l'objet d'une jubilation profonde, dit-il. On a parfois employé le terme "cycliste intellectuel" de façon un peu abusive. Laurent Fignon [maillot jaune final 1983 et 1984, ndlr] en était affublé parce qu'il portait des lunettes... D'autres peuvent y prétendre parce qu'ils ont fait des écoles d'ingénieur. Mais un cycliste intellectuel, philosophe, doté de qualités spéculatives, c'est extrêmement rare.» Voire unique. Martin n'en tire ni gloire ni honte. Il a fait son «coming out» vélo auprès de la fac à l'été 2014, au moment de soutenir son mémoire et de dédier plus de temps à l'équipe de France de cyclisme espoirs (19-22 ans). Dans l'autre sens, il assume son étiquette philo.


«Ni pur esprit ni seulement un corps», il vit peinard sa chair et son cortex. Il aurait pu finir journaliste ou boulanger (des pistes sérieuses de reconversion). Ou comédien, comme sa mère. Ou prof d'aïkido comme son père. Mais ce dernier lui a donné tout jeune l'excitation de la performance. Au lieu de lui dire «Va chercher le courrier !» le père lance «T'es pas cap de rapporter les lettres en moins de trente secondes !» Cycliste occasionnel, il éduque son fils aux charmes du contre-la-montre : «Il faut scier plus vite ce bout de bois ! Les frères Petochin ont déjà 30 secondes d'avance sur nous !» L'existence des Petochin est une pure invention mais Guillaume Martin les défie avec beaucoup d'abnégation. Il se met au vélo. Il se dédouble.

«Dans la vie de tous les jours, je suis calme, poli, introverti, constate-t-il. Dans un peloton, je peux être gueulard et désinhibé, comme si j'avais consommé de l'alcool. Vous avez vu comment Nacer Bouhanni est capable de s'énerver après un sprint ? Le vélo, c'est ça !»


Le «milieu» ne l'a pas pris en grippe car il marche bien (18e du Critérium du Dauphiné début juin, malgré des allergies et une tendinite au genou qui ont freiné sa préparation). Et il parle peu. Vie réglée : soit il pédale, soit il bouquine. Dans son équipe Wanty-Groupe Gobert, tout le monde trouve Guillaume Martin sympa et reclus. Les deux allant de pair. Sur le Tour de France, il suivra les conseils de sa compagne bibliothécaire et partira avec quatre ouvrages, plus d'un à lire par semaine. «Un objectif un peu difficile.» Il aura dans sa valise Informatique céleste de Mark Alizart, qui interroge les liens entre philo et ordinateurs , 2 000 ans d'histoire gourmande de Patrice Gélinet, son bréviaire «d'épicurien qui aime bien manger», un récit de voyage à travers les Rocheuses et un roman début XIXe siècle, les Affinités électives, de Johann Wolfgang von Goethe. Cette fois, pas de philo.


Résonance


Martin fréquente son Nietzsche depuis qu'il a 16 ans. Il s'est «bien marré» avec Ecce Homo, recueil testamentaire. «Un livre qui parle de tout, même de ses repas pas très diététiques. J'ai eu envie d'en savoir plus...» Il picole son Nietzsche au goulot. Jusqu'à recracher un mémoire de 183 pages, qui postule une filiation entre le philosophe et le sport moderne. L'Allemand, mort en 1900, quatre ans après la restauration des Jeux olympiques, trois ans avant la création du Tour de France, ne cause jamais sport directement. Mais du corps et du reste. Le grimpeur-philosophe se charge des connexions. Il reprend la citation du Gai savoir (1882) : «Dieu est mort ! Dieu demeure mort ! Et nous l'avons tué !» La suite l'interpelle :

«Quelles cérémonies expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer ?» Coïncidence ?

Le sport «moderne» apparaît à cette époque. Pour résumer sa pensée vite (et donc mal), Guillaume Martin déduit que le sport remplace la religion. Avec toutes ces «contradictions» qu'il liste : «La professionnalisation du sport, qui va contre le principe d'une égalité des chances ; le dopage, qui témoigne d'un désir de gagner à tout prix ; la financiarisation du sport, qui montre que le plaisir de participer n'est pas la seule motivation des athlètes ; la haine dans les stades, résurgence du nationalisme qui s'oppose à l'idéal du cosmopolitisme...»


Nietzsche est un penseur à recoins et rallonges. Martin montre comment ses concepts ou mythes trouvent une résonance dans le sport : la «transmutation» (il préfère dire «transvaluation»), le «surhumain», «la volonté de puissance» et «l'éternel retour». La démonstration est érudite, annotée comme il se doit, claire, charpentée. Pour Guillaume Martin, la pensée de Nietzsche offre une nouvelle relation au corps et au sport, différente de l'héritage judéo-chrétien (selon lui «hypocrite», parce que cette philosophie prône «l'universalisme», quand le sport est sous-tendu par «l'affirmation du particulier»). Il rompt également avec les théories «biologisantes» de Pierre de Coubertin, qui tombe dans tous les clichés de Nietzsche, ceux qui permettent de le faire passer pour un nazi avant l'heure... Alors quoi ? «Il nous a semblé que la philosophie de Nietzsche pouvait permettre de penser le sport de manière plus authentique que ne le permet la morale qui le gouverne de nos jours, conclut Guillaume Martin. Autrement dit, avec le mythe nietzschéen, nous pourrions retrouver les "fondamentaux" du sport - plaisir de la confrontation, désir d'affirmation de soi... - aujourd'hui travestis en une idéologie du fair-play.» Jean-François Balaudé espère que ce mémoire trouvera une suite. Plus exactement que le coureur partira de son expérience pour affiner la théorie du sport version Nietzsche...


On croit comprendre que le sport nietzschéen porterait pour de vrai les valeurs que le sport a abandonnées. Il s'agirait par exemple de refuser l'EPO, les transfusions sanguines ou les corticoïdes : «Les dopés de nos jours s'incorporent des produits de synthèse, créés par des scientifiques dans des laboratoires coupés du monde extérieur, dans le but de détruire les limites naturelles du corps humain, écrit Martin. Et cela a bien pour conséquence de créer des "mutants". Par contraste, le sportif authentique, tel le surhumain, sera renaturalisé. Il cherchera à dépasser ses limites simplement en jouant avec celles-ci.» Pour la lutte antidopage, mieux que les médecins contrôleurs ou les gendarmes spécialisés, un bon vieux philosophe allemand...
«Platon vs platoche»


Ses copains décrivent un Guillaume Martin studieux, curieux, acéré dans l'humour, propre mais sans névrose hygiéniste. Nietzschéen à son corps défendant. L'hiver, il voyage au loin, par exemple au Népal. Le printemps et l'été, il escalade les grands cols des Alpes. Né à Paris, installé aujourd'hui à Lyon, il a grandi dans l'Orne au lieu-dit la Boderie, un ensemble de granges retapées par ses parents qui abrite des gîtes, un dojo, une salle de théâtre et des ânes disponibles pour les randonneurs. Martin revient parfois dans sa région pour trouver une indispensable inspiration.


En octobre, il a écrit sa première pièce de théâtre, Platon VS Platoche. Consacrée à la philo. Conçue pour être instructive et drôle. Sa mère, comédienne et metteure en scène, travaille déjà au casting et au calendrier des tournées. Parmi les personnages de la pièce figurent Socrate, le «père spirituel» qui n'est pas le dernier pour délirer, ainsi qu'un philosophe médiatique des XXe et XXIe siècles accoutré d'une chemise blanche, sans oublier Diogène qui sort de son tonneau pour psychanalyser sauvagement Platon. Ce dernier est le personnage principal, empêtré dans ses frustrations. Guillaume Martin s'amuse de l'intrigue : «C'est basé sur une histoire vraie... On verra que Platon s'accommode mal de sa position d'intellectuel solitaire, perché sur ses nuages. Comme il le laisse supposer dans certains écrits, il aurait probablement voulu être un grand artiste ou un dirigeant politique. Ou pourquoi pas un sportif.»


Pierre Carrey Photo Bruno Amsellem


http://www.liberation.fr/sports/2017/06/26/guillaume-martin-le-nietzsche-dans-le-guidon_1579667

 

Gabrielle Deydier 37 ans, vient de publier son livre : "On ne naît pas grosse"@ Editions Goutte d'Or

Dans son livre, "On ne naît pas grosse", Gabrielle Deydier dénonce les discriminations subies par les obèses.
INTERVIEW

"Les obèses, soit ils restent chez eux, soit ils rasent les murs". Dans son livre, "On ne naît pas grosse", publié le 15 juin (Eds Goutte d'or), Gabrielle Deydier 37 ans, 1m53, 140 kilos, raconte son histoire, celle d'une jeune femme devenue obèse, celle d'une personne incomprise contrainte à la marginalité. Surtout, elle dénonce les travers d'une société qu'elle qualifie de "grossophobe". Rencontre.


La grossophobie, c'est quoi?


C'est une discrimination qui résulte du fait d'être gros. Ce n'est pas de la simple raillerie, c'est au delà. Mais les gens s'en moquent un peu car les gros ne se défendent pas, les gros ont honte d'être gros, alors ils se laissent faire.


Comment êtes vous devenue grosse?


J'ai toujours été un peu plus ronde que mes camarades. A 16 ans, je suis passée d'une taille 40 à une taille 42. Ça angoissait un peu ma famille, donc j'ai décidé d'aller voir un médecin pour perdre ces dix kilos que j'avais en trop. Il m'a diagnostiqué une maladie de la glande surrénale, que je n'avais pas en réalité et m'a recommandé de perdre 20 kilos. Mais les cocktails hormonaux m'ont fait grossir et en un été j'ai pris 30 kilos. En parallèle, le médecin me prescrivait des régimes toujours plus sévères. Cela a totalement bouleversé mon rapport à la nourriture. C'est devenu une obsession, en quelques jours je dévalisais les placards.
Pourtant vous l'écrivez, vous n'aviez pas de prédispositions génétiques...


Non, mes parents sont minces et l'ont toujours été. Mais l'obésité est la conséquence de plusieurs facteurs. Moi, je coche plusieurs cases et notamment celle de la pauvreté. Quand mes parents se sont séparés, nous avons vécu pendant 4 ans avec l'aide alimentaire. Cela empêche les gens de crever, mais c'est un fait, c'est de la nourriture transformée, et il n'y a pas beaucoup de légumes, de fruits.


Par ailleurs, mes parents étaient eux aussi obsédé par la maigreur. Quand ils se sont rencontrés, ma mère faisait une taille 0, mon père n'était pas plus épais. Ma mère s'est toujours trouvée grosse même en taille 38, alors moi avec mon 40, forcément ça ne pouvait pas aller.


Après cette prise soudaine de poids, le regard des autres a-t-il changé ?


Des camarades et des profs ne m'ont pas reconnue à la rentrée. Les regards étaient pour la plupart sévères. Le summum de l'humiliation a été ma rencontre avec l'infirmière du lycée qui m'a demandé si mes traitements entraînaient des effets secondaires et notamment des odeurs de transpiration et si je me nettoyais entre les bourrelets.
J'ai commencé à me descolariser. Les obèses, soit ils restent chez eux, soit ils rasent les murs. C'était pareil lorsqu'il a fallu trouver un emploi. A chaque fois je me suis fait maltraiter au travail, j'ai subi des insultes.
Et dans votre quotidien également...


Oui. Pendant très longtemps j'ai été incapable de manger un sandwich dans la rue parce que quand je le faisais je me faisais insulter à coup de "La grosse t'as pas besoin de bouffer" ou "c'est pas l'heure du repas".


Un jour, un dentiste m'a également demandé d'arrêter de me brosser les dents avec du caramel et un échographiste m'a assuré que me faire une échographie reviendrait à gaspiller l'argent de la sécurité sociale car on y verrait rien avec mes bourrelets. Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres.


Quand on est gros on est forcément "culpabilisé"?


Les gens ont admis que l'anorexie était un trouble du comportement alimentaire, ils n'admettent pas la même chose avec l'obésité qui est pourtant une maladie chronique. La culpabilité commence à la maison, quand vos parents vous mettent la pression au niveau de la nourriture, quand le prof de sport vous dit que vous ne courrez pas assez vite.


L'écriture, c'est une forme de thérapie?


Ce que je raconte dans ce livre, même mes psys ne l'avaient jamais entendu. Cela a été très douloureux, ça m'a valu des larmes mais une fois que c'est sorti, cela a été libérateur. Aujourd'hui des femmes m'écrivent pour me dire qu'elles se reconnaissent dans mon témoignage. Je ne m'y attendais pas et ça fait du bien.
Edition goutte d'or

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La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

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