"Sérotonine"(Flammarion), le septième roman de Michel Houellebecq, arrive dans les librairies le 4 janvier. Il raconte l'histoire de Florent-Claude Labrouste, 46 ans, employé du ministère de l'agriculture et dépressif. Le Goncourt 2010 signe là le plus houellebecquien et sans doute le plus bouleversant de ses romans. On vous dit pourquoi.


Le romancier n'avait rien publié depuis "Soumission" (Flammarion), son dernier roman paru en janvier 2015 dans lequel il imaginait l'arrivée au pouvoir d'un président musulman modéré. Ce roman, qui avait créé la polémique, était paru le jour de l'attentat de Charlie Hebdo. Trois ans après, le journal satirique n'a pas perdu son sens de l'humour. "Le prochain livre de Houellebecq sortira le 4 janvier. On s'abstiendra d'en dire du mal : la dernière fois, ça ne nous a pas franchement réussi."

La sortie de ce nouveau roman de Michel Houellebecq, son 7e, s'est accompagnée de mystères. Jusqu'à très récemment on n'en connaissait ni le titre, ni la teneur, pour cause d'embargo expressément demandé par la maison d'édition jusqu'au 27 décembre, "par respect pour les lecteurs". Embargo que deux hebdomadaires (Le Nouvel Obs et Les Inrocks) se sont empressés de ne pas respecter.

Comme à chaque fois, la publication d'un roman de Houellebecq ne se fait pas sans quelques remous. Mais qu'importe, l'évènement reste une joie, et avec "Sérotonine", le Goncourt 2010 pour "La carte et le territoire" peaufine à l'extrême son style, et signe le plus Houellebecquien et le plus émouvant de ses romans.

En voici les raisons.


1-Parce que Florent-Claude, le héros, est un prototype parfait de personnage houellebecquien
Florent-Claude est un "héros houellebecquien" pur jus. 46 ans, employé au ministère de l'agriculture, pour qui il rédige des notes et des rapports à destination des négociateurs européens. Il boit pas mal, fantasme sur les jeunes femmes, détruit les détecteurs de fumée des hôtels, ne trie pas ses déchets, aime les animaux. Il vit en ville mais il aime par dessus tout les balades en forêt. Fumeur compulsif il est aussi complètement dépressif. Bref, le héros de "Sérotonine" est un spécimen magnifique de héros houellebecquien.

Quand on fait sa connaissance, ("fin des années 2010, Il me semble qu'Emmanuel Macron était président de la République") Florent-Claude vit avec une Japonaise, Yuzu, qui passe beaucoup trop de temps dans la salle de bain à son goût. Il n'a plus avec elle d'échanges d'aucune sorte. Ils vivent dans le quartier Beaugrenelle dans le 15e arrondissement de Paris, au 29e étage de la tour Totem, "gigantesque morille de béton". "Notre couple était en phase terminale (...), cependant il faut en convenir, nous disposions de ce qu'il est convenu d'appeler une "vue superbe". Qui n'y suffira pas. Le narrateur ne veut plus vivre avec Yuzu. Surtout depuis qu'il a découvert ses infidélités.

Il pense un moment à la défenestrer, avant de renoncer. Florent-Claude n'est pas prêt à passer par la prison, qui le priverait des "quatorze variétés différentes de houmous proposées par le G2, ou d'une promenade en forêt, "sans parler des aspects moraux liés au meurtre, bien entendu".

Comme 12.000 personnes en France chaque année, il décide donc de disparaître. La fuite est organisée en quelques heures et en quelques clics. Florent-Claude largue sa Japonaise sans aucun regret et s'installe dans un hôtel Mercure du 13e arrondissement. Ce qui aurait pu être le départ d'une nouvelle vie marque en fait le début de la chute. Florent-Claude se sent seul et de plus en plus mal, au point de n'avoir plus la force de se laver. Il consulte un médecin, qui lui prescrit du Captorix, un antidépresseur nouvelle génération "d'une efficacité surprenante", permettant aux patients "d'intégrer avec une aisance nouvelle les rites majeurs d'une vie normale au sein d'une société évoluée", en favorisant la libération par exocytose de la sérotonine". Florent-Claude entame alors un retour vers le passé, ses amours, ses amis de jeunesse, à travers un road-trip dans la campagne normande.


2-Parce que "Sérotonine" est une observation obsessionnelle et juste de la société occidentale contemporaine

Depuis "Extension du domaine de la lutte" (Maurice Nadeau, 1994), Houellebecq livre une observation obsessionnelle du monde contemporain, sous tous les angles : les objets et leur fonction, les décors, plutôt du côté de la beauté dans la nature, laids en ville, et dans ces décors, les êtres humains. Outre le personnage principal, que nous avons décrit plus haut, une belle galerie traverse "Sérotonine" : entre autres, une intermittente tombée dans l'alcoolisme, un aristo passé à l'agriculture dans la douleur, un Allemand passionné d'ornithologie et pédophile... Le narrateur défonce avec la même motivation les "bourgeois écoresponsables" parisiens, les vieux Hollandais, les détecteurs de fumée, ou Dieu...


3-Parce que "Sérotonine" est un livre politique
"Aucune société humaine n'a jamais été construite sur la rémunération du travail (...) L'argent allait à l'argent et accompagnait le pouvoir, tel était le dernier mot de l'organisation sociale", lit-on page 117. Ici on s'attarde sur la condition, et le désespoir qui en découle, des paysans français accablés par la mondialisation et les politiques technocratiques de Bruxelles, avec des scènes qui évoquent le mouvement des gilets jaunes, par la violence des actions, et par l'émergence d'une parole jusque-là interdite à cette frange de la population. Un épisode du roman qui ne manquera pas de faire dire une fois encore que Houellebecq est un visionnaire. "Que pouvait me proposer la social-démocratie ?", s'interroge Florent-Claude. "Evidemment rien, juste une perpétuation du manque, un appel à l'oubli".


4-Parce que dans "Sérotonine" il y a du sexe (mais sans plus, cette fois)
Même si "ça devenait un peu flou les promesses de bonheur à mon âge", et que le narrateur est empêché par les effets secondaires du Captorix, le sexe reste un sujet. "On me reprochera de donner trop d'importance au sexe", souligne le narrateur, mais "le sexe reste le seul moment où l'on engage personnellement, et directement, ses organes, ainsi le passage par le sexe, et par un sexe intense, demeure un passage obligé pour que s'opère la fusion amoureuse, rien ne peut avoir lieu sans lui, et tout le reste, ordinairement, en découle avec douceur". On retrouve fréquemment tout au long du roman les mots "chatte", "bite" et "cul". Mais avec l'impression quand même que le sujet n'inspire plus autant l'écrivain. L'amour par contre...


5-Parce que "Sérotonine" est un hymne à l'amour romantique
L'amour : jamais Houellebecq n'avait autant développé le sujet. L'amour comme motif des plus grandes joies, et des pires souffrances. Florent-Claude, comme tout bon héros houellebecquien, est un romantique. Jusque-là, planqué derrière un cynique, un être désabusé, de préférence obsédé sexuel version fanfaron.

Le héros romantique a cette fois tombé le masque et se révèle dans toute sa splendeur. Un romantique, un vrai, comme on n'en fait plus depuis le XIXe siècle. La preuve, Florent-Claude se meurt littéralement d'amour (ce chagrin d'amour est démontré par une analyse de sang). Un chagrin mortel provoqué par la perte 20 ans plus tôt, de l'amour de sa vie, Camille, merveilleuse jeune femme fraiche et pure, qui ne supportera par la suite la comparaison d'aucune autre. (Si ça c'est pas romantique !). Le style aussi, est contaminé, avec des envolées dignes des plus grands auteurs du XIXe siècle. Sans parler des décors (l'Allemagne du Nord en point d'orgue). Le ciel, l'âme des amoureux en communion avec la nature, la beauté comme valeur suprême. Bref, tout y est.


6-Parce que "Sérotonine" est à la fois triste, et drôle, à pleurer
Le dernier roman de Michel Houellebecq déclenche régulièrement des éclats de rire, mais "Sérotonine" est aussi un livre empreint d'une grande mélancolie. "Étais-je capable d'être heureux dans la solitude ?", s'interroge le narrateur. "Étais-je capable d'être heureux en général ?", poursuit-il. La réponse arrive bientôt, à la Houellebecq : "Plus personne ne sera heureux en Occident. Nous devons aujourd'hui considérer le bonheur comme une rêverie ancienne, les conditions ne sont tout simplement plus réunies". Comme le "Vieux monde", notre monde occidental, le personnage houellebecquien a vieilli, il est entré dans la deuxième partie de son existence, et ça n'arrange pas sa confiance en la vie.


7-Parce qu'avec "Sérotonine", Houellebecq peaufine son style à la perfection
Le roman dans son ensemble est parfaitement bâti (c'était moins réussi dans "Soumission"), avec une tension dans le récit qui ménage un soupçon de suspense. On ne s'en plaint pas. Le style de Houellebecq est ici livré dans une forme complétement aboutie, pour ne pas dire éblouissante. Une écriture faite de longues phrases, chacune construite comme un petit chef d'oeuvre à part entière, avec un sens aigu de la chute, et quelques adresses bien senties au lecteur. Le style est si parfaitement houellebecquien que ce 7e roman de l'auteur des "Particules élémentaires" donne presque l'impression d'être une copie, l'oeuvre d'un excellent faussaire. On adore.

"Sérotonine", Michel Houellebecq
(Flammarion – 352 pages – 22 euros)

In lemonde.fr
Antoine Compagnon : « La langue plate et instrumentale de Houellebecq »


Antoine Compagnon tient la chaire de littérature française moderne et contemporaine au Collège de France. Il livre ici son regard sur l'œuvre de Michel Houellebecq alors que paraît « Sérotonine ».
Par Antoine Compagnon Publié le 03 janvier 2019 à 05h00

Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, en 2014. ULF ANDERSEN / AURIMAGES / AFP
Depuis vingt ans, on lit Houellebecq pour savoir où on en est. Pas de meilleurs documents sur l'état présent de la société, de la littérature et de la langue françaises. Comme il s'informe de plus en plus sur Internet, c'est plus encyclopédique et moins à vif que les témoignages des grands reporters, tels Le Quai de Ouistreham ou En France, de Florence Aubenas (L'Olivier, 2010 et 2014), mais c'est aussi sensible au milieu et au moment, et tout aussi désespérant.
Article réservé à nos abonnés Lire aussi L'effet Houellebecq examiné par quatre auteurs
Et c'est d'autant plus efficace que Houellebecq est facile à lire.

Au début, ses livres rappelaient le naturalisme par leurs allées et venues entre la fiction et les morceaux didactiques empruntés aux sciences naturelles ou sociales. On n'avait pas besoin d'avoir rien lu depuis Zola, ou depuis les romans à thèse de Bourget, comme Proust, Sarraute ou Sollers, pour se sentir en terrain familier (sauf les bites et les chattes à tour de pages).
Le nivellement du récit est voulu, le rabaissement de la langue fait partie du « business plan », les écarts de style sont calculés.

Ils amplifient l'effet de sinistrose et d'anomie
Par la suite, la narration s'est encore simplifiée, se réduisant à un récit épisodique. Auprès d'un protagoniste central qui monologue, des partenaires se succèdent sans jamais se croiser. Porte-parole de telle ou telle catégorie sociale, professionnelle, idéologique ou sexuelle, ils défilent l'un derrière l'autre – maîtresse, collègue, vieil ami –, tiennent leur partie durant quelques pages et puis s'en vont.


C'est comme dans les séries télé où chaque épisode peut être vu seul, ou chez Virginie Despentes où chaque chapitre raconte l'histoire d'une des relations de Vernon Subutex (Grasset, 2015-2017) (Subutex, Sérotonine, même combat !). Mais, dans les séries télé et chez Despentes, si l'on ne fait pas l'effort de se souvenir, on sera perdu plus tard. Comme dans Les Mystères de Paris, d'Eugène Sue (1842-1843), l'intrigue rebondit et les gens resurgissent (bienvenu est le rappel de la distribution dans Vernon Subutex 2). Car dans la vie « on se retrouve toujours », comme dit l'Albertine de Proust.


Effet de sinistrose et d'anomie


Rien de tel chez Houellebecq, dont les comparses ne reviennent pas. Balzac avait inventé le personnage reparaissant d'un titre à l'autre de La Comédie humaine. Sainte-Beuve, qui n'aimait pas ça, serait comblé par les emplois de Houellebecq qui se retirent après leur numéro, comme dans une revue de cabaret ou dans les romans du « XVIIIIesiècle à la con » (Houellebecq dixit, non Sainte-Beuve).


https://www.lemonde.fr/livres/article/2019/01/03/antoine-compagnon-la-langue-plate-et-instrumentale-de-houellebecq_5404542_3260.html

 

« Le monde est petit. On avait parlé de moi à ce brillant et jeune intellectuel promis à un bel avenir. Il me lance une invitation à laquelle sauvage que je suis ; .je ne réponds pas. Je protège mes relations et je ne me lie pas facilement. Le voici qui accompagne chez moi un ami du frère de mon épouse et dans la discussion je découvre qu'il écrit comme moi, puis me voici entrain de parler du Dr Ndongo ce poète. Que n'ai-je pas dit, le garçon interloqué me dit mais c'est de vous dont on m'a parlé (Fatou Sy de RUNGIS) et je vous ai envoyé une réponse sans réponse. Confus je demande pardon et lui demande de corriger cette trop grande prudence qui a failli me coûter une bonne relation. Voici une belle amitié naissante autour de l'écriture, la pensée et la belle plume. Ce garçon est à suivre, je le recommande »P B CISOKO

Depuis que le vers est devenu pervers
Je n'écris plus; la poésie, je la chante
J'enterre les règles dans le cimetière
De mon inspiration que la liberté hante.

Écoutez-moi chanter l'Amour et la Femme
Et les douces cacophonies de mon être
Écoutez-moi chanter le Divin et la beauté de l'Islam
Dans ce monde immonde où inonde le paraître.

Regardez-moi graver mon nom à l'Immortel
Écoutez- moi chanter les amis les plus fidèles
L'amour est si beau comme l'amitié est belle
La vie est un fade cadeau dont la mort est le sel.

La poésie est en agonie, elle souffre du « rimisme »
Le « poète » est son ennemi qui assassine son lyrisme.
Je lui redonne son charme et la vivifie à travers mes vers
J'essuie en douceur ses larmes, ma plume est lumière.

Poésie! À ton honneur, je composerai mille et un vers
Et peindrai dans le dos de la vie ta divine silhouette
Je chanterai fort tes éloges au-delà des mers
Quand un jour je ferai taire tes « ennemis poètes ».
Thioye

PS: Photo prise par une jeune blonde. No comment !
Sérigne Ndongo THIOYE Poète Slameur dorénavant à Paris

David DOUILLET, à la matinale CIAN/SPORSORA :-« Si l'on veut grandir tous ensemble, il faut respecter et aimer l'Afrique ! »


par Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)

L'ancien multi-champion de judo et ministre des Sports David DOUILLET, lors de sa participation à la matinale CIAN/SPORSORA, à Paris, le 4 décembre 2018. © Sporsora.com
Au lendemain d'une récente conférence dédiée à la filière sport au siège parisien de Business France, et à laquelle participait la ministre des Sports Roxana MARACINEANU*, c'est le CIAN et SPORSORA, association promouvant l'économie du sport, qui organisaient une matinale dans un cinéma parisien. Le Thème : « L'Afrique, star mondiale du sport ». L'invité-vedette, parmi plusieurs personnalités et professionnels de la filière : l'ancien multi-champion et ministre des Sports David DOUILLET... Et un consensus : oui, les entreprises françaises ont du savoir-faire à faire valoir pour contribuer au développement du sport africain. À certaines conditions toutefois... »>..


« Nous tous savons bien maintenant qu'avec ses futurs 2,4 milliards d'habitants d'ici à vingt ans, et l'émergence d'une classe moyenne qui passera de 350 millions de personnes aujourd'hui à quelque 500 millions, l'Afrique sera un formidable relais de croissance, car cette classe moyenne urbaine aura des besoins nouveaux à satisfaire, et les activités de loisir comme le sport en font partie », déclare Étienne GIROS, Président délégué du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique), dans son propos liminaire, en ouverture de la matinale dédiée à « L'Afrique, star mondiale du sport ».
Étienne GIROS relève aussi que dans cette filière sport, « les entreprises françaises disposent de nombreux atouts, y compris pour faire gagner du temps aux Africains, grâce à nos nombreux savoir-faire. En montant des partenariats, nous pouvons leur faire gagner des années, comme ils l'ont fait dans la téléphonie mobile ».


À la suite de cette introduction, plusieurs intervenants apportent leurs témoignages concordants. Ainsi Laurent PETRYNKA, Président de la Fédération Internationale du Sport Scolaire (ISF), relève-t-il que « l'Afrique est déjà une star du sport (...) qui est très développé à l'école [car] de plus en plus de pays s'intéressent à livrer un patrimoine à leur jeunesse ».
Diamil FAYE, Président JAPPO Sport et Entertainment (Sénégal), considère lui aussi que le sport est devenu « une priorité des gouvernements », que « les possibilités sont énormes » et si les entreprises françaises ont reculé, « elles seraient mieux acceptées » si elles contribuaient plus au développement du sport, par « des actes de mécénat plus visibles ». Une affirmation à laquelle Étienne GIROS adhère, précisant que le sponsoring du sport africain représenterait en effet une formidable vitrine pour la promotion des marques françaises en Afrique.


Géraldine ROBERT, unique joueuse de basket professionnelle du Gabon et consultante pour le Ministère des Sports de ce pays, relève que le sport peut être la porte d'entrée pour sensibiliser à bien des thématiques d'aujourd'hui, comme la non-discrimination, l'égalité des genres, la médecine préventive... Elle appelle à plus d'implication du secteur privé afin de compenser le fait qu'actuellement les structures du sport en Afrique sont souvent « un peu trop politisées », ce qu'elle déplore, tout comme Zineb EL HOUARI, journaliste sportive et chroniqueuse (France 24), qui précise que « l'Afrique a besoin d'expertises et de compétences professionnelles ».


Le sport, marqueur des classes moyennes et facteur d'intégration sociale


Jean-Michel HUET* associé chez Bearing Point et expert de l'Afrique numérique, apporte aussi une touche positive au débat, expliquant comment l'expression de l'intérêt pour le sport est devenue « un marqueur social clé de l'accession à cette classe moyenne africaine en cours de structuration ».
Les gens ont envie de dépenser pour des activités sportives une part de l'argent disponible pour leurs loisirs, ils se rencontrent via les réseaux sociaux, ce qui est facilité par l'explosion de l'usage des téléphones mobiles, signale encore Jean-Michel HUET, relevant comme Étienne GIROS que le mouvement accéléré d'urbanisation du continent et l'accroissement des classes moyennes se conjuguent pour favoriser fortement la montée en puissance du sport.

Une vue de la salle durant l'intervention de Jean-Michel HUET. © AM/AP.P


Une réalité déjà observable, fait remarquer Brahim SAIL, CEO de l'institut de sondages africain IMMAR, producteur du Baromètre CIAN des leaders d'opinion du Continent : « 62 % des leaders d'Afrique témoignent de leur intérêt pour le sport, et encore plus, soit 72 %, en Afrique de l'Ouest francophone », révèle-t-il.


Thomas GIL, Directeur par intérim du Comité International des Jeux de la Francophonie, auxquels participent vingt-quatre pays d'Afrique (sur 88 membres au total de l'OIF), met pour sa part l'accent sur les valeurs que portent les Jeux de l'OIF : « solidarité, diversité et excellence ».


Faire émerger « une relation d'égal à égal » entre la France et l'Afrique


Jean-Marc ADJOVI-BOCO, ancien joueur de football professionnel, DG de Diambars et membre du Conseil présidentiel pour l'Afrique (CPA) souligne combien « le sport est un facteur d'intégration sociale », relève combien l'Afrique a besoin de formation à tous les niveaux » : « Aujourd'hui, explique-t-il, il en va du sport comme des processus industriels : la matière première et les consommateurs sont en Afrique, mais il nous manque la chaîne de valeur, elle est inexistante ou défaillante ».
Il appelle ainsi de ses vœux à la création d'un modèle « plus vertueux », remisant « le vieux logiciel de la relation France-Afrique » pour faire émerger « une relation d'égal à égal ».
Sur le même thème de la relation à reconstruire entre la France et l'Afrique,
la Tunisienne Azza BESBES, vice-championne du monde d'escrime et Femme francophone de l'année 2018, livre un point de vue encourageant : « Oui, la France a perdu des parts de marché en Afrique... elle a pris du retard ! Mais c'est aussi le pays qui connaît le mieux l'Afrique et les Africains ! »

Un atout supplémentaire à valoriser, donc, pour la filière la filière française de l'industrie du sport. À condition toutefois de ne pas tergiverser car, comme le disait Étienne GIROS, « c'est dès aujourd'hui qu'il faut se placer sur les grands marchés africains pour y acquérir les positions de 2030 ! »


David DOUILLET : « les valeurs du sport


peuvent permettre de structurer une société »


Le mot de la fin de cette matinale instructive – qui sera suivie d'autres initiatives, auxquelles le CIAN va réfléchir, nous confie son Président délégué – revient à David DOUILLET.
Pour l'ancien ministre français des Sports, et multi-champion d'Europe, du monde et olympique de judo, « tout peut se débloquer en Afrique (...) Il faut parler d'égal à égal avec les pays ou les personnes avec lesquels on veut travailler, considérer aussi les us et coutumes, les traditions et façons de faire... il faut s'adapter à l'Afrique, il faut la respecter. En réalité, si l'on veut grandir tous ensemble, il faut estimer, il faut aimer l'Afrique ! »


Et puis, l'ancien champion invite aussi les uns et les autres à ne pas considérer la seule dimension économique, mais aussi la vertu civique du sport : « Je considère – et je peux paraître prétentieux mais je l'assume ! – que les valeurs du sport peuvent permettre de structurer une société. C'est déjà un peu le cas en Afrique, mais compte tenu de l'explosion démographique qui vient, il faut que ce le soit totalement dans les dix à vingt prochaines années. »


Enfin, répondant à une question sur les lenteurs et la fréquente mainmise gouvernementale sur le monde du sport africain, ce qui représente un frein à son développement harmonieux, David DOUILLET affirme : « Je connais une arme absolue pour lutter contre cela : la vitesse ! Car en général la politique est lente ; donc on peut la prendre de vitesse.


Comment ? En lui imposant le rythme ! Et le rythme peut être imposé très rapidement par les citoyens et les entreprises. Des entreprises qui investissent, apportent les savoir-faire, élaborent et construisent des modèles économiques et des stratégies de fonctionnement adaptés aux caractéristiques de l'Afrique, et qui soient viables.
Oui, il faut apporter tout cela ! Car il ne s'agit pas d'arriver, de profiter de l'événement puis de repartir. Non, il faut semer en terre profonde pour que les racines soient solides de tout ce qui va pousser. L'Afrique a le potentiel pour être la plus grande terre de sport au monde. »


Arnaud Desjardins publie, pour l'anniversaire de ses quatre-vingt ans, un ouvrage essentiel, Bienvenue sur la Voie, où il fait la synthèse des conseils que l'on peut donner à toute personne engagée dans une quête intérieure et spirituelle afin d'éviter pièges et malentendus. Il nous a paru important d'avoir son témoignage sur ce mot-valise : lâcher-prise.


Propos recueillis par Marc de Smedt.


Arnaud Desjardins.


Nouvelles Clés. : Il est de bon ton, dans certains milieux intéressés par le développement personnel, de cultiver lelâcher-prise. Cette expression, devenue à la mode, est en fait une formule zen qui signifie qu'il faut savoir cesser d'être le jouet de ce qui nous habite, pensées, émotions, stress, crispations et dénis en tous genres. Et on peut comprendre que nos contemporains, êtres perturbés vivant dans une époque qui leur semble difficile, lui trouvent du charme. Comment donc définiriez-vous ce fameuxlâcher-prise et y a-t-il différentes façons de l'appréhender ?


Arnaud Desjardins : Le lâcher-prise est un geste intérieur qui interfère avec notre manière habituelle de réagir. Certains lâcher-prisenécessitent une grande force de conviction, d'autres sont plus aisés à opérer. Puis vient un jour où nous constatons que le fait de lâcher est devenu permanent. On pourrait même dire que le lâcher-prise est devenu inutile car il n'y a plus de prise, plus d'appropriation de la réalité.


Une détente s'est établie, nous sommes en contact avec la réalité, instant après instant, sans projections sur le futur, ce qui nous permet d'accomplir les actions qui nous paraissent justes et appropriées, dans le relatif. L'action est toujours relative, d'une part parce qu'elle s'insère dans un ensemble de chaînes de causes et d'effets que nous ne maîtrisons pas, ou très partiellement, et d'autre part parce que nous-mêmes avons des capacités relatives. Toute action engendre des conséquences, certaines que nous pourrons prévoir, d'autres que nous ne pourrons pas prévoir. La pratique consiste donc aussi dans unlâcher-prise avant l'action. Un événement se produit, une situation se présente, qui peut être extérieure à nous ou intérieure (comme un vertige, un mal au ventre, une angoisse diffuse). L'essentiel, c'est la manière dont chacun se situe face à ce vécu intime que l'existence produit en lui. Nous avons la possibilité d'accueillir cette réaction, parce que c'est la vérité de l'instant, mais sans nous l'approprier. Celui dont j'ai été l'élève, Swâmi Prajnânpad, disait à ce sujet : « La plaque photographique prend, le miroir accueille mais ne prend pas. » Les événements, quels qu'ils soient, produisent en nous des émotions en tous genres, heureuses ou malheureuses, plus ou moins intenses. Si nous apprenons peu à peu cette attitude de lâcher-prise, celle-ci finit par imprégner tout l'existence et crée en nous une grande détente : l'événement se présente, mais la réaction mécanique ne se produit plus. Les émotions font place à l'équanimité !


N. C. : Vous voulez dire que même la réaction physique ne se fait plus ? Je m'explique : si l'on a une angoisse, on peut en effet déconnecter son mental de celle-ci, mais qu'en est-il de la boule au ventre qu'elle a, par exemple, occasionnée ?


A. D. : À la place de la réaction habituelle de l'ego, du "ça j'aime ou ça je n'aime pas", il y a un sentiment qui devient stable d'ouverture du cœur. Les aspects mentaux, émotionnels et physiologiques sont interconnectés et, peu à peu, cet effort de lâcher-prise va contredire la force d'inertie des habitudes qui font que nous sommes tout le temps en réaction face aux événements. Et petit à petit, nous allons ainsi vers l'équanimité. Mais il est évident que, pendant longtemps, l'existence aura encore le pouvoir de produire en nous des réactions : oh oui ! et une émotion heureuse, oh non ! et une émotion malheureuse, douloureuse, réactions dont nous faisons une affaire personnelle. Il faut en fait sans cesse se poser la question de savoir comment nous nous situons par rapport à ces réactions physiques, émotionnelles et mentales ? Comment lâchons-nous prise face à ces moments heureux ou malheureux, quand nous sommes de bonne ou de mauvaise humeur ? La pratique de celâcher-prise met en fait immédiatement en cause l'égocentrisme. Elle amène un abandon de notre vouloir personnel et cet abandon produit une détente. C'est à partir de celle-ci que notre action va à présent s'accomplir, et non à partir d'une réaction épidermique et mécanique fondée sur nos anciens schémas de fonctionnement. C'est la soumission à ce qui est et non à ce qui devrait être, chère à tous les grands maîtres zen, soufis, hindous ou chrétiens, c'est le célèbre : « Que Ta volonté soit faite et non la mienne. » À ce moment-là il n'y a plus la séparation, de dualité, entre moi et la réalité du moment.


N. C. : Vous commencez votre livre en disant qu'il faut se méfier des mots. Et on se souvient des dégâts occasionnés dans les milieux branchés par le fameux "ici et maintenant" qui était devenu un prétexte à ne rien engager, ne pas faire de projets constructifs, etc. Ne croyez-vous pas qu'un autre mot-valise comme "lâcher-prise" risque d'être confondu par certains avec "laisser aller" ?


A. D. : Cette question en pose une autre plus générale : quel sens les lecteurs ou auditeurs d'un mot comme celui-ci lui donnent-ils ? Comment cette attitude est-elle comprise ? Dans ce genre de sujet, on ne sera jamais assez précis sur les questions de vocabulaire. Quand on décrit les pièces d'une machine dans le langage d'un mécanicien, on sait de quoi on parle. Il faut donc bien s'entendre sur ce que veut dire lâcher prise. Mon désespoir, ma suffocation face à un événement grave et brutal ne changera rien aux choses. Au contraire, plus il va y avoir émotion non contrôlée, moins il y aura d'efficacité dans l'action, moins ma réponse sera appropriée à la demande de la situation. Par contre, si je lâche prise face à ma panique, si je ne m'affole pas, si je n'en rajoute pas, je vais alors être plus lucide et plus compétent pour résoudre les choses.


En aucun cas le mot lâcher-prise n'exclut l'action. Swâmi Prajnânpad avait cette belle formule : "Intérieurement, activement passif. Extérieurement, passivement actif", donc, calmement attentif à l'intérieur de soi, et tranquillement actif à l'extérieur.
L'état de paix avec le contexte extérieur créé par la paix intérieure n'exclut en rien l'action ! En fait, dans la vie, nous nous trouvons dans la situation de quelqu'un qui descend un torrent en rafting ou en kayak : pour celui qui est crispé et angoissé, cette descente va être un véritable enfer. En revanche, celui qui va avec le courant de manière détendue accomplit la même descente avec bonheur et aborde les difficultés avec souplesse. Tous les maîtres le disent : notre erreur est de porter inutilement sur nos épaules le fardeau de notre existence. Nous ne pouvons pas être toujours les plus forts, nos actions produisent ou ne produisent pas les effets souhaités, les interactions de causes et d'effets sont indépendantes de nous et interfèrent avec ce que nous avons tenté pour renforcer le succès ou au contraire annihiler nos efforts. Cette séparation du moi – mon mode personnel de crainte et d'espoir – avec le courant de la réalité se révèle comme le plus gros obstacle à une vie épanouie, sereine, pacifiée. Cette séparation doit donc être dissoute. Il y a celui qui est emporté et ballotté par le courant, et celui qui ne fait qu'un avec lui. Formulé différemment, on peut dire que si je ne lâche pas prise, les événements se produisent et je suis emporté par eux ; si je lâche prise, j'adhère à ces événements, dans une unité de corps et d'esprit avec eux.


N. C. : Vous citez d'ailleurs dans votre livre une belle phrase de Swâmi Prajnânpad à cet égard : Let go and go with, "laissez aller et allez avec". Mais, est-ce que le lâcher-prise ne peut pas devenir une stratégie ? Vous dites d'ailleurs : « Si vous voulez quelque chose et que vous êtes unifié dans ce vouloir, vous l'attirez. » La quête de sagesse peut-elle se transformer en ruse ?


A. D. : Je vais utiliser pour répondre le terme "ego", qui est très à la mode mais dont le contenu crée souvent des malentendus. Ce serait déjà plus clair d'employer le terme égocentrisme. Pour vraiment comprendre le terme ego, il faudrait le traduire par "moi et... L'ego" est synonyme de dualité : il s'est mis en place peu à peu dans la petite enfance en nous rendant compte que le reste du monde n'est pas notre prolongement, et ce, dès la séparation avec la mère : nous sommes tous d'anciens bébés, comme disait Devos. L'expérience de l'ego, à partir de cette constatation, va se diviser en ce que je ressens comme rassurant et ce que je ressens comme pénible. Donc l'ego va essayer de faire triompher par tous les moyens ce que j'aime et d'amoindrir le plus possible ce que je n'aime pas dans le courant de ma propre existence. Tout le monde a bien sûr l'expérience des difficultés rencontrées lorsque la vie semble détruire ce que nous avons commencé à bâtir, et les refus et crispations que cela engendre. Et l'ego va édifier face à cela de formidables défenses, refusant tout ce qui n'entre pas dans son cadre. Donc, pour répondre à votre question, tout ce que l'ego va entendre et lire concernant la spiritualité et une autre façon d'exister, il va le faire entrer dans son cadre. Tout ce qui concerne la dissolution de la séparation, l'ego va l'utiliser à l'intérieur de la séparation, en le mettant à son propre service ! Il faut donc trouver une voie possible pour dépasser ce mécanisme dualiste qui nous empêchera toujours d'être unifiés et établis dans un lâcher-prise permanent.


N. C. : Il faut donc, et vous insistez là-dessus, une sincérité et un engagement intérieur fort, pour arriver à contourner les permanentes et perverses voies de l'ego.


A. D. : Oui, il faut réussir non seulement à prendre conscience de ce processus et créer d'abord une amélioration, mais aussi en arriver à une véritable métamorphose de notre être : comme le disent tous les mystiques chrétiens, hindous, soufis, bouddhistes, il faut mourir à soi-même à un niveau pour renaître à un autre niveau : on trouve ce genre d'expression dans toute la littérature des témoignages spirituels.


N. C. : Votre dernier chapitre insiste d'ailleurs assez radicalement sur ce point.


A. D. : Oui. Beaucoup de personnes qui sont attirées par ce que l'on met sous le vocable "spirituel", et par les différentes formes de psychothérapies à visée spirituelle, ne se contentent pas de soigner tel ou tel symptôme pathologique précis : elles veulent aussi atteindre en elles-mêmes un espace plus vaste. Mais elles ne se donnent pas les moyens de l'atteindre. Il y a là un grand malentendu, car elles continuent à ramener les expériences nouvelles à l'intérieur du système et du cadre ancien délimités par leur égocentrisme. Il faut donc trouver une pratique qui ne puisse pas être récupérée par l'ego, et celle-ci consiste à s'incliner intérieurement, à reconnaître que ce qui est est. Toujours agir à partir de ce qui est et non pas à partir de ce qui, selon moi, devrait être. Or nous fonctionnons sans cesse suivant le mode du "c'est pas juste, il ou elle aurait dû faire ou dire ceci ou cela, tel fait aurait dû se passer autrement, etc." Mais le lâcher-prise face à ce mode erroné de fonctionnement n'exclut en aucun cas l'action : celle-ci émane simplement d'une tout autre source. Ce n'est plus le moi qui veut, c'est la situation qui demande une réponse opportune.


N. C. : Vous dites : "Le monde ne correspondra jamais avec votre monde" et concluez sur une double formule très forte que je résume : la psychothérapie guérit l'ego et le mental, la voie guérit de l'ego et du mental.


A. D. : Imaginez le nombre d'amis que je me fais parmi les psy en disant cela ! (rires – Arnaud Desjardins va alors à sa bibliothèque et y prend un livre). Dans Les Dialogues de St Grégoire le Grand, sur la vie et les miracles du Bienheureux St Benoît, qui fut le fondateur des bénédictins et des cisterciens, il est dit ceci : "Chaque fois qu'une préoccupation trop vive nous entraîne hors de nous, nous restons bien nous-mêmes, et pourtant nous ne sommes plus avec nous mêmes : nous nous perdons de vue et nous nous répandons dans les choses extérieures". Un texte que ne renierait pas un maître soufi, zen ou hindou ! Faut-il vivre toujours les choses de façon égotique sur fond de vouloir, de refus et de crispation, et faire empirer les choses, ou vivre et agir sur fond de confiance et d'abandon ? Toute la question est là.


N. C. : Vous-même êtes passé par là puisque vous racontez qu'après seize ans de pratiques spirituelles, de succès médiatiques et professionnels, lorsque vous rencontrez Swâmi Prajnânpad, il vous fait parler de vos expériences diverses et vous dit ensuite : "It is a status of a slave", c'est un statut d'esclave.


A. D. : Oui, il m'a montré qu'après toutes ces années de travail avec les groupes Gurdjieff, de lectures, de rencontres avec une sainte comme Ma Ananda Mayi, ou avec des maîtres soufis en Afghanistan, des maîtres tibétains ou zen, de grands yogis... j'étais toujours ce petit personnage prêt à s'enflammer, à réagir, à refuser, à râler, à vouloir que les choses se passent comme je le voulais et non comme elles étaient. Je restais en effet esclave de l'ego et de ses limites. Je correspondais toujours à cette autre définition de Swâmiji : "L'homme est une marionnette dont les aléas de l'existence tirent les fils..."


N. C. : Un dernière définition sur le lâcher-prise ?


A. D. : Ne ramez plus, ne nagez plus, faites la planche ! (Rire homérique). Je blague : disons qu'il faut à la fois être dans l'action et dans la non-action. C'est un concept mal compris. La formule des bouddhistes est très connue : "Ni refus ni appropriation" de ce qui se présente. Ni rejet ni saisie.
Ici un extrait d'une interview de Arnaud Desjardins sur le lâcher prise:
Tiré de : http://www.cles.com

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