Souleymane Bachir Diagne : "À la poursuite de l'islam éclairé"


Musulman sénégalais, il enseigne la philosophie islamique à l'université de Columbia. À deux pas de Ground Zero, il nous parle d'Averroès.
Propos recueillis par Roger-Pol Droit
Le Point.fr en 2011

"Bergson postcolonial, l'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal", de Souleymane Bachir Diagne (éditions du CNRS) © DR


À sa manière - discrète, nette, précise, efficace -, ce philosophe incarne un autre monde possible. Où l'ouverture d'esprit se substitue au fanatisme, les échanges aux affrontements. Où se construit une autre manière de faire de la philosophie, pas moins rigoureuse, pas moins cohérente qu'hier, mais ouverte à d'autres héritages que celui des Grecs. On y voit, par exemple, l'Inde et l'Afrique lisant Bergson, l'islam découvrant Nietzsche, les philosophes arabes inventant des voies nouvelles. Souleymane Bachir Diagne, né en 1955 au Sénégal, est musulman, philosophe et logicien, sénégalais et cosmopolite, sans oublier d'être démocrate et rationaliste. Tout ensemble. Sans conflit apparent. C'est pourquoi il a choisi de vivre aux États-Unis, d'y faire venir sa famille et d'y élever ses enfants, après le 11 Septembre. Car il refuse les logiques de guerre au profit de la raison, du partage des idées, de la philosophie. Élève d'Althusser et de Derrida à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, il est passé par Harvard avant de revenir professer à Dakar, à l'université Cheikh Anta Diop, tout en étant conseiller du président Abdou Diouf pour l'éducation et la culture de 1993 à 1999. Il enseigne aujourd'hui la philosophie islamique à quelques pas de Central Park, dans le département de philosophie de Columbia University, où il nous a reçu. Au moment où le sort des chrétiens d'Orient montre les ravages de l'intolérance islamiste, il n'est pas inutile, malgré la disproportion des événements, de s'intéresser, comme exemple d'antipoison, au succès américain d'un philosophe qui tient ensemble les Lumières et l'islam. De multiples cris incitent à présent au mépris et à l'affrontement - ceux des populistes européens, des militants du Tea Party, des terroristes d'Égypte, d'Irak et d'ailleurs. Malgré tout, quand ce philosophe parle d'Averroès et d'Avicenne, à quelques encablures de Ground Zero, il faut désormais lui donner une salle plus grande...


Le Point : Comment expliquez-vous le succès que rencontrent vos cours ? Apparemment, il ne vous surprend pas...


Souleymane Bachir Diagne : Le fait est que cet enseignement de la philosophie en islam a toujours été extrêmement suivi. C'était déjà le cas quand j'enseignais à Chicago, à Northwestern University. Je constate qu'il existe, chez les étudiants, une grande curiosité pour le monde musulman. À mes yeux, effectivement, ça n'a rien de surprenant. Les campus universitaires sont normalement des lieux de curiosité intellectuelle, d'ouverture à l'autre, d'hospitalité pour la différence. Il faut ajouter que cet enseignement ne s'adresse pas qu'aux spécialistes. Ici, les cours de première année réunissent des étudiants se destinant à toutes sortes de spécialisations. Et le cours d'histoire de la philosophie est obligatoire pour tous les étudiants de deuxième année. Cette approche devrait être adoptée dans les systèmes d'enseignement, notamment en Europe ou en Afrique.


Comment définiriez-vous, s'il vous paraît possible de le faire en quelques mots, la philosophie islamique ?


Pour ma part, je préfère parler de "philosophie en islam", pour bien indiquer que ce qui s'est désigné, à partir du IXe siècle, par le mot grec arabisé de falsafa continue, dans les centres intellectuels du monde musulman, la tradition de pensée philosophique grecque et hellénistique. Quant à la définition, c'est celle même de la philosophie. Car, par-delà les colorations spécifiques à telle ou telle culture, il s'agit toujours de la même exigence : questionner ce qui est reçu !
Pourtant, cet examen critique de l'héritage semble peu actif dans le monde intellectuel musulman moderne...
Avant d'en venir à cela, il faut d'abord rappeler que c'est bien autour de grandes interrogations philosophiques que se sont constituées, à partir de la fin du VIIe siècle de l'ère commune, des écoles de théologie spéculative. On trouve ainsi au coeur des réflexions philosophiques en islam le libre arbitre et la prédestination, liées aux interrogations sur la justice de la puissance divine, la relation entre l'essence du Dieu un et la multiplicité de ses attributs, le caractère créé ou incréé de la parole de Dieu... Ce questionnement philosophique interne au monde musulman naît de la lecture du Coran et de son commentaire.


Est-ce la seule source de la philosophie en islam ?


Certainement pas, car d'autres interrogations sont nées de la confrontation de l'univers intellectuel et spirituel de la religion musulmane avec les thèses philosophiques des Grecs. Celles-ci ont été connues quand des oeuvres grecques majeures ont été traduites en arabe, d'abord à partir de la langue syriaque, par des penseurs chrétiens, nestoriens, familiers de la philosophie grecque. Un exemple de ces problèmes de confrontation : comment entendre et justifier l'idée abrahamique d'une création du monde par Dieu, alors que les Grecs, en particulier Aristote, jugent illogique de supposer autre chose qu'une éternité du monde ?


Quel fut, à vos yeux, le résultat de ces confrontations ?


La nécessité d'accorder religion et philosophie. Ce n'est pas par hasard que le philosophe andalou Ibn Rushd (mort en 1198), que l'on connaît généralement sous son nom latinisé d'Averroès, a rédigé un ouvrage intitulé Traité sur l'accord de la philosophie et de la religion. Ce livre peut passer pour une profession de foi rationaliste. À ses yeux, en effet, une vérité, celle de la foi, ne saurait en contredire une autre, celle de la raison. Cette position évoque celle des Modernes devant l'opposition de l'Eglise à la science. Conséquence de cette affirmation : les choses de la foi doivent être entendues, c'est-à-dire interprétées, de manière à être en accord avec ce que dit la raison.


Revenons à l'époque moderne. Dans le monde musulman, globalement, le dogmatisme religieux ne l'a-t-il pas emporté sur l'esprit critique et l'examen rationnel ?


Il faut nuancer ce jugement. Il est vrai qu'à partir du XIIIe siècle une pétrification intellectuelle s'est produite dans le monde de l'islam. Elle a fait perdre cet esprit rationaliste d'ouverture, d'accueil de ce que découvre une raison humaine qui ne rencontre d'autre obstacle dans sa quête que ses propres limitations internes. Toutefois, heureusement, à l'époque moderne, de grands penseurs se sont donné pour tâche de rouvrir ces possibilités créatrices. Car il faut reconnecter le monde de l'islam à son principe de mouvement. L'Indien Mohamed Iqbal (1877-1938) est l'un des plus importants de ces rénovateurs. Son principal ouvrage en prose (on lui doit aussi une oeuvre poétique immense, en ourdou et en persan) s'intitule La reconstruction de la pensée religieuse en islam. Cela exprime clairement son projet.


Vous avez consacré à Iqbal le premier ouvrage paru en français sur son oeuvre et, dans votre dernier livre, Bergson postcolonial, vous insistez sur l'influence qu'a exercée Bergson sur sa pensée. Comment se fait le lien entre le philosophe de la durée et de l'élan vital et le penseur qui fut aussi le père du Pakistan ?


Plus que tout autre, Bergson a contribué à ébranler les visions statiques du monde et à faire comprendre que la vraie fidélité est dans le mouvement. Mohamed Iqbal n'a pas seulement lu Bergson, il est venu le rencontrer à Paris en 1932 ! Aujourd'hui, il convient plus que jamais de souligner la valeur de ce dialogue entre un philosophe demeuré, malgré son attirance pour la conversion au christianisme, enfant d'Israël, et un musulman indien qui avait le projet de repenser la cosmologie coranique.


Ici même, à New York, après les polémiques suscitées par le projet de construction, non loin du World Trade Center, d'un centre culturel musulman abritant une mosquée, avez-vous le sentiment que ce dialogue appartient au passé ?


Pas du tout, même s'il est vrai que cette querelle a révélé une méfiance profonde à l'égard de l'islam. Elle s'explique par ce traumatisme sans nom qu'a été la tragédie de l'attaque terroriste du 11 Septembre, et la facilité avec laquelle des politiciens peuvent exploiter cette méfiance à leurs propres fins. Mais cette même querelle a montré aussi ce que l'Amérique a d'admirable, qui s'est manifesté dans des positions de principe comme celle du maire de New York, Michael Bloomberg. Sans se soucier des sondages ni des risques politiques, il a su accueillir le projet simplement au nom des principes sur lesquels l'Amérique est fondée.


Bergson postcolonial, l'élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, de Souleymane Bachir Diagne (éditions du CNRS, 128 p., 8 euros).


Repères
1955Naissance à Saint-Louis (Sénégal).
1978Ecole normale supérieure, agrégation de philosophie.
1988 Thèse : "Philosophie symbolique et algèbre de logique. Les lois de la pensée de George Boole ".
1993-1999 Conseiller du président du Sénégal, Abdou Diouf, et professeur à l'université Cheikh Anta Diop (Dakar).
2001Publie " Islam et société ouverte " (Maisonneuve et Larose).
2008Professeur à l'université de Columbia (New York).
http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/souleymane-bachir-diagne-a-la-poursuite-de-l-islam-eclaire-20-01-2011-130599_326.php

Diabète : bientôt une pilule d'insuline au lieu des injections ?


Des chercheurs de Harvard proposent une formulation d'insuline sous forme de traitement oral pour éviter les injections quotidiennes que subissent les diabétiques. Il a fallu résoudre deux problèmes : la sensibilité de l'insuline à l'acidité gastrique et sa mauvaise absorption intestinale.

Pour des millions de personnes souffrant de diabète de type 1, les injections quotidiennes d'insuline sont indispensables car leur organisme ne produit pas cette hormone. Administrée par une pompe ou des injections sous la peau, l'insulinothérapie vise à contrôler la glycémie des patients. Ces injections répétées ont un impact sur leur qualité de vie et interfèrent avec leurs activités. Et s'ils ne suivent pas correctement leur traitement, les patients s'exposent à de graves complications.
Plusieurs équipes cherchent des moyens pour administrer l'insuline oralement ; un essai clinique mené par Oramed Pharmaceuticals a même démarré aux États-Unis. La prise orale d'insuline pose des problèmes car la molécule n'apprécie pas l'acidité de l'estomac et est mal absorbée par l'intestin. Un article paru dans Pnas décrit un traitement oral qui pourrait révolutionner la vie des patients.

L'insuline doit passer l'acidité de l'estomac et la barrière intestinale


Les chercheurs de Harvard proposent de transporter l'insuline dans une solution ionique contenant de la choline et de l'acide géranique, le tout inclus dans une gélule résistant à l'acidité. Cette présentation se conserve deux mois à température ambiante et quatre mois au réfrigérateur. Dans l'intestin plus alcalin, l'enveloppe du médicament, formée de polymères, se dissout et libère le liquide contenant l'insuline, qui doit encore passer dans le sang.


Dans un communiqué de Harvard, Amrita Banerjee, principale auteure de cette recherche, a expliqué que « Lorsqu'une molécule protéique telle que l'insuline pénètre dans l'intestin, de nombreuses enzymes ont pour fonction de dégrader les protéines en acides aminés plus petits. » L'insuline dans sa solution ionique resterait stable. De plus, la formulation qui utilise de la choline et de l'acide géranique a déjà montré son efficacité pour passer deux barrières : le mucus intestinal et les jonctions serrées des cellules intestinales, connues pour gêner le passage de grosses molécules comme l'insuline. Ici, chez des rats, cette insuline a pu réduire leur glucose sanguin. Il reste donc à tester cette formulation chez d'autres animaux, puis lors d'éventuels essais cliniques chez l'homme.
Pour en savoir plus


uPill, la pilule à ultrasons pour éviter les piqûres
Article de Janlou Chaput paru le 30 juin 2012


Pour éviter l'inconfort des piqûres quotidiennes que sont obligés de subir certains patients, voilà peut-être la solution du futur : une pilule à ultrasons nommée uPill. Un tel système accélèrerait l'absorption du principe actif durant la digestion et sa distribution aux régions à soigner, ce qui était jusque-là le facteur limitant des cachets classiques.
Voilà une annonce qui pourrait plaire aux personnes diabétiques. Celles-ci s'injectent quotidiennement par voie intraveineuse des quantités précises d'insuline pour réguler leur glycémie et doivent supporter l'inconfort et les douleurs qu'une telle manipulation entraîne.


Depuis longtemps, les scientifiques tentent de développer de nouveaux systèmes pour fournir une meilleure qualité de vie à ces patients. Malheureusement, l'insuline, lorsqu'elle est avalée, n'est pas absorbée assez rapidement par le système digestif et ne pénètre pas les tissus dans des délais raisonnables. Le concept a donc été abandonné et les diabétiques n'ont toujours pas d'autre choix que d'utiliser des seringues.


Depuis quelques années, on a découvert l'intérêt des patchs à ultrasons qui délivrent un médicament de manière dix fois plus efficace à travers la peau. Les ondes sonores chauffent légèrement les cellules et perméabilisent davantage les membranes, permettant à la molécule active d'intégrer le cytoplasme des cellules cibles.

Pour mesurer leur glycémie, les personnes diabétiques doivent récupérer une goutte de sang au bout du doigt. Elles peuvent ainsi évaluer la quantité d'insuline à s'injecter dans la circulation. Il n'existe pour le moment pas d'autre solution que la piqûre. © Amanda Mills, CDC, DP


Les pilules remplaceront les piqûres


C'est à partir de ce même concept que des chercheurs du MIT, en collaboration avec l'entreprise ZetrOZ spécialisée dans le matériel médical, ont développé uPill, une pilule qui émet des ultrasons et facilite l'absorption digestive des médicaments. Le cachet serait recouvert de la substance active et les ultrasons se déclencheraient une fois le dispositif avalé. La pilule est conçue pour résister aux sucs digestifs acides et s'élimine par les voies naturelles.
L'une des principales nouveautés de cette découverte, c'est la miniaturisation du procédé. Les inventeurs se targuent même d'être en train de développer le plus petit système à ultrasons du monde. Ils espèrent lancer uPill d'ici 2 ans, mais viennent pour l'heure d'entamer les tests sur les animaux pour s'assurer que leur prototype ne présente aucun danger. Son innocuité devra ensuite être vérifiée chez l'Homme puis son efficacité prouvée.


Il y a encore un hic : la pilule pourrait être vendue autour de 20 à 30 dollars pièce (16 à 24 euros) mais se veut, en théorie, réutilisable. Les chercheurs eux-mêmes doutent de la popularité de leur dispositif à un tel coût, surtout pour les personnes qui en ont un besoin quotidien. Des efforts supplémentaires devront être consentis pour réduire les tarifs et faire en sorte qu'uPill remplace finalement les piqûres.


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 La Cataracte–Chirurguie;  etc Protégeons nos yeux - par le DR Damien GATINEL


Définition de la cataracte


La cataracte est une affection oculaire définie par l'opacification partielle ou totale du cristallin, responsable d'une réduction de la performance visuelle. Le cristallin est une lentille naturelle biconvexe convergente, située juste derrière l'iris. Son diamètre est d'environ 1cm, et son épaisseur ne dépasse pas généralement 0.4cm. Elle est constituée d'une capsule entourant un cortex et un noyau.
L'accommodation (ou capacité de l'œil à faire la mise au point de près) repose sur la déformation du cristallin sous l'action du muscle ciliaire. Le cristallin, du moins avant l'age de la presbytie (45 ans) est une structure élastique, qui reprend sa forme d'équilibre entre deux efforts d'accommodation.


Les cataractes constituent une cause très courante de détérioration de la vision: baisse de l'acuité visuelle, réduction de la sensibilité aux contrastes, symtômes visuels (voile, etc.). Des progrès importants ont été réalisés dans le traitement de cette maladie ces dernières années et la plupart des personnes qui en sont atteintes peuvent maintenant espérer recouvrer la vue en totalité ou, du moins, en grande partie.


Il ne faut pas confondre cataracte primaire et cataracte secondaire. La cataracte primaire correspond à la définition donnée ci-avant (opacification du cristallin). La cataracte secondaire s'observe après la chirurgie et est définie par l'opacification du sac capsulaire (le traitement de la cataracte secondaire est la capsulotomie au laser Yag).
Le remplacement du cristallin opaque par un implant permet de rétablir la transparence de l'oeil, et le choix adapté de du type et de la puissance optique de l'implant biométrie) de réduire la dépendance aux verres correcteurs après l'opération.



Manifestations cliniques de la cataracte


La cataracte se traduit pour le patient atteint par des symptômes visuels à type de gêne, de voile, d'éblouissements, puis de perte de dixième d'acuité visuelle (ces symptômes peuvent être isolés ou associés selon le stade de la cataracte). L'ophtalmologiste confirme le diagnostic par la visualisation à l'examen à la lampe à fente (biomicroscope) des opacités du cristallin, dont la localisation définit le type de cataracte, et l'importance son stade.
Aspects biomicroscopiques de la cataracte
Une cataracte est caractérisée par la présence d'une opacification du cristallin, qui est une petite lentille normalement claire et transparente de l'œil. Il ne s'agit ni d'une tumeur ni de la formation d'une nouvelle peau sur l'œil, mais plutôt de la formation d'opacités croissantes sur le cristallin proprement dit. Si les symptômes visuels du patient permettent d'évoquer le diagnostic de la cataracte (impression de « voile », de « vision sale », éblouissements dans les formes précoces, etc.), sa confirmation est souvent fournie par l'examen au biomicroscope (ou lampe à fente). Les images suivantes sont des clichés pris à la lampe à fente du segment antérieur d'un oeil atteint d'une cataracte de forme dite « nucléaire ».
Cataracte cortico-nucléaire : photo prise au biomicroscope de face (en haut, le cristallin est observé en coupe lumineuse)
Quand la cataracte est constituée, le cristallin devient opaque et la lumière ne peut être correctement transmise à la rétine, ce qui produit une image qui n'est pas « claire ». L'image formée souffre d'une « diffusion » lumineuse excessive. Il arrive souvent, en particulier au début de l'évolution de la cataracte, qu'une partie seulement du cristallin soit atteinte, ou s'opacifie plus rapidement.
Quand le centre du cristallin (noyau) est particulièrement opacifié, on parle de cataracte nucléaire. Ce type de cataracte provoque souvent un changement de correction lunettes, ou l'apparition d'une myopie tardive (myopie d'indice). D'autres formes d'opacités de cataracte sont possibles, de manière isolée en associées entre elles : sous capsulaires antérieures, sous capsulaires postérieures, etc.
En fonction de l'emplacement des opacités de la cataracte et de leur importance, on peut classifier le stade de la cataracte. Il existe aujourd'hui des méthodes plus objectives que le simple examen à la lampe à fente pour apprécier le degré d'opacité du cristallin. La densitométrie en est une (imagerie par camera rotative Scheimpflug, instrument Pentacam).

La densitométrie du cristallin permet de donner un grade objectif à l'opacité du cristallin (cataracte)


Cataracte et retentissement visuel


Même si les symptômes tendent à être plus importants pour les stades élevés de cataracte, le parallélisme anatomo clinique (la corrélation entre le degré d'opacité et les symptômes visuels) n'est pas très élevé.
Si la vision n'est pas considérablement affaiblie (ou si la baisse de vision est modérée et ne gêne pas le patient), il n'est pas forcément nécessaire d'enlever la cataracte. En revanche, si une grande partie du cristallin devient opaque, il peut y avoir une réduction partielle ou totale de la vision tant que la cataracte n'est pas retirée. L'acuité visuelle est diminuée, et n'est pas totalement améliorable par une correction en verres de lunettes.


Certaines techniques comme la mesure de la diffusion lumineuse par double passage (examen OQAS) sont utiles dans les cas où l'on cherche à confirmer (ou infirmer) la responsabilité d'une cataracte dans une baisse de vision. Nous avons rapporté la valeur diagnostique de certains indices fournis par cet instrument pour la cataracte, qui est sensible à la diffusion lumineuse causée par les opacités du cristallin.


Fausses croyances vis à vis de la cataracte


La cataracte n'est pas une affection contagieuse, et elle ne se propage pas d'un œil à l'autre, bien qu'elle apparaisse souvent dans les deux yeux à la fois.
Elle ne correspond pas à un cancer ni à une infection.
Elle n'est pas la conséquence d'une «peau » qui pousserait dans l'œil mais de l'opacification partielle ou totale du cristallin.
Il n'existe aucun lien entre la cataracte et le degré d'effort des yeux.
La cataracte n'est pas une maladie qui rend aveugle, puisque elle est curable grâce à une simple intervention chirurgicale.
Les traitements préventifs ou curatifs par collyres (gouttes) ou compléments alimentaires n'ont aucune efficacité démontrée vis à vis de la cataracte.
Il n'y a pas d'urgence à opérer une cataracte dont les symptômes visuels ne gênent pas le patient.


Causes de la cataracte


La cataracte est causée par une modification de la composition chimique du cristallin. Cette modification est le plus souvent liée au vieillissement. En effet, le processus normal de vieillissement peut causer le durcissement et l'opacification du cristallin :c'est ce qu'on appelle la cataracte sénile. C'est la plus courante et elle peut apparaître dès l'âge de 60 ans.
Il existe d'autre causes telles que l'hérédité, ou des malformations congénitales, qui peuvent provoquer l'apparition précoce d'une cataracte.
Des maladies générales comme le diabète ou certains troubles métaboliques (métabolisme du calcium) peuvent aussi provoquer l'apparition d'une cataracte.
La prise prolongée de corticoïdes, le tabagisme chronique important sont également des facteurs de risques avérés pour la survenue d'une cataracte chez les sujets exposés.
Une blessure importante de l'œil, une contusion violente, l'exposition solaire répétée et prolongée sans protection oculaire aux UV peuvent également causer la survenue d'une cataracte.
La myopie forte (myopie axile) est une cause de cataracte précoce (parfois dès la cinquantaine).


Symptômes visuels de la cataracte


Le patient peut ne pas se rendre compte qu'elle a une cataracte débutante si les opacités du cristallin sont localisées ou de faible intensité. À mesure que la cataracte se développe, la vue peut devenir plus trouble, floue, imprécise. Les symptômes sont souvent unilatéraux au début (un oeil est atteint avant l'autre), mais (en dehors de causes particulières comme les chocs), la cataracte se développe dans les deux yeux avec le temps.


Il peut aussi y avoir des symptômes comme des éblouissements ou une sensibilité accrue aux lumières vives, qui reflètent l'existence d'une dispersion lumineuse accrue par les opacités présentes au sein du cristallin. Ces symptômes sont parmi les plus précoces, de même que l'existence d'une gêne accrue pour distinguer des détails en contre jour. La cataracte peut modifier la réfraction oculaire en causant l'apparition ou l'aggravation de la myopie (en particulier pour les formes de cataractes dites « nucléaires »). L'aggravation de la myopie est liée à l'augmentation de la puissance réfringente du noyau du cristallin)


Elle modifie également la perception des couleurs, en réduisant la sensibilité aux courtes longueur d'ondes (bleu, violet). En effet, les protéines du cristallin cataracté absorbent particulièrement les courtes longueur d'ondes. Ceci explique également l'aspect « jaunâtre » du cristallin atteint de cataracte. Cependant, les patients ne s'en rendent généralement compte qu'après l'intervention du premier oeil, par comparaison avec la vision de l'autre oeil non opéré (les patients opérés signalent l'impression de reflets bleutés sur les objets de couleur blanche au décours de l'opération). Comme la cataracte provoque une filtration très progressive des couleurs comme le bleu, le « cerveau » ne s'en rend pas compte au cours de l'évolution de celle-ci.
Enfin, certains patients décrivent l'apparition d'un «voile permanent » gênant la vision d'un œil (cataracte unilatérale) ou les deux. A ce stade, l'acuité visuelle est souvent réduite de quelques dixièmes.
Plus la cataracte s'aggrave, moins les lunettes deviennent efficaces et ne peuvent compenser l'effet de la perte de transparence du cristallin. Dans les formes très avancées, la pupille, normalement d'apparence noire, peut changer sensiblement de couleur et prendre une coloration blanchâtre.


Types de cataracte


En fonction de la zone anatomique opacifiée du cristallin (noyau, cortex, régions situées près des capsules), on distingue plusieurs sortes de cataracte.

Les différentes portions anatomiques du cristallin sont : le noyau, au centre, le cortex, entre le noyau et la capsule, et les régions immédiatement adjacentes aux capsules.
Cataracte nucléaire
Elle est caractérisée par une opacification du noyau du cristallin. Elle peut induire une myopie d'indice, qui est liée à l'augmentation de l'indice de réfraction du noyau du cristallin opacifié (voir: aberrations optiques de la myopie d'indice, cataracte débutante). L'évolution de la cataracte nucléaire provoque une myopisation croissante, et parfois la perception d'images fantomes dédoublées par triplées (triplopie). Elle se rencontre chez les personnes âgées, ou chez les myopes en particulier.

La cataracte nucléaire est caractérisée par une opacification du noyau du cristallin.


Cataracte cortico-nucléaire


La caratacte cortico nucléaire est une forme fréquente de cataracte sénile. Le noyau et le cortex sont siège de la majorité des opacités.

La cataracte cortico nucléaire est caractérisée par une opacification croissante de la périphérie vers le centre du cristallin.
Photo lampe à fente (biomicroscope) d'une cataracte cortico nucléaire :

Cataracte sous capsulaire antérieure


La cataracte sous capsulaire antérieure est définie par la présence d'opacités proches ou immédiatement sous la capsule antérieure du cristallin. Elle se rencontre plus particulièrement chez les patients diabétiques, après traumatisme oculaire, dans certaines formes d'allergies sévères, etc. Elle provoque une gêne visuelle marquée par la présence d'éblouissements fréquents.

La cataracte sous capsulaire antérieure est marquée par la présence d'opacités souvent radiaires, appelées « cavaliers ».
Exemple (photo au biomicroscope) d'une cataracte dont les opacités prédominent sous la capsule antérieure :

Cataracte sous capsulaire postérieure


La cataracte sous capsulaire postérieure est provoquée par certaines agressions « physiques » comme les ultra violets (expositions solaires répétées sans protection oculaire), ou métaboliques (tabagisme chronique, carences alimentaires, prise répétée de corticoides, etc.). Elle entraîne une gêne visuelle à type de voile, d'éblouissements, qui sont plus marqués en cas de forte luminosité (les symptômes sont atténués dans la pénombre).
La cataracte sous capsulaire postérieure se caractérise par la présence d'opacités situées au contact de la capsule postérieure du cristallin.
Photo prise en rétro illumination au biomicroscope d'une cataracte sous capsulaire postérieure en « médaillon » :

cataracte sous capsulaire posterieure photo


Le cliché suivant montre une autre cataracte sous capsulaire postérieure plus évoluée: l'image en fente lumineuse (à droite) montre la localisation très postérieure des opacités du cristallin.

Cataracte sous capsulaire postérieure

Il existe des formes plus rares de cataracte, comme la cataracte en « feuilles de fougère », dont l'origine est traumatique (coup de poing, etc.). Les opacités ont un aspect en lobes, en feuilles, et sont situées à l'avant du cristallin.

Cataracte en feuilles de fougère, aspet en rétroillumination à la lampe à fente.

La cataracte congénitale est une opacification totale ou partielle du cristallin présente dès la naissance. Les formes modérées sont souvent bien tolérées. Elles sont souvent formées d'une opacité globuleuse située au contact de la capsule postérieure, où intéresse une ou plusieurs des structures embryonnaires du cristallin.

Cataracte congénitale intéressant le noyau du cristallin, et ses structures embryologiques (noyau foetal)
Type de cataracte et symptômes visuels

L'image suivante résume les principaux symptômes visuels, et le type anatomique de la cataracte qui en est responsable. Ces données sont indicatives, le retentissement visuel subjectif d'une cataracte dépend de nombreux facteurs (degré d'opacité, mode de vie, activité pratiquées, etc.).

Les différentes variantes anatomiques de la cataracte et les symptomes visuels fréquemment associés sont rassemblés sur ce schéma.


Dépistage et diagnostic de la cataracte


Comme signalé plus haut, le diagnostic est effectué par l'ophtalmologiste selon l'observation du cristallin au biomicroscope, la mesure du retentissement exact de la cataracte sur la vision, et l'absence d'une autre pathologie oculaire. Il prendra également des mesures précises des dimensions de l'œil et effectuer une échographie (biométrie) afin de calculer la puissance de l'implant qui devra être posé après l'ablation de la cataracte pour remplacer le cristallin.


Diagnostic objectif de la diffusion lumineuse causée par la cataracte


En cas de doute, il est possible de confirmer ou éliminer la présence d'une diffusion de la lumière liée à la cataracte en réalisant un examen par aberrométrie par double passage. La Fondation Rothschild a été le premier centre chirurgical français à s'équiper de cet instrument (appelé OQAS pour « Optical Quality Analyzing System ») dès 2007. Brièvement, une lumière infra rouge est recueillie et analysée après réflexion sur la rétine. En cas d'opacités cristalliniennes signficatives, on observe une dispersion lumineuse qu'il est possible de quantifier (OSI : Optical Scattering Index). Un OSI normal ELIMINE la présence d'une « vraie » cataracte, et doit faire rechercher une autre origine aux symptômes visuels. Cet examen permet de rassurer certains patients chez qui le diagnostic de cataracte a été posé... par excès.
Voici un exemple dans lequel l'OQAS (aujourd'hui rebaptisé instrument « HD Analyzer ») a permit de confirmer l'origine de symptômes visuels à type d'éblouissements marqués, et gêne en contre-jour. Pourtant, l »acuité visuelle était mesurée à 10/10, et l'examen à la lampe à fente ne retrouvait qu'une opalescence cristallinienne, mais avec la présence de petites vacuoles situées près de la capsule postérieure (flèche).

Patiente présentant une gêne visuelle à type d'éblouissements et de problèmes en contre jour. L'acuité visuelle maximale est de 10/10. A la lampe à fente, la cornée est claire, le cristallin opalescent (1a). En rétro illumination, on remarque de fines opacités situées dans le tiers postérieur du cortex.
La réalisation de l'examen OQAS permet de quantifier l'effet potentiel de ces petites vacuoles sur la qualité de l'image rétinienne.

Examen OQAS (aberrométrie par double passage): l'OSI (Optical Scattering Index pour « Indice de Diffusion Optique ») est 4 fois supérieur à la normale. Le contraste de l'image rétinienne est réduit de moitié. Ce résultat permet d'incriminer la responsabilité des opacités du cristallin dans la gêne visuelle du patient, qui ne présentait pas d'autres anomalies oculaires.
L'intervention de chirurgie de la cataracte est donc proposée. Après sa réalisation, qui consiste à remplacer le cristallin par un implant, l'examen OQAS objective l'amélioration de la qualité de l'image rétinienne et la réduction de la diffusion (diminution de l'OSI), confirmant ainsi le diagnostic initial.

Après chirurgie de la cataracte par phaco émulsification, l'OSI est normalisé, et le contraste de l'image rétinienne restauré.


Choix du type et de la puissance de l'implant


Un implant est systématiquement posé au cours de la chirurgie: si l'on se contentait de ne retirer que la cataracte de l'oeil, celui-ci serait très hypermétrope en postopératoire (un oeil sans cristallin ni implant est appelé « aphake« ), et aurait donc besoin d'une correction (verre de lunette ou lentille) pour voir net. La biocompatibilité du matériau et la durée de vie des implants sont largement suffisants pour qu'ils puissent être posés dans les yeux de tous les patients.
Les implants posés sont « souples », ce qui permet de les introduire au travers d'une petite incision (longueur proche de 2 mm) qui est faite au bord de la cornée au début de l'intervention.

Implant utilisé en chirurgie de la cataracte. A gauche: implant avant insertion: l'optique centrale mesure 6 mm, et est entourée de 4 anses (haptiques) qui permettent de stabiliser l'implant dans le sac capsulaire. La longueur totale de cet implant est proche de 11mm. A droite, l'implant est posé dans le sac capsulaire. Les anneaux de diffraction (qui permettent d'induire 3 foyers : loin, près, intermédiaire) sont bien visibles à la surface de l'implant. Ils ne mesurent que quelques microns de hauteur.
Le calcul de la puissance de l'implant est effectué à partir de mesures oculaires (biométrie) et du souhait du patient en terme de « réfraction » post opératoire. La mesure de la longueur axiale de l'oeil, et de la puissance de la cornée sont utilisées dans une formule de calcul qui fournit la puissance (vergence) de l'implant. Celle-ci s'exprime en dioptrie. En général, la valeur de la puissance de l'implant est en moyenne proche de 22 Dioptries, la gamme des puissances des implants posés dans plus de 95% des cas s'étend de 5 à 30 D (les implants sont moins puissants si l'oeil est myope, et plus puissants si l'oeil est hypermétrope).


Les implants posés peuvent être monofocaux (ils ne corrigent qu'une seule distance : loin ou près) ou multifocaux (les implants bifocaux corrigent la vision de loin et de près, les implants trifocaux corrigent la vision de loin, de près et la vision intermédiaire).


Si le patient souhaite voir simplement de loin sans lunettes, le calcul de la puissance de l'implant monofocal est fait pour l'emmétropie: des lunettes de lecture seront nécessaire pour lire (vision de près). Si le patient souhaite voir de près sans lunettes, le calcul de la puissance de l'implant monofocal est fait pour induire une myopie légère (environ -2.50 D).
Si le patient souhaite ne plus porter de lunettes du tout (ou le moins possible), la pose d'un implant multifocal (bi ou trifocal) pourra être envisagée, en l'absence de contre indications.
En cas d'astigmatisme cornéen prononcé, le choix d'un implant torique permet de corriger l'astigmatisme et réduire le besoin de lunettes en postopératoire (il existe des implants toriques monofocaux: correction de l'astigmatisme en vision de loin, et des implants toriques multifocaux: correction de l'astigmatisme en vision de loin et de près).


La cataracte secondaire peut compliquer l'évolution de toute chirurgie de la cataracte. Certains facteurs de risques existent, liés au type de biomatériau de l'implant, à l'âge du patient. Les patients jeunes (ex: moins de 50 ans) sont généralement atteints à plus ou moins long terme (parfois plusieurs années) de cataracte secondaire. La survenue d'une cataracte secondaire chez les patients les plus jeunes est souvent bruyante sur le plan visuel (impression de « voile », de retour des symptômes de la cataracte primaire) et à l'examen à la lampe à fente, comme le montre l'exemple suivant :
Exemple particulièrement démonstratif d'une cataracte secondaire chez un sujet opéré de cataracte vers l'âge de 45 ans. La capsule postérieure est fibrosée, parcourue de plis importants. Ce tableau constitue une indication à la capsulotomie au laser yag.

https://www.gatinel.com/chirurgie-de-la-cataracte/definition/

 

LA PAROLE! DE LA PENSÉE, À L'OREILLE! Par Pap Ndoy-Penseur libre et indépendant.

« La parole est un art et l'art est création. Dans l'histoire de l'humanité les Hommes ont cherché la bonne formule pour toucher les cœurs et les âmes. La violence n'a jamais servi que provisoirement, elle crée sur du feu qui brûle et finit en cendre, c'est pourquoi la bonne et belle parole est attendue comme le messie. Cette parole soigne et remet dans des dispositions plus décentes et plus commodes. Dans nos cultures les gens de façon tranquille ont recherché les mots justes et appropriés. Voyons chez C H KANE l'Aventure Ambiguë ( pour faire plaisir à notre ami Mr 6 SECONDES G. ENG du Cameroun qui veut qu'on cite nos auteurs ) : Thierno refuse d'entendre un récit qui ne soit l'écho très fidèle de la parole de Dieu ?
« Sois précis en répétant la parole de ton Seigneur... il t'a fait grâce de descendre son Verbe jusqu'à toi. Ces paroles, le Maître du Monde les a véritablement prononcées. Et toi, misérable moisissure de la terre, quand tu as l'honneur de les répéter après lui, tu te négliges au point de les profaner. Tu mérites qu'on te coupe mille fois la langue... » P B CISSOKO

DE LA PENSÉE, À L'OREILLE!


Quelle merveille que de Savoir Parler!


Et si Parler ne devait être que délices, cela ne pourrait être que fantastique d'ouvrir sa bouche pour émettre des sons articulés par la langue!
Des sons véhiculés par la voix animée par les vibrations de nos cordes vocales.
Hé oui, chaque voix dispose d'une empreinte singulière à chacune des créatures animales comme humaines!
De même que les hommes, les animaux se servent aussi de leur bouche pour se nourrir et exprimer des sentiments.


La langue est bien l'organe sensoriel du goûter.


Ne nous donne-t-elle pas la sensation du plaisir de manger quelque chose de suave, ou du déplaisir de ce qui est acre!
Toutefois, la différence radicale entre ces deux créatures, c'est que l'homme seulement, sait Parler, pour communiquer avec lui-même et tout le reste.
C'est ainsi, que toutes les autres créatures se comprennent instinctivement.


Inversement, c'est par Intuition que des communautés humaines de langues différentes communiquent.


Elles arrivent à s'entendre par une gestuelle et une expression mimiques.
Aussi la musique étrangère est une parfaite illustration de la communication intuitive.
Elle est un mélange mélodique et harmonieux, de souffle et de sons instrumentaux.
Des sons qui se trouvent soutenus et tempérés par la puissance de la voix humaine.


En elle-même, la tonalité de la voix humaine est mélodieuse, avec ou sans instruments musicaux qui en amplifient sa portée.
Universelle en traversant toutes frontières, la musique est bien la seule propriété humaine dont tout le monde peut jouir au-delà de toute barrière linguistique.
La musique a le génie de nous détacher du réel pour nous emporter dans le monde éphémère de l'irréel.
Les sons émis par les instruments musicaux nous parlent, ils sont bien l'expression sonore de nos pensées.
Elle fait monter notre pression sanguine, en augmentant notre battement cardiaque, et finalement, elle nous soule de joie.
Et l'on se sent monter et descendre au rythme de la cadence des sons magiques libérés par les mots codés par ces instruments.


Et plus savoureuse encore, est l'image véhiculée par l'articulation des sons entendus.


Et lon se demanderait même, si Entendre n'était pas plus agréable qu'Écouter, car Il nous arrive de déguster une chanson, puis de l'aimer, sans comprendre un mot de la langue utilisée.
N'est elle pas donc géniale, cette Parole qui a la magie de nous donner du bonheur, et nous adoucir le cœur, et un instant après, l'endolorir pour nous rendre malheureux.


Elle devient diabolique quand elle nous rend malheureux, et l'ange quand elle nous rend heureux.
Un démon quand elle nous embrouille l'esprit, et angélique, quand elle nous embaume le cœur.
La parole est destructive quand elle est mal intentionnée, malencontreuse ou délibérément méchante.
En revanche, elle est réjouissance et égayante, quand elle est gentille, aimable et franchement plaisante.
En même temps qu'elle sert à chanter la beauté du monde, elle a aussi la faculté d'en étaler sa laideur.
Elle est si puissante que sa douceur rend heureux, pendant que la rudesse de son accent délaisse malheureux.
La belle parole nous soulage de nos douleurs, et nous console dans nos chagrins.


Par contre une mauvaise parole nous afflige et nous attriste, comme seule, la mort peut nous atteindre.
Si bien, qu'abattus et profondément blessés dans notre for intérieur, la bonne parole nous sauve en étant là, à la rescousse, pour nous remonter le moral et nous aider à nous relever.
Aussi, la parole peut être ressentie comme malfaisante et malveillante, ou tout simplement, bassement Cruelle.
Mais la noblesse de sa sublimité voudra toujours qu'elle soit bienfaisante, bienséante, et bienveillante.


La Parole est donc sacrée!


C'est tout un art que de savoir en faire meilleur usage, en Parlant et Écrivant comme en chantant, Entendant et Écoutant comme le mélomane!
Aussi la Parole, qui est ce son émis par la bouche et articulé par la langue, ne semble pas indispensable à la communication.
La Parole est alors un simple outil de transport et d'échange des informations.
Mais oh combien cette Parole est destructrice, et édificatrice!


Comme moyen de communication avancé entre les hommes, la Parole peut être mielleuse ou aigre.


La Parole est ainsi l'expression de la pensée!


Elle est ce système de signes vocaux qui, une fois sortie de la bouche, ne peut être ravalée, ni rattrapée!
Elle reste gravée dans notre coeur et dans notre esprit.
Même si l'on peut tout pardonner, l'on ne saura définitivement tout oublier.
Les bons comme mauvais souvenirs sont toujours là, à l'affût d'un prétexte pour nous ressurgir en pleine conscience.


D'où qu'il n'y a aucune urgence à Parler, mais qu'il est plutôt, plus pressant d'apprendre à Écouter!
Néanmoins, il est fondamental de bien Réfléchir avant toute prise de paroles!


La Parole reste inévitablement, une arme contre l'expression du Bonheur ou du Malheur!
Toutefois, la manière de dire les choses tire sa pertinence dans la Diction qui, est l'art de bien dire et agencer un ensemble de mots servants à exprimer une opinion ou une pensée.
Aussi ce qui est Dit, peut avoir une expression écrite ou orale.


En parlant, l'homme s'adresse à son semblable dans l'espoir d'être bien compris.


Mais l'effet recherché par la transmission de tels messages, peut être corrompu ou embelli, par la diction qui s'expose par la parole, composée de mots bien ou mal choisis.
Tout compte fait, on parle avec la bouche, on entend et écoute par nos oreilles, on écrit avec nos doigts.
Mais tout cela se fait sous le contrôle de notre cerveau qui analyse, crée et gère les événements émotionnels ressentis à l'endroit coeur.
Une émotion affective qui nous atteint et fait que notre état mental général devienne joyeux ou morose.
La diction a donc le pouvoir de bien dire, de corriger ou d'empirer tout ce que la parole comporte en bien comme en mal.
Elle peut aussi rendre la parole belle ou moche par l'usage des mots adéquats.


Toutefois, la parole n'aura de sens que, dans son contexte, et quand elle est Écoutée ou Entendue par son destinataire.
L'auteur de la bonne ou mauvaise Parole, peut ou ne pas être conscient des effets engendrés par la magie des Mots usités.
C'est pourquoi, il est fondamental d'être raisonnable dans la révélation de nos Pensées et Sentiments apparents ou profonds.
Par ailleurs, il est évident qu'aucune loi humaine n'interdit la jouissance auditive ou la liberté verbale.


Dès lors, la question nous revient encore à savoir, s'il n'était pas beaucoup plus agréable ou désagréable d'Entendre, d'Écouter ou de Parler?
Cependant, Entendre c'est percevoir un ensemble de vibrations sonores!


Alors que la perception d'une sonorité peut conduire à plus d'attention de notre fonction d'Écoute.
Cependant, l'on n'a pas besoin d'Écouter pour Entendre, car écouter suppose des efforts, alors qu'entendre peut être très furtif.
C'est ainsi qu'Écouter requiert toujours une attention soutenue pour comprendre.
Et c'est cela qui fait appel à d'autres de nos fonctionalités.


C'est donc magique pour l'homme d'avoir la faculté d'entendre, d'écouter et de voir un monde qui lui est extérieur.
Aussi, ce sera toujours à travers ses semblables qu'il trouve le miroir de son intérieur!


Quant à l'écriture qui est une autre forme d'expression de la pensée, elle se présente sous un système de signes graphiques.
A son origine, nous pouvons affirmer que l'homme est bien né avec la possibilité de Parler intelligible pour se faire comprendre dans la communauté linguistique qui l'a enfanté.
Dès sa naissance, il commence à entendre et à enregistrer les sons émis par son environnement.
En grandissant, il apprend à affecter une signification communautaire à chaque mot ou groupe de mots, composé de sons.
Adulte, il a déjà bien intégré sa communauté linguistique dans l'esprit et la forme de sa structure.


Mais qu'en est-il du processus de création des Mots qui sont d'usage courant?


En tout cas, rien n'empêche de croire qu'ils s'articulent instinctivement d'abord, puis se conçoivent et se construisent intuitivement par la suite.
C'est ainsi que l'animal créateur qui dort en chacun de nous, se réveille brusquement pour faire survivre son instinct premier de créativité.
Et de ses tréfonds, instinctivement émet un son qui, mécaniquement, épouse les contours d'une banale image à la quelle, jusque-là, aucun nom n'était formellement associé.
Ainsi advint, son acception, cette sorte d'appropriation par la conscience populaire.


Et bien plutard, arrive l'intuition pour normaliser et formaliser le Tout.


La langue jouit donc d'un double caractère instinctif et intuitif qui symbolise la Création.
Parler, c'est alors CRÉER un Acte public qui peut aboutir à des situations conflictuelles imprévisibles.
C'est donc émettre des points de vue différents nécessitant des réactions parfois très délicates.
En définitive, Parler c'est, assumer la souveraineté de son individualité caractérisée par un EGO altruiste, ou égocentrique.
Tout cela fait donc que, face à une situation périlleuse, l'homme réagit, guidé par son instinct de survie!


Par contre, quand les événements le lui permettent et, selon son expertise, il peut soit, agir rapidement par Intuition, ou se donner le temps de bien Réfléchir.
Dans ce cas, c'est son esprit Raisonnable ou Extravagant qui va le conduire à prendre la bonne décision de bien Parler ou non.
En tout état de cause, l'homme doit apprendre à être Maître de son destin Verbal en cultivant cet Esprit de discernement qui lui permettra, à force d'exercices, d'arriver à rester serein et froid quand, tout bouillonne, ou présente un calme apparent.

Saint Louis le 24/06/2017

Pap Ndoy

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