Dix-neuf intox de Marine Le Pen dans son débat avec Emmanuel Macron le 03/05/2017/lemonde.fr


Les deux candidats se sont affrontés, mercredi, lors d'un débat d'entre-deux-tours très virulent, ponctué par plusieurs fausses affirmations.
LE MONDE | 03.05.2017


Le traditionnel débat entre les deux finalistes de l'élection présidentielle a viré, mercredi 3 mai, à l'échange d'invectives et à la confusion. Mais il apparaît clairement que si Emmanuel Macron n'a pas toujours été dans le respect total des faits, sa rivale, Marine Le Pen, a proféré de nombreuses approximations et des contre-vérités.


Une stratégie qui a semblé délibérée, pour empêcher un débat de fond en forçant M. Macron à répondre à des attaques souvent mensongères, et qui n'était pas sans rappeler celles de Donald Trump durant la campagne américaine. Nous avons vérifié dix-neuf cas.


1. Brexit, UE... Des intox sur l'Europe


2. SFR, Chantiers de l'Atlantique... Des intox sur l'économie


3. Retraites, GPA, fichés S... Des intox sur les thèmes de société


Brexit, UE... Des intox sur l'Europe


• L'économie britannique va-t-elle mieux depuis le vote sur le Brexit ?
« L'économie britannique ne s'est jamais aussi bien portée que depuis que les Britanniques ont décidé de reprendre leur liberté. »
C'est trompeur

L'affirmation de Marine Le Pen sur la bonne santé de l'économie du Royaume-Uni tente de rassurer les Français sur les conséquences d'une éventuelle sortie de l'Union européenne (UE) de la France ; elle est trompeuse. L'économie britannique a certes enregistré une croissance de 2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2016. Mais cela n'a rien à voir avec le Brexit. Le référendum a eu lieu en juin 2016 et l'article 50 sur la sortie de l'UE, qui a enclenché les négociations entre Londres et les Européens, n'a été officiellement activé que le 29 mars.
Surtout, les premières conséquences économiques du vote pour sortir de l'Union européenne commencent à se faire sentir, l'inflation affectant les dépenses des Britanniques et pesant sur l'activité.


Au premier trimestre, la croissance britannique a enregistré un net ralentissement. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3 %, contre 0,7 % au quatrième trimestre 2016, selon les données du Bureau national des statistiques, publiées vendredi 28 avril.


• La contribution de la France à l'Union européenne, 6 ou 9 milliards d'euros ?
« Votre Union européenne, c'est 9 milliards d'euros par an. »
FAUX

La candidate du Front national fait allusion à une participation française au budget de l'UE s'élevant à 9 milliards d'euros. Mais selon les chiffres du Parlement européen, la contribution nette de Paris au budget de l'UE est de 4,5 milliards d'euros pour l'année 2015. Un autre mode de calcul ajoute à ce chiffre des ressources propres traditionnelles (droits de douane, cotisations sur le sucre, etc.) qui sont directement versées à l'UE, et qui représentaient 1,6 milliard en 2015, selon le projet de loi de finances pour 2017. En suivant ce calcul, on passe donc à 6,1 milliards d'euros, et toujours pas à 9 milliards.


Au-delà des chiffres, l'affirmation de Marine Le Pen est surtout pour le moins réductrice. Elle ne compte pas tous les avantages et inconvénients indirects liés au fait d'appartenir à l'UE, notamment l'accès au marché commun. On ne peut donc résumer la situation par la contribution nette des Etats au budget européen.


• L'euro ne circulait pas avant 1999
« De 1993 à 2002, toutes les grandes entreprises françaises pouvaient payer en euros »
FAUX

Marine Le Pen a déclaré que « de 1993 à 2002, toutes les grandes entreprises françaises pouvaient payer en euros ». Une affirmation utilisée pour défendre son idée de revenir au franc tout en conservant la devise européenne comme monnaie commune, mais pas unique. C'est faux.
Certes, l'euro a d'abord été introduit sous sa forme immatérielle avant de circuler sous sa forme fiduciaire. Mais c'était le 1er janvier 1999, et non en 1993. La monnaie commune n'a en réalité existé que de 1999 à 2002, pendant la transition des monnaies nationales à l'euro, avec des taux de change fixes de celles-ci vers la nouvelle monnaie.


Marine Le Pen fait également référence à l'écu, qui a existé en Europe de 1979 à 1998. Mais il ne s'agissait pas d'une monnaie commune, seulement d'un « panier » de toutes les monnaies européennes qui servait d'outil bancaire. Les banques centrales échangeaient entre elles dans cette unité de compte, plus stable que les monnaies nationales, mais les acteurs privés n'ont quasiment pas échangé en écus, contrairement à ce qu'affirme la candidate. L'écu ne remplaçait pas les monnaies nationales dans les échanges internationaux, alors qu'une euromonnaie commune s'y substituerait.
» Lire notre article : Monnaie unique ou monnaie commune : Marine Le Pen veut-elle ou non sortir de l'euro ?
• L'euro a-t-il provoqué une augmentation des prix ?
« L'euro a eu des conséquences très lourdes sur le pouvoir d'achat des Français. Sa mise en place a entraîné une augmentation spectaculaire des prix. »
FAUX

Calculé par l'Insee, l'indice des prix à la consommation a augmenté régulièrement depuis le début des années 2000. Mais lorsque l'on scrute la courbe sur une plus longue période, depuis 1990, on s'aperçoit qu'elle est presque linéaire et que l'entrée en vigueur de l'euro ne constitue pas une rupture.


Evolution de l'indice des prix de l'Insee depuis 1990
Base 100 en 2015
0 20 40 60 80 100 120 -janv.-1...-févr.-1991-mars-1992-avr.-1993-mai-1994-juin-1995-juil.-1996-août-1997-sept.-1998-oct.-1999-nov.-2000-déc.-2001-janv.-2003-févr.-2004-mars-2005-avr.-2006-mai-2007-juin-2008-juil.-2009-août-2010-sept.-2011-oct.-2012-nov.-2013-déc.-2014-janv.-2016
-mars-2004
● Valeur: 85,93

Source : Insee
Certains produits ont pu augmenter au cours de la période, notamment du fait des arrondis. Et surtout, la consommation a changé. Ainsi, les téléphones mobiles n'étaient pas un budget dans les années 1990. Mais il est faux d'affirmer comme le fait Mme Le Pen que, au niveau global, l'euro aurait fait exploser les prix à la consommation.


• L'épargne des Français en danger avec l'union bancaire ?
« L'épargne des Français est en danger [à cause de] la loi sur l'union bancaire. »
TROMPEUR

L'union bancaire, mécanisme mis en place au niveau européen en 2014 pour éviter les faillites de banques, prévoit bien la possibilité d'une ponction des dépôts des clients pour contribuer au sauvetage des établissements en cas de risque de crise. Mais il existe une garantie de dépôt jusqu'à 100 000 euros. Seuls les épargnants qui possèdent des sommes au-delà de ce montant seraient menacés.
Si une banque se trouve en situation de risque de faillite, les pertes devront d'abord être payées par les actionnaires, puis par les créanciers, et éventuellement par les gros déposants, au-delà de 100 000 euros, montant qui sécurise de fait la quasi-totalité des épargnants français. Il faudrait donc au contraire dire que l'union bancaire les protège.
SFR, Chantiers de l'Atlantique... Des intox sur l'économie
• Macron était-il ministre de l'économie lors de la vente de SFR ?
« Vous étiez ministre quand avez vendu SFR à votre ami M. Drahi. »
C'est plus compliqué

« Je n'étais pas ministre quand SFR a été vendu », a affirmé Emmanuel Macron. Point contesté par Marine Le Pen : « Evidemment vous étiez ministre. »

La candidate a même accusé son rival d'avoir déjà menti à ce sujet devant « des millions de Français ».
La vente de SFR par Vivendi à Numericable a été actée en avril 2014 ; Arnaud Montebourg était ministre de l'économie, alors qu'Emmanuel Macron était conseiller à l'Elysée. L'opération s'est officiellement conclue en novembre 2014, trois mois après l'arrivée à Bercy de M. Macron – qui s'est par ailleurs opposé publiquement par la suite au rachat de Bouygues par SFR-Numericable.
• STX, « vendu aux Italiens » ?
« Vous avez vendu les Chantiers de l'Atlantique aux Italiens. »
FAUX

Le dossier STX est complexe. L'ancien propriétaire des Chantiers de l'Atlantique était le groupe sud-coréen STX, qui a été placé en redressement judiciaire en 2016. Tout comme STX Offshore and Shipbuilding, STX France a été officiellement mis en vente par la justice sud-coréenne cette même année.
Une seule offre de reprise du chantier naval STX de Saint-Nazaire – détenu pour un tiers par l'Etat français – ayant été soumise au tribunal sud-coréen fin 2016 et en avril 2017, le gouvernement a annoncé avoir donné son accord de principe à la reprise de ces chantiers par l'opérateur italien Fincantieri.


Il est donc faux de dire que c'est l'Etat qui aurait « vendu » les chantiers aux Italiens comme l'affirme Marine Le Pen : ce groupe privé a été racheté, en Corée du Sud, par un autre groupe. On peut cependant reconnaître que l'Etat français, qui avait tenté d'inciter des sociétés tricolores à racheter les chantiers, y a échoué. Enfin, Emmanuel Macron n'était plus ministre au moment de cette vente.


• Combien de travailleurs détachés en France ?
« Vous avez refusé de supprimer la directive de détachement des travailleurs. 300 000 à 500 000 emplois ne sont pas accessibles aujourd'hui à nos compatriotes français, car ils sont remplis par des travailleurs détachés. »
FAUX

Si la France est l'un des pays de l'UE qui accueille le plus de travailleurs détachés étrangers, leur nombre officiel est presque deux fois inférieur à celui qu'avance Marine Le Pen – jusqu'à 500 000 selon elle. Il s'élevait à 285 025 en 2015, selon la Commission nationale de lutte contre le travail illégal (CNLTI). Chiffre auquel on peut ajouter les salariés « low cost » n'ayant pas fait l'objet de déclaration, pour lequel on ne dispose pas d'étude récente. Un rapport du Sénat l'estime de 220 000 à 300 000 pour l'année 2011.


Surtout, il est trompeur de parler au sujet des travailleurs détachés d'emplois qui pourraient être récupérés. Le détachement concerne « une période limitée », comme le définit la directive. Limite fixée à vingt-quatre mois dans le cas français, mais qui est souvent bien inférieure. Pour l'année 2014, la CNLTI estimait le volume total d'emploi du travail détaché à 9,7 millions de jours, pour 230 000 salariés concernés. Soit environ quarante-deux jours d'emploi par travailleur détaché en moyenne. Ce qui ne correspond donc pas à 500 000 emplois équivalent temps plein, comme le suggère la candidate du FN, mais à 42 000, selon l'estimation du ministère du travail. Soit douze fois moins.
• A qui le CICE a-t-il bénéficié ?
« Le CICE, vous l'avez donné en priorité aux grands groupes. »
EXAGÉRÉ

Le crédit d'impôt compétitivité emploi, mieux connu sous son sigle (CICE), est une mesure associée à un « tournant libéral » de François Hollande : le chef de l'Etat sortant a mis en place, en 2013, ce crédit d'impôt (de 4 % puis 6 %) pour les entreprises employant des salariés.
Selon un rapport du ministère de l'économie publié en janvier 2016, l'Etat avait versé – à cette date – 18,6 milliards d'euros de CICE aux entreprises qui en avaient fait la demande. Le dispositif bénéficiait d'abord aux « très petites entreprises » (TPE) et aux « petites et moyennes entreprises » (PME), qui représentaient 48 % des crédits enregistrés sur 2013 et 2014. Suivaient ensuite les grandes entreprises (30 %) et les entreprises de taille intermédiaire (22 %).
De surcroît, le seul rapport du comité de suivi du CICE publié à ce jour soulignait que 78 % de la masse salariale des TPE/PME était éligible au CICE (donc concerné par la baisse des charges), contre 56 % dans les entreprises de plus de 2 000 salariés.
• Le gouvernement socialiste n'a-t-il vraiment rien fait pour les PME ?
« Vous n'avez pas baissé les charges des PME. »
FAUX

Depuis 2013, diverses cotisations sociales ont été réduites par le gouvernement socialiste sur l'ensemble des 3 millions d'entreprises françaises (parmi lesquelles on ne compte que 205 grands groupes).
L'allégement des cotisations sociales patronales prévues par le pacte de responsabilité et le CICE (cotisations sociales et familiales) concerne aujourd'hui 90 % des salariés. La contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), un impôt sur les entreprises dont le chiffre d'affaires était supérieur à 200 000 euros, est progressivement supprimée depuis 2015, en commençant par les TPE-PME. En outre, depuis janvier 2016 jusqu'en juin 2017, les entreprises de moins de 250 salariés ont bénéficié d'une prime à l'embauche de 4000 euros sur deux ans, pour toute embauche d'un nouveau salarié en CDI. la baisse de l'impôt sur les sociétés à 28 % qui sera étendue à toutes les entreprises en 2020 bénéficiera d'abord en 2017 au PME.
Retraites, GPA, fichés S... Des intox sur les thèmes de société
• Marine Le Pen nie avoir promis la retraite à 60 ans « sous deux mois »
Amnésie


Marine Le Pen s'est engagée au cours du débat sur le retour à la retraite à 60 ans d'ici à la fin de son quinquennat si elle est élue. Emmanuel Macron lui a fait remarquer qu'auparavant, elle parlait d'un délai « dans les deux mois ; ça a changé », ce que l'intéressée a nié.
Et pourtant, dans une vidéo publiée sur le site du FN le 11 avril, Marine Le Pen inscrivait bien la proposition dans les dix premières mesures de son quinquennat, « dans les deux premiers mois de [son] mandat ». Elle a donc bien largement revu à la baisse sa promesse.
• GPA : Marine Le Pen reprend les intox de La Manif pour tous
« Vous êtes en train de créer des filières de GPA à l'étranger. »
FAUX

Marine Le Pen a déformé la vérité sur ce sujet en usant des arguments de La Manif pour tous. La gestation pour autrui (GPA) est interdite en France et Emmanuel Macron ne veut rien changer à ce fait.
La question qui se pose est celle du devenir des enfants nés de GPA à l'étranger, et donc adoptés ensuite par des parents français. Jusqu'en 2015, la citoyenneté de ces enfants était reconnue ou non selon les tribunaux. Une circulaire de l'ancienne garde des sceaux, Christiane Taubira, a cherché à harmoniser ces décisions en se conformant à celle de la Cour européenne des droits de l'homme, qui a tranché la question au niveau européen.
C'est cette reconnaissance de la citoyenneté des enfants nés de GPA à l'étranger que M. Macron acte dans son programme. De fait, la France n'a que peu de choix, puisqu'il s'agit là d'une jurisprudence européenne à laquelle elle doit se conformer.
L'argument de La Manif pour tous vise à dire qu'en se conformant à cette décision la France reconnaît de fait la GPA à l'étranger. Ce qui est faux : elle donne la citoyenneté française aux enfants nés d'une GPA à l'étranger.
• La retraite à points de Macron était-elle aussi proposée par Fillon ?
« La retraite à points on la trouvait aussi chez M. Fillon. »
FAUX

Non seulement François Fillon ne proposait pas la retraite par points, contrairement à Emmanuel Macron, mais il proposait de surcroît un recul de l'âge légal départ à la retraite (ce que ne propose pas Emmanuel Macron). L'ex-premier ministre qualifiait même en mars « d'illusion » la retraite par points du fondateur d'En marche !.
• L'aide médicale d'Etat, meilleure que la couverture maladie des Français ?
« Il y a des moyens pour financer (...) l'aide médicale d'Etat aux clandestins, qui permet de prendre en charge des soins et de les rembourser bien mieux qu'on ne rembourse aux Français en situation difficile. »
FAUX

L'aide médicale d'Etat (AME), qui finance notamment les soins aux immigrés sans statut, a représenté en 2015 un coût de 775 millions à un milliard d'euros. Mais il est complètement abusif de présenter la couverture accordée au titre de l'AME comme supérieure à celle dont bénéficient les Français.
Tout Français a le droit à la prise en charge de ses frais de santé grâce à la protection universelle maladie (PUMA). Pour les plus défavorisés, la part complémentaire des soins est également prise en charge par la CMU-C (environ 5,2 millions de Français en bénéficiaient en 2015).
L'AME offre un panier de soins réduit en comparaison et a concerné entre 250 000 et 280 000 personnes par an ces dernières années. Les inspections générales des finances et des affaires sociales rappelaient en 2007 dans un rapport que l'AME « ne couvre pas de soins de "confort" ». Il est donc faux d'affirmer que l'AME se ferait au détriment des soins des Français.
• Une proposition toujours inapplicable sur les fichés « S »
« Il faut que l'on expulse tout de suite les fichés S étrangers sur notre territoire. Tous ceux qui ont un lien avec le fondamentalisme islamiste, dehors ! »
INAPPLICABLE

Marine Le Pen laisse entendre qu'il serait possible d'expulser de manière systématique des étrangers soupçonnés d'appartenir de près ou de loin à la mouvance djihadiste. Or, la décision d'expulsion ne peut se faire qu'en fonction d'une appréciation individuelle de la menace.
La candidate a de nouveau mentionné sa proposition d'expulser tous les fichés « S » étrangers. La loi permet tout à fait d'expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l'ordre public ». La décision peut être prise par le préfet ou, dans certains cas, le ministre de l'intérieur.

Sauf « urgence absolue », la procédure demande de convoquer la personne concernée devant une commission avant de prendre une décision. Convocation qui doit être notifiée au moins quinze jours à l'avance.
Il n'est pas nécessaire que la personne visée ait été condamnée, mais le danger doit être jugé « actuel » et « proportionnel » à la décision d'éloignement. Le cas des fichés « S » regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques. La fiche « S » est un outil de surveillance, pas d'appréciation du niveau de dangerosité d'un individu.
• La double peine a-t-elle été supprimée ?
« La double peine, ça a été supprimé il y a quelques années. On est aujourd'hui obligés d'accepter sur notre territoire et de subvenir aux besoins de ceux qui sortent de prison et qui sont de nationalité étrangère. »
FAUX

Ce que l'on appelle la « double peine » est le système consistant à renvoyer dans leur pays d'origine, à l'issue de leur peine de prison, les étrangers condamnés en France.
Ce principe qui existe depuis 1945 a été critiqué par Nicolas Sarkozy avant 2007, qui avait promis d'y mettre un terme. Mais contrairement à ce qu'affirme Marine Le Pen, la « double peine » n'a jamais été supprimée. La loi a simplement prévu davantage d'exceptions.
• Macron sans programme ?
« Le lendemain de l'attentat [sur les Champs-Elysées], vous avez dit : "Je ne vais pas inventer un programme dans la nuit contre le terrorisme." Vous vous présentez sans programme constitué. »
FAUX

Marine Le Pen a tancé Emmanuel Macron au sujet de la lutte contre le terrorisme. Certes, le fondateur d'En marche ! a déclaré le lendemain sur RTL : « Moi je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit. »
Mais la candidate du FN tombe dans l'outrance en affirmant qu'il n'avait pas de programme de lutte contre le terrorisme – il a de fait plusieurs propositions dans ce domaine. Les propos de son rival auquel elle a fait allusion visaient au contraire à affirmer qu'il ne comptait pas le modifier au gré de l'actualité :
« Ça, c'est de l'irresponsabilité, ce que veulent ceux qui nous assaillent, c'est la panique, que nous changions chaque jour de proposition et de programme au gré des circonstances, c'est que nous nous divisions, qu'on arrête la campagne présidentielle. »
• Une citation tronquée de François Hollande
« Comme vous êtes socialiste, vous allez nous dire : "Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paie" ! »
TROMPEUR

Marine Le Pen fait ici allusion à une citation déformée de François Hollande au cours d'une interview sur TF1 en 2014. Gilles Bouleau interrogeait le chef de l'Etat sur le coût des emplois d'avenir pour les collectivités locales. Voici l'échange en question :
François Hollande : « Il y a des collectivités locales qui ne veulent pas se lancer de peur d'avoir à pérenniser ces emplois. (...) Les collectivités locales ont certaines difficultés financières, aussi. »
Gilles Bouleau : « Et parce que ça coûte très cher. »
François Hollande : « Non, c'est l'Etat qui paie. Donc en l'occurrence non, ça ne coûte pas cher aux collectivités locales, puisque c'est l'Etat qui paie. » (...)


Gilles Bouleau : « L'Etat ce sont les contribuables. De Marseille par exemple... »
François Hollande : « Oui, mais ce n'est pas la collectivité marseillaise, ou le département ou la région, mais je vais y revenir. C'est l'Etat qui fait l'effort. »
Cette citation a ensuite été déformée par certains, qui ont voulu faire dire à François Hollande : « Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paie. » Or, le président disait simplement que ce n'était pas aux collectivités de payer, mais à l'Etat. Mais il parlait bien d'un effort pour le budget de l'Etat.
• La loi El Khomri favorise-t-elle le communautarisme ?
« Avec la loi El Khomri, vous interdisez aux chefs d'entreprise de pouvoir éviter les revendications communautaristes et les exigences religieuses au sein de l'entreprise. »
FAUX

Marine Le Pen reprend ici une intox déjà mise en avant par Jean-François Copé en 2016. Pourtant, la loi El Khomri n'a pas fait évoluer la doctrine sur les libertés religieuses en entreprise.

Elle prévoit que « le règlement intérieur peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés si ces restrictions sont justifiées par l'exercice d'autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l'entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »


Une mention qui ne change rien au droit des salariés, puisque la liberté religieuse est déjà consacrée par deux textes fondamentaux :
• à l'échelle européenne par l'article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH) ;
• à l'échelle nationale par l'article L. 1121-1 du code du travail, qui interdit les « restrictions aux libertés individuelles », et l'article L. 1321-3, qui n'autorise pas les « restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

 

Alain Badiou : « Voter ou réinventer la politique ? » in lemonde.fr

Dans une tribune au « Monde », le philosophe estime que le vote ne fait que renforcer le conservatisme. Il préconise au contraire de « réinventer le communisme ».
TRIBUNE. Nombreux sont les électeurs qui restent encore indécis quant au scrutin présidentiel. Je peux les comprendre. Ce n'est pas tant que le programme des candidats tenus pour éligibles soit obscur ou confus. Ce n'est pas tant – je reprends ici une tournure que j'avais appliquée naguère à Sarkozy, et qui a connu un certain succès – qu'il faille se demander « de quoi ils sont le nom ». C'est bien plutôt que ce n'est que trop clair.


Marine Le Pen est la version modernisée, donc féminisée, de l'extrême droite française de toujours. L'increvable pétainisme.


François Fillon est un pétainiste en costume trois pièces. Sa philosophie, personnelle ou budgétaire, se résume à « un sou est un sou ». Il n'est pas regardant sur la provenance de ses propres sous, et est par contre d'une intransigeance et d'une avarice sordides quand il s'agit des dépenses budgétaires, et en particulier des sous dus aux pauvres.


Benoît Hamon est le représentant timide, quelque peu étriqué, du « socialisme de gauche », détermination qui a toujours existé, bien qu'elle soit plus difficile à identifier et découvrir que l'Arlésienne.


Jean-Luc Mélenchon, certes le moins antipathique, n'en est pas moins le parlementaire de ce qu'on appelle aujourd'hui la gauche « radicale », à la lisière précaire entre vieux socialisme en ruine et communisme fantomatique, masquant le peu d'audace et de clarté de son programme par une éloquence à la Jaurès.
Emmanuel Macron, lui, est une créature sortie du néant par eux, nos vrais maîtres, les capitalistes les plus récents, ceux qui ont acheté, par précaution, tous les journaux. S'il croit et dit que la Guyane est une île ou que Le Pirée est un homme, c'est parce qu'il sait que parler n'a jamais engagé personne dans le camp qui est le sien.
Alors, obscurément, ceux qui hésitent sentent que dans ce théâtre de rôles anciens et connus, la conviction politique ne compte guère, ou n'est qu'un prétexte pour de fallacieux effets de manches. C'est pourquoi il est utile de partir de la question : qu'est-ce que la politique ? Et qu'est-ce qu'une politique, repérable, affichée ?


Quatre orientations politiques fondamentales


Une politique peut toujours se définir à partir de trois composantes. D'abord, la masse des gens ordinaires, avec ce qu'ils font et ce qu'ils pensent. Nommons-la « le peuple ». Ensuite, diverses formations collectives : associations, syndicats et partis – en somme, tous les regroupements capables d'action collective. Enfin, les organes du pouvoir d'Etat – députés, gouvernement, armée et police – mais aussi les organes du pouvoir économique et/ou médiatique (la différence est devenue presque imperceptible), soit tout ce qu'on appelle aujourd'hui, d'un terme tout à la fois pittoresque et accablant, les « décideurs ».
Une politique consiste toujours à poursuivre des objectifs en articulant ces trois éléments. Alors, on peut voir que, en gros, dans le monde moderne, il a existé quatre orientations politiques fondamentales : fasciste, conservatrice, réformiste et communiste.


L'orientation conservatrice et la réformiste constituent le bloc central du parlementarisme dans les sociétés capitalistes avancées : droite et gauche en France, républicains et démocrates aux Etats-Unis, etc. Ces deux orientations ont en commun un point fondamental : elles affirment que le conflit entre elles, notamment à propos de l'articulation des trois éléments, peut et doit rester dans des limites constitutionnelles qu'elles acceptent l'une et l'autre.


Ce qu'il y a de commun aux deux autres orientations, la communiste et la fasciste, par ailleurs violemment opposées quant à leurs objectifs, c'est qu'elles soutiennent que le conflit des partis quant à la question du pouvoir d'Etat est tendanciellement irréconciliable : il ne se laisse pas limiter par un consensus constitutionnel. Ces orientations refusent d'intégrer dans leur conception de la société et de l'Etat des objectifs contradictoires aux leurs, voire simplement différents des leurs.
Les orientations fascisantes favorisées


On peut appeler « parlementarisme », en tant que forme d'Etat dominante dans ce qu'on nomme l'Occident, une organisation du pouvoir d'Etat qui, par la médiation de la machinerie électorale, des partis et de leur clientèle, ainsi que de ressources financières souvent occultes, assure l'hégémonie partagée des conservateurs et des réformistes et élimine, sur ses bords, toute prétention étatique sérieuse des fascistes et des communistes.
Il faut pour cela qu'existe un tiers terme, une puissante base contractuelle commune, à la fois extérieure et intérieure aux deux orientations principales. Il est clair que dans nos sociétés, cette base est le capitalisme libéral. La liberté d'entreprendre et de s'enrichir sans limites, le respect absolu, garanti par la justice et par une lourde police, du « droit » de propriété, la confiance dans les banques, l'éducation des jeunes, sous couvert de « démocratie », la concurrence, l'appétit pour la « réussite », l'affirmation répétée du caractère utopique et nuisible de l'égalité : voilà la matrice des « libertés » consensuelles. Ce sont ces libertés dont les deux partis dits « de gouvernement » s'engagent plus ou moins tacitement à garantir la pérennité.


Le devenir du capitalisme peut introduire dans les populations, notamment dans la petite bourgeoisie menacée d'une déchéance de son statut ou dans les régions ouvrières ravagées par la désindustrialisation, quelques incertitudes quant à la valeur du consensus parlementaire, et donc quant à la confiance accordée, lors du rituel électoral, aux « grands » partis conservateurs ou réformistes. C'est le cas en Occident, où une forme de décadence est perceptible au vu de la montée en puissance des pays d'Asie. Cette crise subjective favorise aujourd'hui unilatéralement les orientations fascisantes, nationalistes, religieuses, islamophobes et guerrières parce que la peur est mauvaise conseillère, et que ces subjectivés de crise sont tentés de se cramponner à des mythes identitaires. Surtout, parce que l'hypothèse communiste est sortie terriblement affaiblie de l'échec historique de ses toutes premières versions étatisées, les principales étant l'URSS et la Chine populaire.


La conséquence de cet échec est évidente : une bonne partie de la jeunesse, des démunis, des ouvriers abandonnés, du prolétariat nomade de nos banlieues sont convaincus que, contre le consensus parlementaire, n'existe que la politique fasciste des identités hargneuses, du racisme et du nationalisme.


Le communisme, une libération de l'humanité


Pour s'opposer à cette terrible dérive, il n'y a qu'un seul chemin : réinventer le communisme. Ce mot maudit doit être relevé, lavé, recréé. Il annonce, depuis moins de deux siècles, mais dans une grande vision étayée sur le réel, une libération de l'humanité. Quelques décennies de tentatives sans précédent, violentes parce que brutalement encerclées et attaquées, et finalement vouées à l'échec, ne peuvent convaincre quelqu'un de bonne foi qu'elles suffisent à annuler cette annonce et nous contraignent à renoncer pour toujours à sa réalisation.


Alors, voter ? Soyons, sur le fond, indifférents à cette demande de l'Etat et de ses organisations.

Nous devrions désormais tous le savoir : voter, ce n'est jamais que renforcer une des orientations conservatrices du système existant.


Ainsi, ramené à son contenu réel, le vote est une cérémonie qui dépolitise les peuples. Commençons par rétablir dans ses droits la vision communiste de l'avenir, partout. Que des militants convaincus aillent en discuter le principe dans toutes les situations populaires du monde, et qu'alors, comme le proposait Mao, « nous rendions au peuple, dans sa précision, ce qu'il nous donne dans la confusion ». C'est cela, réinventer la politique.


Alain Badiou (philosophe) http://www.lemonde.fr/idees/article

MARCHER-Écouter ce que nos pas nlous disent-Essai-Gérard Lefebvre
PHILOSOPHIE SPIRITUALITÉ

Page après page, et pas après pas, cet ouvrage est une invitation à écouter ce que nos pas nous disent.

Écouter ce qu'ils disent de nous, de notre corps et de nos pensées.

Ce qu'ils nous disent aussi de l'état du monde, de nos certitudes, de nos aspirations et de nos limites.

Somme toute, un prétexte pour se laisser aller à deviser le long des chemins.

Page après page et pas après pas, cet ouvrage est une invitation à écouter ce que nos pas nous disent ; écouter ce qu'ils disent de nous, de notre corps, de nos pensées et de nos in¬fi nies réflexions. Ce qu'ils nous disent de notre Histoire humaine, de l'état du monde, de nos certitudes, de nos bonheurs, de nos troubles, de nos ambiguïtés et de nos limites. Écouter ce que chacun de nos pas nous murmure dans l'inachevé de nos chemins et dans notre quête permanente de mieux nous comprendre. Nous laissons souvent, en des endroits connus de nous seuls, des traces, des fragments de ce que nous sommes, ou de ce que nous avons été.

Tels des éclats parsemés de nos états d'âme, de nos joies, de nos enchantements, de nos déceptions et de nos douleurs. Il arrive que longtemps, parfois très longtemps après, nous les retrouvions...

Ce livre est conçu comme « l'accompagnant » de nos multiples voyages à pied et de nos surprenants voyages intérieurs, con-fidentiels et secrets. Il est imaginé pour pouvoir être ouvert à la page et à la lettre de son choix. Mais il constitue surtout un prétexte pour se laisser aller à deviser le long de chemins dont l'identité est volontairement tenue secrète.


Gérard Lefebvre nous propose d'emprunter des itinéraires aux géographies incertaines et changeantes, semblables aux chemins hasardeux de nos destinées. Ce huitième ouvrage (à glisser dans son sac de randonnée) nous donne matière à aiguiser notre ré¬flexion tout en nous appliquant à marcher encore et toujours...


Un livre osé qui pointe les errements d'un gouvernement d'amateurs ou de « griots ». Aucune prospective malgré les talents. Aucune stratégie malgré les conseils et les milliards de CFA prêtés ou donnés au pays. Un pays qui avance avec la seule idée que « dieu est grand » n'ira pas loin. Pape B CISSOKO


Merci à Ady Diop qui nous a soufflé cet ouvrage. ichrono.info grandit grâce à vous.

Harmattan Sénégal SCIENCES POLITIQUES SOCIOLOGIE AFRIQUE NOIRE Sénégal


«J'ai toujours considéré que l'Etat du Sénégal n'a pas de programme de développement. Ce qui est appelé Plan Sénégal émergent (Pse) n'est en réalité qu'un diagnostic de la situation économique et sociale du pays tiré de la Sndes (Stratégie nationale de développement économique et sociale) et une théorie du développement passe-partout dont on pourra juger la pertinence qu'à l'aune des projets en cours de réalisation.»


Dans cette analyse sociopolitique, l'auteur veut "oser dans une démarche de construction, écorcher à vif les tares de la société sénégalaise". Il avertit et interpelle la conscience citoyenne en offrant, au-delà de la critique acerbe, une alternative à chaque problème soulevé. Ce livre pose la nécessité pour le Sénégal d'engager une profonde réflexion en vue de corriger sa trajectoire politique, son modèle de développement et le mode de gestion de l'État.


« On n'abdique pas l'honneur d'être une cible » Edmond Rostand Voilà comment on pourrait résumer le regard critique et l'analyse sociopolitique de Cheikh Bamba Dièye. Dans cet ouvrage provocateur à souhait, il assume depuis le titre annonciateur, Sénégal : Thérapie pour un pays blessé, sa mission, celle « d'oser dans une démarche de construction, écorcher à vif les tares de la société sénégalaise ».
Il avertit et interpelle la conscience citoyenne : « Personne ne peut se prévaloir d'une pureté ou d'une probité qui l'exclurait du banc des accusés. Cela ne servirait à rien de réclamer un droit à l'exception puisqu'elle ne ferait que confirmer la règle ».

On découvre au fil des pages pour s'en délecter, la qualité de la plume de l'écrivain à côté de l'expertise de l'homme d'État soucieux, au-delà de la critique acerbe, d'offrir une alternative à
chaque problème soulevé.


Taquin, il déclare : « Mon intention n'est pas ici de faner qui que ce soit même si, à l'épreuve du temps, la nature de toute leur quelle que soit sa beauté est de se faner. C'est d'ailleurs dans le renouvellement, le travail et la veille constante qu'un jardin conserve sa beauté et que mille leurs s'y épanouissent ». Chacun se fera une idée à la fin de cet ouvrage inédit dans l'espace politique sénégalais. Un livre qui, par la qualité et la profondeur de son analyse, ne laissera indiffèrent ni le lecteur, ni le chercheur, ni l'acteur de la vie politique.

Cheikh Bamba DIÈYE est Ingénieur des Travaux publics, spécialiste en développement local et en aménagement du territoire. Il a été ambassadeur de l'Institut des Nations Unies pour la Réduction des Risques et Catastrophes (ISDR) sur le changement climatique.


Homme politique engagé, ancien ministre, député du Sénégal de 2007 à 2012 et maire de la ville de Saint-Louis de 2009 à 2014, Cheikh Bamba Dièye, Secrétaire général du FSD-BJ, incarne la nouvelle vague politique au Sénégal par sa constance, sa rigueur et sa crédibilité.


Lu ici et là : les bonnes feuilles


«Sénégal : Thérapie pour un pays blessé», le livre de Bamba Dièye démonte les projets de Macky Sall
Le leader du Fsnd-Bj, Cheikh Bamba Dièye, sort ce lundi 3 avril Sénégal : Thérapie pour un pays blessé(Harmattan), un livre qui passe au crible la gestion du Président Macky Sall. L'ancien maire de Saint-Louis flétrit le PSE et estime que le chef de l'Etat n'a pas le sens des priorités.
Cherté du Centre Abdou Diouf


«Le Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad) a coûté plus de 55 milliards de nos francs deux fois plus chers que celui d'Annecy en France. Ce dernier du même ordre plus moderne et plus aux normes a été réalisé en plein centre-ville avec des contraintes plus grandes (fondation au milieu des immeubles, difficulté de construire en ville, parking souterrain, acquisition foncière, etc.).


Le centre Abdou Diouf lui a été construit dans un espace ouvert sans contraintes. Son éloignement et le manque d'hôtels et de vie aux alentours font qu'il faudra plusieurs années avant de pouvoir y organiser plus de cinq conférences d'une envergure équivalente au standing de ce centre.
Si, pour prouver le contraire, l'Etat s'amuse à organiser des conférences sur ce site, le coût de chaque conférence sera 2 à 3 fois supérieur à une conférence faite à Dakar.

Sans compter l'entretien et les frais généraux qui sont estimés à 350 millions en 2016 et 230 millions pour 2017 dans le budget national. L'alternative à cet investissement, qui est un fait du prince, aurait été de venir aménager en anneau autour du monument de la Renaissance un complexe (parking, deux salles de conférences grand standing, plus d'une vingtaine de salle de réunion, des salles de cinémas, des salles d'exposition, des boutiques etc.).
Un tel projet est plus en conformité avec le Pse qui veut faire de Dakar un Hub de services réceptacle de conférences internationales. Un tel projet aurait eu au moins le mérite de rattraper le coût de la première bourde qu'a été le monument de la Renaissance. L'investissement serait vite rentabilisé et, lorsque la nouvelle ville de Diamniadio aurait atteint sa plénitude dans une quinzaine d'année, peut être qu'un centre approprié pourrait y être construit avec toute la pertinence qui sied.


Coût exorbitant de l'autoroute «Ila Touba»


«Un autre souci à se faire est relatif au projet d'autoroute Ila-Touba : un tronçon de 133 km en deux fois deux voies sur un terrain plat sans contraintes majeures pour un coût global de 418 milliards de francs CFA soit un coût de 3,14 milliards le kilomètre. Le projet sénégalais comporte la construction de : 6 échangeurs, 6 passages inferieurs, 19 passages supérieurs, 20 passerelles pour piétons, 2 postes de péages pleine-voies - 4 postes de péages sur bretelles, 100 dalots. Par opposition au projet autoroutier marocain Agadir - Marrakech financé par la Bad et la Bid, un tronçon de 233,5 km en deux fois deux voies dans une zone désertique et montagneuse pour un coût de 471 milliards soit un coût au kilomètre de 2 milliards de francs Cfa.


Le projet marocain comporte la construction de 4 échangeurs, 13 viaducs, 70 passages supérieurs, 12 passages inferieurs, 22 passages véhicules, 16 passages piétons, 350 dalots et 4 gares de péages. Avec 100 km en plus le projet marocain beaucoup plus contraignant revient approximativement au même prix que le projet sénégalais plus court et plus facile à réaliser. Si on devait comparer les deux autoroutes sur 133 km, le prix du projet Ila-Touba serait de 418 milliards et 266 milliards pour le projet marocain soit une différence de 152 milliards. Je mets au défi le gouvernement du Sénégal de prouver l'efficience de ce projet phare du Pse.
Une alternative à cette dépense électoraliste aurait été de confier ce projet au khalife général des mourides et à sa communauté en lui demandant de mobiliser avec ses disciples l'épargne intérieure comme dans un passé récent où il a fallu avec Mame Cheikh Anta Mbacké réaliser le chemin de fer Diourbel-Touba pour les besoins de la construction de la grande mosquée. Il ne fait aucun doute que sur une période relativement courte, cette communauté dynamique mobilisera les fonds nécessaires à ce projet. On évitera de ce fait un endettement inutile.


«Si on avait confié Ila Touba au khalife des mourides'»


«Ce projet serait, du point vue de son financement, un patrimoine bien sénégalais qui appartiendrait au mouridisme. Le péage serait aussi plus qu'abordable et les recettes générées pourraient alimenter un fond d'investissement qui va financer de grands projets comme le canal du Cayor vers Touba, en conformité avec une prédiction de Khadimou Rassoul , des projets modernes d'agriculture et d'élevage intensifs avec d'autres investissements structurants au profit de Touba et des mourides trouveraient un financement par ce biais.


Malgré toutes les déclarations, il est établi à ce jour qu'au moins 30 milliards ont été décaissés pour réhabiliter le building administratif. Alors qu'au même moment un projet pour délocaliser des ministères à Diamniadio est lancé. Là où le siphonage de nos ressources est effarant, c'est au niveau du coût stratosphérique de l'investissement si l'on sait que le bâtiment neuf qui a servi à reloger les ministères qui sont sortis du building n'a couté à son propriétaire que 7 milliards.
Il faudrait que nous soyons tous, complètement hermétiques, pour voir un intérêt à agir de la sorte avec les deniers publics. Et une fois de plus je les mets au défi de prouver l'efficience dans cette manière de faire. Il s'agit là d'un investissement qui prouve que nulle part dans la démarche en cours, il existe un souci d'aider le Sénégal et ses citoyens à sortir de la spirale de la pauvreté et du sous-emploi. La seule logique qui a court est celle de tirer un profit de ses investissements pharaoniques en sommes dépensées et «tchernobylesques» en conséquence


«Concernant le Train Express Régional, tous les records sont battus. La démarche frise la démence, le manque de compassion pour le Sénégal et une incapacité à recentrer nos dépenses autour de nos priorités et en phase avec la faiblesse de nos ressources. Comme d'habitude, pas de calcul de rentabilité avec la prétention loufoque de transporter journalièrement 150 000 passagers. Nous savons que l'aéroport de Dakar a environ 5 millions de passagers l'année soit un maximum de 14 000 à 20 000 voyageurs par jour.


Il faudra alors combler un gap de 130 000 voyageurs par jour si l'on considère que tous les passagers à l'arrivée comme au départ prendront le Ter. Mission impossible, rentabilité douteuse et affairisme de bas étages tels sont les caractéristiques de ce projet démentiel. En comparaison, le TGV nigérian sur le tronçon Abuja - Kaduna long de 187,7 km coûte environ 533 milliards de francs CFA. Notre Ter entre Dakar- Aibd (Aéroport international Blaise Diagne) sur une distance de 55 km va coûte
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