LE CLAN FAYE-SALL AU CŒUR DES SCANDALES POLITIQUES ET ECONOMIQUES DU SENEGAL par Seybani SOUGOU( CADRE FRANCO-SENEGALAIS)


« Les tyrans ont une grande connaissance des hommes. Ce ne sont pas des idiots. Ils savent exactement comment on manipule les peuples. Ils avancent jusqu'au bout, jusqu'au moment où la situation leur échappe » Emil CIORAN


Inexorablement, Macky Sall poursuit son projet d'asservissement des sénégalais, de confiscation des libertés, et de dépeçage de l'économie sénégalaise. Sans coup férir. Envers et Contre Tout.Après avoir érigé la mauvaise gouvernance en véritable mode de fonctionnement, vidé le code des marchés publics de sa substance afin d'organiser la captation des deniers publics par des réseaux affairistes (qui gravitent autour du pouvoir) et réservé des pans entiers de l'économie à son clan, l'un des plus grands coups portés contre le Sénégal est le choix de Macky Sall de placer son frère Aliou Sall à la tête de la Caisse des Dépôts et consignations.

Cet acte de népotisme ouvertement assumé traduit le mépris total de Macky Sall à l'endroit des sénégalais et constitue une violation manifeste des règles de bienséance qui régissent le fonctionnement d'un régime démocratique. La nomination du frère du Président, Aliou Sall comme Directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations en 2017 (un an avant le scrutin présidentiel), est d'une extrême gravité puisque que cet Etablissement Public à caractère spécial est chargé de recueillir l'ensemble des cautions déposées par des candidats à une élection présidentielle et de délivrer le précieux sésame(attestation signée par Aliou Sall himself) sans lequel aucune candidature aux présidentielles ne peut être validée.


L'immixtion directe et officielle du frère du Président dans le processus électoral, révèle une interférence jusque-là, jamais connue dans l'histoire politique du Sénégal, et doit être combattue avec la plus grande vigueur par tous les démocrates. Il s'y ajoute que de par sa position à la tête de la CDC, Aliou Sall dispose d'un trésor de guerre inestimable (des centaines de milliards de F CFA) qu'il ne se privera nullement d'injecter dans le scrutin présidentiel pour appuyer son frère, Macky Sall, Président de la République (CF article 14 de la Loi n° 2006-03 du 4 février 2006 portant création de la Caisse des Dépôts et Consignations qui permet au Directeur de la CDC de faire appel aux comptables du trésor ou de l'Administration pour effectuer des opérations de recettes et de dépenses.....).

Une sérieuse entorse au principe d'égalité entre candidats. L'existence d'une situation inouïe de conflits d'intérêts, prouve le mélange des genres par les 2 frères SALL, unis par des intérêts convergents (Macky Sall œuvrant pour sa réélection en 2019, et Aliou Sall agissant pour préserver sa mainmise sur l'économie du pays). A la veille d'un scrutin présidentiel capital pour le devenir des sénégalais, Aliou Sall doit être démis de ses fonctions de Directeur de la CDC, dans les meilleurs délais, et céder sa place à une personnalité de la société civile, offrant toutes les garanties d'indépendance et de neutralité vis-à-vis du pouvoir exécutif. La mise en place d'un scrutin libre, sincère et démocratique en 2019, exige qu'Aliou Sall soit mis à l'écart de la Caisse des Dépôts et Consignations. Libre à Macky Sall, s'il le souhaite de nommer son frère comme Conseiller (encore que le pouvoir de nomination prévu par l'article 20 de la Constitution n'est pas une prime au laxisme) !

Dans le cas d'espèce, ce dont il s'agit, c'est de priver le frère du Président de tout pouvoir institutionnel lui permettant d'agir ou d'intervenir, de quelque façon que ce soit dans les joutes présidentielles. Nous dénions vigoureusement à Aliou Sall cet attribut.
Dans le clan FAYE-SALL, le beau-frère du Président, Mansour Faye n'est pas en reste. Tout le monde se souvient que lors des élections locales de 2014, le résultat du scrutin a été inversé à Saint Louis (grâce à un impressionnant déploiement des forces de l'ordre avant la proclamation des résultats) pour permettre à un des piliers du clan, de devenir le Maire de Saint Louis. Celui qui cumule les casquettes de Maire et Ministre de l'Hydraulique est davantage célébré pour son incompétence notoire et son exploit de ramener le Sénégal à l'âge de la pierre (persistance des pénuries d'eau à Dakar et sa périphérie). Quant à la fondation « Servir le Sénégal » déclarée d'utilité publique ; son fonctionnement pour le moins opaque interpelle tous les sénégalais.

D'où tire t'elle ses subventions et quelles en sont les contreparties ? Qui en sont les bénéficiaires ? Qui contrôle les activités de cette fondation ? Mystère et boule de gomme. La galaxie FAYE-SALL c'est une kyrielle de flagorneurs, de courtisans, et de distributeurs de billets automatiques, au service exclusif de la défense des intérêts du clan.


En 2012, les sénégalais se mobilisaient pour contrecarrer une dévolution monarchique du pouvoir (du père au fils). En 2018, les sénégalais ont affaire à la galaxie FAYE-SALL, un clan dont la boulimie est sans limite, et qui, telle une pieuvre, étale ses tentacules partout, avec une mainmise totale sur tous les leviers administratifs, politiques et économiques du Sénégal.


Ne nous y trompons pas : le projet de loi sur le parrainage citoyen et le projet de révision de l'article L57 du code électoral (ajout de la mention "ELECTEUR") ne sont que la face visible d'une stratégie globale pour le forcing électoral qui se prépare en Février 2019. S'agissant des multiples entraves mis en place par le régime pour le bon déroulement du scrutin présidentiel à venir, l'un des plus grands dangers réside dans l'édition des bulletins de vote des candidats. En effet, la tentation est grande d'éditer des bulletins suffisants pour le candidat Macky Sall et de produire, volontairement, en nombre limité les bulletins des adversaires du Président, prétendants à la magistrature suprême.


Cette technique vieille comme le monde, est utilisée par certains régimes impopulaires, adeptes de fraudes, lors de scrutins présidentiels. Elle permet mécaniquement, le jour J (jour du vote) au Président sortant de se retrouver avec un nombre global de voix supérieur à celui de ses concurrents, en toute « légalité », du fait d'un dysfonctionnement volontaire parfaitement planifié dans les centres de vote. A ce niveau, le bulletin unique adopté par de nombreux pays africains (Côte d'Ivoire, Kenya, Libéria, Congo Brazzaville) et plébiscité par tous les démocrates y compris, l'ex-Ministre, Aminata Touré, membre de l'APR (à moins d'un revirement à 180 degrés), constitue par excellence l'outil permettant de parer à ce type de fraude (le principe d'égalité est garanti, puisque tous figurent dans le même bulletin). Il y a lieu de se demander pourquoi le bulletin unique qui permet de réduire en pièce l'achat de conscience, de réaliser un gain de temps, et des économies substantielles pour le budget national n'a pas les faveurs du régime qui clame sous tous les cieux une transparence, dont elle ne veut jamais.


En réalité, le « parrainage citoyen » entre dans le cadre d'une stratégie globale de conservation du pouvoir, murie, planifiée et dont l'exécution est en train de se dérouler sous nos yeux. De la rétention illégale des cartes d'électeurs de millions de sénégalais à la nomination d'Aliou Sall à la tête de la CDC, en passant par le parrainage citoyen, Macky Sall et ses conseillers comptent une nouvelle fois se défaire de la vigilance des sénégalais, et rééditer le coup parfait. Par surprise. La forte opposition au parrainage contrecarre le plan d'un passage en douceur, mais ne modifie pas l'axe nodal du projet de Macky Sall qui peut se résumer en ces termes « Que vous le vouliez ou non, j'ai décidé de rempiler en 2019 ». D'où sa détermination vaille que vaille à faire adopter ses 2 projets de lois.


Compte tenu de la fébrilité du régime, il est fort à parier, que Dakar sera en quasi état de siège la veille du 19 avril 2018, Macky Sall ayant prévu d'instaurer une nouvelle épreuve de force contre le peuple.
Curieux paradoxe pour un régime auréolé de 65% en 2012, qui entonne partout, un bilan élogieux, mais qui, pour faire voter 2 projets de lois décriés à l'Assemblée Nationale en 2018, est désormais contraint d'appeler à la rescousse, les forces de « l'Ordre » ! La preuve que Macky Sall a perdu la main et la confiance des sénégalais.


Seybani SOUGOU – E-mail :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Amélioration de la santé au Sénégal et si la solution était numérique ? Par Cécile Thiakane, Actrice du développement social


Pour rappel


« Le Sénégal compte un total de 3 084 structures de santé, indique l'Enquête démographique et de santé du Sénégal continue 2014 (EDS-Continue 2014) réalisée par l'Agence de la statistique et de la démographie (ANSD).
Un document reçu à l'APS, jeudi, fait état de 86 hôpitaux, 242 centres de santé y compris les centres médicaux de garnison (CMG), 1 250 postes de santé y compris les infirmeries des maisons d'arrêt et de correction (MAC) et 1 506 cases de santé.
''Cependant, souligne le rapport, en termes de couverture en infrastructures sanitaires, le Sénégal n'a pas encore atteint les normes3 préconisées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)''.
Par ailleurs l'EDS-Continue 2014 souligne que la part du budget de l'État allouée au secteur de la santé ''a été en hausse régulière ces dernières années''.
''La priorité accordée au secteur de la santé s'est traduite par une augmentation constante du budget du ministère de la Santé qui est passé de 36 milliards de Francs CFA en 1998, à 90,5 en 2008, 105,9 en 2011 et à 110,5 milliards en 2012'', selon le rapport. Le document précise que ce budget représente aujourd'hui 10,4 % du budget de fonctionnement de l'État.
L'EDS-Continue 2014 a été réalisée par l'ANSD, avec le concours technique d'ICF International et du laboratoire de parasitologie de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD).
OID/AD/APS »


http://yveslebelge.skynetblogs.be/archive/

 

Amélioration de la santé au Sénégal et si la solution était numérique ? Par Cécile Thiakane, Actrice du développement social

Le 7 avril, Journée Mondiale de la Santé, une occasion de plus pour s'interroger sur le modèle sénégalais de santé et notre système horizontal de santé. Je fais référence à celui qui doit couvrir la santé en général pour donner accès aux soins et aux médicaments à toute la population, de façon équitable.
Ce système doit avoir pour objectif premier une réduction de la mortalité infantile, de la mortalité maternelle et autres maladies qualifiées à tort, de « banales », car dues à l'extrême pauvreté. Elles tuent encore beaucoup trop de personnes au Sénégal.


Même si on note de grands progrès dans des programmes de santé verticaux ciblés, en préventif et curatif, pour éradiquer des pathologies bien précises : Tuberculose, Polio, SIDA..., ces avancées semblent tirer bénéfice de l'aide au développement. La santé au Sénégal des temps modernes, nécessite davantage de ressources dans le budget de l'Etat et exige une optimisation de la carte infrastructures sanitaires. Dans certaines contrées du Sénégal, l'offre de soins semble être d'une inconsistance pathologique. Malheureusement, l'on fait un constat alarmant, dans ces zones où les populations vivent majoritairement en milieu rural, elles doivent, en grande partie dans l'année, faire face à des urgences de survie. L'état de santé de ces populations peut être fragilisé par leur situation économique favorisant une sous-alimentation ou une malnutrition, mais aussi par la pénibilité de leurs conditions de vie. Dès lors, améliorer lesdites conditions seront corrélées à l'évolution de leur état de santé en général résultant de la réduction de leur vulnérabilité devant certaines infections bactériennes ou virales.


Urgence à mieux soigner les populations


Un peu partout au Sénégal, un secteur privé se développe dans le domaine de la santé et c'est une bonne chose. Malheureusement, il est limité à ceux qui ont les moyens de recourir à cette solution pour se soigner. Donner accès aux soins à toute la population dans des hôpitaux, dispensaires et cases de santé doit rester une priorité absolue dans nos politiques publiques de santé. Dans ces zones rurales difficiles d'accès, l'offre de soins reste insuffisante. Toute la population n'y a pas accès non plus, pour cause d'impécuniosité. Les infrastructures de santé existantes sont loin de couvrir les besoins basiques de soins médicaux de la population tant en préventif qu'en curatif. L'accès aux médicaments est tout aussi problématique. Beaucoup de décès dus à des infections bénignes pourraient être évités avec de meilleures et promptes prises en charge. La mortalité due aux morsures de serpents, d'animaux sauvages ou domestiques, mais aussi piqûres d'arthropodes requiert une attention toute particulière.
Il y a quelques mois, des images d'hôpitaux vétustes au Sénégal ont suscité beaucoup d'émotion dans les réseaux sociaux et l'on se demande comment on peut y recevoir des soins de qualité ou y échapper à des maladies nosocomiales ?


A cette vétusté des hôpitaux et autres centres d'accueil, s'ajoutent un déficit chronique de lits pour assurer des hospitalisations nécessaires pour sauver des vies. On y déplore aussi des plateaux techniques archaïques pour soigner de manière idoine les maux dont souffrent ces populations. Cette situation reste un mal qui gangrène l'efficacité de notre politique de santé pour bonifier certains indicateurs : espérance de vie, mortalité infantile et maternelle etc... Bon nombre de zones rurales affichent encore des taux « préoccupants » en termes de mortalité maternelle et infantile. Elles méritent un focus spécifique pour davantage sécuriser les grossesses et les accouchements. Hormis l'aspect purement médical, certaines de nos croyances, restent des freins à l'épanouissement et au suivi des grossesses. Effectivement, trop nombreuses sont les femmes enceintes qui n'ont aucun suivi médical sur le premier trimestre de leur grossesse, car une certaine tradition ou croyance veut qu'on ne parle de sa grossesse que le plus tard possible pour éviter le mauvais œil ! Un travail de déconstruction de ces croyances populaires est à opérer pour faire mieux comprendre à ces femmes enceintes l'importance capitale des consultations néonatales, des soins obstétricaux pour la future maman et l'enfant à naître.


Améliorer la santé, gage de progrès économique


Dans un cadre plus ciblé, faire un focus sur la santé des femmes et en particulier, celle du monde rural et celle des analphabètes, est indéniablement un levier de progrès socio-économique. Il n'est plus à démontrer qu'améliorer la santé des femmes en général, permet d'adresser de nombreux enjeux qui vont au-delà des soins de santé. Elles ont un rôle de pilier social à valoriser ! Tant qu'elles ne sont pas en bonne santé, elles ne peuvent pas tourner leur attention vers des activités plus créatrices de valeur au bénéfice de toute leur communauté à l'instar de l'éducation, du travail et encore du fait d'élever une famille. Tandis qu'une amélioration de leur santé porte les germes d'une embellie de beaucoup de composants de la vie et in fine au développement économique du pays.
Dans nos pays encore gangrénés par la pauvreté de la moitié de la population qui doit faire face à de nombreuses urgences de survie, assurer un accès large aux soins, mais aussi fertiliser une culture de la prévention est un facteur d'augmentation de l'espérance de vie, de développement et de bien-être.


Quelques solutions


L'amélioration des politiques publiques de santé au Sénégal sera un savant mélange entre solutions opérationnelles et applicables rapidement et au surplus la mise en mouvement d'une démarche prospectiviste de eSanté. De manière très opérationnelle il y a urgence à :
Premièrement, allouer une part plus conséquente du budget de l'Etat à la santé avec le développement de plus d'infrastructures sanitaires publiques dans la totalité du pays tout en jouant sur leur attractivité. Le personnel de santé, médecins, sages-femmes et infirmiers déplorent l'insuffisance de politique d'accompagnement quand ils sont affectés dans les zones rurales. On sait qu'en brousse, les plateaux techniques sont insuffisants ce qui complique leur travail au quotidien.


Deuxièmement, lutter contre les médicaments contrefaits qui inondent encore le marché. Favoriser une médecine alternative pourquoi pas les plantes médicinales et le savoir-faire de certaines méthodes de grand-mère et de tradipratique réglementée pour en tirer le meilleur profit est une voie de progrès.


Troisièmement, faire preuve de plus de justice sociale et d'équité en réglementant mieux les transferts médicalisés en Europe ou dans d'autres pays africains plus avancés que nous sur ces questions. Cela représenterait une réduction des coûts tout en faisant des économies considérables. Ils sont couteux et ne bénéficient pas à l'ensemble des nécessiteux, et ne répondent pas à l'urgence de certaines situations d'extrême urgence. Aujourd'hui force est de constater que seule une classe de privilégiés bénéficie de ce traitement « de faveur ».
Quatrièmement, au niveau des populations, mettre en œuvre plus d'actions visant à transformer la santé mère-enfant. La Réduction des grossesses à répétition qui inhibent le développement d'un point de vu socio-professionnel, car les maintenant dans une situation précaire de dépendance financière et les enfonçant davantage dans le dénuement, reste un défi majeur. Dans le changement des mentalités nécessaires à ces volets, les hommes auront aussi un rôle, et pas des moindres, à jouer pour davantage de femmes ayant recours à la santé de la reproduction. Tout aussi préoccupant, les grossesses précoces fréquentes chez les jeunes filles qui représentent un coup d'arrêt à leur scolarité en général. Au-delà de ce facteur, se pose aussi un problème de fragilisation de leur santé avec les fréquentes complications médicales spécifiques à leur jeune âge.


Toutefois, même si toutes ces méthodes constituent des réponses pour préserver la santé des populations, pour une transformation durable, il faudrait une approche holistique au-delà de l'aspect médical. Apporter une réponse idoine aux : a) questions alimentaires, b) style de vie et c) environnementales serait sans conteste un pas de géant sur la qualité de vie, la santé et du bien-être des populations.


La eSanté, une réponse à l'amélioration de la santé


Dans la perspective de s'arrimer au train du numérique pour la santé, Les NTIC , le Big Data et les avancées de l'Intelligence Artificielle (IA) offrent une pléthore de solutions. Celles-ci visant à renforcer la santé des populations dans les pays en développement. Mobiliser ces technologies permet de mettre en production des offres de télémédecine pouvant pallier au manque de spécialistes, mais aussi établir des diagnostics de maladies via de l'imagerie médicale grâce à des algorithmes de Machine-Learning (apprentissage d'ordinateur). La révolution du big-data qui est en marche dans la société actuelle, mais aussi l'émergence des objets connectés (IoT) offrent d'immenses perspectives pour améliorer la santé et le bien-être des populations. Notons que le Big Data offre aux pouvoirs publics de reconfigurer leur manière de fonctionner en ce qui concerne autant l'innovation que la gouvernance de leurs administrés. En considérant les avantages qu'offre ces technologies d'Intelligence Artificielle (IA) pour le diagnostic et la prévention de certaines pathologies, on pourrait dire que l'IA et le big data sont une chance pour l'homme de défier et pousser encore plus loin les limites de la médecine. La solution développée par l'entreprise DreamQuark via sa Spin Off DreamUp Vision illustre bien cet exemple : automatiser grâce au deep learning (apprentissage machine en profondeur) la détection de maladies de la rétine, notamment la rétinopathie diabétique (1ère cause de cécité chez les adultes) sur des images de fonds d'œil avec des performances aussi bonnes que celles des ophtalmologistes. Cette méthode démocratise le dépistage précoce et permet au plus grand nombre de diabétiques atteints de cette maladie de l'œil d'en profiter et d'éviter des cas de cécité.
Une réponse adéquate pour solutionner les nombreux cas de décès dus à des défaillances dans la disponibilité du sang est le transport des poches de sang par des drones comme c'est déjà le cas dans des pays comme le Rwanda. Cela les rend vite accessibles dans les zones difficiles d'accès via les voies de transports terrestres.


En Afrique et spécialement au Sénégal, même si certaines applications peuvent être onéreuses et difficilement supportables par le budget de nos Etats, il y a une fenêtre d'opportunité à explorer via de l'open innovation (innovation ouverte) et des hackathons (projet collaboratif de programmation informatique) spécial santé. Nous pourrions tirer un meilleur parti du potentiel de nos geeks (fans d'informatique) pour concevoir des applications adressant nos défis actuels. Sur le champ des Web/App nous avons la chance d'avoir un vivier de développeurs experts. En dynamisant leur écosystème par des programmes de financements, d'incubation et d'accélération, dans des FabLab et LivingLab, nous pourrions rendre favorable l'émergence de Start up en eSanté. Les geeks africains pourraient rivaliser sans aucun complexe avec leurs pairs des pays développés et rentrer pleinement dans la compétition mondiale.


A près de six décennies d'indépendance, si nous convenons que l'Afrique est aux Africains, nous serons bien inspirés de faire intervenir sur nos territoires des experts de l'émergence africaine par la mutation des mentalités. Nous pouvons tour à tour citer les travaux en sociologie prospective de Moussa Sarr PhD, sur le bien-être des populations du Dr Mathias Mondo ... etc.
Ces infimes exemples démontrent à eux tous seuls, qu'avec de la volonté, de la vision et du leadership, que nous avons une opportunité en mobilisant ces nouvelles technologies, de nous sortir de nos cercles vicieux du non développement et de son cortège d'urgences de survie pour entrer dans des cercles vertueux d'une économie inclusive.

Aurons-nous cette volonté au Sénégal ?
Cécile Thiakane, Actrice du développement social
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(Source : Thiey Sénégal, 7 avril 2018) http://www.osiris.sn/Amelioration-de-la-sante-au.html

 

OUI J'ECRIS par KhoudiaMathiaka Mbaye- Khoudia Mbaye / Poème inédit

Heureusement pour moi, j'écris

J'écris pour dénoncer
J'écris afin d'esquiver
La haine autodestructrice
J'écris pour m'équilibrer

Oui j'écris

J'accouche ces mots
Qui sortent de mes entrailles
Qui m'intoxiquent, oui ces maux
Ces maux parasites qui entaillent
Mon cœur, mes espoirs beaux

Oui j'écris

J'ai besoin d'écrire
Ecrire pour me libérer
De ces histoires enterrées
Ecrire pour accoucher
Ces démons à moitié endormis

Oui j'écris

Je communique avec cette inconscience
Qui emprisonne ce boucan provoquant
Comme un rythme de tam-tam des Guéwëls
Qui tambourine l'ouie, l'esprit, le corps
Stimulant une danse spirituelle

Oui j'écris

Comme tout le monde, j'ai peur
Comme tout le monde, je m'énerve
Comme tout le monde, je suis heureuse
Comme tout le monde, je suis placide
Grâce à l'écriture, je me soulage, m'extériorise

Oui j'écris

Ces joies, douleurs, tristesses
Etalées sur du papier vierge
M'octroient cette souffrance de l'écriture
Et cette sensation de liberté
L'aisance de s'extasier sur la vieee

Heureusement pour moi, j'écris

Rédigé le 10 avril 2018 par KhoudiaMathiaka Mbaye Khoudia Mbaye

« RELIGION, SPIRITUALITÉ ET PENSÉE AFRICAINES », PAR DOMINIQUE ZAHAN NOTE DU PHILOSOPHE ET ANTHROPOLOQUE LOUIS-VINCENT THOMAS

Un article d'autorité  à lire. P B CISSOKO


« RELIGION, SPIRITUALITÉ ET PENSÉE AFRICAINES », PAR DOMINIQUE ZAHAN
NOTE DU PHILOSOPHE ET ANTHROPOLOQUE LOUIS-VINCENT THOMAS
(Éditions, Payot, Paris, 1970)


Zahan titulaire de la chaire ethnologie et de sociologie africaines l'Université de Paris-V (Sciences humaines Sorbonne), reste un des meilleurs connaisseurs actuels des religions négro-africaines traditionnelles. Spécialisé tout particulièrement dans étude des Bambara auxquels il a déjà consacré deux remarquables ouvrages qui font autorité (Sociétés d'initiation bambara : Le N'domo, le Koré, Mouton, 1960 ; La dialectique du verbe chez les Bambara, Mouton 1963) et des populations maliennes (Mosi Dogo), il nous livre avec le présent ouvrage sa première synthèse articulée autour des trois pôles majeurs de l'âme noire : religion, spiritualité, pensée africaine. Sujet difficile s'il en est un, non seule ment parce que l'on se heurte à l'étonnante diversité des croyances, à la multiplicité des rites et des pratiques, mais encore et surtout parce que l'Auteur s'efforce d'appréhender « du dedans » une réalité complexe, profonde, malaisément saisissable et on ne livre qu'avec réticence surtout à l'observateur occidental. Précisément si Dominique Zahan parvient nous donner une anthropologie voire une théologie africaine, c'est parce qu'il attache moins aux éléments ou aux produits qu'inventorie habituellement le chercheur africaniste qu'à l'attitude de l'homme noir face au numineux et à l'univers au sein duquel il inscrit son action : telle est originalité principale de ce remarquable ouvrage. En s'appuyant sur sa propre expérience et des lectures riches et variées, l'Auteur ne veut pas faire œuvre d'érudition mais plutôt s'efforce de « pénétrer en profondeur dans l'âme noire afin découvrir le principe animateur de vie » (page14) ; c'est en tout cas par ce biais que l'on parvient plus aisément à la compréhension de l'« Universel africain ».


Un tel projet suppose, au préalable, une mise en situation de homme noir, « microcosme où aboutissent, invisibles, innombrables fils qui tissent les choses et les êtres entre eux, en vertu des règles de correspondance fournies par les catégories et les classifications. Il est pas le « Roi » de la création, mais plutôt l'élément central d'un système auquel il imprime une orientation centripète » (page 16). Les rapports de homme à Dieu et aux « esprits subalternes » que fondent les mythes et que révèlent les pratiques, puis au monde, sorte de tissu de signifiants, de locuteur privilégie,́ nous sont rappelés avec finesse Là encore ce qui frappe est la modestie des apparences : « Des petits amas de sable et de terre, des cônes en pise,́ se distinguant souvent peine des autres éléments d'un décor désordonne,́ des pierres des arbustes et des arbres, tels sont les autels sur lesquels des milliers de victimes ont expiré depuis des générations, en imprimant à leur sang, dans un dernier sursaut de vie, le rythme qui ouvre au fidèle la porte de Invisible » (page 61).

C'est également ce primat de intériorité qui apparaît dans les formes supérieures de initiation : par le médias de la connaissance et des épreuves le sujet se dépasse, tait en lui l'ancienne personnalité (il y a là une mise à mort symbolique suivie une renaissance rituelle) et accède à l'union en Dieu. Ainsi comprise, la voie mystique du Koré, revêt son plein sens. « Elle est une ascension vers le ''mariage'' et l'union intime avec Dieu ; elle est une échelle permettant de monter jusqu'à l'être divin. Plus on s y élève plus profonde est l'union avec l'être convoite »́ (page 218). Mais ce mysticisme rien de l'évanouissement dans la transcendance ; jamais il ne coupe homme du milieu qui est le sien, jamais il ne l'éloigne de ses occupations habituelles ; bien au contraire, il lui permet « de se réaliser plus pleinement dans son activité quotidienne ». En fait, l'état de béatitude, « les moments de communication de homme avec l'invisible sont, semble-t-il, tout aussi naturels et conformes aux fonctions de la vie que tout autre genre activité » (p. 196). Ce souci de la réalité quotidienne, quête à la fois de la certitude et de la paix, maintien de ordre (garanti par les ancêtres) et désir de réussite transparaît dans certaines pratiques : l'art de la divination (« les messagers de l'inconnu » : devins interprètes et devins messagers (p. 129-43), le recours aux magiciens (nyctosophes et guérisseurs, (p.144-70). Qu'on ne s'étonne pas par ailleurs, si le contenu de la déontologie reste en étroit rapport au « metier » : ainsi l'homme chez le Bambara, « recoit sa définition sociale et éthique par rapport au métier qu'il exerce, ou aux matières qu'il manipule » (p. 187). Un des traits les plus typiques de la pensée négro-africaine est bien, en effet l'amour de la vie ; d'où le respect pour la femme « donneuse de vie et de nourriture », d'où la richesse des mythes justifiant l'apparition de la mort (p. 62-86 ; le chapitre de loin le plus original du livre), d'où les rites et leur symbolique niant la mort comme destruction pour ne plus y voir qu'un passage...


Un mot enfin pourrait résumer la spiritualité africaine : la maîtrise de soi, clef de voûte de toute l'architecture religieuse du Noir singulièrement lors de l'initiation et dont le silence constitue l'un des aspects le plus typique (p. 175). Ce pouvoir sur soi source principale de l'estime de soi : de la dignité.

« Ce légitime orgueil est la ''foi'' très vive dans la valeur de l'homme, la conscience aussi de la supériorité de l'être humain par rapport au reste de la création ; il est ce quelque chose qui explique, au moins en partie, non seulement le penchant du Noir pour le sacrifice sanglant, mais surtout le sacrifice de soi dont la forme la plus subtile apparaît dans la mystique, lors du don de soi de l'adepte devenu épouse « de Dieu » (p. 239).


Il était difficile d'en dire d'avantage dans un cadre aussi restreint. Déplorant cependant que Dominique Zahan ne dégage pas suffisamment la signification profonde des rites comme le fait par exemple V. W. Turner ou la portée exacte des symboles comme le réalise Luc de Heusch.


La perspective anthropologique ne devrait pas non plus se priver de l'apport si enrichissant de la psychanalyse (il y a pourtant beaucoup de choses stimulantes dans l'Œdipe africain de M. C. et ED. Ortigues jamais cité) ; pas plus qu'il ne devrait négliger la place qu'il revient à la sociologie (rôle des structures politiques ; importance des tensions, des déséquilibres ; primat de la formation sociale au sens marxiste du terme). Si la religion est l'instance dominante en Afrique, n'oublions pas, pour reprendre le langage d'Althusser, que l'économique (mode de reproduction) reste déterminant en dernier ressort. Dire que le Noir est incurablement religieux est une affirmation que gagnerait sans aucun doute à être nuancée ; oublier pourquoi il l'est reste une position mutilante. Certes tel n'était pas le projet de D. Zahan ; disons seulement qu'il nous a présenté avec beaucoup de talent et de perspicacité un volet de la réalité et nul avant lui ne l'avait fait avec autant de réussite ; mais en oubliant de nous dire que ce n'est qu'un volet, il risque d'égarer un lecteur non averti. Ainsi une autre lecture de l'âme africaine reste possible et souhaitable.

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