* ichrono veut marquer sa différence en donnant la parole aux acteurs de terrain, qui connaissent les réalités de leurs métiers. le tourisme au Sénégal est en grande difficulté, il nous a semblé bon de convoquer un" un notable de la chose" pour nous livrer avec force, rigueur, critique, ses idées  et propositions. Pape CISSOKO ichrono

C'est, encore une fois, la répétition de dire que le secteur du tourisme, au Sénégal, va mal, très mal.
Ça revient à dire que, en plein midi, le soleil brille et que la mer subit les marées en fonction de la lune ; les faits sont bien réels et le constat visible malheureusement.
C'est une analyse simpliste que de vouloir coller la situation actuelle à l'épidémie d'Ebola ! Ebola arrive juste au moment du dernier souffle pour refermer les yeux du cadavre.
L'alerte a sonné depuis bien longtemps ! C'est même rigolo, comme un singe patas ou singe rouge juché sur un acacia seyal pour nous narguer !
Certaines de nos autorités attendent le moment du bain mortuaire du tourisme pour nous dire :
• Le secteur du tourisme est à l'agonie !
Le tourisme est une chaîne dont les maillons sont constitués par l'ensemble des secteurs clés pour le développement d'un peuple, d'une nation. La conscience collective doit en être le fermoir pour faire une parure à porter avec délicatesse et fierté.
Depuis plus d'une décennie, aux vus et aux sus de tous les professionnels avertis, le tourisme s'engouffre dans la décadence. Les raisons en sont multiples et la liste bien longue.
Le manque de professionnalisme et de rigueur, dans ce secteur, a provoqué une brèche qui a permis au laxisme de s'y installer. A qui veut, il est possible d'investir dans le tourisme sans aucune connaissance de base, il suffit d'avoir l'argent pour l'investissement. Souvent ces personnes se cassent les dents au bout de quelque temps ; ensuite ils mettent la faillite sur le dos de la population ou de nos autorités, mais surtout pas sur leur ignorance dans le tourisme.
Aucune initiative sérieuse et pérenne n'est prise pour éduquer la population aux atouts et aux inconvénients du tourisme.
Comment peut-on, alors, développer un secteur dans l'ignorance, la négligence totale de ses piliers fondamentaux ?
La plupart des gens prennent également le touriste pour une vache à lait, sans le moindre égare à son encontre.
Au Sénégal, nous sommes les bourreaux du tourisme : nous avons empoisonné, décapité le secteur, sans nous en rendre compte ou, plus grave, avec hypocrisie.
La pollution, tant décriée, est de tout bord et pas uniquement ordurière : depuis le voyagiste qui fourni un programme bien embelli, mais très loin des réalités et du qualité/prix, tel une termite dans le bois, jusqu'au petit vendeur du coin de rue qui augmente son prix dès qu'il s'agit d'un touriste.
L'arnaque permanente est pire qu'un sac plastique jeté par un enfant qui ignore les méfaits que cela engendre, par manque d'éducation.
Le touriste cherche la quiétude, la propreté, la gentillesse de la population, la qualité/prix que lui offre une destination.
Malheureusement, le harcèlement est présent partout, de l'arrivée à l'aéroport jusque dans sa chambre d'hôtel, en passant par les contrôles sur la route et les vendeurs.
Il faut quand même reconnaitre quelques améliorations, pour ne pas rester sur la liste noire. Le prix des billets d'avion a connu une légère baisse par rapport aux années passées. Il n'est pas rare de trouver un billet entre 400 et 500 €, depuis la France, notre principal marché émetteur. A savoir, est-ce la politique gouvernementale ou bien, est-ce la crise qui étrangle les compagnies aériennes, au point de faire baisser les tarifs ?
Le prix du baril de pétrole, en baisse depuis quelques temps (presque 30 %) devrait mieux se répercuter sur le tarif des billets, au lieu d'engranger des bénéfices.
Il y a, également, un accueil plus sobre à la descente de l'avion ; il faudrait juste augmenter les guichets de police, car, lorsque deux avions arrivent en même temps, l'attente dure trop longtemps.
Il serait peut-être bon d'ouvrir des guichets pour les touristes et d'autres pour les ressortissants sans visa qui passeront plus vite : la salle serait libérée plus rapidement.
Obtenir des informations sur les vols est une vraie galère : un ou deux grands écrans, tels que celui qui est placé et que l'on voit de loin, à l'entrée de l'aéroport (celui qui diffuse des publicités) pourrait régler le problème en affichant les informations sur les vols. Cela éviterait à l'accueil l'attroupement comme des sans-papiers parqués derrière les barrières.
La bonne qualité de nos routes, à l'exception de quelques tronçons, est une fierté pour accueillir les visiteurs.
Certaines villes affichent une nette amélioration de propreté publique, mais il reste encore beaucoup à faire.
La présence des ASP (agent de sécurité de proximité) sur les sites touristiques est à saluer, car c'est dissuasif pour les inconditionnels traqueurs de toubabs. Ils font un travail remarquable pour la sécurité ; pourvu que cela dure et qu'ils ne se laissent pas entrainer dans le laxisme et l'arnaque qui gangrène le secteur.
En citant ces avancées très importantes, on ose croire à la résurrection du tourisme au Sénégal. Il suffit d'un sursaut national, à commencer par nos autorités, étatiques, politiques, religieuses, forums civiles, etc.... la tâche semble hardie mais nécessaire et faisable dans le court, le moyen et le long terme.
En semant la bonne graine dans des cendres, il peut bien pousser une belle plante ; sans éducation, l'enfant deviendra un adulte ignorant.
Il faut introduire dans notre système scolaire l'éducation touristique, au moins dans les localités à vocation touristique, à défaut nationale. Ce ne sera pas un programme technique et professionnel du tourisme, mais des bases civiques, morales, sanitaires et culturelles pour une vision plus adaptée à nos réalités.
Par exemple, il est formellement interdit, dans notre éducation, qu'un enfant dise : « mayma khaliss »* ; c'est choquant au point de recevoir une bonne correction. Alors, pourquoi accepte-t-on que les enfants disent : « toubab, donne-moi de l'argent » ? Croyez vous que cela honore nos valeurs en matière d'éducation ? Pourtant, c'est presque une chanson dans la bouche des enfants, si ce ne sont pas les adultes qui entonnent : « toubab, cadeau, toubab cadeau ! » Une grande tare sera enlevée le jour où le touriste sillonnera le pays sans être interpellé ou agacé par des demandeurs de cadeaux, souvent masqués derrière un projet fantôme.
Pour ce faire, il faut mettre, dans les écoles, un programme avec des exemples qui attirent l'attention sur le vécu au quotidien :
• Un enfant bien poli ne demande pas de cadeau aux touristes,
• Je participe à l'amélioration du cadre de vie de mon quartier pour accueillir les touristes,
• Je garde mon village propre pour accueillir mes amis touristes,
• Non au tourisme sexuel pour la dignité humaine.
Tant d'exemples peuvent sortir des idées de nos éminents pédagogues afin d'éduquer nos jeunes sur le tourisme.
En l'état actuel de la situation, seul l'Etat peut apporter un massage cardiaque pour réanimer le secteur.
Quand le pays traverse une crise, l'Etat prend toujours les mesures adéquates pour y remédier : plan Takkal* pour l'énergie, plan Orsec pour les inondations, aliment de soudure pour le bétail, bourse familiale pour le monde rural, etc....
On brandi la baisse de la TVA 10 % pour le tourisme comme arme. Certes ce n'est pas négligeable mais cela n'est répercuté nulle part sur les prix au profit du touriste. Cela n'a rien changé. De plus, sans client, point d'argent encaissé pour défalquer la TVA. La meilleure méthode pour que cette baisse profite aux touristes, c'est d'imposer des prix homologués de certains produits pour tout le secteur.
Dans notre tradition, quand le visiteur arrive, la première chose, c'est de lui présenter un pot ou une calebasse d'eau fraîche.
Le ministère du tourisme peut, en collaboration avec KIRENE qui est un produit bien local, homologuer la vente de la bouteille d'eau à 500 Fcfa dans tous les hôtels, restaurants, bars. A moins que ces derniers nous expliquent les raisons de vendre la bouteille d'eau entre 1000 et 1500 Fcfa alors que sur le marché on l'achète entre 300 et 500 Fcfa.
Il est encore possible de redynamiser nos coutumes à travers le tourisme : offrir une bouteille d'eau à la descente de l'avion à tous les visiteurs serait un acte noble pour le Pays de la Téranga. En plus, une bonne opportunité de faire passer des messages sur les étiquettes des bouteilles et également une manne financière et source d'emploi pour les fournisseurs. C'est une idée basique que peuvent explorer et exploiter nos experts en communication et marketing pour apporter un pan sur la bannière du tourisme au Sénégal.
A l'heure actuelle, nous avons l'impression que le secteur du tourisme est inconsidéré, relégué au plus bas de l'échelle. Le secteur traverse une crise hors du commun et aucune action immédiate n'est prise pour venir en aide aux familles directes ou indirectes qui sont au bord de l'abîme.
Je demande solennellement à nos autorités, de sonner l'alerte et de lancer un PDT (Plan Dékil* Tourisme) :
1. Surseoir à toutes les taxes pour deux ans : sans touristes, point d'argent pour payer les taxes,
2. Eponger les dettes des entreprises touristiques, au même égard que les paysans,
3. Mieux équiper les services régionaux du tourisme pour un meilleur contrôle des qualités/prix, du laxisme et l'arnaque dans le secteur,
4. Mettre l'école au chevet du tourisme : l'ignorance est mère de tous les vices.
Nos experts en la matière peuvent compléter la liste pour redynamiser le Tourisme au Sénégal.

Abou BA*Guide touristique/M'BOUR Sénégal /Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
*Mayma Khaliss : donne-moi de l'argent *Takkal : éclairer *Dékil : la résurrection

 

Ce livre éclaire sur les principaux enseignements de l'islam transmis par les prophètes, messagers et envoyés d'Allah. L'auteur décrit l'identité du musulman pieux, explique comment devenir pieux, acquérir la sagesse, l'intelligence, la connaissance divine, la science. Ce livre traite également des méfaits de l'association de co-dieux et de la divergence entre croyants.

Ce livre éclaire sur les principaux et riches enseignements de l'islam et du « christianisme » transmis par les prophètes, messagers et envoyés d'Allah.

L'auteur nous décrit l'identité du musulman pieux et celle du non-croyant, procède à la narration de récits d'origine divine et prophétique pour approfondir la foi des musulmans en Allah.

Il explique comment on peut embrasser l'Islam, devenir pieux,

acquérir la sagesse, l'intelligence, la connaissance divine, la science, communiquer et s'approcher d'Allah.

Il enseigne à ceux qui ont cru en Allah et au jour dernier, quelques rituels islamiques suivant la « Sunna » du prophète

Muhammad, ain de les aider à devenir pieux.

Ce livre traite également des méfaits de l'association de codieux et de la divergence entre les croyants.

Cheikh Kissima Wakary Doucouré est chercheur en sciences religieuses.

Illustration de couverture : macbrianmun.

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LA FILLE VOLÉE -Les mystères de Tana (Tome 1) Franco Clerc
L'Harmattan BD BANDE DESSINÉE OCÉAN INDIEN Madagascar

Dans un Tananarive où magie noire et superstition, pègre et cabinets occultes, misère et débrouille se superposent et s'affrontent au quotidien, Vaness s'aventure seule pour la première fois, à ses risques et périls... Récit haletant, personnages découpés au couteau, suspense et surprises: pour ce premier album, Franco Clerc restitue l'ambiance particulière des rues de la capitale malgache. (Bande dessinée en noir et blanc).

 

CETTE HUMANITÉ QUI HURLE HORS DES PORES DE NOTRE PEAU, Marie-Rose Abomo-Maurin

Il s'agit d'un recueil de poème écrit par une femme d'origine camerounaise, chercheuse de renommée, ancienne enseignante de langue française et professeure de littérature française et francophones en France, en Afrique, et au Brésil. Les vers de Marie-Rose Abomo-Maurin sont porteurs de passion et veulent destabiliser les croyances enracinées qui font accepter un certain fatalisme, selon lequel les sociétés seraient immuables ou impossibles à transformer. Avec ce titre emblématique Cette humanité qui hurle hors des pores de notre peau, Marie-rose Abomo-Maurin inaugure la collection « Littératures et cultures afro-américaines ».

Marie-Rose Abomo-Maurin, auteure de nombreux livres et articles, est enseignante, chercheure, romancière, dramaturge et poète

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