Merci au Pr Papa Amar SISSOKHO mathématicien aux USA et Mme SOW Mariama Sissokho France de nous avoir soufflé cet ouvrage.
Atépa est un architecte visionnaire et ce depuis longtemps , il faut reconnaître au Président Poête L. S. SENGHIOR d'avoir cru en lui en lui confiant des travaux magistraux qui honorent le Sénégal et l'Afrique. La pierre est une marque et Atépa en est la figure. Pape CISSOKO


"Oser: ce mot-clé, dans l'entendement de l'auteur, vise à alerter les consciences comme un tocsin aux premières heures d'une bataille décisive, celle qui fera entrer l'Afrique, une Afrique nouvelle, dans le "Mainstream". L'onde de choc de ses douze propositions pour l'émergence du Sénégal vibrera à travers toute l'Afrique" (Babacar Ndiaye).
PIERRE GOUDIABY ATEPA a fait des tours, des églises, des mosquées, des cités et même des villes. Il est architecte, c'est donc dans l'ordre des choses qu'il ait fait cela. Mais que diable va-t-il chercher dans les conditions du développement, le service civique, la corruption, les théories du comportement, les soucis du plus grand nombre, l'intérêt général, le bonheur pour les autres ? L'auteur d'Oser est un traqueur d'atouts pour les exploiter et un détecteur de tares pour les corriger au grand bénéfice de tous.
Qu'est-ce qui fait courir Atépa ? Le savoir et la solidarité sans doute. Suprême élégance avec la vie, il veut donner ce qu'il a reçu pour améliorer l'humaine condition. Pour lui, c'est cela vivre. C'est l'origine des douze propositions qu'il faudra lire pour ce qu'elles sont : un cadre de réflexion et d'action. À peine les a-t-il formulées qu'il est ailleurs pour leur renforcement, leur mise en oeuvre, leur traduction en tours, en tracteurs, en panneaux solaires, en bourses d'études, en ordinateurs pour les étudiants.
Pierre Goudiaby Atépa ce n'est pas que du bagout, du culot et du sérieux. Ce n'est pas que du génie, de l'intuition, du talent et de la chance. C'est tout cela à la fois nourri par beaucoup de travail et d'abnégation. Le message à retenir des douze propositions est que tout s'obtient par combat sur soi et face aux autres. Il faut transpirer pour mettre la chance de son côté et réussir. Ce qui est valable pour les êtres humains l'est aussi pour les États, surtout s'ils postulent à l'émergence.
Hamadoun Touré Journaliste, ancien ministre
Pierre Goudiaby Atepa est né le 30 juin 1947 à Ziguinchor (Sénégal).
Architecte-ingénieur, il est diplômé de la prestigieuse Rensselaer
Polytechnic Institute de New York. Président du Groupe ATEPA, il a été conseillé spécial du président Abdoulaye Wade du Sénégal. En trente-huit ans de carrière, il a pu s'imposer comme un des plus grands architectes contemporains, même s'il se définit plutôt comme « un architecte du développement ». Atépa est l'une des cent personnalités les plus influentes du continent africain et s'intéresse particulièrement à la jeunesse estudiantine.

 

Après les tragiques attentats de janvier 2015 à Paris, les débats sur les rapports entre l'identité européenne et l'islam ont été inévitablement relancés. Au risque, avec l'émotion légitime provoquée par ces crimes, d'accroître les préjugés et la confusion quant à la perception de la présence musulmane en Europe. D'où l'intérêt et l'importance de la mise en perspective proposée dans ce livre.
De façon très accessible, Nilüfer Göle synthétise les résultats d'une enquête de terrain conduite de 2009 à 2013 auprès de «musulmans ordinaires » et de leurs concitoyens non musulmans dans vingt et une villes européennes. Son but était d'interroger les réactions aux controverses de l'heure : prières de rue, minarets « agressifs », «caricatures danoises », foulard ou burqa des femmes, invocation de la charia, consommation halal, rapport aux juifs et au judaïsme, etc. Elle apporte ainsi des réponses souvent inattendues à des questions simples : qu'en est-il réellement du vécu quotidien des musulmans d'Europe, jeunes nationaux «issus de l'immigration» ou convertis ? Comment vivent-ils les attaques « islamophobes» et concilient-ils prescriptions religieuses et adhésion aux normes sociales de sociétés laïques ? Quelle place la culture musulmane y occupe-t-elle désormais ?
Grâce à son dispositif d'enquête original, Nilüfer Göle bouscule bien des idées reçues et montre que les controverses ont paradoxalement contribué à l'émergence d'une culture publique alternative. Du hip-hop islamique au « jambon halal », la nouvelle manière d'être musulman en Europe passe par une stylisation islamique des modes de vie modernes, en rien contradictoire avec les valeurs culturelles européennes. Un vrai message d'espoir, fondé sur l'enquête et non sur l'idéologie.
Avant-propos. Après les attentats de janvier 2015, malgré tout, « faire société »
Une nouvelle brisure dans la mémoire collective euromusulmane
De la contre-culture de Mai 68 à la dénonciation des « dérives de l'islam » et à la mise à l'écart des « musulmans ordinaires »
Le rassemblement du 11 janvier ou comment faire société ?
Introduction. Musulmans-Européens : du collage au tissage
La mise en tension de deux réalités
Pour élucider l'énigme que pose l'émergence de l'islam dans l'espace public européen : le recours à l'enquête
Le nouveau tissage de l'Europe par ses citoyens, musulmans ou non
Remerciements
1. Europe : entrée interdite à l'islam ?
La fatwa et le voile : l'irruption de l'islam en Europe
La laïcité et la Leitkultur : les socles identitaires
L'invalidation du multiculturalisme
Peut-on parler d'islamophobie ?
Les affaires Houellebecq et Fallaci, ou la séduction de la haine de l'Autre
Les nouveaux visages « issus de l'extrême droite »
2. Des musulmans ordinaires
Figures médiatiques de l'islam européen
Tariq Ramadan, intellectuel musulman controversé et promoteur en Europe d'un
« universel partagé »
Le nouvel habitus islamique des musulmans d'Europe
Quelle visibilité pour l'islam dans l'espace public ?
Itinéraires de recherche dans l'Europe des controverses sur l'islam
Le rôle de l'Espace public expérimental (EPE) dans notre recherche
3. Les controverses autour de la prière musulmane
Un rituel important, difficile à respecter dans un contexte européen
En France et en Allemagne, la même polémique sur les prières en public
La controverse de Bologne en 2009
Les débats d'un groupe d'« espace public expérimental » à Bologne
Les musulmans d'Italie, de « faux Italiens » ?
Quand le discours islamophobe subvertit l'espace public démocratique européen
4. Minarets muets, mosquées transparentes
La controverse fondatrice du référendum suisse de 2009
À Istanbul, deux mosquées révélatrices de nouveaux enjeux politiques et esthétiques
À Sarajevo, islam global contre islam local ?
À Cologne, la future grande mosquée acceptée au côté de la vieille cathédrale
Quand la mosquée crée une nouvelle culture publique
5. Art, sacré et violence
L'amour du sacré face à la sécularisation
La controverse fondatrice des « caricatures danoises » de 2005
Quand l'art fait violence
La production d'une image essentialisée et déshumanisée du musulman
Une salle de prière fictive à Bruxelles
L'art et le pouvoir de l'interprétation
6. Le voile des femmes, minorités actives
Le voile : signe d'invisibilité et de survisibilité
La laïcité didactique et le voile « ostentatoire »
La commission Stasi et la « conférence islamique » allemande, ou la normalisation paradoxale de l'islam européen
L'échec de la candidature politique d'une musulmane danoise
À Copenhague comme ailleurs, la difficile hybridation des identités
La confrontation sur les normes sexuelles de la vie publique
Des minorités visibles aux minorités actives
7. Que faire de la charia ?
La charia et la normativité islamique
Quand les musulmans d'Europe rejettent la charia
Déconstruire les deux universels : la tentative d'aggiornamento de Tariq Ramadan
L'archevêque de Canterbury en 2008 : prendre en compte les « affiliations multiples »
2008-2009 : les controverses autour des « conseils islamiques » en Grande-Bretagne
À Londres, l'islam britannique et la citoyenneté retrouvée
Le « déraillement » de l'islam britannique
8. Les styles de vie halal
De la charia au permis du halal quotidien
L'« usage éclectique du halal»
Les étonnantes polémiques françaises des années 2010
Le halal et la « table républicaine » à Toulouse
L'interdit du « jambon » brocardé par l'humour musulman
L'importance du « travail de patience » et la popularité du « jambon halal»
La délicate question de la cohérence entre la foi et le désir
Musique, alimentation et sexualité, creusets des nouvelles formes de normativité islamique
9. Le curseur juif
Quand les controverses sur l'islam percutent la question juive
La longue histoire du rejet de la halakha et de la charia dans l'Europe chrétienne
Les leçons des controverses sur la circoncision
Les « racines judéo-chrétiennes » de l'Europe
L'impossible concitoyenneté des Juifs et des musulmans européens ?
Conclusion. L'entrée en scène européenne des musulmans
Vers une Europe post-occidentale ?
La difficile conciliation des héritages entrecroisés de la chrétienté orientale et de l'islam occidental
L'ancrage insolite de l'islam en Europe
Quand l'islam contribue à l'évolution de la sphère publique européenne
Performances et création artistique indiquent à l'Europe un horizon du possible avec ses musulmans.
Nilüfer Göle, sociologue, est directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris). Elle est notamment l'auteure de Musulmanes et Modernes. Voile et civilisation en Turquie (La Découverte, 1993, rééd. 2003), devenu une référence, et de Interpénétrations, l'islam et l'Europe (Galaade, 2005).

 

A l'écoute de Seynabou BEYE, jeune sénégalaise, bardée de diplômes qui prépare son retour au Pays natal en travaillant en France.
Elle est là, elle a décidé de se livrer aux lecteurs de ichrono, elle sait être prudente, comme ce félin qui ne saute pas de façon inconsidérée. Le moment doit être opportun pour se livrer. Ichrono comme à son habitude aime prendre le parti de la jeunesse qui se bat, cette jeunesse africaine en général et sénégalaise en particulier qui est excellente dans des domaines économiques importants. Que dire, oui les jeunes mais surtout ces jeunes filles qui partent loin, qui quittent la famille pour aller chercher le savoir. Amoureuse de son pays, de sa culture, enracinée dans ses valeurs traditionnelles mais ouverte au monde, bref voici le parcours de cette jeune sénégalaise ; au teint senghorien, noir d'ébène ; qui pose un regard critique et plein d'espoir sur le Sénégal, les vertus, le travail, la jeunesse ici et ailleurs,la religion, les moeurs, et l'avenir. Le verbe est haut frappé par une argumentation qui ne laisse personne insensible, voici Nabou :

1-Bonjour nabou, Seynabou BEYE que pouvez-vous nous dire sur votre personne ?

 Je m'appelle Seynabou Beye comme tu le sais déjà, j'ai fait mes études primaires à Diamaguène dans la banlieue dakaroise ou je suis née, d'ailleurs dans une famille modeste et c'est une fois le certificat de fin d'études primaires obtenue que je fus orientée à Rufisque pour le cycle secondaire, car à cette période y'avait pas encore à Diamaguène un grand lycée pour accueillir les gens de la localité (dans les années 2000), en plus n'y avait pas beaucoup de gens de mon âge qui fréquentait l'école à cette époque dans ce quartier.
J'ai eu mon Bac au lycée Abdoulaye Sadji, et c'est par la suite que je fus orientée en droit à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar ou j'ai passé deux ans mais j'ai vite compris que je n'avais pas fait le bon choix même si j'aimais bien le droit.
Et c'est au courant de ma deuxième année à l'UCAD ' Université Cheikh Anta DIOP de DAKAR) que j'ai commencé à m'intéresser aux concours car je n'avais pas les moyens de me payer une formation dans les Ecoles ou Instituts de formation à Dakar (Centre-ville Plateau) ou j'habitais désormais avec mon frère et mes deux petites sœurs.
Je fus admise en 2007 au concours d'État du centre de formation professionnelle et commerciale CFPC Delafosse en BTS Commerce international que j'ai obtenu en 2009.
Je n'avais pas envie d'arrêter en si bon chemin surtout que je sentais que j'avais trouvé ma voie après ces deux années enrichissantes au CFPC. J'ai eu un professeur de Douane et logistique Mr Bassène Alain qui m'a donné envie de continuer et de travailler dans ce domaine.
Je me suis inscrite l'année d'après (avec le soutien de ma mère (veuve) et d'un cousin), c'était des cours du soir ce qui fait que le matin j'allais au port autonome de Dakar travailler pour payer mes Etudes car j'ai jamais voulu dépendre de personne.
Durant mon stage en deuxième année de BTS au Port Chez Transit Moderne du Sénégal j'ai appris le processus de dédouanement des marchandises et le matin au port j'essayais de trouver des gens ( baol-baol) qui voulaient sortir des conteneurs ou des dossiers mais qui ne maîtrisaient pas le processus et c'est comme ça que je me faisais de l'argent pour payer ma formation et parfois quand j'avais du mal j'avais un très bon cousin et frère qui me dépanner.
Je parle l'Anglais, le Français, l'Espagnol et le Wolof.

2-Pourquoi avoir décidé de migrer vers la France ?

J'ai décidé de venir en France quand j'étais en licence je sentais que ce diplôme n'équivalait pas à mes aspirations surtout que je me voyais déjà vouloir occuper des postes à responsabilités(j'ai toujours visé la direction du PAD) , de participer au développement de mon pays , de participer au développement de structures se tournant vers l'international , ce qui signifiait pour moi avoir beaucoup plus de connaissances que celles déjà acquises au Sénégal , je devais maîtriser les langues du commerce international , me faire une solide expérience dans ce domaine et c'est comme ça que j'ai postulé à l'université de tours qui proposait un master en langues et commerce international et ce master correspondait bien à ce que je recherchais.
La pré-inscription fut validée et c'est comme ça que suis arrivée sans connaitre du monde sur place, ni rien mais je voulais tenter l'expérience car je me disais que c'était la chance de ma vie et qui ne tente rien n'a rien.

3-Est-ce que en tant que jeune fille, il vous a été facile de partir pour vivre seule et travailler en France ?

Ça n'a pas été chose facile je l'avoue, je viens d'une famille modeste, pratiquante et très traditionnelle, c'était la première fois que je quittais mon Sénégal et dans ma famille aussi c'était la première fois qu'une de leur fille, quittait pour partir vivre à l'étranger.
Tout a chamboulé pour moi, je découvrais une nouvelle culture, une nouvelle vie, une éducation différente car on n'a pas la même manière d'enseigner.
Tours est une ville trop bourgeoise et s'intégrer n'a pas été chose facile, il est difficile de se faire des amis quand on est Etranger et qu'on vient juste de débarquer dans un pays peu importe lequel .La France a peur des étrangers et certains français aussi; ce qui veut tout dire.
Les études n'ont pas été un rideau facile à fermer et ce n'est qu'un petit aperçu de ce qui nous attend derrière. Le plus difficile reste le travail. En France tout est fait pour que les étrangers ne travaillent pas ou n'occupent pas certains postes tout ce qui peut t'aider à t'imposer c'est être compétent et avoir une bonne maîtrise et les connaissances et compétences dans ce que tu fais, faut maitriser ton domaine plus que le français si tu veux occuper un poste faut le petit plus. A connaissances et diplômes égaux le français sera pris et ça je l'ai compris très tôt ce qui m'a permis d'essayer de m'améliorer dans tous les domaines.
Maintenant Al hamdoulilah les choses commencent à s'améliorer, j'ai eu la chance de travailler dans de grandes entreprises en France même quand je faisais encore mes études et pour ces compagnies tout ce qui compte c'est la compétence même si au début j'ai galéré avec la préfecture.

4-Vous avez aujourd'hui une grande expertise dans vos compétences, pensez-vous continuer
à travailler en France ou êtes-vous ouverte à des propositions crédibles venant du Sénégal ou d'Afrique ?

Aujourd'hui je travaille comme administratrice des ventes pour la France et l'export, je fais aussi de l'import avec une bonne maîtrise des techniques de financement à l'international, des termes de négociation à l'international et en plus des compétences dans le domaine commercial car j'ai fait un master 2 et un MBA commerce international , je m'occupais et je m'occupe toujours des appels d'offres et des crédits documentaires pour l'entreprise française dans laquelle je travaille, cette polyvalence est dûe à ma formation (premier emploi ) dans une grande entreprise de la place.
Je faisais beaucoup de choses à la fois mais j'apprenais énormément aussi, je passais de la théorie à la pratique et ce fut d'une importance capitale.
Je veux travailler pour mon pays Pape, je sais et je suis consciente que mon pays a besoin de mes compétences, que ça soit au niveau commerce international, négociation, gestion commerciale et tout récemment j'ai eu un dernier diplôme car je me suis engagée à faire une formation en transport maritime pour vraiment maîtriser tous les aspects du commerce international et ainsi répondre au besoin de mon pays.
J'attends des réponses crédibles Pape, j'envoie des CV car je ne compte pas et je ne veux surtout pas travailler toute ma vie pour ce beau pays qui est la France.
Le Sénégal m'a tellement donné, j'ai appris tellement de choses dans mon pays et des choses qui me servent aujourd'hui dans mon travail, j'ai envie de rendre le revers de la médaille.
Le problème c'est que au pays les gens ne reconnaissent pas les compétences ' pas tout le monde je ne veux pas généraliser mais beaucoup), il faut avoir un bras long comme on le dit et quand tu ne l'a pas ça risque d'être difficile mais j'y crois encore pape, je sais que un jour j'aurai une proposition crédible et honnête venant de mon pays.

5-Avec vos compétences pensez-vous créer votre entreprise ou travailler pour une société ?

Je me fais encore de l'expérience, suis en train d'en acquérir mais dans le futur oui je veux bien avoir ma propre boite Pape, j'y pense c'est un projet en cours et comme on le dit souvent on laisse au temps le temps.
Pour le moment j'ai mon travail, j'aimerais bien en trouver un nouveau au Sénégal et derrière créer mon entreprise.


6-Parmi vos collègues qui sont nombreux, vous avez gardé une certaine rigueur dans le choix de vos relations, pourquoi cette prudence, les gens sont-ils aussi faux ?


Tu sais Pape les gens sont fausses je n'aimerais pas généraliser une fois de plus mais il y'a de l'hypocrisie dans le milieu professionnel et beaucoup même. On travaille souvent avec des gens avec qui on ne partage pas certains points et la plus part ne peuvent pas comprendre dans leur tête que tu sois meilleur qu'eux ou elles. Ça crée de la jalousie et je te dis une chose en tant que étranger faut avoir la chose qui fait la différence par rapport à tes collègues sinon tu ne réussiras jamais à t'imposer.
Et quand tu as ce petit plus qui fait tout forcement y'a des mécontents des gens fausses qui sont là que pour te mettre les bâtons dans les roues. Ces gens sont prêts à tout raison pour laquelle je fais un choix bien déterminé dans mes relations.
Je m'impose cette rigueur et il y'a eu des histoires entre nous étrangers et ces gens qu'on côtoie pendant 8 h de notre temps par jour.


7-Vous travaillez en Ile de France et vous rencontrez souvent des jeunes filles issues de l'immigration, quelles réflexions vous viennent en tête vous qui avez une double culture sénégalaise et française ?


Tu sais je n'ai pas envie d'être méchante Pape mais quand je vois mes consœurs parfois dans le bus ou le métro avec certains comportements je me dis que nos parents immigrés ont raté quelque chose de très important qui est l'éducation.
Ces jeunes filles sont en perte de valeur, elles sont perdues dans deux cultures, elles ne connaissent pas la culture africaine, origine de leur parents car elles sont nées ici et ont reçu une éducation de la rue qui est même pas française.
Dans leur tête elles se considèrent comme des françaises et font tout pour l'être tout en sachant qu'elles n'ont pas cette culture française; et on vit en France ne nous leurrons pas et la France ne les considèrent pas comme des français de même que les africains car elles n'ont pas cette culture africaine si magnifique.
Elles ne parlent même pas la langue de leur parents, tu sais en France comme partout dans le monde dans chaque culture y'a du bon comme du mauvais et ces filles ont pris que le mauvais .Elles sont en manque d'identité, elles ne croient pas en elle alors que ça ne doit pas être le cas, elles ont tout pour réussir.
Leurs parents ont tout sacrifié pour elles, mais il faut qu'elles s'en rendent compte et pour cela je pense qu'il leur faudra un retour à la source, c'est important pour ces gens. Le mal se coupe à la racine pape à bon entendeur ...

8-Le Sénégal est en mutations y croyez-vous ? Certains pensent que les gens ne sont pas fiables et c'est comme un système qui freine les jeunes diplômés dans leur volonté de rentrer au pays pour servir.


Le Sénégal est certes en mutation mais il reste énormément de chose à changer et à revoir et surtout au niveau des mentalités. Les gens ne sont pas fiables et beaucoup ne disent pas la vérité. Un sénégalais est capable de te promettre monts et merveilles et une fois que tu te décides à faire quelque chose ou juste à travailler avec lui il disparait de la circulation.
Après beaucoup pensent que si tu viens d'Europe ils peuvent t'arnaquer ou diar sa kaaw comme ils le disent ce qui fait que nous avons peur et ça freine notre volonté de rentrer au pays. Le manque de sérieux de la part de certains sénégalais fait peur aussi, on ne sait jamais ce qu'on va trouver sur place, ce qui fait que nous ne pouvons pas tout lâcher pour de fausses promesses.
Ici on ne nous promet pas des choses impossibles, si ton patron ou quelqu'un d'autre même ne peut pas assumer certaines choses ils te le disent, là au moins c'est clair, tu ne te fais pas des illusions. Mais nous c'est ce dont on est incapable : dire juste qu'on ne peut pas comme ça on ne perd au moins pas notre temps.
Y'a beaucoup de choses à faire, le parcours est encore long.
9-Vous avez une belle peau noire, vous êtes fière de ce que vous êtes, quel message pouvez-vous lancer en direction des TV, des femmes qui se dépigmentent la peau au Sénégal ?
Je commencerais par citer notre très cher Senghor " femme noire, femme nue femme obscure, femme africaine, je chante ta beauté qui passe...tu es belle et séduisante. Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau" quoi dire de plus de ma si belle peau si ce n'est répéter James Brown " say it loud, i am black and proud" j'en suis tellement fière Pape, fière de ma peau, de mes cheveux, de ma culture et de mon histoire et surtout dans ce pays ou j'occupe des responsabilités.
Tu sais lors de mes visites en entreprises je me sens tellement fière d'être la fille à la peau foncée qui dirige les opérations.
Cette couleur de peau est un don du ciel, je n'ai pas besoin de me cacher du soleil quand il fait 30 degrés, ni de mettre des crèmes, ou de rentrer dans des machines pour avoir la peau mate je suis tout ce que l'européenne ou juste la femme blanche recherche et malheureusement beaucoup de mes sœurs ne le savent pas.
Cette peau est mon identité et j'ai un pincement au cœur quand je vois à la télévision sénégalaise des animatrices ou des chanteuses, des gens qui sont sensés transmettre des informations et les bonnes à la population se dépigmenter. On ne doit même pas les laisser parler car elles ne font pas la promotion de notre culture, ni de notre pays.
Tu sais pour moi se dépigmenter représente un manque de confiance, d'estime en soi et d'identité, c'est des complexes, ces gens sont malades, elles souffrent d'un complexe d'infériorité et elles pensent que la dépigmentation peut les soigner.
On ne doit même pas donner la parole à ces femmes et au Sénégal c'est elles qui ont la côte, ne soyons pas surpris quand on voit que la dépigmentation augmente et surtout chez les jeunes.
Ces filles n'ont pour référence que les animatrices et chanteuses et c'est des gens qu'on nous force à voir tous les jours. Et le comble maintenant c'est des pubs ou des jeux qui te permettent de gagner des produits pour éclaircir à la peau qu'on voit mais où va le Sénégal.

Ce manque d'identité et de conscience est-elle devenue collective ?

Et je vais te dire une chose, tu ne verras jamais une intellectuelle se dépigmenter, ces femmes qui se disent intellectuelles et qui le font ne le sont même pas, les 3/4 n'ont pas fait des études poussées. Elles ne savent pas les risques encourus.
C'est moche, sale et même pathétique.

10-Seynabou ; à quand ce retour au pays avec vos lourds bagages intellectuels, cette expérience dans de grandes boîtes cotées en bourse ?


Pour bientôt Pape j'attends juste des offres crédibles, j'ai tellement envie de participer au développement de ce pays, tu sais je suis du genre à croire que même sans bras long, je me ferais connaitre un jour grâce à mes compétences et ce jour le marché sénégalaise sera vraiment ouvert à moi, je crois au développement de ce pays et je sais qu'il y'a des gens honnêtes qui savent que seul le travail paie. Je veux juste une proposition sérieuse et je te promets je plierais bagages.
11-Il y a une profusion de télé-réalité au Sénégal, regardées par beaucoup de gens, jeunes et moins jeunes ; qu'en pensez-vous ?
Tu sais y a de plus en plus de télé-réalité chez nous un « café avec » ; « double vie » pour ne pas tout citer.
Ces films ou séries ne reflètent pas du tout la vie sénégalaise, gnou né dagnou gnou yaar si KERSA FOULA, DIOM.
Quand on voit que dans ces téléfilms tout tourne autour e la mafia' crimes ' corruptions je me demande où se réalise ce film.
Ce n'est certainement pas dans mon pays, on nous montre des femmes qui sont à moitié nues, matérialistes, je ne dis pas qu'il n'y a pas des femmes matérialistes chez nous mais gni am diome gno gui fa batay.
On nous montre des gens mais qui ont une vie à l'européenne ; drogue, sexe ; argent et ce sont nos enfants qui rêvent tellement d'une vie meilleure qui regardent ça tout en se disant dans leurs têtes je veux être ce personnage : il faut être vigilant face aux images.
Certes on voit aussi parfois qu'il y a des personnages qui incarnent certaines valeurs de notre vie mais on ne les montre pas trop souvent ou juste le réalisateur ne met pas trop l'accent la dessus.
Ces séries doivent juste être revues et corrigées, il faut certes du rêve mais il vaut mieux montrer aux sénégalais la réalité, qu'on nous montre ce qui se passe au pays.
Le comble pape ; ce sont ces marabouts waratekats/ prêcheurs, qui la plus part ne cherchent que la popularité. Ils sont les premiers à faire ce qu'ils interdisent.
Pourquoi ils ont autant de pouvoir au pays? Moi je pense que c'est parce qu'on est juste en perte de repères et chaque charlatan essaye de se faire un nom et indiquant une voie autre que celle dictée dans le coran ou autre livre saint.
Le tri doit être fait par rapport aux émissions et aux personnes qui les présentent c'est hallucinant le nombre de waratekats et le pire c'est qu'ils ont un public bien ciblé. Pour ces gens leur cible devrait être la jeunesse (car les personnes âgées font déjà ce qu'ils demandent) et plus il y a de waratekats, plus la jeunesse se perd, il faudrait qu'ils s'arrêtent un moment pour faire une auto-critique et qu'ils se posent des questions à savoir s'ils n'ont pas failli à leur mission?
On ne touche certes pas à la religion au Sénégal mais il faudrait qu'on se pose énormément de question, je pense qu'on a beaucoup à faire dans ce domaine.

12-Pour une fille qui a quitté ses parents pour la France et l'étranger quels sont les pièges à éviter quand on sait qu´on est loin et seul donc totalement libre ?

La France c'est le pays de la liberté avec un grand L je dis et ce n'est pas pour rien qu'ils ont la liberté comme devise.
Ce n'est pas facile Pape, il faut être forte dans sa tête pour tenir et ne pas céder aux tentations ce qui revient aussi à un problème d'éducation. Niit loulou Def dakh kouko kham djeguewouko rek da fée môme la djiko wowone.
La première année est supère difficile ; c'est la plus difficile au fait, on part du pays avec l'idée que dès qu'on arrive tout va être rose pour nous et souvent on est déçu car ce n'est pas le cas. On commence à rencontrer les difficultés déjà à l'inscription, le logement et .... Et en ce moment on peut céder à tout si on ne croit pas en soi et aux valeurs/vertus éducatives.
La tentation est grave et on nous fait croire qu'on est en Europe on peut vivre comme les gens qui y vivent sauf que dagnou am ay réalité chez nous, dagnou gnou yaar si dîné ak ngoor.
Il faut être croyant ou croyante avoir de la foi et croire en soi, en ses capacités à gérer toute situation pour s'en sortir. Faut pas trop aimer la facilité, il faut savoir se battre donner le meilleur de soi pour s'en sortir et un jour regarder ses enfants, ses parents, ses amis sans se dire dans sa tête je ne vous direz jamais comment j'en suis arrivé là.
Être libre ne veut pas dire faire des folies et être loin n'est pas synonyme de laisser aller.
C'est quand on est loin qu'on doit montrer qu'on est une battante peu importe la situation, c'est quand on est libre qu'on doit montrer qu'on est mâture et responsable.
L'Europe est la porte de toutes les tentations et notre éducation est le frein à ces tentations.
Éviter les mauvaises fréquentations, la facilité, ne pas être complexé et être fier de ce qu'on est, croire en soi, adopter les bonnes manières et attitudes des européens, garder sa culture et ses traditions avec une ouverture d'esprit restent les bases pour éviter les pièges que nous offre la liberté.


13-Si vous avez quelque chose à ajouter


Merci à vous Pape, vous ne pouvez pas le savoir mais vous avoir connu en Ile de France reste la chose la plus merveilleuse qui m'est arrivée.
Jamais je n'ai vu une personne aussi sympathique et disponible que vous en France.
Parfois le temps me manque mais j'ai toujours une petite pensée pour vous.
A très bientôt.

Seynabou BEYE dite Nabou cadre dans une grande entreprise française qui officie dans le matériel médical.

Encore une joie d'avoir écouté et dressé le portrait de Nabou BEYE jeune cadre sénégalaise, qui force le respect et qui mérite d'être encouragée et suivié.

ichrono.info Pape B CISSOKO   Pour nous contacter aller à la rubrique contact . N'hésitez pas à tranférer nos liens, ce qui nous appartient est à vous, c'est à partager sans limite.

 

Un ouvrage mi bandes-dessinées (dont JUL est le dessinateur), mi bref-essai (dont PÉPIN, sans jeu de mots, est l'auteur), qui donne quelques leçons survie dans le monde cruel de l'entreprise, en se basant sur les textes fondateurs et bien connus de la philosophie.
A la tête de COGITOP (la société créée pour l'occasion), Jean-Philippe DIEU, un type que l'on ne voit jamais, qui crèche, parait-il, au septième étage, qui ne descend que très rarement dans les étages. Pourtant, chacun sait qu'il est là et qu'il sait tout sur tout... Mais la communication n'est pas son fort, le dernier à l'avoir vu est mort depuis longtemps...
Pour conseiller DIEU, Nicolas MACHIAVEL ; un expert (auprès des Médicis) en organisation politique de survie : " le paraitre avant tout ! et s'il faut mentir ruser et bien soit !"
Tout en bas, on trouve un délégué syndical (Jean-Karl MARX) ;
un coursier bavard au langage obscur (BHL, à ne pas confondre avec DHL) ;
un commercial (Voltaire) ;
un créatif vivant dans un tonneau (Diogène) et qui refuse les open-space ;
un comptable (Leibniz) ;
un DRH (Nietzsche) qui rappelle, à qui veut l'entendre, que l'objectif d'une société n'est pas moral, mais de faire du profit et qui veut, pour cela, que chaque employé soit un sur-homme ; Le DRH, de toute façon, sait que la morale absolue n'existe pas ; que celle que l'on considère ainsi est issue d'une généalogie largement imposée par l'Église ; (à lire à ce propos son guide d'entreprise : "Par delà le bien et le management" ;
un CDI (Pascal) qui passe sa journée à parier sur internet) et bien d'autres encore...
Le petit-père COMBES regrette que les BD ne soient pas à la hauteur des brefs essais de Pépin (qui d'ailleurs ne se prive pas de les critiquer). En revanche, les textes de PEPIN sont toujours justes, bien écrit et pertinent. Il dénonce, en vrac :les processus qualité qui brident l'innovation et la création ; la fausse "cooleté" de l'Open-Space où tout le monde peut espionner tout le monde, où le jardin secret se résume à un pot de fleur ; l'absence du patron qui se prend pour Dieu ; " tout patron le sait bien : le talent est d'être là même quand il n'est pas là ! "le "zélé" du bureau, dont le pire exemplaire st le zélé-hypocrite; celui qui n'a pas compris que la (vraie) vie est ailleurs et pas derrière son tableau excel ; celui qui sait bien que son zèle ne sert à rein sauf à nourrir ses intérêts ; la tyrannie de l'urgence (le meilleur texte selon moi) ; qui veut que tout soit urgent, mêmes les plus infimes détails, sans effort de hiérarchisation ; un monde où "avoir l'air DEBORDE est un signe extérieur de réussite", qui permet d'espérer quelques promotions ; "courir derrière l'urgence, c'est se sentir utile! "l'éternel retour (au boulot) que notre DRH (Nietzsche) veut transformer en "bonne répétition) ; la désagréable expérience du chef décevant ; " quand le chef est petit, chacun se sent diminué !"
Un bon livre ma foi qui fait suite à une premier tout aussi cocasse LA PLANÈTE DES SAGES".

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