L'e-commerce n'a plus à faire ses preuves en Afrique, c'est un secteur prometteur et à forte valeur ajoutée qui peut à l'avenir faire jeu égal voire dépasser le commerce physique au vu de l'engouement qu'il suscite auprès des consommateurs et des acteurs nationaux et internationaux.
En effet, l'e-commerce se développe de la même manière que le secteur de la téléphonie mobile, à en croire les spécialistes, il pourrait suivre le même destin du marché asiatique, un marché qui a réussi en peu de temps à dépasser l'Amérique du Nord en termes de ventes, et ce, malgré un niveau de développement très modeste.
Cette euphorie africaine se confirme davantage avec la prolifération des startups dans le continent (site d'annonces, ventes, deals, voyages...) Cette croissance vertigineuse a fait naître un nouveau mode de consommation et a conduit à l'émergence d'une concurrence économiquement bénéfique.
Pour se lancer dans l'e-commerce en Afrique, il n'est guère important de recommander une étude McKinsey, il faut expérimenter et tenter l'aventure tout en ayant un esprit startup, le risque est bien présent et la route vers le succès n'est pas sans embûches : Faible taux de bancarisation, cybercriminalité, infrastructure défaillante... Les startups font avec et rien ne semble freiner leur appétit monstre.
En Afrique, 7% des transactions en ligne sont frauduleuses contre 2% seulement en Europe et le continent dans son ensemble ne compte que 242 centres commerciaux (hors Afrique du Sud), ceci dit, la partie ne sera pas si simple, pour réussir il faudra s'adapter aux exigences et spécificités du marché local en faisant preuve de créativité. Kaymu Sénégal s'inscrit dans cette optique avec son concept de Marketplace (Place de marché en ligne).
Kaymu Sénégal : Une Marketplace qui a fait preuve de créativité
Le concept de Kaymu est adapté au marché Sénégalais, le site ressemble à un marché traditionnel, notamment celui de Dakar. Sur Kaymu, tout s'achète et tout se vend, que ce soit des voitures, de l'électroménager, des vêtements ou des bijoux vendus par des professionnels, des boutiques ou même des vendeurs ambulants. C'est en quelques sortes, un supermarché virtuel dans lequel se côtoie professionnel et particulier dans le seul but de faire de bonnes affaires.
Au Sénégal, les consommateurs veulent voir le produit avant de payer, une contrainte à laquelle Kaymu a su faire face, car justement, sur cette Marketplace on règle la facture en cash, au moment de la livraison du colis, autrement dit, tout un chacun peut commander et acheter son produit sur la plateforme, sans qu'il soit bancarisé et sans posséder une carte de crédit.
Outre ce système de paiement, Kaymu a mis en place un système de contrôle pour lutter contre les arnaques sur internet, ce système consiste à vérifier la marchandise et l'identité du vendeur avant publication et par la même, il sollicite l'avis des acheteurs pour attribuer une notre à chaque vendeur.
Cette Marketplace a laissé la concurrence sur le carreau grâce à son expertise, en effet, Kaymu fait partie du groupe AIG (Africa Internet Groupe). Une multinationale allemande leader dans le marché du e-commerce en Afrique et dans le monde entier. Kaymu a également fait ses preuves dans une trentaine de pays en Asie et en Afrique dont Kaymu Algérie, Tunisie, Maroc, Côte d'Ivoire, Cameroun...
A côté de Kaymu, d'autres groupes ont réussi à percer dans le marché africain à l'exemple de Jumia, une startup qui a connu un développement fulgurant dans le continent et qui a conquit les internautes africains au point qu'elle est devenue une référence.
In fine, l'avenir de l'e-commerce semble être prometteur, l'arrivée de nouveaux acteurs pourrait structurer davantage le marché, et le développement rapide du paiement mobile pourrait offrir une alternative au paiement liquide et par la même, favoriser l'émergence de l'économie numérique.        El Mehdi Rhazi De l'équipe Kaymu Afrique.

  voici le lien vers le site  

http://www.kaymu.sn

 

 

Violences conjugales: cinq ans requis contre l'ex-compagne d'un homme battu- Maxime Gaget, 37 ans a souffert le martyr.

Il ne faut pas oublier qu'un Homme est une personne et une personne que ce soit une femme ou un homme peut souffrir et pleurer. Il n'y a pas de raison d'avoir honte, de penser à la fierté ou à je ne sais quoi. La souffrance n'a pas de sexe. Je suis pour la délation, informer tout tiers qui pourra mettre fin à une souffrance cachée. Le droit d'ingérence de Koutchner est à l'ordre du jour ici.
Garçon si tu es victime de mauvais traitement, rester dans le couple est du masochisme, l'amour est douceur. Ceci est vrai aussi pour les femmes battues. Pape CISSOKO Ichrono.
Paris - Cinq ans de prison ferme ont été requis jeudi à l'encontre de Zakia Medkour, femme de 43 ans, jugée devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir exercé des violences pendant 15 mois sur son ex-compagnon Maxime Gaget, 37 ans.
Maxime Gaget, victime de violences conjugales, pose le 29 janvier 2015 devant le tribunal où se déroule le procès de son ex-compagne Zakia Medkour
Jugeant l'affaire "d'une extrême gravité", la procureure, Aurélie Belliot, a réclamé le placement de la prévenue sous mandat de dépôt. Le jugement a été mis en délibéré au 28 mai.
"Les actes reprochés à Mme Medkour vont au-delà de la violence", a estimé la représente du ministère publique, pour qui certains sévices subis par la victime - brûlures avec des cigarettes ou un couteau chauffé à blanc, ingestion de force d'éponges ou de produit lave-vitres - s'apparentent à des actes de torture qui aurait pu la conduire devant une cour d'assises.
"A ces violences physiques s'est ajoutée une violence psychologique, avec brimades, isolement, contrôle total de l'autre, destruction de l'estime de soi"", a ajouté la magistrate, en s'étonnant que la prévenue n'ait pas fait un seul jour de détention.
"Je demande pardon à Maxime Gaget. Je suis désolée, si c'était à refaire, cela ne se passerait pas comme ça. Je ne suis pas sans coeur", a sangloté Zakia Medkour à l'issue de l'audience où elle a reconnu les violences exercées sur son ex-compagnon.
Ses avocats, Mes Houria Si Ali et Samuel Aitkaki ont plaidé le parcours chaotique de leur cliente dont le père s'est suicidé quand elle avait six ans, qui a grandi dans des institutions de 14 à 18 ans et été mise enceinte par un homme qui l'a abandonnée, avant de sombrer dans une dépendance à l'alcool.
Selon eux, Zakia Medkour serait "bipolaire" et n'était pas dans son état normal à l'époque des faits. Ils ont réclamé une peine en partie assortie du sursis, proportionnée aux faits mais aussi à son parcours.
http://www.lexpress.fr/
Un peu d'histoire flash-back
PORTRAIT Maltraité et soumis pendant deux ans par sa compagne, cet informaticien de 37 ans témoigne de ses souffrances.
Il se tient très droit. Répond aux questions avec rigueur, pas un mot de trop, pas un mot de moins. «Alors, vous habitez Angoulême ?» on lui demande, sur le chemin entre sa maison d'édition du Ve arrondissement parisien et le café du coin. «Oui, Angoulême, du latin Iculisma», il répond, avant de livrer les noms des personnages célèbres qui y ont vécu. Drôle d'oiseau que ce passionné d'histoire (surtout de la Battle of Britain) et de philosophie, au langage châtié et à la courtoisie presque surannée, qu'on a en face de nous ce mercredi matin de février. A le voir comme ça, dans son bomber bleu marine et avec sa cravate Simpson, Maxime Gaget, bientôt 37 ans, a l'allure d'un type banal, enfance «dans la moyenne», scolarité plutôt «calme», service militaire joyeux, parcours professionnel fait d'intérim et de formations. Difficile d'imaginer que cet homme pondéré a vécu, il y a cinq ans, presque comme un esclave.
Elle ne s'est jamais excusée, ne lui a pas promis de changer. Il est quand même resté, près de deux ans. Par amour, par aliénation. La première fois qu'elle lui a demandé de lui confier sa carte bancaire, prétendument pour mieux gérer les dépenses du ménage, il n'a pas bronché, malgré ses réserves, voulant croire qu'ils construisaient, tous les deux, leur histoire. Aux premiers coups, il a pris sur lui, préférant éviter que les enfants de sa compagne n'en soient trop souvent les victimes. «Les cris [...], c'est quelque chose que je n'oublierai jamais», dit-il. Quand il a fini par perdre son boulot dans l'informatique, à force d'absences et de retards, les coups, la séquestration étaient devenus son pain quotidien. «A la fin, je n'avais plus d'image de moi-même, raconte-t-il, je n'avais plus de vision de quoi que ce soit.»
Il rencontre sa compagne en 2007, sur un forum de discussion qu'il fréquente assidûment par motivation «un peu fleur bleue». Il en est resté trois ans modérateur bénévole : «J'aimais faire respecter les règles, sans brandir la matraque.» Ils sympathisent, se trouvent des amis communs. Invités tous les deux à un barbecue en banlieue parisienne, ils se rejoignent place de la Nation afin de faire le chemin ensemble. Dans son livre, il raconte qu'avec son langage de charretier et sa démarche de «camionneuse», elle aurait dû le faire fuir. Mais ses longs cheveux noirs «typiquement espagnols», son ouverture d'esprit et leurs discussions virtuelles l'intriguent, l'attirent. Le soir venu, ils passent la nuit ensemble, un peu malgré lui. C'est la première fois qu'il étreint une femme, il n'en garde pas un souvenir désagréable.
La suite a des allures classiques. Maxime Gaget rentre en Charente terminer un stage. Ils se passent des coups de fil, envisagent de se retrouver vite. La période est heureuse, pleine de projets. Sa copine, de sept ans son aînée, est bien un peu pressante. Elle lui demande de venir s'installer chez elle, laisse entendre qu'elle ne l'attendra pas une éternité. Avant elle, il a aimé platoniquement une femme, une Marocaine rencontrée sur un tchat, et qui a fini par en épouser un autre. Aussitôt qu'il obtient son diplôme et un boulot dans l'informatique - «il y avait 200 postes pour plus de 1 200 candidats», précise-t-il avec fierté - il la rejoint. «Une partie de moi espérait fonder un foyer, être en couple et en parallèle, il y avait une appréhension, dans la mesure où je commençais à bien la connaître.» Deux semaines de relatif bonheur se passent, dans le studio qu'ils partagent avec les deux enfants de sa compagne. Bientôt, Maxime Gaget n'en sortira presque plus, si ce n'est pour faire les courses ou emmener les gamins à l'école. Inutile de fuir : elle le retrouvera, prévient-elle, et l'accusera de pédophilie. «Il y a plusieurs points dans le schéma de manipulation, analyse-t-il, d'abord, l'acquisition de la cible par la séduction. La part sentimentale est un outil, une arme. Ensuite, il y a une phase d'isolation, la capture des papiers, du téléphone. Puis, c'est l'exploitation des moyens de paiement et les premières violences sévères. A la fin, il n'y a plus de soucis, plus de douleur. J'ai frôlé cette limite à plusieurs reprises.»
Tout et rien peut provoquer une dispute. «A la moindre erreur, ça vous pète à la figure.» Comme ce jour où il récure, «sur ses ordres», le mur de l'appartement, accroupi, et se retrouve avec un couteau sous la gorge pour ne pas s'être poussé assez vite du passage. D'autres fois, ce sont des claques, des coups de poing, des vociférations.
Un soir, sa compagne, amatrice d'alcools forts et de cannabis se fait passer pour lui sur le forum qu'il modère. On sent qu'il rougit encore de honte, ce pudique, des propos fleuris qu'elle y a tenus. Il se fait virer du forum, se désocialisant d'autant plus. D'autres fois, relate-t-il aussi, elle lui pique son ordinateur pour contacter des «proies d'un soir», et enferme Maxime Gaget dans le cagibi entre deux étages de l'immeuble le temps de faire sa petite affaire. «Quand elle est passée des sentiments aux menaces, j'ai compris que ça partait en queue de poisson», dit-il, mais il veut alors «tenir la distance, tenir coûte que coûte».
Le calvaire se termine en mars 2009. Son beau-frère, qui vit sur le même palier, alerte sa famille, qui vient l'exfiltrer du studio avec un oncle militaire et la police. Si sidéré qu'il ne se souvient que de bribes, Maxime Gaget, le visage tuméfié, atterrit à l'hôpital, où sa relation chaotique l'avait déjà envoyé plusieurs fois. Il subit huit opérations et porte plainte.
Pourquoi ne s'est-il pas défendu ? On ne tape «ni les femmes ni les enfants, c'est une question d'honneur», avance-t-il. Il est, de toute façon, «pacifique», et a appris au service militaire que «toute riposte doit être proportionnée». C'était donc exclu. «Je me suis beaucoup interrogé, dit-il d'un ton clinique. L'emprise est telle qu'il n'y a aucune échappatoire [...]. Ce n'est pas évident de se dire qu'on s'est fait taper par une femme. Mais une femme n'est pas forcément fragile, elle peut être aussi cruelle.» Après sa «libération», Maxime Gaget entreprend des recherches sur le sujet. Si, sur les 216 000 femmes battues chaque année, la littérature est abondante, il n'existe pas de témoignage d'homme dans la même situation. Il décide d'écrire. «On n'a touché à presque rien dans son texte, confie son éditeur, Claude Michalon, qui qualifie volontiers son protégé de "surdoué". Il raisonne admirablement.»
En avril, celle qu'il ne nomme à aucun moment de l'entretien sera jugée pour coups et blessures, intimidation, et pour avoir frauduleusement souscrit un crédit à son nom. «Je veux comprendre pourquoi elle m'a choisi comme proie, pourquoi ça a tourné à l'ultraviolence.» Il a depuis rencontré deux autres femmes, deux «échecs». Quand il aura retrouvé du travail, il aimerait vivre en couple. Construire un foyer, «au calme».
Maxime gaget en 5 dates
1978 Naissance. 30 octobre 2007 S'installe chez sa compagne. 2 mars 2009 Exfiltration et séjour à l'hôpital. 12 février 2015 Sortie de Ma compagne, mon bourreau (Michalon). 9 avril Procès.
Kim HULLOT-GUIOT www.liberation.fr

 

Comment, par la sécurité des personnes et des biens, contribuer au Programme Sénégal Émergent (PSE). L'auteur, après 40 ans de services dans la gendarmerie, souhaite ouvrir un large débat sur les exigences de sécurité qui conditionnent la confiance des populations et la stabilité des institutions.
Il ne saurait y avoir émergence sans système de sécurité fi able.
Abdoulaye Aziz NDAW est colonel de la Gendarmerie nationale du Sénégal. Riche d'une grande expérience dans le commandement dans des postes interarmées, dans des cabinets ministériels et dans des postes diplomatiques, il souhaite apporter sa contribution aux questions relatives à la
sécurité des personnes et de leurs biens.
Il est l'auteur de «POUR L'HONNEUR DE LA GENDARMERIE SÉNÉGALAISE»

Bilal le compagnon le plus fidèle du Prophète Mohamded psl, le premier muezzin de la mecque, est une figure qui aurait dûe faire comprendre au arabes que le noir n'est pas un ennemi  mais un semblable avec sa dignité.

Pour compléter votre culture, il est un auteur que ichrono essaie de promouvoir ses ouvrages, ses idées sur l'histoire des relations entre le monde arabe et les noirs (Tidiane N'Diaye - Le Génocide Voilé ou La Traite Négrière Arabo-Musulmane.). L'encre avec lequel on a écrit le coran est de couleur noire, la kaaba est de couleur noire,   pourquoi  alors se comporter comme tel .... 

Bien qu'établies au Maghreb depuis parfois des millénaires, les populations noires souffrent d'un manque de visibilité, voire d'un racisme persistant.
Chapeau de paille à larges bords, costume sombre un peu fatigué, Abdul remonte le chemin qui serpente de la médina de Chef chaouen vers les villages perchés sur les hauteurs du Rif marocain. Employé dans un hôtel de la ville, il regagne son douar au soleil couchant. Il est berbère, dit-il, comme ses voisins blancs de la montagne, mais son ancêtre est arrivé il y a trois siècles du bilad es-sudan, le "pays des Noirs", au-delà du Sahara. L'aïeul faisait-il partie de l'Abid al-Boukhari, l'armée composée d'esclaves noirs qu'avait constituée au XVIIe siècle le sultan Moulay Ismaïl ?
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À 5 000 km de là, le 4 avril, dans la ville d'Assouan, en Haute-Égypte, les hommes du clan des Daboudiya, des Nubiens établis dans la région depuis toujours ou presque, attaquaient les Banu Hilal, une tribu arabe dont des membres auraient tagué les murs du quartier noir pour rappeler qu'ils étaient "les maîtres des lieux". Quatre jours de combats ont laissé 26 morts dans les rues de la ville.
Ces deux scènes antithétiques sont symboliques des relations qu'entretiennent les populations noires établies en Afrique du Nord avec les "Blancs", entre symbiose et animosité. Certaines y vivent depuis les temps protohistoriques, mais nombre de leurs membres s'y sentent toujours traités en citoyens de seconde zone, voire en étrangers sur leur terre natale.
En 2004, Jeune Afrique s'était posé la question : "Les Maghrébins sont-ils racistes ?" L'évocation du tabou avait provoqué une tempête de réactions dissonantes. Natifs ou migrants, les Noirs s'indignaient d'être les cibles d'un mépris sans nom, essuyant quotidiennement brimades, crachats et noms d'oiseaux : kahlouch ("nègre"), qird ("singe"), abid ("esclave")... À l'opposé, les Maghrébins blancs s'indignaient de concert que l'on puisse même se poser la question : "Kahlouch, par exemple, est un terme amical que les Noirs acceptent en riant", nous avait écrit un Marocain. Et un lecteur tunisien de conclure que ce que nous considérions comme du racisme était "un comportement spontané, inconscient, ordinaire, sans importance".
Dix ans et un Printemps arabe plus tard, force est de constater que ce regrettable "ordinaire" se perpétue. Pis, ces dernières années, l'attention portée par les médias locaux aux périls que représenteraient les migrants subsahariens donne à ce racisme "spontané" une dimension xénophobe dont les Noirs du Maghreb ne sauraient pourtant être l'objet. Titrant en couverture "Le péril noir" son dossier sur l'immigration en novembre 2012, le magazine Maroc Hebdo semblait ainsi mettre dans le même sac natifs et exilés.
Les préjugés et tabous sont enracinés dans la mémoire collective
Militante tunisienne contre le racisme, Maha Abdelhamid relate que, bien des fois, les taxis de la capitale ne l'acceptent que lorsqu'ils l'ont entendue parler le tunisien natal. Dans le Sud, où des Noirs vivent en nombre depuis des siècles, "le regard est différent et il y a une grande sociabilité, poursuit-elle. Noirs et Blancs se rendent visite, s'invitent aux fêtes, se confient leurs secrets. Mais il y a des barrières invisibles comme celle, quasi infranchissable, du mariage : nous pouvons tout partager sauf le sang".
Du Golfe à l'Atlantique, les préjugés et les tabous sur la peau sombre sont enracinés dans une mémoire collective qui remonte à l'esclavage, figeant l'image de l'homme noir en éternel serviteur. Du Caire à Casablanca, ceux qui reconnaissent le racisme latent de leurs sociétés expliquent : "C'est l'Histoire qui refait surface." Aux XVIIIe et XIXe siècles, près de 2 millions de Subsahariens ont été emmenés en Afrique du Nord pour servir comme soldats, domestiques ou ouvriers agricoles. Les générations issues des anciens maîtres auraient, inconsciem­ment, perpétué le regard de leurs aïeux sur les descendants des affranchis.
Plus alarmant, les Maghrébins noirs eux-mêmes semblent se soumettre au joug d'une certaine perception de l'Histoire. En mai 2013, des manifestations contre le racisme organisées en Tunisie n'ont rassemblé qu'un petit nombre d'entre eux. Maha Abdelhamid, qui a participé à l'organisation de l'événement, explique : "Les Noirs ont toujours cultivé la discrétion, ils ont peur qu'en s'exprimant cela n'entraîne des réactions hostiles. Et, eux-mêmes, s'ils en parlent entre eux, en viennent à nier l'existence d'un racisme à leur égard. Il y a un double déni."
Le Sahara perçu comme un espace vide et stérile
L'explication par l'Histoire reste partielle : les esclaves blancs étaient également très prisés, jadis, des maîtres du Maghreb, sans que leurs rejetons se voient aujourd'hui qualifiés de mamelouks (soldats esclaves ou affranchis). C'est donc en premier lieu le caractère nigritique de ces populations autochtones qui les voue au racisme "naturel" de leurs compatriotes, au mépris de leur contribution à la grande Histoire de la Méditerranée, qui a vu des pharaons nubiens régner sur l'Égypte, des empereurs à la peau sombre gouverner Rome, l'Abyssin Bilal, l'un des compagnons du Prophète, choisi pour lancer les premiers appels à la prière de l'islam, et nombre de descendants d'esclaves conquérir des positions élevées dans les cours musulmanes, comme Ahmen Ben Moussa, devenu entre 1894 et 1900 grand vizir et régent du Maroc.
Au-delà de la barrière psychique héritée de l'Histoire, les Maghrébins noirs sont victimes d'une représentation fantasmée - et amnésique - de la géographie. Perçu comme un espace vide et stérile, le Sahara constituerait un sas entre une Afrique blanche, arabo-musulmane et civilisée, et une Afrique noire, jungle de bêtes féroces et de sorciers vouée à l'anarchie. C'est oublier les nombreuses voies qui sillonnent le désert depuis des temps immémoriaux.
L'implantation séculaire de l'islam au-delà des fleuves Sénégal et Niger rappelle l'importance des déplacements transsahariens. Avant de soumettre le Maroc septentrional et l'Andalousie, les Almoravides se sont emparés de l'empire du Ghana en 1054, et la confrérie gnaoua serait issue des esclaves emmenés à la conquête du Nord. En 1591, c'est au tour du sultan Al-Mansour de prendre Tombouctou, alors centre universitaire rayonnant de l'islam malékite avec lequel les oulémas d'Afrique du Nord entretenaient des rapports étroits.

Héros de la civilisation préislamique, le poète guerrier Antar était le fils
d'un roi arabe et d'une esclave abyssinienne. © DR
Des facteurs plus récents expliquent la construction de cette frontière mentale. Notamment, selon l'anthropologue Stéphanie Pouessel, qui a dirigé une étude sur les Noirs au Maghreb (Karthala, 2012), "le dispositif scientifico-colonial à l'origine de la construction de ces deux aires", le monde arabe et l'Afrique subsaharienne. Après les indépendances, l'idéologie panarabe a accentué la scission, et le tropisme européen des nouveaux États a achevé de leur faire tourner le dos à leur espace géographique naturel.
Vient alors la grande question : comment distinguer le Noir du Blanc ? Toutes les nuances de peau existent de Tombouctou à Tunis. Et tel, qu'un Noir percevrait comme blanc, peut être perçu comme noir par un Blanc... Paradoxe ultime, un Noir d'Algérie se qualifie plus facilement d'arabe qu'un Blanc du même pays s'avouerait africain. Mais loin de s'exclure, arabité et négritude peuvent se conjuguer. La preuve ? Djibouti, les Comores et la Somalie sont membres de la Ligue arabe. Et la geste du poète guerrier Antar (525-615 apr. J.-C.), un des héros suprêmes de la civilisation arabe, est une magnification du métissage qui devrait être contée à tous les enfants du Maghreb. Fils d'un roi arabe et d'une esclave noire, Antar avait d'abord été rejeté, avant que sa bravoure ne fît de lui un roi adulé.
Aujourd'hui, l'absence de Noirs dans les hautes sphères politiques et économiques des pays du Maghreb - la Libye faisant exception - est pour les militants antiracistes la preuve d'une discrimination sinon dans la loi, du moins dans les faits. Certes, les Maghrébins noirs sont victimes d'un racisme rampant, mais celui-ci n'est pas comparable à la xénophobie politique et idéologique courante en Occident. Le phénomène des migrations a permis que soit ouvert le débat sur la situation des Noirs en général, mais les pouvoirs publics ne semblent pas décidés à prendre des mesures concrètes.
"À moyen terme, un vrai débat aura lieu"
L'expérience du juriste tunisien Yadh Ben Achour, qui a conduit la mise en place des structures gouvernementales postrévolutionnaires, est éclairante : "Lors des travaux sur la Constitution, une association de défense des Noirs est venue demander à l'Assemblée qu'y soit introduite une disposition sur la lutte contre les discriminations raciales. Les députés n'ont pas voulu en entendre parler : "Vous cherchez à créer un problème qui n'existe pas !" Avec les derniers progrès sur la Constitution plutôt libérale qui a été élaborée, les premières portes ont été ouvertes, mais il restera après son adoption de nombreux chantiers, dont celui de la lutte contre le racisme. Avec l'émergence d'une conscience civile sur ce problème et la libération de l'expression, je suis optimiste : à moyen terme, un vrai débat aura lieu et des mesures seront prises pour combattre cette discrimination insidieuse."
Issus de la société civile, de la classe politique ou du monde des médias, ils auront marqué, par leur action ou par leur influence, la transition démocratique amorcée au lendemain de l'élection de la Constituante, il y a tout juste deux ans. Parmi eux, Yadh Ben Achour.
Éminent juriste, Yadh Ben Achour, 68 ans, ex-opposant à Ben Ali, a contribué à conduire la Tunisie à ses premières élections libres en présidant la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Depuis la fin de sa mission, en homme libre et en expert constitutionnaliste, il tempère, critique et remet les pendules à l'heure. Régulièrement consulté, cet érudit n'hésite pas à donner de la voix pour que le projet de Constitution soit porteur de démocratie et exempt d'empreintes idéologiques.
Jeuneafrique.com

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