photos pape cissoko et doomoundar.com

Sous le regard presque blasé de la lune, mais avec la complicité d'un climat franchement clément, l'Institut français a accueilli, ce 30 mai 2015, plus de cinq cents personnes de toutes les catégories sociales et originaires de Saint-Louis et des localités environnantes comme Rao, Gandon, Tassinère, Gandiole, Maka Diama, Ross Béthio et même Richard-Toll. Pour des raisons évidentes, ce public était composé majoritairement d'étudiants et d'élèves, qui, accompagnés par leur professeurs, qui par leurs parents et n'entretenant pas forcément les meilleurs rapports avec la langue de Molière. Le prétexte de cette rencontre : « Les media : vecteur du pluralisme ou nouveaux instruments de pouvoir ? »


Pour discuter de ces questions, l'Institut français et Alpha Amadou Sy avaient mis à contribution l'expertise avérée de Diatou Cissé, journaliste, membre du Tribunal des Pairs mis en place par le Comité pour le respect des règles éthiques et déontologiques (CORED), Mor Faye directeur de l'UFR CRAC de l'UGB, Rachid Id Yassine, Enseignant-chercheur à l'UGB et à l'Université de Perpignan et, par Skype, René Villemure, éthicien, Québec, et Pape Bakary Cissoko, philosophe et formateur interculturel à Paris ainsi que la participation du journaliste formateur à l'Institut supérieur des sciences de l'information et de la communication (ISSIC), Ibrahima Bakhoum, qui a eu l'amabilité de remplacer au pied levé son collègue Mamadou Ibra Kane, empêché.


Dès l'entame, les intervenants se sont adonnés à ce périlleux mais incontournable exercice qu'est la clarification conceptuelle. Pas plus que les médias ne sont réductibles au journalisme, la presse ne saurait se réduire à la pratique du journaliste. Il s'agit d'une entreprise plus complexe qui, finalement, intègre tous les canaux par le truchement desquels passe l'information. De même, quand on parle de presse, il convient d'avoir en tête cette immense chaîne dont le journaliste ne constitue qu'un des maillons. Cet éclairage permet d'avoir une perspective plus enrichissante surtout quand elle prend en compte les technologies de l'information et de la communication qui ont fini d'assurer massivité, célérité et spontanéité à la circulation de l'information donnant, du coup, le sentiment que nous sommes « dans un village planétaire ».


Cette séquence de clarification conceptuelle dont l'urgence a été commandée par les premières réactions d'un public détendu mais très attentif, a inspiré des questionnements qui ont eu le mérite d'alimenter cet exceptionnel banquet de l'esprit : « Qui est et qui n'est pas journaliste ? Pourquoi les journalistes sont-ils prompts à céder à la dictature des faits divers et de l'anecdotique ? Comment se fait-il que le journaliste s'intéresse non pas au chien qui mord un homme mais à l'homme qui mord un chien ? Les journalistes sont-ils conscients des menaces qui pèsent sur leur corporation ? Qui a intérêt à dire quoi ? Quelle est la question derrière la question. ? Dans ce flot d'informations, comment s'en sortir ? Notamment, comment authentifier les sources de l'information et se prémunir contre les discours pollués ? Quelle est cette valeur ajoutée que le journaliste est à même d'ajouter à sa profession pour se démarquer du blogueur qui n'est forcément pas gouverné par les mêmes règles d'éthique et de déontologie ? Faut-il moraliser ou « éthiquiser » la pratique journalistique ou œuvrer dans le sens plus général de changement les mentalités ?


Par delà les divergences, quand même ces points de convergence : la reconnaissance des maux dont souffrent les média et la nécessité de trouver des remèdes à la hauteur des préjudices soulignés. Sous ce rapport, la perspective historique a rendu intelligible ce mouvement au cours duquel on est passé de la conception de média d'émancipation, assortie d'un certain idéal, à celle de média soumis à la loi implacable de l'offre et de la demande.
Crise de la presse certes, mais il importe tout de même d'éviter de jeter le bébé avec l'eau du bain. Il se donne à lire que, dans un pays comme le Sénégal, la presse aura joué un rôle de premier plan dans l'avènement des deux alternances politiques de 2000 et de 2012. Il s'y ajoute que la corporation des journalistes des communicateurs et techniciens de l'information, après avoir procédé à un diagnostic sans complaisance, s'est donnée les moyens de remédiation. En attestent des structures comme le Comité pour le respect des règles éthiques et déontologiques et le Tribunal des pairs.


Le débat se poursuivra sur les obstacles qui hypothèquent le triomphe du pluralisme dans les média. Dans cette mouvance, les limites du combat des défenseurs du Nouvel Ordre Mondial de l'Information et de la Communication seront l'objet d'un fructueux échange. Là aussi des questions ont fait surface : Pourquoi cette lutte des Amadou Mahtar Mbow et de Sean Mc Bride est- elle restée sans écho ? Le volontarisme peut-il suffire quand il s'agit d'enrayer ou tout au moins d'atténuer la mainmise des puissances occidentales sur les sources essentielles de l'information ? Quels actes concrets les Etats africains ont-ils posé pour assurer leur souveraineté en matière d'accès aux sources et de traitement de l'information ? Pluralisme, certes mais ce concept est-il réductible à la diversité dans l'expression politique ou intègre-t-il les diversités culturelles, avec leur corollaire, à savoir les légitimes aspirations des différents peuples de notre planète à vivre selon des normes à eux ? Le pluralisme peut- il se concevoir sans les identités ? Comment affirmer le soi sans verser dans les « identités meurtrières » ?


En tout état de cause, la complexité des questions soulevées et la passion qui a gouverné la prise de position des uns et des autres ont fini d'édifier sur tout l'enjeu philosophique de cette problématique des média. La démarche, dans le double axe de l'analyse conceptuelle et de la mise à profit de la perspective historique, a sans doute contribué à convaincre sur la portée du mode de pensée philosophique, chaque fois qu'il s'agit de soumettre à un examen judicieux les questions essentielles qui troublent l'humanité. La difficulté à opérer des choix pertinents, la manipulation dans le traitement de l'information, la célérité et la massivité avec lesquelles les informations envahissent nos domiciles jusqu'à violer notre intimité confèrent toute la fraîcheur à la nécessité de la formation et de l'éducation des citoyens, afin de leur donner la chance et les moyens intellectuels d'imprimer leur propre subjectivité à la marche du monde.


Il était sans doute minuit à Québec, avec René Villemure, six heures du matin à Paris avec Pape B. Cissoko, et 4 heures à Saint-Louis du Sénégal quand les rideaux tombaient sur la Sixième Nuit de la Philosophie avec certainement le sentiment que Condorcet avait raison de recommander vivement que la philosophie préside à la formation des citoyens ! Et par ce banquet qui s'est assurément joué, à la fois, du temps et de l'espace initiateurs, invités et intervenants ont donné une excellente illustration du bon usage des TIC !
Alpha Amadou SY Modérateur

Lire sur le même sujet
http://www.doomoundar.com/index.php/component/k2/item/1213-nuit-de-la-philo-les-journalistes-au-banc-des-accuses


Alpha sy : Chers amis !
J'ai été tout simplement comblé par tant de générosité ! Un grand merci en mon nom personnel et au nom de ces centaines de jeunes qui ont eu l'immense privilège d'écouter vos développements des plus succulents. Quelle belle nuit ! Quelle complicité autour des concepts! Quel souffle noétique!

Thierry à Pape CISSOKO
Cher professeur,
Nous avons été une fois encore impressionnés par votre engagement, votre écoute patiente, votre enthousiasme et votre générosité lors de cette 6ème nuit de la philosophie qui a rassemblé plus de 500 auditeurs qui sont restés attentifs et captivés jusqu'au petit matin.
Le travail de passeur et d'éclaireur que vous accomplissez est merveilleux, votre investissement, ce fameux dieuf dieul auquel vous donnez forme, voix et vie, ne saurait rester vain.
Avec nos remerciements les plus vifs,
Thierry Dessolas et l'équipe de l'Institut français de Saint-Louis


De I BAKHOUM Un grand merci A tous,
Je crois que cette soirée dont je parle partout depuis mon retour à Dakar, a été plus que ce que j'en attendais. Aussi bien le format que la participation des jeunes me sont restés comme une intéressante expérience d'échanges. Pas besoin de vous dire que j'ai l'expérience des rencontres, mais le forum à l'Institut Français de Saint Louis .... chapeau !
Quant à la philosophie, elle reste transversale et peut forcément trouver objet dans quasi toutes activités humaines. Il suffit de la juste touche d'hommes et femmes de l'Art comme les initiateurs de la manifestation du week-end dernier qui je l'espère ne sera pas le dernier.
BAKHOUM 

      De Diatou CISSE
Bonjour Alpha
Merci à toi aussi pour ton immense générosité. ça fait chaud au cœur de rencontrer des éducateurs (je ne dis pas enseignants) dans l'âme. Merci de nous avoir donné l'opportunité de nous enrichir davantage au cours de cette soirée. Puisse Dieu rétribuer tes efforts.

" L'Institut français de St Louis fait un travail remarquable envers les populations du Sénégal et contribue à élever le niveau par l'offre d'une programmation osée et fortement instructive et formatrice. Ces occasions comblent un manque chez les jeunes lycéens et c'est l'occasion pour moi de répondre présent pour proposer mes modestes compétences" Pape Cissoko France

 

Témoin de l'évolution de l'Afrique contemporaine, cet ouvrage aborde le parcours exceptionnel du professeur Boubakar Ba (décédé en 2013) et les enjeux d'une actualité brûlante : l'Etat postcolonial en Afrique, la conscience africaine, les défis des universités du continent. Boubakar Ba revient sur ses rencontres avec Léopold Sédar Senghor, Albert Tévoédjré, sur la jeunesse du capitaine Thomas Sankara. Il décrypte le coup d'Etat militaire d'avril 1974 au Niger, les relations entre Hamani Diori, Seyni Kountché, Mahamadou Issoufou et l'université.
Prenant prétexte du parcours exceptionnel du professeur Boubakar Ba, décédé, à 78 ans, le 19 avril 2013 à Paris, ce livre aborde des enjeux d'une actualité brûlante : l'État postcolonial en Afrique, la conscience africaine, les défis des universités du continent.


Premier Africain à entrer à l'École normale supérieure (ENS, rue d'Ulm), premier recteur de l'Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey, Boubakar Ba, agrégé de mathématiques, discipline qu'il a enseignée pendant 28 ans en France, au Sénégal, à Madagascar, au Niger et en Côte d'Ivoire, fut un témoin-clé de l'évolution de l'Afrique contemporaine. Il aura eu parmi ses tout premiers étudiants nigériens l'actuel président du pays, Mahamadou Issoufou et son ministre du Pétrole et de l'Énergie, Foumakoye Gado. Au détour d'un échange sur la création du Centre d'enseignement supérieur de Niamey, le recteur revient sur ses rencontres avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Béninois Albert Tévoédjrè. Dans un style clair et accessible, ce livre va bien au-delà du destin hors du commun du professeur Ba pour aborder la délicate question des frontières africaines héritées de la colonisation, revenir sur la jeunesse du capitaine révolutionnaire burkinabé, Thomas Sankara. Il décrypte en outre le coup d'État militaire du 15 avril 1974 au Niger, les relations entre Hamani Diori, Seyni Kountché, Mahamadou Issoufou et l'Université.


Journaliste, Seidik ABBA est ancien chef du bureau parisien de l'Agence panafricaine d'information (Panapress) et ex-rédacteur en chef central de l'hebdomadaire panafricain Jeune-Afrique. Il est par ailleurs chercheur associé à l'Université de Valenciennes (nord de la France) où il a soutenu une thèse de doctorat en sciences de l'information et de la communication

 

Vers un renforcement de la collaboration entre Jovago.com et le ministère du tourisme du Sénégal par Ismael Cabral Kambell
Le Ministre du Tourisme et des Transports aériens, Abdoulaye Diouf Sarr a reçu le jeudi dernier Xavier Starkloff, le Directeur Afrique de l'ouest de jovago.com, site de réservation d'hôtel en ligne, présent au Sénégal depuis plus d'un an. Cette rencontre a été l'occasion pour le responsable de la plateforme de présenter officiellement au ministère les services offerts par cet acteur de l'hôtellerie présent dans plus de 40 pays africains.
« C'est pour nous un plaisir d'avoir été reçu par Monsieur le Ministre, cela témoigne de l'intérêt qu'il accorde à notre entreprise qui œuvre à promouvoir davantage la destination Sénégal », a laissé entendre Xavier Starkloff, Directeur régional de jovago.com. Cette rencontre revêt un caractère important, car les deux entités ont un objectif commun, celle d'améliorer le secteur touristique dans le pays
Le Ministre Abdoulaye Diouf Sarr, qui s'est réjoui de la présence au Sénégal de Jovago.com et de son implication dans la relance du tourisme au Sénégal. « Ce genre de service nous intéresse au plus haut plan. Nous ne pouvons pas développer le tourisme sans s'aligner sur les standards internationaux », a indiqué le Ministre du Tourisme et des Transports aériens.
Conscient que toute contribution visant à promouvoir la destination Sénégal est la bienvenue, le Ministre a instruis ses services a initié un cadre de travail avec les responsables de la plateforme, afin d'asseoir une politique commune et mener des actions concrétes dans le domaine touristique
Jovago qui a fait du Sénégal son hub régional, compte plus de 1 000 hôtels partenaires dans les 14 régions du pays et 20 000 au niveau continental. Ainsi la plateforme n'enttend ménagé aucun effort envers les autorités, notamment dans la diffusion d'information d'analyse qui pourrait mieux aider à comprendre l'activité touristique dans le pays.
Ismael Cabral Kambell Jovago.com

 

L'annonce de son décès le 6 Février 2009 a fait le tour de la planète, car le personnage emblématique de l'ile de Gorée avait fini par se faire des amis à travers le monde. Boubacar Joseph Ndiaye et Gorée, c'était plus qu'un travail, l'homme en avait fait le combat de sa vie, durant 40 ans. Cette semaine, le site de réservation d'hôtels numéro un en Afrique jovago.com et votre site d'information ont tenu à rendre un hommage à un homme de valeurs au service de l'histoire de l'humanité.

Sa notoriété, Boubacar Joseph Ndiaye l'a acquise par son attachement à l'histoire de Gorée. C'est en 1962 que nait cette passionnante histoire, lorsqu'il est nommé conservateur de la Maison des esclaves après son rachat par l'Etat en 1958. Dès lors, il consacrera sa vie à cette île qui a vu transiter des millions d'Africains exportés vers des cieux inconnus. Celui qui avait fini par être la voix des chaînes des esclaves de Gorée racontait avec passion aux milliers de visiteurs, l'histoire de ces hommes, femmes et enfants arrachés à l'Afrique. Grâce à Boubacar Joseph Ndiaye, la maison des esclaves est devenue mondialement célèbre. Son dévouement et son combat quotidien de valoriser ce lieu, lui ont valu de nombreuses distinctions dont celle de l'UNESCO. En quatre décennies, le charisme, non dépourvu d'humour à l'occasion, de Boubacar Joseph Ndiaye n'a laissé aucun visiteur indifférent, car le maitre des lieux savait captiver l'attention de ses hôtes. En juin 2006, il a été désigné officiellement « trésor humain vivant », car à travers sa personne ce lieu d'histoire a survécu au temps.

Né le 15 Octobre 1922 à Rufisque, Boubacar Joseph Ndiaye est présenté comme l'une des personnalités sénégalaises les plus connues dans le monde, au même titre que le poète président Léopold Sédar Senghor, notamment des historiens, des amis de la culture et des touristes. Celui qui est devenu en 1968 le premier conservateur de la Maison des esclaves de Gorée a fait ses études primaires à Gorée, puis a rejoint l'Ecole professionnelle Pinet-Laprade de Dakar. Avant sa nomination comme conservateur, il a travaillé comme typographe, puis a servi sous le drapeau dans l'armée française en 1943. Boubacar Joseph Ndiaye était le patrimoine vivant de Gorée et son ouvrage « Il fut un jour à Gorée : un devoir de mémoire», paru en 2006 ou encore « La Maison des Esclaves de Gorée», , paru plus tôt la même année sont un témoignage poignant d'un homme qui a consacré sa vie entière à lutter contre l'oubli et à briser le silence sur l'une des plus grandes tragédies de l'histoire humaine. Son décès le 6 février 2009 a plongé de nombreux amis de Gorée dans le « noir », heureusement qu'avant son rappel à Dieu vers la « porte du non-retour », le conservateur a su léguer son héritage à la nouvelle génération qui a aujourd'hui le devoir de faire vivre à jamais l'histoire de l'île dans la mémoire collective.
Ismael Cabral Kambell de jovago Jovago.com

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