Un ouvrage qui est d'actualité et c'est pourquoi nous avons décidé de le remettre au goût du jour.
Proposé en 2007 dans grioo.com et remis en ligne en 2015 dans ichrono.info

Mamadou Ablaye Ndiaye et Alpha Amadou Sy, deux philosophes Sénégalais, sont les auteurs du livre dense et osé « l'Afrique face au défi de la modernité » : La quête d'identité et la mondialité » (éditions Panafrika, Dakar). Les deux auteurs sont des intellectuels engagés, ils écrivent, pensent l'Afrique et le monde, soumettent tout au crible de la raison critique. Ainsi, ils compensent le déficit philosophique et de réflexion approfondie dont souffre le continent.
Après vos multiples ouvrages, vous nous gratifiez avec ce livre dense au titre « risqué » : « L'Afrique face au défi de la modernité » (La quête d'identité et la mondialité). Est-ce à dire que s'engager dans la Modernité est un risque par rapport à son identité ?
En vérité, dans cette quête nôtre, le risque est double. D'abord, s'engager à reprendre un thème galvaudé des années 60. L'Afrique indépendante a souvent posé dans des termes plutôt mécaniques voire dualistes les rapports entre la tradition et la modernité comme pendant des relations tumultueuses entre l'Occident et le continent noir. Nous ne pourrons pas revenir ici sur toute la littérature produite à ce sujet.Par contre, nous nous permettrons de rappeler ce propos de l'écrivain Cheikh Hamidou Kane, révélateur de l'état d'esprit de l'époque : « L'Occident est possédé et le monde s'occidentalise. »
L'amalgame entre modernité et occidentalisation en filigrane ici est d'autant plus frappant que les théories de développement, imposées par les Occidentaux aux Africains, étaient conçues sous le mode du rattrapage et du mimétisme. Dès lors, nous courions le risque théorique de remettre en fonction un concept désuet. Mais nous nous sommes dit que la modernité est une problématique récurrente. Regardez un peu ceux-là qu'on appelle les postmodernes ! Sont-ils les derniers des modernes ? Ont-ils clos la modernité ? À la manière d'un Hegel qui proclame la fin d'une histoire qui pourtant continue !
Le second risque certes se pose aujourd'hui avec beaucoup plus d'acuité mais a, pour ainsi dire, l'âge de l'humanité. En effet, si comme le pense Marx que confirme l'anthropologie contemporaine, « l'individu dans sa réalité c'est l'ensemble de ses rapports avec les autres », alors l'existence humaine est impensable hors du double rapport de l'intégration sociale et de la préservation du moi contre l'aliénation. Ainsi, autant l'homme est inséré dans un réseau d'intersubjectivité, autant les peuples ne peuvent vivre en autarcie. Et justement l'une des préoccupations de ce livre est de mettre en évidence les conditions à réunir pour que l'Afrique, tout en restant elle-même, s'engage avec succès dans l'axe de l'universalité. Il urge à l'Afrique de relever ce défi.
Votre ouvrage nous fait découvrir ou relire de grands penseurs comme Léopold Sédar Senghor, C.H Kane, Samuel Huntington, Francis Fukuyama, Emmanuel Kant, Marx, Goethe et le Coran, Axel Kahn, Spencer etc. Qu'y-a-t-il d'original dans leurs théories qui soit éclairant pour l'Afrique et les Africains ?
Merci de cette appréciation que nous considérons comme un encouragement. Quand un chercheur fait des investigations, il ne choisit pas ses interlocuteurs ; il les rencontre dans la dynamique de ses réflexions. Ainsi analysant le réel africain nous croisons tel ou tel penseur qui a émis une thèse parlant directement ou indirectement du continent. De ce point de vue, nous avons vu nos lecteurs accorder une importance ou plutôt une curiosité certaine sur nos références à Platon et à Kant. En effet, le dualisme qui a jusqu'ici prévalu a occulté bien des passerelles ! La quête de l'Absolu n'est pas une préoccupation occidentale ; elle est consubstantielle à l'humaine condition. En atteste, si besoin en est, ce recoupement apparemment des plus osés et des plus paradoxaux entre Platon, ce Grec des temps antiques et Thierno, ce marabout noir, Africain peut-être des années 50. Quant à Kant, en dépit des apparences il est d'une actualité certaine pour l'Afrique d'aujourd'hui. Ses réflexions sur l'éthique, la minorité, sur la citoyenneté et l'esprit républicain sont d'un éclairage incontournable pour une Afrique aux traditions démocratiques larvées. Pour les autres, nous préférons laisser le lecteur réaliser de lui-même en quels termes se pose le débat que nous engageons avec eux.
La quête de l'Absolu n'est pas un phénomène nouveau pour les Africains, et vous le dites bien d'ailleurs dans un parallélisme audacieux et pertinent entre le sage Thierno dans l'Aventure ambiguë de C.H Kane et Socrate de Platon. Ce que les Africains semblent noter c'est que l'Occident est malade et pourtant il attire toute l'humanité dans sa direction, la mondialisation, la globalisation, vers une identité universelle et univoque, quel paradoxe ? Un paradoxe certes déroutant mais que rend intelligible cette pensée de Marx : « l'idéologie dominante est celle de la classe dominante ». Ayant unifié le globe sur la base de la logique marchande, arrosant à l'échelle planétaire de culture par le biais de satellites, l'Occident sûr de lui s'offre comme la seule alternative. Cette certitude est renforcée par l'effondrement du Mur de Berlin. Seulement, les peuples réalisent, de plus en plus, que ce village dit plantaire est loin d'être celui de la fraternité, lieu de cristallisation des valeurs cardinales de ce que Albert Jacquard appelle l'humanitude. Ce monde d'aujourd'hui n'est pas celui où triomphe la civilisation de l'Universel. Il consacre, pour le moment, le triomphe de l'american way of life, le triomphe des États-Unis qui imposent leurs produits, leurs manières de vivres et leurs valeurs. C'est cet ordre qui fait le lit du terrorisme de masse qu'on peut non pas justifier mais expliquer et comprendre comme une réaction au terrorisme d'État exercé impunément par les Usa et ses alliés.
Machiavel ne serait-il pas le plus approprié pour berner le citoyen qui au demeurant veut comprendre et participer à la construction de son monde ? L'État de droit n'est-ce pas une hérésie en Afrique ?
« Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! » Vous connaissez suffisamment l'Afrique pour vous imaginer la portée subversive de cet impératif kantien dans un continent dans lequel les individus ont encore du mal à affirmer et à assumer leur propre subjectivité. Or, de cette affirmation dépend l'enclenchement de ce mouvement intellectuel générateur et de la science et du projet démocratique. C'est pourquoi, sans réduire les acquis démocratiques à ce qui a été uniquement formalisé par l'Occident, nous nous intéressons à cette séquence historique occupée par Descartes, John Locke et les philosophes des Lumières dont justement Kant.
Peut- être bien que le penseur florentin serait plus approprié pour ceux qui gèrent le continent sans aucun esprit républicain. Mais quand nous parlons de défi c'est à l'endroit de ceux qui sont assez fous pour croire, avec nous, que l'Afrique peut sortir de cette impasse du moment. Dans la dynamique de cette utopie toute positive, la question n'est pas de renoncer à tout ce qui a été fait mais plutôt de remédier en travaillant inlassablement dans le sens de faire porter aux Africains un projet social républicain. C'est d'autant un impératif que nous avons déjà montré dans « Africanisme et théorie du projet social » et à la suite de bien d'autres penseurs, que l'État de droit a été grippé dès le départ car conçu par les bailleurs de fond pour permettre l'Etat postcolonial, enlisé dans les eaux boueuses de la prédation, d'être en règle avec le Service de la dette.
L'Ecole coloniale n'a-t-elle pas été cet anti-modèle avec une impossible initiation ? De plus, il semble que l'Afrique a hérité de Cultures où l'esprit critique a été mis à l'écart, voire absent, et tous ces faits nous éloignent de la modernité de la mondialité et nous sommes perpétuellement face à des défis à relever ?
Parce que l'homme est perfectible, c'est sans doute dans sa nature de se lancer des défis en permanence. Seulement, la tâche de l'Afrique est rendue rocambolesque par la lourdeur de ce double héritage. Autant l'école coloniale, dont l'ambition était de former des subalternes, n'avait aucun projet de formation citoyenne ; autant l'Etat postcolonial, resté dans les rets de l'économie de rente, n'a doté l'Africain du savoir, savoir- faire et du savoir –faire qu'exige le développement. Le défi est d'autant plus grand que l'Afrique souffre parce qu'elle est riche et, en tant que telle, objet de toutes les convoitises. Mais elle souffre aussi du fait de sa classe politique dont la propension au patrimonialisme et au népotisme sert de terreau pour le développement du... sous-développement !
Comment analysez-vous ce monde hégémonique ; axe du bien axe du mal (G. Bush) monde civilisé et les autres, islam et christianisme, ces sériations, ces fossés entretenus qui empêchent la rencontre et la fusion qui aurait pu engendrer cette identité tant escomptée sur une base commune de respect. Comment peut-on envisager les défis dans ces cas ?
Ces concepts semblent réfléchir des monades c'est-à-dire des entités sans aucune interconnexion. En réalité, ils renvoient à diverses facettes d'un monde qui souffre d'un terrible déséquilibre. Effectivement, la fin du cycle issu de Yalta 45 n'a pas, tant s'en faut, humanisé des rapports travaillés par un échange viscéralement inégal. Au contraire, le nouveau désordre qui s'installe progressivement, à la suite de l'effondrement du mur de Berlin, en substituant la gestion unipolaire du monde à la bipolarité en vigueur au lendemain de la seconde guerre mondiale, a consacré le règne d'une Amérique arrogante qui se soumet les peuples du monde. Cette visée hégémoniste a buté sur des résistances certes dont les références ne sont plus ni Mao, ni Marx ni Lénine mais participent d'une même aspiration à la paix, à la justice et à la liberté. Ainsi, là où le Président Bush revendique le fondamentalisme chrétien pour gérer la planète, des hommes s'opposent par un autre fondamentalisme d'inspiration islamique. Là où Bush use du terrorisme d'Etat, des désespérés du désordre contemporain recourent au terrorisme de masse. Ces changements géopolitiques ont été accompagnés par un redéploiement de l'idéologie de la domination souvent sous le slogan de la mort des idéologies. Ainsi, à « L'Empire du bien » dont le porte étendard reste, bien sûr les Etats-Unis s'oppose toujours « l'Empire du mal ».
Cependant, celui-ci n'est plus le défunt univers communiste mais est désormais constitué des disciples de Satan qui ont élu domicile dans les vastes régions du globe, rebelles à l'ordre américain : la Corée du Nord, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Ce sont ces mutations que nous tentons d'analyser dans les chapitres 8 et 3. Dans ce dérèglement de l'ordre mondial, la solution n'est pas de chercher à s'aligner derrière les Usa dans l'espoir de soutirer des dividendes que seraient les rentes de l'alignement dans la lutte contre le terrorisme de masse. Le défi le plus urgent pour le continent est de rester debout. Dans cet ordre d'idées, l'intelligentsia a un rôle déterminant à jouer dont le moindre n'est pas de laisser éclore la subjectivité, afin de libérer l'esprit critique et le sens de la créativité et de la responsabilité.
Le monde bouge, les hommes voyagent, la médiologie nous l'apprend, Internet et Google nous le rappellent, les mutations sont indispensables, comment dès lors l'Afrique avec sa mentalité doit se comporter pour se hisser ou se positionner dans le Creux de la rationalité de la mondialité et de la modernité ?
Nous allons peut-être surprendre en disant que cette question a déjà soulevée avec beaucoup de pertinence depuis les années 70. Dans une contribution à paraître sur les technologies de l'information et de la communication, nous rappelons la position résolument avant-gardiste adoptée par l'Unesco sur cette problématique. Effectivement, dès 1976, au terme des Assises de la 19iéme Session de cet organisme international tenue au Kenya, Amadou Moctar Mbow, Directeur Général de l'Unesco, a été chargé de mettre constituer une Commission pour mener la réflexion sur les enjeux de la communication de masse à l'ère des satellites. Parmi les conclusions retenues par ladite Commission dirigée par le suédois Sean Mac Bride, figuraient en bonne partie les exigences du Nouvel Ordre Mondial de l'Information et de la Communication.
L'Afrique avait été mise en demeure de se mobiliser pour un ordre équitable de l'information mais aussi pour opérer à un niveau interne c'est–à-dire dans chaque pays du continent les réformes démocratiques qu'exige cette nouvelle situation caractérisée par l'exploitation de cette nouvelle richesse de ce nouveau gisement d'un genre tout à fait singulier, l'information. La brûlante actualité de ces recommandations montre que les pays africains n'ont jamais prêté l'attention à ces mises en garde.
Les Etats-Unis avaient boudé l'Unesco dirigée par Mbow tandis que les Africains n'ont jamais réussi à s'unir pour constituer un bouclier contre les occidentaux ulcérés par l'idée même de « nouvel ordre mondial de l'information ». « L'Afrique face au défi de la modernité » répond à votre pertinente question en partant de ce combat aux allures épiques de Amadou Moctar Mbow et de son équipe. C'est cette mobilisation pour le triomphe du droit à l'information que nous appelons dans notre livre les leçons de la genèse.
L'Afrique est-elle bien partie ou que faire, faut-il toujours compter sur les autres, alors qu'elle est riche, « le Zaïre est un accident géographique, d'autres pays regorgent de richesses en tout. »
Le paradoxe de l'Afrique c'est qu'elle est pauvre parce qu'elle est riche. Elle est l'objet de convoitises des capitalistes, des vendeurs d'armes, de drogues et de délinquants de tout acabit. Pour ne rien simplifier l'hégémonisme occidental a toujours veillé à l'installation de pouvoirs susceptibles de garantir ses intérêts souvent antinomiques à ceux des peuples. La liquidation Patrice Lumumba, de Amilcar Cabral, de Thomas Sankara, l'ostracisme viscéral contre Kwamé Nkrumah voire Ahmet Sékou Touré conjugué à la distribution de certificat de satisfecit à des prédateurs promus leaders modèles, prouvent que l'hégémonisme contrôle aussi les appareils politiques quoique dans des formes beaucoup plus subtiles que dans le contexte de la guerre froide. La solution ? Revenir sur une des conclusions retenues par les Assises de Paris anticipant sur le Sommet de Copenhague : « l'Afrique ne sera jamais construite par des étrangers parce qu'ils n'y ont pas intérêt. Contrairement à l'idée que développe l'afropessimisme, l'Afrique n'est ni un continent perdu, ni en détresse mais que trois décennies de difficultés, de tâtonnements, de contre-performances ont desservi notre continent. »
Pape Bakary CISSOKO,

jeudi, 12 mars 2015 14:06

Celui qui a tout perdu de David DIOP

 

Celui qui a tout perdu.
Le soleil brillait dans ma case
Et mes femmes étaient belles et souples
Comme les palmiers sous la brise des soirs.
Mes enfants glissaient sur le grand fleuve
Aux profondeurs de mort
Et mes pirogues luttaient avec les crocodiles
La lune, maternelle, accompagnait nos danses
Le rythme frénétique et lourd du tam-tam,
Tam-tam de la joie, tam-tam de l'insouciance
Au milieu des feux de liberté.

Puis un jour, le Silence...
Les rayons du soleil semblèrent s'éteindre
Dans ma case vide de sens.
Mes femmes écrasèrent leurs bouches rougies
Sur les lèvres minces et dures des conquérants aux yeux d'acier
Et mes enfants quittèrent leur nudité paisible
Pour l'uniforme de fer et de sang.
Votre voix s'est éteinte aussi
Les fers de l'esclavage ont déchiré mon coeur
Tams-tams de mes nuits, tam-tams de mes pères.
David Diop (1927 - )

 

Voter est un privilège insoupçonné, votons. Pape Cissoko ichrono

Les élections départementales de mars 2015 : attention aux irrégularités et aux sanctions.
Publié le 11 Mars 2015 par Nouvelle Dynamique #Politique La loi n°2013-404 du 17 mai 2013 relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, a modifié le calendrier électoral et les appellations habituels.

Les conseils généraux et les conseillers généraux sont désormais renommés respectivement conseils départementaux et conseillers départementaux. Par ailleurs, pour la première fois à cet échelon des collectivités territoriales, les conseillers départementaux sont désormais élus au scrutin binominal mixte majoritaire à deux tours. Cela signifie que pour chaque canton, équivalant à deux anciens cantons, les électeurs éliront un binôme formé d'un homme et d'une femme. Ce binôme doit impérativement se présenter avec un autre binôme d'un homme et d'une femme constituant les remplaçants. Fini donc les anciens conseillers généraux et leurs suppléants.

Les élections sont au scrutin majoritaire à deux tours, cela veut dire qu'à l'issue du 1er tour du 22 mars 2015, seuls deux binômes arrivés en tête se maintiendront pour le second tour. Au vu des faibles taux de participation enregistrés dans ce type d'élections, la France ne connaîtra pas beaucoup d'élus dès le 1er tour. Ensuite pour se présenter au 2e tour, soit le binôme se hisse au 2e score des suffrages exprimés au 1er tour, soit il atteint 12,5% de tous les électeurs inscrits dans le canton. Exemple : si le taux de participation est de 55% au 1er tour, ce qui constitue déjà un taux de participation déjà très élevés à ce type de scrutin, il faudra obtenir 22,7% au 1er tour.

A.Pour être éligible.
•Le candidat doit avoir atteint 18 ans révolus au plus tard le 21 mars 2015 à minuit (article L.194, alinéa premier).
•Etre électeur, il faut être française ou français, jouir des droits civiques et politiques et donc sans être frappé de sanction d'inéligibilité.
•Habiter le département dans lequel on se présente ou y être inscrit au rôle d'une des contributions directes au 1er janvier 2015. Il n'est donc pas nécessaire d'habiter le canton dans lequel les candidats se présentent. Néanmoins, habiter le département, c'est y disposer d'un domicile réel. Seule l'inscription personnelle au rôle des contributions directes d'une commune du département (taxe foncière, taxe d'habitation, contribution économique territoriale, etc.) ou le droit personnel à y figurer.

B.La candidature et des incompatibilités.
•Les deux candidats, titulaires et remplaçants, doivent être de sexe opposé (article L.191).
•Le candidat et son remplaçant doivent être de même sexe. Chaque candidat titulaire a donc son propre remplaçant qui ne pourra en aucun cas remplacer l'autre membre titulaire du binôme s'il est élu.
•Nul ne peut être candidat dans deux cantons. Si un candidat se porte candidat dans plus d'un canton, la candidature de binôme de candidats dans lequel il se présente n'est pas enregistrée. (article L.210-1, alinéas 6 et 7).
•Un candidat qui parviendrait à se faire élire dans plus d'un canton, ne peut détenir plus d'un mandat au conseil départemental. Il perdrait alors tous ses mandats de conseiller départemental.
•Nul ne peut être candidat dans un canton et remplaçant dans un autre canton. De même que le titulaire ne peut pas être dans plus d'un canton, le remplaçant ne peut pas être remplaçant dans plus d'un canton.
•Nul binôme ne peut être candidat au second tour s'il n'a pas été présent au 1er tour, et s'il n'a pas rempli les conditions pour être présent au second tour. D'où la composition du binôme du second tour est strictement identique à celle du 1er tour, sauf en cas de décès d'un membre du binôme du 1er tour.
•Nul ne peut présenter un autre remplaçant au second tour différent de celui du 1er tour, sauf en cas de décès de son remplaçant du 1er tour (article R.109-1).
•Un conseiller départemental ne peut détenir qu'un seul autre des mandats locaux suivants : conseiller municipal, ou conseiller régional, ou conseiller de Paris, ou conseiller à l'assemblée de Corse, ou de Guyane, ou de Martinique.
•Le mandat de député, de sénateur ou de député européen ne peut être cumulé avec plus d'un des mandats suivants : conseiller municipal d'une commune de plus de 1000 habitants, ou conseiller de Paris, ou conseiller départemental, ou conseiller régional, ou conseiller de l'assemblée de Corse, ou de Guyane, ou de Martinique.
•Le mandat de député ou de sénateur est incompatible avec les fonctions de président ou de vice-président de conseiller départemental. Ces dispositions s'appliqueront dès le 31 mars 2017 (loi organique n°2014-125 du 14 février 2014).
•Une déclaration de candidature est obligatoire pour chaque tour de scrutin (notamment pour ceux qui accèdent au second tour).
•Le refus d'enregistrement concernera les deux membres du binôme.
•Les remplaçants remplissent les mêmes conditions d'éligibilité que les candidats titulaires du binôme.
•Pour prouver la capacité d'éligibilité, présenter soit une attestation d'inscription sur une liste électorale délivrée par le maire d'une commune du département dans les 30 jours précédant le dépôt de la candidature ; soit une décision de justice ordonnant l'inscription de l'intéressé. La liste en vigueur est celle établie avant le 28 février 2015. Si l'intéresse n'est pas domicilié dans le département, il doit présenter : soit un avis d'imposition ou un extrait du rôle établissant que l'intéressé est personnellement inscrit au rôle des contributions directe d'une commune du département ; soit une copie d'un acte notarié établissant que l'intéressé est devenu propriétaire d'un immeuble ou locataire d'un logement dans le département en 2014 ; ou que l'intéressé est devenu propriétaire par voie successorale d'une propriété foncière dans le département depuis le 1er janvier 2015.

C.Les modalités de la campagne
•La campagne pour le 1er tour de scrutin pour les élections départementales de mars 2015 est ouverte le lundi 9 mars 2015 à zéro heure et s'achève le samedi 21 mars 2015 à minuit. En cas de second tour, la campagne est ouverte le lundi 23 mars 2015 à zéro heure et elle est close le samedi 28 mars 2015 à minuit (Article R.26).
•Les documents de propagande (tracts, message internet, message pas SMS, etc.) sont interdits après la clôture de la campagne (soit à partir de vendredi 20 mars ou 27 mars 2015 à minuit).
•Les financements de campagne électorale sont interdits aux personnes morales, à l'exception des partis ou groupement politiques. Les personnes morales ne peuvent pas consentir des dons, sous quelque forme que ce soit, ni fournir des biens, des services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués (article L.52-8).
•Il est recommandé aux binômes de soumettre préalablement à la commission de propagande les projets de circulaires et surtout de bulletins de vote pour s'assurer auprès d'elle de leur conformité aux dispositions légales avant d'engager les frais de leur impression.
•L'impression des bulletins de vote et des circulaires est à la charge des binômes de candidats.
•La combinaison des trois couleurs bleu, blanc et rouge, est interdite, à l'exception de la stricte reproduction de l'emblème d'un ou de plusieurs partis ou groupements politiques est interdite.
•Les bulletins de vote sont soumis à des règles précises (article R.30). A défaut, ils seront déclarés nuls et n'entreront pas en compte dans le résultat du dépouillement (article R.66-2). Ils doivent être tirés en une seule couleur sur papier blanc. Ils doivent être imprimés au format paysage (horizontal). Ils doivent comporter les noms des deux membres du binôme de candidats ordonnés dans l'ordre alphabétique. Chaque nom de candidat est suivi de celui de la personne appelée à le remplacer avec la mention « remplaçant ».

D.Vigilance citoyenne contre les irrégularités
La présentation du bilan de mandat pour un candidat sortant est régulière à condition que la communication de celui-ci ne soit financée sur des fonds publics ou ne bénéficie pas des moyens matériels et humains mis à la disposition des élus dans le cadre de l'exercice de leur mandat (Article L.52-1).

La communication des collectivités ne doit pas être constitutive d'une propagande électorale, directe ou indirecte, en faveur des binômes de candidats.

Il est interdit de recourir, à des fins de propagande électorale, à toute publicité commerciale par voie de presse ou tout moyen de communication audiovisuelle pendant les six mois précédant le 1er jour du mois de l'élection (soit à compter du 1er septembre 2014).

Les inaugurations, cérémonies de présentation des vœux à l'occasion de la nouvelle année ou fêtes locales doivent avoir un contenu neutre et informatif, portant sur des thèmes d'intérêt général, sans qu'il ne soit fait référence à l'élection à venir ou à la présentation des projets qu'il est envisagé de mener après l'élection. Ces dispositions concernent notamment les discours qui pourraient être prononcés à cette occasion, les documents remis aux participants ainsi que les films présentés.

L'évènement ne doit pas avoir lieu spécialement à l'approche des élections mais doit être organisé conformément à une périodicité habituelle et dans des conditions identiques à une manifestation équivalente au cours des années antérieures.

Il est interdit à tout agent de l'autorité publique ou municipale de distribuer des bulletins de vitre, professions de foi ou circulaires des candidats (article L.50).

Il est interdit, à compter du 1er septembre 2014, et jusqu'à la date du scrutin où le résultat est acquis : toute campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d'une collectivité sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin (article L.52-1). Toute infraction aux dispositions de cet article L52-1 est passible d'une amende de 75000 euros. Le juge de l'élection peut par ailleurs procéder à l'annulation de l'élection selon les circonstances du cas d'espèce. Il peut également prononcer l'inéligibilité d'un candidat, sur le fondement de l'article L.118-4, en cas de manœuvres frauduleuses.

Il est fait appel aux citoyens de veiller au respect des dispositions légales et réglementaires pour éviter toute dérive pouvant conduire à l'annulation de l'élection. Nul doute que des cas d'annulation pour irrégularité seront enregistrés à l'issue de ce scrutin selon de nouvelles modalités en France.

Dans une période de forte fragilité, de chômage et de grande précarité pour une grande partie des électeurs, les cumuls de mandats renvoient aux cumuls d'idemnités, d'enrichissement et d'inefficacité. Les citoyens réclament des élus disponibles, accessibles et de proximité pour les écouter et résoudre leurs problèmes avec des résultats concrets. Les cumulards (mandats, mandats et haute fonction, mandats et autres activités lucratives) et les candidats à durée indéterminés desservent la noblesse de l'action politique pour les citoyens et poussent les électeurs dans les bras du Front national et de tous les partis de l'extrême.

(Suite au prochain numéro)

Emmanuel Nkunzumwami

Auteur de "La Conquête de l'extrême droite en France" (Editions L'Harmattan, 2014)

et de "La Montée de l'extrême droite en France" (Editions L'Harmattan, 2012)

 

ÉDOUARD GLISSANT.FR ADRESSE SON SOUTIEN À MADAME CHRISTIANE TAUBIRA- Tous les esprits épris de justice et de respect doivent se mobiliser. Stop à la vindicte raciale, la France mérite mieux.
Parce qu'elle représente, qu'elle incarne et qu'elle porte haut des valeurs qui sont au cœur de la République, parce qu'elle donne sens et relief au projet humaniste, parce qu'elle sait mieux que quiconque en des temps de confusions, résister encore et encore aux relents les plus nauséabonds, Christiane Taubira fait l'objet presque quotidiennement d'attaques racistes, sous-entendues ou clamées. Aujourd'hui, des élus ont franchi le pas, ajoutant à l'infâme leurs propres contributions. Nous ne nous habituerons jamais à cette surenchère sinistre. S'associant à l'Institut du Tout-Monde, Édouard Glissant.fr adresse son soutien chaleureux à Madame Christiane Taubira, par les mots d'Édouard Glissant dans Les Indes :
Loïc Céry Dir. IFUPE www.ifupe.fr La nouvelle anabase www.sjperse.org www.edouardglissant.fr   Institut du Tout-Monde www.tout-monde.com www.lesmemoiresdesesclavages.com

Ichrono s'associe à tous ceux qui sont épris de justice et de respect à la défense de C TAUBIRA. Elle fait au mieux, elle se défend comme elle peut, nous devons la défendre pas parce qu'elle noire, mais parce qu'on l'attaque parce qu'elle est noire et ce n'est pas normal. C'est une =guerrière qui sait affronter l'adversité mais il est des moments où les forces s'amenuisent et il faut du soutien.
Pape B CISSOKO ichrono
Lire aussi dans planet.fr
Ce mercredi, la ministre de la Justice a dénoncé les discriminations racistes et la responsabilité des partis politiques qui enveniment la situation. Elle s'est également exprimée sur les attaques dont elle a fait l'objet.
Interrogée ce mercredi par Jean-Michel Aphatie sur RTL, Christiane Taubira s'est attaquée au Front national et au racisme en France. La ministre de la Justice, qui fait l'objet de propos racistes depuis son entrée au gouvernement, considère que "le racisme est insupportable et intolérable. Il ne faut pas laisser prospérer des pratiques qui mettent en péril ce pacte républicain", a-t-elle expliqué.
Christiane Taubira ne veut cependant pas attirer l'attention sur sa personne. "L'important ce n'est pas ma personne. C'est plus visible parce que c'est moi mais ce sont des agressions qui frappent des millions de personnes", a déclaré la garde des sceaux.
"Quand je pleure, je pleure dans ma chambre"
Lorsque le journaliste lui demande ce qu'elle ressent face à toutes ces attaques dont elle est victime, la garde des sceaux estime qu'"il faut avoir la décence de ne pas en parler. Quand on a mené des combats rudes dans sa vie et qu'on a eu le temps de se forger une capacité à résister". "Quand mon fils aîné trouvait que je résistais à trop de situation, je lui disais : 'Quand je pleure, je pleure dans ma chambre'. Même mes enfants n'ont pas à savoir si je souffre", a-t-elle confié (voir la vidéo ci-dessus).
Quand on l'interroge sur le racisme en France, la ministre de la Justice évoque la responsabilité de certains partis politiques. "L'UMP est en train de retrouver ses vieux démons", a-t-elle ainsi affirmé. Avant d'ajouter : "Il y a des paroles politiques identifiables, identifiées, avec des signatures qui, de plus en plus, jouent avec le bord de la ligne". Et au sujet du Front national, elle conteste sa nature démocratique et républicaine.
Faciliter les procédures judiciaires en cas de racisme
Le président de la République et la ministre de la Justice s'accordent sur la nécessité d'organiser des actions de groupes pour lutter contre le racisme et les discriminations. La garde des sceaux a d'ailleurs présenté son projet de loi concernant une réforme baptisée "J21" qui permettrait de faciliter les démarches. L'action devant la justice ne sera plus seulement individuelle mais elle pourra émaner d'une association ou d'un groupe d'individus. En raison de la difficulté d'apporter la preuve de discriminations, les personnes qui en sont victimes pourront agir ensemble face à la justice. Ce projet de loi devrait être présenté prochainement en conseil des ministres.

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Epouses africaines
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