La sclérose en plaques Maladies du système immunitaire
Gardez le moral, ne restez pas seul, bougez quand vous pouvez, la médecine fait des progrès votre famille doit vous soutenir.
Un traitement expérimental proposé par le Dr Paolo Zamboni a suscité une certaine controverse en 2010. Il pourrait être prometteur, mais aussi potentiellement dangereux. Il n'est pas approuvé par les autorités médicales pour le moment. .
La sclérose en plaques est une maladie qui touche le système nerveux central, en particulier le cerveau, les nerfs optiques et la moelle épinière. Elle altère la transmission des influx nerveux et peut se manifester par des symptômes très variables : engourdissement d'un membre, troubles de la vision, sensations de décharge électrique dans un membre ou dans le dos, troubles des mouvements, etc.
Le plus souvent, la sclérose en plaques évolue par poussées, au cours desquelles les symptômes réapparaissent ou de nouveaux symptômes surviennent. Au bout de quelques années, les poussées laissent des séquelles (symptômes permanents) qui peuvent devenir très invalidantes. La maladie peut en effet porter atteinte à de nombreuses fonctions : le contrôle des mouvements, la perception sensorielle, la mémoire, la parole, etc.
La sclérose en plaques est une maladie auto-immune chronique, dont la gravité et l'évolution sont très variables. Elle a été décrite pour la première fois en 1868 par le neurologue français Jean Martin Charcot.
La maladie se caractérise par des réactions d'inflammation qui entraînent par endroits la destruction de la myéline (démyélinisation). La myéline est une gaine qui entoure les fibres nerveuses (voir schéma). Elle a pour rôle de protéger ces fibres et d'accélérer la transmission des messages ou influx nerveux. Le système immunitaire des personnes atteintes détruirait la myéline en la considérant comme étrangère au corps (réaction auto-immune). Ainsi, à certains endroits du système nerveux, les influx sont plus lents ou complètement bloqués, ce qui provoque les différents symptômes. En dehors des poussées, l'inflammation disparaît et la myéline se reforme en partie autour des fibres, ce qui entraîne une régression complète ou partielle des symptômes. Cependant, dans les cas de démyélinisation répétée et prolongée, les neurones peuvent être détruits définitivement. Cela cause alors une incapacité permanente.
Les parties du système nerveux touchées par la maladie ressemblent à des plaques que l'on peut visualiser lors d'une imagerie par résonance magnétique (IRM), d'où le terme de sclérose en plaques.
Prévalence
On estime qu'en moyenne, 1 personne sur 1 000 est atteinte de sclérose en plaques, mais cette prévalence varie selon les pays. Les pays du Nord sont plus touchés que les pays proches de l'équateur. Au Canada, le taux serait parmi les plus élevés au monde (1/500), ce qui en fait la maladie neurologique chronique la plus répandue chez les jeunes adultes. Selon les estimations, entre 55 000 et 75 000 Canadiens en sont atteints. Fait encore inexpliqué, il y a 2 fois plus de femmes que d'hommes atteints de sclérose en plaques. La maladie est diagnostiquée la plupart du temps chez des personnes âgées de 20 ans à 40 ans, mais elle peut aussi, dans de rares cas, toucher les enfants (moins de 5% des cas).
Causes
La sclérose en plaques est une maladie complexe qui apparaît de façon inexpliquée. Les chercheurs pensent qu'elle survient en présence d'une combinaison de facteurs environnementaux, chez des personnes dont l'hérédité prédispose à la maladie (voir les sections Personnes à risque et Facteurs de risque). Une infection virale contractée durant l'enfance, comme le virus de la rougeole ou le virus Epstein-Barr, pourrait être impliquée. Un déficit en vitamine D pourrait également contribuer au déclenchement de la maladie. Quant aux facteurs génétiques prédisposants, ils sont également nombreux. Plus de 20 gènes potentiellement impliqués ont été identifiés ces dernières années.
Diagnostic
Il n'y a pas de test qui permette de diagnostiquer de façon certaine une sclérose en plaques. D'ailleurs, les erreurs diagnostiques restent fréquentes, car de nombreuses maladies peuvent se manifester par des symptômes ressemblant à ceux de la sclérose en plaques.
En général, le diagnostic repose sur l'examen médical (antécédents médicaux, signes et symptômes) et sur une IRM, qui permet de visualiser le nombre et la localisation des lésions de démyélinisation. Dans certains cas, une ponction lombaire peut être effectuée. Elle consiste à prélever du liquide céphalo-rachidien au dos (entre les vertèbres) pour s'assurer qu'aucune infection n'est responsable des symptômes.
La sclérose en plaques est difficile à diagnostiquer et il faut généralement avoir subi 2 poussées ou plus, avec au moins une rémission partielle, pour confirmer le diagnostic.
Évolution
L'évolution de la sclérose en plaques est imprévisible. Chaque cas est unique. Ni le nombre de poussées, ni le type d'atteinte, ni l'âge du diagnostic ne permettent de prévoir ou d'envisager l'avenir de la personne qui en est atteinte. Il existe des formes bénignes qui n'entraînent aucune difficulté physique, même après 10 ans ou 20 ans de maladie. D'autres formes peuvent évoluer rapidement et être plus invalidantes. Enfin, certaines personnes n'ont qu'une seule poussée dans toute leur vie. Il faut savoir que l'espérance de vie des personnes atteintes de sclérose en plaques n'est pas réduite de façon significative.
Formes de la maladie
En général, on distingue 3 formes principales de sclérose en plaques, selon la façon dont la maladie évolue dans le temps.
• Forme rémittente. Dans 85 % à 90 % des cas, la maladie débute par la forme rémittente (aussi appelée « cyclique rémittente »), caractérisée par des poussées entrecoupées de rémissions. Une poussée est définie comme une période de survenue de nouveaux signes neurologiques ou de réapparition d'anciens symptômes durant au moins 24 h, séparée de la poussée précédente d'au moins 1 mois. En général, les poussées durent de quelques jours à 1 mois, puis disparaissent progressivement. Dans la majorité des cas, au bout de plusieurs années, cette forme de la maladie peut évoluer vers une forme secondairement progressive.
• Forme primaire progressive (ou progressive d'emblée). Cette forme se caractérise par une évolution lente et constante de la maladie, dès le diagnostic. Elle concerne 10 % des cas6. Contrairement à la forme rémittente, il n'y a pas de véritables poussées, bien que la maladie puisse s'aggraver par moments. Cette forme apparaît généralement plus tard dans la vie, vers l'âge de 40 ans.
• Forme secondairement progressive. Après une forme rémittente initiale, la maladie peut s'aggraver de façon continue. On parle alors de forme secondairement progressive. Des poussées peuvent survenir, mais elles ne sont pas suivies de rémissions franches et le handicap s'aggrave peu à peu. La plupart des personnes souffrant de la forme rémittente présenteront une forme progressive dans les 15 ans qui suivent le diagnostic de la maladie.
Alternative, astuces de grand-mère
Certaines données scientifiques portent à croire que l'alimentation pourrait jouer un certain rôle dans l'apparition de la sclérose en plaques :
• un déficit en iode, en sélénium (surtout dans les régions ou les sols sont pauvres en ces minéraux) et en vitamine D;
• un excès de calories, d'acides gras saturés (provenant du règne animal ou végétal), de viande de porc, de sucres concentrés et de métaux lourds.
À l'inverse, les protéines végétales, le poisson et les produits céréaliers auraient un rôle protecteur.
La myéline est une substance constituée, en grande partie, de matières grasses. Sa composition pourrait donc être influencée par l'alimentation. Selon certains auteurs, moins de gras saturés et davantage de gras insaturés dans la diète pourrait contribuer à réduire la progression de la maladie. Dans le manuel de nutrition clinique de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, il est dit qu'un régime équilibré faible en gras saturés « paraît être pour l'instant l'approche la plus adaptée ». Dans le cadre d'un tel régime, il vaudrait mieux privilégier les gras polyinsaturés.
Manger moins
Certaines données scientifiques portent à croire que l'alimentation pourrait jouer un certain rôle dans l'apparition de la sclérose en plaques :
• un déficit en iode, en sélénium (surtout dans les régions ou les sols sont pauvres en ces minéraux) et en vitamine D;
• un excès de calories, d'acides gras saturés (provenant du règne animal ou végétal), de viande de porc, de sucres concentrés et de métaux lourds.
À l'inverse, les protéines végétales, le poisson et les produits céréaliers auraient un rôle protecteur.
La myéline est une substance constituée, en grande partie, de matières grasses. Sa composition pourrait donc être influencée par l'alimentation. Selon certains auteurs, moins de gras saturés et davantage de gras insaturés dans la diète pourrait contribuer à réduire la progression de la maladie. Dans le manuel de nutrition clinique de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, il est dit qu'un régime équilibré faible en gras saturés « paraît être pour l'instant l'approche la plus adaptée ». Dans le cadre d'un tel régime, il vaudrait mieux privilégier les gras polyinsaturés.
Le lait
Certaines données scientifiques portent à croire que l'alimentation pourrait jouer un certain rôle dans l'apparition de la sclérose en plaques :
• un déficit en iode, en sélénium (surtout dans les régions ou les sols sont pauvres en ces minéraux) et en vitamine D;
• un excès de calories, d'acides gras saturés (provenant du règne animal ou végétal), de viande de porc, de sucres concentrés et de métaux lourds.
À l'inverse, les protéines végétales, le poisson et les produits céréaliers auraient un rôle protecteur.
La myéline est une substance constituée, en grande partie, de matières grasses. Sa composition pourrait donc être influencée par l'alimentation. Selon certains auteurs, moins de gras saturés et davantage de gras insaturés dans la diète pourrait contribuer à réduire la progression de la maladie. Dans le manuel de nutrition clinique de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, il est dit qu'un régime équilibré faible en gras saturés « paraît être pour l'instant l'approche la plus adaptée ». Dans le cadre d'un tel régime, il vaudrait mieux privilégier les gras polyinsaturés.
Vitamine D
Plusieurs études publiées au cours des dernières années ont établi un lien entre un manque de vitamine D et l'incidence des maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaques24-8-10. La vitamine D aurait un effet sur le système immunitaire, ce qui pourrait empêcher l'apparition de la maladie ou limiter sa gravité, une fois qu'elle est déclarée. Une carence en vitamine D, surtout dans la période pubertaire, semble prédisposer à la sclérose en plaques6.
Malheureusement, les données actuelles ne permettent pas de déterminer si une supplémentation en vitamine D au-delà des apports nutritionnels de base peut influer sur l'évolution de la maladie chez l'homme.
En attendant de connaître la dose de vitamine D idéale pour ralentir la progression de la sclérose en plaques, tenter au moins d'atteindre les besoins de base en vitamine D. Les besoins de base en vitamine D sont de 400 UI (unités internationales) par jour pour les bébés de 1 à 12 mois; de 600 UI par jour pour les personnes de 1 an à 70 ans; et de 800 UI par jour après 70 ans. Pour obtenir ces quantités, il est préférable de prendre un supplément, car obtenir ces doses uniquement par l'alimentation est plutôt difficile (il faudrait notamment boire 1 litre de lait par jour pour obtenir 400 UI Étant donné la forte incidence d'ostéoporose chez les gens souffrant de sclérose en plaques, la prise d'un supplément de calcium et de vitamine D est généralement indiquée

C'est un fait dont on parle trop rarement : au moins un Africain émigré sur deux adresse les trois quarts de son salaire à sa famille restée sur le continent afin d'assurer sa subsistance. Osele, l'aîné de trente-trois enfants, est envoyé en France, où il fait de brillantes études d'ingénieur. Marié à une Française, père de deux enfants, il expédie tout son salaire en Afrique, ce qui le mène à la rupture conjugale. Le narrateur n'a de cesse de se justifier en remontant le cours de sa mémoire, dégageant peu à peu le modeste gisement d'une existence vouée au respect de la tradition. Cet homme dénué d'agressivité, qui n'élève jamais la voix, avec quel acharnement il dénonce la perpétuation d'un héritage ! Souvent, il invoque la peur, sa peur. Au fil des mots, il redessine le trajet de sa vie, à laquelle il offre un contour neuf, une nouvelle dignité. Mais un homme seul peut-il s'opposer à un peuple conservateur qui a tout intérêt à entretenir une telle dépendance ? Menacé de mort, frappé par la maladie, Osele exprime la dérision d'un combat inégal.

Enseignant de philosophie et écrivain, Gaston-Paul Effa vit en Lorraine, où il préside le prix Erckmann-Chatrian. Il participe à la rubrique littéraire du Républicain lorrain. Il a publié aux Éditions Anne Carrière À la vitesse d'un baiser sur la peau (2007).

Extrait

- Je voulais payer des factures aujourd'hui et, une fois de plus, il ne reste rien sur notre compte. On est le 10 du mois et je n'ai pas vu passer ton salaire. Comment vais-je payer l'électricité, le loyer, faire les courses jusqu'à la fin du mois ? De ton salaire d'ingénieur, il ne te reste donc rien pour notre famille ? Et tu prétends être un homme intelligent et responsable ?
Je ne peux lui répondre. Je réfléchis. Pour ceux qui me connaissent superficiellement, j'étais, avant de rencontrer Hélène, ce qu'on appelle encore - mais sans doute pour peu de temps - un «élu des dieux». C'est-à-dire un homme né dans la misère, que les fées avaient distingué pour en faire un être à l'abri du besoin. Je dois mon droit d'aînesse à un vieil homme visionnaire ; les esprits lui avaient parlé en songe : malgré mon jeune âge, ma constitution fragile, je serais un jour responsable de tous les miens, je ferais une carrière brillante, j'aurais beaucoup d'argent, j'enterrerais dignement les anciens de mon clan, mon visage serait le soleil des morts, toute ma vie j'honorerais la tradition. Élu très tôt l'aîné de ma famille, je fus pris dans une spirale où tournoyaient avec moi tous ceux que j'aimais. Ces êtres avec lesquels j'étais censé vivre, que j'étais censé protéger, et dont je m'occupais si peu, je les voyais au contraire entraînés avec moi dans le même étrange naufrage.
- Ta famille africaine ne te fait miroiter que ton droit d'aînesse et la tradition lorsqu'elle a besoin d'argent pour payer un mariage, un enterrement de plus. Mais qu'est-ce qu'ils croient là-bas, qu'il suffit de ramasser l'argent dans les caniveaux et de l'envoyer par Western Union ? Ils savent que tu te tapes des journées de douze heures de travail pour eux ?

Revue de presse

Gaston-Paul Effa témoigne des souffrances infligées au nom de la tradition africaine...
L'écrivain est celui qui rompt avec les diktats familiaux et sociaux. Le livre d'Effa est à ce titre un récit de formation, l'histoire d'un exorcisme. Son héros traverse mille petites morts pour s'alléger d'un destin tout tracé. Au bout de son calvaire, il se sent plus fort. Le malheureux Osele, dont l'animal totem est l'âne, est devenu un héros. Capable de créer un univers, au lieu de se laisser porter par les caprices du monde qui l'environne. Capable, au lieu de la subir, de célébrer la tradition africaine sans laquelle il «n'aurait rien eu à dire». Car quoi qu'il fasse, Osele, revendiquant sa double culture, sera toujours à la frontière. C'est finalement sa richesse. Son récit ose s'attaquer a un tabou et il a de quoi faire mentir l'un des précédents titres de l'écrivain : «Le cri que tu pousses ne réveillera personne». Parions qu'il sera entendu... (Claire Julliard - Le Nouvel Observateur du 5 juin 2008 )

Né au Cameroun et résidant en Lorraine, Gaston-Paul Effa, est un écrivain, cuisinier-un restaurateur, un philosophe, un intellectuel, créateur de plusieurs associations, animateur, un polymathe et un citoyen pas comme les autres : un acteur. Bien que vivant en Lorraine, il contribue depuis plus dix ans au développement de son pays natal : ouverture d'un lycée privé pour jeunes filles puis construction d'une bibliothèque à Yaoundé. Son restaurant de Strasbourg lui permet en partie de financer ses projets humaniste et citoyens.

Voici un intellectuel engagé pour le monde qui ne cesse d’investir malgré tout pour la mère Afrique au Cameroun. Son livre "Nous enfants de la tradition" est un livre osé, qui touchera tous les africains, tous les travailleurs sociaux occidentaux, tout le monde. Ecrire pour exposer une situation (l’argent/ la Famille), c’est participer au décloisonnement de certaines mentalités. C’est aussi une autre façon de raconter l’Afrique ce beau continent riche et mystérieux.

Quitter le continent africain est assimilé à la réussite, à l’argent et il faut donner, encore donner jusqu’à donner ce qu’on n’a pas ou disons perdre son âme. Les rapports entre les immigrés et la famille en Afrique doivent être clairs : même si on aime sa famille ; même s’il est plus "facile" de vivre en Occident qu’en Afrique, il faut avouer à l’autre de façon
-Je vais commencer par une question de Responsabilité, est-ce la tradition ou vous, qui êtes en faute dans cette histoire ? Donner tout votre argent gagné et qui aurait dû servir à entretenir votre propre famille, payer le loyer, les charges, la mutuelle, le transport, les prêts et les impôts, est-ce sérieux ? Certes beaucoup d’africains fonctionnent comme ça (envoient plus de 50% de leur salaire) mais certains ont pu s’émanciper de cette obligation sans couper les liens avec la famille.

Un homme qui souffre n’est pas lucide sur les causes de sa douleur et il est prêt à accuser tout le monde, y compris la tradition qui l’a porté. N’oublions pas qu’un fils d’animiste a sous sa peau les fils invisibles qui le lient à la tradition et il n’est pas si facile que cela de s’en défaire. C’est d’autant plus difficile que sa famille joue de ce poids pour lui faire un chantage affectif. péremptoire, dogmatique et ferme qu’on ne ramasse pas l’argent le long de sa route.

Vous êtes philosophe, écrivain, marié à une européenne qui vous aime (j’insiste) et que vous aimez, malgré tout vous avez refusé de voir la vérité en face, comme, à quelques différences, ces gens du mythe de la caverne (Platon) qui ont vécu dans le simulacre jusqu’au jour où on leur a appris à voir la VERITE, ce fut la liberté, la délivrance et le bonheur

La tradition aurait dû éclairer le personnage en l’aidant à vivre mais la douleur a obscurci son jugement. Il est donc comme ces prisonniers de l’allégorie platonicienne qui préfèreraient se crever les yeux plutôt que de se laisser éblouir par la lumière de la vérité. Il a donc fallu du temps, beaucoup de temps, des événements traumatisants pour se rendre à l’évidence : être libre c’est d’abord apprendre à être soi pour espérer être un passeur pour les autres

Votre prénom, Osele, représente l’âne, cet animal endurant qui doit supporter tant de peine, mais qui sait s’entêter et dire non quand il n’en peut plus ? Pourquoi malgré vos références, éducation traditionnelle, instruction soutenue, vous vous êtes laissé enliser au point de perdre votre épouse qui vous a tant aimé, vos enfants, votre qualité de vie et d’habiter un foyer ?

L’intelligence conceptuelle n’a jamais aidé personne à vivre ! Il y a un entêtement de la raison à nier l’évidence. C’est peut-être ce que Sartre appelle la mauvaise foi...
Peut-être l’âne, celui qui porte toutes les charges sur son dos, avait-il besoin de se décharger de sa monture pour se délivrer et accéder à lui-même. Lui qui toute sa vie n’a su dire que "il", "nous", apprend enfin à être intelligent, c’est-à-dire littéralement à engager une lecture intérieure sur lui-même.

Le fang est celui qui donne et se donne, celui qui ne garde rien, tout est fait dans cette conception du monde traditionnel pour perdre l’homme moderne, celui qui vit au XX ème siècle ? Vous dites que les africains aiment la famille. Ils sont généreux et soufrent en silence et dansent avec la mort. Comment dès lors envisager l’avenir ?

Votre question est pertinente. La tradition, l’animisme en particulier, c’est le retour à la nature, à l’élémentaire. On apprend à renouer le lien avec le vent, la feuille, l’herbe, tout ce qui ici-bas nous rappelle que l’autre est aussi dans l’invisible et dans les choses chues. Si l’animiste a un lien privilégié avec la famille, c’est que ce lien concerne toute chose du monde

Votre propre mère n’a pas facilité votre existence, elle vous a même précipité dans le chaos, pourquoi ne lui avoir pas expliqué la vie en Occident, pour qu’elle vous protège des sollicitations exagérées, farfelues et récurrentes ?

S’il suffisait d’expliquer aux gens pour qu’ils comprennent, le monde serait plus simple et plus beau. Malheureusement, chacun ne voit le monde que de son point de vue, à partir de son intérêt propre, sans envisager l’existence de l’autre. Le point de vue de la mère du narrateur est qu’il vit beaucoup mieux qu’elle, dans un monde riche, et qu’il est normal qu’il partage.

La figure de la grand-mère est bien présente et vous mettez en valeur son poids et on peut dire que la personne âgée est une vedette en Afrique, n’est-ce pas ?

Ce n’est pas toute personne âgée qui est une vedette. Souvenez-vous des mots d’Hampaté Bâ qui dit qu’un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle, à quoi le personnage de Mabanckou dans "Verre Cassé" rétorque : c’est pas vrai, et ça dépend du vieillard. La sagesse ne dépend pas seulement du poids de l’âge. Le hasard est objectif qui a voulu que la grand-mère d’Osele incarne, par sa bienveillance, le visage de l’humanité

Dans ce livre vous donnez une clé à vos enfants, celle de la transmission du savoir, les histoires africaines, sur votre vie. Savez-vous que cette méconnaissance conduit les enfants issus de l’immigration vers des comportements déviants ?

La méconnaissance de la tradition, la perte de repères, comme le dit Tobie Nathan, induit surtout des souffrances, des angoisses qui provoquent des comportements déviants ou des maladies psychosomatiques. Cela peut se retourner contre soi ou contre les autres. Nous avons donc un devoir de transmission. N’oublions que la tradition avance masquée, qu’il y a un autre monde caché dans celui-ci et cela nécessite une mise sur la voie. C’est ce que l’on appelle la transmission. Le peuple juif l’a bien compris et c’est cela qui l’a sauvé de l’exil en conservant l’élément essentiel de la survie qui est la langue.

Dans votre brillant ouvrage vous faites un parallèle entre l’Occident, où on initie à l’autonomie, au travail et à la liberté, et l’Afrique où on confine l’individu dans le groupe, ( mourir pour les autres) on est toujours le subalterne, le subordonné sans autonomie, les décisions sont toujours venues d’ailleurs de la tradition, des ancêtres ? On aurait même pu dire que Hegel avait raison quand il parle des africains ?

Il faut savoir tirer sa force de sa faiblesse. Ce qui pourrait paraître comme un handicap, la vie en groupe, la dépendance mutuelle, mourir pour les autres, peut tout à fait coexister avec d’autres valeurs dites occidentales, la liberté, l’autonomie. Il faudrait parvenir à rassembler ce qui est épars : être avec les autres et apprendre à être soi-même. Il ne s’agit pas de tuer la tradition mais de sauver en elle ce qui participe au progrès de l’humanité.
Il ne faut pas croire non plus que l’occident soit si bien parti que cela : la crise que nous traversons montre l’éclipse, la décadence par le culte du moi, l’oubli de l’autre.

Votre allusion à Hegel qui pense que l’Afrique n’est pas rentrée dans l’histoire nous fait garder en ligne de mire le discours de Sarkozy à Dakar. Il n’y a pas de décret pour entrer dans l’histoire. Ceux qui croient en être ne sont pas forcément ceux qui le sont. Mais ce discours a quelque chose de positif, c’est qu’il provoque la réaction et donne à penser. Vous savez que le sommeil ressemble à la mort, et à force de jouer celui qui dort comme le fait souvent le continent africain, on peut finir par ne plus jamais se réveiller.

Après avoir succombé à la tradition, aux pesanteurs sociales, vous changez de comportement, et vous dites que vous êtes redevenu un oiseau pour exprimer votre liberté. C’est une révolte, une prise de conscience qui conduit à une Révolution ?

Oui, c’est une révolution intérieure. Connaissez-vous l’image hégélienne de la chouette de Minerve ? C’est un peu cela. L’oiseau de Hegel prend son envol pour faire le tour de la question au moment où les autres s’assoupissent. C’est donc un veilleur qui attend son heure...

Votre ouvrage est pertinent, l’Afrique a failli vous perdre, mais vous ne lui renoncez pas d’ailleurs vous avez un gri-gri, un balafon, vos souvenirs, vos histoires racontées à vos enfants, vous envisagez une autre relation avec la mère patrie, et refusez de subir, de répondre à ces incessants coups de fil et sollicitations.

Le cœur de l’Afrique bat en moi depuis que je l’ai quittée. Il faut s’absenter des choses pour qu’elles reprennent leur droit. Je suis profondément africain, et le passage chez les Jésuites m’a permis d’approfondir davantage ces racines. Par l’écriture, j’essaye de redessiner le visage d’une Afrique aimée, de réinventer son corps. J’espère, comme Sisyphe espérait, mais l’espoir n’apaise pas, il déchire.

Vous dites que l’on a toujours tort face à la tradition pourquoi ne pas convoquer la philosophie du marteau (Nietzsche) pour casser cette hérésie ? Laisser faire et subir (pérennité) n’est-ce pas une complicité ?

Il y a des métamorphoses et des révolutions qui ont besoin de temps. Zarathoustra a renversé les tables de la loi et je pense que par moments un peu de tempête remet les choses en ordre. Et en même temps, je suis lecteur des stoïciens qui nous disent que la violence est fille aînée de la faiblesse. Il faut donc trouver un juste équilibre. Mon livre est davantage un cantique d’espérance, moi qui suis un travailleur au noir, j’essaie simplement de tirer l’humain au clair.

Merci Gaston-Paul EFFA , longue et bonne route. Votre livre dit de belle manière ce que tous nous savons, mais que nous refusons de voir interview en 2009
Pape Bakary CISSOKO Philosophe-Conférencier et Formateur

 

UN PETIT BAOBAB POUR VIVRE ENSEMBLE par Yaya Sickou Dianka
préface d'Eric Belloir  ed L'harmattan 

Écrire l'Afrique ROMANS, NOUVELLES AFRIQUE NOIRE EUROPE OCCIDENTALE France Sénégal
« Des mots courent dans ma tête aux quatre vents : quatre langues qui se croisent, se côtoient, se mêlent et s'enrichissent comme les quatre
points cardinaux. C'est au Sénégal que je suis né, Sarakholé en pays soninké, j'ai grandi chez les Peuls, j'ai étudié auprès des Wolofs et je
travaille aujourd'hui au pays des Gaulois depuis près d'un quart de siècle. Les vocables dont je dispose ne souhaitent pas avoir raison les
uns des autres, mais se complètent et cherchent des réponses. Selon les personnes et les circonstances, je pense dans l'une de ces langues
et il m'arrive de m'exprimer dans une autre. Comprendre et se faire comprendre est la source du bien-vivre ensemble. Ce que je suis
aujourd'hui, je l'ai puisé au sein de ma famille, de mon village, je l'ai appris auprès de mes maîtres et complété par les rencontres que j'ai faites.

Je cherche continuellement à renforcer cette succession de fidélités avec celles et ceux qui m'ont accueilli en France. Passé, présent et futur cohabitent ; tout dialogue en moi crée une Babel heureuse ! »
Parti de son expérience, l'auteur a tenté de semer, au fil des pages de ce livre, les ferments d'un dialogue pour que poussent, en tous lieux,d'autres petits baobabs.
Yaya Sickou Dianka est en France depuis 1984. Il est diplômé de l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris (EHESS). Cadre éducatif, il a travaillé dans l'enseignement catholique pendant 20 ans en qualité deconseiller principal d'éducation. Membre fondateur de plusieurs associations (Maison de l'artisanat du Mantois, Association des enfants d'Ouro-Sogui et des Yvelines...), il est également conseiller municipal et président du conseil de quartier de Saint-Quentin. Chantal Maupied a concouru à l' élaboration de ce témoignage. Journaliste, elle anime par ailleurs des ateliers d' écriture et réalise des biographies. Illustration de couverture de Kardiatou Dianka.

 

L'INTERPRETATION DES REVES DANS LA REGION SENEGAMBIENNE DE DJIBRIL SAMB fiche de lecture Damien AUVRAY

Ethiopiques numéros 66-67
Revue négro-africaine
de littérature et de philosophie
1er et 2ème semestres 2001
Auteur : Damien AUVRAY
L'homme moderne se pense comme homme éveillé. On se souvient de l'effroi de Descartes sentant le réel se déliter dans l'inconsistance du rêve et, ne pou¬vant plus « distinguer nettement la veille d'avec le sommeil », cherchant à s'assurer de son éveil. Mais qu'en est-il alors de cet autre bord qu'est le rêve ? Il faut recon¬naître qu'à part l'interprétation freudienne et malgré le renouveau d'intérêt que porte la neurobiologie au rêve, le sommeil n'est souvent compris que comme possibilité de la reproduction de la force de travail !
Il n'en est pas de même pour maintes sociétés traditionnelles, qui distribuent différemment le réel et l'irréel, le visible et l'invisible. Moins « positives » - positivistes - ¬dans la détermination de la réalité, plus soucieuses des signes qui constituent l'univers, de la gradation entre la veille et le sommeil, le rêve n'est pas pensé comme le contraire du réel, car, nous dit le Professeur Djibril SAMB dans L'interprétation des rêves dans la région sénégambienne, « le réel ne s'épuise pas dans le champ du visible » (p.99).
Dans son ouvrage, l'auteur cherche ainsi à mettre au coeur des études ethno¬logiques le phénomène onirique : « Aussi longtemps que l'anthropologie continuera d'ignorer les faits oniriques, elle se condamnera à n'avoir qu'une compréhen¬sion étriquée des problèmes humains » (285). C'est qu'une ethnologie authentique ne peut se contenter d'expliquer de l'exté¬rieur les cultures : font partie d'un phéno¬mène la place et la valeur que ces cultures lui accordent, même si la compréhension du phénomène nécessite une interpréta¬tion. Or, de ce point de vue, comme le montre abondamment l'ouvrage, le rêve, soit strictement comme rêve nocturne, soit sous forme de visions, constitue un élé¬ment capital de la compréhension de soi dans les sociétés traditionnelles, comme les sociétés sénégambiennes ou les civili¬sations antiques et les civilisations issues des monothéismes qu'étudie le premier chapitre.
L'effort interprétatif de Djibril Samb passe d'abord par un travail de récollec¬tion des rêves, travail patient, rigoureux, laborieux, qui ne constitue pas le moindre intérêt de ce texte. Il y a là le travail d'un savant avec ce que ce terme indique de travail austère, s'effaçant avec modestie devant la matière qu'il étudie, sans vouloir faire trop vite synthèse et surtout sans d'abord juger. Le lecteur curieux et amou¬reux de la richesse et de la complexité des cultures y trouvera son compte.
Mais l'ouvrage est aussi une interpréta¬tion : d'abord parce qu'il propose une « oni¬rocritique », une interprétation des symboles mis en jeu dans le rêve, et même une vaste clef des songes. Cependant qu'on n'y cherche pas une interprétation mécanique des rêves, ou moins encore une interprétation dans la posture d'une science donnant de l'extérieur le sens latent du songe. Il s'agit, on l'a dit, d'une collection de rêves, permettant d'esquis¬ser une description et une classification, d'où se dégagent alors leur nature (chap.2) et leur fonctions (chap.3). La force de l'ouvrage est ainsi de comprendre les songes de l'intérieur, pour les éclairer par l'anthropologie et la vision du monde qu'ils supposent.
Le rêve, compris dans sa nature, ren¬voie donc à une compréhension de l'hom¬me dans ses rapports avec le monde, les autres, le divin. Fondements anthropolo¬gique, sociologique, religieux qui consti¬tuent l'esquisse d'une « ontologie secrète » (P. 127). Le rêve renvoie en effet à une vie de l'âme qui ne s'épuise pas dans sa fré-quentation avec le visible et qui voit en lui l'invisible. On ne peut qu'être d'accord avec l'attention intéressée que le profes¬seur accorde à une telle conception ; car notre rationalisme peut se rire de celui qui voit en rêve ses ancêtres lui reprocher ses manquements, mais qu'est-ce qui compte si ce n'est le fait qu'il en est bien ainsi pour lui et que cela a donc un sens et une efficacité sur lui ? L'invisible n'est¬-il rien s'il compte dans la vie d'un homme ou d'une collectivité ? Rêve et réalité se rejoignent : « Le rêve est réel parce qu'il est signifiant, car le réel est toujours signifiant : c'est même sa principale marque, d'où naît son efficience » . (168)
Aussi le rêve ne peut-il être réduit à une dimension psychologique et indivi¬duelle : d'abord parce qu'il est souvent collectif, et l'auteur rappelle la place qu'il occupe encore aujourd'hui dans les socié¬tés sénégambiennes. Ensuite parce qu'il a une signification objective : le rêve tend à se matérialiser, à annoncer le futur, et contribue à la décision collective. C'est ainsi que de nombreux villages furent créés à la suite de rêves. Il ne s'agit pas là d'une mentalité « prélogique » : n'est-ce pas le propre même de la vie de l'esprit que de se figurer et de se représenter son existence dans des scénarios qu'elle pro¬jette devant soi sous forme de visions ?
S'il est lié avec l'invisible, on comprend que le rêve possède une dimension reli¬gieuse. L'auteur en profite pour remettre en cause quelque idées reçues sur la reli¬gion traditionnelle qui n'est ni fétichiste (les fétiches n'ont pas d'efficacité propre s'ils ne sont investis par les dieux) ni ani¬miste (les choses possèdent un principe vital mais ce sont les hommes qui ont une âme) et elle n'ignore pas l'idée d'un dieu suprême. Par contre elle accorde une place fondamentale aux intercesseurs, et en particulier aux ancêtres. A ce titre, le rêve s'inscrit comme mode de communi¬cation qui déborde donc la communica¬tion éveillée entre présents. Mais là enco¬re est-ce si naïf ? La vie de l'esprit n'est¬-elle pas hantée par ceux qui ne sont plus ou simplement qui ne sont pas là, mais avec qui nous n'en dialoguons pas moins ? N'ont-ils donc pas une forme de présence, ne serait-ce que sous forme intériorisée ?
De là les fonctions du rêve : le rêve est agissant. Fonction cognitive puisqu'il enseigne, communicative puisqu'il met le rêveur en liaison avec les absents, divina¬toire puisque le rêveur lit dans le rêve l'annonce de ce qui sera, cathartique puisque le rêve purge et soulage l'âme et le corps.
On voit l'intérêt de l'étude du phéno¬mène onirique : le rêve, comme le mythe dont l'auteur souligne la proximité, donne penser et élargit la conception du sens. Le monde ne se réduit pas au visible, la communication aux seuls présents, et la vie tend à se projeter sous la forme de signes qui appellent. Qui ne reconnaîtra là une

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