Penser le temps présent

De la Renaissance arabe à nos jours PHILOSOPHIE RELIGION MAGHREB, MOYEN ORIENT

L'élaboration de l'idée de laïcité est une démarche pour dépasser l'Histoire et s'ouvrir à l'époque présente. Telle est la conception des penseurs arabes libéraux du principe de la séparation entre le politique et le religieux. En posant la question de la laïcité à partir d'une réflexion philosophique et non religieuse, les penseurs arabes ont voulu sortir de la clôture qu'impose la pensée classique.

La question de la laïcité ne s'épuise pas dans une histoire abstraite des sociétés arabes ou dans les diférentes tendances politiques qui s'affrontent depuis plus d'un siècle. L'élaboration de l'idée de laïcité est, en elle-même, une démarche pour dépasser l'Histoire et s'ouvrir à l'époque présente. Telle est la conception des penseurs arabes libéraux du principe de la séparation entre le politique et le religieux.
La question de la laïcité a bien été conçue et formulée en interrogeant tout d'abord les conditions internes des sociétés arabes.
En cela réside l'avantage de la pensée libérale. En posant la question de la laïcité à partir d'une réflexion philosophique et non religieuse, dont le but était de dépasser les interprétations scolastiques, dogmatiques ou moralistes, les penseurs arabes ont voulu sortir de la clôture qu'impose la pensée classique.
Belkacem BENZENINE est né en 1977 à Tlemcen (Algérie). Docteur en philosophie politique (Université Charles-de-Gaulle, Lille III) il est chercheur au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) à Oran. En 2014-2015, il est Fulbright Visiting Researcher au département de science politique de Fordham University (New York). Ses travaux portent sur la place des femmes dans les sphères politique et religieuse dans les pays arabes. Illustration de couverture : photo de «Laïque pride », une marche organisée au Liban pour revendiquer la laïcité. Tirée de la page Campus du journal libanais d'expression française
L'Orient Le Jour (www.lorientlejour.com/campus)

 

" Lionel Bonaventure AFP
Le philosophe Abdennour Bidar refuse tous les amalgames. Mais pour cette figure éclairée de la réflexion sur le religieux et la laïcité, c'est sur les maux dont souffre la civilisation de l'Islam qu'a proliféré le cancer de l'islamisme.

"Les sociétés et les consciences du monde musulman sont aujourd'hui écartelées entre la pulsion de retour à la tradition -largement fantasmée- et l'aspiration moderniste."
J'ai souvent été amené ces derniers jours à souligner la différence entre responsabilité et culpabilité. L'amalgame ne doit pas être fait entre les musulmans et les terroristes qui prétendent tuer au nom de l'Islam -civilisation et religion : seuls ces derniers sont coupables, et il ne s'agit pas d'accuser à tort l'ensemble des musulmans de crimes commis par quelques égarés. Il ne s'agit pas non plus de confondre islam et islamisme, comme si l'islam était "par nature" violent et radical.
Mais, dans ces moments de grande émotion collective, les meilleurs esprits sont parfois eux-mêmes victimes de confusion mentale, et c'est ainsi qu'on a pu entendre l'éminent professeur Rémi Brague affirmer sans sourciller que "l'intolérance est dans les gènes de l'islam" -comme si une religion avait des gènes, et comme si les violences commises au cours de son histoire au nom du Coran étaient différentes de celles qui l'ont été au nom de son texte sacré par chacune des autres religions de la planète.
Cela étant précisé, l'islam et les musulmans ne peuvent pas se dédouaner de leur part de responsabilité dans ce qui vient d'arriver. L'islamisme, ce cancer de l'islam, prolifère en effet sur le grand corps bien malade du monde musulman. Les terroristes en France sont les rejetons d'un radicalisme qui a basculé dans la barbarie de la Syrie au Nigeria, du prétendu "Etat islamique" à Boko Haram. Or comment soutenir sérieusement qu'une telle barbarie peut surgir de rien, ou plus précisément qu'elle peut ainsi se répandre au sein d'une civilisation saine et bien portante?
L'"orthodoxie de masse" comme mode de contrôle social
Pour ne prendre qu'une comparaison, en Europe la barbarie nazie n'est évidemment pas apparue sans causes mais, au contraire, dans ce moment de crise profonde -sociale et culturelle- d'une société allemande traumatisée à la sortie de la Première Guerre mondiale. Quand la barbarie survient quelque part, ce n'est jamais un hasard, quel que soit le phénomène auquel elle donne lieu. Si en l'occurrence aujourd'hui la barbarie se lève du côté de la civilisation islamique, c'est que celle-ci est déjà souffrante de bien des maux qui la fragilisent, qui la déstabilisent très dangereusement, ce qui chez ses enfants les plus fragiles va entraîner le basculement dans le fanatisme meurtrier.
Ces maux de fond dont souffre l'Islam sont tous les "ismes" de l'obscurantisme : autoritarismes politiques et religieux dans la plupart des sociétés musulmanes, et du côté de la religion trop souvent -hormis quelques îlots de tolérance, d'égalité des sexes et de liberté d'expression-, le dogmatisme, le littéralisme, le formalisme, le machisme. La place subalterne des femmes, l'ostracisme ou la persécution des minorités religieuses, l'incapacité persistante des autorités religieuses à déclarer caducs les versets violents du Coran, l'"orthodoxie de masse", explicitée par le professeur tunisien Yadh ben Achour comme mode de contrôle social, explicite ou insidieux, qui fait régner l'ordre religieux dans les sociétés, et face à laquelle les esprits libres eux-mêmes, souvent, s'autocensurent.
Et enfin, bien sûr, la confusion du sacré avec un intouchable dont il est interdit de discuter et de rire -et dont toute contestation par l'esprit critique, à commencer par celui de l'humour, reste condamnée comme blasphème. Dans le signalement chronique et convergent de ces maux, il y a manifestement quelque chose de trop récurrent et profond pour que cela soit tenu pour quantité négligeable ou pour un mal superficiel et localisé. Il y a là, sauf à faire preuve d'une singulière mauvaise foi, un constat objectif et nécessairement général sur l'immensité d'un monde qui s'étend de l'Indonésie au Maroc.
Derrière ses certitudes apparentes, trop d'archaïsmes
Face à cette critique fondée, on continue pourtant d'entendre le réflexe indigné de ceux qui refusent de regarder en face ces maladies de l'Islam et de crier au péché intellectuel d'"essentialisme" ; ce qui signifie que, de façon abusive et mal intentionnée, on ferait de quelques cas une généralité. Mais comment ne pas tenir cette objection pour un déni de réalité, d'information, de sincérité et de bon sens ? Cette minimisation du problème ne tient pas. Derrière ses certitudes apparentes, le monde musulman donne à voir trop de symptômes concordants de souffrance, de doute, de déchirements, d'archaïsmes, pour que le mal soit strictement local ou bénin.
Cette division interne -large comme un abîme- est devenue évidente aux yeux du reste du monde lors des printemps arabes de 2011, qui venaient de loin et dont l'issue reste tout à fait incertaine. C'est bien la question du religieux - la crise du religieux et de l'autorité du sacré -qui fut au centre de cet événement à travers plusieurs enjeux cruciaux, notamment celui du fondement du pouvoir politique, entre ceux qui revendiquent la démocratie et la séparation du politique et du religieux, et ceux qui ne conçoivent d'autre légitimité que théocratique, avec un Etat islamique fondé sur la charia (la loi religieuse).
Au-delà même du politique, ce sont les sociétés et les consciences du monde musulman qui sont aujourd'hui écartelées entre la pulsion de retour à la tradition - largement fantasmée - et l'aspiration moderniste. Dans ces sociétés et entre elles, des gouffres se sont creusés. Entre le blogueur saoudien condamné au fouet pour avoir osé critiquer publiquement l'islam et le pouvoir du pays fossilisé dans des dogmes défendus par une police religieuse, comment ne pas voir la dissociation terrible entre une jeunesse et un système ?
Entre cette Arabie saoudite officiellement gouvernée par le wahhabisme (version hyper rigoriste de la religion musulmane) et un pays comme la Tunisie dont la Constitution reconnaît la liberté de conscience depuis 2013, comment ne pas voir un autre symptôme de ces fractures profondes d'une entité sans cohérence qui n'arrive toujours pas à trouver sa place dans l'ensemble de la civilisation humaine, ni son propre équilibre entre fidélité à sa tradition, adaptation au présent et mouvement vers l'avenir?
Certes, l'Occident aussi est en crise culturelle profonde, et il ne saurait s'ériger trop en éternel donneur de leçons. Il a également sa part ancienne et actuelle dans la crise de la civilisation islamique : la période coloniale, l'impérialisme guerrier de l'Amérique, etc.
Ne pas perdre son temps à accuser perpétuellement l'Occident
Mais, là encore, l'Islam ne gagne rien à s'exonérer de sa propre part de responsabilité dans ce qui lui arrive, et il ne doit pas perdre son temps à accuser perpétuellement l'Occident. Il ne doit plus se chercher d'excuses. Il ne peut plus dire, par exemple, à propos du djihadisme que "c'est l'arbre qui cache la forêt". Quel est en effet l'état de cette forêt elle-même? Elle compte trop d'arbres mal en point, rongés par telle ou telle petite bête en "isme", pour que l'arbre djihadiste soit le seul en cause. C'est pourquoi, tout en distinguant la culpabilité djihadiste et la responsabilité de l'Islam, celle-ci demande maintenant à être assumée d'urgence.
Ici en France ou dans l'ensemble du monde musulman, rien ne serait plus dommageable pour les musulmans que de s'enferrer dans la posture victimaire. Si le monde musulman ne veut plus être montré du doigt comme l'homme malade de la civilisation globale, et si en Europe nos concitoyens musulmans ont raison de s'insurger contre leur désignation comme boucs émissaires de toutes nos difficultés sociétales, il leur faut surtout se mobiliser en passant -comme je l'ai dit dans ma Lettre ouverte au monde musulman- du réflexe de l'autodéfense à la responsabilité de l'autocritique, en commençant par reprendre en main sérieusement l'éducation de tous leurs enfants à la tolérance et à la fraternité.
Il faut que l'Islam se ressaisisse, se retrouve comme grande culture dont les héritages humanistes sont capables de contribuer avec tous les autres à l'édification d'une humanité plus humaine, sur tous les plans de la vie.
L'Islam sans soumission. Pour un existentialisme musulman, par Abdennour Bidar,Albin Michel, 2008.
Lexpress.fr

 

Article proposé par ce journaliste, citoyen du monde éclairé et pacifiste israélien- article partagé par modou du Luxembourg que nous remercions beaucoup en cette période où la réflexion, le combat des idées pour éclairer les gens doit continuer. Pape Cissoko ichrono
Les trois terroristes islamiques auraient été très fiers d'eux s'ils avaient vécu pour le voir.
En commettant deux attaques (assez banales selon les normes israéliennes) ils ont semé la panique dans toute la France, jeté des millions de personnes dans les rues, réuni plus de 40 chefs d'États à Paris. Ils ont modifié le paysage de la capitale française et d'autres villes de France en mobilisant des milliers de militaires et de policiers pour protéger des cibles potentielles juives et autres. Pendant plusieurs jours ils ont dominé les informations du monde entier.
Trois terroristes, agissant probablement seuls. Trois !!!
Pour d'autres terroristes islamiques potentiels d'Europe et d'Amérique, cela doit représenter un énorme succès. C'est une invitation pour des individus et des groupuscules à refaire la même chose, partout.
Le terrorisme signifie répandre la peur. Les trois de Paris ont à coup sûr réussi à le faire. Ils ont terrorisé la population française. Et si trois jeunes sans aucune compétence peuvent faire cela, imaginez ce que pourraient faire 30, ou 300 !
Franchement, je n'aime pas les énormes manifestations. J'ai participé dans ma vie à beaucoup de manifestations, peut-être plus de 500, mais toujours contre les pouvoirs en place. Je n'ai jamais participé à une manifestation à l'appel du gouvernement, même pour une bonne cause. Cela me rappelle trop l'ancienne Union soviétique, l'Italie fasciste et pire. Pas pour moi, merci.
Mais cette manifestation particulière fut aussi contre-productive. Non seulement elle a prouvé que le terrorisme est efficace, non seulement elle incite à des attaques similaires, mais elle porte aussi atteinte au vrai combat contre les fanatiques.
Pour mener un combat efficace, on doit se mettre dans la peau des fanatiques pour tenter de comprendre la dynamique qui pousse de jeunes musulmans nés sur place à commettre de tels actes. Qui sont-ils ? À quoi pensent-ils ? Quels sont leurs sentiments ? Dans quel environnement ont-ils grandi ? Que peut-on faire pour les faire changer ?
Après des décennies de désintérêt, c'est une rude tâche. Cela demande du temps et du travail, sans garantie de résultats. Il est beaucoup plus facile pour les politiques de défiler dans la rue devant les caméras.
Et qui marchait au premier rang, rayonnant comme un vainqueur ?
Notre irremplaçable Bibi.
Comment a-t-il fait pour arriver là ? Les faits se sont déroulés en un temps record. Il semble qu'il n'était absolument pas invité. Au contraire, le président François Hollande lui avait adressé un message explicite : je vous en prie, je vous en prie, ne venez pas. Cela ferait de la manifestation une expression de solidarité avec les Juifs, au lieu d'une protestation publique en faveur de la liberté de la presse et d'autres "valeurs républicaines". Nétanyahou vint malgré tout, escorté de deux ministres d'extrême droite.
Placé au second rang, il fit ce que font les Israéliens : il s'est poussé à côté d'un président noir placé devant lui pour se mettre au premier rang.
Une fois là, il se mit à adresser des signes aux gens des balcons le long du parcours. Il était rayonnant, comme un général romain à son défilé triomphal. On peut imaginer les sentiments de Hollande et des autres chefs d'États – qui affichaient une attitude solennelle et triste de circonstance – face à cette manifestation de culot.
Nétanyahou est venu à Paris dans le cadre de sa campagne électorale. En vétéran chevronné, il savait que trois jours à Paris, avec la visite de synagogues et des discours de fierté juive, valaient plus que trois semaines à domicile, à polémiquer.
Le sang des quatre Juifs assassinés dans le supermarché kascher n'était pas encore sec, que les dirigeants israéliens appelaient les Juifs de France à faire leurs bagages pour venir en Israël. Israël est, comme chacun sait, l'endroit le plus sûr au monde.
C'était là une réaction sioniste instinctive, presque automatique. Les Juifs sont en danger. Leur seul refuge sûr est Israël. Hâtez-vous de venir. Le jour suivant, les journaux israéliens annonçaient joyeusement qu'en 2015 plus de 10.000 Juifs français étaient près à venir vivre ici, poussés par un antisémitisme croissant.
Apparemment, il y a beaucoup d'antisémitisme en France et dans les autres pays d'Europe, mais probablement beaucoup moins que d'islamophobie. Mais la lutte entre Juifs et Arabes sur le sol français à peu de rapports avec l'antisémitisme. C'est un combat importé d'Afrique du Nord.
Quand la guerre de libération algérienne éclata en 1954, les Juifs de là-bas durent choisir leur camp. Presque tous choisirent de soutenir la puissance coloniale, la France, contre le peuple algérien.
Il y avait à cela des antécédents historiques. En 1870, le ministre français de la justice, Adolphe Crémieux, qui se trouvait être juif, accorda la citoyenneté française à tous les Juifs algériens, les mettant à part de leurs voisins musulmans.
Le Front de libération algérien (FLN) fit de gros efforts pour amener les Juifs locaux à prendre parti pour lui. Je le sais parce que j'étais quelque peu concerné. Leur organisation clandestine en France me demanda de créer un groupe de soutien israélien, afin de convaincre nos coreligionnaires algériens. Je fondai le "Comité israélien pour une Algérie libre" et éditai des documents qui furent utilisés par le FLN pour gagner les Juifs à leur cause.
En vain. Les Juifs locaux, fiers de leur citoyenneté française, apportèrent loyalement leur soutien aux colonialistes. À la fin, les Juifs jouèrent un rôle important dans l'OAS, le mouvement français extrémiste clandestin qui mena une lutte sanglante contre ceux qui combattaient pour la liberté. Il en résulta que tous les Juifs fuirent l'Algérie avec les Français lorsqu'arriva le jour du choix. Ils n'allèrent pas en Israël. Ils allèrent presque tous en France. (À la différence des Juifs marocains et tunisiens, dont beaucoup vinrent en Israël. En général, les plus pauvres et les moins éduqués choisirent Israël, tandis que l'élite d'éducation française alla en France et au Canada.)
Ce à quoi nous assistons maintenant est la poursuite de cette guerre sur le sol français entre Musulmans et Juifs algériens. Les Juifs "français" tués lors de l'attaque avaient tous les quatre des noms nord-africains et ils ont été enterrés en Israël.
Pas sans difficultés. Le gouvernement israélien a exercé de fortes pressions sur les quatre familles pour enterrer leurs fils ici. Elles voulaient les enterrer en France, près de chez eux. Après beaucoup de marchandage sur le prix des tombes, les familles ont fini par donner leur accord.
On a dit que les Israéliens aiment l'immigration mais qu'ils n'aiment pas les immigrants. Cela vaut certainement pour les nouveaux immigrants "français". Ces dernières années, des touristes "français" sont venus ici en grand nombre. Ils n'étaient souvent pas aimés. En particulier lorsqu'ils se mirent à rafler des appartements sur le front de mer de Tel Aviv en les laissant vides, comme une sorte d'assurance, tandis que les jeunes locaux ne pouvaient ni trouver ni se payer des appartements dans la région métropolitaine. Pratiquement tous ces touristes et immigrants "français" sont d'origine nord-africaine.
Quand on leur demande ce qui les pousse à venir en Israël, ils répondent de façon unanime : l'antisémitisme. Ce n'est pas un phénomène nouveau. En réalité, la grande majorité des Israéliens, eux-mêmes ou leurs parents ou leurs grand-parents, ont été conduits à venir ici par l'antisémitisme
Les deux termes – antisémitisme et sionisme – sont apparus à peu près en même temps, vers la fin du 19e siècle. Theodor Hertzl, le fondateur du mouvement sioniste, en a conçu l'idée lorsqu'il travaillait en France comme correspondant étranger d'un journal de Vienne pendant l'affaire Dreyfus, lorsqu'un antisémitisme virulent en France atteignit de nouveaux sommets. (Antisémitisme, cela va de soi, n'est pas le mot qui convient. Les Arabes sont des sémites, eux aussi. Mais le mot est en général employé pour désigner seulement ceux qui ont la haine des Juifs.)
Plus tard, Herzl courtisa les dirigeants ouvertement antisémites de Russie et d'ailleurs, les appelant à l'aide et promettant de les délivrer des Juifs. C'est aussi ce qu'ont fait ses successeurs. En 1939, l'Irgoun clandestin projeta une invasion de la Palestine avec l'aide de généraux profondément antisémites de l'armée polonaise. On peut se demander si l'État d'Israël aurait pu voir le jour en 1948 s'il n'y avait pas eu l'Holocauste. Récemment, un million et demi de Juifs russes ont été poussés en Israël par l'antisémitisme.
Le sionisme est né à la fin du 19e siècle en réponse directe au défi de l'antisémitisme. Après la révolution française, la nouvelle idée nationale s'est emparée de toutes les nations européennes, grandes et petites, et les mouvements nationaux étaient dans leur ensemble plus ou moins anti-sémites.
La croyance fondamentale du sionisme est que les Juifs ne peuvent vivre nulle part ailleurs que dans un État juif, parce que la victoire de l'antisémitisme est partout inéluctable. Laissez les Juifs d'Amérique se réjouir de leur liberté et de leur prospérité – tôt ou tard cela aura une fin. Ils sont condamnés comme les Juifs de partout en dehors d'Israël.
La nouvelle atrocité de Paris ne fait que confirmer cette croyance fondamentale. Il y a eu très peu de commisération en Israël. Plutôt, un sentiment inavoué de triomphe. La réaction instinctive des Israéliens ordinaires est : "On vous l'avait dit !" et aussi : "Venez vite, avant qu'il ne soit trop tard !"
J'ai souvent tenté d'expliquer à mes amis arabes : les antisémites sont les plus grands ennemis du peuple palestinien. Les antisémites ont aidé à pousser les Juifs vers la Palestine, et ils sont aujourd'hui en train refaire la même chose. Et certains des nouveaux immigrants vont à coup sûr s'installer au-delà de la Ligne Verte dans les territoires palestiniens occupés, sur des terres arabes spoliées.
Le fait qu'Israël tire profit de l'attentat de Paris a conduit des médias arabes à penser que toute l'affaire n'est en réalité qu'une opération "sous fausse bannière" ("false flag" en anglais). Donc, dans le cas présent, les auteurs arabes étaient en réalité manipulés par le Mossad israélien.
Après un crime, la première question qui vient à l'esprit est "cui bono", à qui ça profite ? Il est évident que le seul à sortir vainqueur de cette atrocité est Israël. Mais en tirer la conclusion qu'Israël est derrière les Jihadistes est une pure absurdité.
Il est simplement de fait que l'ensemble du Jihadisme islamique sur le territoire européen ne nuit qu'aux Musulmans. Les fanatiques de toute espèce viennent généralement en aide à leurs pires ennemis. Les trois musulmans qui ont perpétré les atrocités de Paris ont certainement rendu un grand service à Benjamin Nétanyahou.
Article écrit en hébreu et en anglais, publié sur le site de Gush Shalom le 17 janvier 2014 – Traduit de l'anglais « Waving in the first Row » pour l'AFPS : FL/SW

 

Les Cafés itinérants de Bes Du Niakk/Paris : le Sénégal en palabre euleuk moy dakh

Ce dimanche 18 janvier 2015, Champigny aura été le prologue d'une animation politique qui a déjà tenu toutes ses promesses. Devant un parterre de membres, sympathisants et autres adhérents de partis politiques d'opposition, le concept de « cafés itinérants » a tenu sa séance inaugurale sous la direction du président du parti Bes Du Niak Monsieur Mansour Sy Jamil. Dans un tour d'horizon de l'actualité politique récente, il est revenu sur le bilan des élections municipales, son rapport avec le président de la République Monsieur Macky Sall et la nature de leur compagnonnage politique. Sur les enjeux de pouvoir au sein de Benno Bokk Yakar, Il précisera qu'il fallait faire la distinction entre les partis alliés de l'Alliance Pour la République (APR) qui sont dans la coalition Macky 2012 qui pèsent 26% et les partis ralliés de l'APR qui comme Bès Du Niak ont obtenu un score cumulé de 39% au cours de l'élection présidentielle de 2012. Pour lui, on ne peut pas comprendre les enjeux actuels autour du pouvoir de Macky Sall avec ses alliés (PS, AFP, ...) sans faire ce décryptage des scores de l'élection présidentielle de 2012. Revenant sur la politique étrangère du Sénégal par rapport à la France, il dira que la nature des relations dont les contours doivent beaucoup à la visite de Macky à Sarkozy au lendemain de son élection à la tête du Sénégal impacte sur les enjeux de pouvoir notamment la position de force du parti socialiste Sénégalais dans l'attelage du pouvoir de Macky Sall. Abordant la question du jour objet de ce premier « café itinérant », il dira que l'horizon ce n'est pas 2017 pour lui mais ce sont les préoccupations des Sénégalais en 2015. Cette esquisse lui a permis de faire la transition pour aborder les chantiers sociaux et les questions de développement qui occupent son agenda politique en ce moment et auxquels il donne priorité sur les questions de vie politique. Il n'a pas manqué de souligner le travail académique et universitaire réalisé par des cadres de Bes Du Niak pour la structuration idéologique du parti dont les conclusions seront bientôt présentées. Interpelés par un membre du PDS sur la situation dramatique de la justice sous commande du pouvoir exécutif, il souligne d'abord l'impertinence d'une telle question venant d'un parti qui vient de passer douze ans au pouvoir sans avoir réformé dans ce sens. Cependant, il dit partager les propositions de Serigne Dame Dieng pour une élection du corps judiciaire au Sénégal pour lui accorder une indépendance en l'émancipant de l'obligation de rendre la pareille suite à une nomination. Intervenant sur cette question, Saliou Gomis fait remarquer que les notions de démocratie et de justice parfaites sont à relativiser et à mesurer à l'aune de la perfection du comportement humain. Donc il n'y a pas de justice parfaite en démocratie. Et que même dans les grandes démocraties où le corps de justice est élu, le pouvoir et les lobbies exercent une influence qui agit toujours sur la nature du vote. Et que dans tous les cas on peut se retrouver dans des cas où les influences liées à ces lobbies sont plus dommageables que l'influence de la nomination. La neutralité et la sincérité d'un tel vote dans le cas du Sénégal dépendra des rapports de forces électoraux au moment du vote. Par exemple le résultat d'untel vote aurait été plus biaisé sous Wade que sous Macky Sall car le pouvoir libéral disposait de plus de réseaux et de marge électorale pour s'émanciper de l'opposition. Monsieur Demba Badji est revenu sur la question de l'excision à la suite de Madame Diop pour souligner que sa géographie épousait les contours des zones islamisées en Casamance. D'où la propension de ces peuples à vouloir utiliser des arguments islamiques pour justifier l'excision. C'est d'ailleurs ce discours que tiennent ses amis Soninkés en France. Serigne Mansour Sy fait savoir dans sa réponse sa disponibilité à débattre de la question avec toute autorité religieuse et souligne l'absence de textes religieux canoniques sur la question de l'excision. Il existe que trois hadiths apocryphes sur le sujet dira t il. C'est une pratique barbare qui n'a aucune justification religieuse. Il relate sa confrontation sur le sujet avec samba Diouldé Thiam. En appui à sa position sur le sujet, il fait remarquer que les deux plus grandes familles religieuses au Sénégal, les MBacké de Touba et Sy de Tivaoune ne pratiquent pas l'excision. Il dira que les pays où cette pratique est répandue sont le Soudan, l'Egypte, L'Erythrée, la Somalie, l'Ethiopie. Toujours en appui à l'idée de caractère culturel de la pratique, il fait remarquer qu'en Egypte les filles sont excisées à plus de 85% de manière indiscriminée quelque soit la religion (copte ou musulman). Le Président Mansour Sy a conclut la séance par un rappel des troupes tout en invitant toutes les couches du lanterneau politique sénégalais. Pour lui l'avenir est au Bes Du Niakk car un parti de jeunes et de femmes mais aussi une manière nouvelle de faire la politique.
Mbengue chargé de communication Bes Du Niakk/Paris

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A nos sœurs et frères-Ne
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