ESQUISSES AFRICAINES-par le PR Djibril Samb

Un des plus grands intellectuels africains et du monde.
1 er africain spécialiste de Platon
1 er africain à proposer une interprétation des rêves en Afrique sub-saharienne
1 er un des rares africains qui n'a pas voulu s'éterniser au pouvoir après deux mandats IFAN
Le professeur Djibril SAMB est un savant, un érudit et un chercheur infatigable, qu'il ne faut pas oublier comme on l'avait fait avec Cheikh Anta DIOP, apprécions nos intellectuels de leurs vivants. Il a été mon professeur et il est devenu un ami. Respect à ce géant de la pensée. PB C

ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATIONPHILOSOPHIE AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Le mot esquisse désigne une ébauche, une étude et, presque, trace une promesse. Il apparaît que ces esquisses forment ce que les Anciens appelaient stromates, terme qui désigne des tapisseries, en l'espèce des tapisseries africaines. Cet ouvrage propose donc des stromates africaines pour nourrir une pensée africaine vivante, qui puise dans son passé pour affronter le présent et préparer, chemin faisant, l'avenir.

Djibril Samb est grand prix de la Ville de Toulon (1997), prix la Bruyère/ médaille d'Argent de l'académie française (1998) pour son ouvrage intitulé « les premier dialogues de Platon : Structure dialectique et ligne doctrinale

 

 ANTONIN ARTAUD : essayiste, écrivain, poète, acteur et dessinateur


"LES VACANCES NOUS DONNENT L'OCCASION DE DECOUVRIR DES AUTEURS SINGULIERS.

UNE JEUNE CAGNEUSE FILLE DE LA COMEDIENNE LAROQUE MICHELLE ETC ;;;)INSCRITE EN LICENCE D'HUMANITE (LATIN-GREC-PHILO).
LORS D'UNE INTERVIEW LE JOURNAISTE LUI DEMANDE QUE LISEZ-VOUS ? ELLE REPOND MONPERE M'A OFFERT LES OEUVRES COMPLETES DE ANTONIN ARTAUD 700PAGES. ELLE EN AVAIT TELLEMENT BIEN PARLE QUE JE ME SUIS MIS A LE DECOUVRIR ET VOUS OFFRIR CES MORCEAUX CHOISIS". P B C

Antonin ARTAUD

Né à Marseille (France) le 04/09/1896 ; Mort à Ivry-sur-Seine (France) le 04/03/1948 (internaute)

Issu d'une famille bourgeoise, Antonin Artaud a une enfance perturbée pour des raisons sanitaires. Atteint de méningite, il souffre de troubles nerveux et de maux de tête chroniques qui le suivent pendant toute son adolescence et qu'il a du mal à soulager malgré des traitements à base d'arsenic et de mercure. Cette enfance difficile aura une influence sur ses relations sociales et sur l'ensemble de son œuvre.

À la fois essayiste, écrivain, poète, acteur et dessinateur, il arrive à Paris en 1920 et publie ses premiers écrits, des poèmes et des scénarios de films. Inspiré du surréalisme, il expose sa vision du théâtre, mais ne parvient pas à percer, faute de relations et de moyens financiers. Il se révèle en tant qu'acteur, collabore avec le théâtre de l'oeuvre et la Compagnie des Champs-Élysées avant de fonder son propre théâtre en 1927, le théâtre d'Alfred Jarry.

Il invente le "théâtre de la cruauté", un concept basé sur le rêve et le grotesque que l'on retrouve surtout dans "Le Théâtre et son double" (1938). Le public étant habitué aux mélodrames et aux vaudevilles, ce concept ne connaît pas le succès espéré.

Antonin Artaud se tourne alors vers le cinéma avec l'intention d'entrer dans la tête de ses personnages. Il prône "une remalaxation des choses du coeur et de l'esprit afin de leur conférer la vertu cinématographique qui est à chercher". Il propose plusieurs scénarios, mais un seul sera tourné, "La Coquille et le Clergyman". Il meurt le 4 mars 1948 d'un cancer diagnostiqué trop tard.

Antonin Artaud


Le devoir
De l'écrivain, du poète
N'est pas d'aller s'enfermer lâchement dans un texte, un livre, une revue dont il ne sortira plus jamais
Mais au contraire de sortir
Dehors
Pour secouer,
Pour attaquer,
L'esprit public,
Sinon
A quoi sert-il ?
Et pourquoi est-il né ?

Quand je lève les yeux vers vous on dirait que le monde tremble. Nul n'a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé que pour en sortir en fait de l'enfer. Il n'y a de mort complète que pour qui prend le goût de mourir. Il n'y a de péril absolu que pour qui s'abandonne.

L'Ombilic des Limbes de Antonin Artaud


Car on ne peut accepter la Vie qu'à condition d'être grand, de se sentir à l'origine des phénomènes, tout au moins d'un certain nombre d'entre eux. Sans puissance d'expansion, sans une certaine domination sur les choses, la vie est indéfendable. Une seule chose est exaltante au monde : le contact avec les puissances de l'esprit.

L'Ombilic des Limbes de Antonin Artaud


Il ne me faudrait qu'un seul mot parfois, un simple petit mot sans importance, pour être grand, pour parler sur le ton des prophètes, un mot témoin, un mot précis, un mot subtil, un mot bien macéré dans mes moelles, sorti de moi, qui se tiendrait à l'extrême bout de mon être.

Le moine (de Lewis) de Antonin Artaud


Je ne savais pas que la parole d'un homme pût toucher à ce point le cœur, qu'il suffit d'une simple voix humaine pour éveiller en nous tant de sentiments cachés, profonds. Il me semble que cet homme m'a révélé mon cœur !

Le théâtre et son double de Antonin Artaud


L'action du théâtre comme celle de la peste est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu'ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, la tartufferie."

Le théâtre et son double de Antonin Artaud
Je tombe.
Je tombe mais je n'ai pas peur.
Je rends ma peur dans le bruit de la rage, dans un solennel barrissement.

Le théâtre et son double de Antonin Artaud


(...) pour tout le monde un civilisé cultivé est un homme renseigné sur des systèmes, et qui pense en système, en formes, en signes, en représentations.

C'est un monstre chez qui s'est développée jusqu'à l'absurde cette faculté que nous avons de tirer des pensées de nos actes, au lieu d'identifier nos actes à nos pensées.

 

Emmanuel Kant:Penser la pensée Par Louisa Yousfi-sciences humaines
Article issu du numéro

Grands Dossiers N° 34 - mars-avril-mai 2014
L'art de penser - 15 philosophes au banc d'essai - 


Avant de vouloir connaître le monde, il faut d'abord connaître 
la pensée, sa puissance et ses limites. Que puis-je connaître ? 
Avec cette question inaugurale, la philosophie se donne un rôle critique.
« La raison humaine a cette destinée particulière (...) d'être accablée de ques¬tions qu'elle ne peut écarter ; car elles lui sont pro¬posées par la na¬¬ture de la raison elle-même, mais elle ne peut non plus y répondre, car elles dépassent tout pouvoir de la raison humaine. » Ainsi Emmanuel Kant résume-t-il en quelques mots, en introduction de la Critique de la raison pure, toute l'ambition et les limites de la raison humaine. De par sa nature même, notre esprit ne peut s'empêcher de se poser certaines questions sur l'origine du monde et sa nature profonde ; mais de par sa même nature, notre esprit est incapable d'y répondre. Comment Kant est-il parvenu à cette conclusion pessimiste et qui semble ébranler dans ses fondements l'espoir d'une métaphysique ?

Une vie au service 
de la pensée
De celui qui naquit dans la ville de Königsberg (1), en Prusse, et qui devait y mourir sans jamais l'avoir quittée, on a coutume de garder l'image d'un homme à l'existence monotone.

Célèbre est la légende de ses promenades quotidiennes, réglées comme une horloge : ses voisins, dit-on, étaient capables d'indiquer, à la minute près, l'heure à laquelle Kant passait devant leur fenêtre. On dit aussi qu'il ne dérogea à ses rituels qu'à deux occasions dans sa vie : lors de la parution du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, en 1762, pour se précipiter chez son libraire, puis à l'annonce de la Révolution française, en 1789, pour se procurer le journal. La vie de Kant est tout entière vouée à l'enseignement et à la recherche et ne connaît d'autres événements marquants que la parution d'œuvres dont certaines ouvriront des voies nouvelles à la philosophie.
Mais autant est sans grand relief la vie quotidienne de Kant, autant est révolutionnaire sa pensée. Car, de la même façon que l'astronome Nicolas Copernic avait transformé notre rapport à l'univers, au début du XVIe siècle, en montrant que la Terre tourne autour du Soleil, Kant a révolutionné durablement la philosophie en lui donnant un tour « critique ». Sa « révolution copernicienne » à lui consiste à détourner le regard des choses et de leur « essence », pour s'intéresser à notre faculté de connaître, son pouvoir et ses limites. Ce changement de perspective est fondamentalement réflexif : la pensée doit se prendre elle-même pour objet. Avant de vouloir connaître le monde, il faut s'interroger sur notre capacité à le connaître. La première question de la philosophie est donc, selon Kant : « Que puis-je connaître ? »
La pensée de Kant s'inscrit, comme celle de tous les philosophes, dans une époque et un milieu intellectuel qui lui donnent sens et permettent de mieux la comprendre.


Né en 1724 en Prusse orientale, Kant est le quatrième d'une famille modeste de onze enfants. Son père est un honnête artisan sellier. Sa mère, une femme très intelligente aux dires mêmes de Kant, est adepte du piétisme, un courant protestant apparu en Prusse, qui prône une discipline morale très rigoureuse associée à une grande rigueur intellectuelle (les piétistes accordent beaucoup d'importance à l'argumentation rationnelle).


On ne pourra comprendre l'importance de la loi morale chez Kant, et son fameux impératif catégorique, son aversion pour le mensonge et la mauvaise foi, sans prendre en compte cette forte influence du piétisme.
Au cours de ses études, le jeune Kant va découvrir une autre forme de ri¬gueur intellectuelle : celle de la science. L'éducation religieuse lui était apparue comme un « esclavage de la jeunesse ». Sur les bancs de l'université, il s'enthousiasme pour les cours du professeur Martin Knutzen, qui tente de réconcilier le piétisme et le rationalisme philosophique. À cette époque, Kant découvre la physique d'Isaac Newton. Son premier mémoire, Pensées sur la véritable évaluation des forces vives (1746), relève de la physique.


L'une de ses premières publications est une Théorie du ciel dans lequel il envisage l'existence des galaxies (qu'il nomme des « univers-îles »). En 1746, son père décède et Kant doit subvenir à ses propres besoins. Il devient précepteur dans diverses familles de la ville, notamment chez la comtesse de Keyserling (il y découvrira le goût pour les conversations mondaines et les réceptions). En 1755, Kant entame sa carrière universitaire, qui va durer quarante ans.


Au cours de cette longue carrière, les disciplines qu'il va enseigner sont d'une étonnante diversité : logique, mathématiques, morale, anthropologie, théologie mais aussi géographie. Il s'intéresse même à la pyrotechnie ou à la théorie des fortifications ! À l'époque, la philosophie ne ressemble en rien à une discipline spécialisée, séparée des autres savoirs.


Kant publie beaucoup d'ouvrages de géographie, de morale, de métaphysique... mais cette partie de son œuvre est la moins connue. Elle apparaît après coup comme une période de maturation avant la publication des grandes œuvres qui vont faire sa renommée, et qui figurent aujourd'hui parmi les monuments de la philosophie : les trois « critiques ». Critique de la raison pure paraît pour la première fois en 1781 (Kant a alors 57 ans), suivi de Critique de la raison pratique, puis de Critique de la faculté de juger, en 1788 et en 1790.

Le projet de Critique 
de la raison pure


Le projet de la Critique de la raison pure est exposé en préface. Tout part d'une question simple : pourquoi la science progresse-t-elle et pas la philosophie ? Comment se fait-il que l'on parvienne en science à des conclusions unanimes et indiscutables (comme le sont à l'époque les lois newtoniennes) alors que la philosophie est un « champ de bataille », où derrière l'apparence de démonstrations rigoureuses se cachent des opinions diverses ?


Ces questions poussent à s'interroger sur les modes de connaissance respectifs de la science et de la philosophie, que Kant nomme « métaphysique ». Une première distinction entre science et métaphysique pourrait être que l'une étudie des objets concrets (les astres, le corps humain) alors que l'autre porte sur des notions qui échappent à l'expérience : Dieu, l'âme.


C'est effectivement un premier point de différence. Mais si Kant prend en compte l'empirisme – la lecture de David Hume l'a sorti de son « sommeil dogmatique » –, il ne se rallie pas pour autant à cette doctrine qui fait de l'expérience le fondement de la connaissance. Car Kant sait qu'il existe dans la science et dans toute connaissance une part qui échappe à l'expérience, ce que Kant l'appelle les jugements « a priori ». Quand je tiens une pierre dans la main, je l'observe sous toutes les coutures : son poids, sa forme, ses couleurs sont des connaissances empiriques, dérivées des sens.
Mais si la connaissance ne venait que des sens, en manipulant la pierre sous différents angles, je ne percevrais pas une pierre mais des images successives sans ordre. C'est mon esprit qui unifie ces images en un objet. La fusion du multiple en un objet « un » relève pour Kant du jugement a priori, qui dépend de mon esprit et non de l'expérience.


Le but essentiel de Critique de la raison pure consiste à dégager ce qui, dans l'esprit humain, relève de l'a priori. Kant va s'employer à dévoiler ce que sont les idées « transcendantales » c'est-à-dire qui échappent à l'expérience. Il en va ainsi de l'espace et du temps (encadré ci-dessous), de même que pour d'autres catégories : l'unité, la multiplicité, le tout...
Si la connaissance est en partie expérimentale, mais réassemblée dans des cadres a priori, cela signifie que notre accès à la réalité n'est pas direct. Nos connaissances ne dévoilent pas le monde tel qu'il est, mais tel que les cadres mentaux permettent de le voir. Dans le langage de Kant, nous ne pouvons avoir accès qu'aux « phénomènes » et non aux « choses en soi » (« noumènes »).


Si la science se distingue de la métaphysique, c'est en raison du fait qu'elle étudie des phénomènes extérieurs mais peut universaliser ces observations et expériences au moyen de l'outil mathématique (qui relève de jugements a priori). Kant a en tête la physique de Galilée et de Newton, qui a découvert le mouvement des astres en appliquant les mathématiques aux lois de la nature.

Les limites de la raison


En revanche, la métaphysique, elle, emploie les mêmes outils de la raison (démonstration) mais sur des objets qui ne sont pas accessibles par l'expérience : Dieu, l'âme, le cosmos.
Les démonstrations de l'existence de Dieu sont toutes défaillantes, car elles ne font qu'appliquer la raison à des chimères. Kant ne dit pas que Dieu n'existe pas, mais qu'il n'est pas connaissable. Il en va de même pour l'âme ou d'autres notions qui sortent du cadre de l'expérience.

L'argumentation de Critique de la raison pure revient donc à condamner toute métaphysique dite « dogmatique ». Cela conduit à définir les bornes de la raison. Notre connaissance du monde est toujours filtrée par la connaissance de ce qu'il est pour nous, c'est-à-dire à travers les cadres mentaux (les catégories ou les schèmes) que nous déployons pour saisir le monde. Les choses telles qu'elles sont « en soi » nous sont à jamais inaccessibles. Est-ce à dire que la raison doit se contenter de s'exercer dans le domaine de la seule science ?


Une fois que Kant pense avoir mis au jour les mirages de la métaphysique, il reste alors à connaître l'usage légitime de la raison. Pour Kant, sa destination véritable est dans l'action pratique. Tel est le point de départ de Critique de la raison pratique, ouvrage dans lequel il pose les bases d'une philosophie morale fondée sur des critères rationnels et une démonstration. Selon lui, la morale ne peut pas seulement être une série de préceptes sur lesquels régler son action. Elle doit être intérieure et rationnelle : la morale authentique est celle d'un sujet autonome qui fait des choix personnels et universalisables. Tel est le principe de l'impératif catégorique.


La première question de la philosophie kantienne était : « Que puis-je connaître ? » Elle correspondait au champ de la connaissance et au thème de Critique de la raison pure. Elle visait à établir les conditions de la connaissance et les limites de la raison.


La deuxième grande question de la philosophie – « Que dois-je faire ? » – ramène justement à la question de l'action et de la morale. C'est l'objet de Critique de la raison pratique mais également de Métaphysique des mœurs (1785).
La troisième grande question – « Que m'est-il permis d'espérer ? » – pose le problème du salut et donc de la foi. Sur ce thème délicat, Kant publia, en 1793, La Religion dans les limites de la simple raison, mais l'ouvrage fut censuré par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. Kant lui ayant fait la promesse de plus traiter de religion dans ses écrits, il considéra ce serment rompu le jour de la mort du souverain.


Par la suite, Kant rajoutera une quatrième question – « Qu'est-ce que l'homme ? » – en précisant qu'elle intègre les trois précédentes, et ouvre un nouveau champ de connaissances : « l'anthropologie ». C'était appeler à la naissance des sciences humaines qui commençaient alors tout juste à germer.


Les failles de la raison pure


Toute personne ayant réfléchi un jour sur la structure de l'univers n'a pas manqué de se poser la question de 
ses limites. Or, lorsque l'on tente de concevoir l'univers 
dans son ensemble, on se heurte immanquablement à 
ce problème : si l'univers a des limites, la raison 
nous pousse à nous demander ce qu'il y a au-delà, car notre esprit est incapable de penser un univers limité avec « rien » à l'extérieur. Mais inversement, envisager l'univers comme infini est tout aussi impensable. Que l'on tourne la question dans tous les sens, l'idée d'infini, tout comme celle de limite de l'univers, échappe à notre entendement...
Pour Emmanuel Kant, cette impasse logique (qu'il nomme « aporie ») surgit lorsque nous cherchons à appliquer hors du champ de notre expérience courante une notion comme 
la notion d'espace, qui n'appartient pas à l'univers 
mais à la structure de notre esprit.
« L'espace n'est pas un concept empirique, qui ait été tiré d'expérience externe, (...) c'est une représentation nécessaire, a priori » (c'est-à-dire antérieure à l'expérience), notait Kant. Il en va de même pour le temps. 
Nous pensons le temps de façon linéaire, comme une ligne allant du passé au futur, que l'on découpe en séquences.


Mais dès que l'on cherche à transposer cette vision 
du temps à l'univers, on se heurte aussi à la question 
des limites. L'univers a-t-il un début (mais alors 
qu'y avait-il avant) ? Ou bien est-il éternel 
(mais un univers sans début est tout aussi impensable) ? Cette impasse du raisonnement vient de la transposition au cosmos de ce qui n'est en fait qu'un cadre mental, 
celui du temps linéaire.
Ce que nous croyons être des propriétés de la nature, comme l'espace en trois dimensions, le temps linéaire, sont en fait des « formes » ou « catégories » de 
notre pensée. Vouloir les transposer dans l'absolu pour penser la structure de l'univers conduit à des impasses. Ces impasses révèlent les failles de la « raison pure ».
Louisa Yousfi
À LIRE AUSSI
• Kant a-t-il inventé les sciences cognitives ?
L'art de penser - 15 philosophes au banc d'essai, Grands Dossiers n°34, mars-avril-mai 2014

 

PUBLICATION DE L’ARRET DE LA CDJ DE LA CEDEAO : LA LIBERATION DE KHALIFA SALL S’IMPOSE par Seybani SOUGOU Cadre franco-Sénégalais

« Avec l’invalidation du procès-verbal de la DIC N°146/DIG/BAC du 02 mars 2017, la procédure à l’encontre du Député-Maire de Dakar s’effondre ; comme un château de cartes »

Un crime n’est jamais parfait. Y compris les crimes d’Etat. Ils attendaient l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO du 29 juin 2018. Ils sont désormais servis. La publication de l’intégralité de l’arrêt, le 12 juillet 2018, accable le pouvoir, anéantit les arguments juridiques tendant à la poursuite de la procédure à l’encontre du Député-Maire de Dakar et valide la thèse de la cabale politique. Le réquisitoire cinglant des juges de la CDJ de la CEDEAO dévoile un banditisme d’Etat sans nom, met à nu des pratiques policières infâmes, pointe les dérives du Procureur de la République, Bassirou Gueye et du magistrat instructeur, et jette le discrédit sur la Justice sénégalaise dont une partie est aux ordres du pouvoir exécutif. Après la lecture minutieuse des 54 pages de l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO, tout citoyen sénégalais épris de justice et de liberté est atteint dans sa chair. C’est le régime de Macky Sall qui est cloué au pilori. C’est l’image du Sénégal qui estentachée en Afrique et dans le monde. Il faut le dire clairement : certains points de cet arrêt sont dégradants pour notre pays et 2 de ses Institutions (Police et Justice). Nous n’y reviendrons pas, car tout a été dit ou presque dans cet arrêt, relayé amplement par des médias internationaux. En revanche, l’accent sera mis sur 2 points :

  1. 1.Point 1 : L’invalidation du PV de la DIC N°146/DIG/BAC entraîne la nullité de la procédure
  2. 2.Point 2 : La Cour rejette la requête lui demandant de se déclarer « Incompétente »

Dans son arrêt (cfIV-23), la CDJ de la CEDEAO constate que le procès-verbal de la DIC N°146/DIG/BAC du 02 mars 2017 établi à la suite de l’enquête préliminaire effectuée par la Division des Investigations Criminelles de la police judiciaire ne fait nulle part état de ce que les interpellés ont été assistés durant l’enquête de leurs conseils ou ont été informés de leur droit à en constituer. Dans ces conditions, la Cour doit conclure à la violation du Droit à l’assistance d’un conseil des requérants au moment de leur interpellation. La Cour rappelle les dispositions contenues dans l’article 5 du règlement n°05/CM/ de l’UEMOA qui précisent que les avocats assistent leurs clients dès leur interpellation durant l’enquête préliminaire dans les locaux de la police, de la gendarmerie ou devant le parquet. Ce point déterminant de l’arrêt suffit à lui tout seul, pour entraîner la nullité de toute la procédure. Le Procureur Général Près la Cour d’appel de Dakar, Lansana DIABY, qui a parfaitement compris la portée de l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO ne s’y pas trompé, en déclarant : « Nos juridictions n'ont pas respecté le règlement 5 de l'UEMOA qui exige la présence d'un avocat auprès de son client dès l'interpellation. Il faut respecter cette décision communautaire. Et cette disposition s'impose à l'État. Toute la problématique tourne autour d'un point l'annulation de la procédure réclamée par les avocats de Khalifa Sall ». Le 18 juin 2018, le 1er Président de la Cour d’appel de Dakar, Demba Kandji devra répondre à un seul point : le Maire Khalifa Sall a-t-il bénéficié du droit à l’assistance d’un Conseil au moment de son interpellation ? La réponse de la Cour de Justice de la CEDEAO et du Procureur Près la Cour d’appel de Dakar est claire, nette et précise : NON. La conclusion : Le Député-Maire de Dakar doit sortir libre du tribunal, le 18 Juillet 2018. Le 1er Président de la Cour d’appel de Dakar n’a guère le choix, puisqu’il ressort expressément de l’arrêt N°168 du 16 mai 2017 de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, que l’article 55, nouveau alinéa 10 du code de procédure pénale prévoit que « l’officier de police judiciaire informe la personne interpellée de son droit de constituer conseil parmi les avocats inscrits au tableau ou admis en stage. Mention de cette formalité est fait obligatoirement sur le procès-verbal d’audition, à peine de nullité ». Ce paragraphe est écrit noir sur blanc dans l’arrêt de la CDJ de la CEDEAO (IV-21). Les arguments brandis par des membres du régime, précisant que la CDJ de la CEDEAO n’a pas ordonné la libération de Khalifa Sall ne résistent pas à l’examen des faits. Lorsqu’il est écrit que le Droit à l’assistance d’un conseil du requérant au moment de l’interpellation est une formalité substantielle de la procédure, sous peine de nullité, faut-il faire un dessin ?N’est-ce pas clair comme l’eau de roche ?

Pour conclure, la CDJ de la CEDEAO (cfIV-53), a pointé une circonstance aggravante en ces termes « en empêchant que les recours exercés par les requérants produisent leur plein effet avant la clôture de l’instruction, le magistrat instructeur a ôté à la procédure son caractère équitable. Ses agissements ont constitué des atteintes graves aux droits de la défense, affectant le caractère équitable du procès ». En langage diplomatique, la CDJ de la CEDEAO dit que le magistrat instructeur (Samba Sall), a fait du GRAND N’IMPORTE QUOI.

Le coup de grâce a été porté par la Cour de Justice de la CEDEAO, suite à la requête des avocats de l’Etat du Sénégal, lui demandant de proclamer son incompétence (un fait passé inaperçu). Les avocats de l’Etat ont certainement été induits en erreur, par les habitudes du Conseil Constitutionnel sénégalais, prompt à se déclarer Incompétent. Mais voilà, la Cour de la Justice de la CEDEAO n’est pas le Conseil Constitutionnel du Sénégal. La CDJ de la CEDEAOest une juridiction impartiale et indépendante, qui fait face à ses responsabilités.

Voilà ce que la CDJ de la CEDEAO dit en substance sur sa compétence :

L’Etat du Sénégal (IV-I)a dans ses moyens de défense, sollicité que la Cour dise qu’elle n’a pas compétence pour apprécier les décisions rendues par ses juridictions nationales.

La CDJ de la CEDEAO (IV-5) rejette catégoriquement la requête du Sénégalen ces termes : le protocole additionnel A/SP.1/01/05 du 19 janvier 2005, portant amendement du protocole PA/P.1/7/91 relatif à la Cour de Justice de la Communauté lui donne explicitement compétence pour connaître des cas de violation de droits de l’homme dans tout Etat membre.En clair, les décisions rendues par des juridictions nationales n’empêchent nullement la CDJ de la CEDEAO de se déclarer compétente lorsqu’elle est saisie sur la violation des droits humains. Un camouflet pour ceux qui passent leur temps à invoquer la souveraineté des juridictions sénégalaises. L’époque où les Etats pouvaient violer les droits de leurs propres citoyens, dans le silence est terminée. Définitivement.

In fine, l’arrêt de la CDJ de la CEDEAO du 29 juin 2018,a lemérite de dévoiler au grand jour, la collusion entre une partie de la Justice sénégalaise et le pouvoir exécutif. Il révèle des pratiques illégales, et immondes qui ébranlent les fondements de l’Etat de Droit. La Justice sénégalaise est éclaboussée par l’affaire Khalifa Sall. De hauts magistrats sont au banc des accusés. L’Institution Judiciaire doit laver son honneur et restaurer sa crédibilité sérieusement entamée.Que l’on ne s’y trompe pas : la décision de la Cour d’appel de Dakar, dans cette affaire, sera scrutée à la loupe par la communauté internationale et les partenaires du Sénégal.

Le Sénégal est au bord de la rupture : politique, sociale, et alimentaire. Le 18 juillet 2018, pour l’histoire, pour la Défense du Droit, pour l’image du Sénégal, pour l’honneur et la dignité des juges, pour la stabilité du pays, et pour larestauration de la crédibilité de la Justice sénégalaise, le 1er Président de la Cour d’appel de Dakar, Demba KANDJI doit ordonner la libération du Député-Maire Khalifa SALL.A défaut, il sera comptable du « désordre » créé par la fragilisation de l’Etat de Droit au Sénégal, qui n’épargnera pas la Justice. Disons-le clairement : Macky Sall et son obsession d’un second mandat ne valent pas de tels risques.

Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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