21 leçons pour le XXIe siècle par Yuval Noah Harari, «le penseur le plus important du monde»?


Dans un monde noyé sous les informations inutiles, le pouvoir, c'est la clarté. La censure ne s'exerce pas en bloquant le flot d'informations mais en inondant les gens par une avalanche de désinformation et de divertissement. 21 leçons pour le XXIe siècle éclaire ces eaux troubles en se penchant sur les questions les plus urgentes de l'humanité.


Pourquoi la démocratie libérale est-elle en crise ?

Dieu est-il de retour ?

Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle guerre mondiale ?

Que signifie la montée au pouvoir de Donald Trump ? Que faire devant l'épidémie de « fake news » ?

Quelle civilisation domine le monde :

l'Occident, la Chine ou l'Islam ?

L'Europe devrait-elle laisser sa porte ouverte aux migrants ? Le nationalisme peut-il résoudre le problème des inégalités et du changement climatique ?

Que faire face au terrorisme ?

Que devons-nous enseigner à nos enfants ?


Des millions d'entre nous ne peuvent s'offrir le luxe de chercher une réponse à ces questions car nous avons des choses plus urgentes à régler : travail, enfants, parents âgés. Malheureusement, l'Histoire ne fait pas de concessions. Si le futur de l'humanité se décide sans vous (car vous êtes trop occupés à nourrir et changer les couches de vos enfants), vous et vos enfants n'échapperez pas aux conséquences. C'est on ne peut plus injuste – mais qui a dit que l'Histoire était juste ?
Un livre n'offre pas de nourriture ou de vêtements, mais peut clarifier les choses et ainsi œuvrer pour l'égalité des chances. Si ce livre encourage ne serait-ce que quelques personnes à débattre de l'avenir de notre espèce, il aura rempli son rôle.


LE LIVRE


Alors que Sapiens examinait le passé de l'humanité et que Homo Deus explorait la piste d'un avenir gouverné par l'intelligence artificielle, 21 leçons pour le XXIe siècle marque une pause et se penche sur les grandes questions contemporaines.

Que se passe-t-il aujourd'hui ?

Quels sont les plus grands défis actuels ? A quoi devons-nous prendre garde ?


21 leçons part des idées explorées dans les deux précédents livres pour prendre le pouls du climat mondial actuel. Il en aborde différents aspects politiques, technologiques, sociaux et existentiels, et met l'accent sur l'impact qu'ils ont sur notre vie quotidienne. En présentant ces défis contemporains complexes de façon claire et accessible, le livre invite le lecteur à analyser les valeurs, le sens et l'engagement personnel dans un monde agité et incertain.
Prophète athée, végan... Qui est Yuval Noah Harari, «le penseur le plus important du monde»?
PORTRAIT Auteur des succès « Sapiens » et « Homo Deus », il sort son nouvel ouvrage, « 21 leçons pour le XXIe siècle »...

Yuval Noah Harari, auteur de Sapiens. — JULIEN DE FONTENAY/JDD/SIPA


• Un an après la parution française de « Homo Deus », Yuval Noah Harari sort ce mardi « 21 leçons pour le XXIe siècle ».


• Pour l'occasion, on vous dit tout sur ce spécialiste de l'histoire militaire et médiévale qui n'avait rien, à l'origine, d'un prophète.


Il est derrière Sapiens, qui explorait l'histoire de l'humanité, et plus récemment Homo Deus, qui imaginait un monde gouverné par l'intelligence artificielle. Yuval Noah Harari publie ce mardi 21 leçons pour le XXIe siècle, chez Albin Michel, une sortie mondiale qui devrait, comme d'habitude, s'arracher en librairie. Si tout le monde (ou presque) a entendu parler de Sapiens, une brève histoire de l'humanité, sortie en France en 2015, rares sont ceux qui connaissent le nom de celui qui a écrit cette œuvre. Séance de rattrapage avant les émeutes chez votre libraire préféré. On vous dit tout sur ce spécialiste de l'histoire militaire et médiévale présenté comme « le penseur le plus important du monde » par Le Point.


Comment le maître de conférences diplômé d'Oxford est-il devenu ce phénomène aux ventes vertigineuses ? Rien ne prédestinait Harari, né en 1976 à Haïfa, en Israël, à connaître un tel succès, surtout quand on regarde ses premiers écrits passés complètement inaperçus. Spécialisé dans la guerre au Moyen-Age -plutôt loin de la question de l'IA et de la post-vérité- on lui doit, avant sa fulgurante ascension, des publications comme Special Operations in the Age of Chivalry, 1100-1550 (Opérations spéciales à l'âge de la chevalerie, 1150-1550) ou Renaissance Military Memoirs : War, History and Identity (Champ de bataille et naissance de la guerre moderne). Très, très confidentiel.


Tout est parti d'un simple MOOC


Tout est parti d'un simple MOOC [formation en ligne ouverte à tous]. « Un jour, des étudiants de son université ont réclamé un cours général sur l'histoire de l'humanité. Les professeurs les plus réputés ont tous décliné et finalement le "junior" Harari s'est porté volontaire », racontait Anne Michel, son éditrice chez Albin Michel, à L'Express en 2017, à l'heure de la sortie française de son deuxième succès en librairie, Homo Deus. Tandis que ce cours prend de l'ampleur, l'historien a l'idée brillante d'en faire un livre. Résultat : 12 millions d'exemplaires vendus dans le monde pour ses deux premiers best-sellers, 45 traductions...


Crâne rasé, sourire en coin, Yuval Noah Harari, jeune maître de conférences de 42 ans à l'Université hébraïque de Jérusalem, n'a rien, a priori, de l'image du prophète qu'on se fait. Il est pourtant l'un des historiens les plus lus de sa génération. Dans son fan-club, on compte Barack Obama qui avait recommandé cette « histoire de l'humanité vue du ciel », Mark Zuckerberg qui l'avait sélectionné dans son club de lecture, Ridley Scott qui va adapter Sapiens sur grand écran, Hubert Védrine... The Economist en parle comme du premier « vrai intellectuel global du XXIe siècle » et, en septembre dernier, The New York Times a engagé Bill Gates, le fondateur de Microsoft, comme journaliste pour écrire un long article sur 21 leçons. Les grands de ce monde ne parlent que de lui... C'est à se demander si on n'en ferait pas un peu trop.


Un penseur du futur sans smartphone


Penseur singulier, Yuval Noah Harari semble bourré de paradoxes. Il dessine un futur, dans Homo Deus, où le dataïsme se substituerait aux anciennes religions, mais il ne possède pas de smartphone.

« Les gens vraiment importants n'ont pas de smartphone. Il en faut un quand on travaille pour quelqu'un », explique-t-il au Monde.

Selon lui, les monothéismes n'ont plus rien à nous apprendre sur nos vies, mais il ne cache pas sa passion pour la méditation Vipassana -il médite deux heures par jour et part régulièrement en retraite. Végan depuis Sapiens, il mène une vie austère dans une coopérative agricole avec son compagnon Itzik, qu'il a épousé au Canada, le mariage homosexuel n'étant pas reconnu en Israël.


Un an après la sortie française de Homo Deus, on va pouvoir retrouver ses talents de vulgarisateur. Cette fois, 21 leçons prend la forme d'une compilation d'idées avec quelques reprises de ses anciens livres. Le résultat n'en demeure pas moins passionnant.

CULTURE
«Homo Deus», la Bible de l'humanité? On a discuté avec des disciples de Yuval Noah Harari

 

RÉFLEXIONS SUR LA SCIENCE ET QUELQUES FLÂNERIES Abécédaire par Francis Bailly

PHILOSOPHIE SCIENCES ET TECHNIQUES

Significations » ; « Science, vérité, rationalité »


Cet abécédaire rassemble des réflexions inspirées par une vie de chercheur scientifique et de penseur. Ces dossiers sont classés par l'auteur en trois parties : « Homme, détermination et liberté » ; « Significations » ; « Science, vérité, rationalité ». Les deux premières traitent de constantes de la nature humaine, psychologiques, sociales, éthiques, voire, dans certains cas, politiques, qui gouvernent souvent les comportements mais peuvent être infléchies par la volonté individuelle. La troisième partie relève de la philosophie des sciences et de l'épistémologie : elle examine des concepts de la science occidentale communément admis et utilisés comme autant d'évidences universelles.

Cet abécédaire rassemble des réflexions inspirées par une vie de chercheur scientifique et de penseur à tendance philosophique. Ces dossiers sont classés par l'auteur en trois parties : « Homme, détermination et liberté » ; « Significations », « Science, vérité, rationalité ».

Les deux premières parties traitent de constantes de la nature humaine, psychologiques, sociales, éthiques, voire, dans certains cas, politiques, qui, pour Francis Bailly, gouvernent souvent les comportements humains mais peuvent être, dans une certaine mesure, infléchies par la volonté individuelle aspirant à la liberté. La troisième partie relève de la philosophie des sciences et de l'épistémologie :
elle examine, avec un regard critique – et quelque peu « post-soixante-huitard » – des concepts de la science occidentale communément admis et utilisés comme autant d'évidences universelles, tels que : causalité, relation, système, opération et élément, vérité, etc. La vigueur et l'indépendance d'esprit de l'auteur sont de nature à stimuler la richesse des repères conceptuels et factuels chez le lecteur.


Francis Bailly (1939-2009) a été chercheur en physique théorique au CNRS. Il a par ailleurs participé aux débats épistémologiques de la science contemporaine. D'autre part, il s'est intéressé à plusieurs domaines de la pensée, d'ordre philosophique, éthique, politique, ainsi qu'à l'histoire de la Normandie. Il a également assumé des engagements politiques et des responsabilités syndicales (il fut par exemple secrétaire national du Syndicat des chercheurs scientifiques).

 

Désinformation, mise en cause de la parole savante, discrédit de la parole experte à la Sorbonne le 6 octobre 2018-gratuit 

 

Forum France Culture Les idées claires en public AU grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris
Découvrir

samedi 6 octobre 2018 dès 9h

Désinformation, mise en cause de la parole savante, discrédit de la parole experte :

médias, enseignants, chercheurs font face aux mêmes problématiques.
Comment comprendre les phénomènes en cours ?

Comment agir ?

À l'occasion du lancement de la 27e édition de la Fête de la science, participez au premier Forum Les idées claires, une demi-journée de rencontres et de débats, un rendez-vous en public pour démêler le vrai du faux !

9h-10h | La Méthode scientifique


Sciences, l'ère du doute par Nicolas Martin
avec Bernadette Bensaude-Vincent, Gérald Bronner et Etienne Klein

10h15-11h15 | Les Chemins de la philosophie


Faut-il renoncer à la Vérité ? par Adèle Van Reeth avec Jean-Claude Ameisen et Frédéric Worms

11h30-12h15 | Du Grain à moudre


Comment vulgariser sans falsifier ? par Hervé Gardette


avec Elena Pasquinelli, Marion Montaigne, Sébastien Carassou, Cécile Michaut


12h30-13h15 |

Entretien de clôture avec Eric Rochant, cinéaste par Olivia Gesbert et Lucas Menget (franceinfo)

Un événement France Culture en partenariat avec le Rectorat de l'Académie de Paris, la Bibliothèque nationale de France et franceinfo

Grand amphithéâtre de la Sorbonne,
au 47 rue des Ecoles - 75005 Paris

Entrée gratuite, réservation obligatoire

 

Un artiste maudit mort trop jeune !? La Fondation Vuitton confronte 200 œuvres des deux peintres incandescents, morts très jeunes. ici Jean-Michel Basquiat.


« On parle de ces écrivains maudits, de poêtes maudits mais aussi de ces artistes excentriques et singuliers qui vous intriguent tout au long sans vous lâcher. Ils sont doués et intrigants et fricotent avec les excès ces excès qui les emportent en laissant les traces d'un talent fou. Leurs œuvres survivent à leur mort ». P B CISSOKO


Sur le ring, à droite, Jean-Michel Basquiat (1960-1988), dont les premiers dessins tapissaient les rues de Manhattan. Victime d'une overdose, il fait partie du « club des 27 » — avec entre autres Jim Morrison, Kurt Cobain, Amy Winehouse —, ces superstars mortes de trop d'excès au même âge, 27 ans donc, Basquiat, icône mondiale, DJ, musicien, coloriste sans égal dans sa génération. De grands aplats de bleus, de verts et des figures de boxeurs noirs — uppercut toujours — et jazzmen qui vous fouettent.
Basquiat, star noire de l'art


Le musée d'Art moderne consacre la première rétrospective française au peintre disparu en 1988. Cet ami d'Andy Warhol avait débuté dans la rue avant de devenir richissime.


Jean-Michel Basquiat, c'était tout et son contraire, à tel point qu'on en avait oublié le grand peintre qu'expose le musée d'Art moderne de la Ville de Paris.Basquiat, le roi de New York des années 1980, mort à 27 ans d'une overdose en 1988.Un clodo dormant dans la rue, débutant par des graffitis, devenant richissime. Un Noir—père haïtien, mère portoricaine — qui a ouvert, au pied-de-biche, la porte des galeries huppées de l'Amérique blanche. Un people — l'ami d'Andy Warhol, l'amant de Madonna—mort tout seul et tout jeune.
Mais la meilleure image, au sens propre, c'est le roi, parce qu'on la retrouve partout dans ses peintures. Un roi de la récup, comme sur cette peinture d'un prince déchu avec sa couronne de clous, un tableau qui, en pleine époque du « Wall Street » d'Oliver Stone, a atteint des centaines de milliers de dollars.


Jean-Michel Basquiat a beaucoup ramassé dans la rue, des portes, des pans de bois, sur lesquels il peignait. A sa première galeriste, Annina Nosei, qui lui demande pourquoi il ne peint pas sur toile, il répond : « Vous n'avez qu'àm'en acheter. »Ce qu'elle fera.


A la fin de sa courte vie, il peignait sur des toiles de plus en plus grandes, comme s'il en avait été trop longtemps privé. Elles resplendissent dans les dernières salles de l'exposition. Basquiat a appris son métier sans rien perdre de son énergie vitale initiale. Très influencé par Dubuffet, il peint lui aussi des personnages grimaçants, à la fois enfantins et immémoriaux : jazzmen, boxeurs, symboles de l'identité noire. Tous couronnés ou presque, avec un mélange de noblesse et de cour des Miracles. Ça vous griffe, ça vous gifle, comme si les couleurs allaient vous éclabousser la figure.


« L'enfant radieux » de la peinture


Basquiat n'a peur de rien, à un point réjouissant : sa palette souvent sombre ose aussi des roses pleins pot, des verts divinement trop voyants, des bleus heureux. On l'appelait « l'enfant radieux »de la peinture. La drogue qui l'a tué n'apparaît pas comme un destin inéluctable, mais comme un accident catastrophique, qui aurait pu être évité. Basquiat, devenu trop vite trop riche et célèbre a explosé.


Cette mort a beaucoup fait pour son succès de peintre maudit. Mais ce qu'on voit sur la toile, c'est la joie, la danse : il peignait en bougeant, en rythme, laissant même ses traces de pas sur les rectangles dessinés.
En une poignée d'années, la star a peint mille tableaux. Le musée d'Art moderne de la Ville de Paris en expose une centaine, majeurs. Un voyage depuis ses premières cartes postales jusqu'à ses immenses fresques finales.
Il peignait des crânes avec des yeux brillants. Vingt-deux ans après sa mort, ils clignotent toujours.


http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/basquiat-star-noire-de-l-art-17-10-2010-1112551.php


Jean-Michel Basquiat boxe toujours


Jean-Michel Basquiat, qui avait été écrasé par une voiture enfant, avait en commun avec les boxeurs la douleur inscrite dans le corps, cette enveloppe qui ne laisse qu'affleurer une multitude d'histoires accumulées et dissimulées. Un corps, un squelette, une âme, l'indiscible, toutes ces couches qui se superposent donnent l'art magnifique de Basquiat qui réussit à faire avec du décousu un habit de prince. Une centaine d'oeuvres du prolifique américain sont exposées en ce moment au Musée d'Art Moderne de Paris. C'est 1/8e de ce que l'ex-graffeur a peint ou dessiné, autant dire que l'aubaine ne se reproduira pas de sitôt. Outre que Basquiat était un artiste pop totalement immergé dans la société des années 1980 et que sa créativité n'a pas débandé, de l'âge de trois ans à sa mort en 1988 (à 27 ans) d'une overdose d'un mélange de cocaïne et d'héroine, il laisse une oeuvre qui dépasse largement le seul contexte Warholien auquel on l'associe vite fait, vu l'amitié qui liait le noir aux cheveux fous au blafard grisonnant de la Factory.


Le New-Yorkais Jean-Michel Basquiat regardait la télévision en peignant. Il captait à sa manière ceux ( sportifs, musiciens, leaders politiques ) qui dans cet Eden lumineux apparaissaient auréolés d'une gloire que peu de leurs semblables atteignaient. Basquiat voyait dans chacun de ces personnages populaires célèbres une histoire qui les rapprochait de lui. Sauf qu'il avait choisi le dessin. Lui, à qui l'on refusait de monter dans un taxi parce qu'il était noir ( il ne passait sans doute pas encore à la télé ), a donc effectué des transferts sur toile de ses propres questionnements en se référant à d'autres, que la culture américaine a jeté sur le devant de la scène ou du ring. Ils sont, grâce à son inégalable talent, devenus des fétiches contemporains puisque réenvisagés au travers d'une technique se référant aux prémices de l'art. S'amusant avec les lettres et les signes de son époque, empruntant aux néons, à la BD, aux dessins animés, à la signalétique, aux marques, à la publicité omniprésente, à la poésie urbaine comme aux peintures primitives, à l'art africain ou encore aux croyances vaudou, sa technique a tressé des liens pour mieux souligner ce qui se jouait pour les noirs dans le sport à cette époque : un match important entre le regard porté par les blancs sur les nègres et la faculté de ces derniers à s'imposer – quitte à s'y brûler – à une société du spectacle qui les considère encore comme une curiosité, une étrangeté que l'on peut enfin faire fructifier.

Pour Basquiat, les artistes noirs, les jazzmen ( Charlie Parker, Billie Holliday ) étaient pris dans les mêmes rets de la société-business que les sportifs ( Hank Aaron, Jesse Owens ), et il a créé pour eux son propre panthéon, à un moment charnière : au passage des années 1980, ces fortes individualités mues par leur force de travail et leur désir d'exister en même temps, sont le produit d'un système autant que leur ascension sociale dans le show business sert de revendication à leur identité propre au nom de tous ceux que l'on ne voit pas, ni à l'écran ni dans la rue. Les toiles de Basquiat, par ses héros noirs, disent qu'ils avaient à souffrir plus que les blancs pour qu'on les regarde enfin avec admiration. C'est pour cela également que Basquiat offre à tous les champions le sacre total qu'ils méritent selon lui : l'éternité. Ils sont en quelque sorte sanctifiés pour avoir porté leur croix, cette couleur de peau motif de discrimination dont on ne dira jamais assez qu'elle fut le moteur de leur créativité comme l'entrave à leur volonté d'être enfin perçus comme des hommes libres, maîtres de leur destin, parce que par là même ils perturbaient l'ordre établi.
La toile St Joe Louis Surrounded By Snakes est particulièrement révélatrice de cette problématique.

En gros, elle parle de l'exploitation des sportifs noirs par des managers véreux ou l'industrie du spectacle. Mais la taille du lettrage et la force du nom « Joe Louis » suffisent à dire qui est le roi. Elle parle de Basquiat aussi qui, comme le boxeur, devenu riche, s'est laissé abuser par ses amis qui réclamaient les dividendes de sa célébrité. Il ne faut pas confondre cette apparente célébration des sportifs noirs par l'artiste avec un quelconque attrait pour le sport en lui-même. Basquiat aimait la musique et l'art et s'il hissait Cassius Clay, Sugar Ray Leonard et d'autres au rang d'artiste puis d'icône; il méprisait les mécanismes régissant leur carrière. Il dénonçait à l'évidence le sport, ce lieu d'exploits, comme le dernier bastion du capitalisme, de l'exploitation des hommes par d'autres hommes.

La gloire et l'argent pour ces héros noirs n'étant pas des gages d'une liberté acquise et irréversible, ou d'un bonheur abouti.
Sur le tableau Per Capita, un boxeur dont la ceinture du short est barrée de l'inscription « Everlast » (une marque de sport, qui évoque par extension « l'éternité ») fait le signe de la victoire auréolé d'une couronne, en tenant une torche qui renvoie ou à la flamme des jeux olympiques, ou à celle de la statue de la Liberté. Cette ambiguïté forte dit que dans la condition de héros noirs, libération et manipulation, affirmation de sa force propre et soumission à un système (financier ici), en aucun cas, ne sont dissociables. Acteurs ou jouets du destin qu'ils se forgent, les champions de Basquiat sont à son image, des hommes de mouvement, d'action, au milieu d'un monde revêche. Pour le mater il faut s'élever au-dessus de la réalité. Lui comme ses héros sont des boxeurs d'ombres gonflés d'une sublime et irrépressible énergie du désespoir.
O.V.
http://contre-pied.blog.lemonde.fr/2010/12/05/jean-michel-basquiat-boxe-toujours/

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