Hommage à Mr et Mme OLIVIER André de la Maison de la Négritude et des droits de l'Homme de Champagney. Pensons à eux en cette période de commémoration de l'abolition de l'esclavage.

Les amis de Joseph NDIAYE conservateur de la Maison des esclaves de Gorée sont aussi partis le rejoindre à hadès.

Champagney et l 'équipe de la Maison de la Négritude et des Droits de l'Homme a la tristesse de vous faire part du décès de
Monsieur André OLIVIER
Conservateur de la Maison de la Négritude
et des Droits de l'Homme de Champagney/France survenu le 20 juin 2015, à l'âge de 91 ans.
en l'église Saint-Laurent, à Champagney.

Madame Marie-Thérèse OLIVIER
et vous prie d'assister à ses obsèques qui auront lieu ce mardi 11 octobre 2016, à 14 h 30, en l'église de Champagney.

 

J'ai rencontré deux passionnés, deux humanistes.


C'est en lisant le journal L'Est Républicain que je découvre que Joseph Ndiaye le conservateur de la Maison des esclaves sera l'invité d'honneur d'une grande cérémonie sur l'esclavage dans un village reculé et austère du haut-Doubs. Il y fait très froid.

Je me dis ce n'est pas possible c'est où Pesmes.

C'était loin de Besançon et je n'avais pas de voiture ni le permis à l'époque.
Je fais le tour de mes amis et je tombe sur un couple d'amis amoureux du savoir et des questions interculturelles, le couple me dit pape on y va ensemble.
J'étais le seul noir dans cette marée de blancs. Je n'étais toujours pas convaincu que Joseph Ndiaye serait dans ce coin du monde, lui qui avait du mal à quitter Gorée malgré les belles opportunités offertes par les noirs américains.


Il arrive enfin accompagné d'un grand Monsieur Olivier le conservateur de la Maison de la Négritude et des droits de l'Homme de Champagney et Haute Saône.
Toues les écoles du coin étaient invitées pour assister à l'exposition, à l'animation culturelle inédite sur l'Afrique. Comme partout avec un grand nombre d'élèves le bruit n'est jamais loin. Mr Joseph Ndiaye parle et les gens discutent, alors que j'ai connu ce conservateur qui a fait pleurer les grands cde ce monde, quand il ouvrait la bouche c'était silence cimetière. Quand j'ai pris la parole je commence par dire au gens de Pesmes «vous ne savez pas qui vous recevez aujourd'hui. Et je présente à ma façon Joseph NDIAYE, il se lève pour venir me saluer et m'encourager dans mes études».

Et depuis je n'ai pas quitté Mr OLIVIER le conservateur, pendant 10 années où je donnais des cours complémentaires à l'IUFM de France Comte sur les cultures africaines, destinés au futurs enseignants qui recevront une diversité de nationalités dans leurs classes. Je passais la journée dans ce musée qui est le prototype de la maison des esclaves de Gorée.

Son ancien élève disait de lui « Je le vois et l'entends encore au guide-chant nous apprendre la Marseillaise et le Chant des Partisans, ce dernier plus proche à son cœur parce que, adolescent pendant l'Occupation, l'automne 1944 restera chez lui une plaie béante qui, paradoxalement, forgera son humanité ...
Les supplétifs des nazis – les Cosaques – assassineront son père en septembre 1944 (coupable d'intervenir au moment où ceux-ci violentaient des voisins). Étrangement, ou peut-être à cause de cela, André sera pacifiste et non-violent.
L'orphelin, victime de la guerre, ne crut qu'au dialogue entre les hommes, à la paix, à la tolérance et au progrès. Ces vertus, il les porta à bout de bras, jeune instituteur, au sortir de la guerre nommé sur les hauts de Servance, à l'école des Grilloux.
Ce n'était déjà plus le temps des « hussards de la République » mais l'esprit n'en était pas très éloigné et c'est en missionnaire, dans des conditions spartiates, qu'il éduqua une population pleine de gentillesse et d'humanité. Cela lui allait si bien.

J'ai souhaité rendre ce simple hommage à ces deux hommes, ce couple qui a su captiver mes étudiants chaque fois que j'ai eu l'occasion de venir au Musée.

Moi j'étais conquis par leur sagesse, leur passion et leur éloquence.
Je les ai reçus à la radio-Sud de Besançon pour parler de cette maison exceptionnelle et unique. J'en ai parlé dans tous les sites qui m'avaient ouverts leurs pages pour encore diffuser et faire la publicité de ce haut de mémoire.
J'ai, avec ce couple, bataillé pour le rayonnement de cette maison de la Négritude et je ne suis pas peu fier.

A chaque fois que je venais à Champgney le couple se tiraillait gentiment pour me servir et c'est une grande marque de sympathie et au final il se répartissait le travail mais sans manquer de piétiner sur la partie de l'un ou l'autre.

Le vœu de Champagney expliqué et commenté par l'un ou l'autre est la partie que j'attendais le plus. La dimension philosophique et humaniste m'interpellait. Le ton, la respiration, l'accent mis sur les mots par Mr ou Mme Olivier était un plaisir à entendre et mes professeurs écoutaient religieusement les brillants orateurs malgré l'âge et la fatigue.
Je voudrai encore remercier le couple olivier, mes amis, de m'avoir reçu à leur table avec, s'il vous plait tout ce qu'il fallait pour qu'une table française soit à la hauteur. Même si je ne bois pas d'alcool, la vieille bouteille était là bien posée et présentée pour me dire bienvenu.
Je tenais à dire à leurs familles respectives combien j'ai aimé ce couple qui a toujours œuvré pour le dialogue des cultures, pour que triomphe l'esprit d'humanisme partout.


Mme OLIVIER était fière qu'un membre de sa famille ait apposé sa signature sur le cahier de doléances pour dire stop à l'esclavage.

Le musée est un lieu d'histoire chargé de mémoire à transmettre aux anciens mais aussi aux plus jeunes.
Le musée raconte aussi l'esclavage dans le 20 ème siècle pour dire que la bataille n'est pas terminée et qu'il faut se battre toujours pour les droits de l'homme.


Je vous offre le beau texte: le Voeu des habitants de Champagney

Vœu des paysans de Champagney au roi Louis XVI qui convoquait, en 1789, les Etats Généraux de Versailles:

- "Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur, en se représentant leurs semblables, unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme.

Ils ne peuvent se persuader qu'on puisse faire usage des productions des dites colonies si l'on faisait réflexion qu'elles ont été arrosées du sang de leurs semblables : ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n'accusent les Français de ce siècle d'avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de français et encore plus celui de chrétien.

C'est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, faire des sujets utiles au royaume et à la patrie."

(Document B-4213 aux archives Départementales de la Haute-Saône à Vesoul)


En 1971, un enfant du pays, René Simonin, décédé en 1980, tira de l'oubli ce texte, le fit connaître et fonda autour de cet article 29 appelé « Vœu de Champagney » un mémorial, la "Maison des Droits de l'homme et de la Négritude".

Ce musée fut parrainé par Léopold Sédar Senghor, à l'époque président de la République du Sénégal.
Reposez bien en terre et veillez sur nos esprits pour que l'humanisme triomphe sur la barbarie


Pape CISSOKO

samedi 20 mai 2017  c'est gratuit et c'est un sujedt original  ....

Conférence musicale originale par Kemi Bassene


L'islam et la Russie, le spirituel et la résistance comme structure à suivre des musiques noires et portrait


À travers sa littérature (Tolstoï en particulier) et son idéologie socio-économique, la Russie a influencé les luttes d'indépendance en Afrique par une résistance non violente (avec Ahmadou Bamba au Sénégal et Gandhi en Afrique du Sud) puis par une lutte armée avec un intermédiaire désigné : Cuba. La musique grégorienne russe a également influencé la musique gouvernementale révolutionnaire cubaine qui a son tour retrouvera une nouvelle rythmique en Afrique. L'islam a quant à lui infiltré l'Afrique noire dès le 8e siècle, a voyagé comme esthétique immatérielle avec la traite transatlantique et inspiré par sa puissance syllabique toutes les musiques noires américaines.


Seconde conférence musicale le 24 juin à 16h accompagnée par Wasis Diop, musicien.


Conférence gratuite le Samedi 20 mai 2017

de 16h-18h
CREDAC 3 eme étage
25-29 RUE RASPAIL
94200 IVRY SUR SEINE réservation 0149602506

Les racines musulmanes de la Russie
Olivier Tallès,


CHEZ LES PETITS PEUPLES DE RUSSIE (3/5) Avec près de 20 millions de fidèles, la Russie est le premier pays musulman d'Europe.
Les Tatars aiment le rappeler aux étrangers : sur les bords de la Volga, l'islam ne s'est pas imposé par le sabre mais par le travail de missionnaires qui ont pénétré le territoire de l'actuel Russie dès la fin du VIIe siècle. Avant la christianisation des Russes à la fin du Xe siècle, les Bulgares de la Volga embrassent la religion du prophète en 922. Un choix qui sera renforcé trois siècles plus tard par la conversion à l'islam des conquérants mongols de la Horde d'or.
Aujourd'hui, la Russie compte entre 15 et 20 millions de musulmans dispersés dans le Caucase du Nord, le long de la Volga et de l'Oural. Reconnu comme « religion traditionnelle », l'islam occupe la deuxième place après le christianisme orthodoxe. Moscou qui revendique une relation privilégiée avec le monde arabe a obtenu le statut de membre observateur au sein de l'Organisation de la coopération islamique.


Les trois tendances de l'islam de Russie


Le renouveau des années 1990 a fait émerger trois grandes tendances chez les musulmans de Russie. L'islam des aïeux d'abord. Populaire et rural, représenté par les confréries soufies au Caucase du Nord, il se rencontre surtout chez les personnes âgées. Les « modernistes » ensuite. « Ils sont souvent issus de ce courant. Plutôt urbains, ils privilégient le modèle laïc », observe Xavier Le Torrivellec, chercheur associé à l'École des hautes études en sciences sociales.
Ces deux tendances entrent en concurrence avec un islam urbain, plus identitaire et parfois radical, dans lequel on peut retrouver l'influence wahhabite. Les salafistes attirent notamment les jeunes déboussolés du Caucase du Nord. Seize ans après la fin officielle de la deuxième guerre de Tchétchénie, des combattants islamistes radicaux continuent d'attaquer les confréries soufies, de harceler les forces de l'ordre, voire de poser des bombes.
Olivier Tallès


http://www.la-croix.com/Monde/Les-racines-musulmanes-Russie-2016-08-03-1200779831
Kemi Bassene, l'art décolonisé


Par Sabine Cessou RFI


L'artiste Kemi Bassene se propose de décoloniser en décloisonnant tout, aussi bien les disciplines que les expériences. ©KemiBassene
Artiste photographe, commissaire et critique d'art basé à Paris, Kemi Bassene, 44 ans, n'est pas seulement le petit-fils de Mama Casset, précurseur de la photographie au Sénégal. Il se propose de décoloniser en décloisonnant tout, aussi bien les disciplines que les expériences. Voilà pourquoi il va représenter l'Inde, lors d'un événement artistique qui se déroulera en octobre en Corée du Sud.


Habillé de noir, il n'est pas seulement Parisien. Avec son bonnet diola, il n'est pas strictement Casamançais. Ses trois prénoms déclinent une façon multiple d'être Sénégalais : l'un musulman, Mouhamadou, lui vient du versant wolof et saint-louisien de sa famille maternelle. L'autre chrétien, Alain, lui a été donné par son père, un Diola. Le troisième, casamançais, Eukemi – transformé en Kemi – l'ancre dans une culture et un territoire.
Son principal héritage n'en est pas moins celui de son grand-père maternel, Mama Casset, qui l'a élevé à Dakar. Photographe, comme les Maliens Malick Sidibé et Seydou Keïta, plus connus que lui par la suite, son studio de la Médina ayant brûlé en 1978, Mama Casset, auquel la Revue noire a consacré un ouvrage en 1994, était aussi un militaire, expert en cartographie aérienne.


« Il m'a mis à la photo vers l'âge de 6 ans, à un régime militaire à 7 ans, m'a initié au maniement des armes vers 10 ans et m'a confié des responsabilités avant cet âge, comme l'argent pour les fournitures du studio. Je prenais les photos d'identité de nos clients. Il m'offrait chaque année soit un appareil photo, soit un perroquet, qu'il allait acheter au marché Kermel. »


Kemi Bassene, qui fait aussi de la musique, partage les passions de sa grand-mère – couture et cuisine. Après le lycée « Van Vo » à Dakar, il pense monter une entreprise culturelle qui regrouperait toutes ces disciplines. Il passe une licence de droit à Evreux, étudie l'art et la politique à Newark, dans le New Jersey, puis fait une école de commerce à Rouen, s'inscrit en musicologie et à l'école de jazz Arpège à Paris. Il alterne les métiers, chef de rayon, théâtre, compositeur, et travaille dix ans pour le ministère de l'Agriculture sur des logiciels pointus de cartographie, avant de rencontrer Bruno Le Maire. Cet homme politique de droite, nommé ministre de l'Agriculture en 2009, l'emploie comme assistant pendant deux ans.


Tracer non pas sa route, mais son carrefour


Intéressé par les « intersections culturelles et architecturales », il pratique tout en même temps. Pense photo quand il écrit et littérature lorsqu'il sculpte. « J'ai une volonté farouche de tout décloisonner moi-même, sans nier une harmonie compatible avec cette grande communauté de gens culturellement soumis à laquelle j'appartiens. Mais je refuse ce retard qu'on prête à l'Africain et que lui-même entretient, se négligeant au point de suivre les chemins qu'on lui trace. »


La pièce qu'il a présentée lors de la dernière Biennale des arts de Dakar était intitulée « Intersectionnalité ». Sous forme d'une table servant d'échiquier, il a voulu mesurer la distance parcourue depuis l'invention de ce jeu en Inde. Sa reine n'est autre que Victoria, le roi un ordinateur et le fou, un éléphant... « Comment tordre le cou à cette idée du choc des civilisations ?, questionne-t-il. Le monde ne se présente pas en rangs serrés de civilisations qui se côtoient. Les choses ne se sont jamais passées comme ça : il y a toujours eu des carrefours où les populations se sont mélangées, croisées, regardées ».


En Corée du Sud, il installera en octobre une mosquée dans les airs, une œuvre intitulée Suspended Place : « Dans les limbes de la connaissance, portes closes, la mosquée ne touche pas le sol, déconnectée de ses fidèles. Je réfléchis sur l'espace actuel de l'islam, à la fois digitalisé, rêvé, physique et territorial - impliquant un long et coûteux voyage... » Cette œuvre sera exposée à Séoul dans le cadre d'une rencontre annuelle de l'Asian Arts Space Network, un réseau dans lequel il représente... l'Inde, au nom d'un collectif auquel il participe.


Le versant africain de l'Inde


Sa rencontre avec l'un des co-fondateurs de la Clark House Initiative à Bombay a marqué une bifurcation essentielle dans sa vie. Il est sur la même longueur d'onde que cette plate-forme curatoriale indienne, qui l'invite à réfléchir à la « décolonisation de l'art contemporain ». Il y monte sa première exposition solo en 2013, intitulée Nine – une série de neuf portraits rouges comme la lumière d'une chambre noire, évoquant l'exil et la psychologie du migrant.
Il compare l'Inde et l'Afrique à l'infini. « L'Inde s'oublie comme colonie, elle ne cultive pas cette mémoire. L'Afrique, au contraire, l'entretient. Gandhi, qui a découvert son esprit de lutte en Afrique du Sud, sans être l'ami des Africains, a réussi à construire un Etat-nation. Mais l'Inde dravidienne (non blanche) des Intouchables n'y a jamais eu sa place. Elle s'est inspirée des luttes africaines pour s'ériger contre la domination blanche et hindouiste. L'Inde a toujours été la terre du million de religions, la plus aboutie étant le bouddhisme, qui rappelle l'Afrique du bois sacré dans ses préceptes, ses principes ».


Mobile et insaisissable, grave et drôle, léger et érudit, Kemi Bassene est aussi global et sahélien. Il ne se réfère pas au passé et ne conserve pas d'archives. « Le passé, pour moi, est fini. J'ai dit passé, et non histoire », souligne-t-il. L'histoire, il passe de longs moments à la méditer, pour en tirer ses propres conclusions. « On peut tout déléguer, sauf ses propres responsabilités, dit-il. La critique de cet impérialisme dans lequel l'Afrique de l'Ouest se complaît viendra forcément de l'intérieur. Quand on regarde bien, même la valeur de l'art fonctionne comme le franc CFA. Elle reste fixée à l'extérieur... » Admirateur du philosophe français Jacques Derrida, il se revendique comme lui « ouvert et libre ». Mais sa grande référence reste Alioune Diop, fondateur de la revue Présence africaine, qu'il décrit comme « le premier Africain à vouloir fédérer les pensées des peuples soumis dans une dimension culturelle, voire artistique ».


http://www.rfi.fr/hebdo/20170217-portrait-kemi-bassene-art-photographie-sculpture-litterature-pensee

Pr Étienne Balibar -Université de Colombia :Des Universels. ed galilée -Philosophie

Sur cet ouvrage on pourra lire dans la revue cairn une bonne fiche du Pr Souleymanne Bachir Diagne (son collègue à Colombia)
Essais et conférences

PRÉSENTATION


Dans ce recueil, on a voulu contribuer à la clarification des débats sur le sens et la valeur de l'universalisme en problématisant la notion de l'universel. Elle ne saurait être univoque, mais doit être pluralisée, ou plutôt différenciée, pour deux raisons dont l'ensemble fait une dialectique sans fin préétablie : d'une part, toute énonciation de l'universel (par exemple, les « droits de l'homme ») est située dans un cadre géographique et historique (on peut dire une civilisation) qui l'affecte dans sa forme et son contenu ; d'autre part, l'énonciation de l'universel n'est pas tant un facteur d'unification des êtres humains que de conflit entre eux et avec eux-mêmes. Encore faut-il essayer de mettre un peu d'ordre dans cette équivocité de l'universel, qui tout à la fois engendre la dérive des discours universalistes et aide à formuler l'exigence qui les traverse.


Au terme d'un parcours « constructif » et « déconstructif », trois apories sont énumérées, relativement au monde avec ses «places», au sujet collectif (le «nous» et ses « autres »), à la communauté politique (la « cité » ou « citoyenneté »). Leur ensemble confère à la nouvelle querelle des universaux dont nous sommes les témoins ou les acteurs son caractère indissociablement philosophique et politique. L'auteur propose de les articuler avec les thèmes venus au premier plan de son travail dans les dernières années : celui des différences anthropologiques et celui de la traduction inégalitaire des langues qui «se parlent» entre elles. À la notion d'un multiversum expressif qui se situerait au-delà de l'unité, répond la figure d'un sujet quasi transcendantal, pour qui la question ontologique qui le constitue en même temps qu'elle le condamne à l'errance est justement celle de la multiplicité des différences de l'humain.


Dans le monde on lira ceci


Philosophe de renommée internationale, Etienne Balibar est l'un des rares intellectuels français dont les textes sont traduits et discutés aux Etats-Unis. Il s'interroge ici sur les contradictions qui minent de l'intérieur tout discours à prétention universaliste.
Vous avez récemment publié un livre sur la question de l'universel (« Des Universels », Galilée, 2016). Or cette notion qui semble si familière demeure souvent obscure. ¬Si vous deviez en donner une définition devant des élèves de terminale, vous diriez quoi ?
Je dirais que c'est une valeur qui désigne la possibilité d'être égaux sans être forcément les mêmes, donc d'être citoyens sans devoir être culturellement identiques.
Justement, à notre époque, l'universalisme est parfois associé au consensus, et d'abord à une gauche « bien-pensante », présumée molle et naïve... Or, chez vous, l'universalisme est tout autre chose qu'un idéalisme. A vous lire, tout universalisme est porteur de tension, voire de violence.


D'abord, mon objectif n'est pas de défendre une « position de gauche », mais de débattre de l'universalisme comme d'une question philosophique. Mais, bien sûr, je suis de gauche, or la gauche est traversée par tous les conflits inhérents à la question de l'universel. L'universel ne rassemble pas, il divise. La violence est une possibilité permanente. Mais ce sont les conflits internes que je cherche d'abord à décrire.


Quels sont les principaux ?


Le premier, c'est que l'universalisme s'inscrit toujours dans une civilisation, même s'il cherche des formulations intemporelles. Il a un lieu, des conditions d'existence et une situation d'énonciation. Il hérite de grandes inventions intellectuelles : par exemple, les monothéismes abrahamiques, la notion révolutionnaire des droits de l'homme et du citoyen, qui fonde notre culture démocratique, le multiculturalisme en tant que généralisation d'un certain cosmopolitisme,...


Lemonde.fr

Allocution de Chantal GRASSET-PRIAN-Conseillère municipale associée, Droit de l'Homme et actions contre les discriminations-Abolition de l'esclavage
11 ème anniversaire Commémoration journée nationale pour l'abolition, de la traite et de l'esclavage du 10 mai 2017.

Le 11 ème anniversaire de la commémoration de l'abolition de l'esclavage a encore eu lieu à Choisy-le-Roi mais avec une absence remarquée encore : celle du Maire de la ville.


Mais c'est l'occasion de saluer la présence remarquée et assidue de certains élus : Hassan Aoummis ; Malika Benkahla ; Gilles Dupuy ; Christiane Moro.

Il est toujours important de marquer le coup pour ne pas oublier. Chaque commune célèbre cette journée de différentes façons et chaque commune se donne les moyens à la hauteur de l'intérêt que les élus portent à l'évènement. C'est là que certaines absences se voient et certaines présences se remarquent.


Les citoyens sensibles à cette cause félicitent l'élue en charge de cette commémoration et la question suivante c'est mais où est le Maire. On pensait qu'il serait là ! Et l'élue avance des excuses qui ne convainquent pas pour sauver le premier magistrat de la commune.
C'est ainsi que des citoyens, des individualités, vont se mobiliser pour corriger ces absences flagrantes et donner une empreinte plus importante à cette cause dans ce monde de crises et de fractures sociales attisée par le FN.


Un mot sur la Capoeira -Un art martial dissimulé derrière la danse
Après la belle chorale des enfants il y avait la capoeira :


Si les premières origines de la capoeira sont assez vagues du fait de sa naissance clandestine, on sait que cet art martial était pratiqué par les esclaves. Pour passer inaperçues, les techniques de combat de la capoeira se mélangent à des mouvements de danse. Musique et chant accompagnant les enchainements acrobatiques, les maîtres ne se doutaient pas que les esclaves mettaient au point de véritables méthodes de combat sophistiquées. Aujourd'hui encore, la capoeira est un véritable mélange de danse acrobatique et de coups de poing et de pied, parfois inspirés du monde animal. P B CISSOKO ichrono.ionfo


Voici la belle allocution de l'élue Mme Chantal PRIN-GRASSET

Allocution de Chantal GRASSET-PRIAN-Conseillère municipale associée-Choisy-le-roi, Droits de l'Homme et actions contre les discriminations-Abolition de l'esclavage -France

Au départ de l'Afrique, du 16ème au 19ème siècle, des millions d'africains ont été déportés et réduits à l'esclavage. Ces esclaves ont été victimes de la traite négrière qui a parcouru des traversées entre les pays de l'Europe, l'océan atlantique, l'océan pacifique et l'océan indien De nombreux navires, appelés négriers, ont transportés ces esclaves dans des conditions de voyage épouvantables, pour les vendre aux planteurs des colonies.


En mars 1685, Louis XIV applique Le CODE NOIR de COLBERT, qui légalise la traite négrière, et valorise les droits des maîtres sur leurs esclaves.
A ce moment-là, l'esclave est déchu de son patronyme, de sa liberté. Il devient une marchandise vendue à un prix fixé en fonction de son âge, son sexe et sa condition physique. L'esclave est marqué au fer rouge lorsqu'il désobéit à son maître. L'esclave révolté subit des châtiments corporels pouvant le conduire jusqu'à la mort.
Dans les colonies, les esclaves produisaient l'agriculture, les plantations de coton, de café et de canne à sucre, dans des conditions de travail atroces. Ces millions d'esclaves noirs exprimaient leurs colères et leurs souffrances à travers le chant et la danse, tout en luttant pour leur liberté.


Pendant la révolution française le mot Liberté s'affirme à travers deux déclarations : 1789, la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen qui considère que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. 1791, Olympes de Gouge rédige la déclaration des droits de la femme et de la Citoyenne, qui considère que la femme nait libre et demeure égale à l'homme en droits.


L'abolition de l'esclavage se prononce, sur la proposition de Danton, par la convention Nationale du 4 février 1794, et décrète que les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens Français, et doivent jouir de tous les droits assurés par la constitution.

Mais, en 1802, Napoléon BONAPARTE rétabli l'esclavage. Le 10 mai 1802, Louis DELGRES, colonel de l'armée française, signe sa proclamation anti-esclavagiste. Son combat très rude pour la liberté des esclaves, le conduit jusqu'à la mort. Danton, qui a vécu un peu à Choisy-le-Roi, était l'ami de Louis DELGRES
Enfin, le décret du 27 avril 1848 de Victor SCHOELCHER abolit définitivement l'esclavage en France, considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine, qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.


Cette période horrible et dévastatrice de l'esclavage a été reconnue par l'Etat français, en 2001, comme un crime contre l'humanité


Aujourd'hui, je pense à Hégésippe Jean LEGITIMUS, premier élu noir de la III ème République à l'Assemblée Nationale. Et, son fils Etienne LEGITIMUS, journaliste qui ont fondé deux mouvements pour l'émancipation humaine. Il s'agit de la (LICRA) Ligue Internationale contre le racisme et l'antisémitisme et le (MRAP) Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples.


Pascal LEGITIMUS, né d'une mère française d'origine arménienne Madeleine Kambourian et d'un père antillais Théo Légitimus, a vécu, une partie de son enfance à Choisy-le-Roi. Et son ami LUC SAINT-ELOY joue le rôle principal de Louis DELGRES dans le film intitulé « 1802 » l'EPOPEE GUADELOUPEENE.


Je termine mon discours par cette pensée qui est la mienne « Le battement de notre cœur anime le métronome de notre Société ». MERCI A TOUTES ET A TOUS.

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A nos sœurs et frères-Ne
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