"Il n'a que les montagnent qui ne se rencontrent pas et d'ailleurs il faut être prudent avec la tectonique des plaques et le réchuaffement climatique tout change "P B C

L'ESSENTIEL


Les deux Corées ont débuté vendredi matin un sommet rarissime. Les deux dirigeants, le Nord-Coréen Kim Jong Un et le Sud-Coréen Moon Jae-in, se sont rencontrés dans la zone démilitarisée qui divise la péninsule. Après une matinée de négociations, les deux pays, techniquement en guerre, ont signé une déclaration commune historique dans laquelle ils s'engagent en faveur d'un régime de paix.
Les infos essentielles à retenir :


• Kim Jong Un a franchi vendredi la ligne de démarcation entre les deux Corées, une première depuis 1953, et a serré la main de son homologue sud-coréen


• Dans leur déclaration commune, les deux dirigeants se sont engagés pour une dénucléarisation de la péninsule et la recherche d'un régime de paix
• Les États-Unis ont dit souhaiter que ce sommet historique conduise à "un futur de paix", la Chine, elle, "applaudit" et salue le "courage" des deux dirigeants


"Un signal de départ". "Je suis heureux de vous rencontrer", a lancé Moon Jae-in à son homologue nord-coréen. Kim Jon Un a alors franchi la ligne de démarcation en béton, devenant le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-53). À l'invitation de Kim Jong Un, les deux dirigeants ont brièvement marché du côté nord-coréen de la frontière avant de se rendre à pied à la Maison de la paix, une structure de verre et de béton située dans la partie sud du village de Panmunjom, où fut signé l'armistice. "Je suis venu ici déterminé à donner un signal de départ, au seuil d'une histoire nouvelle", a déclaré Kim Jong Un au début du sommet, faisant le vœu de garder "un état d'esprit franc, sérieux et honnête". Avant la séance du matin, le dirigeant nord-coréen a signé le livre d'or. "Une histoire nouvelle commence maintenant - au point de départ de l'histoire et d'une ère de paix", a-t-il écrit.


JUST IN: Kim Jong Un becomes first North Korean leader to cross line dividing the two Koreas since fighting ended in the Korean War https://t.co/39aG7dK076pic.twitter.com/iALanC5iCD


— CNN (@CNN) 27 avril 2018


Au menu, la dénucléarisation. La question de la dénucléarisation a été abordé par les deux dirigeants dès le début de matinée, ainsi que celle d'une paix permanente, avait annoncé le porte-parole de la présidence sud-coréenne Yoon Young-chan. "Les deux dirigeants ont eu un dialogue sincère et franc au sujet de la dénucléarisation et de l'établissement d'une paix permanente sur la péninsule coréenne et du développement des relations intercoréennes", a-t-il dit.

Dans la maison de la paix. KOREAN BROADCASTING SYSTEM / AFP
Les deux dirigeants ont planté un arbre sur la ligne de démarcation. KOREA SUMMIT PRESS POOL /

"Il n'y aura plus de guerre". Après une matinée de discussions et une cérémonie symbolique durant laquelle Kim Jong Un et Moon Jae-in ont planté un arbre sur la ligne de démarcation, les deux dirigeants se sont donnés l'accolade et ont signé une déclaration commune proclamant "qu'il n'y aura plus de guerre dans la péninsule coréenne". Autre point fort, ils y affirment leur engagement en faveur de la dénucléarisation de la péninsule : "la Corée du Sud et la Corée du Nord confirment l'objectif commun d'obtenir, au moyen d'une dénucléarisation totale, une péninsule coréenne non nucléaire", affirment-ils dans une déclaration commune. Kim Jong Un et Moon Jae-in y avancent enfin leur volonté de parvenir à un régime de paix "permanent et solide" afin de mettre fin à la guerre.
Pour cela, Kim Jong Un a promis de ne pas répéter un "passé malheureux qui a vu tourner court de précédents accords intercoréens". "Il pourrait y avoir sur le chemin des retours de bâton, des difficultés et des frustrations", a-t-il dit. "Mais on ne peut parvenir à la victoire sans douleur", a estimé le jeune dirigeant.
Moon Jae-in à Pyongyang. Le dirigeant sud-coréen rendra la monnaie de sa pièce à son homologue nord-coréen en lui rendant visite à Pyongyang d'ici à la fin de l'année. En outre, les deux Corées organiseront une réunion des familles divisées par un conflit de plus de 60 ans. "La Corée du Sud et la Corée du Nord ont décidé de poursuive le programme de réunion des familles séparées à l'occasion du Jour de la libération nationale le 15 août cette année", indiquent-elles en référence à la journée célébrant la reddition japonaise à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La communauté internationale salue un moment historique. Une réaction était particulièrement attendue : celle de Donald Trump. Le président américain a qualifié la rencontre entre les deux dirigeants coréens d'"historique", tout en soulignant que seuls les actes à venir permettraient de juger de la nature des changements en cours. "Après une année folle de lancements de missiles et de tests nucléaires, une rencontre historique entre la Corée du Nord et la Corée du Sud a lieu. Des choses positives se passent mais seul le temps permettra de juger !", a tweeté le président américain. Donald Trump a par ailleurs estimé que les Américains devraient être "fiers" de l'évolution de la situation sur la péninsule coréenne.
After a furious year of missile launches and Nuclear testing, a historic meeting between North and South Korea is now taking place. Good things are happening, but only time will tell!


— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 27 avril 2018

KOREAN WAR TO END! The United States, and all of its GREAT people, should be very proud of what is now taking place in Korea!
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 27 avril 2018


Le Kremlin a quant à lui considéré les entretiens entre les deux leaders comme des "nouvelles très positives". Le président russe Vladimir Poutine "a souligné à plusieurs reprises qu'un règlement viable et stable de la situation dans la péninsule coréenne ne peut se baser que sur un dialogue direct. Et aujourd'hui nous voyons que dialogue direct a eu lieu", a-t-il estimé.
De son côté, le Premier ministre japonais s'est montré plus prudent. S'il a salué lui aussi un "pas positif vers une résolution d'ensemble de plusieurs questions concernant la Corée du Nord", Shinzo Abe a aussi déclaré attendre des "actions concrètes". "Nous allons continuer d'observer l'évolution de la Corée du Nord", a-t-il indiqué.


Plus tôt dans la matinée, la Chine avait "applaudi" ce sommet, saluant "le courage" des dirigeants et qualifiant d'"instant historique" leur poignée de main. "La Chine applaudit l'étape historique franchie par les deux dirigeants, nous admirons le courage et la résolution politique dont ils ont fait montre" et "espérons que (l'événement) portera des fruits positifs", avait déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

"Une vidéo circule et montre la situation délicate des noirs en ISRAEL.

Je connais les relations en France entre les Juifs et les noirs qui sont excellentes et je ne comprends pas cette vidéo où les soudanais, les ethiopiens, les couples mixtes sont mis à l'index et ostracisés. Je me suis même demandé si cette vidéo n'est pas une falsification. J'ai des amis étudiants juifs qui sont pour le dialogue des religions et je les interrogerai. Mais je suis convaincu que cette situation est exagérée mais quand des hommes politiques de ce rang se mettent à ostraciser, j'ai peur. Soyons prudents et vive le diaolgue interreligieux". Pape B CISSOKO

Jacques Faitlovitch et les Juifs d'Éthiopie : un centenaire : Lisa Anteby-Yemini


10-11 mars 2004, Jérusalem et Tel-Aviv Lisa Anteby-Yemini p. 89-92


1-Pour marquer le centenaire, jour pour jour, du premier voyage de Jacques Faitlovitch à la découverte des Falachas1 (juifs d'Éthiopie) le Centre de Recherche Français de Jérusalem en collaboration avec l'Institut Ben-Zvi et l'Université de Tel-Aviv a organisé une conférence intitulée Jacques Faitlovitch et les Juifs d'Éthiopie : un centenaire. C'est en fait un jeune étudiant de l'Université de Tel-Aviv, Haïm Admor, qui a pris l'initiative de mettre sur pied ce colloque. En effet, voilà près de trois ans que Haïm Admor tente d'inventorier et de cataloguer les documents inédits du fonds que renferme la collection Jacques Faitlovitch déposée à la bibliothèque centrale Sourasky de l'Université de Tel-Aviv. Bien avant lui, des éthiopisants du monde entier, tels Stefan Strelcyn et Max Wurmbrand, s'étaient déjà penchés sur ces documents rapportés des multiples voyages que Faitlovitch avait effectués en Ethiopie, mais sans nous en laisser un catalogue complet.

Depuis 1969, un chercheur israélien, Itzhak Grinfeld, qui connaissait l'amharique, le guèze, le français, l'hébreu et le polonais entre autres, avait été chargé de cette tâche qu'il n'a pas, lui non plus, pu achever. Mais, au-delà de l'importance de ce fonds pour les études éthiopiennes, c'est au personnage même de Faitlovitch, l'une des figures les plus marquantes de l'histoire des juifs d'Éthiopie, que s'est consacré ce colloque.

2-Souvent surnommé le « père des Falachas », Jacques Faitlovitch est l'homme qui a certainement œuvré le plus durant sa vie pour la cause de ses « frères noirs » qui vivaient en Abyssinie et qui, indirectement, a contribué à leur immigration en Israël. Né à Lodz en 1881, il part faire des études à Paris et se spécialise dans les langues sémitiques, en particulier avec Joseph Halévy, professeur de guèze à l'EPHE. Sous l'influence de son maître Halévy, qui avait déjà entrepris un voyage chez les Falachas2, il se passionne pour ces juifs lointains et part en 1904 à leur rencontre, financé par le baron de Rotschild. Faitlovitch écrira un premier rapport à son retour3 et repartira à nouveau en 1908, rédigeant à la suite un ouvrage détaillé4. Il se rendra onze fois chez les Falachas et rapportera des dizaines de manuscrits, objets et livres falachas et rédigera des rapports qui restent encore une source d'informations ethnographiques pour les chercheurs d'aujourd'hui. Mais surtout, Faitlovitch se donnera comme mission de « normaliser » le judaïsme pré-rabbinique des Falachas et tentera de mettre en place une élite locale en envoyant des jeunes garçons étudier en Europe pour revenir enseigner dans leurs villages. Enfin, il créera des comités pro-falachas et mobilisera la communauté internationale pour encourager l'immigration de cette communauté vers la Palestine et plus tard vers Israël. Son rêve ne se réalisera que 80 ans après sa première rencontre avec les Falachas, qui commenceront à émigrer en masse vers Israël au début des années 1980 et 1990.


3-La première journée du colloque, tenue à l'Institut Ben-Zvi de Jérusalem, est consacrée à l'époque qui précède l'arrivée de Faitlovitch chez les Falachas, les controverses entre Faitlovitch et ses adversaires et l'impact de son travail. Dans une première session intitulée « Avant Faitlovitch », Leonardo Cohen (Université de Haïfa) présente un document du missionnaire portugais Mendes qui rapporte une audience octroyée à un juif nommé Salomon à la cour de l'empereur Suseynos en 1627. Puis Steven Kaplan (Université hébraïque de Jérusalem) expose la généalogie de la famille Flad, l'une des familles de missionnaires protestants les plus actifs parmi les Falachas dès 1865 dont les parents, les enfants, leurs époux, les petits-enfants et leurs propres époux continueront cette activité de prosélytisme jusqu'au milieu du XXe siècle. Enfin, une communication sur le personnage de Joseph Halévy montre que ses origines hongroises ont joué un rôle important dans la vision nationaliste-juive (Y. Tsur, Université de Tel-Aviv) de ce maître de Faitlovitch. Une seconde session porte sur la controverse entre Jacques Faitlovitch et le rabbin Haïm Nahoum, à la tête d'une contre-mission pour démontrer que les Falachas n'ont aucun lien avec le judaïsme (H. Admor, Université de Tel-Aviv) et sur les interprétations divergentes entre Jacques Faitlovitch et Aaron Aescoly concernant les pratiques religieuses des juifs éthiopiens (Yosi Ziv, Université de Bar-Ilan). Puis E. Trevisan-Semi (Université Ca'Foscari de Venise) a montré le rôle qu'ont joué le pan-hébraïsme de Faitlovitch et de N. Sloushtz ainsi que le discours des nidhe israel dans l'étude des Falachas ; S. Weil (Université hébraïque de Jérusalem) a elle exposé la vision orientaliste que Faitlovitch donnait de ses élèves éthiopiens, en particulier à travers ses photos. Pour finir, L. Anteby-Yemini (CNRS, IDEMEC) conclut par une conférence sur les relations culturelles et diplomatiques franco-éthiopiennes et l'essor des études éthiopiennes en France dont Faitlovitch est aussi l'un des instigateurs.


4-La seconde journée, qui s'est déroulée au département d'Histoire du Moyen-Orient et de l'Afrique à l'Université de Tel-Aviv, examine le rapport entre Faitlovitch et la culture Beta Israel ainsi que les documents dans le fonds Faitlovitch et se termine par la visite de la collection et par une conférence de clôture. Une première session s'ouvre avec une communication sur les changements dans les pratiques religieuses des juifs éthiopiens sous l'influence rabbinique de Faitlovitch (M. Corinaldi, Centre israélien pour les études académiques), suivie d'un exposé sur la liturgie des Beta Israel et son aspect musical (R. Atar, Université de Bar-Ilan) puis d'une présentation de l'ouvrage de Faitlovitch intitulé Proverbes abyssins et de son actualité aujourd'hui (H. Rosen, ministère israélien de l'Immigration et de l'Absorption). Une seconde session est consacrée aux documents du fonds Faitlovitch, que ce soit des missives de Faitlovitch lui-même (A. Teffera, Université hébraïque de Jérusalem), des manuscrits en guèze (B. Podolosky, Université de Tel-Aviv) ou des prières spécifiques à la liturgie Beta Israel (M. Hayon, Institut Schechter), démontrant la richesse de cette collection. D'ailleurs, suit une visite de la collection Faitlovitch présentée par H. Admor et nombreux sont ceux qui admirent pour la première fois les clichés de l'empereur Ménélik II ou les anciennes amulettes éthiopiennes qui y sont conservés. Pour clôre ce colloque, E. Trevisan-Semi (Université Ca' Foscari de Venise) retrace l'itinéraire de Faitlovitch, de Lodz à Tel-Aviv, en montrant sa recherche constante d'un Orient mythique.


5-En somme, ce colloque, avant tout tourné vers des spécialistes qui se préoccupent, de près ou de loin, du personnage de Faitlovitch, a eu en fait un grand retentissement en attirant un large public qui comprenait, entre autres, un ancien ministre de l'Immigration et de l'Absorption (Y. Tsaban), un ex-ambassadeur d'Israël en Ethiopie, nombre d'éthiopisants, des membres de la famille Faitlovitch, des petits-enfants des premiers disciples de Faitlovitch aujourd'hui immigrés en Israël, des qésotch (chefs religieux juifs éthiopiens) ainsi que plusieurs jeunes de la communauté éthiopienne qui commencent à s'intéresser à leur propre histoire et seront peut-être les têtes de file d'une nouvelle génération de chercheurs « indigènes ».


Notes


1 Le nom Falacha est considéré comme péjoratif par les membres de la communauté juive éthiopienne en Israël, bien que Faitlovitch ainsi que d'autres chercheurs de son époque aient utilisé ce terme dans leurs écrits pour désigner ce groupe qui se nommait lui-même Beta Esra'el, « maison d'Israël ».
2 J. Halévy, « Excursion chez les Falachas, en Abyssinie », Bulletin de la Société de géographie, 1869.
3 J. Faitlovitch, Notes d'un voyage chez les Falachas (Juifs d'Abyssinie). Rapport présenté à M. le baron de Rothschild, E. Leroux éd., Paris, 1905.
4 J. Faitlovitch, Quer durch Abessinien; meine zweite Reise zu den Falashas, M. Poppelauer Verlag, Berlin, 1910.
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Pour citer cet article
Référence papier
Lisa Anteby-Yemini, « Jacques Faitlovitch et les Juifs d'Éthiopie : un centenaire », Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, 14 | 2004, 89-92.
Référence électronique
Lisa Anteby-Yemini, « Jacques Faitlovitch et les Juifs d'Éthiopie : un centenaire », Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem [En ligne], 14 | 2004, mis en ligne le 18 septembre 2007, Consulté le 27 avril 2018. URL : http://journals.openedition.org/bcrfj/126

jeudi, 26 avril 2018 19:36

Méthode syllabique et son actualité

 

Méthode syllabique et son actualité


La méthode syllabique consiste à identifier les lettres présentes dans un mot pour les associer en syllabes. L'enfant apprend donc d'abord les sons (phonèmes) que forment les lettres ou les ensembles de lettres (graphèmes), pour ensuite les identifier dans les mots. La méthode syllabique est évolutive et prend du temps : les élèves commencent d'abord par apprendre l'alphabet, puis à associer les lettres entre elles afin de former des syllabes, puis des mots. Par exemple, les enfants doivent d'abord avoir appris à reconnaître et prononcer les sons "bon" et "an" pour pouvoir reconstituer et lire les mots "bonbon" et "dans".

Des problèmes de lecture fréquents


40% des enfants ont de graves difficultés en lecture et en écriture à la fin du primaire
120 000 élèves entrent chaque année au collège sans maîtriser la lecture et l'écriture.
95% des enfants qui fréquentent les cabinets d'orthophoniste ont simplement appris avec des méthodes inappropriées.


15 % des enfants sortent du primaire quasi illettrés.
La solution : ne pas se tromper de méthode
Il existe plus d'une dizaine de méthodes reconnues pour leur efficacité. Elles respectent toutes le b.a.-ba. pour permettre à l'enfant d'apprendre en sécurité, sans devinette.
L'important dans une méthode, c'est sa progression : aller du plus simple au plus compliqué.


Toutes les méthodes ne se valent pas


Méthode mixte : Dès les premières leçons, l'enfant a des phrases entières à lire. Il doit lire des mots comportant des lettres qu'il ne connaît pas. Il les photographie et les retient par cœur. L'enfant est perdu devant des mots qu'il n'a jamais vus.
Résultat : l'enfant est dépendant.


Méthode syllabique :

L'enfant apprend d'abord les lettres puis il s'exerce à les assembler. Il n'a sous les yeux que des mots qu'il peut entièrement déchiffrer. Il commence par des mots simples. L'enfant peut lire seul tous les mots nouveaux.


Résultat : l'enfant est autonome.
Syllabique : une efficacité prouvée
Étude comparant les méthodes entre elles
Mixte : 24 % d'élèves en très grande difficulté
Syllabique : 1 % d'élèves en très grande difficulté
24% des élèves qui apprennent avec des méthodes mixtes sont en très grande difficulté contre 1% seulement avec des méthodes syllabiques.
Source : Braibant et Gérard, 1996.

Classement international : En 2012, la France est 29e sur 40 dans le classement PIRLS.
En 2012, la France est 29e sur 40 dans le classement PIRLS. Le dernier classement international l'atteste. PIRLS compare les aptitudes en lecture et écriture des enfants de 10 ans. La Grande-Bretagne a gagné huit places en 6 ans en adoptant des méthodes syllabiques. Dans le même temps, la France perdait six places.

Lire la suite SOS Education Apprendre à lire au CP - SOS Education http://soseducation.org/apprendre-a-lire-au-cp#ixzz5DoBeWwNl

 

Machiavel contre le machiavélisme : "un penseur de la liberté mal comprise"

Un auteur mal compris victime d'un ouvrage ( La prince)  alors qu'il a pensé des théories sur la liberté et autres. Un auteur à relire. P B Cissoko  


Au début du XVIe siècle, le philosophe florentin Nicolas Machiavel a ouvert la voie à la pensée politique moderne. On associe souvent son nom à l'action de gouvernants cyniques et manipulateurs. Forgée par ses détracteurs, cette « mauvaise réputation » cache en fait un authentique théoricien de la liberté et du pouvoir populaire.


par Olivier Pironet


https://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/PIRONET/

On ne compte plus les études, biographies, colloques qui ont célébré cette année le cinq centième anniversaire du Prince (1). Dans cet opuscule consacré à l'art de gouverner, Nicolas Machiavel (1469-1527) expose sans détour « ce qu'est la souveraineté, combien d'espèces il y en a, comment on l'acquiert, comment on la perd (2) ». Il dévoile ainsi les rouages du pouvoir et les fondements de l'autorité, ce qui lui a valu une réputation sulfureuse, des interprétations contradictoires, et a fait de son ouvrage « le livre de pensée politique le plus lu et commenté (3) » depuis un demi-millénaire.


Ecrit en 1513, Le Prince est publié à titre posthume en 1532 — fait rare, c'est donc sa rédaction que l'on commémore — et mis à l'Index par l'Eglise catholique, comme tous les livres du Florentin, de 1559 jusqu'à la fin du XIXe siècle. En 1576, l'auteur huguenot Innocent Gentillet contribue à forger sa mauvaise réputation en inventant le terme de « machiavélisme », promis à un bel avenir. Du penseur Jean Bodin (1529-1596), qui l'accuse d'avoir « profané les mystères sacrés de la philosophie politique », au savant Bertrand Russell (1872-1970), pour qui Le Prince est un « manuel pour gangsters », Machiavel passe communément pour le théoricien cynique du pouvoir et des techniques de manipulation, celui qui murmure à l'oreille des tyrans.


Pourtant, sa pensée se prête aussi à de tout autres interprétations (4). Le Prince est le « livre des républicains », selon Jean-Jacques Rousseau ; celui où « Machiavel lui-même se fait peuple », pour Antonio Gramsci. A vrai dire, des penseurs de la Contre-Réforme, au XVIe siècle, jusqu'aux libéraux du XXIe siècle, en passant par les auteurs des Lumières, les Jacobins, les marxistes, les fascistes ou les néorépublicains, tous y sont allés de leur lecture. Aujourd'hui, le Florentin inspire tout autant des romans policiers ou des jeux vidéo (5) que des bréviaires de « management entrepreneurial » ou même de « gouvernance familiale » — comme Machiavelli for Moms (« Machiavel pour les mamans »), de Suzanne Evans (Simon & Schuster - Touchstone, 2013)...


Dans son autre œuvre majeure, les Discours sur la première décade de Tite-Live, publiés en 1531, Machiavel examine, en relisant l'histoire romaine, les principes du régime républicain, et démontre sa supériorité par rapport aux systèmes despotiques ou autoritaires (principati).

Le Prince et les Discours s'articulent autour d'une même problématique : comment instaurer et maintenir un régime d'autonomie et d'égalité — la république — dans lequel les rapports de domination sont exclus ?

Comment constituer un Etat libre fondé sur des lois communes, des règles de justice et de réciprocité et la réalisation du bien public ?

Le Prince, théorie de la fondation de la république, ou de sa refondation en situation de crise, ainsi que des méthodes adéquates — parfois violentes — pour en construire les piliers, et les Discours, réflexion sur la forme qu'elle doit prendre — la démocratie — comme sur les moyens de la préserver, sont indissociables. Tous deux naissent du contexte historique où Machiavel les rédige et de la tradition intellectuelle dans laquelle il s'inscrit pour mieux s'en détacher.


Quand il s'attelle au Prince, la République florentine, qu'il a servie pendant quatorze ans en tant que haut diplomate, minée par les divisions et la corruption, vient d'être renversée par les partisans des Médicis avec l'aide des Espagnols (septembre 1512). L'intermède républicain a duré dix-huit ans : une république théocratique, de 1494 à 1498, placée sous l'autorité du moine Jérôme Savonarole, puis une république laïque, de 1498 à 1512. Depuis des décennies, la Péninsule est soumise aux appétits des grandes monarchies qui s'allient au gré de leurs intérêts avec les nombreuses cités-Etats du pays, empêchant l'unification territoriale et nationale que Machiavel appelle de ses vœux. C'est cette situation qui explique l'objet du Prince : il s'agit pour son auteur de réfléchir aux moyens de rétablir la république dans la cité toscane et d'édifier un Etat suffisamment fort pour « prendre » (unifier) l'Italie et la « délivrer » des puissances étrangères. Le Prince s'adresse à celui qui sera capable de réaliser ce double objectif.


C'est à la fois un manuel d'action pour répondre à l'urgence et une réflexion sur la nature du pouvoir, dans la lignée des ouvrages didactiques en vogue parmi les humanistes. Il rompt néanmoins avec les idéaux classiques. Et édicte les préceptes et méthodes que doit suivre le (re)fondateur d'un Etat, en inversant le rapport traditionnel de subordination de la politique à la morale au nom de la « vérité effective des choses » : l'art de gouverner obéit à des règles spécifiques liées à l'instabilité des relations humaines (les hommes suivent leurs intérêts et leurs passions, dont l'ambition) ainsi qu'à l'irrationalité de l'histoire. Tout dirigeant doit connaître ces règles s'il veut « se préserver » et « maintenir l'Etat ».
En définissant la politique comme un champ d'action et de réflexion autonome sur lequel la morale n'a pas prise, Machiavel déclenche, pour citer Louis Althusser, une « véritable révolution dans le mode de penser (6) », qui débouchera plus tard sur la constitution de la science politique moderne. C'est cette innovation qui lui vaudra tant d'inimitiés. Les uns lui reprochent d'avoir mis au jour les mécanismes de la domination et enseigné aux gouvernés comment les gouvernants s'y prennent pour asseoir leur pouvoir ; les autres d'avoir détruit, au nom de l'efficacité de l'action, le lien intrinsèque existant selon eux entre la politique, la morale et la religion.


Machiavel développe cependant une autre problématique essentielle. Selon lui, chaque régime repose sur l'opposition fondamentale entre deux grandes classes, ou « humeurs » (umori) sociales, qui en détermine la forme : le peuple, c'est-à-dire le commun des citoyens, et les grands, ceux qui constituent l'élite sociale, économique et politique. Les seconds, minoritaires, veulent la domination ; le premier, majoritaire, la conteste. « Et de ces deux appétits opposés naît dans les cités un de ces trois effets : ou monarchie, ou liberté, ou licence. »


Aucun Etat ne peut faire l'économie de cette division sociale : le conflit entre les deux classes, qui recouvre des différences de rang, de richesse et d'aspirations, est universel, et sans résolution définitive possible. Pour diriger, il faut choisir un camp. Pour Machiavel, ce ne peut être que celui du peuple, « car ses buts (...) sont plus honnêtes que ceux des grands, les uns voulant opprimer, l'autre ne pas être opprimé ». La monarchie, ce principato autoritaire que Machiavel voit également dans l'oligarchie, est incapable de résoudre la question sociale. Il faut donc lui préférer un régime républicain, seul système à même de garantir l'égalité des citoyens, la réalisation du bien public et l'indépendance du pays.
Mais cette république, comme le précisent les Discours, ne peut s'appuyer que sur l'institution de la discorde civile entre les élites et la plèbe, autrement dit sur la reconnaissance politique du conflit inhérent à la cité. L'idée d'une société pacifiée est un mythe, voire une aberration. Machiavel estime ainsi que la République romaine « n'arriva à [sa] perfection que par les dissentiments du Sénat et du peuple ».


Par là, il s'écarte radicalement du modèle classique, selon lequel l'Etat doit reposer sur des rapports de concorde. Pour lui, au contraire, l'institution de cette discorde civile est le fondement même de la liberté : « Dans toute république, il y a deux umori (...) et toutes les lois favorables à la liberté ne naissent que de leur opposition. » C'est pourquoi il est essentiel de mettre en place un dispositif légal par lequel le peuple puisse faire entendre ses revendications et ses droits.


Une fois admise la participation commune du peuple et des grands au pouvoir par le biais de leur opposition, la question se pose de savoir à qui confier la « garde de la liberté » et le soin de veiller au bon fonctionnement des institutions. Ce problème est d'une importance capitale, car du contrôle de l'intérêt public par l'une ou l'autre de ces deux catégories dépendent la solidité et l'unité de l'Etat. Quelle forme la république doit-elle donc prendre : aristocratique ou démocratique ?
Alors que la grande majorité des penseurs républicains de son époque prônent une oligarchie, le Florentin préconise l'instauration d'une république populaire (stato popolare) fondée sur l'autorité suprême d'une assemblée au sein de laquelle le peuple peut participer, au même titre que les grands, à la direction des affaires de la cité. Il qualifie ainsi, dans le Sommaire des choses de Lucques, de « bonne disposition » le fait qu'un « conseil général ait autorité sur les citoyens, parce que c'est un frein efficace contre les ambitions de certains. (...) Le grand nombre sert à sévir contre les grands et contre l'ambition des riches ». Est plus à même de protéger la liberté et l'égalité, celui qui a intérêt à les voir se maintenir : « Il faut toujours confier [le dépôt de la liberté] à ceux qui ont le moins le désir de la violer. »


En revanche, quand ce ne sont pas « ceux qui [ont] le plus de mérite, mais ceux qui [ont] le plus de puissance » qui occupent les fonctions élevées de l'Etat, un autre conflit apparaît : la division entre groupes d'intérêts rattachés le plus souvent à des clans familiaux, à des systèmes clientélistes ou à des monopoles financiers — ce que Machiavel range sous le nom de sette (factions, lobbys). Dès lors que « les riches seuls et les puissants propos[ent] des lois, bien moins en faveur de la liberté que pour l'accroissement de leur pouvoir », l'Etat est miné à sa racine même, corrompu. C'est ainsi que la République romaine se perdit, comme la République florentine.
Que faire alors ? Les citoyens « doivent examiner la force du mal, et, s'ils se sentent capables de le vaincre, l'attaquer sans considération ».


Olivier Pironet


(1) Signalons l'étude d'Emmanuel Roux, Machiavel, la vie libre, Raisons d'agir, Paris, 2013, 267 pages, 20 euros. Filippo Del Lucchese, auteur de Tumultes et indignation. Conflit, droit et multitude chez Machiavel et Spinoza (éd. Amsterdam, Paris, 2010), a coordonné un site Internet autour du Prince, « Machiavelli : A multimedia project ». Cf. également John P. McCormick, Machiavellian Democracy, Cambridge University Press, 2011.
(2) Lettre à Francesco Vettori, 10 décembre 1513.
(3) Emmanuel Roux, op. cit.
(4) Sur les différentes interprétations de la pensée du Florentin, cf. Claude Lefort, Le Travail de l'œuvre Machiavel, Gallimard, Paris, 1986 (1re éd. : 1972).
(5) Cf. Ranieri Polese, « Machiavel mène l'enquête », Books, n° 46, Paris, septembre 2013.
(6) Louis Althusser, L'avenir dure longtemps, Flammarion, coll. « Champs essais », Paris, 2013 (1re éd. : 1992).

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