Aïssa Maïga et Sonia Rolland, comédiennes, sont les invitées d'Ali Baddou franceinter.fr/
Aïssa Maïga et Sonia Rolland © Maxppp / Michel THOMAS / Jean-François OTTONELLO


Les deux actrices publient, avec 14 autres actrices noires, un livre, "Noire n'est pas mon métier" (Ed. du Seuil.) pour raconter leur expérience dans l'univers du cinéma hexagonal : "On est pas dans une accusation stérile, on ne balance aucun nom, on est là plutôt pour dénoncer un système qui perdure depuis trop longtemps".
"Pour une noire, vous auriez mérité d'être blanche" :

.@AissaMaiga et .@SoniaRolland racontent les perles entendues sur les plateaux de #cinéma#Noiren'estpasmonmétier @EditionsduSeuilpic.twitter.com/pceOOHMvpP
Sonia Rolland explique :
Le constat est quand même terrible : aujourd'hui, on ne peut pas monter un financement de film sur une actrice noire. Un noir, oui : Omar Sy, et c'est le seul
Sonia Rolland : "On nous dit : "quand il y a trop de protagonistes noires, ça ne marche pas en terme de recettes ...voir 'Black Panthers'! Et les films qui ne marchent pas : est ce que c'est la faute des blancs?!".


"On a écrit le livre avec beaucoup d'humour parce qu'on essaie de décomplexer les gens sur la question : le mot "noir" n'est pas un problème pour nous!".
.@SoniaRolland : "C'est Quincy Jones qui m'a poussé à m'organiser pour aller plus loin, pour avancer des projets" #Noiren'estpasmonmétier #cinéCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /lGzlnRsdhc
— France Inter (@franceinter) May 4, 2018

 

Aïssa Maïga: "Je revendique de pouvoir jouer n'importe quelle femme"telerama
• Juliette Bénabent


• . Etre femme, noire et cantonnée à des rôles caricaturaux : une fatalité dans le cinéma français ? Non, selon la comédienne Aïssa Maïga qui se bat depuis vingt ans pour que les choses changent. Elle est à l'initiative d'un livre collectif sur le sujet, "Noire n'est pas mon métier", qui sort le 3 mai.


« Quand on te regarde, ça sent le monoï. » « Vous ne pouvez pas être le personnage, c'est une avocate, elle s'appelle Sandrine... » « Il n'y a pas de Noirs au Conservatoire, laisse tomber ! »... Ces remarques, et bien d'autres, seize actrices françaises les racontent dans Noire n'est pas mon métier. Graves, elles posent sur la couverture, yeux plantés dans le regard du lecteur, qui est aussi spectateur et a remarqué, peut-être, combien la diversité de la société française est peu représentée sur les écrans ou au théâtre. De Firmine Richard à Karidja Touré et Assa Sylla (Bande de filles), d'Eye Haïdara (Le Sens de la fête) à l'humoriste et comédienne Shirley Souagnon, elles ont répondu à l'appel d'Aïssa Maïga. A 42 ans, la plus connue des actrices noires françaises, qui a tourné avec Abderrahmane Sissako, Cédric Klapisch, Michael Haneke ou Claude Berri, dénonce dans le prologue un « racisme nébuleux », « une myriade de mots méprisants et d'observations condescendantes », un « regard à la fois sexiste et raciste posé sur (nos) corps ». Les témoignages qu'elle a rassemblés sont percutants, ahurissants, anecdotiques ou analytiques, intimes ou universels, souvent drôles. Ils parlent de racisme ordinaire, de petites et grandes discriminations, de frustration. De personnages à la « démarche de panthère »...

Arièle Bonte


C'est Le rendez-vous du cinéma international. Comme chaque année, le Festival de Cannes surprend par sa sélection ou l'identité des membres du jury dévoilés quelques semaines avant son lancement.

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, son délégué général, n'ont en revanche pas fait défaut à l'éternelle problématique de Cannes : le manque de représentation des femmes derrière la caméra. Si le cinéma ne vous dit rien, si vous en avez marre d'y voir toujours sélectionnés les mêmes réalisateurs, rappelez-vous que le monde ne tourne pas autour de la Croisette durant ces quinze jours de festivités.
Pour preuve, d'autres festivals sont organisés durant cette même période. Tour d'horizon de ces événements culturels et engagés où les femmes sont loin d'être sous-représentées.
Mrs Roots : une dose d'afroféminisme dans la littérature française


1. Fraîches Women Festival


Quand ? Le 6 mai 2018, de 13 heures à minuit.
Où ? À la Marbrerie, à Montreuil-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis (93).
On y trouve quoi ? Une journée entière de discussions, d'ateliers et une soirée de concerts, le tout organisé par et pour toutes les femmes, voilà en quelques mots ce qui vous attend au Fraîches Women Festival, événement organisé par Dolores Bakela et Adiaratou Diarrassouba, les co-fondatrices de L'Afro, un média qui raconte "l'expérience afrodescendante en France".
Pourquoi on y va ? Parce que le Fraîches Women Festival se revendique "inclusif, féminin et familial". On y croisera l'artiste et activiste Estelle Prudent, la photographe Noëlla. L., ou encore la créatrice de la newsletter Les Glorieuses, Rebecca Amsellem.

2. Le festival des Journalopes


Quand ? Le 6 mai 2018, de 16 heures à minuit.


Où ? À La Station - Gare des Mines, dans le XVIIIème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Des conférences consacrées au journalisme indépendant et féministe, organisées par le collectif Les Journalopes, soit six journalistes qui écrivent sur l'égalité, les violences conjugales, le sexe, les droits reproductifs ou encore l'amour.
Dimanche 6 mai, on te donne rendez-vous à La Station (@collectifMU) pour notre premier festival du journalisme indépendant et féministe

https://t.co/aouWCLpdmX pic.twitter.com/SgL8LP8mcn
— Les Journalopes (@LesJournalopes) 16 avril 2018
Pourquoi on y va ? Pour comprendre comment le journalisme a évolué depuis l'affaire Weinstein avec une conférence donnée par Victoire Tuaillon ou pour découvrir le témoignage d'Audrey Lebel, correspondante en Ukraine et assister à l'avant-première du documentaire l'Amour au temps d'Erdogan, réalisé par Cerise Sudry-Le Dû et Ségolène Davin.
Prix : entrée libre.


3. "Les héritières", le festival de l'association Lallab


Quand ? Le 5 mai 2018, de 13h30 à 21h30.


Où ? À l'Institut du Monde Arabe, dans le Vème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Une célébration des "héritières", c'est-à-dire "ces générations de femmes" qui appartiennent au passé comme au présent et à l'avenir et qui "poursuivent le combat" contre les discriminations et le racisme. Au programme : des tables rondes et rencontres organisées par l'association féministe et anti-raciste Lallab.

 

N'est pas intellectuel qui veut, ce mot est tellement galvaudé globalement chez les jeunes politiciens sénégalais qu'il est nécessaire d'en redéfinir les contours-Abdoulaye NDIAYE ABDOULAYE.

Franco-Sénégalais PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE- Un contributeur robuste qui donne à penser.

 Un intellectuel est une personne dont l'activité repose sur l'exercice de l'esprit, qui s'engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs, il refuse le dictat, il met la main à la pâte, il défend et conscientise les masses. C'est un acteur engagé qui sait. P B CISSOKO

N'est pas intellectuel qui veut, ce mot est tellement galvaudé globalement chez les jeunes politiciens sénégalais qu'il est nécessaire d'en redéfinir les contours

Origine

Le terme « intellectuel » est considéré comme d'apparition récente ; il serait directement lié à l'Affaire Dreyfus en France. Toutefois quelques auteurs suggèrent l'existence d'occurrences antérieures

Le mot a été adopté par Maurice Barres et Ferdinand Brunetière, qui, dans leurs écrits anti-dreyfusards, entendaient dénoncer l'engagement d'écrivains comme Émile Zola, Octave Mirbeau ou Anatole France en faveur de Dreyfus, et sur un terrain – les affaires militaires et l'espionnage – qui leur était étranger. La connotation péjorative initiale (l'intellectuel comme penseur réfugié dans l'abstraction, perdant de vue la réalité et traitant de sujets qu'il ne connaît pas bien) a ensuite très largement disparu, au profit d'une image positive d'hommes, appartenant certes à des professions intellectuelles, mais avant tout soucieux de défendre des causes justes, fût-ce à leurs risques et périls.

L'intellectuel n'est pas nécessairement un philosophe ou un écrivain, et sa définition n'a rien de sociologique. Il s'agit de toute personne qui, du fait de sa position sociale, dispose d'une forme d'autorité et la met à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales. Si l'on suit cette définition, l'intellectuel n'est pas une « institution » récente : dès la Grèce antique des rhéteurs comme Gorgias ou Protagoras s'inscrivent dans cette démarche passionnelle de l'esprit.

Mais, depuis l'Affaire Dreyfus, le mot d'intellectuel est utilisé plus précisément pour désigner quelqu'un qui s'engage dans la sphère publique pour défendre des valeurs. Dans la continuité de Voltaire défendant Calas8, c'est Émile Zola et Octave Mirbeau s'engageant pour le capitaine Dreyfus, c'est Jean-Paul Sartre et Pierre Vidal-Naquet dénonçant la torture en Algérie, c'est Michel Foucault bataillant pour les droits des prisonniers et Pierre Bourdieu pour ceux des chômeurs, ou encore Noam Chomsky lorsqu'il stigmatise la politique étrangère des États-Unis.

Rôle social

Plusieurs conceptions du rôle de l'intellectuel dans la société peuvent être évoquées.

En 1895, Octave Mirbeau définissait ainsi la mission de l'intellectuel : « Aujourd'hui l'action doit se réfugier dans le livre. C'est dans le livre seul que, dégagée des contingences malsaines et multiples qui l'annihilent et l'étouffent, elle peut trouver le terrain propre à la germination des idées qu'elle sème. Les idées demeurent et pullulent : semées, elles germent ; germées, elles fleurissent. Et l'humanité vient les cueillir, ces fleurs, pour en faire les gerbes de joie de son futur affranchissement.

Raymond Aron, dans L'Opium des intellectuels (1955), pose cette question du rôle du savant dans la cité, et concernant les grands débats du moment. Pour Aron, l'intellectuel est un « créateur d'idées » et doit être un « spectateur engagé ». À cette conception s'oppose celle du dreyfusard Julien Benda. Dans un essai intitulé La Trahison des clercs (1927), il déplorait le fait que les intellectuels, depuis la guerre, aient cessé de jouer leur rôle de gardiens des valeurs « cléricales » universelles, celles des dreyfusards (la Vérité, la Justice et la Raison), et les délaissent au profit du réalisme politique, avec tout ce que cette expression comporte de concessions, de compromis, voire de compromissions. La référence aux « clercs » (que la tonsure distinguait des laïcs) souligne cette fonction quasi-religieuse qu'il assigne aux intellectuels. L'attitude du clerc est celle de la conscience critique (plutôt que de l'engagement stricto sensu).

Jean-Paul Sartre, définira l'intellectuel comme « quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». C'est celui à qui, selon la formule de Diderot empruntée à Térence, rien de ce qui est humain n'est étranger, qui prend conscience de sa responsabilité individuelle dans une situation donnée, et qui, refusant d'être complice, par son silence, des injustices ou des atrocités qui se perpètrent, en France même ou ailleurs dans le monde (pensons au rôle de Sartre dans le Tribunal Bertrand Russell érigé pour juger les crimes de guerre au Vietnam), utilise sa notoriété pour se faire entendre sur des questions qui ne relèvent pas strictement de son domaine de compétence, mais où l'influence qu'il exerce et le prestige, national ou international, dont il bénéficie peuvent se révéler efficaces. L'intellectuel, pour Sartre, est forcément « engagé » pour la cause de la justice, et donc en rupture avec toutes les institutions jugées oppressives.

Cela l'oppose évidemment à Raymond Aron, son ancien « petit camarade » de l'École Normale, à propos duquel il écrira, en mai 1968 : « C'est le système actuel qu'il faut supprimer Cela suppose qu'on ne considère plus, comme Aron, que penser seul derrière son bureau – et penser la même chose depuis trente ans – représente l'exercice de l'intelligence. [...] Il faut, maintenant que la France entière a vu de Gaulle tout nu, que les étudiants puissent regarder Raymond Aron tout nu. On ne lui rendra ses vêtements que s'il accepte la contestation ». Pour Sartre, l'intellectuel ne peut donc être que « de gauche », à condition d'entendre ce terme dans le sens d'un désir éthique de justice, et non dans un sens purement politique et partiaire.

Pour Albert Camus, soixante ans plus tard, l'écrivain « ne peut se mettre au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent » : « Notre seule justification, s'il en est une, est de parler, dans la mesure de nos moyens, pour ceux qui ne peuvent le faire. » Mais, ajoute-t-il, il ne faudrait pas pour autant « attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales. La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante.

Serge Halimi, reprenant une célèbre expression de Paul Nizan12, a qualifié de « nouveaux chiens de garde » du système, par opposition aux intellectuels « dissidents » et « résistants »13, les intellectuels de la fin du siècle. Dans la continuité de Michel Foucault, et selon la définition que celui-ci en a donnée, Pierre Bourdieu était un « intellectuel spécifique »14 et il entendait mettre ses compétences de sociologue au service de son engagement. Des hellénistes comme Jean-Pierre Vernant, ancien résistant, et Pierre Vidal-Naquet ne prétendaient pas avoir de compétences particulières dans leurs interventions sur la scène publique, que ce soit contre la torture en Algérie ou pour les droits du peuple palestinien, et se situaient davantage dans la lignée d'Albert Camus et des intellectuels dreyfusards comme Émile Zola et Octave Mirbeau, qui partaient du principe d'éthique.

Pour le sociologue Laurent Muchielli, directeur de recherches au CNRS, « le rôle des intellectuels est de rompre avec les registres événementiel et émotionnel, qu'ils soient consensuels ou conflictuels, pour tenter d'apporter quelques éléments de réponse au débat collectif.

NDIAYE ABDOULAYE PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE

 

Abdoulaye NDIAYE nous propose des interventions ;  revues de presse à sa façon sur facebook.

«Le décrochage scolaire est un sujet délicat et qui mérite d'être étudié. Parents et enfants doivent beaucoup échanger pour comprendre l'état d'esprit des enfants. Un suivi peut faciliter l'accompagnement et éviter le décrochage. Notre compatriote nous dresse ici un éclairage succinct suivions-le»P B CISSOKO

La première des causes du décrochage scolaire est un trouble psycho-affectif qui va déboucher sur une forme d'inadaptation scolaire.
Pour réussir à l'école, il faut savoir accepter la contrainte, l'autorité de l'adulte, il faut accepter de faire des choses que l'on n'a pas envie de faire.

Tous les enfants ne sont pas dans cette disposition d'esprit aujourd'hui, loin s'en faut.


La deuxième cause est une cause économique. Les enfants concernés par les décrochages scolaires sont souvent issus d'un milieu socio-économique et socio-culturel défavorisé. Cette composante économique est aussi due au manque d'insertion professionnelle des parents. Lorsque des parents sont éternellement au chômage, le fait d'aller à l'école pour décrocher un boulot ne prend guère de sens pour les enfants dont la famille est victime de décrochement social. Souvent, les enfants victimes de décrochage ont eux-mêmes connu des troubles scolaires.


La troisième cause est liée à l'école. Notre école moderne a le travers de s'adresser à des gens qui connaissent bien le système. Elle exige très tôt un effort d'abstraction et de conceptualisation très difficile pour un enfant. L'enseignement ne passe pas suffisamment par l'expérimentation, ce que l'on appelle "la main à la pâte".

Quand vous cumulez ces trois paramètres là, le cheminement scolaire peut s'avérer très difficile.


Le décrochage scolaire existe dans tous les pays mais il est plus élevé en France qu'ailleurs. Il est évident que le décrochage scolaire dépend d'un ensemble de facteurs sociaux et individuels, comme la pauvreté, le chômage, la marginalité, etc... Le profil du public qui décroche ne résulte pas d'un hasard.

Néanmoins, il faut se poser la question de la responsabilité de l'école qui d'une certaine manière échoue à intégrer la totalité des élèves. L'école est d'ailleurs perçue par nombre d'élèves comme une machine à exclure, beaucoup d'élèves ont une image assez sombre de l'école. Ils ont l'impression que lorsque vous avez des difficultés scolaires, l'école ne sait pas trop quoi faire de vous, ne vous propose que des redoublements qui ne sont pas efficaces et des orientations que vous n'avez pas choisies. Les élèves en difficulté se sentent méprisés, ils ont le sentiment de ne pas avoir leur place à l'école.

Néanmoins, on pourrait peut-être aussi s'interroger sur la difficulté de l'école de ne pas être capable de récupérer ces élèves. Le décrochage est en fait un processus silencieux d'élèves qui commencent à échouer, qui ont des mauvaises notes, des punitions, qui se demandent ce qu'ils font là et à l'égard desquels les enseignants n'ont pas beaucoup de compassion. Par ailleurs, leurs camarades en ont souvent une image négative : "ils sont bêtes, etc.. ". Au bout d'un moment, la situation devient tellement pénible pour les élèves en situation d'échec, ils sont à l'école physiquement mais plus scolairement, ils vont ensuite de moins en moins à l'école parce que c'est désagréable et ils finissent par ne plus y aller du tout. Par ailleurs, pour certains élèves le décrochage est aussi une forme de révolte. Ils n'ont plus confiance en l'école, les formations qu'on leur a proposé ne sont pas celles qu'ils ont choisies donc ils préfèrent tenter leur chance de leur côté.


La situation est telle que quand un enseignant donne un devoir, il est devenu normal qu'un tiers des élèves n'aient pas réussi. Le problème du décrochage scolaire est d'autant plus important aujourd'hui que le marché du travail n'absorbe plus ces élèves.


Pour bien faire, il faut regarder comment la France s'en sort par rapport aux autres pays de l'OCDE. On se rend compte que notre système est caractérisé par un grand taux d'échec scolaire. Nous sommes à 20% d'échec scolaire, un très mauvais classement. De plus, c'est un échec qui concerne avant tout les classes sociales les plus défavorisées. Notre système scolaire produit donc de l'échec mais également des inégalités sociales.


Faire réussir tout le monde n'est pas forcément au détriment des plus forts. Nous sommes en France obnubilés par la peur du nivellement par le bas. Or, c'est généralement le contraire qui se produit. En faisant évoluer notre système, en prenant plus en compte les individus, on va globalement l'améliorer.
Concernant les causes qui sortent du champ d'action des politiques d'éducation et de l'école, on retrouve des problèmes sociaux, d'accidents de vie, d'handicap. Ces éléments peuvent être la cause principale comme un simple déclencheur. Souvent le décrochage prend ses racines très tôt dans la scolarité. Dès l'école primaire, l'enfant peut avoir l'impression que cela va trop vite pour lui, qu'il n'y a arrivera jamais. A un moment donné, arrive un déclencheur, propre ou non à l'école, qui fait qu'il décroche. C'est le fruit d'un long processus de démotivation.


Quel rôle l'environnement familial joue-t-il aujourd'hui dans les phénomènes de décrochage ? Sont-ils amplifiés par l'éclatement de la cellule familiale (explosion de la mono-parentalité) et l'évolution du rapport à l'autorité ?


Les trois paramètres que j'évoquais sont mis en exergue par la vie moderne. Du point de vue économique, le creusement des inégalités rend les pauvres encore plus pauvres, le déclassement social est devenu très violent.


La destruction des modèles familiaux a tendance à déplacer les enfants. Par exemple dans le cas d'une mère célibataire, le petit garçon va prendre la place du père. Nous savons dans la psychologie scolaire que lorsqu'un enfant endosse la place du père, il ne prend pas facilement une place d'élève à l'école.
Les explications liées au contexte familial sont vraies mais il faut s'en méfier.


Oui, si vous naissez dans une famille unie, où le père et la mère ont fait des études supérieures, où il y a des livres à la maison où le climat éducatif est sympathique, vos chances de décrocher sont beaucoup plus faibles que si vous naissiez dans une famille désunie où il y a du chômage, où le climat n'est pas bon.
Ce genre d'explications voudrait dire d'une certaine façon que l'école n'est là que pour s'occuper des élèves qui bénéficient de conditions éducatives excellentes. Cela reviendrait à dire que l'hôpital c'est bien mais plutôt pour les gens qui sont en bonne santé. Si ces facteurs sont avérés ils fonctionnent aussi comme une façon de se dédouaner mais l'école est là pour tout le monde. On doit la même chose à tous les élèves en termes de réussite scolaire et cela doit devenir un impératif.


Aujourd'hui en France, on accepte qu'un élève sur cinq entre en sixième sans savoir lire et compter convenablement, évidemment en troisième vous avez 150 000 décrocheurs. Quand on sait que dans certains pays le taux de décrocheurs est deux fois plus faible, il y a une mise en cause de notre système scolaire.


Le terme « monoparentale » signifie très souvent « femme seule avec enfant ». Ces dernières peuvent être confrontées à de multiples difficultés comme un travail avec des horaires décalés, l'éducation des enfants, des difficultés financières etc. Or ces problèmes s'associent très souvent à une incompréhension totale des codes de l'école. Quand l'enfant commence à perdre un peu pied, elles n'ont pas forcément les clés pour les aider directement ou trouver les ressources pour aider leurs enfants. Nous avons là une bonne piste de réflexion, il faut recréer le lien entre les familles, les ressources et l'école. Il faut travailler sur l'individu dans une dynamique collective et complémentaire.

NDIAYE ABDOULAYE
PROF ECO-GESTION ACADEMIE DE VERSAILLE

A lire
Les enfants d'immigrés réussissent-ils moins bien à l'école que les autres?
Par Timothé Goupil,

Le capital intellectuel et culturel des parents influence les niveaux d'études.
REUTERS/Charles Platiau


Contrairement à une idée reçue, les élèves issus de l'immigration, à milieu social équivalent, ont souvent de meilleurs résultats scolaires que les enfants de parents français.
La cité et le cliché. Ces deux-là s'attirent et se repoussent, comme un vieux couple qui se fait du mal. Selon un poncif dévastateur, les élèves issus de l'immigration réussiraient moins bien à l'école que ceux dont les parents sont français. Ils seraient plus assidus dans les halls d'immeubles que dans les salles de cours. Une première statistique brute fournie par l'Insee paraît confirmer ce décrochage : 61 % des enfants d'immigrés obtiennent le bac, contre 68 % pour les Français "de souche".
Une inégalité qui s'exprime d'abord dans la compréhension du système scolaire : "Les parents d'origine française connaissent bien mieux les rouages de l'Education nationale, et cela leur donne un avantage lors de l'orientation", explique Yaël Brinbaum, sociologue au Centre d'études de l'emploi et coauteure d'une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) sur la réussite scolaire des enfants d'immigrés.


Des résultats souvent meilleurs à milieu social équivalent
Pays d'origine des parents Réussite hommes Réussite femmes


Espagne et Italie - 20 % - 10 %
Maroc et Tunisie + 20 % + 80 %
Algérie + 10 % + 10 %
Asie du Sud-Est + 70 % + 60 %
Autres pays européens + 40 % + 30 %


Mais, comme souvent en économie, il faut soulever le couvercle pour ne pas faire d'erreur d'interprétation. Ces chiffres ne tiennent pas compte de l'origine sociale des descendants d'immigrés : 66 % ont au moins un parent ouvrier, contre seulement 39 % des enfants sans ascendance étrangère. Il faudrait donc comparer deux populations (immigrés et non-immigrés) issues des mêmes catégories socioprofessionnelles.


Un fils d'ouvrier immigré chez Renault avec un fils d'ouvrier agricole "de souche". Un enfant de cadre supérieur marocain avec une fille de dirigeante issue des beaux quartiers. Verdict : les inégalités scolaires tendent alors à disparaître, et parfois même s'inversent ! Le capital intellectuel et culturel des parents, si cher au sociologue Pierre Bourdieu, influence donc les niveaux d'études. Et peu importe l'origine des parents. Le social prime sur la provenance.
L'aspiration à l'ascension sociale compense les "dons acquis"


La preuve en chiffres, toujours sur la foi de l'Ined : à origine sociale équivalente, un garçon tunisien ou marocain a 20 % de chances de plus d'obtenir son bac que son camarade non immigré. Pour une fille, la probabilité de décrocher le diplôme monte même à 80 %. L'Asie du Sud-Est produit des prodiges qui surpassent facilement les Français d'origine.
"On focalise toujours sur les échecs, s'indigne Yaël Brinbaum, alors que les réussites sont nombreuses." Certaines populations rencontrent toutefois davantage de difficultés. Seulement un tiers des enfants d'immigrés turcs deviennent bacheliers, ce qui les place en situation de sous-réussite, tout comme les Algériens, les Sahéliens ou les Portugais. En cause, une orientation précoce vers des filières plus courtes dites qualifiantes.


La leçon : le déterminisme des origines n'existe pas, et les parents immigrés inculquent à leurs enfants des désirs de réussite comparables à ceux des non-immigrés : à la sortie du lycée, 86 % des jeunes issus de l'immigration envisagent des études supérieures, contre 77 % pour les autres élèves. Ces aspirations à la réussite et à l'ascension sociale compensent alors largement les très bourdieusiens "dons acquis", symboles d'une éducation fondée sur la transmission du capital culturel et non sur l'instruction.
Mais c'est ensuite que les choses se gâtent. Le système éducatif français, perçu comme un moyen d'intégration et de mobilité sociale pour les familles d'immigrés, laisse souvent les plus méritants sur leur faim. Une situation en partie due au marché du travail : "Il y a toujours des discriminations à l'embauche, rappelle Yaël Brinbaum. Le diplôme protège du chômage, mais l'accès à l'emploi est plus difficile que pour les jeunes Français d'origine." Si les inégalités scolaires s'estompent, la route vers l'équité est encore longue.


Contenu proposé par Taboola
https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-enfants-d-immigres-reussissent-ils-moins-bien-a-l-ecole-que-les-autres

 

Quand le dévot avance masqué pour être libertin : le chaos prend le contrôle

"La demeure du chaos ; Le chaos prend le contrôle, Tombouctou et le chaos religieux, l'Homme masqué ; bas les masques, les faux dévots-prédicateurs, etc.
Ne tombez pas sous un charme ou soyez lucide et demandez à votre raison pour sauver le cœur. En tout rechercher le Maître qui guide et qui n'abuse pas. Prudence....

De Plus en plus de gens se cachent derrière la religion, l'argent, la pouvoir hiérarchique, le cabinet médical( France), cabinet psy ou autre, pour agir de façon éhontée. Chaque jour un fait divers qui ébranle une pluralité de gens se fait jour. Dominique Strauss-Kahn, ce marabout et cette fidèle qui dit que leur relation est une histoire de fesse, T Ramadan, etc.
On profite de sa position, de son pouvoir pour « profiter » des gens en position de faiblesse.


La vérité se dévoile toujours un jours et la science et le droit font que les gens n'ont plus peur et veulent en dénonçant protéger les autres.
Qu'est-ce qui arrive au monde ?
Est-ce un changement hormonal qui pousse l'humain à violenter à abuser de l'autre.
Ne pouvons-nous plus avancer à visage découvert ; Devons–nous mentir pour réussir ?
Devons-nous réussir en avançant masqué ?


On se demande comment agir pour communiquer sans arrière-pensée et violence ou abus ?
Il n'y a pas longtemps c'est un vieil homme qui s'est inspiré d'un film 50 nuances de gré pour attirer une femme dans son appartement.
Cette femme voulait jouer et elle a perdu....
Le sexagénaire qui séduisait des femmes en jouant à « 50 nuances ...
rmc.bfmtv.com/.../le-sexagenaire-qui-seduisait-des-femmes-en-jouant-a-50-nuances-de-...
16 janv. 2018 - Un sexagénaire va être renvoyé devant la cour d'assises de Nice pour « viol par surprise ». Il utilisait une fausse identité pour séduire des femmes sur le web et coucher avec elles à son domicile de Nice, en s'inspirant du livre Cinquante nuances de Grey. Les faits remontent à 2009,

Quand les masques tombent la vie s'écroule c'est comme on passe de la lumière à l'ombre on perd ses repère et on commence à regretter.
La seule façon de résister à ces tentations et dérives c'est l'Education et avoir de solides reins.
Mais quel humain ne tombe pas un jour.
Je dirai aussi qu'il faut prier pour éviter de rencontrer ces gens qui impressionnent qui sont brillants mais qui sont masqués et quand les masques tombent ils entrent dans une animalité qui nous fait peur. P B C"

On parle de morale, d'éducation , d'éthique mais je crois qu'il faut repenser le monde et régler la Sexualité des gens.

Molière nous apprend aussi à bien comprendre cette figure ambivalente de l'Homme pour nous protéger. Le corpus de la philosophie aussi essaie de nous enseigner à nous couper de l'accessoire futile et périssable pour cultiver l'essentiel. Mais la Sexualité est un sujet qui non maitrisé peut entraîner des dérives et c'est ce que l'on voit et personne n'est à l'abri.
L'humanité a inventé le travail, l'activité etc, pour canaliser nos énergéia et celle sexuelle notamment mais malgré ça certains n'arrivent pas à se contrôler.
Lisons ceci pour nous instruire et

Libertinage, athéisme, irréligion. Essais et bibliographie
II. Libertinages
Hypocrisie et Imposture dans la querelle du Tartuffe (1664-1669) : La Lettre sur la comédie de l'imposteur (1667)
(1997)
Jean-Pierre Cavaillé


Ce texte devait initialement figurer dans un volume collectif sur Littérature et philosophie au XVIIe siècle, qui n'a pas vu le jour.


1A partir de quelques textes, et tout particulièrement de la Lettre sur la comédie de l'imposteur, je me propose de réfléchir sur la querelle du Tartuffe, envisagée comme un conflit dont l'une des caractéristiques majeures est l'accusation réciproque d'hypocrisie et d'imposture, entre d'une part Molière et ses partisans et, de l'autre, les nombreux et puissants détracteurs de la pièce. Le ton est d'emblée donné par les titres successivement choisis par l'auteur : Tartuffe, ou l'hypocrite, en 1664, puis Panulphe, ou l'imposteur, en 1667. La dénonciation de l'hypocrisie et de l'imposture (qu'il faut différencier) d'une certaine dévotion, mais aussi, en retour, l'accusation d'hypocrisie et d'imposture libertines, sont au centre de la querelle, à travers l'interrogation sur le lien accidentel ou essentiel de l'un ou/et de l'autre vice avec la dévotion, mais aussi avec le libertinage.


• 1 « Prenant la place du prêtre à l'église, du magistrat dans les villes et du père de famille à la m (...)
• 2 Voir l'ouvrage déjà ancien, mais excellent, de Raoul Allier, La Cabale des dévots, 1627-1666, Pari (...)
• 3 Voir à ce sujet, entre autres, les importantes analyses de René Pintard, Le Libertinage érudit dans (...)
• 4 Je laisse ici la querelle, si importante, de la moralité du théâtre sur laquelle il existe une imp (...)


2-Pour qui travaille sur la tromperie et le secret au début de l'époque moderne, la querelle du Tartuffe est un objet d'étude particulièrement riche, parce qu'il met en jeu tout un ensemble de questions sur la falsification des apparences.

Questions d'abord de définition : qu'est-ce que l'hypocrisie ?

Qu'est-ce que l'imposture ?

Qu'est-ce qui les différencie ?

Question redoutable ensuite des moyens de connaissance disponibles pour distinguer l'hypocrite de l'homme sincère, l'imposteur de l'homme de bien. Questions ensuite, d'identification sociale des hypocrites : qui sont les hypocrites dénoncés par Molière, qui sont les tartuffes ?

Les faux dévots, comme Molière et l'auteur de la Lettre l'affirment haut et fort ?

Tous les dévots, laïques et ecclésiastiques, la dévotion étant elle-même subrepticement réduite dans la pièce à l'hypocrisie, selon l'accusation des dévots ? Ou bien l'hypocrite n'est-il pas plutôt le libertin lui-même, déguisé en redresseur de dévotion ?

Quel est le rapport entre l'hypocrisie prétendue de l'un et l'autre camp, et les pouvoirs en présence ?

En quoi d'abord les stratégies idéologiques, sociales et économiques d'infiltration dans la société française de groupes organisés de dévotion, comme la Compagnie du Saint Sacrement, pouvaient-elles aisément donner lieu à l'accusation d'hypocrisie et d'imposture1 ?

Il existe bien sûr un lien étroit entre cette accusation et la semi-clandestinité, à la fois choisie et imposée, de la fameuse Compagnie, foyer de la cabale, combattue par le pouvoir royal : la victoire de celui-ci, comme ont le sait, sera d'ailleurs symboliquement signée par la victoire finale du Tartuffe2. Mais pourquoi également, et jusqu'où, la culture libertine, par les pressions conjuguées de l'Église et du corps social tout entier, était-elle objectivement contrainte à la dissimulation et à la dénégation pour s'exprimer, en prêtant ainsi nécessairement le flanc à l'accusation d'hypocrisie ?3 Pourquoi également le théâtre fut-il un médium aussi efficace pour dénoncer l'hypocrisie dévotieuse ? Mais pourquoi aussi le théâtre était-il considéré par ses détracteurs comme un art en lui-même fallacieux et hypocrite ? Ces deux dernières questions sont au centre de la double querelle, dans laquelle vient s'inscrire les conflits autour du Tartuffe, de la légitimité de traiter des sujets de religion au théâtre, et ensuite de la légitimité morale, sociale et politique du théâtre lui-même4.


3-Un bref examen de la querelle et la lecture de la Lettre nous permettront d'aborder ces questions, sans aucune prétention à l'exhaustivité et à la systématicité.
Hypocrisie dévote et imposture libertine


4-La querelle du Tartuffe met en scène, c'est-à-dire exprime et représente, le conflit de deux options culturelles antagonistes et, plus profondément, de deux façons de concevoir la vie sociale, mais qui ne peuvent être correctement appréhendées l'une sans l'autre : le libertinage et la dévotion. Je me garderai bien de tenter ici de donner de ces grandes catégories des définitions précises, mais leur emploi est d'abord commandé par les textes où elles ne cessent d'être mises en avant. Le libertinage forme une catégorie presque exclusivement négative, qui indique la corruption intellectuelle et morale, la dissolution de la piété et des mœurs, la transgression des lois — personne ne pouvant ni ne voulant revendiquer le libertinage ainsi entendu — et d'autre part la dévotion, comme telle incontestée, car la foi et l'observation du culte ne sauraient être mises en cause frontalement et publiquement. Le Tartuffe, relayé par la Lettre sur la comédie de l'imposteur, s'en prend uniquement à la fausse dévotion, à la mauvaise dévotion, présentée comme une corruption de la religion et des mœurs, et un péril pour l'ordre social et politique.

https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/

Lire ceci  sur Tarik RAMADAN      cet article engage Europe 1

Majda Bernoussi a entretenu une relation de cinq ans avec l'islamologue, entre 2009 et 2014. Rencontrée par Europe 1, elle ne dénonce aucun viol mais estime s'être faite "avoir" et décrit une emprise psychologique intense.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1
Elle ne l'accuse pas de viol et ne compte pas porter plainte. Mais Majda Bernoussi estime avoir vécu une relation avec un "prédateur", et son témoignage intéresse les enquêteurs : entre 2009 et 2014, la Belgo-marocaine a fréquenté le prédicateur musulman Tariq Ramadan. Pour la première fois depuis la mise en examen de l'intellectuel, soupçonné de viols, elle raconte, auprès d'Europe 1, l'emprise psychologique qu'elle estime avoir subie, l'accord financier qu'elle a accepté pour se taire et les autres victimes dont elle aurait recueilli les confidences.
"Une relation plus poussée". Majda Bernoussi se décrit comme une musulmane pratiquante. En 2009, elle vient de terminer un ouvrage sur son passé difficile et ses questions quant à la religion et souhaite s'adresser à un "intellectuel musulman". "En pleine quête spirituelle", elle adresse son manuscrit à Tariq Ramadan. "C'est comme ça que le contact s'est fait. Très vite, il me dit qu'il est tombé amoureux de la fille du livre. Je suis un peu étonnée mais à force, on a une espèce de relation épistolaire".
>> Écoutez l'interview intégrale de Majda Bernoussi :

Pendant quelques semaines, ils échangent par Facebook ou par SMS. Puis il propose de la rencontrer, "parce que c'est lui qui est en demande d'une relation plus poussée".

Tous deux se rencontrent. "Pour moi, c'est le début d'une histoire", souffle Majda Bernoussi. Sur internet, la jeune femme a lu que Tariq Ramadan était marié. Mais il jure qu'il est divorcé "devant Dieu et les hommes". "Je le crois à ce moment-là, parce qu'il n'y a pas de raison de douter. Clairement je suis dans une quête spirituelle et pour moi ça part sur quelque chose de sain, de spirituel avec de vrais codes assez carrés", raconte-t-elle.
"Il veut avoir une mainmise sur moi". Mais la relation démarre "bizarrement". "Quand j'émettais un doute il m'en voulait, il me disait, 'je ne suis pas ça'. Je lui disais : 'ça n'est pas une aventure ?', il me disait 'ne m'insulte pas'", poursuit-elle. "Il ne veut rien entendre, il ne veut pas que j'ai de cerveau, il ne veut pas que je réfléchisse. Il veut avoir une mainmise sur moi."


ENTENDU SUR EUROPE 1


L'éthique, la morale, la foi, la bonté, c'est des choses qu'il réserve face caméra


Pourtant, la jeune femme ne quitte pas l'islamologue. "J'ai été amoureuse de ce qu'il prétendait être", analyse-t-elle, décrivant une liaison chaotique et des "crises" régulières. "On a vraiment affaire à un prédateur, un manipulateur extrêmement malsain, tout à fait aux antipodes de l'image qu'il donne. (...) J'étais de plus en plus malheureuse, je m'asphyxiais de l'intérieur. C'est ce qu'il veut : une soumission complète. L'éthique, la morale, la foi, la bonté, c'est des choses qu'il réserve face caméra. Hors champ, je n'ai jamais eu affaire à ce type là."

"Quelqu'un que je n'ai jamais vu prier". Selon Majda Bernoussi, ce fossé entre la personnalité publique de l'islamologue et son attitude en privé se vérifie également en matière de religion. "Quand on lui parle de pratique, il balaye d'un geste de la main en vous disant que ce ne sont que des détails. C'est quelqu'un que je n'ai jamais vu prier, jamais." Quant à l'attitude de Tariq Ramadan lors de leurs rencontres, elle ne dénonce pas de violences, contrairement aux plaignantes françaises. Tout juste admet-elle pudiquement "des comportements qui sortaient du cadre habituel".
LIRE AUSSI - Le témoignage d'Henda Ayari, première plaignante contre Tariq Ramadan
ENTENDU SUR EUROPE 1


Dans la vraie vie c'est un véritable barbare, aussi bien intellectuellement que physiquement


Pour la Belgo-marocaine, le déclic survient un jour où elle se sent mal, cinq ans après le début de leur relation. "Je suis dans tous mes états et il me regarde en souriant. Au moment où je vois ce sourire, c'est bizarre, ça me réveille." Petit à petit, elle prend du recul sur son histoire : "je n'ai jamais été dans quelque chose d'aussi noir que cette relation, qui a été vraiment destructrice. Il me disait tout le temps : 'vivre, c'est détruire'. Ça a quelque chose de galvanisant pour lui."


"Comme sortie d'une secte". Majda Bernoussi alerte alors des journalistes, des institutions religieuses, et la communauté qui entoure Tariq Ramadan sur les réseaux sociaux. "Je vais sur son Facebook à lui, je me mets à écrire ce qui m'est arrivé", raconte-t-elle. "Insultée, menacée", elle affirme qu'on essaie de "[la] faire taire". Au bout d'un an, "complètement vidée, aussi bien physiquement que moralement", elle accepte de signer une convention proposée par l'intellectuel : contre 27.000 euros, elle supprime les messages relatant leur histoire et s'engage à ne plus en parler publiquement.
"Pour lui, il a acheté mon silence, mais pour moi, j'avais tout dit, et pas trouvé d'écho", explique-t-elle. "Donc j'ai pris cet argent d'abord comme un remboursement : c'est moi qui payait souvent, il me disait qu'il n'avait pas d'argent. Mais surtout, comme une sorte de reconnaissance morale de ce qu'il m'avait fait."


"Au moins 25 femmes". Aujourd'hui, c'est le récit de cette relation de "soumission" qui intéresse les enquêteurs : selon nos informations, la police française a demandé à entendre Majda Bernoussi, représentée par l'avocat Eric Morain, dans l'enquête en cours, jugeant son témoignage susceptible d'éclairer la personnalité de Tariq Ramadan.


L'ancienne compagne de l'islamologue affirme en outre avoir échangé avec "au moins 25 femmes" qui se trouvaient dans la même situation qu'elle en 2015. "Il faisait ça de manière industrielle", assène-t-elle. "Dans la vraie vie c'est un véritable barbare, aussi bien intellectuellement que physiquement. (...) Il s'adapte à chaque profil, il n'a aucune limite et il se donne le droit. Il me disait tout le temps : 'je suis protégé, je ne suis pas un homme ordinaire'."


Concernant les accusations de viols et d'agressions sexuelles, Tariq Ramadan nie formellement les faits qui lui sont reprochés par les plaignantes françaises. Mais l'intellectuel a opéré un changement dans sa ligne de défense, la semaine dernière : d'après son avocat, il reconnaît avoir entretenu une "relation" avec l'une des femmes qui l'accusent, "mais pas celle qu'elle décrit". Son conseil, Me Emmanuel Marsigny, qualifie lui de "disproportionnée" la détention provisoire de son client, écroué depuis sa mise en examen, en février.

Page 4 sur 503

AUDIO

Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

Video galleries

logotwitterFacebook