LA DÉSINVOLTURE ÉTHIQUE OU L'ART DE BANALISER L'IMPORTANT PAR RENÉ VILLEMURE/ETHICIEN /CANADA RPAR RENE VILLEMURE/CANADA ETHICIEN RENÉ VIILLEMURE

Regarder un selfie, c'est regarder dans un écran quelqu'un qui se regarde dans un écran.
- Lu sur Twitter
« Jeter ce sac, quelle sottise » dit Lebret. « Mais, quel geste! » répond Cyrano.

Depuis longtemps déjà, la désinvolture a bonne réputation, Rostand l'attestait en en faisant un attribut clef de la personnalité de Cyrano mais force est de constater que, de nos jours, les politiciens, tant au niveau fédéral que provincial ou municipal font un usage excessif de la désinvolture. Certains le font en haussant le menton, d'autres en lançant un regard à l'assistance, façon Marlon Brando, d'autres encore, en faisant semblant de ne pas avoir compris ou, et c'est pire encore, en tentant de répéter ad nauseam une réponse sans fondement qui ne persuadera personne.

Alors, oui, la désinvolture est toujours actuelle et semble être devenue une attitude indispensable à un politicien lorsqu'il a décidé d'éviter de répondre aux questions qui lui sont posées.

Mais, osons la question, outre une certaine forme de morgue et bien que le terme soit connu, qu'est-ce que la désinvolture?

La désinvolture est une attitude dont l'origine linguistique est espagnole. Le désinvolte, le desembuelto, était une personne très dégagée dans ses manières, dans ses mouvements et allait même jusqu'à exercer une liberté inconvenante. En quelques mots, le désinvolte donne l'impression de tout prendre à la légère.

De nos jours, la personne désinvolte interviendra dans une discussion ou lors d'une mêlée de presse en démontrant le moins d'effort possible tout en visant à désenvelopper l'argument de la personne qui l'interroge. Le désinvolte démontre un sang-froid destiné à le placer, croit-il, au-dessus de la mêlée. De fait, le désinvolte fait étalage de sa puissance, qui est le fondement de sa légitimité dans les circonstances. Pas de désinvolture sans puissance ni de désinvolture sans légitimité. C'est ainsi cette puissance, alliée à sa légitimité, qui permettent au désinvolte d'apparaître dégagé dans ses manières et d'accomplir des gestes anodins qui parlent fort sans pour autant ouvrir la bouche ni répondre de manière construite.

Par exemple :

« Des vacances chez l'Aga Khan? Ce n'est pas ce que vous croyez ».

« Non, je n'ai pas placé mes avoirs dans une fiducie sans droit de regard tel que prescrit, mais ce n'est pas ce que vous croyez ».

« On exempte de taxe une entreprise étrangère tout en taxant les entreprises canadiennes, mais ce n'est pas ce que vous croyez ».

« Les hauts dirigeants du ministère ont rencontré les lobbyistes d'une entreprise étrangère à plus de 50 occasions, mais ce n'est pas ce que vous croyez ».

Même hors de l'enceinte du Parlement, lorsqu'interrogés sur les affaires de l'État, il semble que nos élus n'hésitent pas à faire les désinvoltes et évitent de répondre aux questions des citoyens ou de se commettre, préférant sourire à la ronde et offrir de poser pour des selfies.

Pourtant ce que les citoyens exigent de leurs élus n'est pas une pose destinée à faire la page Facebook de tous et chacun, c'est une réponse construite et crédible, tout simplement... ce qui s'oppose directement à la manière de voir du désinvolte pour qui seuls le silence ou l'image sont efficaces.

Malheureusement, la désinvolture et ses silences ne sont pas sans effet : ils contribuent directement au renforcement du cynisme et de la piètre estime qu'ont les citoyens envers les membres de la classe politique. Il est à prévoir que cette estime ne saurait augmenter tant que le niveau de désinvolture ne diminuera pas et que les politiciens continueront à n'offrir que des pirouettes destinées à éviter de répondre plutôt que des réponses aux questions qui leur sont légitimement posées.

En faisant les désinvoltes, les politiciens se considèrent peut- être cool mais, ce faisant, ils déconsidèrent directement les citoyens en les rabaissant au niveau de simples spectateurs ou d'accessoires photos. Cette attitude est indigne de la part de membres du gouvernement et ne saurait être exercée à long terme sans endommager de manière irrémédiable la confiance des citoyens envers leurs gouvernants

En cultivant la désinvolture, les politiciens choisissent eux-mêmes de perdre la partie en dévalorisant leurs propres actions. Préférer le silence ou une photo n'est pas sans conséquences car, plutôt que la confiance, c'est la méfiance qui s'installe.

 

10e édition de la commémoration de la disparition de Sembène Ousmane (2007-2017) -L'ŒUVRE DE SEMBÈNE OUSMANE AU CŒUR DE L'ACTUALITÉ par alpha SY
Colloque international
Littérature, cinéma, et presse :
Lectures du legs pluriel de Sembène Ousmane
Dakar, Maison de la Culture Douta SECK, 23-25 novembre 2017

Monsieur le Ministre du Travail,
Monsieur le Secrétaire général du Ministre de la Culture,
Monsieur le Représentant de l'Ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal,
Madame la Présidente du Comité scientifique,
Madame la Directrice de la Maison de la Culture Douta SECK,
Chères femmes et hommes de culture,
Eminents invités.

Comme Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Léopold Sédar Senghor, Birago Diop, Wole Soyinka, entre autres, l'homme, dont nous commémorons, en ce jour et en ce lieu, le 10éme de sa disparition, appartenait à la Société Africaine de la Culture.


Cette association, fondée en 1956 par Alioune Diop, Directeur de ces immenses pans de notre patrimoine commun, que sont la Revue Présence Africaine et la maison d'édition du même nom, s'était assignée comme objectif la valorisation, l'illustration et la promotion de la culture des Noirs.


C'est de son flanc que sortira, en 2004 la Communauté Africaine de Culture dont la section sénégalaise sera portée sur les fronts baptismaux, en 2007, par nos compatriotes que sont, entre autres, : Pr Amadou Moctar Mbow, Cheikh Hamidou Kane, Amady Aly Dieng, Pr Alassane Ndao, Pr Assane Seck
Confortée par cette légitimité historique, la CACSEN, dix ans après la disparition de notre illustre compatriote, dans une exceptionnelle synergie, avec Daaray SEMBENE, Maison de la Pédagogie de l'Image (MPI) - Gallé CEDDO Projects - West African Research Center (WARC) - Association Sénégalaise de la Critique Cinématographique (ASCC) et le ministre de la Culture, à travers ses Directions, que sont celles de la Cinématographie (DCI) et du Livre et de la Lecture (DLL), a organisé initié des séries de manifestations commémoratives.


Nos Assises de ces trois jours constituent l'acte final de ce programme, débuté depuis le 26 avril au Centre culturel Blaise Senghor.
Cette initiative repose sur cette bien simple conviction : si l'unique critère de distinction des hommes qui naissent égaux est le mérite, alors Sembene Ousmane doit être honoré au niveau le plus élevé.


Idéologiquement assis et politiquement formé, il s'est évertué à inscrire sa production artistique dans un Projet social fortement imprégné de l'Idéal de justice, de liberté et de fraternité. Très vite édifié sur les dures réalités africaines et extrêmement sensible aux moindres soubresauts qui agitent l'Afrique-mère, il a été suffisamment inspiré en usant de la plume et de la caméra pour contribuer à inciter les Africains à prendre en main leur propre destin.


Ainsi, celui qui aimait s'appeler « l'Ainé des anciens » nous a laissé une œuvre d'une densité esthétique qui rivalise avec son message d'une pertinence telle que, aujourd'hui encore elle nous interpelle, nous invite à un examen de conscience et nous met en demeure d'assumer nos responsabilités historiques.
Par l'art, il a jeté le regard oblique du soupçon sur nos pratiques, nos actes et nos gestes. Cette mise à profit de l'arme de la critique, et non pas de la critique par les armes, participe, pour ainsi dire, d'une thérapie qui se propose d'extirper en nous toutes ces gangrènes qui menacent de faire avorter l'Humain.


Dix ans après sa disparition : que nous reste- t-il du « père du cinéma africain » ? Qu'avons-nous su retenir de Sembène ? Avons-nous réussi conserver, puis transmettre et enrichir son immense œuvre ?


C'est pour répondre à ces questions et, sans doute, à bien d'autres, que notre Comité scientifique, présidé par Pr Marie Andrée Diagne-Bonané, a invité les compétences, les plus avérées et les disponibles en ce moment.


C'est précisément le moment de dire grand merci à tous nos participants, malgré nos limites tant objectives que subjectives qui n'ont pas manqué d'impacter négativement sur l'organisation de ce colloque, n'ont ménagé aucun effort pour étre avec nous et parmi nous.
Notre profonde reconnaissance aussi à l'Etat du Sénégal. La décision, prise lors du Conseil des Ministres du 14 juin 2017, d'intégrer l'œuvre de l'illustre disparu dans le patrimoine national, a été unanimement saluée par nos compatriotes. Qui plus est, en accordant l'attention méritée à l'organisation de ce colloque international, placé sous son égide, Son excellence le Président de la République, Monsieur Macky Sall, Protecteur des Arts et des Lettres, s' est inscrit dans cette logique de reconnaissance que nous encourageons.


Enfin, le Ministre de la Culture, Monsieur Abdou Latif Coulibaly, en plus de la contribution financière de son département, a fortement encouragé notre partenariat, d'une qualité remarquable avec la Direction du Livre et de la Lecture et la Direction de la cinématographie. Monsieur le ministre, par ma voix, la CACSEN vous dit merci et vous exprime sa profonde gratitude envers vos différents directeurs de service et vos proches collaborateurs.
Au demeurant, pour être fort conscients des efforts fournis par l'Etat du Sénégal, nous n'en pensons pas moins que Sembène Ousmane mérite beaucoup plus. Notre ambition, qui emprunte densément à l'utopie dont nous revendiquons la positivité, est de faire, au-delà du « père du cinéma africain », de tous ceux qui méritent de leur Nation des prophètes dans leur propre pays ! Sans doute, au terme de nos assises, serions-nous davantage éclairés sur les choix à faire et sur les actes à poser pour continuer à exprimer la reconnaissance de la Nation envers Sembène.


Mais, chers panélistes, avant les conclusions de vos assises tant attendues, nous tenons déjà, en notre pays frère, pays invité de ce colloque, le Burkina Faso, un cas d'école en la matière. Ceux qui suivront avec attention vos travaux ne manqueront pas de comprendre pourquoi notre compatriote était si attaché à ce pays, qui, au demeurant, le lui a bien rendu.


Son Excellence, Madame Aline KOALA, Ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal, pour avoir assuré tout le suivi de notre invitation, et pour nous avoir témoigné de son entière disponibilité, nous a réconfortés dans notre choix. Son représentant en ce lieu et en ce moment, et la participation de trois de ces compatriotes de l'Université de Ouagadougou à nos assises, témoignent assurément du même esprit. Nous lui en exprimons toute notre gratitude et notre reconnaissance.

Dans ce chapitre des remerciements, nous intégrons : Mag Magatte Diop, Mme Gassama, la Directrice de la Maison de la Culture Douta SECK, l'Institut français de Dakar, WARC, son Directeur et toute l'équipe, la presse dans ses différentes composantes.


Je remercie, du fond du cœur, tous les membres des différentes commissions du Comité qui organise ces assises. Toute ma gratitude à nos frères et amis si discrets mais oh combien performants : Pr Ibrahima Wane, Pr Buuba Diop, Pr Ousmane Séne, Tafsir Ndicke Dièye, Pr Magueye Kassé, Pr Saliou Mbaye, Dr Rapahel Ndiaye, mon Maître Professeur Abdoulaye Elimane Kane, Pr Cyr Descamps, le Directeur de la Bibliothèque de l'Université Gaston Berger, Dr Malamine Diouf et Bouna Sémou Ndiaye.
Mais je me dois d'insister très particulièrement sur nos Amazones.

Au niveau de notre Association, la question de la parité est derrière nous. Annie Coly, l'Infatigable, Marie- Aida, Hadja Maïmouna Niang, Marthe NDIAYE, Madeleine Devès, Fatou Kiné Séne et Fatou Yelly Wardini Faye, y jouent des rôles de premier plan, pas en vertu d'un critère numérique mais en tant qu'intellectuelles d'une détermination, d'une ténacité et d'un sens de l'initiative qui ne sont pas sans forcer respect et admiration. Et parmi ses Amazones, se dresse, avec toute sa grâce, son altruisme, son attachement à l'Afrique-mère et aux valeurs cardinales de « l'humanitude », la figure de celle j'ai l'honneur d'appeler mon épouse et ma sœur, je veux nommer la Présidente du Comité scientifique de ce colloque, Pr Marie Andrée-Bonané ! Je vous dis, Pr, simplement mais avec toute la puissance de ma conviction et toute la charge symbolique que charrie ce mot : Merci.


Monsieur le Ministre, Mesdames, messieurs
Merci de votre aimable attention et pleins succès à nos travaux !

Alpha Amadou SY Philosophe et président de la Cacsen
Président de la CACSEN

 

Construction bancale des êtres? (ou les femmes seraient-elles plus intelligentes que les hommes ?) Docteur FOLAMOUR/ MAUGIS

Il y a quelques années, à l'occasion de la rentrée scolaire, le sociologue François de SINGLY affirmait : « Les 10-13 ans vont très bien ». Ce à quoi une association a très justement répondu : « C'est après que ça se gâte ».

Si l'on excepte cette caractéristique peu intellectuelle qu'est la force physique, la femme est, semble-t-il, supérieure à l'homme. L'intelligence de la femme, donc sa faculté d'adaptation, est probablement une donnée biologique.

Comment, en effet, perpétuer l'espèce sans une génitrice bien armée pour déjouer tous les pièges de la nature et de la vie ? L'homme parade et s'exerce à des jeux dangereux mais souvent inutiles. Pour lui, l'intelligence est moins nécessaire. Dans la transmission de la vie, son rôle, après tout, est moins important que celui de la femme qui porte et nourrit ses enfants.

Ces combats puérils d'hommes que, dans les guerres, le sport ou les affaires, l'on monte aujourd'hui en épingle, ont pour seul but de confirmer, auprès de la gent féminine, le bon état de santé du prétendant qui, accessoirement, peut aussi devenir un excellent bouclier lorsque, en de rares occasions, l'intelligence de la femme ne suffit pas à la protéger. Le jeune ado sent tout cela. Et, bien qu'il ne l'avoue jamais, la femme lui fait peur. Le machisme, le viol et la violence ne seraient en fin de compte qu'une sorte d'expédition punitive de la gent masculine contre la femme, ennemi trop dangereux pour être affronté sur son terrain : celui de la raison et du dialogue.

Si les hommes avaient moins peur des femmes, ils s'entendraient mieux avec elles. Seuls les hommes qui aiment les hommes tirent leur épingle du jeu, on peut se demander pourquoi. Il y a semble-t-il deux raisons :

La première c'est que l'homo ne représente plus pour la femme ce futur procréateur qu'il faut sélectionner, donc on ne sélectionne pas. La deuxième, plus intéressante, serait liée à un vieux souvenir, celui d'une sorte de paradis où l'évolution et la construction du jeune homme se faisait de façon plus libre, plus harmonieuse, plus progressive (voir le très beau livre du professeur Flacelière sur l'amour dans la Grèce antique). Après la découverte de son propre corps, et, à la puberté, de sa propre sexualité, l'adolescent était prêt à découvrir l'autre. De nombreux souvenirs historiques en témoignent, la découverte de l'autre commençait par l'homme, cet autre soi-même, et non la femme, cet être trop mystérieux.

Il était bon, avant d'essayer de comprendre le monde des femmes, de comprendre celui des hommes, jusque et y compris dans le domaine de la sexualité. Dans la Grèce antique, il était très mal vu pour un adolescent de ne pas avoir un ami, un protecteur, un initiateur. Les relations sociales et sexuelles avec l'autre soi-même rendaient l'homme plus équilibré, plus mature et le préparaient à des rapports plus intelligents avec les femmes. Dans 90% des cas, s'entendant bien avec les femmes, il n'éprouvait plus jamais le besoin de partager le lit d'un homme. Dans certains pays d'Orient, les jeunes hommes se tiennent encore par la main. Mais cela, semble-t-il, s'arrête là.

La religion, le puritanisme et l'hypocrisie sont passés par là. Pour comprendre le malaise d'aujourd'hui, il faut se mettre dans la peau de ces pauvres adolescents qui, pendant plus de 6 ans de leur vie (12 à 18 ans en moyenne) ont subi dans le doute et l'ignorance la pression insupportable des fantastiques pulsions sexuelles liées à cet âge. Personne ne résiste à ces 6 années de frustrations qui sont aujourd'hui devenues institutionnelles et, comme le service militaire d'autrefois, quasi obligatoires. Se retrouver face au vide alors que la pression de la vie est la plus forte, détériore l'équilibre, détruit l'harmonie du corps et de l'esprit, incite fortement à la transgression.

Parce qu'ils ont beaucoup souffert de cette dichotomie entre la pulsion vitale naturelle et les interdits culturels qui entourent la sexualité en général et celle des jeunes en particulier, presque tous les jeunes garçons deviennent des déviants : machos dans le meilleur des cas, mais aussi dépressifs, homosexuels, pervers, violents. La société moderne a de plus en plus de mal à accepter cette prolifération de frustrés de tous âges. Pour réduire cette invasion de déviants, il faudrait, paradoxalement revenir sans tabous à ces mœurs initiatiques d'un autre temps.

Mais notre société n'est-elle pas déjà trop malade du sexe pour aborder sereinement cette délicate question ? Se pencher sur les troubles des adultes est évidement indispensable mais ne résout rien tant que la source des frustrations n'est pas tarie. Si c'est entre 12 et 18 ans que naissent ces frustrations, c'est à cet âge qu'il faut intervenir. Comme la médecine moderne, la psychologie et la psychiatrie s'intéressent plus aux effets qu'aux causes réelles. C'est financièrement beaucoup plus rentable. Que deviendraient ces professions si la maladie venait à disparaître ?

Ce phénomène « du mal entretenu » touche bien d'autres aspects de la vie : On préfère absorber des coupe-faim plutôt que changer son mode de vie ou d'alimentation. On préfère entretenir des millions de chômeurs plutôt que partager le travail, on préfère faire la guerre aux pauvres plutôt que partager la paix et la prospérité avec eux.
Quand sortirons-nous de cet enfer ?

Docteur FOLAMOUR.

Mugabe-Mes collègues zimbabwéens, j'écris cette lettre et j'espère que vous la lirez tous et que vous la partagerez.

Mes jours sur cette terre sont comptés, mais je sais qu'une fois que je serai parti, vous et vos enfants ne m'oublierez jamais. Je veux que vous compreniez que la raison pour laquelle je suis resté longtemps au pouvoir, 36 ans plus tard, c'est parce que je veux pour vous donner du pouvoir à tous mes camarades noirs zimbabwéens.

Aucun autre président de tout le continent africain n'a fait ce que j'ai fait pour vous, mais vous continuez à me prendre pour acquis. Savez-vous que dans toute l'Afrique, les Zimbabwéens sont les seuls Noirs à posséder leur terre?

Nous sommes les seuls Noirs à posséder et exploiter des moyens de production, nous possédons nos propres entreprises, nos propres terres.

C'est le vrai sens de l'indépendance.

L'indépendance politique et économique. Je me suis battu bec et ongles toute ma vie politique pour assurer à chacun d'entre vous une indépendance politique et économique.Je ne déteste pas les Blancs, non, pas du tout.

Ce que je déteste c'est qu'ils pensent qu'ils sont meilleurs que nous, qu'ils peuvent simplement venir dans notre pays, prendre nos ressources et notre terre, et nous dire quoi faire. À cela je dis non. Aujourd'hui, je suis heureux que presque toute la terre soit dans les mains noires. C'est à vous d'utiliser l'éducation que je vous ai donnée pour développer la terre afin qu'elle soit productive afin que vous puissiez vous nourrir. Une chose dont je suis fier, c'est que j'ai travaillé dur pour que nos ressources naturelles et nos terres soient rendues à leurs propriétaires légitimes: vous les Noirs du Zimbabwe.

Allez dans d'autres pays d'Afrique. Juste là, juste en face du Limpopo, en Afrique du Sud, Mandela a vendu et a donné toute la terre et l'économie aux Blancs. Les Noirs en Afrique du Sud seront les esclaves des Sud-Africains blancs pour toujours. Tant que la terre n'est pas entre les mains de ses propriétaires légitimes, les Africains, l'homme noir continuera à souffrir dans son propre pays.

La vraie richesse est maintenant entre vos mains, je l'ai lutté loin des blancs qui venaient voler c'est de toi. Oui, le monde était en colère contre moi et a puni le pays entier avec des sanctions, mais je m'en fous parce que je sais que je faisais la bonne chose. Je donnais du pouvoir à mon peuple. Toi, prends soin de la terre et des industries que je t'ai.

J'ai fait ma part, la balle est maintenant dans votre camp. Fais ta part.

Vous vous souviendrez de moi et vous apprécierez pour ce que j'ai fait pour vous quand je serai parti.

Votre président et chef

Afrique pour les Africains.

Robert Gabriel Mugabe!

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