Comparaison n'est pas raison.

Les films vidéos ou autres sont des montages et il ne faut pas demander l'impossible.

De la mesure dans toute chose. Lecouple se vit à deux et c'est à deux que le couple va trouver une solution sur la durée mais surtout sur la qualité de l'acte d'accouplement.PB C

Il est difficile de mesurer la durée d'un rapport sexuel, car les couples peuvent avoir tendance à la surévaluer. Shutterstock ..Quelle est la durée « normale » d'un rapport sexuel ? 


ARC Future Fellow, The University of Queensland

 

 

Il est difficile de mesurer la durée d'un rapport sexuel, car les couples peuvent avoir tendance à la surévaluer. 
Pas besoin d'être scientifique pour se poser la question. Appuyé contre la tête de votre lit après un coït bien trop court à votre goût, vous vous êtes peut-être déjà demandé : quelle est la durée « normale » d'un rapport sexuel ?

Eh bien sachez que les scientifiques se posent la même question. Ils se contentent de la formuler différemment, d'une façon obscure et presque comique : quelle est la durée moyenne de latence de l'éjaculation intravaginale ?

Bien sûr, le sexe ne se résume pas à l'introduction d'un pénis dans un vagin et à une éjaculation. Mais il peut être difficile de déterminer ce qui en fait partie, ou pas – faut-il compter, ou pas, les préliminaires et si oui lesquels ? Dans un souci de simplicité et de précision, nous nous concentrerons donc sur la période allant de la pénétration à l'éjaculation.

Mesurer sa durée moyenne n'est pas une mince affaire. Pourquoi ne pas demander directement aux gens combien de temps ils mettent, me direz-vous ? Eh bien, cette méthode poserait deux problèmes majeurs. Tout d'abord, les estimations données risqueraient d'être surévaluées. Il est socialement tentant, en effet, de prétendre que vos ébats se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

500 couples se sont chronométrés


Ensuite, on n'est pas forcément capable de dire combien de temps cela a duré. Le sexe n'est, en principe, pas une activité pendant laquelle nos yeux sont rivés sur le réveil posé sur la table de chevet. Or, fournir une estimation sans aucune assistance peut se révéler difficile si l'acte a été particulièrement exaltant.

La meilleure étude, parmi celles qui ont cherché à estimer la durée moyenne de la période menant à l'éjaculation dans la population générale, a été menée auprès de 500 couples originaires de divers endroits de la planète. Ceux-ci devaient mesurer, à l'aide d'un chronomètre, la durée de leurs relations sexuelles pendant une période de quatre semaines.

Oui, vous avez bien lu : aussi bizarre que cela puisse paraître, les participants devaient appuyer sur le bouton start au moment de la pénétration du pénis, puis sur le bouton stop lors de l'éjaculation. Vous objecterez sans doute qu'une telle action est susceptible d'influencer l'humeur des participants, et qu'elle ne rentre pas vraiment dans l'ordre naturel des choses. Mais il est rare que la science atteigne la perfection, et cette méthode est la meilleure que nous ayons trouvée.

De 33 secondes à... 44 minutes !
Mais alors, pour quels résultats ? Le principal enseignement est que ceux-ci varient considérablement d'un couple à l'autre. La moyenne de chaque couple (calculée à partir de tous leurs rapports sexuels pendant la période de quatre semaines) va de 33 secondes pour la durée la plus courte, à 44 minutes (soit 80 fois plus !) pour la plus longue.

Sexy, n'est-ce pas ? Matthew/Flickr, CC BY .Il est donc clair qu'il n'y a pas une durée « normale » pour le rapport sexuel. La durée moyenne (médiane en fait, techniquement), mesurée à partir de celles de tous les couples, s'élève à 5,4 minutes. Ce qui signifie que, si l'on classe tous les couples participants, du rapport sexuel le plus court jusqu'au plus long, celui du milieu arrive à une moyenne de 5,4 minutes sur cette période de quatre semaines.

L'étude a également dégagé quelques enseignements secondaires. Par exemple, l'usage de préservatifs ne semble pas avoir d'effet sur la durée du rapport, pas plus que la circoncision éventuelle chez l'homme. Ces résultats ont le mérite de remettre en cause quelques croyances traditionnelles quant à la relation entre la sensibilité du pénis et son efficacité au lit.

L'origine géographique n'a pas beaucoup d'influence non plus – mis à part pour les couples turcs, dont les rapports semblent être sensiblement plus courts (3,7 minutes) que ceux des autres pays concernés (Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis). L'âge des participants, en revanche, n'est pas neutre : plus un couple est âgé, plus les relations sexuelles sont courtes, contrairement à l'idée reçue (certainement colportée par des hommes d'un certain âge).

Pourquoi cela dure-t-il si longtemps ?


En tant que chercheur intéressé par le thème de l'évolution, tous ces débats sur la durée du rapport sexuel m'amènent à une question : pourquoi est-ce que cela prend du temps tout court ? La seule chose qui justifie un rapport sexuel est, semble-t-il, la délivrance de sperme dans le vagin. Pourquoi, alors, tous ces mouvements va et vient ? Pourquoi, plutôt que de glisser son pénis et de le retirer plusieurs centaines de fois à chaque rapport, ne pas tout simplement l'introduire une seule fois, éjaculer, puis aller boire une limonade et passer à autre chose ?

Les mouvements de va et vient qui constituent les rapports sexuels ont-ils une fonction biologique ?

Shutterstock
.Avant de me répondre « Parce que c'est amusant ! », rappelez-vous que l'évolution n'accorde aucune importance à l'amusement en tant que tel. Elle ne fait que « concevoir » les choses de manière à les rendre plaisantes, ce critère étant rempli si celles-ci ont encouragé nos ancêtres à transmettre leurs gènes aux générations suivantes. Par exemple, même si nous apprécions la nourriture, nous ne passons pas cinq minutes à mâcher chaque bouchée, simplement pour apprécier la chose plus longtemps. Ce serait inefficace. Nous avons donc évolué de telle façon que cela nous paraît aujourd'hui dégoûtant.

S'il est impossible de fournir une explication définitive à la durée de nos rapports sexuels, le début d'une réponse peut être fourni par la forme du pénis. En 2003, des chercheurs ont montré – à l'aide de vagins et de pénis artificiels, ainsi que de sirop de maïs pour faire office de sperme – que la crête qui entoure la tête du pénis éloignait le sirop qui préexistait dans le vagin.

Cette expérience montre que les mouvements répétés de l'homme pourraient avoir pour objectif d'éloigner le sperme laissé par d'autres hommes, et ainsi de s'assurer, au moment de l'éjaculation, que ses petits nageurs auront les meilleures chances d'atteindre l'ovule les premiers. Ce phénomène pourrait d'ailleurs expliquer pourquoi l'homme éprouve de la douleur lorsqu'il poursuit ces mouvements après l'éjaculation : il risquerait alors d'évacuer son propre sperme.

Que déduire, finalement, de tous ces résultats ? Si je peux vous donner un conseil, essayez de ne pas trop y réfléchir au beau milieu de vos ébats amoureux.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

http://theconversation.com/quelle-est-la-duree-normale-dun-rapport-sexuel-

 

N'émigrez  pas, vous risquez votre vie et vous souffrirez aveant de mourir : Lybie et ailleurs PBC


Opération de sauvetage de migrants par les bénévoles de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, le 2 août 2017, au large des côtes libyennes. (Angelos Tzortzinis/AFP)
Moins de la moité des ONG opérant en Méditerranée ont accepté de signer le "code de conduite" imposé par les autorités italiennes. Pour Marco Impagliazzo, président de la communauté de Sant'Egidio, très engagée auprès des réfugiés, ce "code" censé rationaliser les sauvetages des migrants en Méditerranée 

Face à l'afflux croissant des migrants sur ses côtes, la situation est de plus en plus tendue en Italie. Devant le nombre élevé d'arrivées en provenance de la Libye (100.000 personnes en deux mois), les polémiques à caractère xénophobe se multiplient dans la classe politique, à l'initiative de la Ligue du Nord et du Movimento 5 Stelle.


Dans ce contexte de crise, des divisions de plus en plus claires se font jour au sein même du gouvernement, entre ministres qui entendent réglementer les flux (comme le ministre de l'Intérieur Marco Minniti) et ceux qui, s'inspirant davantage des exhortations généreuses du pape François, sont favorables à l'accueil à bras ouverts des réfugiés, qu'ils soient "politiques" ou "économiques" (tel le ministre des Transports Graziano Delrio).


Enfin, les ONG chargées de secourir les migrants en Méditerranée sont au cœur d'une polémique, certaines ayant été accusées de collusion avec les passeurs. Le parquet de Trapani a d'ailleurs ouvert une enquête à ce sujet.


Migrants : l'Italie à bout de souffle


Sur dix ONG opérant en Méditerranée et assurant 30% des sauvetages en mer, quatre seulement ont jusqu'ici accepté de signer le "code de conduite" proposé par le ministre de l'Intérieur italien. Ce code prévoit notamment la présence à bord de chaque navire de sauvetage humanitaire d'un policier italien. Il interdit également tout transfert de personnes rescapées d'un navire à l'autre.
Nous avons sollicité à ce sujet l'éclairage de Marco Impagliazzo, 55 ans, président de la communauté religieuse Sant'Egidio, très engagée sur le front des migrations avec ses "couloirs humanitaires", et qui a réussi à faire entrer légalement en Europe environ un millier de réfugiés en un an.


Comment définissez-vous aujourd'hui la situation de l'Italie par rapport aux migrants ?


L'Italie a été une extraordinaire terre d'accueil des immigrés ces dernières années. Et a fait preuve de beaucoup de tolérance et de solidarité. L'alarmisme actuel est le produit de la campagne électorale en prévision des législatives de 2018. La Ligue du Nord et le Movimento de Beppe Grillo soufflent sur le feu en simplifiant au maximum le problème. En donnant de fausse statistiques, par exemple lorsqu'ils soutiennent qu'il y a 20% d'immigrés dans la Péninsule alors qu'il y en a au maximum 8%.
Mais il faut ajouter que le manque de solidarité européenne a considérablement aidé les populistes, donnant le sentiment aux Italiens qu'ils étaient seuls, abandonnés de tous. Oui, l'Europe a de grandes responsabilités parce que lorsqu'il n'y a pas de moyens légaux pour émigrer, ce sont les illégaux qui s'imposent.


Concrètement, les 13 conditions contenues dans le "code de conduite" que le gouvernement italien veut faire signer aux ONG, et que Médecins sans frontières en particulier attaque avec violence, sont-elles acceptables ou non ?


Elles sont acceptables. Elles ont été écrites pour rationaliser les sauvetages. Elles établissent notamment qu'un officier de la police judiciaire soit présent sur les bateaux des ONG au moment des transbordements, faute de quoi les bateaux en question ne pourront plus déposer leur cargaison dans un port italien. Le cas s'est posé l'autre jour et il a fallu une autorisation spéciale du ministre des Transports pour que les migrants sauvés par une ONG non signataire soient recueillis sur un navire des gardes-côtes et puissent ainsi débarquer dans un port sicilien.


Face à la crise des migrants, un code de conduite pour les ONG
Mais le vrai problème est qu'à l'occasion de la mise en œuvre de ce code, des xénophobes ont craché sur les ONG affublées de l'expression "taxis de la mer". Et lancé une inadmissible campagne de dénigrement de ces organisations bénévoles.
En réalité, il faudrait ajouter au "code" d'autres éléments. C'est inhumain par exemple de repousser les migrants vers des camps de la mort libyens où ils sont maltraités, et parfois torturés et violés. Il faudrait réimpliquer l'ONU, au contraire, et la pousser à créer et gérer elle-même ces camps en Libye.


Que fait concrètement la communauté de Sant'Egidio en faveur des migrants ?


La communauté veut augmenter les voies légales d'entrée des migrants en Europe. Avec un hébergement garanti, des perspectives de travail, des écoles où apprendre la langue italienne et la quasi-certitude de pouvoir ainsi obtenir un permis de séjour légal. En Italie, mais aussi ailleurs en Europe. En France par exemple, notre communauté, en compagnie des églises protestantes, ont signé un accord pour faire arriver 500 migrants "légaux". 15 d'entre eux ont déjà débarqué dans votre pays, le 2 juillet. C'est éminemment symbolique, direz-vous, mais c'est important. En Italie, en un an, 850 réfugiés ont déjà été régularisés, sans devoir payer des milliers de dollars pour un voyage en canot pneumatique incertain et souvent mortel. 1.000 autres viendront d'Ethiopie avec un nouveau protocole. Ce sont des opérations entièrement financées par nous, qui ne coûtent rien à l'Etat ni au contribuable.
Là où l'Etat pourrait intervenir de manière efficace, en revanche, ce serait de faire

un vrai travail de recensement auprès des restaurateurs, des familles, des hôpitaux, des agriculteurs. Qui ont besoin de main-d'œuvre et utilisent aujourd'hui des travailleurs au noir. Le travail existe en Europe. Il suffit de le faire émerger.
Propos recueillis par Marcelle Padovani

 

Les femmes en  danger au Maroc 


Les images, diffusées sur les réseaux sociaux, ont soulevé beaucoup d'indignation.
La rédaction du HuffPost avec AFP


AFP Un bus de la société M'dina Bus en 2013 à Casablanca. MAROC - Le Maroc est sous le choc après la diffusion d'une vidéo montrant un groupe de jeunes agresser sexuellement dans un bus une jeune femme, atteinte d'un handicap mental selon les autorités. Ces dernières ont fait état de l'arrestation des agresseurs lundi 21 août.

Diffusées dimanche 20 août sur les réseaux sociaux, les images ont suscité une salve de réactions indignées sur les réseaux sociaux et dans les médias au Maroc.

On y voit un groupe d'adolescents, torse nu, en train de bousculer violemment une jeune femme en pleurs dans un bus, touchant ses parties intimes, tout en s'esclaffant. La victime, à moitié dénudée, pousse des cris de détresse, alors que le bus continue de rouler, sans qu'aucun passager n'intervienne.

Six jeunes hommes arrêtés par la police

La scène a eu lieu à Casablanca, métropole économique du royaume, précise la presse locale. La société chargée du transport en commun M'dina Bus, a indiqué que "l'agression s'est déroulée ce vendredi 18 août" et que les agresseurs avaient été "appréhendés ce lundi 21 août."

Interrogé par nos confrères du HuffPost Maroc, le porte-parole de M'dina Bus assure que depuis 2013, "chaque bus compte 4 caméras: il y a 1 caméra spéciale conducteur, placée au-dessus de sa tête, et 3 autres caméras qui couvrent l'ensemble du périmètre de l'autobus". Mais que rien n'indique que le conducteur du bus ait pu "relever qu'il y avait un problème, le bruit dans un bus faisant partie du quotidien". La société de transport mène aussi l'enquête pour retrouver le conducteur.

La police a confirmé dans un communiqué l'arrestation des six auteurs, âgés de 15 à 17 ans, qui ont été placés sous surveillance policière. Elle a également confirmé que la victime, 24 ans, était atteinte d'un handicap mental, et relevé qu'elle n'avait avant la diffusion de la vidéo reçu aucune plainte, ni de la part de la jeune femme agressée ni de la part du chauffeur.

Le parcours de la combattante dans la rue

"Horreur à Casablanca", "des monstres commettent un crime odieux", écrit la presse locale, qui tire la sonnette d'alarme sur le phénomène du harcèlement des femmes dans l'espace public.

L'association Touche pas à mon enfant a lancé lundi un appel à témoins afin "de traduire en justice cette horde barbare qui s'est attaquée lâchement à une jeune fille". Des internautes ont, eux, appelé à un sit-in le 23 août à Casablanca pour exprimer leur indignation.

D'autres, en revanche, s'en sont pris à la victime, prenant la défense des agresseurs. Au Maroc, marcher seule dans la rue relève parfois du parcours du combattant. Ou plutôt de la combattante: elles y subissent fréquemment remarques désobligeantes et insultes.

Selon les chiffres officiels, près de deux Marocaines sur trois sont victimes de violences. Et les lieux publics sont les endroits où la violence physique à leur égard est la plus manifeste. Début août, une autre vidéo montrant une horde de jeunes hommes traquer une jeune femme marchant seule dans la rue à Tanger dans le nord du pays avait déjà suscité l'indignation dans le pays.

 


Ces dernières semaines, des vidéos devenues virales au Maroc montrent des femmes marocaines en train d'être harcelées, agressées, attaquées dans l'espace public, largement dominé par les hommes.
Se déplacer quand on est une femme au Maroc n'est pas anodin. Et les scènes filmées récemment dans le royaume sont d'une violence inouïe – mais pas si rares. Après la vidéo prise à Tanger le 30 juillet d'une femme seule dans un bus à Casablanca, traquée en plein jour par une horde de jeunes hommes sur la corniche, la vidéo d'une agression sexuelle à la limite du viol collectif a tourné en boucle dans la nuit de dimanche à lundi sur les réseaux sociaux.


On y voit cinq ou six adolescents, torse nu, encercler, déshabiller, violenter, insulter, tout en ricanant, une jeune fille dont on apprendra qu'elle est atteinte d'un handicap mental. Alors qu'elle pleure et hurle au secours, le bus continue de rouler sans qu'aucun passager n'intervienne. La société chargée du transport en commun au Maroc, M'dina Bus, précise que l'agression aurait eu lieu le vendredi 18. Selon la presse locale, quatre des six suspects âgés de 15 à 17 ans ont été arrêtés lundi.


Pour la sociologue et militante féministe Soumaya Naamane Guessous, «c'est une scène insoutenable qui illustre bien la schizophrénie de la société marocaine, tiraillée entre modernité et conformisme extrême». Les deux tiers des cas de violences sexuelles se déroulent dans l'espace public, selon les chiffres de l'Observatoire national de la violence faite aux femmes. Il s'agit, dans plus de 90% des cas de viols ou de tentatives de viol dont les victimes sont principalement des femmes de moins de 30 ans.
«La valeur d'un homme est la virilité quand celle de la femme est la virginité»


Loin d'être une évidence, la mixité sociale dans l'espace public au Maroc provoque des réactions primaires du genre : «Mais qu'est-ce qu'elle vient faire là (cette femme, dans mon espace) ?» signale le sociologue Abdessamad Dialmy. Une hostilité forte, qui peut se manifester soit sous forme de «drague lourde» soit sous forme d'agressions verbales et/ou physiques, jusqu'au viol.


Soumaya Naamane Guessous voit, d'une part, dans ces violences récurrentes des raisons historiques : «Jusque dans les années 60, les femmes n'ont tout simplement pas le droit d'accéder à l'espace public. Du coup, dans les mentalités, la femme dans la rue est une proie potentielle ou une bête à abattre.» D'autre part, le passage de 70% de ruraux en 1960 à 40% aujourd'hui s'est soldé par l'échec de leur insertion sociale. Un élément qui n'aurait pas aidé à enrayer des villes cette mentalité «rétrograde».
Cela dit, les deux sociologues s'accordent pour désigner le responsable majeur de la multiplication des agressions contre les femmes dans les lieux publics : la frustration sexuelle des Marocains.
«Des comportements prévisibles dans une société comme la nôtre»


Une société où les relations sexuelles hors mariage sont «haram [interdites, ndlr]» et punies d'emprisonnement d'un mois à un an (selon l'article 490 du code pénal marocain) est forcément malsaine, explique l'auteure d'Au-delà de toute pudeur: la sexualité féminine au Maroc (1). «Surtout que l'entourage d'un garçon marocain, y compris la mère, le pousse dès l'adolescence, si ce n'est l'enfance, à pratiquer de quelque manière que ce soit sa sexualité au nom de la virilité. Alors que la femme, elle, est obligée de rester vierge jusqu'au mariage.»


Pour Abdessamad Dialmy, les comportements dévoilés par ces vidéos sont de ce fait «normaux ou du moins prévisibles dans une société comme la nôtre». Une société où «la valeur d'un homme est la virilité, quand celle de la femme est la virginité», précise Soumaya Naamane Guessous. Ce contexte, saupoudré de pornographie et d'absence d'éducation sexuelle dans les politiques publiques, à l'école comme à la maison, incite les jeunes hommes à se comporter «comme des taureaux enragés».
Et quand ce n'est pas avec l'aval de la société, une véritable omerta s'empare des éventuels témoins de tels actes, paralysés par la peur, confortés par une indifférence caractéristique du phénomène urbain, et de réflexions déculpabilisantes pour les agresseurs et culpabilisantes pour les victimes, de type «elle l'a bien cherché», «elle n'avait qu'à s'habiller autrement».


Toujours selon Soumaya Naamane Guessous, l'idée selon laquelle «il faut que le citoyen protège la oumma [communauté, ndlr] musulmane du chaos», proférée dans les milieux salafistes circule de plus en plus sur les chaînes satellitaires comme Al-Jazeera, dans les mosquées et même au sein des établissements scolaires, notamment via les cours d'éducation islamique. Si bien que de nombreux jeunes hommes se prennent, sous cette pression médiatique et sociale, pour des «messies» qui se doivent de réguler la oumma en la protégeant des femmes, «menaces pour la piété de l'homme».
«Il y a la loi et ceux qui l'exécutent»


La protection des femmes dans l'espace public ne fait toujours pas partie d'un projet de société au Maroc. Seul le harcèlement sexuel au travail – qui consiste à «abuser de l'autorité qui lui confère ses fonctions», pour reprendre les termes de la loi – est reconnu et passible d'un à deux ans de prison. Un projet de loi plus large sur le harcèlement sexuel serait cela dit en cours, selon le ministre des droits de l'homme et haut dirigeant du parti islamiste au pouvoir, Mustapha Ramid.


Par ailleurs, «il y a la loi, ceux qui l'exécutent et l'opinion publique», nuance la sociologue, qui soupçonne de nombreux agents de police de laxisme sur ces questions. Pour elle comme pour Abdessamad Dialmy, cela ne peut s'arranger que si les femmes osent porter plainte et que des jugements forts s'ensuivent.
Encore plus inquiétant : le silence assourdissant de l'ensemble des politiques. «Ce n'est pas tellement l'action du gouvernement islamiste que l'immobilisme de tous les autres partis politiques que je ne m'explique pas», dénonce Soumaya Naamane Guessous. Et de regretter : «Tant que ce n'est pas la mère, la fille, la sœur, ou l'épouse qui est attaquée, ce n'est pas un sujet concernant aux yeux de la société marocaine.»


Commentant l'affaire de Casablanca pour Libération, Mustapha Ramid condamne ce «crime», et confirme que les suspects vont être présentés devant le procureur concerné. «Les agressions contre les femmes dans l'espace public ont toujours existé. Ce qui change c'est leur médiatisation sur les réseaux sociaux», dit le ministre d'Etat, tout en soulignant qu'il ne s'agit pas tant d'un problème de loi que d'éducation. Et de poursuivre, sans pour autant évoquer quelque mesure que ce soit : «Les agressions contre les femmes existent partout, pas seulement au Maroc.»


(1) Au-delà de toute pudeur : la sexualité féminine au Maroc, Soumaya Naamane Guessous,
Dounia Hadni @douniahadni liberation.fr


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La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...
A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

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