Filtrer les éléments par date : jeudi, 07 juin 2018

Penser le Sénégal pour le panser : un pays à la dérive qu'il faut sauver ensemble.

Penser le Sénégal par une redéfinition du rôle de l'intellectuel critique et constructif.

Titre de l'œuvre : Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences ( 1637 ) => Idée qu'il faut bien une méthode pour conduire sa raison et par la suite rechercher efficacement les vérités ()

Passions, imagination, intuition, illusion => Vont à l'encontre de la raison, la méthode permet de gérer la raison à partir d'elle-même et s'opposer à ces éléments.
Essentiel chez Descartes = Clarté, ordre, méthode, plus encore que la vérité elle-même.

« Nous vivons dans une société de trop plein : peur de rater quelque chose, peur de la pauvreté, peur de la destruction, peur du déchet nous conduisent à construire toujours plus, quand les bases s'effondrent, à détruire les friches et les terres cultivables, en pensant simplement construire, et finalement certains pensent que l'évolution de nos sociétés est une fatalité, qui nous privera pourtant toujours plus de notre pouvoir de décision et de notre capacité d'avoir un métier et de travailler ».


Descartes devait répondre à un prêtre assez malveillant et de mauvaise foi, Descartes utilise dans les 7es réponses aux objections faites à son ouvrage une parabole, une sorte de pièce de théâtre mettant en scène un architecte, et un maçon qui cherche à se faire valoir en se croyant très malin, en bref un mauvais maçon qui terminera selon Descartes chez les fous.

Cette parabole a un intérêt concernant l'œuvre de Descartes, mais il me semble qu'elle nous parle aussi à tous par sa force symbolique concernant le travail que nous avons à faire sur nous-mêmes et concernant la nécessité parfois de véritables révolutions dans le monde, quand en particulier le trop-plein de la production en vue de la consommation peut conduire à la destruction de la vie sur terre. En cette année 2017 Descartes commence (p.504 de l'édition GF de 2011) en disant qu'il s'est souvent inspiré du comportement des architectes. Pourquoi un philosophe se sent-il tellement inspiré par le métier des architectes ?


C'est qu'il ne faut pas confondre l'architecture avec une simple construction.
On dit souvent : « Sois constructif », ou « Fais des remarques constructives.


Que constate Descartes en observant les architectes ?


Ceux-ci, « pour élever de solides édifices aux lieux où le roc, l'argile et la terre ferme sont couverts de sable, creusent tout d'abord de profondes fosses, et rejettent de là non seulement le sable mais tout ce qui se trouve appuyé sur lui, ou ce qui y est mêlé, afin de poser par après leurs fondements sur la terre ferme. »
Les architectes sont aussi des destructeurs, et quand ils construisent c'est avec un projet qui peut passer par une première phase où il faut creuser la terre et déblayer des matériaux. Et plus l'édifice prévu sera haut, plus il est à prévoir que le trou sera profond.


A la lumière de ce que pense Descartes que pouvons-nous dire du SENEGAL ?


Notre pays est rempli d'intellectuels, d'hommes de savoirs mais hélas pas de politiques pragmatiques efficaces avec une vision cohérente et constructive.
Les intellectuels sont inféodés et au lieu de conseiller de façon pragmatique ils restent dans la flatterie et la défense du système. Pendant qu'ils profitent, le peuple souffre.
Comme je l'ai toujours dit il ne suffit pas de regarder loin, il faut juste faire un petit tour pour regarder, observer et comprendre les murs sociaux qui façonnent notre pays nos sociétés.


Depuis un moment le pays est englué dans des crises que l'Etat tente de panser avec du sparadrap mais cela ne suffit pas tel un mauvais maçon qui essaye de colmater un édifice instable prêt à s'effondre.


Il faut diagnostiquer, faire un état des lieux et proposer.


Mais proposer à qui ? Nos hommes politiques ne savent plus écouter, ils ne savent qu'applaudir les incohérences pour préserver leurs acquis et pourtant il me semble que le Président Macky SALL dans une sortie remarquée avait duit à ses conseillers d'arrêter de lui parler de ce qui va mais plutôt de ce qui ne va pas
Pour remettre un pays sur ses pieds il faut du bon sens et du pragmatisme et pour moi Descartes nous ouvre les yeux avec sa prétention de Penser le Vrai absolu grâce à sa méthode. Certes une prétention mais qui peut cacher certains aspects positifs.

Si le pays est comme un bâtiment.

« La démarche première pour construire un édifice, si l'on veut vraiment qu'il soit solide, est de ne pas le construire flottant sur du sable, à moins qu'on ait l'intention...de faire un bateau, comme Noé se préparant au déluge. Donc il faut d'abord, pour construire, détruire, et creuser de façon à pouvoir fonder, nous disent les vrais et bons architectes. »
Notre pays devra revoir la sécurité, lutter contre les indisciplines dans tous les secteurs. Les forces de l'ordre doivent considérer citoyens comme des partenaires qu'ils doivent protéger et non tuer. Qu'est-ce qu'une police qui tire sur son peuple ? Quand la police tire et tue il faut comprendre que le pays est entré dans une instabilité criarde et il faut trouver des solutions idoines pour y remédier.


L'éducation la formation sont des leviers de développement pourquoi ne rien faire pour. Pourquoi laisser pourrir une crise pour ensuite donner des carottes.
Le Sénégal veut plus briller en construisant des universités, des institutions, des (Aéroport- autoroute) infrastructures pour paraître. Non tout ce qui est fait doit avoir un contenu bon pour le pays.


Ce pays est assis sur des maux qu'il faut nommer ; la condition des enfants de la rue ; des talibés, l'insécurité, l'indiscipline, les écoles de brousse, la violence, les biens mal acquis, l'éducation et la formation en crises absolues. Ajoutons un domaine souvent oublié l'environnement, l'écologie. On pense que l'Afrique sera le poumon vert du monde mais si on ne fait pas attention, si nos actions manquent de moralité et d'éthique nous n'y parviendrons pas. Et ce sera pire.


Déjà la santé de la population à cause de la pollution non maitrisée crée des maladies respiratoires comme l'asthme ; le laxisme autour du trafic des médicaments illicites et dangereux (xessal, faux médicaments, médicament périmés ou interdit).


Combien de fois j'entends ici et là l'absence de professionnalisme dans certain corps dédiés à venir en aide à la population (médecins, corps médical, municipalités fonction publiques etc.).


Le mauvais citoyen et le mauvais homme politique regardent les choses se faire sans tenir la barque pour lui intimer une direction....


On oublie que le citoyen est acteur. L'homme politique peut impulser une dynamique et qu'en est–il ?


Nada et pourtant des concitoyens rencontrés sur les réseaux sociaux ne cessent d'alerter, de proposer en vain. Au moins le peuple les entend et ces concitoyens ne sont pas dans l'attitude stérile du spectateur ce qui nuit beaucoup et conduit certain à une certaine acceptation de l'état des choses.

Non non on peut bousculer le quotidien et penser l'avenir.


Par honnêteté intellectuelle je me dois de citer ces concitoyens pour que vous alliez relire leurs articles et pensées qui vont dans le bon sens ; Cécile THIAKANE, Abdou NDUKKUR ( gros travail de fonds), Sakku XAM XAM, Amadou Demba DIALLO, Mariama BAAmadou T NIANE ( écologie, environnement et éthique) ? Ndack Kane, l'association qui lutte contre les indisciplines, la société civile avec Moriba CISSOKHO, Chérif salif SY ; Ibrahima MBODJI qui vient de contribuer dans le secteur médical à Thies, Mohadi DIALLO, Khadim NDIAYE, Mouhamadou Moustapha DIOP, Amadou Sylla de SOS Casamance et beaucoup d'autres.


Le citoyen se promène dans le monde et gagne en expérience. Il découvre des choses enrichissantes (RWANDA-KIGALI) mais cela ne lui permet pas d'éclaircir les choses, il devra faire le tri pour prendre ce qui peut convenir à son pays. Pas de transfert abusif mais tout transfert doit être adaptée et nécessaire....
Le Citoyen ainsi préparé entre dans un cercle de tolérance ( Cf – Montaigne ), il renonce à ces préjugés et prend conscience de certaines choses, ce qui lui permet de se forger des bases et de comprendre comment avancer dans sa quête de la clarté et de la vérité pour reconstruire son pays avec tous les citoyens mus par la Patrie unique et indivisible.


Que veut le peuple ?


Il veut simplement jouir des richesses du pays, il veut apporter son génie, sa force, son enthousiasme à la construction du pays constitués des sénégalais différents et mus par le bien commun.
Le peuple veut arrêter les usurpations des biens publics et mettre tout le monde au travail, à la construction du pays sur des valeurs éthiques.
Il veut que le pays comme l'architecte visionne avec un plan bien pensé la clé de voute, la pierre :
« L'architecte a enfin trouvé la pierre ou le gros rocher qui servira à arrimer solidement l'édifice futur. La pierre cachée est justement ce pour quoi on a creusé dans un premier temps, en détruisant ce qui existait en surface. Nous avons eu peur justement de devenir aveugles, de ne plus jamais voir la lumière. Mais c'est la lumière intérieure que nous sommes ainsi conduits à chercher : celle sur laquelle nous pourrons tabler, comme on dit. »

Notre leader, notre président avec son équipe comme l'architecte doivent examiner les matériaux qu'il faudra utiliser pour construire l'édifice nouveau.
Pour cela il faut une bonne théorie, et une bonne société. Le véritable maçon, le véritable architecte, sait récupérer la pierre que l'homme vulgaire croit devoir rejeter définitivement, et avec ces pierres-là l'architecte fait un nouvel édifice inouï de beauté et d'ampleur et de force.
L'architecte et son mandataire doivent s'harmoniser, parler s'écouter pour se comprendre et agir de concert, le Président, son équipe et le peuple ne doivent pas être divisés sur l'essentiel.


L'accomplissement d'un projet appelle le Tout et n'exclut personne. La surdité politique est la plaie qui ravage les Etats africains.


La diaspora, le bon sens, la société civile ont une expertise à considérer, mais les considérer comme des inutilités est l'erreur à ne pas faire.


Que faire ? Pour refondre ce pays, construire sur du roc ?


Le défaut de notre pays c'est que chaque citoyen s'improvise spécialiste et cela est dangereux et voyez au niveau des constructions, les immeubles s'effondre et la mort s'en suit. Il faut pour être spécialisé ; pour exercer certaines fonctions. Il faut aussi reconnaître que la spécialisation de chacun n'est pas possible, il est des gens qui se mobiliseront en esprit et d'autre par la force, chacun apportera ses compétences et ses moyens pour construire ensemble les fondations de ce pays qui doit réussir.


Les temps passés on a vu les Etats africains jouer avec la constitution et ce n'est pas juste. Comment torpiller la constitution pour vouloir pérenniser le pouvoir ou faire en sorte que la progéniture hérite du pouvoir : dévolution du pouvoir. Le monde ou toute construction a besoin d'être pensée puis exécutée selon des règles et procédures.
Comme l'architecte pour réussir un projet hérité d'une nébuleuse bancale et mal faite :


« Il vaut mieux tout casser, tout mettre à la poubelle, et tout reconstruire à neuf, pour obtenir quelque chose de solide »


Une méthode organisée est nécessaire, indispensable à la construction d'un Etat, d'un gouvernement actif, efficace, juste, solide, qui ne doit pas résulter du mélange des bricolages anciens, il nous faut penser à un plan général... Tout doit être pensé sérieusement et logiquement, que ce soit en politique, ou dans la vie

« Le monde va changer de base, nous ne sommes rien, soyons tout. » Chaque pays a ses spécificités sur lesquelles il faut se poser se baser pour pouvoir construire. On ne peut pas vivre dans la dépendance perpétuelle et les approximations ou éventualités.


Il y va du respect attendu et c'est pourquoi Donald TRUMP ne s'y trompe pas il se moque de l'Afrique, il n'attend rien de ce continent.


Nos ressources sont là et malgré cela nous ne contribuons qu'à un faible pourcentage des échanges mondiaux. Notre poids est de plume alors que nous sommes paradoxalement riches. On sait tous pourquoi, la détérioration des termes de l'échange, le manque de vision, la conservation du pouvoir et le l'absence de transparence dans les gestions des biens publics. Nous nous agrippons à nos coutumes, nos habitudes, alors que le monde innove, prend des risques écoute ses talents L'Afrique tue, vit dans la nébuleuse et ne cherche pas à révolutionner les mentalités.


Le Sénégal s'enlise dans la frustration, la violence, chacun veut guider ce pays, chacun veut être entraîneur à la place du chef.
La modestie et l'humilité doivent guider nos actions. Accepter l'esprit critique, ne pas occulter le débat constructif.


Tout peut être soumis à la sagacité des citoyens pourvu que cela nous fasse comprendre pour progresser.

Nous devons lutter contre l'assistanat et la fatalité et nous inscrire dans l'action, le sens de l'effort.


Il est temps que la jeunesse prenne le pouvoir, il est temps de secouer le cocotier et d'aller changer les opinions politiques en expliquant clairement la situation de ce beau pays qui s'égare et divise les populations traditionnellement si sont solidaires.


Il est temps de changer ce pays avec de nouvelles personnes et une éthique. Tout est possible aux acteurs qui veulent changer l'ordre des choses.
Organisés, unis, pragmatiques le Sénégal peut gagner la pole position et faire que tous les citoyens œuvrent ensemble.

De Casablanca à Dakar, le périple des commerçants sénégalais du désert–Du courage et de la volonté....


Le courage, la témérité et le goût du risque calculé.


"On n'a rien sans rien. Mais il faut dire que ce genre de périple est bien risqué et on se demande si cela vaut la peine. Ce genre de travail n'est pas à la portée de tous.Si ces commerçants y arrivent en prenant toutes les mesures sécuritaires et de prudence, c'est une bonne chose. En tout cas on ne dira pas qu'ils sont paresseux. Leurs familles devront être fières de ces hommes. Merci à l'ami Thierry DESSOLAS ex responsable de l'Institut Culturel Français de St Louis du Sénégal qui nous a soufflé cet article." P B CISSOKO

Plusieurs fois par semaine, des camionnettes chargées de toutes sortes de marchandises quittent Casablanca en direction de la capitale sénégalaise. Un périple de 3000 km, parcouru en trois à six jours, au gré des aléas de la route. Tel Quel a fait le périple.


Sur le parking en face du marché namoudaji de Casablanca, à proximité de Bab Marrakech, une dizaine de personnes se pressent autour d'une camionnette rouge immatriculée au Sénégal. Assis sur le siège avant de sa Fiat Scudo, le chauffeur, Laye, reçoit un à un les clients qui déposent sacs, valises et cartons. Des bagages chargés de toutes sortes de marchandises — des vêtements, des tissus, du savon noir, des chaussures, etc. —, sur lesquelles sont marquées au feutre noir les lettres D.A.K.A.R., la destination finale du véhicule. Sur son petit calepin, en travers de la feuille où sont inscrits le nom, le numéro de téléphone, le nombre de bagages et le prix sur lequel il s'est mis d'accord avec chacun de ses clients, le Sénégalais de 28 ans note avec application : "Peyé" ou "Pas péyé". Avant de tamponner le tout à l'aide d'un cachet au nom de sa SARL.


Les négociations avec ses clients marocains, Laye les fait dans un arabe à l'accent prononcé. "Je ne parle pas darija, je parle l'argent", plaisante le jeune homme, qui habite à cheval entre le quartier Bourgogne à Casablanca et le quartier des Parcelles Assainies, à cinq kilomètres du centre de Dakar. Il effectue au moins une fois par mois la longue traversée entre la métropole et la capitale sénégalaise, en passant par la Mauritanie. Une route de 3000 kilomètres qu'une dizaine de chauffeurs empruntent chaque mois, au volant de leurs fourgonnettes surmontées d'une montagne de marchandises enveloppées d'une bâche. Pour eux, une façon de faire du business. Pour les voyageurs qu'ils embarquent, un moyen de rentrer au Sénégal à moindre coût.


Le vendredi soir, la voiture de Laye est presque prête. Trois Sénégalais, dont un qui les quittera à Agadir, et deux Ivoiriens vont l'accompagner, moyennant 1200 dirhams par personne. Le départ est prévu à 21 heures, mais la Fiat ne prend pas son envol avant 1h30 du matin. "Ce n'est pas l'avion, hein, il n'y a pas d'horaires", s'amuse le chauffeur en réponse aux deux jeunes, Ali et Serge, qui s'impatientent de rentrer au pays voir leurs familles deux ans après leur arrivée à Casablanca.


Vêtu d'un jean troué et d'un tee-shirt noir imprimé d'un doré "Yves Saint Laurent", Laye court partout, téléphone vissé à l'oreille, pour récupérer les derniers bagages. Trois tonnes de marchandises et d'effets personnels en tout que le transporteur va acheminer jusqu'à Dakar. Mounir, à califourchon sur son scooter, est venu vérifier avant le départ que ses sacs ne soient pas trop écrasés. "Je vends plus de 90% de mes produits à des Sénégalais", explique le commerçant de la médina de Casablanca. A ses côtés, Lamine, handballeur sénégalais qui joue pour une équipe régionale marocaine, est venu ajouter deux derniers sacs, en plus de cinq bagages remplis de cadeaux pour sa famille. "J'ai déjà fait la route une fois, c'est très dur. Je préfère prendre l'avion et envoyer mes valises par voie terrestre. Ça m'évite de payer 1500 dirhams par bagage excédentaire", explique le jeune homme, qui a tout de même dû régler plus de 3000 dirhams à Laye.

Le temps de fixer les deux pneus de secours au sommet de la montagne de marchandises, et tout le monde prend place dans la voiture. Doucement, la camionnette rouge avance maladroitement dans les rues endormies de Casablanca, hésitant sous le poids des marchandises. Une fois sur l'autoroute, Laye change les vitesses, allume la radio et s'enfonce dans son siège. Cette nuit-là, il roulera non stop jusqu'à Agadir, où il fait une halte de plus de six heures. Mais sans une minute de repos : durant cet arrêt, le jeune Dakarois a couru dans tous les sens pour trouver une corde pour renforcer l'ingénieux montage qui risque de s'écrouler.
Puis il reprend la route.

Entre Tiznit et Guelmim, près de quinze heures après le départ, harassé de fatigue, Laye se penche de plus en plus sur son volant. "La route est dangereuse", explique le conducteur, qui redouble de concentration. Doublé par des camions, il roule prudemment à 40 km/h sur une fine ligne de bitume construite à flanc de montagne. "Je connais la route par cœur, je pourrais même rouler les yeux fermés", commence-t-il à mimer avant de se reprendre. "La route est dure, vraiment", insiste ce papa d'une petite fille d'un an et demi, qui passe près de la moitié du mois sur la route. Laye avoue être devenu plus prudent depuis son accident, il y a quatre ans, entre Tan-Tan et Guelmim, qui lui a laissé une cicatrice sur le front.


Mais il a la foi, explique-t-il en passant religieusement sa main sur la photo du marabout Serigne Touba scotchée au milieu du tableau de bord. Selon lui, ce cheikh très connu au Sénégal, fondateur de la confrérie des Mourides, lui "éclaire le chemin". Alors il écoute ses prêches à plein volume toute la nuit. Des paroles qu'il récite tout en claquant des doigts.


Quand la camionnette entre à Tan-Tan le lendemain soir, il est près de 23 heures. "J'ai faim", rugit Laye, imité par les voyageurs. Il se gare devant le restaurant sénégalais de Cheikh, grand bonhomme jovial au crâne rasé installé dans la ville depuis trois ans. Sa clientèle est constituée essentiellement des chauffeurs de camionnettes qui passent chaque semaine devant son établissement situé sur l'artère principale de la ville. Après avoir avalé un thiep bou dien, le plat national sénégalais préparé à base de riz et de poisson, Laye prévient qu'il va dormir à l'avant de sa voiture "deux ou trois heures". En attendant, certains voyageurs dégustent un café "touba" pour faire passer le temps dans la ville, déserte à 1h du matin. Assis à la table d'à côté, deux Marocains les interpellent. "Vous n'auriez pas une tablette ou un smartphone à vendre ? Ou même un sac à dos ou des vêtements ?", demandent-ils sous le regard abasourdi des jeunes Ivoiriens. "Nous n'avons pas grand-chose ici à Tan-Tan. Alors quand les voitures des Sénégalais passent, on en profite pour faire nos courses", expliquent les deux hommes, la cinquantaine passée.


Laye reprend le volant à 3 heures du matin, direction Laâyoune. Face aux camions qui restent pleins phares, le chauffeur plisse les yeux. Ali, un grand gaillard ivoirien en charge de la sécurité dans un café de Bouskoura, garde un œil attentif sur le chauffeur. "Je ne dors pas le cœur tranquille quand on roule la nuit", témoigne ce passager qui se réveille à chaque soubresaut. Cependant, dans la voiture, la plupart des passagers se sont endormis. Gagna, Sénégalais de 38 ans qui retourne au pays voir ses sœurs qu'il n'a pas vues depuis deux ans et demi, tapote sur le smartphone de Laye branché à la radio. Il gère la playlist qui enchaîne les grands tubes sénégalais de la saison. Au son de Waly ou de Youssou N'dour, il trouve de l'énergie pour simuler quelques gestes de danse, histoire de maintenir le conducteur à ses côtés en éveil. "Quand il dort, je dors. Quand il ne dort pas, je reste éveillé. Je ne veux pas le laisser seul donc je préfère l'accompagner et discuter", insiste ce copilote de fortune. Un rythme fatigant ? "Peut-être, concède-t-il, mais on est une famille". Avant d'augmenter à nouveau le volume.


La voiture arrive à Laâyoune le deuxième jour de route. Il est 10 heures du matin et il fait une chaleur assommante. Laye s'arrête dans un autre restaurant sénégalais où quatre de ses jeunes compatriotes qui travaillent dans la région viennent s'accouder à sa fenêtre. En wolof, ils rigolent, se donnent des nouvelles, mais n'oublient pas de négocier l'entassement de nouvelles marchandises dans la Fiat Scudo dont les pneus sont déjà éprouvés par le poids du chargement. Mais le businessman trouve toujours un recoin où caser un pot de lait en poudre ou un sac d'une trentaine de kilos d'oranges, sous le regard réprobateur des voyageurs, dont les places sont grignotées au fur et à mesure. "On a payé pour avoir des places", se plaignent Ali et Serge, les ivoiriens de la camionnette. Ils ont les jambes recroquevillées à cause des pastèques et boîtes de dattes posées entre leurs pieds. Ils profitent donc de la journée de pause à Laâyoune pour se dégourdir les jambes et faire un saut au hammam. "On est dimanche, ce n'est pas la peine de se précipiter, annonce Laye. Trois des passagers doivent passer au commissariat de Dakhla pour obtenir un laissez-passer et être sûrs de traverser la frontière car ils ont largement dépassé les trois mois de séjour autorisés".

L'équipage arrive le lundi au petit matin au carrefour entre la route nationale et celle qui mène à la presqu'île de Dakhla. "On ne passera pas la frontière avant sa fermeture à 18 heures", se désole Ganna, qui attend le retour de ses compagnons de voyage partis depuis 7 heures du matin. "J'ai hâte de serrer mes sœurs dans mes bras", soupire Ganna, installé depuis 2012 à Casablanca. Les formalités prennent plus de temps que prévu, mais ce n'est pas perdu pour tout le monde. "C'est bientôt ramadan, il y a plus de business", se réjouit Laye, qui a acheté à moindre prix semoule, sucre, huile et farine avant de passer la frontière avec la Mauritanie, à 384 kilomètres de là.


la partie la plus dure du voyage. Après avoir passé la matinée au poste-frontière de Guergarat, Laye réussit à faire passer sa voiture par la douane et l'immense scanner de contrôle. Il règle assez rapidement les formalités grâce à un "facilitateur", un Mauritanien qu'il connaît depuis qu'il a commencé à faire les allers-retours entre le Maroc et le Sénégal en 2008. A l'aide de bakchich à droite et à gauche, la camionnette rouge traverse le no man's land entre le Maroc et la Mauritanie, surveillée depuis une butte par la Minurso.


Sous une chaleur de plus de 40 degrés, le chauffeur reprend la route à 30 km/h alors que le macadam coupe le désert en deux d'une ligne droite. "Regarde, le goudron chaud et abîmé fait exploser les pneus", s'exclame Laye en montrant le cimetière de caoutchouc noir qui borde la route. "Parfois tu tombes en panne, mais il n'y a pas de mécanicien sur 200 kilomètres, il faut faire demi-tour et tu perds beaucoup d'argent", raconte en connaissance de cause le chauffeur.


Cela n'a pas manqué. Après des heures de mauvaise route, après avoir passé laborieusement les dunes de sable qui recouvrent la nationale, traversé Nouakchott et parcouru des kilomètres de piste, la roue arrière droite crève d'un claquement sec à seulement quelques kilomètres du Sénégal. Pas de panique, le chauffeur, habitué, arrête sa camionnette au milieu de la piste déserte et prend son cric dans l'espoir de soulever le véhicule chargé de plusieurs tonnes de marchandises. Un cric bien trop petit qui n'aurait jamais permis de changer la roue sans l'aide d'un Mauritanien au volant de son 4x4 qui passait par là. En reprenant le volant, Laye, tout sourire, arrive à capter la radio sénégalaise. L'arrivée au pays de la Teranga est imminente.


Au petit poste-frontière de Diama, même rituel qu'en Mauritanie. A peine la fine barrière en fer soulevée, le chauffeur salue Amadou, un "facilitateur" qui l'accompagne dans les démarches jusque de l'autre côté du fleuve Sénégal. Ici, tout le monde connaît Laye qui reprend le business qu'il avait délaissé en Mauritanie. Il liquide même jusqu'à son propre téléphone portable. "Je l'ai vendu 2000 dirhams, alors que je l'avais acheté moins de 1500", s'enthousiasme-t-il. Mais cette fois-ci, les négociations sont longues avec la douane sénégalaise qui lui demande plus de 300 000 CFA (5000 DH), soit le double du prix attendu par Laye. Des négociations qui se terminent dans les bureaux des douaniers, auxquels Laye vend parfums et chaussures que chacun essaie gaiement.


En six jours de voyage, la camionnette de Laye a été arrêtée près d'une trentaine de fois entre le sud du Maroc, la Mauritanie et le Sénégal. A chaque fois, le bakchich est roi, quelle que soit la nationalité des autorités. "Pourtant, je suis en règle", revendique Laye, qui s'acquitte de bon cœur des différentes amendes pour surcharge ou rétroviseurs cassés, en échange d'un reçu. "Mais les gendarmes veulent de l'argent", se plaint-il. Le businessman joue alors sur ses connaissances quand il le peut.


En pleine nuit, dans les rues désertes et ensablées de Saint-Louis à peine éclairées, la camionnette arrive à faible allure devant la petite boutique de Fatoumata, commerçante sénégalaise d'une quarantaine d'années. A la seule lumière d'une ampoule, Laye grimpe avec agilité sur sa cargaison. A l'aide de deux acolytes, il décharge les bagages, coupe les filets, jette des valises d'un côté, garde certains cartons de l'autre. Seulement onze grands sacs entrent dans la boutique aux portes de fer forgé de Fatoumata. "Ce sont des vêtements, des chaussures, des babouches, des parfums et autres produits que j'ai achetés à des commerçants marocains", explique la femme habillée de son jogging rouge et noir qui tient fermement dans sa main un portefeuille et un carnet de commande. Après avoir vérifié la marchandise, elle négocie une dernière fois le prix du transport, avant de tendre une liasse de plus de 570 000 francs CFA (8300 DH) à Laye.

Cela fait des années qu'elle travaille avec lui pour ravitailler sa boutique en produits marocains. Fatoumata achète des babouches pour 70 à 80 DH l'unité au Maroc, prix auquel il faut ajouter 20 DH pour le transport et les douanes. Mais les chaussures traditionnelles marocaines, qui font fureur à Saint-Louis, se revendent entre 200 et 300 DH. "D'autres sacs de marchandises doivent arriver dans une autre camionnette qui vient de Casa", souligne la commerçante qui renouvelle ses stocks tous les deux mois. Pour Laye et ses voyageurs, la route n'est pas encore finie. "Je ne suis pas fatigué, je suis mort", souffle Laye, qui a dû défaire tout son savant montage pour récupérer les sacs de Fatoumata.


Au lever du soleil, la camionnette démarre à nouveau. Laye effectue d'une traite les derniers kilomètres qui le séparent de Dakar, où l'attend sa femme. C'est elle qui gère leur petite boutique, située dans la rue d'à côté. "J'emporte tout le Maroc avec moi, même le goudron si je pouvais", explique le transporteur pour qui ce métier, épuisant, est une réelle source de revenu. Au total, il estime avoir transporté pour plus de 20 000 DH de marchandises dans sa voiture. "A la fin, il me reste entre 10 et 15 000 DH nets en fonction des aléas de chaque voyage", évalue-t-il, en plus des marchandises qu'il vendra dans sa propre boutique. Ce business en fait rêver plus d'un. L'un des Sénégalais de la voiture a d'ailleurs onze cartons de savon noir et d'huile d'argan sur le toit grâce auxquels il espère gagner 7000 DH nets. "Mon but, c'est d'ouvrir beaucoup de boutiques dans le centre de Dakar", rêve Laye, alors qu'il s'allonge dans la seule pièce qui compose sa maison. Dans une semaine, il reprend la route dans le sens inverse, cette fois-ci chargé de poisson séché, miel, tissus wax, riz et tam-tam.


https://mobile.telquel.ma/diaporamas/de-casa-a-dakar-le-periple-de-3000-kilometres-des-

Publié dans Société

C’est un candidat à la Présidentielle 2019, très confiant de sa victoire sur le président Macky Sall qui s’est livré aux questions de Sud quotidien. En effet, au delà de la posture du candidat «le plus apte» qu’il s’est taillé, Malick Gakou, leader du Grand parti (Gp) prédit «qu’il n’est même pas sûr que Macky Sall aille au second tour». Convoquant ainsi moult raisons, notamment le «boiteux Pse» qui selon lui «accélère la paupérisation des couches vulnérables» ainsi que «l’endettement» du pays, sans oublier l’analyse faite des résultats électoraux du président aux différentes élections, le Docteur en Sciences économiques dit être certain debattre Macky Sall en 2019. Il déchire ainsi le PSE et vante les mérites de son PASS.  
 

Vous avez été Ministre des Sports, vice-président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) et président du Guédiawaye Football Club (GFC). Croyez-vous aux chances de notre équipe nationale à la coupe du monde 2018 ?

Bien évidemment ! Le Sénégal a même des chances de gagner la coupe du monde. Nous avons des joueurs de renommée internationale et un entraineur qui a l’expérience d’une coupe du monde. Il nous faut juste nous mobiliser pour rassembler tout le peuple derrière les Lions pour les pousser à la victoire match après match.

L’équipe nationale est une affaire de peuple sénégalais, donc on devra tout faire pour ne pas la politiser. C’est un patrimoine national, raison pour laquelle j’ai été présent au dernier entrainement des Lions (le 25 mai au stade Senghor, Ndlr) pour les motiver et les encourager. Alors, faisons tout pour garder l’union sacrée des cœurs et des esprits autour de nos vaillants Lions et nous vaincrons sans complexe face aux nations du Monde. Je crois au Sénégal et à nos Lions.

Pourquoi pensez-vous qu’on est en train de politiser l’équipe nationale de football ?

L’affaire du Football n’est pas une affaire du pouvoir et de l’opposition. C’est l’affaire du Sénégal et en tant que patrimoine national, nous devons mobiliser toutes nos énergies autour de l’équipe nationale pour que l’équipe puisse se sentir dans les dispositions d’aller conquérir cette coupe du monde que le peuple réclame.

Vous faites allusion cérémonie de la remise du drapeau au Palais. Que suggériez vous ?

Loin de moi l’idée de conseiller le chef de l’Etat, je suppose qu’il a des conseillers. Mais, ce que je sais, c’est qu’il aurait fallut qu’au départ de l’équipe nationale qu’on sente un soutien de la population dans son ensemble. Cela n’a pas été le cas. C’est la raison pour laquelle, au sein de l’opposition, nous avons tout fait pour rencontrer les Lions, les encourager et les pousser à la victoire.

Parlons politique. Vous êtes candidat déclaré à la présidentielle de 2019. Pensez-vous être à mesure de remplir les conditions posées, notamment le parrainage avec au moins 0,8%  d’électeurs inscrits ?

Depuis la création du Grand Parti le 17 aout 2015, nous avons fait le tour du Sénégal, nous avons été dans les 45 départements du Sénégal pour parachever l’implantation et la massification du parti. Des tournées qui ont d’ailleurs repris depuis le 12 mai dernier, date de lancement de ma précampagne à Mbour. Les instances du parti sont très bien représentées dans l’ensemble des circonscriptions du Sénégal et le 09 Juin prochain, nous serons à Fatick.

Je tiens à signaler que nous avons été reçus très chaleureusement par la population lors de nos différentes tournées. C’est dire donc que cette population qui s’est confiée à nous, nous a permis de concrétiser le Programme Alternatif Suxali Senegaal (PASS). Elle fonde un immense espoir sur le Grand Parti et compte sur les valeureux hommes et femmes qui composent notre formation pour endiguer la crise qui prévaut au Sénégal.

C’est la première fois dans l’histoire politique du Sénégal qu’un parti propose un programme à moins d’un an de la présidentielle. Nous avons compris qu’il ne s’agissait pas seulement de critiquer le boiteux Pse du Président Macky Sall, il fallait une alternative et nous l’avons proposée aux Sénégalais sur la base de leurs orientations et préoccupations. Le Grand Parti a un maillage national et le nombre de signatures ne pose pas de problèmes.

C’est sur le principe et la méthodologie utilisés que nous sommes contre le parrainage. Toutefois, nous allons continuer à mener le combat contre le parrainage qui est une loi scélérate. Déjà, dans le cadre de l’unité de l’opposition qui est sollicitée et souhaitée par tout le monde, nous continuons le combat avec la mutualisation de nos forces.

Est-ce que votre cursus politique suffit pour que vous vous tailliez la veste du candidat le plus «expérimenté» et plus «compétent» que tous les autres qui aspirent à la magistrature suprême ?

Ma qualité de Docteur en Sciences économiques, spécialiste des politiques de développement, mon parcours et mon expérience dans la haute administration publique et en tant qu’administrateur de sociétés dans le privé, font que j’ai assez de compétences et d’expertises, pour incarner à juste titre, les valeurs du Sénégal moderne et développé de demain. Juste pour vous dire qu’aucun des candidats déclarés n’est plus apte que moi à diriger le Sénégal.

J’ai une expérience avérée de la chose publique et des affaires tant sur le plan national qu’au niveau international. Tout le monde s’accorde à dire que je suis un «self made man» et dans mon milieu d’origine, la grande banlieue dakaroise, je suis considéré comme un «Primus inter pares» et un modèle de rigueur, de compétence et de sérieux pour toutes les générations et particulièrement  pour la jeunesse.

Bien évidemment, on ne peut pas vanter ses propres qualités, mon sens de l’humilité qui constitue le socle de mon éducation m’interdit de m’épancher sur moi-même. D’autres le feront à ma place.

N’avez-vous pas raté le coche en perdant l’occasion de devenir maire de Guédiawaye, lors des locales de 2014 ?

Lors des dernières élections locales de 2014, j’avais décidé pour des raisons maintes fois expliquées de ne pas être candidat et de ne pas figurer sur les listes. Je suis un homme de principes et quand je donne ma parole, je la respecte. Aussi, tout ce que je peux vous dire, c’est que la population de Guédiawaye ne s’est jamais autant mobilisée derrière un homme, qui plus est, un des leurs, pour prendre en charge les changements dont le département a grandement besoin. Elle est déterminée à accompagner son fils que je suis et qui, depuis toujours, consacre son énergie, son engagement et ses moyens au rayonnement de sa localité. Candidat de l’espoir, je gagnerai ma Région, la Région de Dakar haut la main et je demeure convaincu, au regard de l’adhésion populaire que suscite ma candidature dans toutes les régions du pays et dans la Diaspora, que nous sortirons vainqueur du scrutin du 24 février 2019, pour le triomphe des valeurs et de la République.

Peut-on dire que Mankoo Taxawu Senegaal a volé en éclat au vu des candidatures qui se déclarent en son sein ? Et quelles peuvent être les conséquences de cette division ?

Mankoo Taxawu Senegaal était une coalition créée pour les législatives de juillet 2017, donc elle n’a plus sa raison d’être. Si la coalition Mankoo Taxawu Senegaal est maintenue jusqu’à présent, c’est pour soutenir le député maire Khalifa Ababacar Sall et gérer en harmonie nos députés à l’Assemblée nationale.

Une élection présidentielle est un tout autre registre, c’est le rendez-vous entre un homme et son peuple. Le principe d’une pluralité des candidatures a été retenu mais à condition que nous nous entendions auparavant sur une plateforme commune minimale. Il suffit que nous ayons deux à trois pôles oppositionnels forts pour en finir avec la majorité actuelle.

Et dans ce cas de figure, il n’est même pas sûr que Macky Sall aille au second tour car, il faut le dire la coalition Benno  Bokk Yakaar n’est plus ce qu’elle était en 2012. Elle s’est affaiblie au cours des dernières années avec mon départ de l’Alliance des forces de progrès (Afp) et les remous au sein du Parti socialiste (Ps). D’un côté, les militants socialistes qui soutiennent Khalifa Sall se sont ralliés à l’opposition. De l’autre, de nombreux cadres et militants de l’Afp m’ont rejoint. La crise de personnalité qui secoue le Parti au pouvoir est une indication claire de perspectives de défaite.

La seule certitude que j’ai, c’est que je battrai Macky SALL en 2019. C’est le résultat de mon constat et de la volonté populaire que les sénégalais m’ont exprimée partout où passe la caravane de l’espoir sur l’essentiel du territoire national et de la diaspora.

De  65% des suffrages lors de la présidentielle de 2012, Macky Sall est tombé à 49% aux législatives de 2017. L’électorat cumulé des régions de Dakar, Thiès, Diourbel et Kaolack, Kaffrine représente près de 70% de l’électorat sénégalais. Or, dans  ces quatre bastions,  Macky Sall ne peut espérer obtenir plus  de 35% des voix.

D’aucuns pensent que vous n’auriez jamais du quitter l’Afp. Qu’en dites-vous?

J’ai été exclu de l’Afp à la suite de divergences sur l’approche de son avenir face à la prochaine présidentielle et cela avec notamment Mme Mata Sy Diallo, Présidente des Femmes (Mounfep) et Malick Gueye, Secrétaire général national du Mouvement des jeunes pour le progrès (Mnjp). C’est une page tournée et nous rendons grâce à Dieu.

Le Grand Parti n’a pas trois ans et il compte énormément pour le Sénégal et la population nous le prouve tous les jours. Le Grand Parti incarne à présent l’espoir et nous allons triompher au soir du 24 février 2019 pour redresser et remettre le Sénégal au travail.

En quoi le PASS que vous proposez, serait-il meilleur que le PSE ?

Vous savez bien que le Pse a fini de montrer ses carences. Il tue l’industrie locale. Il crée du chômage et endette le Sénégal. Il n’amène pas le bien-être social, le pouvoir d’achat des ménages ne cesse de baisser depuis l’avènement du Pse. Entre le Pse et le Pass, il n’y a pas photo pour la bonne et simple raison que le Pse accentue la pauvreté, affaiblie les institutions de la République et ruine la Nation. Le Pse du Président Macky Sall met les étrangers au-devant de l’économie. Il ne croit pas à l’intelligence économique des Sénégalais et au génie entrepreneurial sénégalais alors que nous, nous voulons mettre les Sénégalais au-devant même si nous sommes pour l’ouverture.

Le Programme alternatif Suxxali Senegaal (PASS) est axé sur l’épanouissement social et culturel de l’homo-senegalensis au sein de sa famille, de son village et de sa ville et ambitionne de porter la qualité de la gouvernance politique et économique à un niveau qui renforcera les capacités de notre pays à répondre plus efficacement aux défis du développement. Le Pass est un Programme solide et chiffré, consigné sur la base des expériences des nombreux Cadres du parti, confrontées avec la réalité du terrain des bases politiques et des populations sénégalaises lors de nos tournées faites dans les 45 départements depuis octobre 2015.

2018 déclarée année sociale, qu’est-ce que cela vous inspire à travers le PASS ?

La politique sociale de Macky Sall est marquée du sceau de l’incohérence. 2018 est déclarée année sociale pour obtenir l’adhésion des couches vulnérables particulièrement les jeunes et les femmes bouleversés par les échecs du Pse et de sa croissance non inclusive. Quand nous avons annoncé dans le Pass que nous allions donner aux étudiants 50.000 FCFA de bourses, le gouvernement et ses affidés ont dit que c’était impossible. Il a fallu la mort regrettable de l’étudiant Fallou Sène, pour que le gouvernement débloque 50 milliards dont 8 milliards pour réduire le prix des tickets de restauration et augmenter les bourses.

La Délégation pour l’entreprenariat rapide (Der) est l’illustration la plus parfaite de l’échec de la politique de l’emploi du Président Macky Sall qui, face à son incapacité à régler le problème de l’emploi durant ces 6 dernières années, veut entrainer la jeunesse et les femmes dans le précipice de l’entreprenariat spontané mort-né juste pour satisfaire une clientèle politique. De toute façon, le peuple sénégalais à une claire lecture de l’incurie du gouvernement en matière de développement économique et le sanctionnera par une cuisante défaite de Macky Sall et une victoire éclatante du candidat de l’espoir Malick Gakou le 24 février 2019.

Alors quelles alternatives aux mesures sociales annoncées ?

Le Pacte social que nous préconisons dans le Pass indique assez clairement comment résorber durablement les questions liées à la pauvreté et au bien-être social des populations à travers une croissance inclusive génératrice de développement humain. C’est pourquoi nous préconisons entre autres : l’institution d’une prime de 25 000 FCFA à la naissance, le renforcement de Couverture maladie universelle à travers la Couverture maladie Universelle renforcée (Cmur) pour les enfants de 0 à 12 ans, la mise en place d’un Revenu minimum d’insertion ( Rmi) fixé à un montant annuel de 120 000 FCFA destiné à appuyer l’auto entreprenariat pour les jeunes de 18 à 30 ans, le relèvement de la bourse à 50 000 FCFA pour améliorer les conditions de vie des étudiants, la création de la Banque des Femmes dotée d’un Fonds de 100 milliards de FCFA leur ouvrant un accès plus facile au crédit et au financement de leurs activités productrices de revenus avec 0% d’intérêt, etc…

Vous posez des préalables pour participer au dialogue sur les ressources gazières et pétrolières du pays. Pourquoi ne pas prendre part à des discussions sur des questions aussi sérieuses ?

Je dis juste que sans confiance, aucun dialogue n’est possible. Il est établi que depuis longtemps, il n’y a plus de confiance entre l’opposition et le pouvoir. Parce que nous considérons que le dialogue auquel nous sommes conviés n’est pas sincère, il n’est pas un dialogue pour la défense des intérêts du Sénégal. C’est la raison pour laquelle, au niveau du Grand parti, nous avons systématiquement refusé toutes les mains tendues du président. L’histoire nous a donné raison puisque le 28 mai a été déclarée Journée nationale du dialogue et le 28 mai dernier, le président Macky Sall avait même oublié que c’est sa journée du dialogue. Parce que simplement, aucun pas significatif n’a été mené dans le sens du raffermissement de ce dialogue et de cette journée qu’il a promulgué. C’est-à-dire que tant que les conditions d’un dialogue sincère entre les acteurs ne sont pas établies, le Grand parti ne participera pas à un dialogue avec le pouvoir. Et, nous allons continuer à incarner la ligne de l’opposition radicale face à la politique de Macky Sall. Maintenant, sur les ressources gazières, nous admettons que c’est une question sérieuse qui appelle le sens de responsabilité, mais qui appelle également la prise de conscience des intérêts supérieurs de la Nation. Sur ces questions précises, nous pensons que, depuis le début, les questions liées au pétrole et au gaz sont foulées au pied. Vous avez suivi le long épisode du combat de l’opposition que je coordonnais à travers Mankoo Wattu Senegaal sur les implications des uns et des autres dans les contrats sur le pétrole et le gaz. Aujourd’hui, nous pensons que si le président veut sérieusement entamer un dialogue sur la question, il doit mettre à la disposition du peuple, les rapports de l’Ige. Il doit les déclassifier. Une fois qu’il aurait déclassifié ces rapports, nous verrons dans quelles conditions nous pouvons discuter avec lui.

Quel diagnostic faites-vous de la situation économique du pays, qui aurait selon certains un taux de croissance de 7,2% ?

Si croissance il y a, elle doit se ressentir dans le panier de la ménagère. Mais vous savez, car ce n’est un secret pour personne, l’économie sénégalaise se trouve dans un cycle de décapitalisation hardie. Nous consommons systématiquement plus que nous ne produisons. On s’endette vite et mal. Notre croissance n’est pas inclusive. La création de richesses est en panne. La vulnérabilité du chômage est chronique. La dépendance économique étrangère s’accentue vertigineusement et les principaux secteurs de l’économie sont en dépression. Le secteur privé national est en décadence absolue. C’est cela le décor non exhaustif du Pse. De plus, confronté à la réalité des paramètres du bien-être social et humain des populations, le Pse va accélérer le processus de paupérisation des couches vulnérables. Je me demande alors d’où sortent ces chiffres fantaisistes.

La Banque mondiale vient de prendre le contre pied des chiffres annoncés par le ministère de l’économie. Comment appréciez-vous cet état de fait ?

En ma qualité de Docteur en sciences économiques et de spécialiste des politiques de développement, j’ai toujours dit que les chiffres annoncés par le gouvernement de Macky Sall sont fabriqués. Ils sont totalement en porte-à-faux avec les réalités économiques du Sénégal.

Pourquoi ?

J’ai toujours démontré que malgré les fanfaronnades faites, les taux de croissance de 5, 6, 7%, même les chiffres des structures de l’Etat sont en contradiction. Vous avez vu que la Dpee a publié un taux de croissance contredit par l’Ansd. Aujourd’hui, la Banque mondiale vient encore une fois de corroborer mes propos en ce qui concerne la fausseté des chiffres annoncés par le gouvernement. Ensuite, le Pse a connu un échec patent dans l’application de ses désidératas sur la croissance et également sur les perspectives de développement économiques et sociales. Il est facile de mesurer le succès d’une politique économique à l’aune du bien être social et des progrès des populations. Aujourd’hui, tout le monde sait que le taux de croissance chanté par le gouvernement de Macky Sall est proportionnel à la précarité et à la pauvreté dans le pays. Plus, on avance des taux de croissance élevés, plus les taux de pauvreté augmentent, plus le chaumage endémique des jeunes s’accélère, plus le pouvoir d’achat des ménages se dégringole, etc. Et, les différentes crises qui secouent les secteurs de l’éducation et de la santé sont des illustrations parfaites de cette déchéance économique qui caractérise les échecs du Pse. Le Sénégal qui a un endettement qui dépasse les 6.500 milliards de Franc Cfa, pratiquement 68% du Pib, forme la crise économique sans précédent. Cela, nonobstant les 1200 milliards de l’Euro bond. Alors, je crois qu’il est clairement établi que le Pse est en porte-à-faux avec les intérêts du Sénégal. Le Pse ne croit pas au génie national du pays. Le Pse va couler le Sénégal. Nous allons arrêter cette hémorragie du Sénégal en mettant en exergue le Plan alternatif suxxali Sénégal qui est un plan suffisamment outillé, bien réfléchi et à même de résoudre les grandes équations du développement économique du pays. Et, c’est le sens du combat que je mène contre le gouvernement de Macky Sall, mais aussi le sens de ma volonté de battre Macky Sall en 2019. Par la grâce de Dieu et la volonté du peuple sénégalais, je battrais le président Macky Sall en 2019.

Quel est l’état de la démocratie dans le pays ?

Les espoirs qu’avait suscités l’avènement de la deuxième alternance au Sénégal pour une gouvernance démocratique vertueuse ont été déçus. A l’inverse, de vieilles pratiques, aux antipodes de l’élégance morale et civique, ont refait surface : la transhumance politique, le recyclage du personnel politique et les tentatives de musellement de l’opposition décriées par les citoyens, jettent le doute sur la crédibilité de notre modèle démocratique.

L’honnêteté et l’impartialité de l’Etat sont devenues des valeurs obsolètes pour le Gouvernement et ses alliés. La communauté sous-régionale et internationale n’a plus confiance en notre démocratie. Notre modèle de démocratie n’est plus l’exemple tant envié sur notre continent. Les acteurs politiques dépensent beaucoup d’énergie pour durer au pouvoir et occuper plusieurs fonctions. Ils ne mettent pas cette énergie au profit d’une réflexion ou d’actions en faveur du développement économique et social. Le peuple sénégalais s’interroge aujourd’hui sur la valeur qu’elle peut accorder à la parole donnée par l’homme politique tant celui-ci l’a habitué à de multiples reniements. Nous avons besoin d’un pays juste, plus solidaire et efficace.

C’est pourquoi, le Pass va changer et redresser le Sénégal pour valoriser notre potentiel économique, social et culturel au service exclusif de la défense des intérêts supérieur de la Nation Sénégalaise.

La cour d’appel a prononcé u renvoi ferme sur l’affaire Khalifa Sall. La défense et la partie civile se livrent une bataille sans merci. Qu’est ce que cette affaire vous inspire ?

Tout le monde sait qu’au Sénégal, nous avons une justice qui est sous le joug de l’exécutif. Contrairement aux décisions et à la volonté des Assises nationales, le président de la République continue encore à diriger le Conseil supérieur de la magistrature. C’est la raison pour laquelle, nous, au niveau du Grand parti, nous militons dans le cadre du Pass pour la mise en place d’une Cour constitutionnelle, dirigée par des magistrats qui gèrent eux-mêmes leur plan de carrière de manière efficace, juste et équitable. Il faut une séparation nette des pouvoirs.

C’est la raison pour laquelle, dans le cadre du procès de Khalifa Sall, nous sommes en droit de penser que la justice est instrumentalisée de sorte que tout le monde peut douter de l’issue de ce procès en appel. C’est la raison pour laquelle, en tant que proches de Khalifa Sall, nous dénonçons la manière scélérate avec laquelle le processus de son jugement a été conduit. Tout de même, nous faisons confiance à la justice. Nous pensons  que les magistrats sont conscients de l’enjeu de ce procès, mais également de l’importance qui requiert par rapport à cette autonomie de justice que la loi a mis entre leur main. Nous pensons que la Cour d’appel fera le nécessaire pour juger Khalifa Sall dans les conditions les plus appropriées. Je suis persuadé que dans ce cas de figure, Khalifa Sall recouvrera la liberté.

SudOnline

Publié dans Politique

L'Afrique est incontestablement un continent de jeunes, pourtant leur implication dans la vie politique reste limitée. Ils se méfient des partis, des institutions, des processus électoraux... Du coup, ils s'abstiennent de voter.
Comment renverser la tendance ? Qu'en est-il dans votre pays ?

Emission enregistrée à l'occasion de la 2ème Université d'Eté des Jeunes cadres des partis politiques en Afrique, qui se tient à Kigali.
Invités :

Emna Dridi, 29 ans, tunisienne, membre d'Ennahda
Alvine Henriette Assembé, 32 ans, camerounaise, militante RDPC
Luc Damiba, burkinabè, sympathisant du Balai Citoyen
Chantal Uwimana, ex-directrice Afrique de Transparency International, consultante sur les questions de bonne gouvernance

Pour participer à l'émission, contactez-nous :
* Par téléphone :
de France : 09 693 693 70
de l'étranger : 33 9 693 693 70
* Par e-mail : nous écrire

N'OUBLIEZ PAS DE NOUS COMMUNIQUER VOTRE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE (avec l'indicatif pays)
Pour nous suivre :
* Facebook : Rfi appels sur l’actualité
* Twitter : @appelsactu

Publié dans Afrique
Page 1 sur 2

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

Video galleries

logotwitterFacebook