Filtrer les éléments par date : mercredi, 13 juin 2018

Le Sénégal figure parmi les pays les plus attractifs en Afrique subsaharienne pour les investisseurs. Le pays gagne ses galons dans les différents classements sur la compétitivité des économies mondiales (Doing business, Standards & Poor’s, Moodys, etc.).
Au-delà de sa stabilité politique régulièrement mise en avant, le Sénégal est caractérisé par une économie ouverte et stable, ne faisant pas de discrimination entre sénégalais et non sénégalais en matière d’investissements (une société de droit sénégalais peut être détenue à 100% par des étrangers).

Dans cette optique, plusieurs évolutions qui confirment une tendance de recherche d’efficacité, de sécurité juridique et d’encouragement des investissements méritent d’être relevées.

Le Bureau d’Appui à la Création des entreprises a été mis en place pour permettre le raccourcissement  considérable des délais de création des sociétés.

Les innovations apportées en droit des sociétés – OHADA ont permis de multiplier les options en matière de structurations des opérations d’investissement, notamment avec l’introduction de la SAS et de sociétés à capital variable, la reconnaissance juridique des bureaux de représentation qui permettent une implantation progressive des investisseurs, l’introduction de nouvelles catégories de valeurs mobilières plus adaptés à l’ingénierie juridique et financière.

Des mesures importantes ont été prises dans des secteurs ciblés jugés prioritaires : ressources naturelles (adoption d’un nouveau code minier, revue du cadre réglementaire dans le domaine du pétrole), renforcement des capacités en matière de PPP, énergies renouvelables.

Ainsi, plusieurs réformes fiscales sont menées :

    l’adoption en 2017 d’un nouveau dispositif d’incitation applicable aux zones économiques spéciales permettant aux entreprises de bénéficier d’avantages fiscaux, douaniers et sociaux et de garanties sur la propriété (notamment foncière), et
    l’adoption en mars 2018 de modification du code général des impôts renforçant le dispositif d’incitation fiscale, notamment pour les entreprises intervenant dans les énergies renouvelables, les mines, le pétrole et l’industrie agricole.

Enfin, dans le cadre de cette réforme, la sous-capitalisation et le prix de transfert ont été clarifiés et précisés.

Cette amélioration du dispositif juridique et fiscal, menée en parallèle avec la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergeant (PSE) qui est un vivier de projets devrait renforcer l’attractivité du Sénégal pour les investisseurs. Les découvertes récentes de gisements pétroliers et gaziers ne pourraient qu’accroître cette attractivité.

Toutefois, même si les signaux sont positifs, les investisseurs qui opteront pour la destination Sénégal devront rester vigilants sur certains aspects : le taux de change car, malgré le caractère fixe de la parité du CFA par rapport à l’euro la monnaie locale subit les variations entre l’euro et les autres devises, l’encadrement strict de la sortie de devises, le foncier qui nécessite une réforme profonde, etc.

Il est aussi souhaitable que la mise en place des divers projets du PSE soit accélérée pour accroître la confiance des investisseurs.

Jeune Afrique

Publié dans Economie

L'ancien Premier ministre d'Ibrahim Boubacar Keïta fait partie de ses challengers déclarés à la présidentielle du 29 juillet. Membre de la « Convention des bâtisseurs », une coalition d'opposants, il se dit aujourd'hui prêt à se ranger derrière un autre candidat pour assurer une qualification au second tour.

Il est présenté comme un des plus sérieux prétendants à la succession d’IBK. Après une première candidature en 2013, où il avait récolté 1,5 % des voix, Moussa Mara, ex-Premier ministre du président sortant d’avril 2014 à janvier 2015, a annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle du 29 juillet.
À moins que l’ambitieux expert-comptable de 43 ans ne s’efface au profit d’un autre candidat de la « Convention des bâtisseurs », la coalition d’opposition dont il fait partie. Dans l’entretien accordé à Jeune Afrique dans son bureau de Bamako, il lance notamment un appel à Cheick Modibo Diarra, l’ancien Premier ministre de la transition, dont il se dit proche.

Jeune Afrique : C’est la deuxième fois que vous vous présentez à l’élection présidentielle. Qu’avez-vous de plus à proposer aux Maliens qu’en 2013 ?

Moussa Mara : Il y a cinq ans, il s’agissait d’une candidature de témoignage et de découverte. Nous savions que nous partions de très loin pour prétendre gagner. En 2013, j’avais présenté une candidature unique, pour découvrir le pays, présenter mes idées aux Maliens, me distinguer, me faire connaître et prendre date pour le futur.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. J’ai été ministre puis Premier ministre. Nous avons aussi obtenu des députés à l’Assemblée nationale, ce qui nous a permis d’implanter davantage notre parti Yelema (le changement, en bambara) et de nous préparer pour 2018. Cette fois, nous nous présentons pour gagner, seul ou en groupe.Comme Ghislain Bertrand Bouanga, des victimes ont laissé éclater leur colère quelques heures après l’annonce de la libération provisoire de Jean-Pierre Bemba, acquitté vendredi 8 juin par la Cour pénale internationale (CPI), à la surprise générale, de « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ».
Des exactions « impunies »

Entre octobre 2002 et mars 2003, appelés à la rescousse par le président centrafricain Ange-Félix Patassé pour contrecarrer la tentative de coup d’État lancée par le général (et futur président) François Bozizé, les miliciens « banyamulenge » du MLC de Jean-Pierre Bemba se sont livrés, sans retenue et pendant plus d’un mois, à de terribles sévices dans la capitale centrafricaine.

    Nous allons nous adresser au gouvernement pour sortir immédiatement de la CPI. La Centrafrique n’est plus dupe !

Des exactions restées « impunies », selon Bernadette Sayo, fondatrice de l’Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse (Ocodefad, ONG créée en 2004 en soutien aux victimes des « Banyamulenge »).

« Dépenser des dizaines et des dizaines de millions de dollars de fonctionnement de cette CPI pour en arriver à ce résultat, alors que ça ne change rien au sort des victimes… », rage-t-elle, avant d’ajouter : « Nous allons nous adresser au gouvernement pour sortir immédiatement de la CPI. La Centrafrique n’est plus dupe ! »
« La CPI ne vaut rien ! »

« La CPI ne vaut rien ! », abonde Ghislain. Lui craint que cette décision ne favorise l’impunité des chefs de guerre du pays, dont l’État ne contrôle qu’une mineure partie du territoire et où les groupes armés se battent pour le contrôle des ressources et de l’influence locale.

« Nous croyons que [la CPI] est en train d’encourager les criminels, les grands criminels tel qu’Ali Darassa [chef du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique], Noureddine Adam [chef du groupe armé Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique] et les « comzones ». Ils tuent, ils pillent, ils violent, ils font tout dans le pays et par la suite on va dire qu’ils ne sont pas coupables ! », s’énerve-t-il.

    Ils ont violé ma fille et m’ont violée

Dans la mémoire de nombreux habitants de Bangui, l’intervention des combattants du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba – qui deviendra en 2003 vice-président de la RDC puis sera battu à l’élection présidentielle de 2006 par Joseph Kabila – a laissé des traces indélébiles.

« Quand les Banyamunlenge sont arrivés chez nous, près de la concession de l’école Begoua, ils ont violé ma fille. J’ai commencé a pleurer, et d’autres sont arrivés et m’ont violée. Quand mon mari s’est interposé, ils l’ont tué », raconte d’une voix tremblante Marie (le prénom a été changé) en se grattant compulsivement le bras. Cela faisait des années qu’elle n’avait plus parlé de son calvaire.

Aujourd’hui, elle veut oublier, et ne nourrit aucune colère contre la décision de la CPI. Pour elle et d’autres victimes, Jean-Pierre Bemba n’est pas responsable, puisqu’il n’était pas là au moment des faits.
Dédomagements

« C’est la faute du commandant des « Banyamulenge » à Bangui et non de Bemba. Bemba n’est jamais venu sur le terrain. C’est la personne sur le terrain qui devait surveiller ses éléments », explique Joséphine (le prénom a été changé), une autre femme violée par les combattant du Mouvement de libération du Congo (MLC).

Nelly (le prénom a été changé), également victime d’un viol, partage cet avis, mais souhaiterait être dédommagée. « Si Jean-Pierre Bemba est conscient de ce qui nous est arrivé, il n’a qu’à nous dédommager des viols et des pillages ».

À Bangui, l'acquittement et la mise en liberté provisoire mardi 12 juin du Congolais Jean-Pierre Bemba a suscité l’incompréhension des victimes centrafricaines des razzias commises par les miliciens de l'ancien vice-président congolais.

Seize ans après les faits, les souvenirs sont encore à vif. « Ils ont attrapé deux de mes sœurs et les ont tuées », se rappelle depuis Bangui Ghislain Bertrand Bouanga. « Ils ont tué ma mère aussi et ils ont pris tout ce qui était dans la maison. Ils ont ligoté ma sœur cadette, l’ont fouettée et l’ont violée. Depuis, elle est handicapée, ses bras ne marchent plus car ils ont serré les liens trop fort. Elle a passé une année à l’hôpital, en traumatologie. Elle saignait à cause du viol », témoigne-t-il.

Par Jeune Afrique avec AFP

Publié dans Afrique

L'ancien Premier ministre d'Ibrahim Boubacar Keïta fait partie de ses challengers déclarés à la présidentielle du 29 juillet. Membre de la « Convention des bâtisseurs », une coalition d'opposants, il se dit aujourd'hui prêt à se ranger derrière un autre candidat pour assurer une qualification au second tour.

Il est présenté comme un des plus sérieux prétendants à la succession d’IBK. Après une première candidature en 2013, où il avait récolté 1,5 % des voix, Moussa Mara, ex-Premier ministre du président sortant d’avril 2014 à janvier 2015, a annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle du 29 juillet.
À moins que l’ambitieux expert-comptable de 43 ans ne s’efface au profit d’un autre candidat de la « Convention des bâtisseurs », la coalition d’opposition dont il fait partie. Dans l’entretien accordé à Jeune Afrique dans son bureau de Bamako, il lance notamment un appel à Cheick Modibo Diarra, l’ancien Premier ministre de la transition, dont il se dit proche.

Jeune Afrique : C’est la deuxième fois que vous vous présentez à l’élection présidentielle. Qu’avez-vous de plus à proposer aux Maliens qu’en 2013 ?

Moussa Mara : Il y a cinq ans, il s’agissait d’une candidature de témoignage et de découverte. Nous savions que nous partions de très loin pour prétendre gagner. En 2013, j’avais présenté une candidature unique, pour découvrir le pays, présenter mes idées aux Maliens, me distinguer, me faire connaître et prendre date pour le futur.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. J’ai été ministre puis Premier ministre. Nous avons aussi obtenu des députés à l’Assemblée nationale, ce qui nous a permis d’implanter davantage notre parti Yelema (le changement, en bambara) et de nous préparer pour 2018. Cette fois, nous nous présentons pour gagner, seul ou en groupe.

Jeune Afrique

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Sartre : "L'enfer, c'est les autres"par S BLANC le.point


Ce n'est pas une guerre de tous contre tous que dépeint Sartre, mais un drame intérieur à la conscience, qui se découvre exposée au regard d'autrui. Explications.
Par Sébastien Blanc


| Le Point.fr

 

L'écrivain Jean-Paul Sartre assiste, le 27 septembre 1979 à Paris, aux obsèques de Pierre Goldman, activiste d'extrême gauche.
© AFP/ Gabriel Duval


« L'enfer, c'est les autres. » Cette phrase de Huis clos de Sartre prête à contresens. On la comprend souvent comme simple modulation de la phrase tout aussi célèbre de Hobbes : «  L'homme est un loup pour l'homme.  » Pourtant, ce n'est pas une guerre de tous contre tous que dépeint Sartre, c'est un drame intérieur à la conscience, par quoi elle se découvre exposée au regard d'autrui. Pour le saisir, il faut revenir à ce que dit Garcin, l'un des trois personnages de la pièce, à la fin de Huis clos : «  Tous ces regards qui me mangent. [...] Pas besoin de gril, l'enfer c'est les autres.  » L'enfer ne relève pas de la torture physique, mais du fait de ne jamais pouvoir s'extraire du jugement d'autrui.


Descartes nous a familiarisés avec l'idée d'une conscience solitaire, souveraine et impénétrable. Ce solipsisme, s'il existait, serait en quelque sorte un paradis. L'enfer, c'est de découvrir que nous sommes une conscience sans repli ni intériorité, privée de ses secrets. L'enfer, c'est donc moins l'isolement et l'obscurité que la transparence et la pleine lumière. Mais pour l'athée qu'est Sartre, que peut bien signifier l'enfer (comme le paradis)  ?

L'expérience de la honte nous en donne, ici-bas, un avant-goût. Imaginons, comme nous le propose L'Être et le Néant (1943), que je sois surpris à regarder par jalousie à travers le trou d'une serrure. C'est l'irruption d'autrui qui confère à mon acte sa signification.

C'est dans son regard que je réalise que je suis un mari jaloux en train d'espionner. La honte est honte de soi mais devant autrui. «  Ma chute originelle, écrit encore Sartre, c'est l'existence de l'autre.  » Non pas en raison d'une quelconque faute, mais parce qu'autrui fait de moi une chose ou un objet dans le monde.


Qui était Sartre ?


Philosophe, écrivain et dramaturge, Jean-Paul Sartre (1905-1980) s'impose dans les années 1950 comme le pape de l'existentialisme. Pour lui, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il fait de sa vie, comme il l'exprime dans ses essais L'Être et le Néant (1943), L'existentialisme est un humanisme (1946), mais aussi dans ses pièces de théâtre - Les Mouches (1943), Huis clos (1944), Les Mains sales (1948) - et ses romans : La Nausée (1938), Les Chemins de la liberté (1945-1949). Il s'engage ensuite dans l'action politique aux côtés du Parti communiste, puis des mouvements gauchistes à partir des années 1970

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Élise Lépine
Le-point.fr

Publié dans Société
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