Filtrer les éléments par date : vendredi, 04 mai 2018

 

Comment l'agriculture peut-elle répondre au besoin d'emploi des jeunes au Sénégal ? par Abdoulaye Samba NDIAYE Professeur éco gestion en France


On peut le suivre dans ses revues de presse à sa façon sur FB. PBC 

La crise migratoire du début des années 2000, qui a culminé en 2006 avec le départ massif de jeunes des côtes ouest-africaines, a révélé l'acuité de la question de l'emploi des jeunes en Afrique subsaharienne et des risques de déstabilisation qui peuvent en découler.

Au Sénégal, le phénomène a connu un écho particulier du fait de la détermination des jeunes à rejoindre l'Europe (« Barça ou Barsakh »), souvent avec la bénédiction de leurs parents. Pour juguler le phénomène, le gouvernement du Sénégal, avec l'appui financier de l'Espagne et de la France, avait proposé un Plan de retour vers l'agriculture (REVA).

En réalité, la crise migratoire n'est que le révélateur d'un problème plus délicat : chaque année, environ 300 000 nouveaux actifs arrivent sur le marché du travail alors que les structures économiques peinent à créer des opportunités d'emplois pouvant absorber ces flux. La population sénégalaise (13,5 millions d'habitants en 2013) est caractérisée par sa jeunesse, la moitié de la population étant âgée de moins de 18 ans, et un taux d'accroissement annuel moyen de 2,7 %, encore élevé.

Comme dans les autres pays d'Afrique, les réponses de l'Etat ont souvent consisté à créer des agences et des fonds de promotion de l'emploi des jeunes et à soutenir l'apprentissage. Partout, les résultats de ces initiatives ont été généralement décevants, mettant en exergue le décalage entre les stratégies proposées et la réalité des structures économiques. De plus, ces initiatives ont souvent peu pris en compte les besoins des jeunes ruraux, se concentrant davantage sur la situation des jeunes diplômés plus visibles et mieux organisés.

Récemment, de nouvelles orientations ont émergé, considérant l'agriculture comme la solution idéale. Au Sénégal, d'importants moyens financiers ont été déployés dans le cadre des projets de l'Agence nationale d'insertion et de développement agricole (ANIDA, ex Plan REVA) et du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC). Il reste à évaluer rigoureusement ces expériences, en particulier leur efficience et leur efficacité. En plus de comparer le niveau d'engagement financier avec le nombre d'emplois créés, il faudrait aussi interroger la viabilité et la durabilité de ces modèles. Le coût approximatif du PRODAC est de 100 milliards FCFA sur cinq ans.

Entre 2008 et 2010, l'Agence nationale du Plan de retour vers l'agriculture (AN-REVA), devenue l'ANIDA en 2012, a mobilisé 10,199 milliards FCFA, dont 7,156 milliards provenant des partenaires techniques et financiers et 3,043 milliards du budget de l'Etat. Le fonctionnement représente 15 % de ce financement. Le budget cumulé de 2011 et 2012 s'élève à 8,423 milliards. Au début de l'année 2016, le directeur général de l'ANIDA a indiqué que sa structure a réalisé, entre 2008 et 2015, 79 fermes villageoises et familiales dans lesquelles travaillent 10 000 jeunes agriculteurs sénégalais, pour un budget d'environ 17 milliards FCFA.

Conditions requises pour que l'agriculture absorbe une bonne partie des nouveaux actifs


La transformation structurelle de l'agriculture est une condition préalable pour accroître la productivité du travail et le niveau des revenus. Elle suppose des investissements conséquents dans la recherche, le conseil agricole, la mécanisation, la disponibilité d'intrants de qualité (semences et engrais), le bon fonctionnement des marchés d'intrants et de produits avec des incitations appropriées et un crédit adapté. Elle doit s'insérer dans une stratégie globale de développement des entreprises et des services le long des chaînes de valeur.

En développant un tissu de petites entreprises adossées à des chaînes de valeur porteuses, celles-ci vont constituer un réservoir d'emplois pour des jeunes formés. L'exemple de la filière du riz irrigué au Sénégal est assez illustratif. Dans la vallée du fleuve Sénégal, il existe 458 décortiqueuses privées qui transforment près de 77 % du riz paddy (c'est-à-dire un riz non décortiqué, qui a conservé sa balle) produit dans la vallée. En même temps, 28 rizeries ou mini-rizeries fonctionnelles proposent un riz de qualité, apprécié des consommateurs urbains. Une politique agricole et industrielle qui se préoccupe de création d'emplois devrait proposer des stratégies spécifiques d'appui à ces petites entreprises afin de les faire évoluer vers des standards de qualité et accompagner celles qui sont capables de grandir. Malheureusement, les options politiques sont souvent plus favorables à l'investissement privé étranger à grande échelle et ne sont pas forcément créatrices d'emplois.

Par ailleurs, le développement de la chaîne de valeur du riz irrigué, avec les investissements publics et privés dans les aménagements et la mécanisation, ouvre la voie à l'émergence de petites et moyennes entreprises de prestations de services et des métiers qui en découlent : services d'entretien et de maintenance, gestion, logistique, conduite d'engins... Une politique réfléchie de formation professionnelle ciblant les jeunes et intégrée à la politique agro-industrielle de développement de la chaîne de valeur permettra de réaliser un saut qualitatif durable.

On le voit, l'enjeu fondamental est de repérer les filières porteuses, d'y investir de façon massive et ciblée, en privilégiant la connexion des agricultures familiales au marché par le biais du développement de petites entreprises, en amont comme en aval de la production. Il est donc nécessaire de repenser la politique agricole, notamment son volet création d'emplois, en valorisant des initiatives qui connectent les systèmes de production et l'organisation sociale et qui puissent trouver leur rythme de croisière et se développer comme de véritables entrepreneurs agricoles.

Enfin, la politique foncière est un aspect fondamental à prendre en compte, dans la mesure où les jeunes rencontrent souvent de fortes contraintes d'accès à la ressource. Une étude récente de l'IPAR a montré que la croissance démographique et l'émiettement du patrimoine foncier dû à l'héritage freinent beaucoup de jeunes dans leur désir d'engager des activités agricoles lucratives. Pourtant, dans le delta du fleuve Sénégal, la mobilité relative du foncier par la location ou la vente de terres (transactions illicites au regard de la loi) facilite l'accès des jeunes au foncier, se traduisant ainsi par leur plus grande implication dans la production agricole. La Loi sur le domaine national interdit toute vente ou location de terres. En fait, sur les terres agricoles sous juridiction du domaine national, les producteurs n'ont qu'un droit d'usage et ne peuvent donc aliéner ces terres. Seul le conseil rural a la prérogative d'affecter ou de désaffecter les terres du domaine national. Cependant, dans la pratique, il existe de nombreuses transactions sur le foncier, surtout dans les zones où il y a une forte pression sur la terre.

Des opportunités à capter et à soutenir


Aujourd'hui le monde rural représente 55% de la population sénégalaise, mais la société s'urbanise progressivement. Cette tendance et les évolutions inéluctables qu'elle engendre (changement de modes de consommation, hausse du niveau de vie) constituent des opportunités intéressantes si cette demande économique est connectée à une offre agroalimentaire nationale et locale. Ainsi, une politique de décentralisation intelligente, qui appuierait le développement des villes secondaires, offrirait de nouveaux débouchés à une agriculture familiale de type commerciale, renforçant ainsi son rôle de pourvoyeur d'emplois viables et rémunérateurs pour les jeunes. Si l'Etat prenait la résolution de développer de nouveaux pôles régionaux, en dehors de Dakar, en les dotant d'infrastructures et de ressources et en leur permettant une gestion décentralisée de ces ressources, ces pôles secondaires constitueraient un débouché naturel pour une agriculture en transformation connectée au marché local. Outre les maillons aval des chaînes de valeur agricoles, les activités non agricoles peuvent constituer une source d'emplois non négligeable pour les jeunes. Dans la situation actuelle, la plupart des villes secondaires sont dépourvues de tout et ne peuvent offrir aucune alternative aux jeunes, obligés de partir à Dakar ou en Europe.

Qu'en pensez -vous? Selon vous, que pouvons-nous faire pour réduire le chômage? Quel est le rôle de l'agriculture? Laissez vos commentaires.
Abdoulaye Samba NDIAYE Professeur éco-gestion en France

Publié dans Société

La délocalisation de certains ministères, directions et services de l’Etat à Diamniadio prend forme. Le président Macky Sall a réuni le premier Conseil des ministres hier, mercredi 2 mai, à la sphère ministérielle située dans le 1er arrondissement de ce Pôle urbain. Occasion pour le chef de l’Etat d’inviter le  Premier   ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne à  «hâter le processus» de déménagement et d’installation des ministères et agents concernés et de faire prendre les mesures d’accompagnement appropriées.

 

Certains ministères, directions et services de l’Etat vont bientôt être délocalisés vers le Pôle urbain de Diamniadio. En Conseil des ministre hier, mercredi 2 mai, le chef de l’Etat a invité le Premier ministre «à hâter le processus de déménagement et d’installation des ministères et agents concernés, de faire prendre les mesures d’accompagnement appropriées et à veiller à la mise en œuvre cohérente de la nouvelle politique immobilière de l’Etat qui vise à optimiser l’exploitation et le développement du patrimoine immobilier de l’Etat», informe le communiqué de ce premier conseil que le président Macky Sall a réuni à Diamniadio.

Déjà, entamant sa communication sur l’inauguration de la sphère ministérielle située dans le 1er arrondissement, le chef de l’Etat a magnifié «la tenue, pour la première fois, du Conseil des ministres, à Diamniadio, dans les nouveaux bâtiments administratifs de dernière génération. En effet, à travers cet acte un du renouveau du service public, le président de la République rappelle que trois sphères ministérielles y seront érigées pour donner corps à son ambition de bâtir une administration moderne, performante, peu coûteuse, au service de la citoyenneté et de l’émergence.»

 

En outre, le président Sall qui a félicité tous les acteurs et les partenaires de l’Etat, pour la réalisation de  ce  «chef d’œuvre architectural», a indiqué que cette sphère ministérielle «va accueillir plusieurs ministères et des milliers d’agents de l’Etat, dans un cadre de vie de standard international, soutenu par une dynamique de rationalisation et de mutualisation des ressources publiques, engagée depuis 2012», ajoute la source.

VEILLER SANS RELACHE AU RENFORCEMENT DU BIEN ETRE DES TRAVAILLEURS

 

Poursuivant sa communication autour de la célébration de la fête du travail et de la consolidation du nouveau contrat social pour l’émergence, Macky Sall a félicité l’ensemble des travailleuses et travailleurs du Sénégal, tout en leur réaffirmant toute sa considération et ses encouragements. Il a aussi remercié les centrales syndicales pour leur mobilisation et leur sens des responsabilités. 

 

Ainsi, le président de la République «demande au gouvernement de veiller sans relâche au renforcement du bien être des travailleurs dans un esprit de dialogue constructif pour améliorer, durablement la productivité et la compétitivité de l’économie nationale. Enfin, le chef de l’Etat rappelle au gouvernement l’impératif de consolider en permanence le partenariat entre l’Etat, les Syndicats et le Patronat, base essentielle du nouveau contrat social qui sous-tend la matérialisation effective, dans tous les secteurs d’activités, de sa vision d’un Sénégal Emergent au service de toutes les populations.»

 

ASSEOIR LA STABILITE DURABLE DU SECTEUR DE L’EDUCATION… «L’ECOLE DU FUTUR»

 

Abordant la stabilité dans le secteur de l’éducation et le suivi permanent de la mise en œuvre des décisions des Assises de l’éducation et de la formation, le président Sall s’est félicité des accords conclus entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants. A cet égard, il a demandé au gouvernement de «prendre toutes les dispositions pour l’application effective, dans les délais indiqués, de sa décision portant sur des mesures exceptionnelles d’augmentation de 40.000 FCFA de l’indemnité de logement allouée aux enseignants qui sera portée à 100.000 FCFA en 2020.»

 

Aussi a-t-il engagé le gouvernement a «asseoir la stabilité durable du secteur de l’Education par un suivi rigoureux de la mise en œuvre des recommandations et décisions des Assises nationales sur l’éducation et la formation, dans le but de consolider, dans le consensus et dans l’esprit de la vision d’un Sénégal Emergent «l’Ecole du futur» une véritable Ecole de la réussite et de l’excellence», précise le texte. 

 

REHABILITATION DES PONTS DE TOBOR ET D’EMILE BADIANE A ZIGUINCHOR ET PROGRAMME «ZERO BAC» POUR DESENCLAVER L’ILE A MORPHIL

Abordant le renforcement de la politique de désenclavement interne et externe du Sénégal, le président Sall s’est réjoui du «lancement du programme « Zéro Bac » pour accélérer le désenclavement de l’île à Morphil et la valorisation des potentialités agro- industrielles de la Vallée du Fleuve Sénégal.»

 

Dans la même perspective, le président de la République a exhorté le gouvernement à «prendre toutes les dispositions requises, en vue de finaliser le processus de réhabilitation des Ponts de Tobor et d’Emile Badiane à Ziguinchor, l’exécution des travaux de la boucle du Boudié ainsi que ceux du pont sur le Fleuve Gambie, dont l’achèvement est prévu en décembre 2018», lit-on dans le document.

 

POUR LA CONSTRUCTION DU PONT DE ROSSO, DU PORT FLUVIOMARITIME DE  SAINT-LOUIS…

 

En outre, Macky Sall a enjoint le gouvernement, en accord avec la partie mauritanienne, «à veiller à l’accomplissement de toutes les diligences nécessaires à la réalisation, dans les délais contractuels, du Pont de Rosso. Enfin, le président de la République exhorte le Gouvernement à prendre les mesures appropriées pour le déploiement rapide du projet «Navigation de l’OMVS» avec les réalisations, au Sénégal, du port fluviomaritime de Saint - Louis et des escales de Richard Toll, Dagana, de Podor, Cas-Cas, Matam, et Bakel», renseigne la même source.

 

Au final, au titre des textes législatifs et réglementaires, le conseil a examiné et adopté «le projet de loi prescrivant le remplacement dans tous les actes législatifs et réglementaires de la dénomination «Collectivité locale» par «Collectivité territoriale».

Publié dans Politique

C’est aujourd’hui, jeudi 3 mai, que l’imam Alioune Badara Ndao (Aliou Ndao) est attendu à la barre de la Chambre criminelle spéciale pour répondre des accusations portées à son encontre dans le cadre du procès lié à des faits de terrorisme.  L’annonce a été faite par le président du tribunal, Samba Kane, à la reprise de l’audience dans la soirée d’hier, mercredi 2 mai, 14e jour d’audience dans le cadre de ce procès pour apologie du terrorisme.

Dernière personne à être interrogé, imam Aliou Ndao, va faire face aux juges de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar aujourd’hui, jeudi 3 mai. Il va répondre notamment des accusations d’apologie de terrorisme, d’associations de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Imam Aliou Ndao est ainsi attrait à la barre après l’audition de tous ses 29 co-inculpés, notamment Makhtar Diokhané. 

A la suite de l’imam Aliou Ndao, le tribunal entendra lundi 7 mai les témoins Massamba Diop et Alioune Diop, respectivement père et frère de Mouhamed Diop, et de Modou Diop père d’Abdou Lahat Diop. Il est aussi prévu, pour cette journée du lundi, la confrontation entre les prévenus et certains des accusés et les témoins. Il est envisagé une suspension de l’audience le mardi 8 mai et le mercredi 9 mai pour permettre au procureur de préparer son réquisitoire. Jeudi 10 mai étant férié, le réquisitoire du procureur est prévu le lundi 14 mai. L’audience sera à nouveau suspendue à partir du mardi 15 mai pour permettre aux avocats de préparer leurs plaidoiries.

Les plaidoiries des avocats sont programmées pour le jeudi 17 et la matinée du vendredi 18 mai, pour se poursuivre le lundi 21 mai.  Concernant la journée du vendredi, qui d’habitude n’était pas jour du procès, le président Samba Kane a indiqué que le tribunal appréciera à la fin de la journée du jeudi de la tenue d’une audience à cette date.

ME MASOKHNA KANE REITERE LA DEMANDE DE COMPARUTION DES ENQUETEURS

Me Masokhna Kane a demandé, une fois de plus, la comparution du chef de la Division des investigations criminelles (Dic), le commissaire Alioune Diop et le patron de la Section de recherche (Sr) de la Gendarmerie, le commandant Issa Diack. Pour la robe noire, les enquêteurs doivent venir s’expliquer à la barre car il y a plusieurs informations contenues dans les procès verbaux qui ont été réfutées par les accusés. Selon Me Masokhna Kane, les enquêteurs ont porté des accusations jugées graves sur leurs clients, d’où la nécessité de leur comparution.

 Le président du tribunal, Samba Kane, dans sa réponse, a fait constater à la robe noire qu’aussi bien le tribunal que le procureur n’ont pas eu à poser des questions en se basant sur les commentaires contenus dans les procès verbaux d’enquête qui ne sont que de simples moyens de renseignement. Il n’a pas jugé opportun la comparution des enquêteurs. Car, trouve-t-il, ces derniers ne viendront pas à la barre contredire un travail déjà effectué. Mieux, la comparution d’enquêteurs est contraire au principe directeur du tribunal, a-t-il dit.    

Publié dans Société

         

Moustapha Cissé Lô qui avait annoncé sa démission de toutes les instances du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), pour convenance personnelle a levé hier, dimanche, un coin du voile sur les raisons de sa décision. Invité de l’émission politique de la radio Sudfm «Objection» hier, dimanche 29 avril, le 2e vice-président de l’Assemblée nationale et membre fondateur de l’Apr a pointé du doigt la gestion solitaire de l’Apr par le président Macky Sall qui ne consulte aucun responsable, depuis 2009, dans la prise de ses décisions.

On en sait maintenant un peu plus sur les raisons qui ont amené Moustapha Cissé Lô, 2e vice-président de l’Assemblée nationale et membre fondateur du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), à annoncer sa démission de toutes les instances dirigeantes de cette formation politique qui fêtera ses dix ans d’existence en décembre prochain. Invité de l’émission politique de la radio Sudfm «Objection» hier, dimanche 29 avril, celui qui occupe aujourd’hui le poste de président du parlement de la Cedeao a pointé du doigt la gestion solitaire de l’Apr par le président Macky Sall qui ne consulterait aucun responsable depuis 2009 dans la prise de ses décisions. Face à notre à notre confrère, Baye Oumar Guèye, Moustapha Cissé Lô qui a souligné avoir tout donné pour l’émergence de l’Apr, notamment sur le plan financier en citant les 30 millions qu’il aurait investis lors des dernières législatives, a notamment déploré sa mise en l’écart ainsi que d’autres militants de la première heure dans les décisions concernant le fonctionnement de leur parti.

«Aujourd’hui, nous sommes au frigo, moi et la plupart des responsables de la première heure. On ne connait rien de ce qui se passe dans le parti», a-t-il déploré. Poursuivant son propos, toujours au sujet des raisons qui l’ont amené à se décharger de toutes responsabilités au sein des instances de l’Apr, Cissé Lô renseigne. «Le problème que j’ai dans l’Apr, je l’ai avec le président Macky Sall. Nous ne sommes pas d’accord sur la façon de coaching du parti surtout au sommet. Je ne suis pas d’accord sur sa façon de gérer le parti. Il faut qu’on nous associe. Le dernier mot lui revient mais, il doit nous associer comme il l’avait l’habitude de le faire». Poursuivant son propos, il ajoutera dans la foulée. «Ce que je n’ai pas accepté avec Wade, je ne le ferais pas avec Macky Sall. Ou je suis dans les instances du parti pour qu’on écoute mon point de vue ou je quitte pour redevenir un simple militant. Je n’accepte pas d’être un apprenti. Soit je suis dans le dispositif de Macky Sall, soit je ne le suis pas». 

«Tu es au secrétariat exécutif pour valider, je ne dors pas, je reste jusqu’à minuit voire une heure du matin pour valider, je refuse. J’ai quitté cette instance et je ne participerai plus à ses réunions mais je reste militant de l’Apr, engagé pour la réélection du président Sall puisque je ne suis pas candidat à cette élection. J’ai le droit de dire que je m’habille en Apr mais je n’ai pas besoin des colliers d’or qu’on me donne et des colliers d’argent. C’est ce que j’ai dit et cela ne méritait pas des attaques ou des insultes puisque je suis libre et je l’ai toujours dit», clame encore Moustapha Cissé Lô.

Directoire de campagne de l’Apr : Cissé étale ses réticences

Par ailleurs, se prononçant sur la décision du chef de l’Etat, Macky Sall de mettre en place le dispositif de pré-campagne à l’Apr, chargé de la «gestion d’évènements majeurs de l’Apr durant toute l’année 2018» prise lors de la réunion du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (Apr) au Palais de la République le 10 avril dernier, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale a ouvertement exprimé son désaccord. «Je n’ai été pas là-bas et je ne cautionne pas ça». Poursuivant sa critique au sujet de ce dispositif mise en place par son mentor, le président du parlement de la Cedeao ajoutera : «il (Macky Sall) l’a fait en solo avec des gens qu’il a choisis. Est-ce que ces gens sont plus méritants que les autres ? Je ne le pense pas. On avait créé des directoires de campagne et il n’y avait pas de directeur de campagne. Aujourd’hui, il a le pouvoir, il a l’argent, les forces de sécurité et tout mais s’il peut se permettre de faire seul ce qu’il fait, moi, je ne suis pas d’accord. Il y a des gens qui peuvent se mouvoir dans ce que fait le président, moi, je ne peux pas, j’ai refusé et je refuse».

Macky Sall, un chef Isolé

Poursuivant ses critiques de la façon dont Macky Sall administre leur parti, Moustapha Cissé Lô a également laissé entendre que celui-ci serait tout simplement isolé par un groupe dans sa gestion du parti. «Aujourd’hui, il (président Macky Sall) est isolé dans sa gestion du parti par un groupe, je ne suis pas d’accord, je dois être impliqué dans les décisions qu’on prend mais aussi au cœur du dispositif du parti parce que je contribue au rayonnement, à l’élargissement et à la massification du parti en donnant tout ce que j’ai. Je suis le seul responsable qui donne tout au parti».

Répondant à ses détracteurs qui, selon lui, disent que Cissé Lô fait des menaces au président, il déclarera : «Le président ne m’a jamais rien donné. J’ai des salaires comme lui, ce que je perçois des activités que je mène sur le plan économique, je l’investis pour son profit dans les Magal, Gamou et dans les activités du parti. J’ai financé partout. Je refuse de cautionner des gens comme (…) qui étaient contre le président et qui ne sont intéressés que pour l’argent».

 

Le quotidien

Publié dans Politique
Page 1 sur 3

AUDIO

Les enfants ne sont pas
Epouses africaines
  https://youtu.be/bbus9GJ3OxA Ces femmes qui refusent de participer au budget familial ...
Rentrée Scolaire :
  VOICI LE LIEN https://youtu.be/V7rGqslDhOA ...
La chronique de Pape
https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc   https://www.youtube.com/watch?v=fAvdWQuvIqc ...

BANNIERE 03 UNE IKRONO

Banniere UAA 260x600

Video galleries

logotwitterFacebook