Filtrer les éléments par date : samedi, 19 mai 2018

Elles ont la trentaine, des carrières brillantes, souvent des convictions féministes et surtout aucun complexe: une génération de jeunes femmes partent à l’assaut des médias africains, en utilisant les réseaux sociaux comme marchepied.

“Je ne sais pas ce que non signifie”, sourit avec gourmandise Peace Hyde, une des figures les plus emblématiques de cette génération, dans une interview avec l’AFP, en marge d’une conférence sur les médias africains.

Cette Britannique d’origine ghanéenne a enseigné la physique et la chimie en Grande-Bretagne, avant de s’installer en Afrique en 2014 pour tenter sa chance dans les médias.

Dans l’univers traditionnellement très masculin du groupe américain Forbes, elle s’est imposée jusqu’à devenir responsable des médias digitaux et des partenariats de la filiale Afrique.

Hyper-télégénique, elle s’est surtout bâti une image en créant et en animant à partir de 2016 le talk show “My Worst Day” (“Mon pire jour”, sur CNBC Africa), dans lequel elle confesse les puissants d’Afrique sur leurs pires échecs, et ce qu’ils en ont appris.

De ses formes très rondes, la jeune femme à la mise sophistiquée a fait un atout et une partie intégrante de sa “marque” et de sa “narration”, selon son vocabulaire teinté de marketing. “Je ne sais pas comment maigrir”, revendique-t-elle.

Quelque 380.000 personnes suivent aujourd’hui son activité sur Instagram, 55.000 sur Twitter. A la récente conférence NexTVCEO Africa à Port-Louis, sa popularité se mesure au nombre de selfies qui lui sont demandés, surtout par des jeunes femmes qui paraissent voir en elle un modèle, ce que cette individualiste récuse.

“On parle beaucoup de féminisme et de femmes qui prennent la parole au nom du féminisme, mais je me suis toujours considérée avant tout comme une individualité”, même si “par ricochet, on inspire d’autres personnes à suivre le même chemin”.

– ‘Les choses changent’ –

“Réussir dans les médias en Afrique en tant que femme, c’est beaucoup de travail. Vous devez en permanence faire vos preuves et avancer à contrecourant”, constate pour sa part la Nigériane Chinenye Nnoli, animatrice du talk-show “Metrowoman” et PDG de la société de production du même nom.

“Mais si, en Afrique et ailleurs, les femmes ont longtemps été sur-sexualisées, les choses changent et il y a maintenant de nombreux programmes qui renvoient l’image de femmes puissantes, influentes, réussissant de façon éthique”, se félicite-t-elle.

“Et c’est nettement plus facile aujourd’hui, parce qu’avec l’irruption des réseaux sociaux, vous n’avez plus besoin d’infrastructures, il vous suffit d’un téléphone portable pour lancer votre programme”, relève Mme Nnoli.

C’est en attirant ainsi près de 68.000 abonnés sur Twitter que l’entrepreneure en technologie camerounaise Rebecca Enonchong a acquis une notoriété qui lui a valu d’être sélectionnée parmi les 50 personnalités africaines les plus influentes le mois dernier par le magazine Jeune Afrique.

Soeurs à l’état civil, les Ougandaises Seanice Lojede et Nancy Kasungira ont réussi de façon différente dans les médias; la première maintenant dans la publicité sur internet — elle dirige la société BluFlamingo installée dans quatre pays d’Afrique de l’Est –, la seconde en présentant l’émission quotidienne “Focus on Africa” sur BBC World.

Les deux se rejoignent dans leurs convictions féministes et panafricaines, qu’elles défendent dans une vidéo intitulée “le sexisme au travail”, récemment postée sur la chaîne Youtube “Black Working Mother” animée par Seanice.

Mariée à l’acteur nigérian vedette Fabian Lojede et mère de deux enfants, Seanice prépare d’ailleurs déjà la prochaine génération, comme en témoigne une de ses dernières vidéos intitulée “4 choses clé à retenir pour éduquer DES FILLES NOIRES FORTES” (en majuscule bien sûr).

 

Nouvel Avenir

Publié dans Afrique

À la suite du ralentissement du marché sud-africain, l’Afrique de l’Ouest pourrait bien prendre le leadership pour les années 2019 et 2020 en matière d’installation de centrales de production d’électricité à partir des énergies renouvelables. 

Nous pouvons estimer à plus de 2GW la capacité qui devrait être connectée dans les trente-six prochains mois, en grande partie au Nigeria, mais également au Ghana, au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso notamment. Avec également un taux de croissance économique fort et une pression démographique importante (entre 2,5 % et 3 % par an pour la plupart des pays, avec de nombreuses villes dont les taux de croissance sont supérieurs à 6 %), on pourrait donc se dire que le tournant est là,l’Afrique de l’Ouest se lance dans la révolution énergétique verte.

Mais cela n’est pas aussi simple. D’une part, il faut rappeler que le développement de tous ces projets a débuté il y a des années, parfois dix ans si l’on prend le cas du Sénégal ou du Burkina Faso. Avec des temps de développement de sept ans en moyenne, il faut donc attendre une croissance en dents de scie, avec de longues périodes pendant lesquelles aucun projet ne verra le jour.

Car, en effet, de nombreux investisseurs attendent de voir le sort réservé à ces premiers projets avant de considérer de nouveaux investissements, ce qui ne permet pas d’avoir un flux continu de projets. Ce type de croissance est d’ailleurs en cohérence avec l’historique des investissements dans le secteur de l’électricité depuis 2010.

Un marché très morcelé

D’autre part, il faut rappeler que le marché ouest-africain – comme d’ailleurs le marché de l’Afrique subsaharienne dans son ensemble – reste un marché très morcelé. À l’échelle nationale, les réseaux présentent une faible capacité à absorber la production intermittente, et la taille de la demande ne permet pas réellement de développement de larges centrales sans la prise en compte des interconnexions.

Une étude de 2015 réalisée par Tractebel indique par exemple que le réseau sénégalais est déjà saturé. Le récent schéma directeur du pays pour la période 2017-2035 confirme d’ailleurs le rôle limité qui est donné aux énergies renouvelables: un seul projet éolien (centrale de Taiba Ndiaye, projet développé par Sarreole, dont Lekela Power a fait l’acquisition en 2016 auprès d’American Capital) est programmé d’ici à 2027 – pour une capacité de 150 MW, installé en trois tranches annuelles de 50 MW –; 263 MW de solaire sont aussi planifiés, sachant que la quasi-totalité de cette capacité qui sera installée avant 2022 est soit déjà en exploitation, soit attribuée, soit en cours d’appel d’offres dans le cadre du programme de l’IFC Scaling Solar.

Dispersion des ressources solaires et éoliennes

Enfin, la dispersion des ressources solaires et éoliennes n’est pas en accord avec la localisation des centres de consommation ni avec la présence des réseaux. En effet, les ressources éoliennes sont notamment localisées en Mauritanie, pays dont la demande est aujourd’hui amplement satisfaite avec les capacités installées. Ce qui signifie que toutes les capacités additionnelles seraient soit pour le bénéfice du secteur minier, soit pour l’export.

De même, les ressources solaires sont proches du Sahara, zone moins peuplée qui pose en outre des problèmes de sécurité. Cette contrainte géographique soulève naturellement la question du transport de l’électricité, qui intègre celle du financement de ces investissements et celle des temps longs de réalisation de ces infrastructures.

Dans un tel contexte, il ne faut donc surtout pas se laisser aller à croire que le secteur privé pourra continuer à investir massivement dans les énergies renouvelables sans des mesures fortes, dont la gestion va se révéler particulièrement complexe.

Faciliter les partenariats public-privé

Nous pouvons ici citer plusieurs mesures essentielles qui doivent être prises de manière urgente. La première, c’est de commencer à modéliser un schéma directeur au niveau régional et de planifier le développement des réseaux en vue de capter les meilleures ressources solaires et éoliennes, tout en augmentant la capacité d’absorption de l’intermittence via les interconnexions.

Concernant la deuxième, il s’agit de renforcer la capacité des réseaux nationaux à gérer l’intermittence via des centres de dispatching modernisés mais aussi grâce au développement d’outils de réseau adaptés, communément appelés smart grids.

Enfin, les États doivent accroître leur capacité à structurer des programmes IPP (type particulier de partenariat public-privé qui associe concession de service public, création d’une société ad hoc financée selon la technique du financement de projet et structure contractuelle complexe liant de nombreux acteurs: clients, fournisseurs, équipementiers, banques, experts, pouvoirs publics…) en revoyant de façon adéquate leurs législations, en accordant l’ensemble des ministères, en créant des points d’entrée unique pour les développeurs, en aiguisant leurs outils de négociations.

Un plan d’investissement régional

Il existe de nombreuses initiatives allant dans ce sens, néanmoins nous pouvons constater un manque de coordination et de vision à long terme. En particulier, il serait intéressant de voir germer une coordination des actions des bailleurs de fonds ainsi qu’une revue de leur politique d’investissement. Ainsi, le financement des projets de production d’électricité pourrait être accompagné par des investissements complémentaires dans les réseaux de transport et de distribution, augmentant ainsi l’impact de chaque projet de centrale. Et tout cela dans le cadre d’un plan d’investissement régional couvrant au moins une période de cinq ans.

Prendre le contrôle de ce développement, c’est pouvoir créer un marché de taille plus importante, baisser le coût du kWh, mais également, et surtout, créer un vecteur de croissance économique, que les secteurs privé et public pourraient capter.

Le secteur privé, à travers notamment l’émergence d’expertises locales pour conduire toutes ces études, peut accompagner les développeurs et les banques dans leurs projets, mais aussi par l’émergence d’investisseurs locaux spécialisés dans le secteur énergétique; le secteur public, avec par exemple la création de fonds souverains investissant dans les projets de production et levant de l’argent pour le développement des réseaux énergétiques. Gageons donc que les gouvernements et bailleurs de fonds pourront travailler ensemble à transformer cette petite étincelle en un feu vif.

Jeune Afrique

Publié dans Economie

Un jeune écrivain sénégalais, Mohamed Mbougar Sarr, s'est vu décerner le prix Littérature-monde 2018 pour son ouvrage "Silence du choeur", publié chez Présence Africaine, à l'occasion du festival Etonnants Voyageurs qui se tient ce week-end à Saint-Malo (ouest de la France). 

Dans ce livre, l’écrivain né en 1990plante le décor dans un village sicilien où se retrouvent assignés à résidence 72 jeunes gens, migrants ou réfugiés, dont l’arrivée va bousculer la vie de la commune et susciter la multiplication des interactions entre habitants et nouveaux venus.

Le prix Littérature-monde étranger est attribué à l’écrivain islandais Einar Mar Gudmundsson pour « Les rois d’Islande », paru chez Zulma, qui conte la saga d’une famille islandaise.

Dotés de 3.000 euros, ces deux prix seront remis dimanche dans le cadre du festival.

Ces prix ont été créés en 2014, à l’initiative du festival et de l’Agence Française de Développement (AFD), une institution financière publique, créée en 1941 par le général de Gaulle et qui intervient dans le monde entier.

Parmi les autres prix remis à Saint-Malo, le prix des « gens de mer », doté de 3.000 euros, a distingué David Fauquemberg pour son roman « Bluff », publié aux éditions Stock, un roman de mer et d’aventure en Nouvelle-Zélande.

Présidé cette année par la navigatrice Isabelle Autissier, le jury du prix « Gens de Mer » est composé de personnalités du monde littéraire et maritime.

Le prix Compagnie des Pêches 2018, doté de 1.500 euros, va à Michel Moutot, journaliste à l’AFP, pour son roman « Séquoias », publié au Seuil, une histoire de baleiniers et de chercheurs d’or dans l’Amérique du XIXè siècle.

Enfin, le prix du Beau Livre/Thermes Marins 2018, doté de 1.500 euros, est attribué à Daphné Buiron et Stéphane Dugast pour leur ouvrage « L’Astrolabe, le passeur de l’Antactique » publié aux éditions EPA/Hachette Livre. Cet ouvrage illustré retrace l’histoire du célèbre brise-glace français qui a permis pendant près de 30 ans aux scientifiques de rallier la base scientifique de Dumont-d’Urville, en Terre Adélie.

Dès son premier roman, Terre ceinte, Mohamed Mbougar Sarr frappait fort en obtenantle prix Ahmadou-Kourouma. Dans son nouveau livre, Silence du chœur, il s’inspire du drame des migrants en Sicile. 

Il attend sagement dans la librairie Présence africaine, à quelques pas de la Sorbonne (Paris). Mohamed Mbougar Sarr a un côté bon élève. Sûrement des restes de son passage par le Prytanée militaire de Saint-Louis.

À 27 ans, il publie son deuxième roman, Silence du chœur. Un pavé de plus de 400 pages qui raconte l’arrivée dans un petit village sicilien d’un groupe de migrants venus d’Afrique subsaharienne. Sarr déplie son long corps fin et propose de s’installer à la terrasse d’un café. Il détache ses mots avec application, et son vocabulaire est précieux. Il sourit, se détend et lâche avec un naturel dévoilant un certain sens de l’autodérision : « Désolé, parfois on se met à jouer son propre rôle. Dans mon cas, celui du jeune auteur. »

Les portes de la librairie Présence africaine, où se nichent les éditions du même nom, il les a poussées en 2014, un manuscrit à la main. Celui de Terre ceinte, son premier roman. « C’était un rêve prétentieux et risqué. » Quand il rencontre « Madame Diop », la veuve d’Alioune Diop, le fondateur de la maison, il se sent pris d’un vertige. La femme incarne ce qui le travaille alors depuis déjà quelques années : les lettres.

Mon père est médecin. Je suis le fils d’un littéraire contrarié

Né à Dakar en 1990, élevé à Diourbel, il est habité par la littérature. « Il y a eu tous ces très mauvais poèmes griffonnés pendant le Prytanée », détaille-t‑il. Vers 17 ans, il collabore avec le journal de son école. À partir de 2010, ses valises posées en France pour entrer en hypokhâgne, il lit frénétiquement. Il cherche, les yeux dans le vide, ce qui a bien pu le pousser à l’écriture. « Mon père est médecin. Je suis le fils d’un littéraire contrarié », lâche-t‑il sur un ton peu assuré.

Présence africaine accepte Terre ceinte « après quelques mois d’attente assez éprouvants ». Depuis la parution de ce premier roman, Sarr passe beaucoup de temps à en faire la promotion. « Une facette méconnue du travail d’auteur, grisante au début, un peu fatigante parfois… »

Une médaille de bronze en Côte d’Ivoire

À l’heure où nous le rencontrons, Sarr, qui vit entre autres d’une bourse d’État sénégalaise entre Paris et Beauvais avec sa petite amie, une « lectrice pointue » française, revient de Côte d’Ivoire, où il a participé à un concours de nouvelles en présentant Ndënd, courte histoire d’un musicien, qui lui a valu une médaille de bronze.

Il s’apprête à partir en Bretagne pour animer un atelier d’écriture avec les employés d’une grande entreprise française. Il trouve tout de même du temps pour écrire. La nuit – « au stylo et au papier pour les premières pages », sur son ordinateur ensuite –, dans le silence.

Je veux, je dois garder un pied dans la théorie. C’est ce savoir qui enrichit la fiction

Terre ceinte a reçu un succès critique et le prix Ahmadou-Kourouma. Le ministère de l’Éducation nationale sénégalais en a passé commande. Sarr ne cache pas sa satisfaction, mais ne feint pas le talent inné du démiurge. « Écrire, c’est beaucoup de travail. »

Il tient un blog, écrit des nouvelles. L’une d’elle, La Cale, lui a valu le prix Stéphane-Hessel en 2014. Il rédige aussi une thèse, dans laquelle il étudie la parution concomitante, autour de l’année 1968, d’ouvrages majeurs de la littérature ouest-africaine de Yambo Ouologuem, Ahmadou Kourouma et Malick Fall.

Le jeune auteur a déjà soutenu un mémoire, sur Léopold Sédar Senghor. « Le socialisme africain, quand tu es un jeune Sénégalais, tu ne peux pas ne pas y réfléchir, lâche-t‑il en tirant sur son bracelet de petites perles en bois. Étudier, notamment la sociologie, c’est important pour moi. Je veux, je dois garder un pied dans la théorie. C’est ce savoir qui enrichit la fiction. »

Une conscience du monde

En parlant, il mime une mise en boîte avec des gestes saccadés. Ses études le ramènent aussi à son pays natal et lui permettent de mieux comprendre les relations entre l’ancienne puissance coloniale et le continent. Une relation dont il sait que son travail est tributaire.

Sans se dire engagé, Sarr concède : « Oui, mes romans sont traversés par des questions, disons… politiques. » Ils portent une conscience du monde, jouent avec les codes du réalisme et de la fiction.

 Broderie autour du conflit malien

Terre ceinte, qui recelait encore les hésitations d’un premier roman, se déroulait dans une ville imaginaire que Sarr a appelée Kalep, contraction de Kidal et d’Alep. Des jeunes gens y entrent en résistance contre des jihadistes imposant un ordre terrible et brutal. Le roman, broderie autour du douloureux conflit malien, est aussi l’éloge d’une subversion où quête du bonheur et pratique politique ne font qu’un.

Silence du chœur, dont il a commencé la rédaction dès 2015, n’est pas une suite, mais a quelque chose de la réplique. En abordant la question de la fuite et du déplacement vers le Nord, il évoque bien entendu le problème des guerres du Sud.

« L’idée d’écrire Silence du chœur m’est venue en Sicile. J’y ai rejoint un ami dans une région où beaucoup de migrants débarquent. Je voulais voir cela de mes yeux, sans être certain que cela finirait par donner un livre. J’ai passé une quinzaine de jours là-bas à observer la situation, à rencontrer des gens. »

Un humanisme aux allures de sédition politique

Dans ce deuxième roman, le narrateur s’efface. Non pas derrière un héros, mais derrière une multiplicité de personnages : habitants du village sicilien et nouveaux arrivants. Fiction à plus d’un titre – il n’y a que le nom « Sicile » qui renvoie à la réalité, et si le nom du village, Altino, existe bien, c’est sur le continent et non sur l’île –, le roman garde quelque chose de l’étude raisonnée des rapports sociaux.

Comme Terre ceinte, il est baigné d’une lumière optimiste. Celle de la solidarité qui ressurgit dans les moments les plus durs, celle d’un humanisme quasi instinctif qui prend des allures de sédition politique.

Si ses livres résonnent avec l’actualité, le terme suscite chez Sarr une petite grimace. « Tout ce flot d’informations, cette vitesse, ce bruit… Les annonces se suivent, et on oublie ce qui s’est passé la veille… On ne s’arrête plus. » L’écrivain a besoin des informations, il ne le cache pas : « C’est dans des articles, sur des blogs que j’ai pu me renseigner sur les actions de résistance à Kidal, qui m’ont inspiré pour mon livre. »

Quand j’ai terminé ma première version, le livre faisait pas loin de 800 pages. Il ne fallait pas affiner, il fallait élaguer !

Mais il veut prendre le temps de s’arrêter, de sonder son sujet en profondeur, de s’offrir l’espace nécessaire à sa compréhension. « Quand j’ai terminé ma première version, le livre faisait pas loin de 800 pages. Il ne fallait pas affiner, il fallait élaguer ! J’ai profité d’une résidence d’écriture, en 2016, pour trancher et polir. » Il poursuit : « Il faut bien des incises. C’est là, dans les incises, qu’on crée le mythe. »

Animé par les mythes, il est persuadé que notre monde en manque. Même s’il cultive une certaine modestie, il n’en est pas moins ambitieux. Il entend bien participer à la connaissance de notre monde.

Extrait

«Pourquoi es-tu parti de chez toi ? » C’est pour un réfugié une question difficile. On ne la lui épargnera donc jamais. Tout le monde la lui pose. Il l’entend lorsqu’il passe ses commissions. Les personnes émues par sa présence la lui adressent. Celles qui lui sont hostiles aussi. Ces trois différents interlocuteurs lui posent cette même question dans laquelle, tout dissemblables qu’ils puissent être, ils se retrouvent pourtant.

Prenons l’exemple des deux premiers types d’interlocuteurs, à savoir : le représentant d’une commission et la personne bienveillante émue par le réfugié. Devant eux, ce dernier dispose de deux types de réponses : les réponses qui commencent par « parce que » ou « à cause de » d’une part, et celles qui commencent par « pour » ou « afin » de l’autre.

Devant la commission ou devant la personne bienveillante assoiffée d’émotion, le migrant peut insister sur la cause de son départ ou sur son but, sur le motif ou le mobile, sur la raison ou l’objectif. Selon l’option qu’il choisira, il ne sera pas vraiment le même type d’immigré.

 

Jeune Afrique

Publié dans Art & Culture

Le match de barrage de Ligue 2 entre l'AC Ajaccio et Le Havre a été reporté à dimanche 19h00, au lendemain des incidents survenus autour du car des joueurs normands, a annoncé samedi la Ligue de football professionnel (LFP).

Quelques minutes avant le coup d'envoi, le car des Havrais avait été bloqué et malmené par des supporteurs ajacciens aux abords du stade, contraignant la Ligue à reporter le match. La rencontre se déroulera bien au stade François Coty d'Ajaccio, la LFP ayant "reçu les engagements écrits de la part de la préfecture pour garantir la sécurité de la rencontre ainsi que l'accessibilité au stade des joueurs du Havre AC", a-t-elle ajouté.

Le pare-brise du bus a été fendu alors qu'un fumigène ou gros pétard a explosé sous le bus, endommageant la direction et a priori la climatisation du véhicule, avait constaté vendredi un photographe de l'AFP présent sur place.

Après les incidents, les joueurs d'Ajaccio sont venus à pied à la rencontre des joueurs du Havre, mais ces derniers ont refusé de leur parler.

"Les joueurs n'ont qu'une envie, c'est de rentrer chez eux", avait déclaré à l'AFP l'entraîneur normand Oswald Tanchot. 

"C'est une situation inédite", avait-t-il poursuivi au micro de beIN Sports, regrettant que des supporteurs adverses aient voulu "mettre la pression".

Dans la soirée, les joueurs havrais ont été raccompagnés sans autre incident à l'aéroport d'Ajaccio, selon le sous-préfet chargé de la sécurité Xavier Delarue, joint par l'AFP. Ils ont été accueillis à leur retour au Havre par plusieurs dizaines de supporteurs, selon une vidéo publiée sur le compte Twitter du club normand samedi.

Alain Orsoni, vice-président de l'AC Ajaccio, avait de son côté déploré le comportement de quelques "abrutis" qui "pénalisent le club". "On n'est pas du tout d'accord avec ces pratiques qui malheureusement se renouvellent souvent, sur tous les stades de France", a-t-il dit, soulignant que les événements s'étaient déroulés "sur la voie publique".

"Le club n'a aucune responsabilité dans ces événements et nous refuserons toute mesure dilatoire dans cette affaire", a-t-il ajouté au micro de beIN Sports, refusant notamment toute éventualité d'un match rejoué sur terrain neutre, ou à huis clos.

Le vainqueur de cette opposition doit affronter mercredi le 18e de Ligue 1 pour un barrage d'accession dans l'élite.

Par AFP

Publié dans Sport
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