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dimanche, 04 février 2018 19:44

A la Une : Macron l’Africain

Au Sénégal, le président français a précisé les contours de la relation qu’il veut entre Paris et l’Afrique. Et comme le souligne Le Parisien Dimanche, Emmanuel Macron « veut faire du Sénégal le laboratoire de la relation renouvelée qu’il promet à l’Afrique ». Macron « s’est démarqué de la Françafrique », énonce ce journal.

« C'est un changement de méthode profond, explique le président au Journal du Dimanche. Nous avons défini des priorités : éducation, santé, environnement, français et culture. Il s'agit désormais de travailler sur des projets concrets qui correspondent dans ce cadre à la stratégie des gouvernements ou des sociétés civiles. Il s'agit aussi d'assurer un suivi dans la durée. »

Se voulant encore plus précis, le président français déclare au JDD que la France « ne doit plus être une sorte de pays rêvé, dans lequel tout le monde peut s'imaginer un avenir rêvé, mais elle doit agir sur le terrain. La jeunesse africaine a à se construire un avenir choisi », dit Emmanuel Macron au Journal du Dimanche.

Djouhri : dans l’ombre de la Françafrique

La Françafrique justement, avec Alexandre Djouhri. Le sulfureux intermédiaire a été arrêté à Londres il y a quatre semaines. En attendant sa possible remise aux autorités françaises, on en sait un peu plus sur ses relations haut placées. « Fin de partie pour l’intermédiaire de la Sarkozye », lance Marianne. Aujourd’hui âgé de 58 ans, Alexandre Djouhri, en « semi-cavale » depuis deux ans et demi, a été « cueilli » le 7 janvier à Londres « comme un vulgaire délinquant », souligne cet hebdomadaire. De quoi gâcher le sommeil de plus d’un dans l’entourage des anciens présidents Sarkozy et Chirac, car « l’homme connait tous les secrets de la République depuis bientôt trente ans », énonce Marianne étant rappelé que la justice française veut l’entendre dans l’enquête sur le supposé financement libyen de la campagne électorale de Sarkozy en 2007.

Dans l’inventaire que ce journal expose des tribulations de Djouhri, il est surtout question d’Afrique (et de Françafrique), et notamment du Gabon et de ses relations avec Maixent Accrombessi, « bras droit » des « frères Bongo », mais aussi de l’Algérie, où Alexandre Djouhri « bénéficie du soutien du patron des patrons, Ali Haddad », énonce encore le magazine.

L’Algérie, justement. Lors de la dernière visite à Alger du président Macron, l’hebdomadaire Le Canard enchainé avait révélé qu’Alexandre Djouhri avait été invité à la réception donné par l’ambassadeur Xavier Driencourt à la résidence de France. Mais « qui avait invité Djouhri à l’ambassade ? » L’hebdomadaire L’Obs pose la question. Et fournit la réponse. Il s’agirait, selon L’Obs, de « Maurice Gourdault-Montagne », secrétaire général du Quai d’Orsay, le ministère français des Affaires étrangères, qui « aurait demandé » à l’ambassadeur de France en Algérie « d’envoyer le carton d’invitation » à Djouhri, dont la présence à cette soirée « avait provoqué la colère d’Emmanuel Macron », énonce L’Obs. Qui présente Maurice Gourdault-Montagne comme un « ami de très longue date de "Monsieur Alexandre", qu’il a croisé sous la présidence Chirac et introduit dans les cercles du pouvoir. »

Audiovisuel public : mutualisation et reconquête de la jeunesse

Les contours de la réforme de l’audiovisuel en France se précisent. « La démarche est inédite, souligne la ministre de la Culture Françoise Nyssen dans un entretien au Journal du Dimanche. Pour la première fois, les dirigeants (de l’audiovisuel public) cosignent des propositions pour bâtir des offres communes ». Autre « chantier prioritaire : la reconquête de la jeunesse, des enfants, mais aussi la cible particulière des 13-30 ans », dit la ministre au JDD. Interrogée sur la constitution ou non d’une société holding de tête de l’audiovisuel public, François Nyssen assure que « rien n’est arrêté » mais elle se veut rassurante en déclarant que cette réforme ne débouchera pas sur un « Meccano industriel ».

Maths : pour que le compte soit bon

Autre réforme attendue en France, celle de l’enseignement des mathématiques. En orfèvre, le mathématicien et député de La République en marche Cédric Vilani va bientôt faire des propositions innovantes. Et Le Journal du Dimanche en dévoilent certaines.

« Cultiver le sens des quatre opérations (addition, soustraction, multiplication et division) dès le CP », le cours préparatoire, avec l’organisation de « rituels chaque matin pour s’entrainer au calcul dans le primaire et le secondaire », mais aussi « définir des repères annuels (en maths) testés trois fois l’année, par exemple en octobre, décembre et février » ; mieux former les futurs enseignants, avec la création d’une « licence » qui leur serait dédiée ; ou encore nommer un « référent mathématique dans chaque circonscription » et créer des « laboratoires de maths dans 200 collèges et lycées pilotes ».

Enseignement : le lycée de la honte

Le lycée, justement. C’est un vrai pavé dans la mare de l’éducation nationale qui a été lancé cette semaine par un hebdomadaire français. A Toulouse, un lycée est « en état de guerre ». C’est le titre-choc de la Une de L’Express. Dans ce magazine, les enseignants du lycée polyvalent Joseph Gallieni de Toulouse, dans le centre-sud de la France, ville où sont assemblés les avions Airbus, tirent la « sonnette d’alarme », pour dénoncer une « violence endémique inouïe qui met en danger élèves et personnels ». Le quotidien de cet établissement scolaire ? « Des départs de feu chroniques, des agressions de professeurs, d’élèves, des menaces de mort, des armes en circulation et des filles priées de raser les murs », résume L’Express.

Lequel journal incrimine rien moins que « la République », qui serait, selon lui, en situation de « faute lourde ». On y soupçonne également la présence de « quelques cas de radicalisation ou de candidats au jihad », complète-t-il, étant précisé que, sitôt cette enquête de L’Express publiée, un nouveau proviseur « de choc » a été nommé au lycée Gallieni de Toulouse. Il sera épaulé par un proviseur adjoint en charge de la sécurité.

Robots : sentiments 2.0 pour doyens en mal d’amour

Retour vers le futur à présent. Les robots sont à nos portes ! Et la presse ne s’en lasse pas. Mais comme il faut bien illustrer le sujet, quoi de plus parlant que les exemples d’utilisation des robots dans la vie quotidienne ? C’est ce que fait Marianne cette semaine.

Exemple, les services à la personne. « Les robots sont de plus en plus utilisés dans les établissements de santé pour assister des personnes âgées. » Et ce journal montre « le petit robot franco-belge Nao équipés du logiciel Zora, déjà en service dans une maison de retraite d’Issy-les-Moulineaux », c'est-à-dire dans les parages de RFI. Au secours, les robots sont parmi nous !

RFI

Publié dans Politique

C’est l’ancien ministre Habjb Sy qui m’inspire le titre de ma contribution. Dans au moins deux quotidiens, il en a publié une avec pour titre : ‘’Une calebasse de noix de cola pour le Président Macron’’. C’est ce titre, qu’il justifie par la tradition africaine,  qui m’a inspiré le mien. Par respect pour la tradition française donc, nous accueillerons le président Macron avec du bon vin français. Je rassure tout de suite notre M. SY : cette inspiration ne saurait signifier, ni de près, ni de loin, une appréciation (positive ou négative) de sa contribution ou de son titre. Je suis animé par d’autres préoccupations et il le comprendra en me lisant, si toutefois il prendra le temps de me lire.

Ce qui me préoccupe, c’est le ridicule qui tue dans notre pays, le ridicule qui ne tue malheureusement pas nos gouvernants, ni notre président-politicien. Il voyage, voyage beaucoup, en particulier en France, notre ‘’mère-patrie’’. Il y va, son avion bourré d’une forte délégation dont l’écrasante majorité des membres qui n’ont vraiment rien à faire dans une visite d’Etat, pas même dans une visite simple. Le ridicule, qui nous fait honte, c’est que chaque fois qu’il va en visite officielle au pays de ‘’nos ancêtres les Gaulois’’, il n’est jamais accueilli par le Président de la République, mais plutôt par des ministres au bas fond de l’ordre protocolaire du Gouvernement. Lors de son voyage d’Etat du 19 décembre 2016, il est accueilli à Orly par Mme Annick Girardin, Ministre de la Fonction publique (15ème dans l’ordre protocolaire du Gouvernement français). Ce manque de respect notoire vis-à-vis du président-politicien, et malheureusement aussi du Sénégal, dérange nombre de nos compatriotes. L’un d’entre eux, Tahirou Sarr (conseiller et analyste politique), lui aussi vraiment outré par l’indifférence notoire dans laquelle les autorités françaises tiennent notre président-politicien publiait, le 3 janvier 2018, une contribution ayant pout titre : ‘’Le Président Macky Sall en France : l’accueil de la honte’’. Dans cette contribution, il rappelle que ‘’Thomas Sankara avait refusé d’être reçu par un ministre et le Président Mitterrand s’était déplacé lui-même pour l’accueillir’’. Ce n’est pas tout : il précise encore que lors de la COP 21, le Roi Mohamed VI a refusé de sortir de sa voiture ‘’tant que le Président Hollande  (ne venait pas) pour le recevoir’’.

Notre président-politicien n’a malheureusement pas cette force de caractère : il se contente de très peu, convaincu qu’il est qu’il se rattrapera largement avec ‘’l’accueil chaleureux’’ que ses nombreux militants  lui réserveront. Il convient de signaler quand même que lors de ses nombreux voyages en France comme dans d’autres pays, les ambassades et les consulats deviennent, pendant tout son séjour, le siège du parti-Etat l’APR. S’y ajoute que les Français ne sont même pas au courant de ses nombreuses visites, même d’Etat. Les principales chaînes de télévision française (France 2, TF1, France 5, etc.,) ne rendent compte de ses visites que le temps d’une rose : rarement plus de 30 secondes.

C’est alors tout le contraire quand le Président français est en visite au Sénégal. Une semaine avant la visite, le pays, tout le pays ne vit que pour l’événement. Le jour de l’arrivée à Dakar, les embouteillages sont multipliés par deux ou trois. Les grandes artères sont formellement interdites au public. Toutes les institutions de la République rivalisent d’ardeur à être parmi les premières arrivées à l’aéroport qui grouille de monde. Des cars transportent des militants des quatre coins du pays, parfois par temps de très grande chaleur. Tous les instruments de musique sont de la fête. Quand l’avion de notre très respecté Président s’arrête sur le tarmac, notre couple présidentiel l’accueille à la descente. Peut-être qu’un jour, par respect pour son statut et non par notre tradition, leur premier geste sera de lui offrir du bon vin français. Rien ne serait de trop pour faire plaisir à notre illustre hôte, fût-il contraire à nos traditions culturelles et même religieuses. C’est quand même le Président du pays de ‘’nos ancêtres les Gaulois’’.  

Le cérémonial commence alors, par des salutations notamment. Le pauvre Président et son épouse passent une épreuve très dure, et dont ils se seraient volontiers passés : serrer toutes les mains. Après, c’est le départ vers Dakar avec les deux présidents debout sur un véhicule décapotable, qui saluent de la main les pauvres populations mobilisées pour la circonstance. En un clin d’œil, le cortège disparaît de leur vue et c’est le retour parfois chaotique. De l’aéroport au palais présidentiel, ce sont les mêmes longues files de ‘’militants’’ applaudissant à tout rompre et criant à tue-tête, parfois sous un soleil de plomb.

Quand il visite la ville ou le pays, c’est le même ridicule et fatigant cérémonial. Ainsi, notre Macron et son épouse vont se rendre samedi à Saint-Louis. Depuis plusieurs jours déjà, le cœur de la ville ne bat que pour la visite de nos distingués hôtes. Le couple n’est pas encore arrivé que c’est déjà la guéguerre entre factions du PDS, les unes ayant choisi de prendre part à l’accueil du couple présidentiel, les autres pas du tout. C’est aussi la guéguerre entre le PDS (hostile à la visite), l’APR et son gouvernement, des militants libéraux ayant décidé d’accueillir le Président Macron avec des brassards rouges. Ne sommes-nous plus en pays démocratique ? Le port de brassards rouges est quand même un moyen, pour les Libéraux, d’accueillir à leur façon le couple présidentiel ! Les manifestations d’hostilités sont choses banales dans les grandes démocraties. Ne serions-nous qu’une démocratie tropicale, une démocratie formelle, une démocratie de façade ? Certains de nos compatriotes qui se distinguent par leur certitude que nous sommes une grande démocratie répondront à cette question.

Pour revenir à l’accueil de nos illustres hôtes par les Saint-Louisiens, ces derniers s’imaginent-ils un seul instant le président-politicien en visite d’Etat en France, visitant avec son épouse Bordeaux, Montpellier, Lille, Rouen, Caen ou Strasbourg ? Les habitants de ces différentes villes ne se rendraient même pas compte de leur existence. N’est-il quand même pas temps que nous devenions un pays adulte ? Cela va faire 58 ans que nous sommes indépendants, même de façon seulement formelle. Nous en avons vraiment assez de ces accueils folkloriques qui nous dérangent, nous prennent tout notre temps pour rien, ou presque. Ils n’existent dans aucune grande démocratie, dans aucun pays sérieux, les Angela Merkel, Emmanuel Macron et autres chefs d’Etat ou de Gouvernement ont vraiment d’autres chats à fouetter que d’organiser des accueils ridiculement folkloriques pour leurs pairs d’autres pays, fussent-ils de très grands pays. Ils consacrent plutôt une partie de leur temps précieux à lutter contre le chômage,  l’inflation, etc., et l’autre partie à faire baisser les différents déficits publics.

Pour terminer, je me demande si le Président Macron, son épouse et sa délégation nous prendront vraiment au sérieux avec nos ‘’thiakhaaneries’’. Je me demande s’ils ne se moqueront pas finalement de nous et peut-être même, s’ils ne seront pas tentés de nous considérer comme ‘’un pays de merde’’. Ne l’aurions-nous pas mérité d’ailleurs, par la faute de l’attachement morbide de nos gouvernants, et du premier d’entre eux, à ces accueils  folkloriques et tonitruants pour rien, qui peut-être même, incommodent  nos hôtes ?

Dakar, le 30 janvier 2018.

Mody Niang

Publié dans Contribution

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