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samedi, 10 février 2018 19:16

Sénégal : d’un Wade l’autre

 

En exil au Qatar, Karim Wade demeure le candidat officiel du Parti démocratique sénégalais. Mais à Dakar, à un an de la présidentielle, l’impatience et les tensions montent au sein du mouvement fondé par son père, Abdoulaye Wade.

L’homme était âgé, mais sa disparition a plongé le pays dans le deuil. Le 10 janvier au matin, les Sénégalais se sont réveillés en apprenant le décès de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, le khalife général des Mourides. Les principaux responsables politiques du pays ont aussitôt quitté Dakar pour aller à Touba présenter leurs condoléances. Au sein de la délégation du Parti démocratique sénégalais (PDS), dont la ville sainte de l’influente confrérie mouride est aussi un fief électoral, une personnalité manquait à l’appel : Karim Wade.

Depuis le Qatar, où il réside, le fils d’Abdoulaye Wade a tout de même tenu à saluer la mémoire du défunt khalife. Dans un « message de condoléances » diffusé le 11 janvier, il dit regretter « d’avoir été empêché d’aller à Touba » après sa libération, en juin 2016, et « d’avoir été expulsé de [son] propre pays pour prendre le chemin d’un exil forcé ».

Amende de Karime Wade

Ce texte incisif contre le pouvoir de Macky Sall est sa première prise de parole publique en un an et demi. Depuis son arrivée dans le petit émirat du Golfe,l’ancien détenu de Rebeuss ne pipe mot : pas d’interview ni de déclaration. Pas même une lettre ouverte. Au sein du PDS, rares sont ceux qui peuvent dire comment il occupe ses journées ou qui il reçoit. Les rumeurs sont nombreuses, mais rarement vérifiées. Karim Wade s’applique à brouiller les pistes, comme avec cette carte de vœux adressée le 31 décembre aux médias signée « À bientôt au Sénégal ».

À Dakar, son silence pose question et désarçonne ses soutiens. Pour beaucoup, l’idée que le candidat officiel du PDS pour la présidentielle de 2019, puisse, dès l’année prochaine, défier le président sortant dans les urnes paraît de moins en moins réaliste. Outre son absence du pays à un an du scrutin, dont le premier tour doit se tenir en février 2019, le principal obstacle reste judiciaire : s’il a bien été gracié, libéré et autorisé à partir au Qatar, il n’a pas été amnistié et doit toujours payer l’amende de 210 millions d’euros pour « enrichissement illicite » à laquelle il a été condamné en 2015.

« Si Karim Wade a vraiment une ambition présidentielle, qu’il le dise clairement »s’agace un ponte de la formation wadiste

Pour augmenter un peu plus la pression sur le fils Wade, le porte-parole du gouvernement, Seydou Gueye, a récemment rappelé qu’il ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur en cas de retour. En clair : il devra régler sa dette, sous peine de retourner en prison.

Frictions au sein du PDS

Au sein du PDS, cette situation provoque des crispations. Après avoir attendu leur candidat en vain pour les législatives de juillet 2017, des cadres du parti ne cachent plus leurs inquiétudes pour 2019 et qualifient son absence de « handicap ». « S’il a vraiment une ambition présidentielle, qu’il le dise clairement, s’agace un ponte de la formation wadiste. Plus le temps passe, plus les choses vont se compliquer. Nous ne pouvons pas rester ainsi sans candidat à nos côtés à quelques mois de la présidentielle. »

La différence de générations joue aussi. Les vieux briscards du PDS, qui ont accompagné et soutenu Abdoulaye Wade pendant plusieurs décennies, ont du mal à se plier aux ordres de leur invisible cadet, avec lequel ils n’échangent qu’au téléphone ou par WhatsApp. « Avec Karim, les relations sont parfois conflictuelles, poursuit notre source. Nous n’acceptons pas qu’il se prenne pour son père, et encore moins qu’il essaie de commander à distance depuis Doha. »

Karim Wade a gagné en prison une incontestable légitimité

D’autres responsables du PDS s’agacent de l’émergence, en dehors des structures du parti, de mouvements de jeunes « karimistes » – qu’ils connaissent mal et sur lesquels ils n’ont aucun contrôle.

Aussi critiques soient-ils, les membres historiques du PDS le reconnaissent : impopulaire en 2012, Karim Wade a gagné en prison une incontestable légitimité. Bien moins nombreux sont ceux qui lui reprochent encore, comme du temps où il était « ministre du Ciel et de la Terre », son « arrogance », son statut de fils bien né, voire la couleur de sa peau.

Les mêmes le concèdent aussi : personne ne ferait un meilleur candidat que lui. « Grâce à sa notoriété et à son nom, lui seul est capable de mobiliser une frange importante de la population et de rivaliser avec Macky Sall », estime Babacar Gaye, le porte-parole du PDS.

Détention heureuse

Comment le premier parti d’opposition en est-il venu à désigner ce candidat dont il savait pertinemment que les déboires judiciaires allaient lui compliquer la tâche ? Parce qu’il n’y avait pas de meilleure manière de le présenter comme un « détenu politique » face à un pouvoir qui emprisonnerait ses opposants.

En mars 2015, le PDS a soigné son timing : Karim Wade a été fait candidat deux jours avant sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). « Il s’est retrouvé leader et candidat du parti par la force des choses, résume El Hadj Amadou Sall, dirigeant du PDS. Mais sa détention arbitraire lui a attiré la sympathie des Sénégalais. »

Au nom du père

Il y a surtout ce qu’a fait Abdoulaye Wade, au fil des années, pour que son fils se taille un costume de présidentiable. Né six ans avant la fondation du PDS, Karim a assisté aux premières réunions dans la maison familiale de Dakar et aux campagnes paternelles face aux présidents Senghor puis Diouf. « Tout n’a pas toujours été rose pour Viviane et les enfants, tient à préciser un proche du clan Wade. Abdoulaye n’était pas souvent là et il a pris de gros risques pour ses activités politiques, notamment sur le plan financier. »

Lors de ses études supérieures à Paris, Karim passe de temps en temps au siège français du PDS. Ceux qui le côtoient se rappellent un jeune homme discret et intéressé par les activités du parti, mais pas d’un militant pur et dur. En 2000, la vie de son père et la sienne basculent avec la première alternance.

« Karim avait une double obligation : montrer qu’il pouvait réaliser de grands projets et ne pas décevoir son père »

Une fois au pouvoir, Wade appelle les jeunes Sénégalais de la diaspora à revenir pour l’aider à développer le pays. « Je ne peux pas demander ça aux autres sans que mes enfants donnent l’exemple », ajoute-t-il en privé. Karim, alors banquier à Londres, et sa sœur, Syndiély, auditrice dans un cabinet de conseil à Genève, rentrent donc au Sénégal.

Nommé conseiller spécial à la présidence, Karim est d’abord chargé de dossiers techniques. Son père, qui apprécie son côté méthodique, lui confie ensuite l’organisation du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui doit se tenir en 2008 à Dakar. « Karim avait une double obligation, se rappelle un de ses anciens collaborateurs : montrer qu’il pouvait réaliser de grands projets et ne pas décevoir son père. Il a donc travaillé nuit et jour pour la réussite de l’OCI. »

Par la suite, tout s’enchaîne très vite. Aux élections locales de 2009, Karim Wade échoue à se faire élire dans le bureau de vote familial du Point E, à Dakar, mais est nommé ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures.

Succession

Début 2011, son père envisage de modifier la Constitution pour créer un poste de vice-président. Beaucoup y voient les prémisses d’un plan de succession taillé sur mesure. Des années plus tard, El Hadj Amadou Sall s’en agace encore : « L’opposition a mis dans la tête des Sénégalais cette histoire de dévolution monarchique, mais c’était totalement faux. Wade n’a jamais voulu que son fils lui succède. Qui pouvait sérieusement imaginer qu’il envisage de le désigner vice-président ? »

Nombreux sont les ténors à avoir cru un jour faire office de dauphin aux yeux du « Vieux » : Idrissa Seck, Macky Sall, Pape Diop, Abdoulaye Baldé…

Au sein du PDS pourtant, voilà déjà longtemps que la place prise par le fils est devenue un sujet de discorde. Dans ce parti géré comme une grande famille, où le chef pouponne ses cadres et entretient avec eux des rapports teintés d’affection, nombreux sont les ténors à avoir cru un jour faire office de dauphin aux yeux du « Vieux » : Idrissa Seck, Macky Sall, Pape Diop, Abdoulaye Baldé…

Tous sont tombés en disgrâce ou ont fini par quitter le PDS parce qu’ils n’avaient pas été adoubés pour reprendre le flambeau jaune et bleu. Modou Diagne Fada complète cette liste des fils spirituels déçus. « Quand Wade est resté secrétaire général du PDS après sa défaite en 2012, j’ai compris qu’il préparait le fauteuil pour son fils, se rappelle cet ex-ministre. J’ai lancé un mouvement de réforme pour réclamer un plan B, mais le père ne voulait pas entendre parler de renouvellement. J’ai fini par être exclu du parti, en octobre 2015. »

Abdoulaye le patron

Selon les proches de l’ancien président, plusieurs raisons expliquent ce choix. « Il y a d’abord celle du sang. Karim est son seul fils, pour lequel il a une profonde affection », confie un cadre du PDS. « Wade se sait proche de la fin et veut préserver son héritage politique. Le meilleur moyen pour s’en assurer est de soutenir son fils », ajoute un second.

Enfin, beaucoup affirment que « Gorgui » ne se serait pas battu bec et ongles pour Karim s’il n’avait pas été condamné par le régime de Macky Sall. Lui permettre de se présenter – et pourquoi pas de battre le chef de l’État en 2019 – serait une revanche particulièrement savoureuse. Dans les rangs de la majorité, la sérénité est de mise, voire ostensiblement affichée. « Il n’a aucune légitimité politique et n’a jamais remporté une élection. Il doit tout à son père, et vous voudriez qu’il nous inquiète en 2019 ? » ironise un fidèle du président.

Abdoulaye Wade s’est retrouvé, à 91 ans, tête de liste de la coalition formée par le PDS pour les dernières législatives

En attendant un hypothétique retour de son fils au Sénégal, Abdoulaye Wade reste le patron incontesté du PDS. « Il ne veut pas de bicéphalisme à la tête du parti. Même pour son fils. Tant qu’il est là, il reste le seul et unique chef. Il déteste qu’on lui fasse de l’ombre », analyse un de ses proches.

Un leadership tellement incontesté que l’ancien président s’est retrouvé, à 91 ans, tête de liste de la coalition formée par le PDS pour les dernières législatives. Élu député, il ne siège pas à l’Assemblée nationale mais continue à gérer les affaires du parti. S’il s’appuie notamment sur son secrétaire général adjoint, Oumar Sarr, il consulte aussi régulièrement son fils, à qui il a rendu visite à Doha avec Viviane pour les fêtes de fin d’année. Nul doute qu’entre le plat et le dessert, le père et le fils ont causé stratégie politique en vue de 2019.


Viviane Wade, le soutien discret

Élevé dans l’ombre d’un père charismatique, Karim Wade a toujours pu compter sur le soutien de sa mère, Viviane, dont il est très proche. Abdoulaye Wade le sait, et lorsqu’il veut le féliciter pour l’organisation du sommet de l’Organisation de la coopération islamique, en 2008, il lance en public : « Je dirai à ta mère que tu as bien travaillé. » Des années plus tard, lorsque Karim Wade est incarcéré à Rebeuss, c’est encore elle qui veille sur le bien-être de ses deux petites-filles, restées à Paris.

 Source Jeune Afrique
Publié dans Politique

Le banquet des présidents Emmanuel Macron et Macky Sall n’était pas celui du « donner et du recevoir », mais celui du « donner et du reprendre »

Le président Macron devant ses compatriotes au Sénégal, liste les grands projets gagnés par les entreprises françaises. Il a commencé bien sûr par citer l’un des plus récents et des plus juteux pour la France, à savoir le TER, ensuite il nous apprend que l’entreprise française Fonroche a gagné un marché de 50.000 lampadaires solaires, que 16 ponts seront construits par Matière une entreprise familiale française de BTP. Il a cité le super calculateur qui sera construit et exploité par Atos, il a donné des indications sur l’intervention des entreprises françaises dans la modernisation et le renforcement du réseau électrique, l’acheminement de l’eau dans la région de Dakar, le développement de l’agro-business dans la vallée du fleuve, l’essor du numérique et lui-même a reconnu qu’il y a tellement de domaines d’intervention de la France dans notre pays qu’il ne pourrait tout citer. Je vais quand même ajouter à sa liste l’installation hégémonique de Auchan au Sénégal qui risque de tuer tout le petit commerce de proximité et précariser d’avantage les acteurs du commerce de détail. La concession accordée à Lagardère qui va exploiter toutes les boutiques de l’aéroport de Diass qui d’ailleurs sera géré par une société française ayant à sa tête un directeur français. Même la nouvelle compagnie aérienne du Sénégal va voler avec des Airbus et dirigée encore par un autre Français.

Et dans tout ça où est la place de notre secteur privé national seul vecteur capable de fournir des emplois pérennes aux actifs et nous offrir une croissance « consommer local ». La plupart de ces projets sont portés par des financements publics à coup de milliards de dettes et le plus souvent contractées auprès de la France. Comme vous l’avez constaté, la quasi-totalité des projets du gouvernement sont exécutés par des entreprises françaises et ainsi les crédits que la France octroie au Sénégal pour exécuter ses grands travaux servent à payer les entreprises françaises. Où est l’équilibre dans la relation France-Sénégal et la défense de notre intérêt et notre souveraineté nationale, que des ministres zélés réclamaient après les commentaires de Anne Hidalgo sur l’affaire Khalifa Sall ?

Si en 2018, nous ne disposons pas d’entreprises au Sénégal capable de fournir 50.000 lampadaires solaires, construire 16 ponts, exploiter un chemin de fer, renforcer notre réseau électrique, donner de l’eau à boire à la population, développer des projets agricoles, exploiter efficacement un commerce et maitriser l’outil informatique, il y a lieu d’être inquiet sur notre capacité à développer notre pays. Ma conviction est que nous disposons de la ressource humaine et du génie capable de hisser notre pays aux rangs des pays les plus modernes de la planète, ce qui nous freine c’est plutôt ce manque de confiance notoire du président Macky Sall à son secteur privé. Nous sommes en train d’assister à la recolonisation économique du Sénégal comme du temps où c’est la Sonadis qui dominait le commerce, on se chaussait chez Bata, on couvrait nos toitures avec Eternit, Peyrissac nous vendait nos véhicules, Colas faisait nos routes etc. Il y a déjà longtemps que la CSE construit des ponts jusqu’au Cap, pourquoi aujourd’hui donner ces 16 ponts à Matière ?

Je ne suis nullement contre la présence de la France au Sénégal, au contraire nous devons à mon avis renforcer cette coopération multiséculaire, mais tout est dans l’équilibre de nos intérêts. Et du côté du Sénégal cela pourrait renforcer notre Etat et notre secteur privé national et pour la France, cela éviterait le développement du sentiment anti-français qui est très constant dans certains discours aujourd’hui et leurs intérêts seraient sauvegardés.

Ce qu’il faut c’est plus de patriotisme économique, ce qui d’ailleurs est réclamé en France pour la France par certains hommes politiques français. Si notre gouvernement ne renforce pas la capacité de notre secteur privé national et plutôt détricote leurs acquis, n’importe quel taux de croissance, même à deux chiffres ne permettrait notre développement économique, puisqu’il serait porté par des entreprises étrangères. Ce n’est pas parce que nous réclamerons plus de collaboration entre notre privé national et les multinationales surtout sur des chantiers publics, que ces dernières vont se détournées du Sénégal. L’exemple de Dubaï et de la Chine est là pour nous prouver que le patriotisme politique n’est pas un frein en soi, pour la venue et l’installation des multinationales sur notre territoire ; si elles y trouvent une possibilité de croissance, elles vont venir et sans état d’âme elles partiront s’il n’y a plus rien à gagner. A Un Autre Avenir, nous pensons que le fer de lance de notre politique économique doit être le privé national et le fil conducteur de tout accord avec n’importe quel autre pays, la défense de nos intérêts. Sénégal first comme le dit un certain Donald pour son pays.

Ibrahima Wade,

Secrétaire général d'Un Autre Avenir

Publié dans Politique
samedi, 10 février 2018 18:49

Le peuple du Sénégal souverain

Le peuple du Sénégal souverain, est PROFONDEMENT attaché à ses valeurs culturelles fondamentales qui constituent le ciment de l’unité nationale

C’est la première ligne de notre Constitution qui nous reconnaît notre souveraineté et notre attachement à nos valeurs culturelles fondamentales. Mais quelles valeurs culturelles fondamentales autres que la religion pour constituer le ciment de notre unité nationale ?

Les 100% des Sénégalais sont croyants (musulmans ou chrétiens). Plus de 90% des Sénégalais ont une culture musulmane, pour ne pas dire soufiste (tidiane, mouride, khadrya, layène etc.). Donc sous le contrôle de nos constitutionalistes, on pourrait affirmer que notre Constitution consacre le respect de notre culture islamique et chrétienne. Ceci nous confère les armes juridiques pour faire face à ces nouveaux défis qui se posent au Sénégal.

Mais l’arme juridique est-elle efficace dans ce village planétaire mondialisé ou l’intrusion de l’internet et sa force dépassent tous les Etats les plus organisés.

Les discours que j’entends de nos défenseurs des valeurs à la sénégalaise, sont orientés vers une répression que l’Etat doit faire à l’égards de ces réseaux, ou axés sur la morale religieuse et les vertus d’un bon croyant. C’est bien car si nous sommes croyants, il y a certains comportements que l’on devrait s’interdire soi-même. Mais dans ce monde matérialiste où la plupart des gens courent derrière l’argent sans se préoccuper de la façon de l’obtenir, il faut une réponse adaptée pour espérer déjouer les plans que tous ces réseaux ourdissent pour s’implanter dans notre pays.

Il faut commencer par doter notre jeunesse d’une éducation religieuse (islamique et chrétienne), pour rappeler que la croyance nous dicte d’accepter le décret divin. Si nous devons tous travailler pour améliorer notre vie et celle de notre famille, en tant que croyants, nous devons le faire de manière licite et être convaincu que la richesse dépend de Dieu. Nous devrions aujourd’hui sans complexe enseigner dans nos écoles les écrits de nos Cheikh qui ont su tenir haut le drapeau de l’islam lorsqu’ils étaient confrontés à ces forces qui nous menacent et dans un pays sous domination coloniale. Le comble c’est que dans ces pays à culture judéo-chrétienne, des cours de religion (dont l’islam), sont dispensés dans leurs écoles, alors que nous, Sénégalais à 90% musulmans, nous n’osons pas intégrer dans nos programmes scolaires des cours d’islam. Nous préférons apprendre à notre jeunesse qui était Jeanne d’Arc, Louis XV ou le général de Gaulle, au lieu de lui donner le goût de mieux connaître Serigne Touba, Elhadji Malick Sy et tous les autres dont leurs enseignements devraient faire notre fierté.

Tous ces réseaux que nous dénonçons se constituent en forces économiques et soutiennent leurs adhérents dans tout ce qu’ils entreprennent sur le plan professionnel. Notre liberté de pratiquer librement notre religion dans ce monde de tentations, et pouvoir se détourner de ces réseaux que nous dénonçons, dépend pour beaucoup de notre pouvoir économique. Nous avons l’exemple de Serigne Touba qui savait que la seule possibilité de se libérer du colon résidait dans l’indépendance par le travail et la maîtrise du savoir par l’enseignement du Coran. Ainsi, à chaque fois qu’il s’installait sur un nouveau terroir, il y ouvrait une école pour une éducation islamique et y créait des champs qui permettaient de donner du travail et des revenus à ces disciples. D’ailleurs ses recommandations étaient toujours Travail et Adoration de Dieu. Cet héritage a fait que la communauté mouride est devenue une force économique dans notre pays et un réseau qui a permis l’installation facile de beaucoup de mourides à Dakar et une présence dans le tissu économique du Sénégal.

Je pense que face à ces nouveaux défis que nous dénonçons nous tous, la meilleure réponse c’est mieux préparer notre jeunesse par une éducation religieuse, car nous sommes sur la même planète que tous les autres et nous sommes condamnés à échanger avec tous les êtres humains. Un homme averti en vaut deux dit-on. Ensuite, nous devrons nous constituer en réseaux solidaires nous aussi, pour avoir la puissance économique des autres et ainsi éviter les pièges et manipulions avec des avoirs financiers qui nous éloignent de notre culture islamique. Certains de ces réseaux que nous voulons bouter hors de notre pays, dans certains cas comblent l’absence de notre Etat, qui a échoué dans les aspects socio-économiques depuis notre indépendance. La plupart des ONG qui soulagent souvent nos populations démunies sont de tradition chrétienne ou portées par les précurseurs de la laïcité. Au même moment, les pays musulmans ne portent aucun projet économique en solidarité envers leurs frères d’autres pays musulmans. Lorsqu’ils soutiennent des causes dans ces pays, c’est pour nous imposer un islam rigoriste qui s’attaque à nos vénérés guides religieux. Le combat par les armes ou la violence comme moyen pour faire triompher la religion, ne nous garantit aucun succès, par contre l’arme de la foi à la manière du Soufi, peut nous libérer, la preuve par la victoire de Serigne Touba face au colon. Notre avis est qu’il nous faut des dirigeants courageux et visionnaires, convaincus de l’importance de l’éducation religieuse de notre jeunesse, qui oseront mettre dans le cœur de nos programmes scolaires les enseignements tirés de nos croyances et du vécu de tous nos Cheik. C’est notre conviction à Un Autre Avenir et nous y appellerons tous les Sénégalais musulmans et chrétiens.

Ibrahima Wade,

Secrétaire général d'Un Autre Avenir

Publié dans Société

La campagne arachidière dans la région de Kaffrine se déroule actuellement avec des difficultés liées notamment au retard noté dans le financement qui ne vient pas …pour faciliter l’écoulement des arachides qui sont entre les mains des producteurs…" dixit le gouverneur de la région de Kafrine. Cette situation est quasi la même dans toutes les zones de production et elle se répéte à chaque campagne de commercialisation de l’arachide.

Par le passé, le Sénégal était le 4ème pays producteur d’arachide au monde après les Etats-Unis, le Nigéria et la Chine. La production et la commercialisation de l’arachide occupent plus de 4 millions de Sénégalais. C’est un secteur qui bénéficie de subventions conséquentes de la part des tous les gouvernements depuis les indépendances. Et malgré l’existence d’une industrie d’huileries, une consommation locale très importante et une exportation assez soutenue, les producteurs d’arachide sont les plus pauvres parmi les agriculteurs sénégalais. Lorsque la production frôle des records comme cette saison, au lieu de permettre aux producteurs d’engranger des gains substantiels, les prix chutes et en plus, écouler la production devient difficile par manque de débouchés et de financements.

Ne devrait-on pas repenser notre modèle d’agriculture basé sur la monoculture de l’arachide et se lancer dans la diversité, entre des cultures pour une autosuffisance alimentaire d’une part et d’autre part des cultures de rente pouvant assurer des gains aux producteurs ? L’expérience réussie de la culture de riz dans la vallée du fleuve Sénégal nous prouve qu’il est possible de développer d’autres filières qui cadrent avec les besoins de notre pays.

Cette expérience sur le riz, nous pourrions la tenter avec des cultures comme le blé que nous importons à hauteur de 600.000 tonnes par an, et certaines cultures expérimentées avec succès par exemple en Ethiopie tels que les fleurs de roses et le raisin. La science permet maintenant d’adapter n’importe quelle culture à n’importe quelle condition climatique. Le problème de manque de pâturage pour nos éleveurs devrait nous pousser aussi à penser cultiver l’herbe, comme c’est pratiqué par les éleveurs en Europe.

Laisser 30% de la population sénégalaise s’adonner à une agriculture qui est dans des difficultés chroniques insolubles dans toutes les réformes ou subventions étatiques, n’est pas une solution pour lutter contre la pauvreté en milieu rural. Il faudrait de manière responsable poser le débat de l’arachide entre pouvoirs publics, spécialistes de la question, producteurs etc.

Lorsque l’on se balade dans les campagnes européennes, tout espace qui n’est pas affecté à l’agriculture, se transforme en champs de panneaux solaires. Peut-être devrions-nous faire de nos espaces inexploités, des champs photovoltaïques, surtout que nous avons du soleil 365 jours par an.

Historiquement, le colon qui voulait spécialiser ses colonies pour assurer l’approvisionnement de la métropole, avait imposé au Sénégal la production de l’arachide. Cette culture est devenue ainsi par la force des choses un levier socio-politique, subventionnée à coup de milliards par tous les gouvernements pour s’assurer la paix sociale et l’adhésion des populations à leur régime. D’ailleurs l’inefficacité des politiques découlent des interventions politiciennes de l’Etat dans ce secteur. La monoculture de l’arachide a appauvrit aussi toutes les terres et pourtant, l’horticulture se développe sans aucune aide substantielle de l’Etat.

En attendant de prendre les décisions idoines, il faut de la régulation dans la production de l’arachide, car qui connait bien le marché capitaliste doit savoir par cœur qu’il fonctionne selon l’offre et la demande. Au Sénégal, lorsqu’il y a des records de récoltes en arachide on chante ça sous tous les toits, alors que cette surproduction peut être néfaste aux producteurs qui sont confrontés à des baisses de prix. L’Etat subventionne alors pour éviter l’asphyxie du secteur, mais souvent ces subventions vont vers les huiliers ou les spéculateurs, la preuve, le président Macky Sall a supprimé la taxe à l’exportation sur l’arachide pour attirer les Chinois, mais cela ne profite nullement aux producteurs qui peinent à vendre son arachide au prix fixé par l’Etat.

Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

 

Publié dans Edito
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