Filtrer les éléments par date : jeudi, 04 mai 2017

L’ancien président des Etats-Unis avait déjà fait connaitre sa décision de soutenir Emmanuel Macron lors d’un appel téléphonique au candidat avant le premier tour. Il a officialisé ce soutien ce jeudi 4 mai par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

« Je soutiens Emmanuel Macron », c’est bien la voix de Barack Obama. Un court message, dans lequel l’ex-président démocrate explique les raisons de son implication. « Ce scrutin est capital pour l’avenir de la France et pour les valeurs qui nous sont chères », dit Barack Obama, qui vante les qualités du candidat français. « Un homme, dit-il, qui s’engage pour des idées progressistes ».

L’entourage de l’ex-président américain fait savoir que ce soutien n’est pas improvisé. Il ne s’agit pas d’une décision de dernière minute, mais d’un engagement mûrement réfléchi pour Barack Obama qui le dit lui-même : il n’a pas l’intention de multiplier ces prises de position, mais la France, c’est différent.

Peut-être l’ancien président se reconnaît-il dans Emmanuel Macron, un candidat que les auspices ne donnaient pas gagnant au départ, sans soutien d’un appareil politique. Cela ressemble à l’ascension du jeune sénateur de l’Illinois au début des années 2000.

La popularité de la famille Obama n’a toutefois pas permis aux Etats-Unis de faire élire Hillary Clinton contre Donald Trump. L’élection d’Emmanuel Macron mettrait un peu de baume au cœur des démocrates outre-Atlantique.

Erreur de traduction chez En Marche!

L'équipe du candidat Macron semble avoir commis une redoutable erreur de traduction de la vidéo de Barack Obama. Les « liberal values » dont parle l'ancien président américain ont été à tort traduites par « valeurs libérales », au lieu de « valeurs progressistes », qui aurait été plus approprié du point de vue de la traduction.

Le terme « liberal » ne décrit pas aux yeux d'un Américain la même chose qu'aux yeux d'un Français. Si de l'autre côté de l'Atlantique, « liberal » désigne une politique quasiment de gauche, en France « libéral » comporte une connotation économique plutôt à droite.

RFI

Publié dans International

Les acteurs politiques et ceux de la société civile sont formels : en dépit de la contribution de la presse dans le jeu de la démocratie au Sénégal, notre pays est encore très loin de l’objectif d’une presse libre et crédible. Interpellés par la rédaction du Sud quotidien hier, mercredi 3 mai, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse qui a coïncidé avec la marche initiée par la coordination des associations de la presse (Cap) pour le respect de la dignité des journalistes, sur la pratique de ce métier, certains, à l’image de Youssou Touré, coordonnateur du réseau des Enseignants de l’Apr déplore «les excès au niveau de certains qualificatifs».

Abondant dans le même sens, Ousmane Sonko, leader du Pastef/ les Patriotes, regrette un «traitement assez particulier de l’information en faveur du régime en place». «Nous souhaitons que la presse puisse être davantage un bouclier et non une arme», rétorque pour sa part, le député Thierno Bocoum, chargé de la communication du Rewmi. Allant dans le même sens, Moussa Sarr, porte-parole de la Ld, souligne que «beaucoup de choses restent à améliorer pour l’avènement d’une presse encore plus libre et crédible au Sénégal». Sous ce rapport, Mouhamadou Mbodj, coordonnateur général du Forum civil joint également au téléphone, a indiqué que «c’est l’heure de s’engager vers des états généraux ou les assises de la presse».

REACTIONS DES POLITIQUES SUR LA PRESSE NATIONALE

BABACAR GAYE, ANCIEN MINISTRE D’ÉTAT ET PORTE-PAROLE DU PDS :  «La presse ne sera libre que quand les acteurs des médias le seront...»

Au Sénégal la liberté de la presse existe, mais elle est à consolider. Notre pays est placé 58èmerang mondial dans le dernier rapport de Reporters Sans Frontières, en dépit des libertés et droits qui sont garantis aux journalistes par la Constitution de 2001. Certes, beaucoup d’efforts ont été faits avec le pluralisme des médias et la liberté d’expression. Mais récemment, on a constaté une recrudescence des harcèlements et un resserrement de l’étau autour des hommes de médias et de leurs outils de travail. Je fais particulièrement allusion à l’affaire Etat/Groupe Walfdjri et à la convocation tous azimuts des journalistes à la DIC.

Cette situation leur rend le travail difficile et particulièrement à ceux d’entre eux qui couvrent les activités politiques. Il arrive souvent que les forces de l’ordre comme des militants zélés de certains partis politiques agressent des journalistes dans l’exercice de leur métier et portent atteinte à leur devoir d’informer. S’y ajoutent leurs mauvaises conditions de travail et la tentation de la corruption ambiante avec des politiciens sans scrupules, en mal de visibilité médiatique. Au demeurant les professionnels qui travaillent dans les médias publics et dans certains groupes de presse, soupçonnés de collusion avec le pouvoir politique et les lobbies financiers, doivent prendre leurs responsabilités et s’émanciper de ces lobbys.

S’agissant des conditions de travail des journalistes, je crois que c’est une bonne chose que les journalistes se lèvent pour dire “ça suffit”. D’abord pour exiger un cadre législatif et réglementaire apte à leur assurer un vrai statut. Ensuite pour assainir le milieu de la presse gangrené par l’affairisme et la corruption qui engendrent médiocrité et manque de crédibilité. Il faut ne pas se voiler la face, la presse ne sera libre que quand les acteurs des médias seront indépendants des lobbies de toute sorte qui les ont infiltrés pour mieux les contrôler à des fins de manipulations. Pour faciliter le travail des journalistes, il faut adopter un code de la presse qui tienne compte des préoccupations de notre société, un statut valorisant, pour les professionnels des médias, un décloisonnement de l’information dans des médias contrôlés par l’État et les lobbies financiers, encourager la création d’entreprises de presse dont le capital est détenu au moins à 40 % par des professionnels des médias, en leur réservant l’aide à la presse par exemple ou en leur accordant des facilités fiscales etc. Pour conclure, notre presse a besoin de ses états généraux.

THIERNO BOCOUM, DÉPUTÉ ET CHARGÉ DE LA COMMUNICATION DU REWMI :  «Nous souhaitons que la presse puisse être davantage un bouclier et non une arme»

«Nous avons une collaboration normale avec les journalistes compte tenu du fait que chaque parti fait son travail. Maintenant, nous souhaitons que la presse puisse être davantage un bouclier et non une arme. Aujourd’hui, s’il y’a des faits ou des accusations portés contre quelqu’un, nous pensons que ce qui est attendu du journaliste, c’est de faire des investigations, d’aller dans le fond des choses en mettant en avant le présomption d’innocence des personnes accusées, en respectant leurs droits humains. Nous pensons que la presse ne doit pas être utilisée comme une arme pour anéantir des adversaires politiques ou un moyen d’attaque contre toute personne qui a une opinion contraire à travers des accusations tous azimuts et une certaine manipulation de l’information.

Nous attendons des journalistes, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’ils mettent davantage l’accent sur l’investigation, le respect des droits de l’accusé dans le traitement des questions judicaires. Mais, il reste entendu que dans l’ensemble, nous avons au Sénégal, une presse responsable qui fait son travail et qui a joué un rôle important dans l’évolution de la démocratie, notamment dans les alternances démocratiques survenues à la tête du pays. Cependant, nous souhaitons que ces acquis soient préservés à travers une aide aux acteurs de la presse pour qu’ils puissent continuer à jouer leur rôle d’équilibre, de régulateurs sociaux et de garant de la démocratie.

S’agissant de l’amélioration des conditions de travail des journalistes, je pense que tout doit passer par la loi. Il faut légiférer le code de la presse quiest déjà dans le circuit. On doit aller vers son vote pour avoir des règles très claires dans le métier du journalisme afin de permettre aux acteurs d’exercer convenablement leur profession. Il faut également que les patrons de presse puissent être soutenus dans la mesure où la plupart rencontrent des problèmes liés aux moyens financiers, il faut donc qu’on réfléchisse à leur doter plus de moyens, mais aussi s’assurer d’une utilisation efficiente de ces moyens pour que les employés sentent les retombées de ces moyens.  

MOUHAMADOU MBODJ COORDONNATEUR GENERAL DU FORUM CIVIL : «C’est l’heure de s’engager vers les états généraux ou les assises de la presse»

Dans le temps, la presse a tenu des rôles, assumé des responsabilités dans la construction démocratique du pays à différents moments, dans des postures différentes. Si certains acteurs défendent le système démocratique et enrichissent son fonctionnement, c’est le citoyen qui donne la légitimité et qui l’enlève. La presse, par sa trajectoire difficile au Sénégal, c’est vraiment bonifiée. Elle a servi de locomotive majeure dans la construction démocratique, dans les 30-40 dernières années.

Du fait qu’on a parlé de modèle sénégalais dans le continent, si on devait distribuer la part de contribution de chaque acteur, la presse tiendrait une place déterminante, que ce soit la presse économique, politique, même la presse sportive. C’est un acteur majeur dans notre système politique.

Maintenant, je suis atterré de voir que depuis quelque temps même le Fonds de la presse a disparu. Je ne peux pas me l’expliquer. C’est-à-dire, financièrement, ce n’était pas de donner de l’argent. C’était un engagement que les gens prenaient pour renforcer un acteur majeur dans la construction démocratique. Donc, par ricochet, c’est un engagement sur la construction démocratique. Cet engagement de l’Etat doit non seulement être maintenu, mais renforcé. Même s’il faut réexaminer les modalités avec les acteurs eux-mêmes. Je souhaite que ce 3 mai soit une opportunité de lancer ce dialogue et non une confrontation. La démocratie a besoin de la presse comme l’homme a besoin de l’air pour respirer.

La presse aussi doit être consciente aujourd’hui de ses parts en tant qu’acteur qui évolue dans cette société qu’il incarne, mais prend aussi certaines tares de la société. Elle doit aussi s’engager dans une introspection profonde. Je crois qu’on l’avait commencé sous Wade. On voulait même faire des états généraux de la presse à Saly. Mais cela ne concerne pas seulement la presse car elle est un relais. Elle permet d’établir ces liens permanents entre acteurs de la société et acteurs institutionnels. Il faut que ce processus d’introspection engage les acteurs institutionnels.

Je suis contre ceux qui donnent des qualificatifs très négatifs. Toute évolution génère de bonnes choses, comme des choses qui sont de travers. Il faut repérer les meilleures choses pour aller vers un Code plus qui tire vers le meilleur au niveau de la presse. Il faut arrêter d’établir des corsets. Le Code de la presse ne doit pas être perçu comme un corset, mais plutôt comme un outil de régulation et d’amélioration globale de notre système démocratique où la presse tient un rôle fondamental. Mais, il faut le faire dans un langage de vérité. C’est l’heure de s’engager vers les états généraux ou des assises de la presse. Au-delà du Code de la presse, qui est un acte normal dans une République, qu’il y ait un cadre normatif de la presse. On ne doit pas tout renvoyer. Dans la perspective du développement de la presse et du développement de ses contributions dans l’amélioration du fonctionnement de la gouvernance démocratique, on ne doit pas se limiter à ce cadre normatif. Il faut aller au-delà. La question du financement doit être perçue dans le sens d’un développement fondamental de la presse comme un des acteurs majeurs du système démocratique et de gouvernance.

Donc, il ne faut pas qu’on reste sur des postures de méfiance entre les acteurs. Il ne faut pas qu’on reste dans les postures de menaces non plus. Il faut être généreux dans l’effort de reconstruction d’idéaux autour du développement de la presse, généreux dans le sens de canaliser plus de ressources vers cet acteur majeur de notre système de gouvernance démocratique. On ne devrait pas laisser la presse faire une marche, pour en arriver à ça. On ne devrait pas laisser pourrir la situation. Ce n’est pas le rôle de la presse d’aller en marche. Déjà, laissé pourrir cette situation apparait comme un échec du système de gouvernance. On devrait arriver annuellement à des rencontres d’échanges, comme la rentrée solennelle des Cours et tribunaux. J’estime que la presse tient autant un rôle important que la justice.  Je comprends la marche, mais je regrette qu’on ait presque contraint les acteurs à aller dans cette direction. Il n’y a pas eu d’écoutes assez attentives et de réactivités politiques, même si par le passé beaucoup de choses ont été faites. Il faut relancer le corps de la presse le plus rapidement.

OUSMANE SONKO LEADER DU PASTEF/ LES PATRIOTES : «Ce qu’il faut juste déplorer... qu’il y ait un traitement assez particulier de l’information en faveur du régime en place»

On ne peut pas globaliser l’appréciation, parce que dans tout corps, il y a du bon et du moins bon. Je respecte beaucoup la presse et beaucoup de journalistes qui, dans des conditions extrêmement difficiles, essaient de garder une certaine trajectoire et à faire leur travail. De manière générale, nous avons une presse au Sénégal qui permet aux citoyens d’accéder à une information. La qualité de l’information peut faire l’objet de débats, puisque d’aucuns considèrent que la presse n’est pas totalement indépendante, ou quelque fois bâillonnée ou orientée vers des directions. Nous qui avons démarré en politique, il y a 3 ans, en étant parfaitement inconnu, nous connaissons la valeur de la presse. Parce que n’eut été la presse, peut-être qu’on n’aurait pas été connu des Sénégalais et apprécié par rapport à un discours. C’est pourquoi, je considère que c’est l’un des outils les plus importants qu’il faut absolument plus que sauvegarder, pour l’aider à rester une presse de qualité, une presse indépendante, équidistante. Si les acteurs du milieu, eux-mêmes, prennent l’initiative de poser ce débat, nous ne pouvons, en tant que citoyen mais aussi en tant qu’acteurs politiques, apporter notre soutien et notre solidarité par rapport à ce combat et les encourager à aller jusqu’au bout de ce combat. Parce qu’il y va non simplement de l’avenir d’une corporation, mais il y va de la qualité du jeu démocratique, de l’expression des libertés et des droits dans ce pays.

Nous avons eu des malentendus ou des bisbilles tantôt avec certains organes de presse. Par contre, nous avons certains organes de presse qui sont à féliciter. Je n’hésite pas à citer Sud Fm parmi ceux là. A l’intérieur de chaque organe de presse, quelles que soient les orientations qu’on peut prêter à cet organe, il y a toujours des journalistes qui tiennent à faire correctement leur travail. Ce qu’il faut juste déplorer, c’est que depuis quelques années, qu’il y ait un traitement assez particulier de l’information en faveur du régime en place qui semble avoir une mainmise sur beaucoup d’organes de presse. Ça, c’est à déplorer, pour des acteurs que nous sommes. Parce que nous pensons que la presse doit être équidistante, informer juste et vrai. Personne ne demande de faveurs, mais permettre à ce que tous les discours puissent être traités de la même manière et que le peuple ait suffisamment l’information de qualité pour pouvoir assoir un choix sur des bases claires. Je crois qu’il y a une grande responsabilité de ceux qu’on appelle ici les patrons de presse. J’ai tendance à dire que ces dernières années  beaucoup de gens se sont dotés d’organes de presse en passant par des lobbyings politiques pour en faire des moyens de pression sur les pouvoirs politiques ou des moyens de règlement de compte. Or, ce n’était pas ça l’objectif de la presse. Rappelons que la presse est un service public. Quand j’entends que tel organe appartient à un tel, nous pensons qu’on attribue des fréquences à des gens sur la base d’un cahier des charges qui exige d’informer juste et vrai. La presse est un patrimoine commun. Les fréquences appartiennent à tout le peuple sénégalais. On en est concessionnaire sur la base d’un cahier des charges. Malheureusement, beaucoup d’organes de presse dans ce pays ne respectent pas ces cahiers des charges parce qu’ils ont fait de ces instruments là des moyens de pression et de promotion. Cela dénature, malheureusement l’image qu’on peut avoir globalement de la presse. Mais, je  tiens à rappeler qu’il y a des organes de presse et des journalistes qui font un travail formidable et qui résistent à toutes les pressions. Et nous tenons à les féliciter.

Sudonline

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Les représentants du parti de la CD. BGG en Europe se sont réunis les 29 et 30 avril 2017 à Brescia (Italie) pour échanger autour de l'ordre du jour suivant :

  1. Structures et organisation du parti en Europe
  2. Projets et programme du parti en vue des élections législatives et présidentielles
  3. Désignation des candidats députés
  4. Communication et stratégie du parti en Europe

1. Première résolution – Structures et organisation :

Le forum, après en avoir discuté, décide d'élire un bureau de la fédération Europe pour une durée de deux (2) ans renouvelable une fois.. La liste et composition du bureau en annexe au document final. Un projet de statut et d'organisation du parti a été adopté à l'unanimité des responsables présents

2. Deuxième résolution – Projets et Programme du parti :

Suite à l'exposé fait par le président de cette commission, les responsables présents n'ont émis aucun amendement et ainsi le texte a été adopté en optant pour une possibilité de toujours l'améliorer.

3. Troisième résolution – Désignation des candidats députés :

Par consensus, les responsables de BGG Europe ont désignés leurs candidats députés sur les listes diaspora Europe, sur les listes départementale et nationale au Sénégal.

4. Quatrième résolution – Stratégies et communication

Le président de la commission a fait plusieurs propositions notamment, renforcer la visibilité du parti au niveau des réseaux sociaux. Il a été suggéré aussi de renforcer la communication du président  Pape Diop en constituant une équipe de communicants plus présents dans le débat national.

Le forum donne tous pouvoirs au coordonnateur de la fédération Europe pour accomplir tout le suivi nécessaire aux décisions prises, notamment la restitution du document au président Pape Diop, la déclaration à la presse nationale et internationale, la défense du positionnement de nos candidats députés et de remercier solennellement le président pour sa confiance, son soutien et ses encouragement durant tout les déroulement de ce forum.

Fait à Brescia le 30 avril 2017

Publié dans Politique

 

Dix-neuf intox de Marine Le Pen dans son débat avec Emmanuel Macron le 03/05/2017/lemonde.fr


Les deux candidats se sont affrontés, mercredi, lors d'un débat d'entre-deux-tours très virulent, ponctué par plusieurs fausses affirmations.
LE MONDE | 03.05.2017


Le traditionnel débat entre les deux finalistes de l'élection présidentielle a viré, mercredi 3 mai, à l'échange d'invectives et à la confusion. Mais il apparaît clairement que si Emmanuel Macron n'a pas toujours été dans le respect total des faits, sa rivale, Marine Le Pen, a proféré de nombreuses approximations et des contre-vérités.


Une stratégie qui a semblé délibérée, pour empêcher un débat de fond en forçant M. Macron à répondre à des attaques souvent mensongères, et qui n'était pas sans rappeler celles de Donald Trump durant la campagne américaine. Nous avons vérifié dix-neuf cas.


1. Brexit, UE... Des intox sur l'Europe


2. SFR, Chantiers de l'Atlantique... Des intox sur l'économie


3. Retraites, GPA, fichés S... Des intox sur les thèmes de société


Brexit, UE... Des intox sur l'Europe


• L'économie britannique va-t-elle mieux depuis le vote sur le Brexit ?
« L'économie britannique ne s'est jamais aussi bien portée que depuis que les Britanniques ont décidé de reprendre leur liberté. »
C'est trompeur

L'affirmation de Marine Le Pen sur la bonne santé de l'économie du Royaume-Uni tente de rassurer les Français sur les conséquences d'une éventuelle sortie de l'Union européenne (UE) de la France ; elle est trompeuse. L'économie britannique a certes enregistré une croissance de 2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2016. Mais cela n'a rien à voir avec le Brexit. Le référendum a eu lieu en juin 2016 et l'article 50 sur la sortie de l'UE, qui a enclenché les négociations entre Londres et les Européens, n'a été officiellement activé que le 29 mars.
Surtout, les premières conséquences économiques du vote pour sortir de l'Union européenne commencent à se faire sentir, l'inflation affectant les dépenses des Britanniques et pesant sur l'activité.


Au premier trimestre, la croissance britannique a enregistré un net ralentissement. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3 %, contre 0,7 % au quatrième trimestre 2016, selon les données du Bureau national des statistiques, publiées vendredi 28 avril.


• La contribution de la France à l'Union européenne, 6 ou 9 milliards d'euros ?
« Votre Union européenne, c'est 9 milliards d'euros par an. »
FAUX

La candidate du Front national fait allusion à une participation française au budget de l'UE s'élevant à 9 milliards d'euros. Mais selon les chiffres du Parlement européen, la contribution nette de Paris au budget de l'UE est de 4,5 milliards d'euros pour l'année 2015. Un autre mode de calcul ajoute à ce chiffre des ressources propres traditionnelles (droits de douane, cotisations sur le sucre, etc.) qui sont directement versées à l'UE, et qui représentaient 1,6 milliard en 2015, selon le projet de loi de finances pour 2017. En suivant ce calcul, on passe donc à 6,1 milliards d'euros, et toujours pas à 9 milliards.


Au-delà des chiffres, l'affirmation de Marine Le Pen est surtout pour le moins réductrice. Elle ne compte pas tous les avantages et inconvénients indirects liés au fait d'appartenir à l'UE, notamment l'accès au marché commun. On ne peut donc résumer la situation par la contribution nette des Etats au budget européen.


• L'euro ne circulait pas avant 1999
« De 1993 à 2002, toutes les grandes entreprises françaises pouvaient payer en euros »
FAUX

Marine Le Pen a déclaré que « de 1993 à 2002, toutes les grandes entreprises françaises pouvaient payer en euros ». Une affirmation utilisée pour défendre son idée de revenir au franc tout en conservant la devise européenne comme monnaie commune, mais pas unique. C'est faux.
Certes, l'euro a d'abord été introduit sous sa forme immatérielle avant de circuler sous sa forme fiduciaire. Mais c'était le 1er janvier 1999, et non en 1993. La monnaie commune n'a en réalité existé que de 1999 à 2002, pendant la transition des monnaies nationales à l'euro, avec des taux de change fixes de celles-ci vers la nouvelle monnaie.


Marine Le Pen fait également référence à l'écu, qui a existé en Europe de 1979 à 1998. Mais il ne s'agissait pas d'une monnaie commune, seulement d'un « panier » de toutes les monnaies européennes qui servait d'outil bancaire. Les banques centrales échangeaient entre elles dans cette unité de compte, plus stable que les monnaies nationales, mais les acteurs privés n'ont quasiment pas échangé en écus, contrairement à ce qu'affirme la candidate. L'écu ne remplaçait pas les monnaies nationales dans les échanges internationaux, alors qu'une euromonnaie commune s'y substituerait.
» Lire notre article : Monnaie unique ou monnaie commune : Marine Le Pen veut-elle ou non sortir de l'euro ?
• L'euro a-t-il provoqué une augmentation des prix ?
« L'euro a eu des conséquences très lourdes sur le pouvoir d'achat des Français. Sa mise en place a entraîné une augmentation spectaculaire des prix. »
FAUX

Calculé par l'Insee, l'indice des prix à la consommation a augmenté régulièrement depuis le début des années 2000. Mais lorsque l'on scrute la courbe sur une plus longue période, depuis 1990, on s'aperçoit qu'elle est presque linéaire et que l'entrée en vigueur de l'euro ne constitue pas une rupture.


Evolution de l'indice des prix de l'Insee depuis 1990
Base 100 en 2015
0 20 40 60 80 100 120 -janv.-1...-févr.-1991-mars-1992-avr.-1993-mai-1994-juin-1995-juil.-1996-août-1997-sept.-1998-oct.-1999-nov.-2000-déc.-2001-janv.-2003-févr.-2004-mars-2005-avr.-2006-mai-2007-juin-2008-juil.-2009-août-2010-sept.-2011-oct.-2012-nov.-2013-déc.-2014-janv.-2016
-mars-2004
● Valeur: 85,93

Source : Insee
Certains produits ont pu augmenter au cours de la période, notamment du fait des arrondis. Et surtout, la consommation a changé. Ainsi, les téléphones mobiles n'étaient pas un budget dans les années 1990. Mais il est faux d'affirmer comme le fait Mme Le Pen que, au niveau global, l'euro aurait fait exploser les prix à la consommation.


• L'épargne des Français en danger avec l'union bancaire ?
« L'épargne des Français est en danger [à cause de] la loi sur l'union bancaire. »
TROMPEUR

L'union bancaire, mécanisme mis en place au niveau européen en 2014 pour éviter les faillites de banques, prévoit bien la possibilité d'une ponction des dépôts des clients pour contribuer au sauvetage des établissements en cas de risque de crise. Mais il existe une garantie de dépôt jusqu'à 100 000 euros. Seuls les épargnants qui possèdent des sommes au-delà de ce montant seraient menacés.
Si une banque se trouve en situation de risque de faillite, les pertes devront d'abord être payées par les actionnaires, puis par les créanciers, et éventuellement par les gros déposants, au-delà de 100 000 euros, montant qui sécurise de fait la quasi-totalité des épargnants français. Il faudrait donc au contraire dire que l'union bancaire les protège.
SFR, Chantiers de l'Atlantique... Des intox sur l'économie
• Macron était-il ministre de l'économie lors de la vente de SFR ?
« Vous étiez ministre quand avez vendu SFR à votre ami M. Drahi. »
C'est plus compliqué

« Je n'étais pas ministre quand SFR a été vendu », a affirmé Emmanuel Macron. Point contesté par Marine Le Pen : « Evidemment vous étiez ministre. »

La candidate a même accusé son rival d'avoir déjà menti à ce sujet devant « des millions de Français ».
La vente de SFR par Vivendi à Numericable a été actée en avril 2014 ; Arnaud Montebourg était ministre de l'économie, alors qu'Emmanuel Macron était conseiller à l'Elysée. L'opération s'est officiellement conclue en novembre 2014, trois mois après l'arrivée à Bercy de M. Macron – qui s'est par ailleurs opposé publiquement par la suite au rachat de Bouygues par SFR-Numericable.
• STX, « vendu aux Italiens » ?
« Vous avez vendu les Chantiers de l'Atlantique aux Italiens. »
FAUX

Le dossier STX est complexe. L'ancien propriétaire des Chantiers de l'Atlantique était le groupe sud-coréen STX, qui a été placé en redressement judiciaire en 2016. Tout comme STX Offshore and Shipbuilding, STX France a été officiellement mis en vente par la justice sud-coréenne cette même année.
Une seule offre de reprise du chantier naval STX de Saint-Nazaire – détenu pour un tiers par l'Etat français – ayant été soumise au tribunal sud-coréen fin 2016 et en avril 2017, le gouvernement a annoncé avoir donné son accord de principe à la reprise de ces chantiers par l'opérateur italien Fincantieri.


Il est donc faux de dire que c'est l'Etat qui aurait « vendu » les chantiers aux Italiens comme l'affirme Marine Le Pen : ce groupe privé a été racheté, en Corée du Sud, par un autre groupe. On peut cependant reconnaître que l'Etat français, qui avait tenté d'inciter des sociétés tricolores à racheter les chantiers, y a échoué. Enfin, Emmanuel Macron n'était plus ministre au moment de cette vente.


• Combien de travailleurs détachés en France ?
« Vous avez refusé de supprimer la directive de détachement des travailleurs. 300 000 à 500 000 emplois ne sont pas accessibles aujourd'hui à nos compatriotes français, car ils sont remplis par des travailleurs détachés. »
FAUX

Si la France est l'un des pays de l'UE qui accueille le plus de travailleurs détachés étrangers, leur nombre officiel est presque deux fois inférieur à celui qu'avance Marine Le Pen – jusqu'à 500 000 selon elle. Il s'élevait à 285 025 en 2015, selon la Commission nationale de lutte contre le travail illégal (CNLTI). Chiffre auquel on peut ajouter les salariés « low cost » n'ayant pas fait l'objet de déclaration, pour lequel on ne dispose pas d'étude récente. Un rapport du Sénat l'estime de 220 000 à 300 000 pour l'année 2011.


Surtout, il est trompeur de parler au sujet des travailleurs détachés d'emplois qui pourraient être récupérés. Le détachement concerne « une période limitée », comme le définit la directive. Limite fixée à vingt-quatre mois dans le cas français, mais qui est souvent bien inférieure. Pour l'année 2014, la CNLTI estimait le volume total d'emploi du travail détaché à 9,7 millions de jours, pour 230 000 salariés concernés. Soit environ quarante-deux jours d'emploi par travailleur détaché en moyenne. Ce qui ne correspond donc pas à 500 000 emplois équivalent temps plein, comme le suggère la candidate du FN, mais à 42 000, selon l'estimation du ministère du travail. Soit douze fois moins.
• A qui le CICE a-t-il bénéficié ?
« Le CICE, vous l'avez donné en priorité aux grands groupes. »
EXAGÉRÉ

Le crédit d'impôt compétitivité emploi, mieux connu sous son sigle (CICE), est une mesure associée à un « tournant libéral » de François Hollande : le chef de l'Etat sortant a mis en place, en 2013, ce crédit d'impôt (de 4 % puis 6 %) pour les entreprises employant des salariés.
Selon un rapport du ministère de l'économie publié en janvier 2016, l'Etat avait versé – à cette date – 18,6 milliards d'euros de CICE aux entreprises qui en avaient fait la demande. Le dispositif bénéficiait d'abord aux « très petites entreprises » (TPE) et aux « petites et moyennes entreprises » (PME), qui représentaient 48 % des crédits enregistrés sur 2013 et 2014. Suivaient ensuite les grandes entreprises (30 %) et les entreprises de taille intermédiaire (22 %).
De surcroît, le seul rapport du comité de suivi du CICE publié à ce jour soulignait que 78 % de la masse salariale des TPE/PME était éligible au CICE (donc concerné par la baisse des charges), contre 56 % dans les entreprises de plus de 2 000 salariés.
• Le gouvernement socialiste n'a-t-il vraiment rien fait pour les PME ?
« Vous n'avez pas baissé les charges des PME. »
FAUX

Depuis 2013, diverses cotisations sociales ont été réduites par le gouvernement socialiste sur l'ensemble des 3 millions d'entreprises françaises (parmi lesquelles on ne compte que 205 grands groupes).
L'allégement des cotisations sociales patronales prévues par le pacte de responsabilité et le CICE (cotisations sociales et familiales) concerne aujourd'hui 90 % des salariés. La contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), un impôt sur les entreprises dont le chiffre d'affaires était supérieur à 200 000 euros, est progressivement supprimée depuis 2015, en commençant par les TPE-PME. En outre, depuis janvier 2016 jusqu'en juin 2017, les entreprises de moins de 250 salariés ont bénéficié d'une prime à l'embauche de 4000 euros sur deux ans, pour toute embauche d'un nouveau salarié en CDI. la baisse de l'impôt sur les sociétés à 28 % qui sera étendue à toutes les entreprises en 2020 bénéficiera d'abord en 2017 au PME.
Retraites, GPA, fichés S... Des intox sur les thèmes de société
• Marine Le Pen nie avoir promis la retraite à 60 ans « sous deux mois »
Amnésie


Marine Le Pen s'est engagée au cours du débat sur le retour à la retraite à 60 ans d'ici à la fin de son quinquennat si elle est élue. Emmanuel Macron lui a fait remarquer qu'auparavant, elle parlait d'un délai « dans les deux mois ; ça a changé », ce que l'intéressée a nié.
Et pourtant, dans une vidéo publiée sur le site du FN le 11 avril, Marine Le Pen inscrivait bien la proposition dans les dix premières mesures de son quinquennat, « dans les deux premiers mois de [son] mandat ». Elle a donc bien largement revu à la baisse sa promesse.
• GPA : Marine Le Pen reprend les intox de La Manif pour tous
« Vous êtes en train de créer des filières de GPA à l'étranger. »
FAUX

Marine Le Pen a déformé la vérité sur ce sujet en usant des arguments de La Manif pour tous. La gestation pour autrui (GPA) est interdite en France et Emmanuel Macron ne veut rien changer à ce fait.
La question qui se pose est celle du devenir des enfants nés de GPA à l'étranger, et donc adoptés ensuite par des parents français. Jusqu'en 2015, la citoyenneté de ces enfants était reconnue ou non selon les tribunaux. Une circulaire de l'ancienne garde des sceaux, Christiane Taubira, a cherché à harmoniser ces décisions en se conformant à celle de la Cour européenne des droits de l'homme, qui a tranché la question au niveau européen.
C'est cette reconnaissance de la citoyenneté des enfants nés de GPA à l'étranger que M. Macron acte dans son programme. De fait, la France n'a que peu de choix, puisqu'il s'agit là d'une jurisprudence européenne à laquelle elle doit se conformer.
L'argument de La Manif pour tous vise à dire qu'en se conformant à cette décision la France reconnaît de fait la GPA à l'étranger. Ce qui est faux : elle donne la citoyenneté française aux enfants nés d'une GPA à l'étranger.
• La retraite à points de Macron était-elle aussi proposée par Fillon ?
« La retraite à points on la trouvait aussi chez M. Fillon. »
FAUX

Non seulement François Fillon ne proposait pas la retraite par points, contrairement à Emmanuel Macron, mais il proposait de surcroît un recul de l'âge légal départ à la retraite (ce que ne propose pas Emmanuel Macron). L'ex-premier ministre qualifiait même en mars « d'illusion » la retraite par points du fondateur d'En marche !.
• L'aide médicale d'Etat, meilleure que la couverture maladie des Français ?
« Il y a des moyens pour financer (...) l'aide médicale d'Etat aux clandestins, qui permet de prendre en charge des soins et de les rembourser bien mieux qu'on ne rembourse aux Français en situation difficile. »
FAUX

L'aide médicale d'Etat (AME), qui finance notamment les soins aux immigrés sans statut, a représenté en 2015 un coût de 775 millions à un milliard d'euros. Mais il est complètement abusif de présenter la couverture accordée au titre de l'AME comme supérieure à celle dont bénéficient les Français.
Tout Français a le droit à la prise en charge de ses frais de santé grâce à la protection universelle maladie (PUMA). Pour les plus défavorisés, la part complémentaire des soins est également prise en charge par la CMU-C (environ 5,2 millions de Français en bénéficiaient en 2015).
L'AME offre un panier de soins réduit en comparaison et a concerné entre 250 000 et 280 000 personnes par an ces dernières années. Les inspections générales des finances et des affaires sociales rappelaient en 2007 dans un rapport que l'AME « ne couvre pas de soins de "confort" ». Il est donc faux d'affirmer que l'AME se ferait au détriment des soins des Français.
• Une proposition toujours inapplicable sur les fichés « S »
« Il faut que l'on expulse tout de suite les fichés S étrangers sur notre territoire. Tous ceux qui ont un lien avec le fondamentalisme islamiste, dehors ! »
INAPPLICABLE

Marine Le Pen laisse entendre qu'il serait possible d'expulser de manière systématique des étrangers soupçonnés d'appartenir de près ou de loin à la mouvance djihadiste. Or, la décision d'expulsion ne peut se faire qu'en fonction d'une appréciation individuelle de la menace.
La candidate a de nouveau mentionné sa proposition d'expulser tous les fichés « S » étrangers. La loi permet tout à fait d'expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l'ordre public ». La décision peut être prise par le préfet ou, dans certains cas, le ministre de l'intérieur.

Sauf « urgence absolue », la procédure demande de convoquer la personne concernée devant une commission avant de prendre une décision. Convocation qui doit être notifiée au moins quinze jours à l'avance.
Il n'est pas nécessaire que la personne visée ait été condamnée, mais le danger doit être jugé « actuel » et « proportionnel » à la décision d'éloignement. Le cas des fichés « S » regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques. La fiche « S » est un outil de surveillance, pas d'appréciation du niveau de dangerosité d'un individu.
• La double peine a-t-elle été supprimée ?
« La double peine, ça a été supprimé il y a quelques années. On est aujourd'hui obligés d'accepter sur notre territoire et de subvenir aux besoins de ceux qui sortent de prison et qui sont de nationalité étrangère. »
FAUX

Ce que l'on appelle la « double peine » est le système consistant à renvoyer dans leur pays d'origine, à l'issue de leur peine de prison, les étrangers condamnés en France.
Ce principe qui existe depuis 1945 a été critiqué par Nicolas Sarkozy avant 2007, qui avait promis d'y mettre un terme. Mais contrairement à ce qu'affirme Marine Le Pen, la « double peine » n'a jamais été supprimée. La loi a simplement prévu davantage d'exceptions.
• Macron sans programme ?
« Le lendemain de l'attentat [sur les Champs-Elysées], vous avez dit : "Je ne vais pas inventer un programme dans la nuit contre le terrorisme." Vous vous présentez sans programme constitué. »
FAUX

Marine Le Pen a tancé Emmanuel Macron au sujet de la lutte contre le terrorisme. Certes, le fondateur d'En marche ! a déclaré le lendemain sur RTL : « Moi je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit. »
Mais la candidate du FN tombe dans l'outrance en affirmant qu'il n'avait pas de programme de lutte contre le terrorisme – il a de fait plusieurs propositions dans ce domaine. Les propos de son rival auquel elle a fait allusion visaient au contraire à affirmer qu'il ne comptait pas le modifier au gré de l'actualité :
« Ça, c'est de l'irresponsabilité, ce que veulent ceux qui nous assaillent, c'est la panique, que nous changions chaque jour de proposition et de programme au gré des circonstances, c'est que nous nous divisions, qu'on arrête la campagne présidentielle. »
• Une citation tronquée de François Hollande
« Comme vous êtes socialiste, vous allez nous dire : "Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paie" ! »
TROMPEUR

Marine Le Pen fait ici allusion à une citation déformée de François Hollande au cours d'une interview sur TF1 en 2014. Gilles Bouleau interrogeait le chef de l'Etat sur le coût des emplois d'avenir pour les collectivités locales. Voici l'échange en question :
François Hollande : « Il y a des collectivités locales qui ne veulent pas se lancer de peur d'avoir à pérenniser ces emplois. (...) Les collectivités locales ont certaines difficultés financières, aussi. »
Gilles Bouleau : « Et parce que ça coûte très cher. »
François Hollande : « Non, c'est l'Etat qui paie. Donc en l'occurrence non, ça ne coûte pas cher aux collectivités locales, puisque c'est l'Etat qui paie. » (...)


Gilles Bouleau : « L'Etat ce sont les contribuables. De Marseille par exemple... »
François Hollande : « Oui, mais ce n'est pas la collectivité marseillaise, ou le département ou la région, mais je vais y revenir. C'est l'Etat qui fait l'effort. »
Cette citation a ensuite été déformée par certains, qui ont voulu faire dire à François Hollande : « Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paie. » Or, le président disait simplement que ce n'était pas aux collectivités de payer, mais à l'Etat. Mais il parlait bien d'un effort pour le budget de l'Etat.
• La loi El Khomri favorise-t-elle le communautarisme ?
« Avec la loi El Khomri, vous interdisez aux chefs d'entreprise de pouvoir éviter les revendications communautaristes et les exigences religieuses au sein de l'entreprise. »
FAUX

Marine Le Pen reprend ici une intox déjà mise en avant par Jean-François Copé en 2016. Pourtant, la loi El Khomri n'a pas fait évoluer la doctrine sur les libertés religieuses en entreprise.

Elle prévoit que « le règlement intérieur peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés si ces restrictions sont justifiées par l'exercice d'autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l'entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »


Une mention qui ne change rien au droit des salariés, puisque la liberté religieuse est déjà consacrée par deux textes fondamentaux :
• à l'échelle européenne par l'article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH) ;
• à l'échelle nationale par l'article L. 1121-1 du code du travail, qui interdit les « restrictions aux libertés individuelles », et l'article L. 1321-3, qui n'autorise pas les « restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

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