Filtrer les éléments par date : mercredi, 08 février 2017

 

Le ventre de l'Atlantique de Fatou Diome

Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient leur destin tragique ? Comment empêcher Madické et ses camarades de laisser courir leur imagination, quand l'homme de Barbès, de retour au pays, gagne en notabilité, escamote sa véritable vie d'émigré et les abreuve de récits où la France passe pour la mythique Arcadie ? Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l'inconfortable situation des " venus de France ", écrasés par les attentes démesurées de ceux qui sont restés au pays et confrontés à la difficulté d'être l'autre partout. Distillant leurre et espoir, Le Ventre de l'Atlantique charrie entre l'Europe et l'Afrique des destins contrastés, saisis dans le tourbillon des sentiments contraires, suscités par l'irrésistible appel de l'Ailleurs. Car, même si la souffrance de ceux qui restent est indicible, il s'agit de partir, voguer, libre comme une algue de l'Atlantique. Ce premier roman, sans concession, est servi par une écriture pleine de souffle et d'humour.


Bibliographie


Inassouvies, nos vies - Fatou Diome -


Le dernier roman de Fatou Diome file une métaphore maritime pour mener une réflexion parallèle sur la vie et l'écriture, mais l'auteure n'est-elle pas fille d'une île ouverte sur l'Atlantique ? Et de nous embarquer sur l'océan...
Comment vivre , murmure le coquillage porté à notre oreille : Rester au port ou se laisser dériver, accepter le tangage et ramer à contre-courant vers des horizons sans cesse repoussés ?
Betty, la narratrice, cherche anxieusement la réponse dans le mystère des personnages qui l'entourent. Mais, pour y accéder, elle devra passer par trois étapes de l'écriture.
Le livre de Fatou Diome est, n'en doutons pas, un roman initiatique.

L'histoire commence à terre (sans doute au cours d'une longue escale après la traversée ), quand la coque retournée de sa barque «tutoie les astres» et emprisonne Betty de son «couvercle».
Bien arrimée dans sa «tanière» obscure, cette dernière observe ses voisins dont les silhouettes se découpent sur les fenêtres éclairées de l'immeuble d'en face. Devenir «loupe», «zoomer» sur la vie des autres...
«Rendue fébrile par l'attente de détails qui ne viennent pas», l'héroïne décide alors de «se muer en brodeuse.» L'infini du ciel ne peut-il s'imaginer d'une étroite lucarne ? Et l'immensité de l'océan d'un simple verre d'eau ?
Elle file «le coton brut» pour «tisser de quoi habiller les vies» qu'elle subodore et, «à défaut de tout comprendre d'elle-même», «la vie des autres» lui sert «de puzzle géant qu'elle complète de jour en jour.»

Betty voudrait «éviter les temps morts». C'est sans compter avec Félicité, la doyenne, morte-vivante figée sur son passé qui l'entraînera à sa suite dans le «mouroir» où ses neveux l'ont enfermée.
Au fil des visites, la jeune solitaire et la vieille esseulée, aux chemins opposés, vont «se bâtir des souvenirs communs» et nouer une amitié «à l'intersection de leurs vies».
Les quelques vieux de la maison de retraite, épargnés par l'Alzheimer, évoquent leurs souvenirs marqués par la guerre : la «vérité historique» retrouve «sa chair».
Bientôt, écouter ne suffit plus à Betty : munie de son calepin, elle s'emploie à «écrire les drames, fixer les peurs, les chagrins, les révoltes et les colères sur des mots pylônes», à «retracer des pistes» «avant que le temps ne les emporte avec les feuilles mortes».
Et les émotions d'autrui «prélèvent leur tribut» : elle «saigne à sa façon des plaies de la guerre», mais elle peut «boire à la source de cette parole», «comme une outre de lait au milieu du désert.»

Mais par un jour ensoleillé, Félicité s'éclipse, laissant Betty désemparée sur le quai, avec pour adieu un seul message : «Il faut vivre!»
Dès lors, dans sa chambre noire, Betty développera ses propres cauchemars.
Remettant son bateau à l'endroit elle osera «affronter toutes les tempêtes (...) avec l'horizon en ligne de mire.» Car vivre, c'est tracer hardiment son sillage en plongeant dans les creux et surfant sur les lames, «c'est vaciller en permanence, entre le vide et le plein, le fuyant et le saisissable, le doute et l'espoir».
Pour se délivrer de «cette liane folle» qui envahit son esprit, , pour «contenir ce qui vacille en elle», elle «plonge dans l'encre de sa plume».«Rivée à son bureau, son coeur rythme les marées de ses émotions.»Tanguant «du présent au passé», passant «d'une rive à l'autre, livrée à la brise comme à la houle», elle écrit, sachant qu'on ne peut «dessiner les pleins qu'en tenant compte des vides».

L'écriture, comme la vie, trouve en soi sa propre justification.Une fois lâché sur l'océan, il faut vivre, il faut écrire, pour ne pas se laisser engloutir.

Et la langue de Fatou Diome se fait musique océane : elle est bercement d'un clapotis mélancolique ou roulis de houle qui malmène le coeur, elle est fracas exubérant des vagues qui se brisent en éclaboussant du sel de leurs embruns ou écume poétique miroitant à la surface de l'eau, toujours ponctuée du refrain lancinant du ressac.
«Ouïr le vacarme du vivant en soi» : Fatou Diome accueille cette mélodie «comme on accueille un hôte invisible». Egrénant ses mots sur les cordes d'une kora, elle chante une musique «qui soulage le coeur» des humains, en portant «jusqu'aux oreilles des dieux» les peines de ces pauvres mortels aux désirs inassouvis.

La préférence nationale et autres nouvelles - Fatou Diome ..

.
De son Île natale au sol français, de ses premiers émois à ses récentes déceptions, c'est à un voyage géographique social et mental, que nous convie la narratrice de ce recueil. Usant d'une langue incisive et colorée, la jeune romancière et poétesse sénégalaise y dépéint tant la brutalité des sociétés traditionnelles que la calme violence de nos sociétés d'exclusion.


Celles qui attendent - Fatou Diome -


Arame et Bougna, mères, respectivement, de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l'absence. Mais comment
dépeindre la peine d'une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ? Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d'un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d'amour, d'avenir et de modernité, elles
s'étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix.
Mariées, respectivement à Issa et Lamine, l'Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation. Mais la vie n'attend pas les absents, derrière les émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent ; les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles. Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait.

Publié dans Ex-libris



Depuis son lit d'hôpital, Théo a échangé avec François Hollande, mardi. @ Capture d'écran tirée du compte Twitter de François Hollande.



Le jeune homme, victime de violences policières jeudi à Aulnay-sous-bois, a échangé avec François Hollande à l'hôpital où il est soigné, mardi.
Théo, le jeune homme de 22 ans victime de violences policières jeudi à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a exhorté mardi les jeunes de sa ville à ne pas faire "la guerre" et à rester "unis", sans se livrer à des émeutes. "Stop à la guerre, soyez unis", a lancé le jeune homme depuis l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois, lors d'un échange avec François Hollande, selon un enregistrement transmis par l'Élysée.


Le message puissant et sage de #Théo : "J'aime ma ville. Je veux la retrouver comme je l'ai laissée. Les gars, stop à la guerre" pic.twitter.com/ubf9Br1nZQ
— Salem (@Ibn_Sayyid) 7 février 2017


"Dignité et responsabilité". Le chef de l'État, qui est resté une demi-heure avec Théo entouré de plusieurs membres de sa famille, a indiqué qu'il entendait ainsi "souligner combien il avait réagi avec dignité et avec responsabilité après ce qui lui est arrivé". "Je veux dire un grand merci au président, qui est passé pour moi, c'est vraiment un très grand geste de sa part", a dit le jeune homme, grièvement blessé au niveau de la zone rectale et qui s'est vu prescrire 60 jours d'incapacité totale de travail. "J'ai un message à faire passer à ma ville. J'entends tout ce qu'il se passe en ce moment mais je ne suis pas trop les informations et tout ça, parce que je n'ai pas envie d'être plongé dedans", a-t-il expliqué. http://www.europe1.fr/


Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans une ambiance tendue mardi soir dans l'est de Paris, pour apporter leur soutien au jeune Théo, victime d'un viol présumé lors d'une arrestation brutale à Aulnay-sous-Bois.


La République est menacée mais les citoyens doivent tenir et le chef de l'Etat l'a bien dit, la justice est le dernier rempart qui sauvera notre société et protégera tous ceux qui sont sur son sol.
Les différentes crises ne doivent pas changer notre éthique, notre façon de nous conduire avec l'autre le semblable ou le dissemblable.
Nous devons au regard des situations regarder le monde en lui commandant une alternative. Regardez ce qui se passe dans les espaces collaboratifs, les cités collaboratives, chacun s'unit avec l'autre et tous s'organisent pour une autre vie, solidaire, et plus humaine.
En ce moment les populistes veulent prendre le dessus, corrompent les relations entre les citoyens. Il faut rester vigilant.
M LEPEN, hier a voulu défendre les forces de l'ordre, alors qu'en l'occurrence elles n'ont pas joué un bon rôle.
Il est vrai que nos forces de l'ordre ont été souvent prises pour cible et ce n'est pas normal.

Les forces de l'ordre, les institutions publiques sont là pour nous. Il y a des brebis galeuses partout mais sachez que la majeure partie des forces de sécurité font un excellent travail et sont vertueuses.
Théo l'a bien dit, c'est un policier qui a décidé d'appeler les urgences quand il s'est rendu compte de la gravité de l'agression.
Ne soyons pas comme chez TRUMP aux USA, ne divisons pas les citoyens, soyons unis et donnons à nos enfants une éducation correcte, incitons les à travailler, à étudier, à agir bien.
Vive la république française avec ses valeurs.
Pape CISSOKO

Publié dans International

Les malades du cancer devant subir une radiothérapie vont être référés au Maroc en attendant l’acquisition et l’installation de 3 appareils déjà commandés et qui seront livrés dans "les meilleurs délais", a assuré, lundi, à Dakar, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck.

"Le processus est encadré par une commission d’éligibilité composée de cancérologues, de représentants des associations de malades et de la Division des maladies non transmissibles" a-t-elle indiqué. Le ministre de la santé et de l’Action sociale présidait l’ouverture officielle des travaux de la réunion du comité interne de suivi du Plan national de développement sanitaire (CIS/PNDS), élargie aux partenaires de la santé. 

Dans son adresse, Awa Marie Coll Seck a tenu à rassurer les malades et leurs familles, en annonçant que "2 accélérateurs de particules commandés pour l’hôpital Dalal Jam seront livrés dans les meilleurs délais’’, sans compter l’acquisition en cours d’un nouvel appareil pour l’hôpital Aristide Le Dantec. Selon la ministre, cette situation "illustre à souhait l’importance de l’offre de service pour un système de santé cohérent, capable d’absorber la demande". 

Dans cette perspective, "le gouvernement a mis en place un mécanisme d’assurances et de gratuité visant à réduire le risque financier lié à la santé des ménages et des populations vulnérables", a-t-elle indiqué. Se désolant de la perturbation de l’offre de services en cancérologie, en raison de la panne de l’appareil de radiothérapie jusque-là en service, Awa Marie Coll Seck a dit partager "la souffrance et le désarroi des malades et de leurs familles". Si l’on en croit Awa Marie Coll Seck, "3 dossiers de malades nécessitant une évacuation sont déjà identifiés et sont déjà acheminés au Maroc, afin qu’ils puissent bénéficier de meilleurs soins en attendant que les appareils au Sénégal soient réparés’’ pour une reprise des soins nécessaires au Sénégal. 

Le comité interne de suivi du Plan national de développement sanitaire (CIS/PNDS) est un cadre de concertation et de coordination entre les acteurs du ministère de la Santé et de l’Action sociale.  Il se réunit tous les semestres et est élargi une fois sur deux aux partenaires au développement, aux ministères sectoriels (Economie, Femme, Décentralisation), à l’Union des associations des élus locaux (UAEL) et aux ONG. 

SudOnline

Publié dans Société

Des militaires dans les rues, des tirs en l'air, des habitants effrayés. Un scénario désormais connu en Côte d'Ivoire. Début janvier, Bouaké et d'autres villes de l'intérieur avaient vécu les mêmes scènes après une mutinerie de militaires. Mardi matin 7 février, c'est la ville d'Adiaké, à 90 km à l'est d'Abidjan, qui a été le théâtre d'une nouvelle sortie des militaires dans les rues.

Selon un scénario devenu classique en Côte d'Ivoire, les habitants d'Adiaké se sont réveillés mardi matin au son des kalachnikovs et autres pistolets mitrailleurs. Des tirs en l'air de la part de plusieurs dizaines d'éléments des forces spéciales dans cette ville à la frontière ghanéenne, à l'est d'Abidjan.

« J'ai entendu les tirs et au bout de cinq minutes, ils sont arrivés là où j'étais, raconte à RFI un habitant d'Adiaké qui souhaite garder l'anonymat. Ils étaient à bord de deux véhicules. C'était des tirs en l'air, comme des tirs de sommation. »

Les tirs se sont ensuite arrêtés, poursuit le témoin. Selon lui, les forces spéciales sont ensuite revenues, « mais cette fois-ci avec de grands équipements. Ils étaient tous cagoulés, les armes à la main dans leurs véhicules ».

Très vite, à bord de pick-up de l'armée, ces militaires considérés comme l'un des corps d'élite du pays, se sont rendus dans les rues de la ville et dans les villages environnants pour intimer l'ordre à la population de rentrer chez elle. La population ne s'est pas fait prier, fermant commerces et administrations. Les enfants sont très vite rentrés des écoles chez eux.

« Toute la ville [est] paralysée, tout le monde est rentré, aucun service ne fonctionne, tous les commerces sont fermés », a encore rapporté cet habitant.

Puis les mutins ont installé des barrages filtrants à l'entrée de la ville. Les tirs se sont ensuite poursuivis, « mais de manière sporadique », poursuit l'habitant.

Revendications

RFI a pu se rendre à Adiaké pour interviewer des militaires en fin d’après-midi, avant d'être fermement reconduit à l'extérieur de la ville par des hommes encagoulés et fortement armés.

Ces éléments des forces spéciales réclament le paiement de primes comme pour les quelque 8 500 militaires qui ont bénéficié de ce rattrapage de 12 millions de francs CFA et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Les militaires que nous avons rencontrés expliquent qu’ils sont eux aussi éligibles à ces primes et surtout insistent sur le fait que c’est à eux et aux gendarmes auxquels ont fait appel en premier lieu lorsqu’il y a des menaces sur le pays comme lors de l’attentat de Grand-Bassam il y a presque un an. Et que, de ce fait, « l’élite de l’armée » peut légitimement demander une amélioration de son traitement.

Discussions avec l'état-major

A la mi-journée ce sont quasiment toutes les huiles de l'état-major ivoirien qui se sont rendus sur place pour discuter avec les mutins : le chef d’état-major des armées, le général Sékou Touré, le patron des forces spéciales Lassina Doumbia, le chef d’état-major particulier du président Ouattara, Diomandé Vagondo.

Impossible d'approcher des lieux de la réunion, mais en fin de journée les officiers supérieurs étaient déjà de retour à Abidjan pour rendre compte à leur hiérarchie de la situation.

Du côté de la présidence et du ministère de la Défense, on se borne à dire que la situation est redevenue calme. Peut-être aura-t-on plus d'informations ce mercredi à l'issue du conseil des ministres sur ce qui s'est dit et surtout sur ce qui s'est conclu avec cette nouvelle vague de mutins ivoiriens.

RFI

Publié dans Afrique
Page 1 sur 2

AUDIO

A nos sœurs et frères-Ne
  https://youtu.be/hrqEGnjyNMk Pensez aux images sui tournent sur les réseaux sociaux ; ...

Video galleries